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14 mars 2008 5 14 /03 /mars /2008 11:40

Y aura-t-il un remaniement après les municipales ? Si oui, de quelle ampleur ?


La question d’un remaniement ministériel se pose généralement dès l’annonce de la composition d’un nouveau gouvernement. Des rumeurs alimentées par la rancœur des recalés, des oubliés et des renvoyés et par les ambitions des jeunes espoirs permettent ainsi de consacrer quelques pages ou minutes dans les journaux de temps en temps.

Ces rumeurs avaient cours dès le 18 septembre 2007, puis le 3 janvier 2008. Avec les élections municipales et cantonales, elles s’amplifient naturellement.


Conséquences politiques des municipales

Historiquement, sous la Ve République, il y a eu très peu de changements de gouvernement à la suite des élections municipales ou cantonales.

Ni en mars 2001 en fin de cohabitation jospino-chiraquienne, ni en juin 1995 au tout début de la présidence de Jacques Chirac, ni même en mars 1989, à l’époque bénie du rocardisme triomphant. Ni non plus en 1971 à l’époque dorée du chabanisme, ni en 1965 en fin de mandat gaullien, ni en 1959 en début gaullien.

En revanche, les municipales de mars 1983 et celle de mars 1977 furent l’occasion de nommer un nouveau gouvernement avec un même Premier Ministre (respectivement Pierre Mauroy III le 23 mars 1983 et Raymond Barre II le 29 mars 1977) avec de profonds changements.


Pas de grands changements

Selon Nicolas Sarkozy lui-même, il n’y aura pas de grands bouleversements, car il faut des ministres expérimentés pour aborder la Présidence française de l’Union Européenne le 1er juillet 2008.

C’est étrange, puisque c’est en contradiction avec la doctrine originelle de Nicolas Sarkozy qui estimait, au début de son mandat, qu’un ministre, c’était fait pour avoir des résultats et que cela devait donc se remplacer à tout moment.

Mais bon, ça veut dire aussi qu’il confirme qu’il y aura des changements dans quelques jours. Avant le prochain Conseil des ministres (du 19 mars 2008), selon certains.

Malgré tout, de son côté, répétant encore à Tarbes le 12 mars 2008, puis le lendemain à la radio, François Fillon ne voit pas l’intérêt d’un remaniement.

François Fillon soutient même le principe de la stabilité gouvernementale, en faisant référence aux autres pays européens :

« La France est le seul pays en Europe qui change plusieurs fois de gouvernement entre deux élections législatives. (…) Tous les grands pays modernes choisissent une équipe de gouvernement, choisissent un projet politique et le mettent en oeuvre pendant 4 ou 5 ans. C'est le rythme de la démocratie. (…) C'est justement parce que la France, depuis très longtemps, depuis près de 20 ans, s'est ingéniée à changer de projet politique en permanence que finalement elle n'en a eu aucun et qu'elle n'a pas été à même de réaliser les réformes qui étaient nécessaires. »

(Notons qu’entre 1997 à 2002, Lionel Jospin a dirigé un seul gouvernement pendant toute la législature, cohabitation oblige).

Depuis le début mars donc, certains ministres sembleraient rassurés

ou pas. Car il n’y a pas de rumeurs sans feu. Les bruits qui circulent sont autant de sondes laissées à l’appréciation des récepteurs.

Un remaniement, même technique et minime, semblerait pourtant indispensable.


Sur quelle base ?

Pas sur la base d’échec ou de réussite aux municipales, selon Laurent Wauquiez, le porte-parole du gouvernement, qui a dit le 5 mars 2008 : « Les deux sont indépendants. ». (La plupart des ministres actuels, hormis Paris et Périgueux, s’en sont de toutes façons très bien sortis au premier tour).

Contrairement à l’issue des élections législatives de juin 2007 où l’échec d’Alain Juppé le faisait sortir opportunément du gouvernement.

François Fillon avait alors déclaré le 23 mai 2007, avant les législatives : « La logique, quand on est battu, cela veut dire qu’on n’a pas le soutien du peuple, on ne peut pas rester au gouvernement ».

Même si Christian Estrosi a annoncé sa démission en cas d’éventuelle (mais probable) élection à la mairie de Nice (demandée par Patrick Devedjian mais pas du tout imposée par Nicolas Sarkozy qui a affirmé qu’il respecterait son choix), François Fillon avait cependant déclaré, ce même 23 mai 2007, que ce n’était pas gênant, au contraire : « Les ministres qui ont des responsabilités locales pourront les conserver ».


Jeu gratuit

Alors, jouons (puisque c’est un jeu) aux chaises musicales. C’est un jeu qui pourrait être risqué pour l’auteur (on verra vite ce qu’il va se passer) mais soyons sincère, pas si risqué que cela, puisque le but du jeu est de mettre tout au conditionnel, de ne colporter que des rumeurs journalistiques et de n’être l’auteur d’aucune supposition.

D’ailleurs, avec des suppositions à propositions multiples, il n’y a pas beaucoup de risque de ne pas se tromper (et réciproquement !).

Reconnaissons aussi qu’il fut très difficile d’imaginer la composition surprenante des deux premiers gouvernements de François Fillon, dont la composition, marquée de l’empreinte de Nicolas Sarkozy, fut extrêmement habile au printemps 2007.

Parlons d’abord gros calibres.


L’Élysée ?

Y aurait-il des remaniements parmi les proches de Nicolas Sarkozy ?

L’idée de remplacer au secrétariat général de l’Élysée Claude Guéant (dont le fils François a été battu aux cantonales de La Gacilly, Morbihan) par Nicolas Bazire, ancien directeur de cabinet d’Édouard Balladur à Matignon, bras droit de Bernard Arnault et ami de Nicolas Sarkozy (il fut l’un de ses témoins lors de son mariage avec Carla Bruni) aurait de quoi réjouir les députés UMP. Et François Fillon.

Mais Nicolas Sarkozy peut-il se déconsidérer autant en moins d’un an ? Nicolas Sarkozy avait déclaré : « Qu'il y ait eu quelques erreurs, c'est certain. Je note qu'elles n'ont pas été commises par Claude Guéant. Il a toute ma confiance et mon amitié. ».

L’hebdomadaire Marianne n°567, qui continue son racolage commercial avec le titre "Demain, le putsch de Fillon", va même jusqu’à évoquer le départ d’Emmanuelle Mignon, directrice de cabinet de Nicolas Sarkozy, dans un poste au Ministère des Finances, celui de Henri Guaino, conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, vers la télévision publique, et même de David Martinon, le rejeté de Neuilly, porte-parole de l’Élysée, qui deviendrait ambassadeur.

Évidemment, ces suppositions sont très improbables, mais elles vont très loin puisqu’elles évoquent même Claude Guéant devenant ministre, aux Finances par exemple (ou à l’Intérieur) pour bien encadrer François Fillon, ou même à Matignon, lui qui avait évoqué le 13 décembre 2007 le nouveau concept de "ministres missionnaires".

Mais Édouard Balladur pense alors qu’il aurait fallu qu’il ait été élu pour être un Premier Ministre ancien secrétaire général de l’Élysée crédible (comme lui-même et pas comme Dominique de Villepin… ou Georges Pompidou en mars 1962, mais ce dernier n'a été que directeur de cabinet !).


Matignon ?

François Fillon est continuellement confirmé malgré une odieuse crise de croissance médiatique que lui-même s’explique mal. Mais des successeurs putatifs, il n’en manquent guère.

Au début du mandat, on envisageait aisément une promotion prochaine de Rachida Dati, dont les difficultés au sein même de son propre cabinet a enlevé un peu de sa magie.

Mais d’autres pourraient se sentir investis de cette mission nouvelle : Xavier Bertrand dont le professionnalisme, l’habileté posée et précautionneuse et l’art de négocier avec les syndicats en font un ministre apprécié et plein d’avenir.

Il est peu probable également qu’un second Premier Ministre soit une grosse pointure d’avant l’élection de 2007, du genre Jean-Louis Borloo (qui a beaucoup irrité Nicolas Sarkozy dans ses velléités d’indépendance radicale) ou Michèle Alliot-Marie (dont l’action à l’Intérieur est moins appréciée qu’à la Défense).

Qui reste-t-il d’autres ? Un peu difficile en effet, d’autant plus que la popularité de Fillon compense finalement bien l’impopularité présidentielle et permet de justifier de la poursuite de l’action gouvernementale actuelle.


Qui quitteraient le gouvernement ?

Prenons quelques ministres du gouvernement actuel.

Par exemple, Bernard Kouchner. Il est très populaire encore (je ne sais toujours pas pourquoi). Alors, aucune raison de s’en séparer. Sauf que Nicolas Sarkozy a choisi aussi Christine Ockrent comme directrice générale de France Monde dont le ministère de tutelle est justement sous la responsabilité de son mari et que Bernard Kouchner a déclaré qu’il démissionnerait si c’était nécessaire pour la carrière de son épouse.

Hervé Morin, à la Défense, Michèle Alliot-Marie, à l’Intérieur, Christine Albanel, à la Culture, André Santini, à la Fonction Publique, Christine Lagarde, aux Finances, Christine Boutin, au Logement, Michel Barnier, à l’Agriculture, sont régulièrement cités comme partants.

Christian Estrosi devrait quitter le gouvernement en cas d’élection à Nice.

Hervé Novelli quitterait aussi le gouvernement, souvent considéré comme un initiateur d’idées mais pas comme un gestionnaire.


L’ouverture encore en vogue ?

Il y a l’ancienne et la nouvelle ouverture. Les anciennes rumeurs et les nouvelles.

Dans les anciennes idées désormais improbables, il y avait Manuel Valls ou Julien Dray à l’Intérieur, de gros poissons qui préfèrent conquérir le PS plutôt que de gagner un portefeuille. Il y avait aussi Malek Boutih qui avait refusé. Jack Lang qui aurait bien aimé la Justice ou les Affaires Étrangères mais qui va encore y résister. Ou encore Hubert Védrine et Jacques Attali.

Le cas de Claude Allègre est particulier : il pourrait devenir un grand Ministre de l’Industrie, de la Recherche et des Universités mais personne n’en voudrait, ni les parlementaires UMP, ni surtout François Fillon qui ne voudrait pas risquer de nouveaux mouvements sociaux (les méthodes de Claude Allègre étant peu propices à la négociation).

François Zimeray, pourtant fabiusien, président de la communauté d’agglomération de Rouen (fonction qu’il va laisser à Laurent Fabius, sans suspens depuis l’échec de Pierre Albertini dès le 1er tour à Rouen), pourrait faire la surprise par une entrée au gouvernement alors que des proches de Nicolas Sarkozy sont en contact avec lui.

Du côté des centristes, l’idée de nommer à la Culture Jean-Marie Cavada dont le score désolant dans le 12e arrondissement de Paris ou encore Michel Mercier (à la Défense) ne paraît plus utile : l’un à Paris, l’autre à Lyon ont tous les deux cassé une éventuelle dynamique municipale du MoDem, mais c’est désormais du passé.


Qui d’autres entreraient ?

Parmi les fidèles de Nicolas Sarkozy, on citerait volontiers Yves Jégo, brillamment réélu à Montereau, qui pourrait avoir le Logement, Nadine Morano dont le probable échec à Toul (arrivée en 3e position le 9 mars 2008) hypothéquerait cependant les chances.

Patrick Devedjian pourrait revenir au gouvernement, à la Défense ou à la Justice. Un bon moyen de l’écarter de la direction de l’UMP contestée par Patrick Balkany, un autre proche de Nicolas Sarkozy. Mais Patrick Devedjian ne partirait pas avec une popularité folle.

Jean-François Copé serait sans doute candidat à un grand ministère. Il avait raté d’être sur la liste en 2007.

François Baroin, bref successeur de Nicolas Sarkozy à l’Intérieur entre le 26 mars et le 15 mai 2007, qui a sans doute montré trop de fidélité à Jacques Chirac, pourrait peut-être revenir en grâce depuis sa brillante réélection à Troyes.

Parmi les proches de Nicolas Sarkozy, certains verraient Thierry Lefebvre (député et ancien attaché parlementaire de Nicolas Sarkozy) à des questions économiques, et Thierry Solère aux nouvelles technologies.

Enfin, Anne-Marie Idrac, qui va quitter la présidence de la SNCF, ancienne ministre UDF, « trouverait à excercer ses talents avec des responsabilités que nous allons lui confier » dixit Nicolas Sarkoyzy.


Qui n’entreraient pas au gouvernement ?

Le retour d’Alain Juppé, brillamment réélu à Bordeaux, est vigoureusement démenti par l’intéressé, même si ce dernier ne pourrait refuser d’être de nouveau utile sur le plan national.

Le retour de Philippe de Villiers paraîtrait aberrant depuis qu’il s’est enfoncé, depuis six ans, dans une islamophobie répugnante.

Celui de Jean-Claude Gaudin, à l’Intérieur par exemple, ne serait pas non plus pensable avec sa situation délicate du premier tour à Marseille ou ses ambitions sénatoriales (il est renouvelable en septembre).

Marie-Jo Zimmermann (députée) serait aussi dans les noms qui circulaient pour faire son entrée au gouvernement. Représentante de la droite ‘musclée’, elle a cependant fait un très mauvais score au premier tour à Metz et s’est alliée avec le MoDem pour battre le maire sortant Jean-Marie Rausch investi au second tour par l’UMP, ce qui probablement fera basculer la mairie à gauche.


Les changements possibles

Valérie Pécresse, très brillante Ministre de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur, a été, avec François Fillon entre autres, l’une des ministres qui s’est le plus investie dans la campagne de l’UMP. Elle est assurée de rester au gouvernement et si elle devait céder son actuel ministère, elle serait sans doute nommée à la Santé.

Xavier Bertrand agrandirait sans doute son influence en intégrant l’Emploi au Travail, mais certains le verraient même aux Finances (en juin 2007, on disait que c’était encore trop tôt pour lui).

Jean-Louis Borloo serait tenté de revenir aux Affaires Sociales, mais il reste assez populaire grâce à son impulsion du Grenelle de l’Environnement.

Roselyne Bachelot, protégée de François Fillon, pourrait se retrouver à la Culture.

Laurent Wauquiez et Luc Chatel, qui ont réussi dès le premier tour à conquérir des mairies socialistes (respectivement au Puy-en-Velay et à Chaumont), devraient voir leurs attributions élargies. Également Rama Yade, en situation moins confortable à Colombes.

Quant à Rachida Dati, elle raterait son transfert à l’Intérieur.


À l’UMP aussi ?

La contestation du leadership de Patrick Devedjian, véritable chef exécutif de l’UMP depuis les nouveaux statuts comportant une direction collégiale (avec trois vice-présidents : Jean-Pierre Raffarin, Jean-Claude Gaudin et Pierre Méhaignerie), donne des idées à bien des élus UMP.

Patrick Balkany évoque pour le remplacer Roger Karoutchi ou Brice Hortefeux mais d’autres insistent plutôt sur Yves Jego qui pourrait relancer l’UMP avec plus de dynamisme et de bouillonnements.

Jean-François Copé, brillamment réélu à Meaux, pourrait aussi être ce sergent-chef qu’il sait si bien faire en présidant le groupe des députés UMP depuis juin 2007, mais son ‘juppéisme’, et surtout, son ambition présidentielle affichée avec une insolence tout sarkozienne le desserviraient.

Mais Christian Estrosi, qui voulait déjà devenir le président du groupe UMP à l’Assemblée Nationale, pourrait aussi se proposer à cette fonction de direction de l’UMP, surtout s’il était élu maire de Nice et se retrouvait hors du gouvernement.


Rien n’est joué !

Le sort de quelques hommes politiques va sans doute se nouer ou se dénouer entre le 16 et le 19 mars 2008. Nicolas Sarkozy en seul maître à bord. Et sans doute, un peu François Fillon en inspirateur des décisions : le Président nomme, le Premier Ministre propose, selon la Constitution.

Mais rien n’est sûr, et l’absence de remaniement ministériel serait tout autant le résultat de la lecture qu’aurait faite Nicolas Sarkozy des résultats des élections municipales et cantonales que la victoire finalement de son Premier Ministre François Fillon.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (14 mars 2008)


L’article qui apporte sans doute le plus de ‘rumeurs’ :

Ghislaine Ottenheimer à Challenges du 12 mars 2008.

 

  

http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=37423



http://fr.news.yahoo.com/agoravox/20080314/tot-remaniement-ministeriel-rumeurs-de-c-89f340e.html

http://www.centpapiers.com/Remaniement-ministeriel-en-France,3298

http://www.lepost.fr/article/2008/03/14/1149156_remaniement-ministeriel-rumeurs-de-chaises-musicales_1_0_1.html
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