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3 décembre 2008 3 03 /12 /décembre /2008 01:06

(dépêches)



Affaire Clearstream: Villepin accuse Sarkozy d'être intervenu "ouvertement"

Lundi 1 décembre 2008 - 12h15

L'ex-Premier ministre Dominique de Villepin a accusé lundi Nicolas Sarkozy d'être intervenu "ouvertement" dans l'instruction judiciaire de l'affaire Clearstream, dont il estime jouer le rôle de "bouc émissaire", pour le mettre en cause et il a mis en garde contre le risque d'une "justice politique".

"Depuis quatre ans, une thèse s'est imposée dans ce dossier, et cette thèse n'est pas neutre parce qu'elle a été imposée par Nicolas Sarkozy", s'est insurgé sur Europe 1 M. de Villepin, renvoyé en correctionnelle notamment pour "complicité de dénonciation calomnieuse".

"Comment une justice même indépendante (...) peut (elle) résister à la pression ainsi mise, volontairement ou involontairement, directement ou indirectement sur un dossier ?", a-t-il demandé. "Dès l'origine j'ai été désigné comme le bouc émissaire", dénonce également M. de Villepion dans le quotidien le Parisien-Aujourd'hui en France. "Tout s'est mis en place alors pour un véritable lynchage médiatique et judiciaire. Comment aurait-il pu en être autrement dès lors que le plus haut responsable de l'Etat intervient ouvertement dans le processus", affirme-t-il.

"Il n'est pas acceptable qu'il puisse y avoir dans notre pays une telle confusion entre les intérêts privés d'une partie civile et la responsabilité publique du président de la République", ajoute l'ex-Premier ministre, prévenant qu'"une justice sous influence ouvrirait la voie à une justice politique".

A l'appui de sa thèse, M. de Villepin a relevé sur Europe 1 que le "nom de Nicolas Sarkozy n'est à aucun moment cité dans les listings" de Clearstream, celui y figurant étant le nom de son père. "Cela fait partie des mystères de ce dossier", a estimé l'ancien chef du gouvernement qui assure s'être "toujours interrogé sur les dommages" qu'avait "pu subir" Nicolas Sarkozy dans cette affaire.

Son nom, a assuré l'ancien Premier ministre, "n'est à aucun moment cité dans cette affaire. C'est lui qui, à un moment donné, voyant des noms patronymiques qui sont ceux de son père a dit +c'est moi qui suis visé+ après avoir dit +c'est mon père qui est visé+", a assuré M. de Villepin.


Dominique de Villepin en guerre ouverte contre Nicolas Sarkozy

Lundi 1 décembre 2008 - 16h35 - Sophie Louet

Dominique de Villepin a engagé la contre-offensive dans l'affaire Clearstream et accuse désormais publiquement Nicolas Sarkozy d'avoir faussé délibérément le dossier à des fins politiques.

Sonné par son renvoi en correctionnelle, le 17 novembre, pour "complicité de dénonciation calomnieuse", notamment, au terme de quatre ans d'enquête sur les fausses listes de comptes de la société financière Clearstream, l'ancien Premier ministre renoue avec la geste napoléonienne, dont il est un expert.

"L'Aigle replie ses ailes pour mieux bondir, quand il fait preuve d'analyse et de récupération", disait-il de Napoléon Ier.

Dans un entretien au Parisien-Aujourd'hui en France et une interview sur Europe 1, lundi, l'auteur des "Cent jours" fond sur le chef de l'Etat, partie civile dans ce dossier où Dominique de Villepin est soupçonné par les juges d'instruction d'avoir, en 2004, ajouté le nom de Nicolas Sarkozy sur la liste des détenteurs de comptes de Clearstream.

Révolues les esquisses de réconciliation qu'un ton plus modéré de la part des deux parties avait permis d'entrevoir.

La guerre est désormais ouverte.

"Je crains que Nicolas Sarkozy ne soit en grande partie aveuglé par la passion, cédant même parfois à une tentation de victimisation", déclare Dominique de Villepin dans Le Parisien.

"La passion qu'il a mise dans cette affaire a effectivement pesé sur l'instruction et orienté l'ensemble de ce dossier depuis le départ", ajoute-t-il, réaffirmant son innocence.

L'ancien bras droit de Jacques Chirac estime que la justice ne peut "résister à la pression ainsi mise" et à la "confusion" entre "les intérêts publics d'une partie civile" et "la responsabilité publique du président de la République".

Il considère ainsi que le procureur de Paris, Jean-Claude Marin, "est dans une position intenable".

Dans un entretien à l'hebdomadaire Marianne, ce dernier dit son "mépris" pour ceux qui évoquent une pression de l'Elysée - Dominique de Villepin s'indigne d'une "volte-face" infondée du parquet - et annonce qu'il soutiendra lui-même l'accusation.

Le procès devrait intervenir fin 2009 ou début 2010.

"JE NE VEUX PENDRE PERSONNE"

Dénonçant une instruction "partiale", éloignée de "la vérité des faits", Dominique de Villepin a relevé sur Europe 1 que "le nom de Nicolas Sarkozy n'est à aucun moment cité dans les listings" de Clearstream. C'est le patronyme de son père, Nagy-Bocsa, qui y figure.

L'ancien chef du gouvernement dit s'être "toujours interrogé sur les dommages" que Nicolas Sarkozy aurait eu à subir.

"La justice est un bien fragile, les hauts fonctionnaires placés auprès des hommes politiques sont parfois fragiles : quand ils ont le sentiment qu'il y a une vérité - entre guillemets - qui ferait plaisir à ceux qu'ils servent, à ceux qui sont puissants, eh bien ils ont tendance à s'aligner sur le mieux-disant", affirme Dominique de Villepin.

Et pour l'ancien rival, "Nicolas Sarkozy a toutes les manettes en main" : il est "maître de l'ensemble du processus judiciaire", "maître de la composition de la juridiction", maître du calendrier du procès, de l'accès à l'information".

"Dès l'origine, j'ai été désigné comme le bouc émissaire. Tout s'est mis en place pour un véritable lynchage médiatique et judiciaire", insiste-t-il.

Pour autant, Dominique de Villepin assure n'avoir "de haine contre personne". "Je ne veux pendre personne à un croc de boucher", glisse-t-il, reprenant insidieusement des propos prêtés au président français.

"Mon combat n'est pas un combat personnel, pas plus qu'un combat contre Nicolas Sarkozy", souligne-t-il.

Dominique de Villepin soutient que ces avatars judiciaires, qui le privent de tout horizon politique à brève échéance, ne "l'impressionnent" pas.

"Je n'attends rien", lâche-t-il, balayant les spéculations sur son éventuelle candidature aux élections européennes ou régionales.

De l'exil de Napoléon Ier sur l'île d'Elbe, Dominique de Villepin affirmait que "toute traversée du désert peut se révéler extrêmement féconde".

Edité par Yves Clarisse



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