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« Seul est éternel le devoir
envers l'être humain
comme tel. »


Citation de
la philosophe Simone Weil
tirée de son livre "L'Enracinement"
(éd. Gallimard) publié
en 1949 après sa mort.

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Mardi 25 novembre 2008

(dépêches)

 

 


MINUTE PAR MINUTE - PS : le "mauvais feuilleton" continue

Publié le 25/11/2008 à 09:14 - Modifié le 25/11/2008 à 14:58 Le Point.fr
lepoint.fr

Dossier spécial "La guerre des chefs au PS"

Le Parti socialiste va-t-il enfin connaître mardi le nom de sa patronne ? La guerre des chiffres fait toujours rage entre Martine Aubry, donnée gagnante pour l'écart infime de 0,03 % et Ségolène Royal, dont le camp est prêt à saisir la justice pour qu'un nouveau vote soit organisé pour élire le premier secrétaire du PS. lepoint.fr vous propose de vivre minute par minute les événements de mardi, alors que le conseil national du parti doit proclamer le nom de celle qui succédera à François Hollande.

14 h 15 : Reprise des travaux de la commission. La commission de récolement, chargée de vérifier les procès-verbaux des fédérations pour l'élection du premier secrétaire du PS, reprennent à la Mutualité (5e arrondissement de Paris). Un changement de dernière minute, puisque ces travaux devaient normalement se dérouler au siège du Parti socialiste, rue de Solférino (7e arrondissement de Paris).

13 h 56 : Détente. "À quelques heures de la validation des résultats tels qu'ils auront été constatés par la commission de notre parti, je souhaite très solennellement dire que quel que soit ce résultat, je l'accepterai", assure Martine Aubry dans une brève déclaration écrite. "Dans tous les cas, je travaillerai au rassemblement de tous les socialistes, quelle que soit leur sensibilité", conclut-elle.

13 h 33 : "Bobard médiatique". Le fabiusien Claude Bartolone, soutien de Martine Aubry, accuse mardi le bras droit de Ségolène Royal, Vincent Peillon, de "faire de l'intox" en annonçant qu'il n'y a "plus que quatre voix" d'écart entre les deux candidates à la direction du PS. "Je crois qu'il se trompe, j'en suis sûr", et "je préfère penser que ce n'est qu'une erreur de sa part", déclare-t-il sur France Info. Selon lui, dire, comme M. Peillon, qu'il y a suspicion sur plusieurs centaines ou milliers de voix "relève du bobard médiatique". "Il faut qu'on sorte de ce mauvais feuilleton et que tout le monde retrouve son calme."

13 h 29 : EN DIRECT DU PS. Malek Boutih, secrétaire national du Parti socialiste, proche de François Hollande, déclare au point.fr que les cadres du Parti socialiste "se trompent". "Ils n'avaient pas imaginé une seule seconde la force que Ségolène Royal a auprès des militants." Pour l'ancien président de SOS racisme, cela ne fait aucune doute : "Il y a eu de la triche (...) J'ai vu comment la situation s'est retournée pendant la nuit." Malek Boutih, qui était resté en retrait pendant toute la campagne pour la succession de François Hollande, assure que "la décision qui sera prise tout à l'heure [par le Conseil national, ndlr] n'aura pas de valeur. La justice parlera." Le secrétaire national en est convaincu : "Ségolène Royal ira jusqu'au bout." Entendez "justice".

13 heures : A vendre sur Internet. Les déboires du Parti socialiste ont poussé un internaute à le mettre en vente sur eBay, la plus célèbre des plates-formes d'enchères en ligne ( lire notre article ). Depuis la mise en vente du PS, le 16 novembre, au prix de départ d'un euro, les chiffres se sont envolés, passant de 102 euros ce matin à dix millions d'euros. L'enchère prendra fin mercredi soir à 23 h 18.

12 h 40 : Politique de la terre brûlée. Le député Jean-Christophe Cambadélis, soutien de Martine Aubry, dénonce une "politique de la terre brûlée" des partisans de Ségolène Royal. "Ils ne peuvent appeler les militants à se jeter les uns contre les autres dans la rue" ni "s'en remettre à la justice pour désigner la première secrétaire". "Ils ne peuvent laisser croire qu'il y a eu de la triche parce que, dans cette ultime consultation, Ségolène Royal a perdu", insiste-t-il.

12 h 20 : Annuler le scrutin ? Les représentants de Ségolène Royal à la commission chargée de vérifier les votes militants socialistes demandent officiellement au Conseil national, prévu mardi, l'annulation du scrutin du 21 novembre. "Le déroulement des opérations électorales a fait naître une profonde indignation, compte tenu du nombre des irrégularités constatées et du faible écart de voix entre les deux candidates, Ségolène Royal et Martine Aubry. De nombreuses irrégularités, quelques-unes faisant peser des soupçons sur les intentions réelles de leurs auteurs, pouvant s'apparenter à des fraudes, ont été constatées dans le cadre de ces opérations de vote", écrivent-ils dans un document de "protestation électorale" transmis à Daniel Vaillant, président de la commission de récolement du PS. Pour le clan Royal, ces irrégularités seraient "constitutives de manoeuvres altérant la sincérité du scrutin". En conséquence, ils demandent "au Conseil national d'annuler le scrutin du 21 novembre 2008", qui a donné la victoire par 42 voix à la maire de Lille.

10 h 50 : Le rêve d'Ayrault. Le chef de file des députés PS Jean-Marc Ayrault veut que Ségolène Royal et Martine Aubry "se parlent, que l'une et l'autre se tendent la main". Un voeu pieux, quand on voit que chaque camp creuse les tranchées d'une guerre qui s'annonce sans merci. "Il faut s'arrêter, faire cesser un feuilleton totalement ridicule. Il faut que l'on ne soit pas dans cette course en avant de l'invective et de la provocation réciproque. Il faut aujourd'hui qu'une solution soit trouvée et que soit ratifiée l'élection d'une première secrétaire du PS", avance ce soutien de la motion Delanoë, contredisant ainsi les partisans de Royal. "Demain, celle qui dirigera le Parti socialiste ne pourra pas le faire sans associer les autres", clame-t-il.

9 h 20 : "Quatre voix d'écart" d'après Peillon. Martine Aubry et Ségolène Royal sont quasiment à égalité. C'est du moins ce que soutient Vincent Peillon. "Après le premier travail de la commission hier [lundi, NDLR], il n'y a plus que quatre voix d'écart en faveur de Martine Aubry sur 135.000 votants", déclare-t-il sur France-Info. Ce très proche de l'ancienne candidate à la présidentielle regrette que la commission de récolement se soit "interrompue bizarrement à 17 heures" alors même "qu'il y a encore des suspicions sur plusieurs centaines ou milliers de voix". Pour l'eurodéputé, "il n'y aura pas de solution arithmétique" au contentieux entre les deux prétendantes à la tête du PS : c'est pour cela qu'il "faut donc renoncer à proclamer une nouvelle premier secrétaire" et "construire ensemble une procédure qui permette de revoter dans des conditions qui assureront la légitimité." Le PS doit "respecter l'État de droit et si ce n'est pas le cas, nous nous adresserons à la justice républicaine", met-il en garde.

8 h 30 : Valls peut "démontrer les tricheries". Le lieutenant de l'ancienne candidate à la présidentielle n'en démord pas. Il répète que la présidente de Poitou-Charentes "a gagné". Alors que les discussions vont reprendre à 14 heures au sein de la commission de récolement , le député-maire d'Évry, qui "présente ses excuses aux militants" pour la cacophonie dans les rangs socialistes, assure être en capacité de "démontrer qu'il y a eu des erreurs manifestes, des tricheries". Il martèle que "personne ne peut asseoir sa légitimité sur une telle confusion (...), Ségolène Royal elle-même a dit que si elle était proclamée vainqueur de quelques voix, elle referait un vote". Très remonté, Manuel Valls promet qu'en cas de confirmation de la victoire de Martine Aubry, mardi soir, le camp Royal "continuera à se battre pour ses idées, et nous irons devant les tribunaux. Les règles de droit s'appliquent, y compris au PS".

22 heures : Les aubrystes dénoncent un "putsch médiatique". François Lamy, le bras droit de la maire de Lille, ne goûte pas les menaces de François Rebsamen. "C'est un putsch médiatique. Des déclarations très graves, indignes de celui qui a été numéro deux du PS pendant six ans. (...) Appeler à une manifestation et poser des ultimatums, ce n'est pas digne. (...) Je l'appelle à la raison et à la responsabilité, il doit respecter les instances de son parti et le vote des militants", s'emporte le député de l'Essonne.

21 heures : Les ségolénistes appellent à manifester. Les partisans de Ségolène Royal menacent de "saisir la justice" et d'appeler à une manifestation devant le siège du PS, rue de Solférino, si la commission de récolement, chargée de vérifier les procès verbaux des fédérations pour l'élection du premier secrétaire du PS, n'apaise pas leurs soupçons "de manipulations" au profit de Martine Aubry. "Nous donnons à la commission jusqu'à mardi 14 heures pour prendre en compte nos remarques. Il ne peut y avoir de passage en force sur un vote dont la sincérité est mise en cause", avertit François Rebsamen, numéro 2 sortant du PS et maire de Dijon.

19 h 15 : "Bien dommage". Pour Ségolène Royal, il est "bien dommage" que la commission de récolement ait suspendu ses travaux. "C'est un peu embêtant", estime-t-elle au Grand Journal sur Canal+. Elle se demande comment celle-ci va pouvoir boucler ses contrôles "dans un laps de temps si court" puisque le conseil national, Parlement du parti, doit entériner les conclusions de ladite commission mardi à 18 heures. Voir la vidéo ci-dessous.


MINUTE PAR MINUTE - Au Parti socialiste, le suspens continue

Publié le 24/11/2008 à 10:12 - Modifié le 24/11/2008 à 20:22 Le Point.fr
lepoint.fr (avec agence)

La commission de récolement du Parti socialiste se tient lundi matin pour passer au crible les procès-verbaux des 102 fédérations du parti sur le scrutin contesté de vendredi en vue de choisir le premier secrétaire du parti.

 

Dossier spécial "La guerre des chefs au PS"

Selon un décompte proclamé samedi par la direction du Parti socialiste, Martine Aubry a devancé Ségolène Royal de 42 voix, sur 134.784 suffrages exprimés , soit un écart infime de 0,03 %, après le vote des militants pour choisir le nouveau premier secrétaire du PS. Lepoint.fr vous propose de vivre minute par minute les événements de lundi, à la veille du Conseil national qui doit valider les résultats.

19 h 15 : "Bien dommage". Pour Ségolène Royal, il est "bien dommage" que la commission de récolement ait suspendu ses travaux. "C'est un peu embêtant", estime-t-elle sur Canal+. Et de se demander comment cette fameuse commission allait pouvoir boucler ses contrôles "dans un laps de temps si court" puisque le conseil national, Parlement du parti, doit entériner les conclusions de ladite commission mardi à 18 heures.

17 h 15 : La "commission de récolement" reprendra ses travaux mardi. La "commission de récolement" du PS, qui passe au crible les litiges autour du second tour de l'élection du premier secrétaire du PS entre Martine Aubry et Ségolène Royal, suspend ses travaux jusqu'à mardi 14 heures, annonce Kader Arif, secrétaire national. Selon lui, "très peu de fédérations" sont concernées par les contestations. Une réunion devait se tenir avec Daniel Vaillant et "les permanents du secteur fédérations", pour continuer d'examiner les griefs et demander des précisions aux fédérations.

17 h 12 : Royal "pas fâchée" avec Aubry. Ségolène Royal persiste : pour que le PS sorte "de la crise par le haut", il faut "redonner la parole aux militants", organiser un nouveau vote en somme. "J'espère que de cette crise sortira quelque chose de bon", explique la présidente de la région Poitou-Charentes. Et d'ajouter : "Ce sont des moments éprouvants, mais il faut aller jusqu'au bout de la vérité, de la justice. Je suis sereine. Grâce à cette crise, le PS peut accomplir l'acte I de la rénovation et devenir un grand parti politique digne de ce nom", conclut Royal qui précise ne pas "être fâchée" avec Martine Aubry.

17 heures : Plainte contre X. Élise Ovart-Barrate, secrétaire de section du PS à Lille, a déposé plainte contre X pour faux en écriture dimanche à Paris après qu'un vote blanc a été comptabilisé en faveur de Martine Aubry par la fédération PS du Nord. Selon son avocat, la fédération a commis "soit une faute, soit une erreur". Élise Ovart-Barrate - signataire de la motion Aubry - affirme avoir transmis un procès-verbal comptant 72 votes exprimés et un blanc, avec 55 voix pour Martine Aubry et 17 pour Ségolène Royal, alors que la fédération nordiste a transmis à Paris les chiffres de 73 votes exprimés et zéro nul ou blanc, avec 56 voix pour Aubry et 17 pour Royal.

16 heures : Bertrand Delanoë "très malheureux". Bertrand Delanoë est "très malheureux" en tant que "militant socialiste" après le second tour controversé. "Je sais à quel point la démocratie française a besoin de ce grand Parti socialiste d'opposition courageux et honnête, combatif et courageux. C'est une difficulté pour la société française que le parti soit dans cette situation." Le maire de Paris se console en affirmant qu'il n'y a pas eu de fraude à Paris : "Je suis assez fier d'appartenir à une fédération où il n'y a pas une voix contestée."

15 heures : Reprise des travaux de la commission. D'après le camp Royal, la "commission de récolement" doit passer au crible cet après-midi une première série de PV de votes litigieux portant sur 40 fédérations socialistes. 72 procès-verbaux du scrutin interne organisé le 21 novembre sont parvenus à cette commission, indique un proche de François Rebsamen, un des principaux soutiens de l'ex-candidate à la présidentielle. Ceci implique que 33 PV doivent encore parvenir à la commission, présidée par le député et ex-ministre Daniel Vaillant, puisqu'il y a 105 fédérations en tout. Sur les 72 PV - n'y figurent ni le Nord ni la Seine-Maritime, départements soupçonnés par les "royalistes" - 40 font l'objet de "contestations plus ou moins grandes, avec des erreurs humaines ou des erreurs beaucoup plus graves", selon la même source. Quelles chances de parvenir à un comptage incontestable ? "Malgré toute l'honnêteté des gens qui la composent, ça va être quand même compliqué", reconnaît Jean-Pierre Mignard, mandataire de Ségolène Royal. Quant à un recours en justice, brandi par Manuel Valls, il souligne : "La commission est la première de nos juridictions."

13 h 50 : Patrick Devedjian s'en mêle. Le secrétaire général de l'UMP conseille aux socialistes de revoter pour départager les deux candidates et "purger les difficultés" actuelles.

13 heures : La commission de récolement suspend ses travaux. Les membres de la commission qui est chargée d'examiner les contentieux entre les camps de Martine Aubry et de Ségolène Royal quittent le siège parisien du Parti socialiste pour prendre une pause. Pour Jean-Pierre Mignard, représentant de Ségolène Royal, le pessimisme est de mise et les travaux promettent d'être "très longs". "Pour nous tout va bien", déclare de son côté Christophe Borgel, mandataire de Martine Aubry.

10 h 47 : "Tricheries et magouilles". Le mandataire de Ségolène Royal en Seine-Maritime Yvon Graïc précise qu'il ne parle pas de "tricheries" ni de "magouilles", mais demande que les choses soient "vérifiées". Il veut que la totalisation des voix, tout comme les listes d'émargement, les signatures et les remarques éventuelles soient passées au peigne fin par la commission de récolement fédérale qui doit se réunir dans l'après-midi dans cette fédération fabiusienne.

9 h 45 : Mettre fin aux querelles. La commission de récolement du Parti socialiste - une sorte de "tribunal administratif" interne - débute ses travaux. Objectif : passer au crible les contentieux entre les camps de Martine Aubry et de Ségolène Royal. Dirigée par le député Daniel Vaillant, un proche de Lionel Jospin, avec pour rapporteur Philippe Bonnefoy, la commission comprend trois mandataires de chaque camp. Du côté de Ségolène Royal, sont présents son avocat Jean-Pierre Mignard, membre du PS, le sénateur de Paris David Assouline et un délégué de la fédération des Bouches-du-Rhône, Jean-David Ciot. Du côté de Martine Aubry, Christophe Borgel, mandataire de la maire de Lille, David Lebon, conseiller municipal de Chartres, et Pascale Boitard, membre du bureau national du PS, participent à la commission. En outre, deux représentants du député européen Benoît Hamon, éliminé du second tour par le vote militant du 20 novembre, siègent également. La direction du PS est aussi représentée par deux partisans de la motion Delanoë, et Isabelle Sima, permanente du PS en charge des fédérations. Concrètement, la commission va contrôler les procès-verbaux des 105 fédérations du parti sur le scrutin contesté de vendredi. Elle présentera un rapport au conseil national, qui se réunira mardi soir pour valider les résultats, avec d'éventuelles propositions de corrections.

9 h 35 : Le tacle de Besancenot. Le Parti socialiste offre "un bien triste spectacle pour un bien triste programme et je ne m'en félicite pas", lâche le porte-parole de la LCR. Il juge que "le PS récolte ce qu'il a semé lui-même pendant des années et des années". Selon Olivier Besancenot, il n'y a pas de grandes différences entre les deux candidates Ségolène Royal et Martine Aubry et le duel acharné pour la direction du PS "est un tournant définitif d'un parti qui s'est libéralisé un petit peu plus encore, institutionnalisé un petit peu plus encore, où la logique du présidentialisme fait qu'il y a des querelles de pouvoir".

8 h 20 : Royal ne veut "pas mettre le couvercle sur les problèmes". L'ancienne candidate à l'élection présidentielle fait savoir qu'elle prendra acte des résultats : "Si la commission affirme que j'ai perdu, avec un écart suffisant", "si je l'emporte de 10 voix, je redemanderai un vote, car je n'ai qu'une parole". Exprimant sur France Inter sa "confiance à la commission de récolement", elle lance un appel au calme : "Il faut que chacun garde son calme, son sang-froid." Face à la bataille des chiffres qui fait rage, elle souhaite réformer les procédures : "Cette élection n'a pas été assez rigoureuse. Il ne faut pas mettre le couvercle sur les problèmes, faire comme si de rien n'était. Il faut saisir l'occasion de cette crise pour remettre au clair les procédures au sein du PS. Car il y a des milliers de protestations des militants", souligne Ségolène Royal.

7 h 50 : Moscovici appelle à la "réconciliation". Face à la guerre des chiffres, une seule issue possible pour le député signataire du texte de Bertrand Delanoë en vue du congrès de Reims : "Je pense qu'il faut (...) une direction collective resserrée, associant tous les courants - celui de Martine Aubry, de Ségolène Royal mais les autres aussi - et qu'il y ait un travail de quelques mois de réconciliation et d'apaisement", déclare l'ancien candidat au poste de premier secrétaire au micro d'RTL .



Martine Aubry : "La question n'est plus de savoir qui a perdu ou qui a gagné"

Par Cyriel Martin (avec agence)
Publié le 22/11/2008 à 09:33 - Modifié le 24/11/2008 à 07:43 Le Point.fr

Vendredi soir, Martine Aubry a remporté la tête du Parti Socialiste par 42 voix d'avance sur Ségolène Royal.

 

Dossier spécial "La guerre des chefs au PS"

Au lendemain du vote des militants socialistes qui ont donné la victoire à Martine Aubry (50,02 %) par 42 voix d'avance sur Ségolène Royal (49,98 %) dans la course à la tête du parti, le camp Royal conteste le résultat du scrutin. lepoint.fr vous propose de retrouver les événements marquants de la journée de samedi.

Minute par minute, cliquez ici pour revivre les événements marquants de la nuit dernière

20 h 15 : Invitée du journal télévisé de TF1, Ségolène Royal a jugé "très étrange de voir une candidate à une élection s'autoproclamer élue alors même qu'il y a actuellement" des "décomptes de voix" en "cours d'examen". "Martine Aubry s'est précipitée parce qu'elle sait précisément que les résultats sont en train de s'inverser", a-t-elle jugé. "Il y a tellement de contestations avec ce vote (...) que je pense que la responsabilité que nous devons avoir toutes les deux est redemander un vote qui sera cette fois bien contrôlé, incontestable", a ajouté la présidente de Poitou-Charentes. Mme Royal a insisté sur le fait que pour elle, "il n'est pas question de quitter le Parti socialiste". "Il faut beaucoup de calme et de sérénité en attendant que les résultats officiels soient proclamés", a affirmé Mme Royal, arrivée seconde (49,98 %) derrière la maire de Lille, et qui a conclu l'interview en affirmant: "Je vais sans doute gagner demain".

18 h 43 : La fédération du parti socialiste de Moselle a indiqué samedi avoir attribué par erreur 12 voix à Martine Aubry alors qu'elles étaient en fait destinées à Ségolène Royal, battue sur le fil par la maire de Lille lors de l'élection au poste de Premier secrétaire du PS. "Ce jour (samedi), après vérification des bulletins de récolements, il s'avère que, hier dans la nuit (de vendredi à samedi), une erreur humaine a attribué à Martine Aubry le score réalisé par Ségolène Royal dans l'une des sections de la fédération de la Moselle", indique dans un communiqué Jean-Marc Todeschini, premier secrétaire de la Fédération de la Moselle du PS. Selon le communiqué, l'erreur proviendrait de la section de Talange qui a par erreur attribué à la maire de Lille 18 voix contre 6 à l'ex-candidate à la présidentielle. Au niveau de la fédération, le comptage a ainsi donné à Martine Aubry 569 voix et 891 à Ségolène Royal alors qu'en réalité, Mme Aubry a recueilli 557 voix (38,15 %) et Mme Royal 903 voix (61,85 %) sur les 1.460 suffrages exprimés. M. Todeschini a précisé avoir envoyé un correctif au siège du PS à Paris, pour rectifier cette "erreur manifeste de la permanente".

A l'échelle nationale, Martine Aubry a obtenu 50,02 % des 134.784 suffrages exprimés, soit 42 voix d'avance sur l'ex-candidate à la présidentielle, selon la comptabilisation nationale des voix transmise dans la nuit par le PS. Si la correction mosellane est enregistrée, l'écart ne devrait plus être que de 18 voix (moins 12 sur le total de Mme Aubry, plus 12 sur celui de Mme Royal).

18 h 15 : Martine Aubry s'est exprimé depuis l'Assemblée nationale sur sa courte victoire, vendredi soir, sur Ségolène Royal. Voici les principaux extraits de son intervention.

"Je veux remercier tous les militants d'avoir défendu leurs convictions avec une grande passion (...) Je veux remercier tous les militants qui se sont déplacés pour ce vote (...) Dès que nos instances auront validé les résultats de leur vote, je veux dire à tous, que je souhaite être, que je serai, le Premier secrétaire de tous les miitants du Parti Socialiste. C'est avec une grande émotion que j'ai accueilli ces résultats. Mais aussi avec gravité, car c'est une lourde responsabilité. La situation actuelle ne me crée que des devoirs (...)

Je comprends la déception de Ségolène Royal, et de tous ceux qui ont voté pour elle. D'autant que les résultats ont été très serrés. La question n'est plus de savoir qui a perdu ou qui a gagné. Nous aurons tous perdu si nous ne sommes pas capables de nous rassembler (...)

J'en appelle à la responsabilité de chacun, comme je l'ai fait cette nuit en appelant Ségolène Royal dès la connaissance des résultats. Notre parti n'appartient à personne (...) Je veux rassurer les militants. Ils ont choisi (...) Le vote a eu lieu. Les résultats sont connus. Chacun doit respecter le vote des militants et respecter les règles de notre parti."

17 h 07 : Le président de la région Rhône-Alpes, Jean-Jack Queyranne (PS), proche de Mme Royal, a estimé samedi que "tout a été entrepris pour priver Ségolène Royal de la victoire" et réclamé qu'un "nouveau vote soit organisé" afin d'élire le premier secrétaire du parti socialiste. Ces résultats "sont l'objet de multiples contestations notamment dans les grandes fédérations du Nord et de la Seine-Maritime", fiefs de Martine Aubry et de Laurent Fabius, a-t-il souligné.

16 h 24 : Le chef de file des députés PS, Jean-Marc Ayrault, a lancé un "appel solennel à Martine Aubry, à Ségolène Royal et à tous les dirigeants du Parti socialiste. Il faut arrêter cette course infernale à l'affrontement et à la division", écrit le maire de Nantes dans un communiqué. "Il ne peut y avoir une vainqueure et une vaincue", poursuit M. Ayrault, qui avait refusé d'indiquer publiquement son choix entre les trois candidats au poste de 1er secrétaire: "Il appartient à la nouvelle première secrétaire de concevoir les gestes qui apaisent et rassemblent". Evoquant la gravité de la crise "intérieure et mondiale", il appelle les socialistes à "sauvegarder" le "destin des millions d'hommes et de femmes qui croient dans le parti socialiste et dans la gauche".

16 h : Martine Aubry annonce qu'elle fera une déclaration samedi à 18 heures. Ségolène Royal sera pour sa part l'invitée du journal de 20 heures de TF1.

15 h 56 : Plusieurs moyens pourraient permettre de trancher le différend entre Martine Aubry et Ségolène Royal sur le résultat de l'élection du premier secrétaire du PS. Outre les recours permis par les statuts du parti, l'avocat Jean-Pierre Mignard , proche de Ségolène Royal a évoqué la constitution d'un "jury de médiation, de conciliation" qui pourrait être composé de "trois personnalités reconnues pour leur grande intégrité morale et leur compétence juridique". Il a cité à cet égard l'ancien ministre socialiste de la Justice Robert Badinter, actuellement sénateur. Ces trois personnalités seraient chargées de dénouer la situation, les deux camps s'engageant à respecter leur décision, a ajouté Mme Mignard.

Alors que Manuel Valls a affirmé que le camp Royal n'écarterait pas l'utilisation de moyens "judiciaires pour contester la victoire" à 42 voix près de Mme Aubry, Me Mignard a expliqué qu'une saisine de la justice était possible. Néanmoins, il a marqué sa préférence pour "une solution interne" et particulièrement pour le "jury de médiation". Quant à une saisine de la justice - une requête auprès du tribunal de grande instance avec une assignation à jour fixe -, il a fait valoir que le juge aurait à apprécier si la présentation "d'une liste d'irrégularités est légitime".

Compte-tenu du très faible écart de voix entre les deux candidates, une validation du scrutin, a-t-il dit, ne peut se faire que si "formellement, il n'y a aucune trace de suspicion" et que "chaque vote est inattaquable". Pour lui, c'est seulement dans ce cas que le vaincu peut accepter la décision.

S'il y a suspicion, le scrutin doit être annulé et la "jurisprudence s'applique en la matière en droit privé de la même manière qu'en droit public", a-t-il dit.

13 h 42 : Le conseil national du Parti socialiste "se réunira mardi soir" pour se "prononcer sur le résultat et désigner la prochaine première secrétaire", a déclaré le patron sortant du PS, François Hollande . Le parlement du PS décidera après avoir étudié le rapport de la commission chargée d'examiner les contentieux, qui se réunira "dans les heures qui viennent" (ce samedi, ndlr), a-t-il précisé. Le Conseil national "aura à délibérer sur l'ensemble des résultats" transmis par toutes les fédérations du PS dans la nuit de vendredi à samedi, et qui octroient 42 voix d'avance à Martine Aubry face à Ségolène Royal. François Hollande a souligné que le conseil national "va trancher en dernier ressort". Invité à réagir à l'annonce, par Manuel Valls, que le camp Royal envisageait de contester le résultat de l'élection sur le terrain judiciaire, M. Hollande a invité à "respecter le vote, les règles et les instances" du PS.

13 h 25 : "Nous sommes très déterminés à ne pas nous laisser voler cette victoire. Nous utiliserons tous les moyens politiques, juridiques et judiciaires pour contester cette victoire", a déclaré Manuel Valls samedi à la mi-journée sur France 2. "J'appelle à une révolte des militants" a-t-il lancé. Pour le député de l'Essonne, qui avait appelé les militants à "revoter" dès les résultats connus, "il n'y a pas de victoire de Martine Aubry".

13 h 09 : François Hollande calme le jeu. Après avoir déclaré dans la matinée qu'"un résultat [était] connu" à l'issue du scrutin pour désigner son successeur et qu'"il [devait] être validé" par un Conseil national du parti, le Premier secrétaire sortant du Parti Socialiste a estimé plus tard, sur France Info que "l'esprit de rassemblement [devait] l'emporter sur toute autre considération", après l'élection sur le fil et contestée de Martine Aubry. Il a "demandé à chacune des candidates de faire preuve de sang-froid (...) Il ne sera pas possible pour la prochaine première secrétaire de diriger le parti simplement avec le résultat qui a été établi hier, il faut donc nécessairement élargir, ouvrir et rassembler". Interrogé sur la demande d'un nouveau scrutin par le camp Royal, il a demandé que soient tirées "toutes les conclusions de ce vote avant d'en annoncer un prochain", et en particulier que tous les recours soient examinées par le Conseil national. Quant à son propre rôle dans les jours qui viennent, M. Hollande a estimé qu'il lui revenait d'"apaiser les esprits, rassurer les militants qui ont voté, et faire en sorte que s'il y a des contestations, elles puissent être déposées".

12 h 25 : Voici une liste non-exhaustive des soupçons ou insinuations d'irrégularités évoqués par les responsables des camps de Ségolène Royal et Martine Aubry.

Les partisans de l'ex candidate à la présidentielle ont notamment évoqué des soupçons sur le scrutin dans les fédérations du Nord et de Seine-Maritime, en raison du retard pris, selon eux, dans la transmission des résultats. Ces fédérations sont précisément celles de Mme Aubry et de Laurent Fabius, un de ses principaux soutiens. La députée PS Aurélie Filipetti, proche de Mme Royal, s'est étonnée qu'elle "ait progressé dans la plupart, voire dans toutes les fédérations de France, sauf" dans ces deux départements. "Nous avons des doutes", a-t-elle dit. Les partisans de la maire de Lille rétorquent que les représentants de Mme Royal ont quand même signé les procès verbaux dans ces départements.Le premier secrétaire de la fédération PS du Nord, Gilles Pargneaux, a indiqué pour sa part, citant les résultats dans son département, que Mme Royal y avait progressé de plus de trois points entre jeudi et vendredi. Un autre proche de Mme Royal, Julien Dray, a évoqué "beaucoup de PV (procès verbaux de dépouillement, ndlr) qui n'ont pas été signés par les scrutateurs, où il y a des problèmes avec les résultats", estimant que "si on fait le total de tous ces problèmes-là, on voit bien que les 42 voix... on ne sait plus où l'on en est dans l'écart".

Du côté de Mme Aubry, une source à la fédération du Nord a évoqué "des dysfonctionnements dans le vote de certaines fédérations, notamment celle de l'Hérault", favorable à Mme Royal. Les partisans de la maire de Lille ont également pointé la forte augmentation de la participation en Guadeloupe, dernière fédération dont le résultat a été connu en raison du décalage horaire. Mme Royal y a obtenu 1.536 voix contre 329 à Martine Aubry, avec une participation à 80,04% au lieu de 62,96% la veille pour le premier tour. Autre lieutenant du camp Aubry, Jean-Christophe Cambadélis s'est étonné de cette progression: "Le seul endroit où la participation a brutalement augmenté après trois heures du matin, c'est là-bas. Malgré ce mouvement citoyen, Martine Aubry termine en tête", a-t-il ironisé.

12 h 14 : La Fédération PS de Seine-Maritime s'insurge contre les propos de Manuels Valls qui avait noté "une progression très importante" de Ségolène Royal dans toutes les fédérations, sauf dans le Nord et la Seine-Maritime, fiefs respectifs de Martine Aubry et Laurent Fabius. "Aucune contestation n'a été émise", affirme dans un communiqué le premier secrétaire de cette fédération Christophe Bouillon. "Les représentants des deux candidates ont validé l'ensemble des résultats de la fédération, section par section", ajoute-t-il. En Seine-Maritime, Ségolène Royal a obtenu 17,97 % au premier tour et 20,56 % au second selon les chiffres fournis par cette fédération.

Regardez - Manuel Valls appelle à revoter

11 h 07 : "Ce parti qui a décidé de ne pas choisir a implosé! Il vient de désigner, de justesse, une Premier secrétaire minoritaire déjà contestée, sur qui pèse le soupçon de la fraude!", affirme le député Frédéric Lefebvre, porte-parole de l' UMP , qui évoque "un parti affaibli et coupé en deux, avec deux camps qui ne se respectent pas... pire, qui se haïssent!" Dominique Paillé, autre porte-parole de l'UMP, "salue le talent d'auto-destruction du PS".

10 h : Pour la députée PS Aurélie Filipetti , proche de Ségolène Royal, "il y avait un élan, une dynamique en faveur de Ségolène Royal qui était portée par le vote des militants (...) Et on voit que le vieux parti s'est arc-bouté et a tout fait pour empêcher la victoire de Ségolène Royal", a indiqué la députée de Moselle sur France Bleu Lorraine. "Nous demandons des vérifications sur ce qui s'est passé dans les départements du Nord et de la Seine-Maritime", a-t-elle poursuivi, estimant anormal que Mme Royal "ait progressé dans la plupart, voire dans toutes les fédérations de France sauf" dans ces deux départements.

9 h 55 : Interrogé sur RTL concernant une possible scission des partisans de Ségolène Royal, Manuel Walls [soutien de l'ex candidate à la présidentielle] a répondu "non". Un peu plus tôt sur France Info, le député de l'Essonne avait renouvelé les accusations de "tricherie" mise en oeuvre, selon lui, pour écarter sa candidate, faisant un parallèle avec l'imbroglio de l'élection présidentielle américaine en 2000 dans l'Etat de Floride. Le député a prédit que "tout le monde va s'envoyer ses fraudes à la figure, et tout le monde va constater qu'à quelques voix près, les deux candidates sont à égalité." Il a aussi dénoncé un second tour organisé vendredi "sans profession de foi, sans possibilité de faire campagne, quelques heures après le premier tour". "Cela ne se voit nulle part, dans aucune démocratie", a-t-il lancé. Pour Manuel Valls, "le seul moyen d'être au clair, c'est d'organiser de nouveau ce deuxième tour, un scrutin totalement encadré, totalement transparent, dans toutes fédérations pour qu'il n'y ait pas de contestation."

9 h 36 : François Hollande , Premier secrétaire sortant du Parti socialiste, explique qu'"un résultat est connu" à l'issue du scrutin pour désigner son successeur et qu'"il doit être validé" par un Conseil national du parti convoqué "en milieu de semaine prochaine", rejetant donc implicitement l'appel de Ségolène Royal à revoter. "Il y a des contestations. Le mieux pour que le résultat soit le plus incontestable possible est qu'il soit ratifié par un Conseil national d'ici le milieu de la semaine prochaine", a indiqué M. Hollande, qui s'exprimait devant la presse depuis sa permanence corrézienne. François Hollande a toutefois indiqué que "toutes les voies de recours possibles vont être examinées par le Conseil national".

7 h 44 : Le comité Désirs d'avenir, fondé par Ségolène Royal, met en ligne deux vidéos. Jean-Pierre Mignard , l'avocat de l'ex candidate à la présidentielle, et Manuel Valls , député de l'Essonne, proche de la présidente de Poitou-Charentes, expliquent pourquoi ils appellent à revoter.

Cliquez ici pour regardez les deux vidéos

7 h : "Pour nous Martine Aubry n'a pas gagné", assure Julien Dray , partisan de Ségolène Royal. "Les résultats sont problématiques. Il y a des choses qui ne collent pas. La seule solution possible, c'est de revoter. Il y a beaucoup de PV qui n'ont pas été signés par les scrutateurs, où il y a des problèmes avec les résultats. Si on fait le total de tous ces problèmes-là, on voit bien que les 42 voix... on ne sait plus où l'on en est dans l'écart". Et le député d'affirmer que "les recours" en ce sens "sont déjà faits".


LA FOLLE NUIT DU PS : 42 voix d'avance pour Aubry, Royal veut revoter

Publié le 22/11/2008 à 05:31 - Modifié le 22/11/2008 à 16:24 Le Point.fr
Par Charlotte Chaffanjon

Des militants socialistes attendent le résultat du second tour, vendredi soir, devant le siège du PS, rue de Solferino (Paris)

 

Dossier spécial "La guerre des chefs au PS"

Scénario catastrophe au PS dans la nuit de vendredi à samedi. Si les socialistes pensaient avoir touché le fond au congrès de Reims le week-end dernier - dont ils étaient sortis sans majorité, sans leader et sans orientation politique - ils n'étaient pas au bout de leur peine. Le second tour de l'élection du premier secrétaire, qui voyaient s'affronter Ségolène Royal ( arrivée en tête du premier tour avec 42,9 % des voix ) et Martine Aubry (34,5%), a été la démonstration du profond malaise qui règne au sein d'un PS fractionné en courants nourrissant de violentes inimitiés les uns envers les autres.

Aux alentours d'une heure du matin, l'équipe de Martine Aubry a revendiqué la victoire . "Ce qui se passe est scandaleux, ces dirigeants ne sont pas habilités à proclamer des résultats", rétorquait-on chez Royal, arguant d'irrégularités dans certaines fédérations... "Ils ne savent pas tenir leurs nerfs", répondaient les aubryistes, avant que les lieutenants de Ségolène Royal - Vincent Peillon, David Assouline et Patrick Mennucci - ne s'enferment avec les proches de Martine Aubry - François Lamy et Christophe Borgel - pour des négociations qui ont finalement fait long feu. Quant aux deux stars de la soirée, elles ont eu une discussion téléphonique aux alentours de trois heures du matin, à l'initiative de Martine Aubry. Ségolène Royal lui a simplement assuré qu'elle "ne se laisserait pas faire" !

Finalement, selon une "totalisation des centralisations fédérales" publiée samedi matin à l'aube par la direction du PS, Martine Aubry (67.413 voix et 50,02 %) a devancé Ségolène Royal (67.371 voix et 49,98 %) de 42 petites voix.

lepoint.fr vous fait revivre cette invraisemblable nuit où le PS s'est enfoncé dans la crise.

22 h 30 : La maison des Polytechniciens, Paris. L'équipe de Ségolène Royal s'est donnée rendez-vous dans ce sublime hôtel particulier du 7e arrondissement, à trois rues du siège du PS. Vincent Peillon, le futur premier secrétaire délégué en cas de victoire, Jean-Louis Bianco (député des Alpes-Maritimes), Manuel Valls (député maire d'Evry), Dominique Bertinotti (maire du IVe arrondissement de Paris), mais aussi l'avocat Jean-Pierre Mignard ou encore l'homme d'affaire Pierre Bergé arrivent un à un et filent s'enfermer sous les dorures d'un salon privé...

23 h : Manuel Valls, qui fait office de porte-parole de l'équipe Royal depuis le congrès de Reims, se présente dans le hall... Une musique s'échappe du premier étage, où est organisé un anniversaire. "Que la fête commence", lâche le jeune lion.

23 h 15 : Débute la valse des rumeurs, d'infos en intox... Un membre du clan Aubry, qui s'est retranché à l'Assemblée nationale pour la soirée, certifie que, pour l'instant, les deux femmes sont à "50-50". Au même moment, un proche de François Hollande affirme : "Aux alentours de 52-53 pour Royal, c'est certain"... Ambiance détendue, pour l'instant, à la maison des Polytechniciens, tous prévoyant un résultat aux alentours de 53% pour la présidente de la région Poitou-Charentes...

"Ca tourne au vinaigre"

23 h 30 : "Ce soir, le PS se remet au travail. Nous sortons de 18 mois de débats très mouvementés. La droite a bien ricané. Au vu des résultats de ce soir, elle ne va plus rire longtemps", avance un proche de Ségolène Royal, un peu trop confiant. A coup sûr, le porte-flingue de l'UMP, Frédéric Lefebvre, se fera un plaisir de commenter la suite de la soirée dans un de ses communiqués sur le PS dont il a le secret.

00 h : "Nous sommes à 50/50. La soirée va très mal finir, style Gore/Bush", glisse un soutien de Martine Aubry, référence à l'élection américaine de 2000 où les résultats avaient été recomptés pendant des semaines. "Ça se resserre", confirme un proche de Hollande qui annonçait peu de temps avant la victoire de Ségolène Royal. "Mais surtout, ça tourne au vinaigre ! On va vers le scénario catastrophe : une victoire autour de 50-51% de l'une ou l'autre, avec des contestations en tous sens et pas de résultats proclamés". L'homme est visionnaire...

00 h 30 : Manuel Valls affirme que dans les fédérations de Gironde, de l'Aude, des Alpes de Haute-Provence, de Dordogne, du Pas-de-Calais, de l'Essonne, de l'Orne et dans bien d'autres encore, Ségolène Royal progresse de façon significative de "6, 10, 12 points" par rapport au premier tour. Et d'improviser un point presse : "les résultats sont extrêmement serrés, autour de 50/50. "ça manquait, ce suspens !".

"On nous vole la victoire!"

1 h : "Ça se précise, Aubry va gagner", dit un proche. "Eugène Caselli (le président de la toute-puissante fédération des Bouches-du-Rhône) admet la victoire d'Aubry", selon un autre. Surtout, Claude Bartolone, artisan de l'hétéroclite coalition de proches de DSK, Fabius, Montebourg, emmenée par Martine Aubry, affirme que cette dernière ne peut plus être battue. Le clan Aubry revendique la victoire.

1 h 30 : Au premier étage du siège du PS, les lieutenants de Ségolène Royal investissent le bureau du premier secrétaire. Vincent Peillon, David Assouline et Julien Dray font les cent pas, scotchés à leur téléphone. Quelques minutes plus tard, à la maison des Polytechniciens, Manuel Valls fait sa dernière déclaration de la soirée, devant une foule de militants qui oscillent entre l'incompréhension et la colère : "On nous vole la victoire ! Ce qui est en train de se passer est scandaleux (...) Alors que des militants votent encore en Martinique et en Guadeloupe (décalage horaire oblige) des dirigeants socialistes, qui ne sont en rien habilités à le faire, proclament des résultats. C'est du jamais vu !". Et d'affirmer que Royal, qui ne se montrera pas, "considère aussi que ce qui se passe est grave". Valls dénonce le "tous sauf ségolène", qui s'est constitué particulièrement depuis le 6 novembre, jour où la motion de la Poitevine en vue du congrès de Reims est arrivée en tête du vote des militants , et affirme que des mandataires de son équipe ont relevé des irrégularités dans la fédération du Nord.

2 h : C'est à l'ami de Bertrand Delanoë le député de Paris Daniel Vaillant, que revient la tâche d'annoncer le résultat... la très lourde tâche, puisque résultat, il n'y a pas ! "Je ne puis dire qui l'emporte", lance-t-il à la presse. "Il vaudrait mieux que les représentants des deux candidates s'abstiennent de crier victoire ou de porter contestation".

2 h 20 : Une cinquantaine de militants, partisans de Ségolène Royal comme de Martine Aubry se massent devant les grilles de la rue de Solferino pour crier "démocratie" ou "unité". Aucun débordement néanmoins. "Nous sommes calmes, on n'est pas là pour donner une mauvaise image du parti, ce qui ferait le jeu de Sarko", explique l'un d'eux.

Le coup de fil d'Aubry à Royal

2 h 35 : À l'entrée du siège du parti, Guillaume Bachelay, François Lamy et Christophe Borgel, proches d'Aubry, prennent l'air. "Comment qualifiez-vous cette soirée", les interroge-t-on. "Socialiste !", lance du tac au tac Bachelay, jamais avare de bons mots. Borgel considère en fait que les royalistes sont à l'origine de la cacophonie. "Ils n'avaient qu'à pas dire qu'ils étaient à 53% en début de soirée. Maintenant, ils s'énervent ! Mais, ils ne savent pas tenir leurs nerfs". Ambiance de cour d'école.

2 h 45 : Le joyeux trio entrent dans le hall du PS, rue de Solferino, et tombent nez-à-nez avec les lieutenants de Ségolène Royal, Vincent Peillon, David Assouline et Patrick Mennucci. Arrêt au distributeur de confiseries pour Vincent Peillon. Toute la troupe emprunte le grand escalier et s'enferme au premier étage. Dans la cour intérieure, un cadre du PS explique : "Il n'y a pas de synthèses, pas de premier secrétaire. Maintenant on entre dans la phase des négociations, ils vont se répartir des bouts d'appareils"...

3 h 10 : "Je viens d'appeler Ségolène Royal. Je pense que nous devons toutes les deux avoir une attitude de responsabilité, car sinon, cela va créer une situation encore pire pour notre parti", explique Martine Aubry, qui est toujours dans les bureaux de la questure de l'Assemblée nationale où elle a passé la soirée avec ses soutiens. "Voyons-nous, nous devons avoir une attitude de responsabilité. Les chiffres sont connus. On ferait mieux de discuter", a-t-elle dit en substance à sa meilleure ennemie, qui a répondu : "Je ne me laisserai pas faire !" Dialogue de sourdes.

Royal veut un troisième tour, Aubry appelle Hollande à la rescousse

3 h 30 : Sans surprise, les "négociations" tournent court rue de Solferino. Vincent Peillon et Patrick Mennucci s'échappent. A toutes les questions, ils opposent la même réponse : "C'est à la direction du parti de le dire". Des rumeurs circulent : "Les proches de Ségolène demandent un troisième tour pour trancher", raconte un proche de François Hollande.

4 h 30 : La rumeur est confirmée par son avocat, Jean-Pierre Mignard : face à cette cacophonie, Ségolène Royal demande bien un nouveau vote des militants jeudi prochain pour élire le premier secrétaire du PS. Cinglante, Martine Aubry rétorque aussitôt : "Je viens d'avoir François Hollande (premier secrétaire sortant) au téléphone. Je lui ai dit qu'un troisième tour n'a pas de raison d'être, il en a convenu".

5 h 30 : Selon Claude Bartolone, décidément peu impressionné par les injonctions de Manuel Valls, Martine Aubry devance Ségolène Royal de 42 voix sur l'ensemble du territoire, après la comptabilisation du vote des militants socialistes en Guadeloupe.

5 h 45 : En effet, selon des chiffres annoncés par la direction du PS dans un communiqué, Martine Aubry devance Ségolène Royal avec 50,02% contre 49,98% au scrutin pour l'élection du premier secrétaire du Parti socialiste, soit 42 voix d'avance.

François Hollande, patron sortant du PS, annonce qu'il va convoquer un Conseil national (Parlement) du parti, pour tenter de dénouer la crise. Un conseil national était déjà à l'agenda le samedi 29 novembre. On en connait déjà le menu.

7 h : "Pour nous Martine Aubry n'a pas gagné", assure Julien Dray, partisan de Ségolène Royal. "Les résultats sont problématiques. Il y a des choses qui ne collent pas. La seule solution possible, c'est de revoter. Il y a beaucoup de PV qui n'ont pas été signés par les scrutateurs, où il y a des problèmes avec les résultats. Si on fait le total de tous ces problèmes-là, on voit bien que les 42 voix... on ne sait plus où l'on en est dans l'écart". Et le député d'affirmer que "les recours" en ce sens "sont déjà faits".


 

 

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