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18 mars 2008 2 18 /03 /mars /2008 09:45

MoDem : François Bayrou dans le Pau-tage ?

 

 

Ce 16 mars 2008, François Bayrou a raté la mairie de Pau de 343 voix sur 36 874 votants, soit moins de 1%.



Qu’allait-il faire dans cette galère ?

C’est un peu ce qu’on aurait envie de dire à propos de l’aventure électorale paloise de François Bayrou, président du MoDem et ancien candidat à l’élection présidentielle qui a rassemblé plus de sept millions d’électeurs.


Aucune raison réelle d’aller se mouiller

François Bayrou avait en effet tout à y perdre, de se présenter aux municipales de Pau :

1. Il se mettait un boulet personnel au moment où sa présence nationale était indispensable pour arbitrer les nombreux conflits entre les différentes tendances antagonistes du MoDem, notamment à Lyon, à Strasbourg, à Nancy, à Marseille, en Seine-et-Marne…

2. Il risquait sa crédibilité personnelle en se mettant en jeu dans un scrutin très local qui n’avait rien à voir avec ses ambitions nationales.

3. Il risquait également une forte perte de crédibilité au regard de ses principes contre le cumul des mandats. Même si, dans le cas d’une élection à la mairie de Pau, il démissionnait de son siège de député (ce qui aurait été loin d’être sûr et ce qui aurait été, à mon sens, une erreur, erreur commise par Ségolène Royal en 2007, car la vie politique se concentre malgré tout à l’Assemblée Nationale, notamment dans les prises de positions des parlementaires), il serait resté, de toutes façons, président national d’un (grand) parti.

4. Plus généralement, la focalisation des résultats sur Pau, ville moyenne et pas centre du monde, a pollué considérablement les résultats, parfois décevants, parfois encourageants, du MoDem au niveau national. Et a sûrement marqué une empreinte plus droitiste du MoDem qu’il ne l’aurait voulu (François Bayrou soutenu par Alain Juppé, la bête noire de la gauche en 1995, et affrontant la « coalition socialo-communiste »).


Motivé par un courage aveugle

Dans les motivations, on peut en citer quelques unes probables :

1. Le rêve de devenir un jour maire de Pau. François Bayrou est longtemps resté conseiller municipal d’opposition face au maire socialiste historique Alain Labarrère disparu le 16 mai 2006 (le Clemenceau de Pau, si on en juge par le changement de nom d’une place paloise le 15 novembre 2007).

2. La volonté sincère de gérer au mieux Pau, pour en faire un laboratoire municipal du MoDem, et montrer qu’il est possible d’administrer une collectivité locale avec une large ouverture politique. Il avait pourtant déjà géré le Conseil général des Pyrénées-Atlantiques dans le passé.

3. Le courage quasi-téméraire et sûrement entêté d’un homme qui a voulu montrer l’exemple à ses troupes en allant au turbin comme elles.

4.
 Le désir de victimisation afin de démontrer, en cas d’échec, la « stérilité » de nos institutions qui empêchent l’éclosion d’une nouvelle force politique centrale.

5. Le souhait de convaincre l’ensemble des Français qu’il est très attaché à sa région, à sa province, contrairement à ses deux principaux concurrents de 2007 (et peut-être de 2012) : Nicolas Sarkozy venant de Neuilly-sur-Seine et Ségolène Royal dont la fonction de présidente du Conseil régional du Poitou-Charentes cache mal le parisianisme des beaux quartiers.


Une affaire suivie de près à l’Élysée

Le combat palois avait évidemment plusieurs ressorts de politique national. Déjà par la personnalité même de François Bayrou, et ensuite par la volonté du Président de la République Nicolas Sarkozy d’en profiter pour en découdre avec lui.

Le Monde daté du 18 mars 2008 revient plus précisément sur les conditions de la bataille présidentielle.

Selon lui, Nicolas Sarkozy aurait décidé de ‘faire la peau’ à François Bayrou l’automne 2007, en présence d’Alain Marleix, le spécialiste électoral de l’UMP et membre du gouvernement (aux Anciens Combattants), en décidant d’investir le maire sortant PS (fabiusien) Yves Urieta qui n’avait pas été investi par le PS.

Une stratégie qui avait déjà été gagnante en mars 1971 lorsque l’UDR avait provoqué une triangulaire pour faire battre le centriste Louis Sallenave et installer pour plus de 35 ans le socialiste Alain Labarrère.

Le journal évoque ainsi de nombreuses actions sur le terrain visant à discréditer François Bayrou, attaquant par tracts anonymes les colistiers du leader du MoDem et glorifiant la gestion d’Yves Urieta.

Le but présidentiel était évidemment d’écraser au maximum François Bayrou, seul présidentiable capable de le battre sur le terrain national.

La venue de Nicolas Sarkozy à Pau, qui a été déjà longuement commentée, a montré l’intérêt présidentiel de cette élection.

Entre les deux tours, Nicolas Sarkozy a été très agacé par les offres d’alliance avec le MoDem de Patrick Devedjian et de Jean-Pierre Raffarin car il préférait largement l’échec de quelques maires sortants UMP (comme à Quimper, Saint-Étienne, Metz…) : « À ses yeux, la défaite de M. Bayrou valait bien le sacrifice de quelques villes ».

Selon toujours le quotidien qui en aurait eu la confirmation, le secrétaire départemental de l’UMP, Jean Goujy, aurait encouragé ses militants à faire voter pour la candidate socialiste Martine Lignières-Cassou (députée)… un peu comme Charles Pasqua qui faisait allègrement voter pour François Mitterrand le 10 mai 1981 afin d’en finir avec Valéry Giscard d’Estaing et de faire de Jacques Chirac le seul leader de l’opposition.


Vers de nouvelles victoires ?

Les militants palois du MoDem ont eu évidemment le cœur très amer de cet échec : « On avait un maire incompétent et bête comme ses pieds [Yves Urieta], maintenant, on va avoir l’union de la gauche avec le Parti communiste ! », disent certains.

La ville de Pau aurait-elle donc été sacrifiée pour raison nationale ?

Faisant ce qu’il pouvait pour réconforter ses troupes, François Bayrou a cependant fini simplement la soirée du 16 mars 2008 par ces quelques mots : « Il y aura d’autres batailles, d’autres combats et, je vous le promets, d’autres victoires. ».

Un peu à l’instar de ce que disait Ségolène Royal au soir du second tour de l’élection présidentielle de 2007, battue mais prête à de « nouvelles victoires ».


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (18 mars 2008)


NB :

Les résultats de l’élection à Pau sont disponibles à ce lien et les noms des élus accessibles en cliquant sur les listes.



http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=37571.php3?id_article=61


http://www.centpapiers.com/MoDem-en-France-Francois-Bayrou,3335

http://www.lepost.fr/article/2008/03/18/1166882_modem-francois-bayrou-dans-le-pau-tage.html

Qu’allait-il faire dans cette galère ?

 

C’est un peu ce qu’on aurait envie de dire à propos de l’aventure électorale paloise de François Bayrou, président du MoDem et ancien candidat à l’élection présidentielle qui a rassemblé plus de sept millions d’électeurs.

 

 

.Aucune raison réelle d’aller se mouiller

 

François Bayrou avait en effet tout à y perdre, de se présenter aux municipales de Pau :

 

1. Il se mettait un boulet personnel au moment où sa présence nationale était indispensable pour arbitrer les nombreux conflits entre les différentes tendances antagonistes du MoDem, notamment à Lyon, à Strasbourg, à Nancy, à Marseille, en Seine-et-Marne…

 

2. Il risquait sa crédibilité personnelle en se mettant en jeu dans un scrutin très local qui n’avait rien à voir avec ses ambitions nationales.

 

3. Il risquait également une forte perte de crédibilité au regard de ses principes contre le cumul des mandats. Même si, dans le cas d’une élection à la mairie de Pau, il démissionnait de son siège de député (ce qui aurait été loin d’être sûr et ce qui aurait été, à mon sens, une erreur, erreur commise par Ségolène Royal en 2007, car la vie politique se concentre malgré tout à l’Assemblée Nationale, notamment dans les prises de positions des parlementaires), il serait resté, de toutes façons, président national d’un (grand) parti.

 

4. Plus généralement, la focalisation des résultats sur Pau, ville moyenne et pas centre du monde, a pollué considérablement les résultats, parfois décevants, parfois encourageants, du MoDem au niveau national. Et a sûrement marqué une empreinte plus droitiste du MoDem qu’il ne l’aurait voulu (François Bayrou soutenu par Alain Juppé, la bête noire de la gauche en 1995, et affrontant la « coalition socialo-communiste »).

 

 

.Motivé par un courage aveugle

 

Dans les motivations, on peut en citer quelques unes probables :

 

1. Le rêve de devenir un jour maire de Pau. François Bayrou est longtemps resté conseiller municipal d’opposition face au maire socialiste historique Alain Labarrère disparu le 16 mai 2006 (le Clemenceau de Pau, si on en juge par le changement de nom d’une place paloise le 15 novembre 2007).

 

changement de nom d’une place paloise

http://www.alternatives-paloises.com/article.php3?id_article=794

 

2. La volonté sincère de gérer au mieux Pau, pour en faire un laboratoire municipal du MoDem, et montrer qu’il est possible d’administrer une collectivité locale avec une large ouverture politique. Il avait pourtant déjà géré le Conseil général des Pyrénées-Atlantiques dans le passé.

 

3. Le courage quasi-téméraire et sûrement entêté d’un homme qui a voulu montrer l’exemple à ses troupes en allant au turbin comme elles.

 

4. La volonté de victimisation afin de démontrer, en cas d’échec, la « stérilité » de nos institutions qui empêchent l’éclosion d’une nouvelle force politique centrale.

 

5. Le souhait de convaincre l’ensemble des Français qu’il est très attaché à sa région, à sa province, contrairement à ses deux principaux concurrents de 2007 (et peut-être de 2012) : Nicolas Sarkozy venant de Neuilly-sur-Seine et Ségolène Royal dont la fonction de présidente du Conseil régional du Poitou-Charentes cache mal le parisianisme des beaux quartiers.

 

 

.Une affaire suivie de près à l’Élysée

 

Le combat palois avait évidemment plusieurs ressorts de politique national. Déjà par la personnalité même de François Bayrou, et ensuite par la volonté du Président de la République Nicolas Sarkozy d’en profiter pour en découdre avec lui.

 

Le Monde daté du 18 mars 2008 revient plus précisément sur les conditions de la bataille présidentielle.

 

le monde du

http://www.lemonde.fr/municipales-cantonales/article/2008/03/17/le-stratageme-elyseen-pour-pieger-le-leader-centriste_1023745_987706.html

 

Selon lui, Nicolas Sarkozy aurait décidé de ‘faire la peau’ à François Bayrou l’automne 2007, en présence d’Alain Marleix, le spécialiste électoral de l’UMP et membre du gouvernement (aux Anciens Combattants), en décidant d’investir le maire sortant PS (fabiusien) Yves Urieta qui n’avait pas été investi par le PS.

 

Une stratégie qui avait déjà été gagnante en mars 1971 lorsque l’UDR avait provoqué une triangulaire pour faire battre le centriste Louis Sallenave et installer pour plus de 35 ans le socialiste Alain Labarrère.

 

Le journal évoque ainsi de nombreuses actions sur le terrain visant à discréditer François Bayrou, attaquant par tracts anonymes les colistiers du leader du MoDem et glorifiant la gestion d’Yves Urieta.

 

Le but présidentiel était évidemment d’écraser au maximum François Bayrou, seul présidentiable capable de le battre sur le terrain national.

 

La venue de Nicolas Sarkozy à Pau, qui a été déjà longuement commentée, a montré l’intérêt présidentiel de cette élection.

 

Entre les deux tours, Nicolas Sarkozy a été très agacé par les offres d’alliance avec le MoDem de Patrick Devedjian et de Jean-Pierre Raffarin car il préférait largement l’échec de quelques maires sortants UMP (comme à Quimper, Saint-Étienne, Metz…) : « À ses yeux, la défaite de M. Bayrou valait bien le sacrifice de quelques villes ».

 

Selon toujours le quotidien qui en aurait eu la confirmation, le secrétaire départemental de l’UMP, Jean Goujy, aurait encouragé ses militants à faire voter pour la candidate socialiste Martine Lignières-Cassou (députée)… un peu comme Charles Pasqua qui faisait allègrement voter pour François Mitterrand le 10 mai 1981 afin d’en finir avec Valéry Giscard d’Estaing et de faire de Jacques Chirac le seul leader de l’opposition.

 

 

.Vers de nouvelles victoires ?

 

Les militants palois du MoDem ont eu évidemment le cœur très amer de cet échec : « On avait un maire incompétent et bête comme ses pieds [Yves Urieta], maintenant, on va avoir l’union de la gauche avec le Parti communiste ! », disent certains.

 

La ville de Pau aurait-elle donc été sacrifiée pour raison nationale ?

 

Faisant ce qu’il pouvait pour réconforter ses troupes, François Bayrou a cependant fini simplement la soirée du 16 mars 2008 par ces quelques mots : « Il y aura d’autres batailles, d’autres combats et, je vous le promets, d’autres victoires. ».

 

Un peu à l’instar de ce que disait Ségolène Royal au soir du second tour de l’élection présidentielle de 2007, battue mais prête à de « nouvelles victoires ».

 

 

Aussi sur le blog.

http://rakotoarison.over-blog.com/article-17826850.html

 

 

Sylvain Rakotoarison (18 mars 2008)

http://www.rakotoarison.eu

 

 

NB :

 

Les résultats de l’élection à Pau sont disponibles à ce lien et les noms des élus accessibles en cliquant sur les listes.

 

à ce lien

http://elections.lefigaro.fr/resultats/elections-municipales-2008/2eme-tour/pyrenees-atlantiques/64000/pau/

 

 

http://ann.over-blog.com/ajout-trackback.php?ref=562534&ref_article=17826850

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