« Seul est éternel le devoir
envers l'être humain
comme tel. »
Citation de
la philosophe Simone Weil
tirée de son livre "L'Enracinement"
(éd. Gallimard) publié
en 1949 après sa mort.
(e-courrier)
Profession de foi
pour l'élection du Premier secrétaire du Parti socialiste, le 20 novembre
17 nov. 2008
Chèr-e-s camarades,
Au moment où la crise financière aggrave les souffrances, ici et dans le monde, la France attend les socialistes. Elle les appelle. Nous devons répondre, forts, déterminés, audacieux, vigoureux,
énergiques.
La parole vous est aujourd'hui redonnée. Immense responsabilité, car c'est vous qui, par votre vote, allez forger l'unité du Parti socialiste et donc sa capacité à se faire entendre et à agir
dans le tumulte.
Oui ou non voulons-nous ensemble écrire une nouvelle page de notre histoire, vibrante et populaire ?
Oui ou non voulons-nous bâtir ensemble le socialisme du XXIème siècle ?
Oui ou non, notre parti va-t-il s’ouvrir à toutes les diversités et devenir meilleur que la société qu’il prétend transformer ?
Oui ou non le peuple que j’ai vu tellement présent et attentif au cours de ces derniers mois va-t-il venir vers nous car nous aurons su lui redonner l’espoir ?
Notre avenir est à portée de main. A nous de le saisir. Nous avons les talents individuels. A nous de tisser le talent collectif.
Je veux mettre en valeur une nouvelle génération d'hommes et de femmes, de toutes origines et de tous les territoires. A nous de leur ouvrir les responsabilités et de demander aux anciennes
générations d'être là et de leur transmettre l'expérience.
Vous savez que le Parti socialiste peut devenir un grand parti populaire. A nous d’accueillir toutes celles et ceux qui veulent combattre les dégâts du sarkozysme et construire un autre
futur.
On nous a fait un procès intellectuellement déloyal sur la question des alliances. Pourtant notre motion est parfaitement claire : l'union de la gauche d'abord, la main tendue à tous les
humanistes pour battre la droite, ensuite. Cette question sera soumise à une consultation directe des militants. Je m'y engage.
Vous savez que les jeunes des quartiers populaires et de toutes les couleurs sont massivement venus voter pour nous à l'élection présidentielle. Je les espère au Parti socialiste. A nous
d'inventer de nouvelles formes de militantisme.
Les Français nous attendent. La gauche nous attend. La force d'être nous-mêmes et la force de changer dépendront de la force que par votre vote, chacune et chacun d’entre vous nous donnera jeudi
prochain. Donnez-nous cette force et cette légitimité qui nous permettront de reprendre l'ouvrage, pour que tous les talents de toutes les motions se rassemblent pour combattre la droite, pour
proposer et pour se faire entendre, ici, mais aussi en Europe et sur la scène internationale.
Je vous appelle toutes et tous à venir voter. Car aujourd’hui c’est vous, militantes et militants, qui détenez les clés de notre avenir commun et donc de celui de millions de citoyens qui nous
attendent, parfois désespérément. C’est vous qui pouvez donner l’élan de la transformation. Alors, allons-y. Nous pouvons le faire. Nous devons le faire. Nous sommes les socialistes. Nous allons
retrouver la fierté de l'être tous ensembles, unis et offensifs. Vous pouvez compter sur moi comme nous comptons sur vous.
Amitiés socialistes,
Ségolène Royal et Vincent Peillon, et toute l'équipe
http://www.fiersdetresocialistes.org/files/professiondefoisegoleneroyal.pdf
Ségolène Royal présente sa
candidature au poste de Premier secrétaire.
Chers camarades, je ne reviendrai pas sur le récit de la commission des résolutions parce que Vincent Peillon, je crois, l’a parfaitement fait.
Je voudrais remercier cette équipe très soudée, je ne pourrais pas tous les citer, mais qui ont travaillé avec moi sans relâche au rassemblement des socialistes : François Rebsamen, Manuel,
Delphine, Gérard, Jean-Noël, Najat, Aurélie, Jean-Pierre, Jean-Louis, Julien, David et tous les autres.
Chers camarades, maintenant, la parole est aux militants. C’est à vous, militants, de rassembler désormais notre parti. C’est à vous de choisir celui ou celle qui aura la lourde charge de diriger
le parti dans l’unité. Et tout le monde, et j’en fais ma règle, devra se ranger derrière celui ou celle qui sera désigné(e) par le vote souverain des militants.
Il faudra solliciter tous les talents, réunir toutes les compétences, mettre le parti au travail pour servir les Français, pour parler à l’Europe et au monde. Le Parti a besoin de tous, de tous
ses militants bien sûr, de tous ses élus, de tous ses responsables nationaux et fédéraux, de tous ses secrétaires de section et de tous ceux et celles qui nous rejoindrons.
Si je suis élue, l’effort de rassemblement continuera. J’aurai, nous aurons besoin de toi, Bertrand, et de tes amis, et au-delà, nous aurons à cœur de rassembler, venant de toutes les motions,
tous les talents qui s’y trouvent.
Nous aurons besoin de toi, François, à qui tous les militants savent ce qu’ils te doivent pour avoir notamment, mais bien au-delà, notamment maintenu contre vents et marées l’unité de notre Parti
socialiste.
Le Parti socialiste est attendu par les Français. Il doit contribuer à répondre aux urgences de la crise économique et financière qui s’est abattue sur le pays et sur le monde. Toute son énergie,
toute son intelligence collective doivent être mobilisées par l’impérieuse nécessité de s’opposer. Faisant face à l’avalanche des plans de licenciements dont la liste s’allonge de jour en jour,
Renault Sandouville, Peugeot, Camif, Sanofi, Hewlett Packard, Molex, Ford, les services publics menacés sur tous les territoires, les acquis sociaux bafoués partout, l’Éducation nationale appelée
tous les jours à en rabattre.
N’oublions pas, militants, que jeudi prochain, le jour où nous aurons à voter, il y aura un mouvement social, un mouvement de grève dans les services publics et dans l’Éducation nationale, et
nous serons à leurs côtés.
La France a engagé 350 milliards d’euros pour les banques, soit près de 10 000 euros par foyer fiscal, et on nous dit que le pouvoir d’achat ne peut pas être augmenté. Pendant ce temps-là, 7
millions de pauvres, dont 2 millions d’enfants sont la réalité de notre pays. Alors que 2500 milliards ont été engagés pour sauver le système bancaire mondial, il en aurait fallu 200 pour
éradiquer la faim et autant pour stopper la désertification du Sahel, et on ne pourrait pas construire un autre monde ? !
Oui, cette crise financière est indissolublement liée au système capitaliste lui-même. Souvenez-vous de tous ces donneurs de leçon qui se prenaient pour les maîtres du monde, qu’elle était
arrogante la secte dorée des intégristes du marché ! Comme ils nous regardaient de haut ces acrobates de la mathématique financière, comme ils y mettaient de l’entrain ces idéologues suffisants
attachés à détruire sous toutes les latitudes, l’Etat qu’aujourd’hui ils appellent au secours, comme on appelle un domestique pour qu’il éponge les dégâts d’une fête trop arrosée !
Comme ils étaient sûrs d’eux ces sachants et ces satisfaits auxquels des pouvoirs serviles éloignés du peuple accordaient tous les permis de dévaster.
Souvenez-vous la compétence était de leur côté, pas du nôtre. La modernité était leur amie, pas la nôtre. Ils avaient gagné la bataille des idées et nous l’avions perdu, l’avenir leur appartenait
et à personne d’autre. Aujourd’hui, ils ont moins fière allure, mais attention ils n’ont pas perdu la main. Ils promettent de s’amender et de s’auto-discipliner, mais de grâce, nous disent-ils,
que l’Etat paie sans s’immiscer dans nos affaires, et très vite qu’il s’efface à nouveau.
Avouons qu’il est quand même piquant que celui, Nicolas Sarkozy qui s’est fait élire en vantant les retraites par capitalisation, le surendettement des ménages, l’Etat minimal tout droit inspiré
par George Bush, soit obligé aujourd’hui de passer en urgence de la main invisible du marché à la poigne solide de l’Etat.
Mais nous, nous ne sommes pas dupes. Un cycle s’achève, celui inauguré par Mme Thatcher qui nous répétait : il n’y a pas d’alternative, celui poursuivi par Reagan qui déclarait : l’Etat n’est pas
la solution, mais le problème. Celui où l’on claironna après la chute du Mur que nous étions arrivés à la fin de l’histoire. Eh bien non, l’histoire a plus d’un tour dans son sac car elle n’obéit
à aucun déterminisme mécanique et se moque des triomphalismes à courte vue.
L’histoire est pour le meilleur et pour le pire ce que les femmes et les hommes en font. L’histoire sera dans le temps qui est le nôtre, ce que nous serons capables d’en faire.
Voilà pourquoi aujourd’hui notre responsabilité historique est immense, elle est lourde, mais en même temps exaltante car ce cycle s’achève en ayant semé tant de mépris, tant d’injustice et de
précarité tant de hantise de tomber sans pouvoir se relever, tant d’inquiétude pour l’avenir et tant de doutes sur la capacité de la politique à remettre les choses d’aplomb, qu’il y a urgence,
extrême urgence à empêcher que le monde ne se défasse davantage, c’est le rôle de la gauche, c’est celui du socialisme, celui du socialisme du 21e siècle !
Urgence à proposer une alternative radicale et crédible, urgence à rassembler nos forces, nos talents, nos volontés et tous nos courages.
Je songe, au moment où je vous parle, à ces salariés qui jonglent avec trois petits boulots pour s’en sortir, à ces adultes qui ont un emploi et qui sont pourtant contraints de revenir habiter, à
40 ans, chez leurs parents ou à vivre en caravane, à cette mère de famille rencontrée lors d’une de ces réunions qui m’a dit qu’avant, elle gardait toujours les restes des plats pour en faire
quelque chose mais que maintenant elle récupère les restes dans les assiettes pour les recuisiner.
Nous connaissons tous ces retraités qui ne font plus qu’un repas par jour. Nous les avons vus ceux qui doivent choisir entre manger et se chauffer, et tant de gens qui se croyaient à l’abri et
qui aujourd’hui, à cause d’une politique implacable de la droite, tombent dans l’insécurité sociale avec au cœur cette terrible angoisse pour l’avenir de leurs enfants.
Je pense à tous les jeunes, de toutes origines et de toutes les couleurs des quartiers populaires qui sont venus massivement voter à l’élection présidentielle et je les appelle à venir au Parti
socialiste. La France a besoin d’eux, le PS a besoin d’eux, et donc si je suis élue, j’aurais besoin, oui farouchement, besoin d’eux.
Urgence à proposer une alternative radicale et crédible, urgence à rassembler nos forces, nos talents, nos volontés et tous nos courages.
Je songe, au moment où je vous parle, à ces salariés qui jonglent avec trois petits boulots pour s’en sortir, à ces adultes qui ont un emploi et qui sont pourtant contraints de revenir habiter, à
40 ans, chez leurs parents ou à vivre en caravane, à cette mère de famille rencontrée lors d’une de ces réunions qui m’a dit qu’avant, elle gardait toujours les restes des plats pour en faire
quelque chose mais que maintenant elle récupère les restes dans les assiettes pour les recuisiner.
Nous connaissons tous ces retraités qui ne font plus qu’un repas par jour. Nous les avons vus ceux qui doivent choisir entre manger et se chauffer, et tant de gens qui se croyaient à l’abri et
qui aujourd’hui, à cause d’une politique implacable de la droite, tombent dans l’insécurité sociale avec au cœur cette terrible angoisse pour l’avenir de leurs enfants.
Je pense à tous les jeunes, de toutes origines et de toutes les couleurs des quartiers populaires qui sont venus massivement voter à l’élection présidentielle et je les appelle à venir au Parti
socialiste. La France a besoin d’eux, le PS a besoin d’eux, et donc si je suis élue, j’aurais besoin, oui farouchement, besoin d’eux.
Pour tous ceux-là et pour bien d’autres, des millions d’autres, ils attendent, ils nous attendent, les socialistes, et c’est pour cela, qu’avec mon équipe, cette équipe qui a vocation à s’élargir
et à rassembler tous les socialistes, c’est pour cela que je me bats.
Nous aimons tous notre parti, il est une partie de notre vie et nous y laissons parfois beaucoup. Il est notre fierté, il est indispensable aux Français et au monde. Nous devons lui consacrer le
meilleur de nous-mêmes. Rassemblons-nous.
Socialistes, levons-nous. Il y a tant de belles choses à faire, inventer le socialisme du XXIe siècle. Il y a tant de combats à mener. C’est la plus belle tâche que d’être à son service avec
gravité, avec le sens des responsabilités, avec une équipe déterminée et renouvelée, je m’y prépare.
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