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5 juin 2008 4 05 /06 /juin /2008 01:50

Depuis le 3 juin 2008, Barack Obama a officiellement la majorité absolue du nombre des délégués démocrates nécessaire à sa désignation comme candidat à l’élection présidentielle américaine du 4 novembre 2008. Et maintenant, que va-t-il se passer ? Seconde partie.


Dans la première partie, on a évoqué la victoire d'Obama aux primaires du Parti démocrate.


Quel candidat Vice-Président pour Barack Obama ?

L’un des rôles du Vice-Président américain, c’est de présider le Sénat américain. Son identité est importante pour les candidats, car il montre dans quelle type d’équipe il engage sa candidature et sa campagne.

L’identité du candidat Vice-Président de John MacCain sera évidemment déterminante : prendra-t-il un représentant des ‘conservateurs’ ? ou décidera-t-il d’en finir définitivement avec l’équipe Bush ?

Pour Obama, l’enjeu est à la fois de maintenir l’unité du Parti démocrate et de rester cohérent avec son principal thème de campagne, le changement (un thème très classique tant aux États-Unis qu’en France, mais c’est sans doute l’adéquation du thème avec la personnalité de celui qui le décline qui fait toute la différence).

Barack Obama a nommé le 4 juin 2008 un petit groupe de personnalités chargé d’étudier quel pourrait être son candidat à la Vice-Présidence. Parmi ces personnalités, il y a Caroline Kennedy (la fille du Président assassiné), Éric Holder (ancien Vice-Ministre de la Justice), Jim Johnson (‘vétéran’ de la vie politique américaine) et Fannie Mae (ancien patron d’un groupe financier).

Le 4 juin 2008, CNN évoquait pas moins de 18 noms possibles pour occuper cette place cruciale.

Parmi les plus connus, évidemment Hillary Clinton qui apporterait à Obama la voix des femmes et des ouvriers blancs et assurerait l’unité du Parti démocrate. Obama a déjà estimé que « la sénatrice Clinton ne peut que figurer parmi les candidats potentiels » mais semble s’inquiéter de sa capacité à limiter l’influence de Hillary Clinton en cas d’élection.

Il y a aussi Bill Richardson, gouverneur du Nouveau Mexique et candidat aux primaires de 2008, d’origine hispanique (Obama a eu aussi du mal à convaincre les Hispaniques qui constitueraient la première ‘minorité ethnique’ des États-Unis devant les Noirs), tout en crédibilisant les questions de politique étrangère grâce à son expérience comme ambassadeur américain.

Joe Biden pourrait aussi lui apporter toute son expérience de la politique étrangère avec six mandats de sénateur, mais son âge (65 ans) pourrait faire réfléchir le ‘leader du changement’.

Mike Bloomberg, maire de New York, est un indépendant qui avait des vues présidentielles, et il pourrait rouler tant pour Obama que pour MacCain. L’enjeu serait de réconcilier les ‘centristes américains’ en séduisant avec Bloomberg les Républicains modérés. Par ailleurs, il pourrait apporter à Obama le vote des Juifs inquiets des campagnes le présentant à tort comme ami des islamistes (Obama, pourtant chrétien, a dû répéter à plusieurs reprises qu’il considérait que les États-Unis étaient le premier ami d’Israël).

Wesley Clark, ancien commandant de l’OTAN, qui a raté les primaires de 2004 et soutien de Hillary Clinton, pourrait incarner la réunification du Parti démocrate, mais son âge (63 ans) pourrait l’handicaper.

Les principales autres personnalités citées par CNN sont le sénateur Evan Bayh, le sénateur Chris Dodd, Chuck Hagel (ami de MacCain et anti-guerre en Irak), Ed Rendell (très populaire à Philadelphie et soutien de Hillary Clinton), Kathleen Sebelius (gouverneur du Kansas) et Jim Webb (vétéran du Vietnam et auteur à succès).

John Edwards est aussi cité (mais il avait renoncé à cette possibilité dès mai 2008).


MacCain, récupérateur du clintonisme ?

La lutte va être difficile pour les deux candidats, mais il semblerait qu’aucun ne souhaite adopter des arguments ‘en dessous de la ceinture’.

En Louisiane le 4 juin 2008, John MacCain a immédiatement proposé aux supporters de Hillary Clinton de venir le rejoindre : « Les voix de tous les partisans de Hillary Clinton seront les bienvenues. » en pensant ainsi : « Je crois qu’il y a beaucoup de partisans de la sénatrice Clinton qui me soutiendront parce qu’il estiment que le sénateur Obama n’a ni l’expérience, ni le savoir, ni le discernement pour relever les défis de la sécurité nationale de ce pays. ».


Les précisions d’Obama sur Israël et l’Iran

De son côté, Barack Obama a prononcé un discours important de politique étrangères à Washington le 4 juin 2008 où il réaffirme la solidité de l’amitié pour Israël et la fermeté à l’égard de l’Iran.

Sur Israël, Obama a déclaré en effet : « Que ce soit clair : la sécurité d’Israël est sacro-sainte. Elle n’est pas négociable. Les Palestiniens ont besoin d’un État contigu et unifié qui leur permette de prospérer. (…) Mais tout accord avec le peuple palestinien doit préserver l’identité d’Israël en tant qu’État juif doté de frontières sûres, reconnues et défendables. Jérusalem restera la capitale d’Israël et ne doit pas être divisée. » alors que le Président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas avait affirmé récemment : « Le monde entier sait que la sainte Jérusalem a été occupée en 1967 et nous n’accepterons pas d’État palestinien sans Jérusalem pour capitale. ».

Les déclarations d’Obama ont évidemment fait bonne impression au Premier Ministre israélien Ehud Olmert, en visite à Washington, qui a estimé que « la sortie de Barack Obama a été très impressionnante et ses remarques sur Jérusalem très touchantes. (…) S’il est élu Président, nous discuterons avec lui de toutes les questions qui sont à l’ordre du jour. ». Une déclaration qui constitue une reconnaissance d’Obama en termes de compétences sur les relations internationales.

Selon Moses Mercado, un conseiller du candidat démocrate, Barack Obama devrait d’ailleurs se rendre en France d’ici deux mois et chercher un soutien international afin de crédibiliser sa candidature par une légitimité internationale malgré son manque d’expérience.


Une page qui se tourne ?

Pour l’instant, les sondages sont très fluctuant et donnent un très léger avantage à Obama (46,7%) sur MacCain (44,5%) qui n’est pas significatif.

Chaque candidat a ses faiblesses (Obama son inexpérience, MacCain son âge et son incompréhension face aux affaires économiques et sociales qu’il a lui même avouée).

La question est de savoir ce qui va être privilégié par les électeurs américains :

1. Un besoin encore présent de sécurité intérieure (les terroristes islamistes pourraient éventuellement perturber le jeu électoral) ou alors

2. Une forte volonté de tourner la page, celle ‘des années Bush et Clinton’ (un peu comme ceux qui voulaient improprement en finir avec ‘l’ère Mitterrand et Chirac’).

Ce changement, qui équivaudrait à la même ampleur que l’arrivée au pouvoir en janvier 1981 de Ronald Reagan qui, avec sa révolution thatchérienne, annonçait que « America is back » et qui avait redonné de l’honneur et de la confiance aux Américains après la sale guerre du Vietnam et la prise d’otages à Téhéran.

Barack Obama est tout à fait ce modèle de nouvel homme politique, ne représentant aucune communauté, dépassant les clivages sociaux anciens, et répondant à la nécessité de globalisation du début du siècle.

Obama, l’homme de la véritable globalisation (par son histoire personnelle, métis ayant vécu enfant en Indonésie puis à Hawaï, père du Kenya et mère du Kansas), celui de la synthèse des identités, donnerait une autre image des États-Unis, plus ouverts et plus aptes à comprendre les nouveaux défis de la planète.

À l’inverse, le choix de John MacCain représenterait une volonté de repli vers les valeurs traditionnelles et le passé sans beaucoup d’innovation dans la capacité à concevoir de nouvelles manières d’entretenir les relations internationales.

Dans tous les cas, il n’y aura aucun bouleversement majeur.

Rendez-vous le 4 novembre 2008 pour entendre le verdict des Américains.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (5 juin 2008)


Pour aller plus loin :

Pourquoi Obama ?

Premier discours officiel de Barack Obama le 4 juin 2008.


Annonce de la victoire d’Obama aux primaires (3 juin 2008).





http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=40705





http://www.lepost.fr/article/2008/06/06/1203938_usa-obama-la-force-tranquille-2-2.html






 
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