(dépêches)
Medvedev salue l'élection d'Obama par une salve
antiaméricaine
5 novembre 2008 - 20h42
Le président russe Dmitri Medvedev a appelé mercredi son futur homologue américain Barack Obama à "un dialogue constructif", tout en accusant les Etats-Unis de tous les maux et en annonçant le
déploiement de missiles pour contrer leur bouclier en Europe.
"Nous espérons que nos partenaires, la nouvelle administration des Etats-Unis, feront le choix de bonnes relations" avec la Russie, a déclaré M. Medvedev dans son premier discours à la Nation,
prononcé opportunément au lendemain de l'élection américaine.
Un peu plus chaleureux dans un communiqué, il a invité M. Obama à "un dialogue constructif", reposant sur la "confiance", jugeant qu'il existait "un potentiel solide" pour de meilleures relations
avec Washington, qui ont tourné à la guerre froide sous la présidence de George W. Bush.
Très offensif tout au long de son discours, M. Medvedev a dénoncé la "politique présomptueuse de l'administration américaine" qui a, selon lui, entraîné la "tragédie de Tskhinvali", allusion au
conflit armé russo-géorgien d'août autour de la région séparatiste d'Ossétie du Sud et de sa capitale, Tskhinvali.
Il a également accusé les Etats-Unis d'avoir provoqué la crise financière internationale "en gonflant la bulle financière pour stimuler leur croissance" et en perdant "tout sens élémentaire de la
mesure".
Dans ce discours très solennel de 85 minutes prononcé au Grand Palais du Kremlin devant députés, représentants des corps constitués et ministres, dont le Premier d'entre eux, Vladimir Poutine, le
président s'est attaché à muscler son discours et à asseoir son autorité.
Il a ainsi dévoilé la riposte militaire que la Russie compte opposer au déploiement du bouclier antimissile américain en Pologne et en République tchèque, perçu comme une menace par Moscou.
"Pour neutraliser en cas de nécessité le système de défense antimissile, on va déployer dans la région de Kaliningrad (enclave russe coincée entre la Pologne et la Lituanie dans l'UE, ndlr) le
complexe de missiles Iskander", a-t-il déclaré.
"Depuis la même région, on va brouiller les nouveaux éléments du système de défense antimissile que les Etats-Unis ont l'intention de déployer", a-t-il ajouté.
Le président lituanien Valdas Adamkus a qualifié cette annonce d'"incompréhensible", la jugeant, tout comme la commissaire européenne aux Affaires étrangères, Benita Ferrero-Waldner, peu
compatible avec le "pacte de sécurité" proposé par M. Medvedev aux Européens.
Le Premier ministre polonais Donald Tusk a relativisé ces déclarations, "un acte politique, et non militaire", selon lui, tandis que l'Otan s'inquiétait de la conformité d'un tel déploiement de
missiles avec les accords de contrôle des armements.
Avec des accents très "poutiniens", M. Medvedev a aussi accusé Washington d'avoir "utilisé le conflit dans le Caucase comme prétexte pour introduire dans la mer Noire des bateaux de guerre de
l'Otan et pour imposer plus vite encore à l'Europe le (bouclier) antimissile".
A la surprise générale, il a repris par ailleurs à son compte l'idée d'allonger de quatre à six ans la durée du mandat présidentiel en Russie, et proposé d'obliger le gouvernement "à rendre des
comptes chaque année à la Douma", la chambre basse du Parlement.
De l'avis des experts, M. Medvedev n'a pu prendre une telle initiative qu'en accord avec Vladimir Poutine, qui reste la clé de voûte de l'exécutif et contrôle également le Parlement où son parti,
Russie unie, détient une majorité écrasante.
"Le décideur numéro un, ce n'est pas Medvedev mais Poutine (..) Cela ne va pas changer dans le futur immédiat", estime ainsi Maria Lipman, analyste au Centre Carnegie à Moscou.
Medvedev fustige les Etats-Unis et annonce le déploiement de
missiles
5 novembre 2008 - 12h26
Le président russe, Dmitri Medvedev, a accusé mercredi les Etats-Unis d'être à l'origine de la crise financière internationale et la guerre en Géorgie, et annoncé le déploiement de missiles à
Kaliningrad en réponse au bouclier américain.
Au cours de son premier discours annuel à la nation, M. Medvedev a également exprimé l'espoir que la "nouvelle administration américaine" opterait pour de "bonnes relations" avec la Russie, sans
citer une seule fois le nom du démocrate Barack Obama, élu mardi 44e président des Etats-Unis.
Intervenant devant les parlementaires, représentants des corps constitués et un parterre de personnalités russes réunis au Kremlin, le président russe a promis de répliquer au déploiement
d'éléments du bouclier antimissile américain en Europe de l'est.
"Pour neutraliser en cas de nécessité le système de défense antimissile, on va déployer dans la région de Kaliningrad le complexe de missiles Iskander", a-t-il déclaré. "Depuis la même région, on
va brouiller les nouveaux éléments du système de défense antimissile que les Etats-Unis ont l'intention de déployer" en Pologne et en république Tchèque, a-t-il poursuivi.
M. Medvedev s'en est aussi pris à Washington à propos de la crise financière internationale, dénonçant les "erreurs" à l'origine de cette crise "qui est loin d'être finie". "En gonflant la bulle
financière pour stimuler leur croissance, les Etats-Unis ne se sont pas donné la peine de coordonner leurs efforts avec d'autres participants des marchés et ont ignoré tout sens élémentaire de la
mesure", a déclaré M. Medvedev.
Revenant sur la guerre russo-géorgienne dans le Caucase, M. Medvedev a affirmé que la "tragédie de Tskhinvali", capitale de la république séparatiste d'Ossétie du Sud, était "une conséquence de
la politique présomptueuse de l'administration américaine".
"Le conflit dans le Caucase a été utilisé comme prétexte pour introduire dans la mer Noire des bateaux de guerre de l'Otan et pour imposer plus vite encore à l'Europe le système de défense
antimissile américain ce qui va provoquer des mesures de rétorsion de la Russie", a-t-il ajouté.
La tentative de Tbilissi, allié des Etats-Unis, de reprendre le contrôle de l'Ossétie du Sud dans la nuit du 7 à 8 août a provoqué une intervention russe en Géorgie et une guerre de cinq jours.
"Nous ne reculerons pas dans le Caucase", a prévenu le président russe.
Evoquant la politique intérieure, M. Medvedev a proposé d'allonger à six ans la durée du mandat présidentiel en Russie contre quatre actuellement et celui des députés de la Douma, chambre basse
du Parlement, à cinq ans contre quatre.
La Russie va déployer des missiles en réponse au bouclier anti-missiles
américain
5 novembre 2008 - 12h13
La Russie va déployer des missiles dans la région de Kaliningrad, frontalière de la Pologne et de la Lituanie, en réponse au projet américain de bouclier anti-missiles sur le sol européen, a
annoncé mercredi le président russe Dimitri Medvedev.
Dans le discours annuel sur l'état de la nation, le chef du Kremlin a précisé qu'il s'agirait de missiles Iskander à courte portée. Mais il n'a pas dit combien de missiles seraient déployés, à
quelle date, ni s'ils seraient équipés pour recevoir des têtes nucléaires.
"Pour neutraliser le système de défense anti-missiles (américain), un complexe de missiles Iskander sera déployé dans la région de Kaliningrad, si nécessaire", a déclaré le président russe dans
son premier discours sur l'état de la nation.
"Les ressources de la Marine russe seront, naturellement, aussi utilisées à cette fin. Le brouillage électronique des nouveaux éléments du système de défense anti-missiles américain sera effectué
depuis le territoire de cette même région occidentale", a-t-il ajouté.
Le territoire baltique de Kaliningrad est une région russe enclavée entre la Pologne et la Lituanie. Les Etats-Unis ont l'intention de déployer un système de défense ("bouclier") anti-missiles en
Pologne et en République tchèque.
La Russie menace d'installer des missiles aux portes de l'Union
européenne
6 novembre 2008 - 07h41 - Euronews
L'Otan exprime son inquiétude après l'annonce par la Russie d'un possible déploiement de missiles russes aux portes de l'Union européenne Pour l'Alliance atlantique, une telle mesure ne serait
pas conforme avec les accords sur le contrôle des armements.
Hier, le président russe Dimitri Medvedev s'est montré offensif. Quelques heures seulement après l'élection de Barack Obama, il a fustigé le projet américain de bouclier antimissile en Pologne et
en République tchèque.
''Afin de neutraliser le système de défense antimissile américain, un complexe de missiles Iskander sera déployé dans la région de Kaliningrad si cela s'avère nécessaire'', a affirmé Dimitri
Medvedev.
Moscou s'est toujours opposé au bouclier américain qu'il voit comme une menace pour sa sécurité. L'enclave russe de Kaliningrad jouxte la Pologne et la Lituanie, deux pays de l'Union européenne.
D'où le sceptiscisme des 27. La commissaire européenne aux Affaires étrangères juge cette annonce peu compatible avec le pacte de sécurité proposé par la Russie à l'Europe. En Allemagne, le ton
est le même. ''Les propos du président Medvedev sur l'installation de missiles à Kaliningrad sont assurément un mauvais signal au mauvais moment'', a déclaré Frank-Walter Steinmeier, le chef de
la diplomatie de Berlin.
Les menaces de Dimitri Medvedev interviennent alors que le conflit en Géorgie a considérablement refroidi les relations de Moscou avec l'Otan et les Etats-Unis. Le Conseil Otan - Russie a ainsi
suspendu ses travaux depuis la fin du mois d'août.
International
Russie-USA: Medvedev espère de bons rapports
14:32 | 05/ 11/ 2008
MOSCOU, 5 novembre - RIA Novosti.
Le président russe Dmitri Medvedev a espéré mercredi dans son message à l'Assemblée fédérale (parlement russe) que la nouvelle administration américaine opterait pour de bons rapports avec la
Russie.
"Nous n'avons pas de problèmes avec le peuple américain, ni d'antiaméricanisme primaire. Nous espérons que la nouvelle administration américaine choisira d'établir de bons rapports avec la
Russie", a-t-il déclaré.
Le sénateur démocrate Barack Obama a remporté l'élection présidentielle aux Etats-Unis, recueillant 349 voix de grands électeurs, alors qu'il en faut 270 pour être élu.
International
ABM: Moscou prêt à installer des missiles à Kaliningrad (Medvedev)
14:16 | 05/ 11/ 2008
MOSCOU, 5 novembre - RIA Novosti.
La Russie est prête à déployer des missiles de théâtre Iskander dans l'enclave de Kaliningrad, sur la mer Baltique, pour contrecarrer le bouclier antimissile américain déployé en Europe de l'Est,
a déclaré mercredi à Moscou le président russe Dmitri Medvedev.
"En cas de nécessité, un système de missiles Iskander sera installé dans la région de Kaliningrad pour neutraliser le bouclier antimissile européen", a-t-il affirmé dans son message annuel à
l'Assemblée fédérale (parlement).
"Nous avons fait savoir à maintes reprises à nos partenaires que nous étions disposés à mettre en place une coopération positive, que nous voulions agir ensemble face aux menaces communes. Hélas,
ils ne veulent pas nous entendre", a constaté M. Medvedev.
Iskander (code OTAN: SS-26 Stone) est un missile de théâtre hautement précis capable de neutraliser des cibles à une distance maximale de 300 km.
Par ailleurs, la Russie envisage de maintenir en état d'alerte une division des Forces de missiles stratégiques à Kozelsk, au sud-ouest de Moscou. Cette division est notamment dotée de missiles
balistiques intercontinentaux RS-18 (code OTAN: SS-19 Stiletto) d'une portée de 10.000 km.
"Nous voulions au départ cesser de maintenir en état d'alerte trois régiments de la division de missiles déployée à Kozelsk et démanteler toute la division d'ici 2010. J'ai décidé de suspendre
ces projets. Rien ne sera réformé", a-t-il souligné.
Enfin, la Russie compte mobiliser ses moyens de lutte électronique pour neutraliser le bouclier antimissile américain depuis la région de Kaliningrad, a résumé M. Medvedev, qui avait à plusieurs
reprises promis des "mesures de représailles".
Washington envisage de déployer en Europe de l'Est des éléments de son bouclier antimissile pour parer à d'éventuelles attaques venant d'Iran ou de Corée du Nord. Les Etats-Unis comptent ainsi
installer un radar en République tchèque et dix missiles intercepteurs en Pologne. Moscou, se sentant menacé, a exprimé à plusieurs reprises son hostilité envers ce projet malgré les tentatives
américaines pour rassurer la Russie.
International
La Russie garantira sa sécurité sans se laisser entraîner dans une course aux armements
(Medvedev)
14:08 | 05/ 11/ 2008
MOSCOU, 5 novembre - RIA Novosti.
La Russie garantira la sécurité de ses citoyens sans se laisser entraîner dans une nouvelle course aux armements, a déclaré mercredi le président russe Dmitri Medvedev dans son premier message
annuel à l'Assemblée fédérale (parlement).
"Nous ne nous laisserons pas entraîner dans une course aux armements, mais nous sommes obligés de prendre en considération (les tentatives en ce sens) dans la construction de notre armée", a
indiqué M.Medvedev.
Ces derniers temps, Moscou fait face à de nouvelles menaces - création d'un système antimissile global (par les États-Unis), encerclement de la Russie par des bases militaires, élargissement
illimité de l'OTAN et d'autres "cadeaux", "nous avons l'impression qu'on nous fait passer un test", a conclu le président.
International
ABM: Medvedev promet des "mesures de rétorsion" - 2
12:31 | 05/ 11/ 2008
MOSCOU, 5 novembre - RIA Novosti.
Le président russe Dmitri Medvedev a promis mercredi des "mesures de rétorsion" si les Etats-Unis ne renonçaient pas à leur intention de déployer un bouclier antimissile en Europe de l'Est.
"Le conflit dans le Caucase a servi de prétexte pour introduire en mer Noire des navires de guerre de l'OTAN et imposer à l'Europe des systèmes de défense antimissile. Cela ne manquera pas
d'entraîner des mesures de rétorsion russes", a-t-il affirmé dans son message annuel à l'Assemblée fédérale (parlement russe).
Washington envisage de déployer en Europe de l'Est des éléments de son bouclier antimissile pour parer à d'éventuelles attaques venant d'Iran ou de Corée du Nord. Il compte ainsi installer un
radar en République tchèque et dix missiles intercepteurs en Pologne. Moscou, se sentant menacé, a exprimé à plusieurs reprises son hostilité envers ce projet malgré les tentatives américaines
pour rassurer la Russie.
Le président russe a également évoqué l'agression géorgienne contre l'Ossétie du Sud et la crise financière mondiale parmi les "épreuves sérieuses" que la Russie a connues cette année.
"Ce sont deux problèmes extrêmement importants qui ont des caractéristiques et des origines similaires", a-t-il estimé.
Selon M. Medvedev, l'offensive lancée par l'armée géorgienne contre l'Ossétie du Sud a "nettement aggravé les tensions dans toute la région du Caucase".
"Une aventure locale du régime de Tbilissi a ainsi fait monter les tensions bien au-delà de la région, dans toute l'Europe, remettant en cause les fondements mêmes de l'ordre mondial. La crise
financière mondiale a, elle aussi, commencé comme un incident local", a souligné le chef du Kremlin.