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27 novembre 2008 4 27 /11 /novembre /2008 13:52

(dépêches)

 

 



Condoleezza Rice fait une concession aux Européens sur la Géorgie et l'Ukraine

Mercredi 26 novembre 2008 - 21h36 - Sylvie LANTEAUME

 

La secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice, a fait une concession aux Européens en annonçant mercredi qu'elle n'insisterait pas sur l'octroi à la Géorgie et l'Ukraine du statut de candidat officiel à l'adhésion à l'Otan la semaine prochaine à Bruxelles.

 

"Nous pensons que la Commission Otan-Géorgie et la commission Otan-Ukraine peuvent devenir les structures au sein desquelles nous pouvons intensifier notre dialogue et nos activités avec la Géorgie et l'Ukraine", a déclaré la chef de la diplomatie américaine au cours d'une conférence de presse.

"Par conséquent, il n'est pas nécessaire, en ce moment, de discuter du MAP", le Plan d'action en vue de l'adhésion à l'Alliance atlantique, a-t-elle ajouté.

Mme Rice a assuré qu'il ne s'agissait pas d'un changement de la politique américaine. "La question est simplement de savoir comment nous mettons en oeuvre la déclaration de Bucarest. Ce n'est pas un changement de politique", a-t-elle affirmé.

Cette déclaration apparaît cependant comme une concession aux Européens, les Etats-Unis faisant jusque là pression pour que la Géorgie et l'Ukraine accèdent au MAP, le processus formel donnant de facto le statut de candidat officiel à l'Otan.

La veille, l'adjoint de Mme Rice chargé des Affaires européennes, Daniel Fried, avait laissé entendre que les Etats-Unis étaient prêts à lâcher du lest à Bruxelles, mais il avait été moins clair.

"Je ne peux pas vous dire ce qui va sortir de ce débat entre les ministres des Affaires étrangères", avait déclaré M. Fried au cours d'une conférence de presse. "Mais nous pensons que plutôt qu'un grand débat sur le MAP (...) nous devrions nous concentrer sur ce qui fait déjà l'objet d'un accord, à savoir que ces pays rejoindront l'Otan mais ont beaucoup de travail à accomplir" pour y arriver.

"Je pense qu'il est juste de prédire qu'il n'y aura pas d'offre d'adhésion à l'Otan pour ces pays (la Géorgie et l'Ukraine) pendant quelques années", avait-il ajouté.

L'Otan a refusé au printemps, lors de son sommet à Bucarest, de décerner le statut de candidates à la Géorgie et à l'Ukraine et a remis l'affaire à la réunion des ministres des Affaires étrangères de l'Alliance atlantique prévue mardi et mercredi à Bruxelles.

Mais l'Otan reste divisée. La France et l'Allemagne sont franchement opposées à l'octroi du statut aux deux aspirants en décembre. Pour Paris et Berlin, la guerre du mois d'août entre la Géorgie et la Russie n'a fait que confirmer les risques qu'il y aurait à voir ce pays entrer dans l'Otan.

Au cours d'un voyage à Saint-Pétersbourg le 2 octobre, la chancelière allemande Angela Merkel avait déclaré qu'il était trop tôt pour que l'Otan octroie le MAP à la Géorgie et à l'Ukraine.

"La Géorgie et l'Ukraine ne sont pas prêtes pour une adhésion, c'est très clair", a reconnu Mme Rice.

"Mais il y a d'autres moyens pour préparer des pays à une adhésion", a-t-elle poursuivi, notant que la Pologne et la République Tchèque ne sont jamais passées par cette phase avant d'adhérer à l'Alliance atlantique.

La secrétaire d'Etat américaine a souligné que l'idée d'utiliser les commissions bilatérales et non le MAP avait été proposée par la Grande-Bretagne.

La présidence ukrainienne a admis lundi que Kiev aurait du mal à décrocher le statut du candidat officiel à l'Otan lors de la réunion ministérielle de l'Alliance début décembre, en raison de l'instabilité politique en Ukraine et de l'insuffisance des réformes.

La semaine dernière, le président géorgien Mikheïl Saakachvili a pressé les pays européens membres de l'Otan d'engager le processus d'intégration de la Géorgie à l'Alliance atlantique, soulignant qu'il s'agissait là d'une "décision stratégique pour l'Europe" et que "refuser serait mal perçu et aurait des répercussions sur le terrain".


S'il le pouvait, Hamid Karzaï abattrait les avions américains

Mercredi 26 novembre 2008 - 20h54 - Sayed Salahuddin

 

Le président Hamid Karzaï a déclaré que s'il le pouvait, il abattrait les avions américains qui bombardent les villages afghans.

 

Ces propos dénotent la tension croissante entre l'Afghanistan et les puissances occidentales qui le soutiennent face à une insurrection taliban de plus en plus confiante.

Alors que les Occidentaux dénoncent la corruption et l'inefficacité du gouvernement afghan, le chef de l'Etat, qui briguera sans doute un nouveau mandat l'an prochain, réplique en dénonçant les raids alliés qui ont fait des dizaines de morts parmi les civils.

Ces dernières semaines, Hamid Karzaï a imputé aux Occidentaux l'aggravation de la situation dans le pays, en jugeant l'Otan incapable de s'attaquer aux sanctuaires des insurgés taliban et djihadistes au Pakistan et en réclamant que la coalition cesse de frapper les localités du pays.

"Nous n'avons pas d'autre choix, nous n'avons pas les moyens d'arrêter ces avions. Si nous pouvions, si je pouvais (...), nous les arrêterions, nous les abattrions", a déclaré Hamid Karzaï au cours d'une conférence de presse.

"Si nous avions un chelak (une sorte de lance-pierres), nous le jetterions pour arrêter les avions américains. Nous n'avons pas de radars pour les arrêter, nous n'avons pas d'avions. J'aimerais pouvoir intercepter les avions sur le point de bombarder les villages afghans, mais je n'en ai pas les moyens."

Malgré la présence de 65.000 soldats étrangers épaulant les 130.000 hommes des forces de sécurité afghanes, les insurgés taliban ont consolidé cette année leur assise dans leur bastion traditionnel du sud et de l'est du pays et ont aussi étendu leur influence aux alentours de la capitale, Kaboul.

POURPARLERS

Hamid Karzaï a déploré trente ans de conflits et de misère, depuis l'invasion soviétique de 1979.

"Nous n'avons pas eu l'occasion de nous préserver du Mal, nous faisons donc de notre mieux pour chercher une solution à travers des pourparlers de paix", a-t-il ajouté en tendant à nouveau la main au chef de taliban, le mollah Mohammad Omar.

Le président afghan a proposé à nouveau de garantir personnellement la sécurité du mollah s'il acceptait de se rendre et de respecter la constitution afghane.

Des responsables afghans ont pris contact en septembre avec d'anciens dirigeants taliban, sous l'égide de l'Arabie saoudite, mais les spécialistes jugent peu probable que la direction des taliban s'engage dans un dialogue sérieux alors qu'ils perçoivent le désarroi de leurs ennemis et sentent que le conflit pourrait basculer en leur faveur.

En visite à Kaboul, le secrétaire général de l'Otan, Jaap de Hoop Scheffer, a répété que les forces internationales faisaient tout leur possible pour épargner les civils. Il a estimé que c'était au gouvernement afghan de décider ou non d'engager des pourparlers de réconciliation avec les taliban.

Hamid Karzaï a indiqué qu'il avait demandé à la communauté internationale de dire aux Afghans quand pourrait se terminer l'insurrection des taliban et des combattants d'Al Qaïda.

"J'ai demandé un calendrier pour l'élimination du terrorisme dans cette campagne militaire. Je n'ai pas demandé un calendrier de retrait des troupes étrangères", a-t-il précisé.

"Nous demandons à la communauté internationale de venir en Afghanistan pour améliorer la situation, pas pour l'aggraver. Nous ne voulons plus la guerre, nous voulons un bel avenir."

Sayed Salahuddin, version française Jean-Stéphane Brosse

 

 

 

 

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