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11 décembre 2008 4 11 /12 /décembre /2008 02:48

(dépêches)




Droits de l'homme: créer un secrétariat d'Etat était une erreur, estime Kouchner

politique
PARIS (AFP) - 09/12/08 21:44

Le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, a estimé que son idée de créer un secrétariat d'Etat aux droits de l'homme était une "erreur", dans un entretien au quotidien Le Parisien-Aujourd'hui en France à paraître mercredi.
 
Le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner, le 3 novembre 2008 à Marseille.

"Je pense que j'ai eu tort de demander un secrétariat d'Etat aux droits de l'homme. C'est une erreur. Car il y a contradiction permanente entre les droits de l'homme et la politique étrangère d'un Etat, même en France", affirme M. Kouchner.

Le chef de la diplomatie française a estimé que Rama Yade, qui dirige ce secrétariat d'Etat rattaché au Quai d'Orsay, "a fait, avec talent, ce qu'elle a pu". "Vous ne pouvez pas tout faire respecter, et par conséquent vous êtes attaqués en permanence. Même quand vous agissez", ajoute-t-il.

M. Kouchner précise toutefois que ces propos visent "la structure, pas des personnalités".

"Il est important que Rama Yade s'occupe avec passion des droits des enfants et de ceux des femmes, notamment en matière de violences sexuelles. Il ne faut pas de titre pour être efficace", poursuit-il.

Pour M. Kouchner, "on ne peut pas diriger la politique extérieure d'un pays uniquement en fonction des droits de l'homme. Diriger un pays éloigne évidemment d'un certain angélisme".




Une très longue journée pour Rama Yade

Polémique
Par LEXPRESS.fr, publié le 10/12/2008 12:47 - mis à jour le 10/12/2008 13:16
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Après son refus de quitter le gouvernement pour mener une liste UMP aux prochaines élections européennes, la secrétaire d'Etat Rama Yade est rappelée à l'ordre par l'Elysée et destabilisée par un croche-pied de Bernard Kouchner. Le jour même où l'on célèbre le 60e anniversaire de la déclaration universelle des droits de l'homme...
La journée du mercredi 10 décembre sera sans doute l'une des plus longues dans la jeune carrière politique de Rama Yade. Alors qu'on célèbre en ce jour le 60e anniversaire de la déclaration universelle des droits de l'homme, la secrétaire d'Etat se retrouve sous le feu nourri des critiques pour avoir annoncé dimanche sur RTL qu'elle refusait de quitter le gouvernement pour conduire la liste UMP en Île-de-France aux européennes de juin 2009.

Feu sur Rama Yade

Dans le Canard enchaîné de cette semaine, un écho fait état d'un Nicolas Sarkozy, "l'air très faché" déclarant aux responsables de la majorité: "Il faut savoir jouer le jeu collectif pour son parti et son pays et ne pas jouer perso."

Une ligne reprise mercredi matin par le secrétaire d'Etat chargé des relations avec le Parlement Roger Karoutchi. "Lorsqu'on fait partie de l'équipe du président de la République, lorsqu'on a été choisie par le président de la République, si dans la stratégie politique pour conduire des batailles on a besoin de vous, il faut y aller", a-t-il déclaré sur i-Télé.

"Si le président de la République le lui demande vraiment, à mon sens il faut qu'elle accepte d'y aller", a-t-il ajouté.

Dans l'édition du Parisien de ce mercredi, Rama Yade a également dû encaisser un désaveu de son ministre de tutelle, Bernard Kouchner.

"Je pense que j'ai eu tort de demander un secrétariat d'Etat aux droits de l'Homme. C'est une erreur. Car il y a contradiction permanente entre les droits de l'Homme et la politique étrangère d'un Etat, même en France", explique le ministre des Affaires étrangères.

"Amende honorable" de Kouchner

"C'est aujourd'hui le 60e anniversaire de la Déclaration universelle des Droits de l'Homme" et pour Rama Yade, "ce n'est pas, je dirais, un très agréable cadeau d'anniversaire que la déclaration du ministre" des Affaires étrangères, a affirmé le socialiste Robert Badinter sur France Info.

A la sortie du conseil des ministres -auquel ne participait pas la secrétaire d'Etat, Bernard Kouchner a d'ailleurs fait marche arrière.

"J'ai simplement dit mon opinion, et surtout mon opinion favorable à l'action de Rama Yade, encore la semaine prochaine sur la violence faite aux femmes, sur les enfants soldats, sur beaucoup de choses", a-t-il déclaré. "Simplement c'est ambigu, c'est tout. Et comme c'est moi qui l'ai proposé, je fais amende honorable sur le fond, pas sur Rama Yade, que j'aime et que je respecte et dont je respecte le travail", a-t-il conclu.

Dans une interview accordée au quotidien gratuit Metro de ce jour, Rama Yade défend d'ailleurs son bilan.

"En dix-huit mois, j'ai fait beaucoup de choses, explique Rama Yade. J'ai par exemple fait adopter par l'Union européenne un projet de lignes directrices contre les violences faites aux femmes. J'ai également fait rallier dix-sept pays à la cause des enfants soldats pour que des mesures concrètes y soient prises contre leur recrutement. A la fin du mois, je vais lancer à l'ONU un appel universel pour la dépénalisation de l'homosexualité. Une soixantaine d'Etats vont nous rejoindre. »

"Tous ces chantiers en si peu de temps ont permis à la France de montrer son rôle leader sur la question des droits de l'Homme et d'être suivie par d'autres Etats", a-t-elle dit.

Le reste de sa journée devrait d'ailleurs être consacrée aux célébrations du 60e anniversaire de la déclaration universelle. Entre la remise du prix des droits de l'homme de l'Unesco à l'ancien ambassadeur Stéphane Hessel et une réception au Sénat en l'honneur du corps diplomatique, Rama Yade sera l'invitée du Talk Orange-Le Figaro à 18 heures.

Nul doute qu'elle y sera de nouveau interrogée sur une possible tête de liste UMP aux prochaînes européennes... Sa position aura-t-elle évolué au cours de cette longue journée?


Rama Yade contre-attaque

Politiques 10 déc. 15h45 (mise à jour à 16h06)

«Vous en trouverez toujours pour renoncer à ce beau combat» des Droits de l’homme a lancé la secrétaire d’Etat. Plus tôt, Bernard Kouchner remettait en cause l'existence de ce poste ministériel.

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FRANÇOIS VIGNAL

Rama Yade, en janvier dernier, à New Delhi. 

Attaquée ce matin dans la presse par son ministre de tutelle, Bernard Kouchner, Rama Yade se défend. Elle a profité d’un discours au Quai d’Orsay pour la remise du Prix des droits de l’Homme de la République française – attribué à cinq femmes – pour répondre, entre les lignes, au ministre des Affaires étrangères, qui «pense» avoir «eu tort de demander un secrétariat d’Etat aux Droits de l’homme. C’est une erreur».

«Vous en trouverez toujours pour renoncer à ce beau combat», a lancé Rama Yade, sans citer une seule fois Kouchner dans un discours retouché à la dernière minute et commencé avec une demi-heure de retard. «Ceux-là ont le droit d'être dans le renoncement, je suis prête avec vous à reprendre le flambeau», avertit-elle, tout en rappelant ses «70 déplacements faits à travers le monde», pour mieux souligner le travail accompli.

Aux premières phrases de son discours, la secrétaire d’Etat ne semble pas dans son meilleur jour. Elle bute sur les mots à plusieurs reprises. Son ton est empreint d’une certaine tension, voire d’émotion, avant de se reprendre. Car c’est peut-être sa place au sein du gouvernement et l’existence de son secrétariat d'Etat qui est en jeu.

Utilisant un vocabulaire presque guerrier, Rama Yade affirme que «le combat n’est pas terminé, et que la lutte (pour les droits de l'homme) continue». Si elle reconnaît que «c’est difficile certes», et que «personne n'est assez naïf pour croire que la politique étrangère se construit uniquement sur des valeurs», elle prévient : «En politique, comme en diplomatie, on n’accomplit rien sans ferveur ni conviction», «on ne construit jamais rien sur le renoncement»...

Et ajoute, «pour moi, et pour le Président de la République (…) la France n’est pas la France sans les valeurs». Manière de mettre Sarkozy devant ses contradictions, s’il supprime son secrétariat d’Etat. «Les droits de l'homme font partie de l'identité profonde de la France. Le président Sarkozy l'a rappelé avec force et conviction hier à l'Elysée [lors de la remise d'un rapport sur la crise au Zimbabwe]», a judicieusement souligné Rama Yade. Et de s'en remettre à sa décision. «C’est le Président qui en décidera», précise-t-on d’ailleurs du côté du Quai d’Orsay.

Elle prend également les Français à témoin : «[Ils] savent que les Droits de l’homme servent à quelque chose.» Mais si Rama Yade rappelle aussi que «l’art diplomatique n’est pas seulement celui de régler des rapports de forces ou d’intérêts», la politique – et son avenir au sein du gouvernement – n’y coupera pas.



Sarkozy punit Rama Yade


Politiques 9 déc. 1008 - 14h06

L'Elysée «exclut» de nommer Rama Yade au poste de secrétaire d'Etat aux Affaires européennes. Dimanche, elle avait déclaré ne pas être intéressée par un mandat de député européen; une déclaration qui a déplu...

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J.Q. et R.P.
 
Rama Yade à l'Assemblée nationale, le 23 janvier 2008.

Décidément, la pilule passe mal. A l’Elysée, on est furieux de la décision de Rama Yade de ne pas conduire la liste francilienne de l’UMP aux prochaines élections européennes, déclinant ainsi les demandes de Nicolas Sarkozy et des instances du parti majoritaire. «Je suis très honorée de cette proposition, mais je suis davantage motivée par un mandat national (…). Je veux aller où je suis utile. Je ne veux pas être là juste pour occuper une fonction…», a déclaré dimanche soir sur RTL la secrétaire d’Etat aux Droits de l’Homme.

Une déclaration qui a pris le chef d’Etat de court, celui-ci n’ayant pas été mis au courant de l’initiative de Yade alors que beaucoup tenaient sa candidature pour acquise.

La sanction, immédiate, est venue ce mardi de l’Elysée où l’on «s’étonne qu’au XXIe siècle, on ne soit pas intéressé par les affaires européennes». La jeune ministre se voit ainsi «exclue» du poste de secrétariat d’Etat aux Affaires européennes. Jusqu'ici, Rama Yade était en position de favorite pour hériter de ce poste, libéré le 15 décembre par Jean-Pierre Jouyet, lui-même en partance pour la présidence de l’Autorité des marchés financiers (AMF).

C’est désormais le député UMP Bruno Lemaire qui est en pôle position. Agé de 39 ans, cet énarque est aussi agrégé de lettres: il fut le directeur de cabinet de Dominique de Villepin et à écrit un livre sur ses années à Matignon. Un plus qui plaide en sa faveur: il est germaniste et parle couramment l’allemand et l’anglais.


Kouchner: le secrétariat d'Etat aux droits de l'Homme, «une erreur»

Monde 10 déc. 2008 - 8h49

Rama Yade, qui dirige ce secrétariat d'Etat rattaché au Quai d'Orsay, n'a pas encore réagi à ces propos mais estime dans un entretien à Metro qu'elle a fait «beaucoup de choses en dix-huit mois».

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Rama Yade et Bernard Kouchner.

Le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, estime que son idée de créer un secrétariat d'Etat aux droits de l'Homme était une «erreur», dans un entretien au quotidien Le Parisien-Aujourd'hui.

«Je pense que j'ai eu tort de demander un secrétariat d'Etat aux droits de l'Homme. C'est une erreur. Car il y a contradiction permanente entre les droits de l'Homme et la politique étrangère d'un Etat, même en France», affirme Kouchner.

Le chef de la diplomatie française a estimé que Rama Yade, qui dirige ce secrétariat d'Etat rattaché au Quai d'Orsay, «a fait, avec talent, ce qu'elle a pu». «Vous ne pouvez pas tout faire respecter, et par conséquent vous êtes attaqués en permanence. Même quand vous agissez», ajoute-t-il.

«Diriger un pays éloigne évidemment d'un certain angélisme»

Kouchner précise toutefois que ses propos visent «la structure, pas des personnalités». «Il est important que Rama Yade s'occupe avec passion des droits des enfants et de ceux des femmes, notamment en matière de violences sexuelles. Il ne faut pas de titre pour être efficace», poursuit-il.

Pour Kouchner, «on ne peut pas diriger la politique extérieure d'un pays uniquement en fonction des droits de l'Homme. Diriger un pays éloigne évidemment d'un certain angélisme».

«La France a montré son rôle leader sur les droits de l’Homme»

Rama Yade n’a pas encore répondu à ces propos mais dans un entretien accordé au quotidien Metro de ce mercredi, elle estime qu’«en dix-huit mois, [elle a] fait beaucoup de choses». «J’ai par exemple fait adopter par l’Union européenne un projet de lignes directrices contre les violences faites aux femmes. J’ai également fait rallier dix-sept pays à la cause des enfants soldats pour que des mesures concrètes y soient prises contre leur recrutement», dit-elle.

La secrétaire d’Etat ajoute qu’elle va lancer à la fin du mois «à l’ONU un appel universel pour la dépénalisation de l’homosexualité. Une soixantaine d’Etats vont nous rejoindre.» Elle juge que «tous ces chantiers en si peu de temps ont permis à la France de montrer son rôle leader sur la question des droits de l’Homme et d’être suivie par d’autres Etats.»

(Source AFP)



Droits de l'homme, l'interview choc de Kouchner

Grand entretien
BERNARD KOUCHNER, ministre des Affaires étrangèresPropos recueillis par Henri Vernet, Dominique de Montvalon et Charles de Saint Sauveur | 10.12.2008, 07h00 

LA DÉCLARATION UNIVERSELLE des droits de l’homme, signée par 58 pays le 10 décembre 1948 à Paris, a 60 ans. Le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, qui a depuis inventé le « droit d’ingérence », en fait le bilan. Globalement positif, à ses yeux. Il n’y a pas recul, martèle-t-il mais, au total, un maximum d’avancées.

Copé prend la défense de Rama Yade
Sarkozy est déçu par Rama Yade

En soixante ans, les droits de l’homme ont-ils progressé ou reculé ?

Bernard Kouchner. Ils ont progressé inégalement. Autrefois les droits de l’homme n’existaient même pas en politique ! Pendant ces soixante années, on a assisté certes à des violations, à d’énormes difficultés, mais à un vrai progrès. Il y a deux sortes de droits de l’homme : la Déclaration universelle des droits de l’homme, écrite en particulier par mon maître René Cassin, concernait surtout les droits politiques. Ces droits sont entrés dans les traités, dans les relations entre les Etats, inégalement je le répète. Les droits économiques la deuxième « corbeille » se heurtent à beaucoup d’obstacles. Dans le domaine de la pauvreté, du partage inégal, les choses, c’est vrai, devraient aller plus vite.

Que répondez-vous aux pays qui trouvent que les droits de l’homme répondent à une vision occidentale du monde ?

Ceux qui disent cela ont en général bien des choses à se reprocher. La Déclaration des droits de l’homme est une déclaration universelle, née après un combat meurtrier contre la barbarie. La grande majorité des pays y a adhéré, à l’époque, et pas seulement en Occident. Parmi les rédacteurs de la déclaration se trouvaient un Chinois, M. Chang, un Libanais, M. Malik, un Chilien, M. Santa Cruz. Elle est donc d’inspiration multiculturelle. L’application en est malheureusement plus occidentale. C’est une déclaration des Nations unies, c’est aux Nations unies de faire appliquer les droits de l’homme. Certains reprochent une forme d’arrogance et pensent qu’il y a deux poids deux mesures. C’est en partie vrai, il faut l’avouer et il faut le corriger. En ce moment, de toutes les manières, nous vivons, hélas, une période de régression.

« Le dalaï-lama n’a jamais demandé l’indépendance du Tibet. Nous non plus , bien sûr »

Pourquoi dites-vous « régression » ?

Avant, c’était plus commode, il y avait le bloc de l’Est et le bloc de l’Ouest. En gros, les droits de l’homme étaient plus appliqués à l’Ouest qu’à l’Est. Maintenant, ce n’est plus aussi simple. On assiste au retour des nationalismes, au retour des violences et des revendications de frontières. Mais c’est aussi une période de progrès. Prenez l’exemple de la Birmanie. Qui défend la Birmanie ? Personne. Certes les Chinois, qui sont ses voisins, ou les Indiens et l’ASEAN (Association des nations de l’Asie du Sud-Est) nous disent : Attention, il faut respecter les souverainetés. Mais tout le monde aurait voulu, au moment des inondations en Birmanie, pouvoir accéder aux victimes. Hélas, cela n’a pas été fait et la résolution de l’ONU sur la responsabilité de protéger n’a pas été mise en oeuvre. Mais ce n’est pas une attaque contre les droits de l’homme, c’est la défense désespérée d’un régime dictatorial.

En République démocratique du Congo non plus, on n’a pas accès aux victimes…

Nous, les french doctors , avons fait voter par les Nations unies le droit d’ingérence, que nous avons initié dans plusieurs résolutions. Cela se nomme la « responsabilité de protéger ». L’ensemble des pays a accepté le droit d’accès aux victimes. Cela a permis des progrès considérables. Mais, depuis, il y a eu des régressions. Le Zimbabwe, c’est une régression. Le Congo, ce n’est certainement pas un triomphe, même si beaucoup d’ONG y travaillent. Ajoutez la Somalie, le Darfour, la Birmanie… Que les Africains veuillent protéger eux-mêmes les Africains, en théorie c’est un progrès important. Mais ils ne le font pas. Et lorsqu’on a voulu intervenir parce que les massacres continuaient, au Darfour par exemple, nous nous sommes heurtés à cette exigence africaine de le faire eux-mêmes et pas les Occidentaux.

Il y a donc des carences…

Il y a des carences préoccupantes et il y a des progrès formidables. Par exemple, la majorité des pays sont désormais contre la peine de mort. Un certain nombre d’autres, dont les Etats-Unis et la Chine, continuent de l’appliquer. Donc nous protestons, non pas contre la Chine mais contre l’ensemble des Etats favorables à la peine de mort. Ce n’est pas du deux poids, deux mesures, puisque nous protestons aussi contre ce qui se passe aux Etats-Unis.

Comment analysez-vous la situation au Tibet ?

Il y a eu des incidents violents et condamnables. Il y a des protestations émises par l’ensemble des pays pour rappeler qu’il existe une culture tibétaine comme le demande le dalaï-lama qui doit être protégée. Nous l’avons dit aux Chinois. Eux nous répondent qu’ils sont pour l’intégrité territoriale. Nous aussi ! C’est un dialogue de sourds. Nous n’avons jamais dit qu’il fallait que le Tibet se détache de la Chine. Le dalaï-lama ne le dit pas non plus. Il s’est toujours affirmé comme le dirigeant historique de la fraction pacifiste. Il n’a jamais demandé l’indépendance. Nous non plus, bien sûr.

« J’espère que les égoïsmes ne vont pas l’emporter »

Comment progresser sur ce dossier ?

Nous avons encouragé le dialogue. Les Tibétains se plaignent qu’on ne progresse pas sur le fond. Ils voudraient évoquer les modalités de leur autonomie. Nous continuerons à adresser à nos amis chinois, des messages en faveur de la poursuite du dialogue.

L’élection de Barack Obama donne-t-elle un motif d’optimisme ?

Je l’espère. Je veux en être sûr. Il a dit vouloir s’occuper des pays en développement. Toute sa démarche politique, tout son engagement moral le tournent vers l’Afrique. Mais, il va avoir tellement à faire comme président américain. Je pense que ce sera plus facile avec lui mais il ne va pas inventer l’argent. J’espère que les égoïsmes ne vont pas l’emporter.

La France est-elle exempte de tout reproche en matière de droits de l’homme ? Quand on songe à l’arrestation de l’ex-directeur du journal « Libération »…

L’arrêter comme cela, dans ces conditions, c’est honteux. Et pour une affaire qui n’avait pas une telle importance… Et on donne des leçons ! Heureusement le président de la République a fort bien réagi. Bien sûr qu’il y a des problèmes en France. Je pense que j’ai eu tort de demander un secrétariat d’Etat aux Droits de l’homme. C’est une erreur. Car il y a contradiction permanente entre les droits de l’homme et la politique étrangère d’un Etat, même en France. Cette contradiction peut être féconde mais fallait-il lui donner un caractère gouvernemental en créant ce secrétariat d’Etat ? Je ne le crois plus et c’est une erreur de ma part de l’avoir proposé au président. J’avais refusé ce ministère dans le premier gouvernement de Michel Rocard ! Cela dit Rama Yade a fait, avec talent, ce qu’elle a pu.

Pourquoi ?

Parce que vous ne pouvez pas tout faire respecter, et que par conséquent vous êtes attaqué en permanence. Même quand vous agissez. L’essentiel est d’écouter les ONG.

«Le président Sarkozy ne m’a jamais demandé d’être d’accord sur tout »

Il faut donc supprimer le secrétariat d’Etat de Rama Yade ?

Attention, je parle de la structure bien sûr, pas des personnalités. L’important c’est d’agir. J’ai signé le bannissement, l’arrêt de la fabrication et la destruction des armes à sous-munitions. Je l’ai fait accepter par l’armée française et par mon ami Hervé Morin, nous avons signé le traité à Oslo dans la salle des prix Nobel. J’ai fait cela avec Handicap international et cinq autres ONG. Quand les acteurs de l’humanitaire comprennent qu’on n’est pas toujours ennemis, voilà le résultat. Certes le Brésil, les Etats-Unis et la Chine n’ont pas encore signé, mais 102 pays l’ont fait ! Voilà une avancée concrète sur les droits de l’homme. De même, il est important que Rama Yade s’occupe avec passion des droits des enfants et de ceux des femmes, notamment en matière de violences sexuelles. Il ne faut pas de titre pour être efficace. On ne peut pas diriger la politique extérieure d’un pays uniquement en fonction des droits de l’homme. Diriger un pays éloigne évidemment d’un certain angélisme.

Vous êtes un ministre en colère ou heureux ?

Je suis très heureux… Ça ne m’empêche pas d’être en colère. Le jour où je ne le serai plus, je serai mort.

Comment sont vos relations avec le président Sarkozy ?

Excellentes. Très amicales et respectueuses. Le président Sarkozy ne m’a jamais demandé d’être d’accord sur tout, jamais demandé de prendre ma carte de l’UMP. Je dis ce que je pense et bien sûr le président décide.

Les sondages vous sont favorables : cela vous aide-t-il ?

C’est un atout. Je ne vais pas me plaindre, d’autant que cela dure depuis des années. Les gens savent que je ne suis pas un politique professionnel, cela donne un ton différent, je suis peut-être plus proche de leur réalité.

Le Parisien


Avis de tempête pour Rama Yade

GOUVERNEMENT.
Le jour du soixantième anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme, Bernard Kouchner a semé le trouble en déclarant que la création du secrétariat d’Etat de Rama Yade était « une erreur ».Nathalie Schuck et Henri Vernet | 11.12.2008, 07h00 

LES JOURS de Rama Yade au gouvernement sont-ils comptés ? La secrétaire d’Etat aux Droits de l’homme, benjamine du gouvernement 31 ans a essuyé coup sur coup deux salves très violentes. La première en provenance de l’Elysée, où Nicolas Sarkozy ne décolère pas après le refus de celle qui passe pourtant pour sa protégée qu’il n’hésitait pas avant à comparer à l’Américaine Condoleezza Rice de mener le combat aux élections européennes de juin 2009 à la tête d’une liste UMP en Ile-de-France.

D’abord à l’occasion de confidences à quelques journalistes mardi, puis hier en pleine séance du Conseil des ministres, le chef de l’Etat a vitupéré contre le « manque de sens politique » et le « manque de sens de l’engagement » dont ferait preuve sa ministre. Selon un participant au Conseil, Sarkozy aurait même lancé, féroce : « Un ministre n’est pas là seulement pour les petits-fours, mais pour faire des sacrifices personnels. »

« Diriger un pays éloigne évidemment d’un certain angélisme »

Seconde salve hier, jour du soixantième anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme, de la part de Bernard Kouchner, ministre de tutelle de Yade. Dans une interview à notre journal, le chef du Quai d’Orsay a estimé que la création d’un secrétariat d’Etat aux Droits de l’homme dont il revendique la paternité était une « erreur ». La question est de savoir si Kouchner, qui ouvre ainsi la voie à une disparition de ce portefeuille à la faveur d’un prochain remaniement, agit en service commandé de l’Elysée ? Dans l’entourage de Rama Yade, certains le redoutent, relevant qu’entre ces deux-là, le courant n’est jamais passé. Kouchner a eu beau proclamer hier à Yade « toute son affection », alors qu’ils célébraient côte à côte au Trocadéro le 60 e anniversaire, des proches de la ministre assurent que l’ex-« french doctor », 69 ans, ancien ministre de gauche, supporte mal de voir sa jeune secrétaire d’Etat investir un terrain qui a longtemps été le sien. D’autant que, depuis sa célèbre sortie contre le Libyen Kadhafi il y a un an, Yade a gagné une popularité solide. « Au Quai d’Orsay, Kouchner s’est converti à la realpolitik, estime un diplomate. Et comme tous les nouveaux convertis, il en fait trop. » « Bernard Kouchner n’est plus Bernard Kouchner », lâchait hier Martine Aubry, première secrétaire du PS. De fait, l’intéressé n’a-t-il pas reconnu lui-même qu’à ce poste il lui est arrivé plus d’une fois de « manger son chapeau » ? Hier, dans nos colonnes, il confirmait : « Diriger un pays éloigne évidemment d’un certain angélisme »…

Pour autant, une disparition de Rama Yade de l’organigramme gouvernemental à court terme est peu probable. Sacrifier un tel symbole de la diversité, en plein « effet Obama » et au moment où la cote de Rachida Dati est aussi à la baisse, serait hasardeux. Et, de toute façon, les prochains changements dans l’équipe Fillon se borneront à des remplacements : notamment celui dès demain de Jean-Pierre Jouyet, secrétaire d’Etat aux Affaires européennes. Justement le poste que Sarkozy aurait proposé à Yade.

La scène, selon un proche de l’intéressée, a eu lieu samedi dans l’avion présidentiel qui ramenait de Pologne Sarkozy et sa délégation dont Rama Yade. Pour la convaincre de s’engager dans les européennes (alors qu’elle préfererait attendre 2012 pour tenter un mandat de député), le président lui aurait dit : « Tu te présentes en juin, et en attendant tu prends le poste de Jean-Pierre. » Mais voilà, Yade, têtue, aurait dit oui pour les Affaires européennes mais toujours non à l’aventure électorale. Résultat, elle est désormais une secrétaire d’Etat très fragilisée.

Le Parisien


Travail dominical, élections européennes : les mises au point de Sarkozy

LEMONDE.FR | 10.12.08 | 18h12  •  Mis à jour le 10.12.08 | 18h20

Nicolas Sarkozy, qui recevait, mercredi 10 décembre, les députés UMP, a tancé les parlementaires qui s'opposent à la proposition de loi Maillé sur le travail le dimanche. "J'ai été élu sur le travail. C'était dans le programme présidentiel. Vous me reprochez d'être trop libéral mais, en septembre, vous disiez que j'étais trop social avec le RSA (revenu de solidarité active) ! Je ferai la réforme. Qui s'excuse s'accuse." En attendant, aucune date n'a été retenue pour l'examen de la proposition de loi.

La colère de Nicolas Sarkozy contre Rama Yade n'est pas, elle aussi, retombée. Avant la rencontre avec les parlementaires, le président de la République a fait une ferme mise au point en conseil des ministres : "Le devoir des ministres est de s'engager. Je leur demande aussi de s'engager aux élections. Leur position ne leur appartient pas. Il est très difficile de monter, plus facile de redescendre."

La secrétaire d'Etat aux droits de l'homme n'assistait pas au conseil mais ses oreilles ont dû siffler. Depuis dimanche, lorsqu'elle a publiquement annoncé qu'elle n'était pas intéressée par les élections européennes et qu'elle ne voulait pas être candidate en Ile-de-France comme l'y pressait Nicolas Sarkozy, beaucoup, dans la majorité, se demandent comment elle va pouvoir retrouver les bonnes grâces du président.

Jean-Pierre Jouyet n'a pas ce genre de soucis. Le secrétaire d'Etat aux affaires européennes qui s'apprête à quitter ses fonctions pour prendre la présidence de l'Autorité des marchés financiers (AMF) a, lui, parfaitement réussi sa sortie. En conseil des ministres, Nicolas Sarkozy a rendu hommage à "sa compétence, son efficacité et sa discrétion". Il a ensuite été applaudi, ce qui est très rare dans une telle enceinte.

Françoise Fressoz

 

Copé prend la défense de Rama Yade

Politique  
10.12.2008, 11h31 

Le chef de file des députés UMP, Jean-François Copé, a pris ce matin la défense de Rama Yade en affirmant que, contrairement à ce qu'affirme Bernard Kouchner dans les colonnes du Parisien/Aujourd'hui en France, «un secrétaire d'Etat aux Droits de l'Homme, c'est utile».

«Personne n'a jamais pensé que nommer un secrétaire d'Etat aux Droits de l'Homme règlerait le problème des droits de l'Homme sur la planète.

En même temps, je pense qu'un secrétaire d'Etat aux droits de l'Homme, c'est utile», a déclaré Jean-François Copé sur LCI.

«C'est une manière d'exprimer parfois une voix différente, certes au sein d'une équipe gouvernementale, mais je trouve que cette musique-là, il est toujours important de l'entendre dans un grand pays comme le nôtre», a-t-il ajouté.

«Donc je ne partage pas ce diagnostic», a dit M. Copé après les déclarations du ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner, estimant qu'un secrétariat des droits de l'Homme était «une erreur».

Interrogé sur les prises de position parfois à contre-courant de Mme Yade, M. Copé a jugé que «de ce point de vue elle a fait son travail».

leparisien.fr


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