(dépêches)
PS: Ségolène Royal remporte la première manche
il y a 5 heures 11 min
Emmanuel Georges Picot
Ségolène Royal remporte la première manche pour le congrès de Reims. Créant la surprise, la finaliste de l'élection présidentielle de 2007 est arrivée en tête du vote des militants socialistes
pour le congrès de Reims avec autour de 29%, selon les résultats officiels annoncés dans la nuit.
Rien n'est joué pour le congrès du 14 au 16 novembre. Bertrand Delanoë et Martine Aubry étaient au coude à coude pour la deuxième place avec autour de 25% chacun, a précisé Stéphane Le Foll,
directeur de cabinet de François Hollande, lors de l'annonce des résultats à 2h30 du matin. Candidat de l'aile gauche du parti, Benoît Hamon est quatrième avec environ 19%. Les deux "petites"
motions du pôle écologique et d'Utopia ont recueilli entre 1,5% et 2%.
La participation a été moyenne. Sur les 233.000 militants susceptibles de voter, 128.970 se sont déplacés, soit une participation de 55,38%.
Ces résultats ne sont pas complets, puisqu'ils n'incluent pas les fédérations du Cher, de la Guadeloupe, de Wallis et Futuna, de Mayotte, de Guyane et de Martinique, ainsi que les Français de
l'étranger et pourront être ajustés dans les prochains jours, a précisé M. Le Foll. Mais ils ont été approuvés par les mandataires des six motions réunis dans la nuit au siège du parti, rue de
Solférino.
La première place de Ségolène Royal représente une petite surprise. Au début de la campagne, Bertrand Delanoë était donné largement favori. Le maire de Paris bénéficiait du soutien du Premier
secrétaire sortant François Hollande, de Lionel Jospin, de Michel Rocard ainsi que de nombreux grands élus.
La présidente de la région Poitou-Charentes, qui propose une transformation profonde du parti, a sans doute bénéficié de la volonté de renouvellement d'une grande partie des militants du PS. Elle
a su surfer sur la crise financière pour tenir un discours plus à gauche. La mise "au frigidaire" de sa candidature au poste de Premier secrétaire a aussi contribué à son score auprès de
militants lassés par l'affrontement permanent entre présidentiables.
Mais si Mme Royal semble en position de force, rien n'est joué pour le congrès. Elle va maintenant devoir s'allier à d'autres motions pour constituer une majorité susceptible de diriger le parti.
"Si nous arrivons en tête, l'offre d'alliance sera faite à tout le monde", prévenait-elle mercredi.
Ses proches s'efforçaient jeudi soir de ne pas céder au triomphalisme. "Le PS est dans la difficulté, ça nous donne une obligation de rassemblement", a commenté son mandataire Patrick
Mennucci.
Bertrand Delanoë n'a pu que prendre acte de la victoire relative de sa rivale. Mais il est loin d'avoir abdiqué. Dans un communiqué publié après l'annonce des résultats, le maire de Paris a exclu
"toute perspective d'alliance avec un parti qui ne s'assumerait pas clairement de gauche".
Bras droit du maire de Paris, Harlem Désir a exprimé la détermination des "delanoïstes" à "défendre dans le congrès" les options portées par leur motion, à savoir "un socialisme européen,
écologiste, réformiste assumé", "un PS qui confirme son ancrage à gauche avec une clarification de sa stratégie d'alliance sans ambiguïté vis à vis du Modem", "un parti de militants, pas de
supporters". Une conception du parti qui diffère de celle de Ségolène Royal.
Ségolène Royal devra aussi tenir compte des 25% obtenus par la motion Aubry. Les proches de la maire de Lille ont réitéré leur proposition d'une rencontre dans la semaine des responsables des
motions. "On ne peut pas arriver au congrès sans avoir ébauché un minimum de solution", a déclaré son lieutenant François Lamy.
La gauche du parti pourra elle aussi jouer les arbitres à Reims. Son leader Benoît Hamon a vu dans son score la preuve de "l'aspiration au changement" des militants. Le jeune député européen a
confirmé sa candidature au poste de Premier secrétaire: "je ne vois pas ce qui justifierait à cette heure-ci aujourd'hui que je renonce à cette candidature".
PS: la victoire de Royal ne lui permet pas d'être majoritaire,
affirme Hollande
il y a 22 min
Thierry MASURE et Christine POUGET
La victoire de Ségolène Royal "ne lui permet pas d'être majoritaire dans le Parti socialiste" et les quatre motions arrivées en tête du vote des militants pour le congrès de Reims doivent
"chercher un rassemblement", a dit vendredi le premier secrétaire sortant François Hollande.
"Ce n'est pas le scénario le plus simple pour le PS", a déclaré M. Hollande sur RTL, au lendemain du vote sur les motions au congrès qui a donné la première place avec 29% à l'ex-candidate à la
présidentielle, devant Bertrand Delanoë et Martine Aubry, tous deux autour de 25%, et Benoît Hamon, autour de 19%.
M. Hollande a estimé que le score de Mme Royal "n'est pas une victoire qui lui permet aujourd'hui d'être majoritaire dans le parti". "Le problème ce n'est pas cet ordre d'arrivée c'est comment on
donne au parti (...) une majorité stable capable de le conduire", a-t-il poursuivi. Il a appelé les quatre principales motions à "chercher ensemble les voies d'un rassemblement", estimant que si
une majorité ne se dégage pas, il y aura "des jours difficiles" pour le PS.
Il faut "faire en sorte qu'il puisse y avoir un rassemblement sur une ligne qui soit cohérente, dynamique, mobilisatrice", a plaidé M. Hollande. "Les militants ont dispersé leurs suffrages, à
nous maintenant de faire en sorte que nous puissions nous rassembler", a-t-il dit. En tout état de cause, "mon successeur ou ma successeure viendra au terme du congrès", a-t-il affirmé, souligant
qu'à l'heure actuelle "on ne sait même pas si Ségolène Royal sera candidate au poste de premier secrétaire" puisqu'elle même n'en a pas "fait un préalable".
Le "vieux" Parti socialiste est sorti désavoué jeudi du vote des militants PS pour le congrès de Reims, qui a consacré la prééminence de Ségolène Royal et l'émergence d'une nouvelle génération
autour de Benoît Hamon. Favori des sympathisants, selon les sondages, et appuyé par une grande partie des cadres et élus socialistes, Bertrand Delanoë a été devancé de quatre points par
l'ex-candidate à la présidentielle de 2007 qui, avec 29% des suffrages, se trouve ainsi en position de force pour tenter de constituer une majorité au 75e congrès la semaine prochaine.
Candidat déclaré au poste de numéro un du parti, le maire de Paris n'est même pas certain d'arriver deuxième, puisque, comme Martine Aubry, il a recueilli "autour de 25%", a indiqué Stéphane Le
Foll, bras droit de François Hollande. Il manquait encore quelques résultats, notamment de l'outre-mer.
Le jeune eurodéputé Benoît Hamon (41 ans), qui avait réuni derrière lui toute la gauche du parti, recueille "autour de 19%", le meilleur score qu'il pouvait espérer. Le "pôle écologique" et
"Utopia" obtiennent "autour de 1,50% à 2%".
Sans doute lassés des querelles internes et de la "guerre des chefs" dans un parti qui a perdu les trois dernières présidentielles, les militants se sont assez peu mobilisés. Avec 128.978
votants, la participation a atteint 55,38%.
Le résultat constitue un revers pour la direction sortante, emmenée par François Hollande, qui soutenait M. Delanoë, tout comme les présidents des groupes parlementaires, Jean-Marc Ayrault et
Jean-Pierre Bel. M. Delanoë n'a même pas pu compter sur la voix de Lionel Jospin, qui l'avait pourtant appuyé, l'ancien Premier ministre étant absent de Paris.
Partisan de Martine Aubry, le député Jean-Christophe Cambadélis parle de "coup de tonnerre sur l'appareil du parti", "du jamais vu". En difficulté ces dernières semaines, notamment après son
meeting controversé du Zénith, Mme Royal, la plus populaire chez les militants, est parvenue à inverser le courant en mettant "au Frigidaire" son ambition de prendre la tête du parti. Elle était
soutenue par d'importantes fédérations comme les Bouches-du-Rhône, où elle aurait obtenu 73% des voix, et l'Hérault.
François Rebsamen, numéro deux du parti et soutien de Mme Royal, a vu dans le vote "un choix en faveur du changement, de la transformation du parti". Un point d'accord au moins avec Benoît Hamon,
qui se félicite d'un score où il voit "la marque d'une volonté de changement, de réorienter le message des socialistes vers une gauche plus décomplexée, plus résolue". Le jeune eurodéputé reste
candidat à la succession de M. Hollande, estimant avoir "une grande légitimité à diriger ce parti".
C'est maintenant à Mme Royal de tenter d'organiser le rassemblement pour constituer une nouvelle majorité au congrès de Reims (14-16 novembre). "Ségolène Royal a la responsabilité de rechercher
avec nous la plus grande unité du PS", a déclaré M. Rebsamen. Pour M. Delanoë, pas question toutefois de rejoindre un bloc qui, comme Mme Royal, s'accomoderait d'une alliance avec un parti "qui
ne s'assumerait pas clairement de gauche", sous-entendu le MoDem.
Chez Mme Aubry, on ne renonce pas à constituer un rassemblement majoritaire. "Nous allons maintenant travailler à élargir le rassemblement sur une ligne de changement et d'ancrage à gauche", a
déclaré le fabiusien Guillaume Bachelay.
Compte tenu de l'aspiration au renouvellement, le député européen Vincent Peillon, 48 ans, paraîtrait avoir le meilleur profil dans l'équipe Royal pour revendiquer le poste de chef du parti. Une
candidature de la présidente du Poitou-Charentes semble peu probable.
Congrès du PS: les socialistes ont voté, en attendant leur
nouveau chef
il y a 10 heures 21 min
Les militants socialistes ont voté jeudi pour départager les six motions en lice pour le congrès de Reims la semaine prochaine, d'où sortira le nouveau leader du principal parti d'opposition, la
lutte se concentrant entre le trio Aubry-Delanoë-Royal.
Le scrutin déterminera les rapports de force, ouvrant la porte à des tractations ou alliances avant le congrès (14 au 16 novembre), tandis que le successeur de François Hollande - patron du PS
pendant 11 ans - sera élu directement le 20 novembre par la base militante.
Quelque 233.000 militants étaient appelés à voter dans plus de 3.000 sections, mais seuls peuvent participer ceux à jour de cotisation (65.000 ne le sont pas). Le scrutin s'est achevé à 22H00, et
les premiers résultats étaient attendus dans la nuit.
Les responsables s'attendaient à une participation de 130.000 à 140.000 votants, certains redoutant que la "guerre des chefs" dans laquelle est plongée le parti ne conduise à une démobilisation
dans un parti qui n'a plus gagné une élection présidentielle depuis 1995.
"J'ai la rage, je suis vraiment avide de voir la reconstruction du PS, avec un seul interlocuteur capable de réunir autour d'idées valables, parce que là, y en a marre", s'exapérait Inès, 50 ans,
au PS depuis cinq ans, en votant à Montpellier.
Tous les états-majors prévoyaient un résultat serré entre la maire de Lille, le maire de Paris et la présidente de Poitou-Charentes et ex-candidate à l'Elysée.
Tous trois présidentiables, ils assurent que l'échéance de 2012 est déconnectée de ce congrès, le candidat à la prochaine présidentielle ne devant être choisi qu'en 2011. Mais chacun surveille
les autres.
"On a la chance de rénover un parti libre, c'est un événement important. Il faut que les socialistes se rassemblent car aujourd'hui les temps sont très durs", a lancé Mme Royal en votant dans son
fief de Melle (Deux-Sèvres).
Bertrand Delanoë, qui a voté dans le XVIIIe arrondissement, avait exhorté mercredi à donner une majorité forte à une des motions, pour éviter "combinaisons" et "alliances tactiques".
"Plus la participation sera haute, meilleur sera le résultat pour la motion A" (de M. Delanoë), a lancé François Hollande en votant à Tulle. "Dans le cas contraire (...), le Congrès sera plus
difficile".
Mme Aubry dédramatise et juge que si aucune des motions n'arrive clairement en tête, les responsables de chaque camp devraient se réunir "le plus tôt possible" pour tenter de dégager une ligne
majoritaire.
Elle a voté dans sa ville de Lille, assurant que les militants "veulent un parti qui change, un parti à gauche".
Pour la première fois depuis une quinzaine d'années, aucune motion ne devrait obtenir la majorité absolue, la majorité sortante de M. Hollande s'étant brisée en trois (Aubry, Delanoë, Royal).
Le maire de Paris fait figure de favori dans les sondages, mais les partisans d'Aubry et de Royal assurent que leurs championnes peuvent arriver en tête.
Outre les trois "grandes" motions, l'eurodéputé Benoît Hamon présente un texte qui fédère l'aile gauche du parti et espère, sur fond de crise économique, un joli score. Il y a enfin deux
"petites" motions: le pôle écologiste et Utopia (écolo-altermondialiste).
Au siège du parti, rue de Solferino à Paris, les socialistes se préparaient à une très longue nuit. A l'entresol, six ordinateurs sont disposés, un par motion. Trois scrutateurs par camp
recenseront les remontées des 102 fédérations, qui doivent transmettre les résultats "au plus tard à 01H00 du matin".
En 2005, pour le vote préalable au Congrès du Mans, il y avait eu contestations, notamment des fabiusiens et des résultats provisoires n'avaient été publiés que le lendemain du vote... dans
l'après-midi.