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8 février 2009 7 08 /02 /février /2009 00:01

(dépêches-blog)




Carnage devant le Palais

Dimanche 8 février 2009

Des dizaines de milliers de personnes s’étaient de nouveau donné rendez-vous sur la place du 13 Mai ce samedi 7 Février. Bien que la foule fût bien plus importante que la dernière fois, une espèce de routine s’était installée. On imaginait qu’il n’y aurait pas d’incidents et que les forces de l’ordre ne s’opposeraient pas violemment. En effet, les responsables de l’Emmo-Nat (Etat-major mixte opérationnel) ont toujours su trouver un terrain d’entente avec les dirigeants de la contestation pour éviter tout débordement. C’est ce qui a d’ailleurs valu le limogeage de son plus haut responsable la semaine dernière par le Président.

Il faisait beau,  les ombrelles étaient de sortie et les vendeurs de limonade ne se plaignaient pas de leur journée. Comme promis le Maire Andry Rajoelina a révélé le nom de celui qui devrait diriger son gouvernement de transition, Roindefo Monja. Les qualités du « Premier ministre » sont surtout d’être originaire du Sud, région délaissée depuis toujours, et d’être le fils de son père Monja Jaona, un grand nationaliste irréductible, qui a connu la prison à plusieurs reprises pour ses idéaux. Car le cursus politique de Roindefo est pour l’instant des plus minces.

Le Maire a promis devant la foule enthousiaste que toutes les régions seraient représentées dans son gouvernement. Le « Premier ministre » de ce contre-gouvernement s’est ensuite dirigé de concert avec la foule vers le Palais d’Ambotsirohitra, situé non loin de là avec l’intention de s’y installer. Tout le monde n’a pas suivi, mais ils étaient quand même nombreux, surtout issus des  bas quartiers. Certains jeunes ne semblaient pas très fréquentables puisqu’ils ont failli molester un photographe et ne lui ont laissé son appareil qu’en échange d’un peu d’argent. Du racket, quoi !

La marche s’est déroulée sans incidents jusqu’au Palais où l’immense cortège s’est retrouvé face à des cordons de forces anti-émeutes mixtes (policiers, gendarmes et militaires). Le statut-quo a duré une bonne heure. Pendant ce temps, le général Dolin à la tête d’une petite délégation essayait de parlementer avec les officiers. Il informa ensuite les manifestants qu’il n’y avait aucun « décideur » à l’intérieur du Palais. Sur un mouvement de la foule, tout d’un coup, une explosion retentit (sans doute une grenade), suivi de coups de feu nourris.

Les témoignages, y compris des journalistes présents, convergent pour dire que les rafales provenaient de l’intérieur du palais, par des hommes encagoulés, qui ont tiré à balles réelles sur des manifestants qui ne semblaient pas encore avoir franchi la zone rouge.

Ces tirs tendus ont immédiatement couché par terre des dizaines de victimes, mortellement ou gravement blessées. Parmi elles figure un caméraman de la RTA, tué en première ligne pour le droit d'informer. On se précipite pour transporter les blessés. Une seconde salve cueille les secouristes.

Il n’y a pas eu de tirs de sommation préalables en l’air, contrairement à ce qu’affirme la version officielle.

Ensuite, c’est la panique et l’heure des rumeurs. On parle de mercenaires, de snipers sur les toits des immeubles, de saccages de l’hôtel du Louvre et du Colbert. Quelques casseurs ne perdent pas la tête et tentent de s’en prendre au Ministère des finances ou à des commerces à proximité. Au milieu des blessés, on les verra courir avec des ordinateurs et autres babioles sous les bras.

La morgue de l’Hôpital Joseph Ravoahangy Andrianavalona est vite remplie. On fait appel aux donneurs de sang et aux étudiants en médecine. Dans la soirée, Médecins du Monde annonce l’envoi de matériels chirurgicaux pour le traitement de 300 blessés. Des tirs sporadiques seront entendus jusqu'à 4heures et demi du matin.

Ce dimanche 8 février, le bilan de la gendarmerie fait état de 28 morts et 212 blessés, les sources hospitalières de 43 morts. Beaucoup de familles cherchent encore les leurs, disparus depuis hier. 

Une veillée mortuaire s’est tenue au stade couvert de Mahamasina dans l’après-midi. Monseigneur Odon Razanakolona  a pris la parole mais pas ses autres collègues du FFKM (Fédération des Eglises), hués par l'assistance.

Depuis le Black Monday du 26 janvier, la situation n’a cessé d’empirer. Juste avant l’auto-proclamation du Maire du samedi 31 janvier, des négociations prévues entre les deux parties avaient été annulées car le Président avait choisi de partir en province.

La veille de ce samedi rouge, les émissaires des deux camps avaient pu enfin se parler. Ils étaient trois de chaque côté de la table. Jacques Sylla, Président de l’Assemblée Nationale, Noël Rakotondramboa, vice-président du Sénat, Harison Edmond Randriarimanana, ministre de l’environnement représentaient le pouvoir. Nirhy Lanto Andriamahazo, adjoint-au-maire de la Capitale, le journaliste Gilbert Raharizatovo et Ny Hasina Andriamanjato portaient les propositions de la partie adverse. Pour qu’une négociation soit efficace, il faut qu’il y ait un minimum de concessions réciproques. Les émissaires présidentiels, semble-t-il, n’auraient rien voulu lâcher. Les discussions avaient duré toute la journée.

L’image du Président est irrémédiablement ternie, celle de Andry Rajoelina aussi. Le sang versé éclabousse tout le monde. Un lecteur indigné m’a écrit qu’il fallait organiser des élections anticipées. C’est du pouvoir du législateur et de l’exécutif, mais c’est effectivement une des portes de sortie possible.

Un représentant de la diaspora m’a appelé de Dakar pour que je transmette leur appel aux deux belligérants :

«  Il est inadmissible que des Malagasy meurent car des politiciens ne sont pas capables de trouver un terrain d’entente. Nous demandons aux parties en présence de se parler maintenant afin de sortir une solution honorable et acceptable pour tous car cette situation a assez duré. Les Malagasy ont déjà beaucoup trop souffert. » 

Merci aux photographes dont certains ont risqué leur vie pour passer l’information.

Je ne publie pas les photos des personnes tuées par respect pour elles.

Alain Rajaonarivony



Où sont les grandes consciences ?

Mercredi 4 février 2009

Comme annoncé sur ce blog bien avant RFI (Radio France Internationale), le gouvernement a nommé un PDS (Président de Délégation Spéciale) hier, en lieu et place du Maire élu. J’avais même le nom de ce dernier sur lequel j’ai maintenu le black-out jusqu’à sa divulgation officielle. L’Etat a donc rallumé le feu. Les ultras ont gagné et vont truster les places d’honneur. Et pourtant, beaucoup de membres du gouvernement ont adopté un ton conciliant mais apparemment, leurs voix n’ont pas eu grande portée.

Du côté du mouvement de contestation, on assiste à la même logique. Andry Rajoelina portait des aspirations inassouvies depuis 2002. Ce qui lui a valu le soutien décisif de la société civile, la seule par l’intermédiaire de ses associations dont le Conecs  (Conseil économique et social) à avoir dénoncé les dérives du régime en matière de monopole économique, de détournements des lois et de restrictions des libertés. La victoire apparaissant comme probable, on a vu arriver des résistants de la 25ème heure pour essayer d’avoir une part du gâteau. Ces derniers confortent le Maire dans une surenchère, seul moyen pour eux d’apparaître sur la scène.

Ces individus, dans les deux camps, ne veulent pas d’une conciliation trop rapide, qui ne leur permettrait pas de surclasser les modérés et les vrais démocrates. Sans une aggravation de la tension, on n’aurait jamais entendu parler de la destitution du Président, ni de celle du Maire.

Guy Rivo Randrianarisoa, le nouveau  PDS, était apparu brutalement en France à la fin du conflit de 2002. A l’époque, alors que tous les analystes s’attendaient à une officialisation du travail effectué par les leaders de la diaspora en charge de la diplomatie et de la communication du Président pendant ce conflit, c’était un groupe d’inconnus qui débarquait.

Outre le nouvel ambassadeur d’alors, qui clama haut et fort ses liens de parenté avec le toujours ministre des Affaires étrangères, et le nouveau PDS nommé hier, lui aussi un neveu, il y avait Hélian Ralison, conseiller inamovible à l’Ambassade

Puisque Guy Rivo Randrianarisoa apparaît maintenant comme un personnage de premier plan, je livre une petite partie des notes confidentielles dont je dispose afin que chacun puisse se faire une opinion de ceux qui prétendent nous gouverner.

« Nommé en décembre 2002 comme Conseiller économique à l’Ambassade de Paris, sa première action était de mettre en route le site internet de l’Ambassade par une de ses connaissances de Dijon pour un budget de plusieurs milliers d’euros. Ce site jusqu’à présent ne fonctionne pas vraiment…

Guy Rivo Randrianarisoa prétendait être titulaire de diplômes universitaires dont l’authenticité n’a jamais été vérifiée.

Il a fait parler de lui comme étant le patron d’une grosse société « off shore » et s’est présenté un jour à l’Ambassade à bord d‘une Ferrari rouge qu’il a revendu pour en acheter une autre de couleur jaune. Il a fait l’objet de critiques de certains médias mais à l’époque personne n’a prêté attention… Il a convaincu JP (l’ambassadeur) de faire acheter par l’Ambassade deux véhicules Peugeot 406 pour son usage personnel et pour le Conseiller Hélian Ralison ».

Depuis plusieurs semaines, des individus défendant la politique de l’Etat sont à plein temps sur les forums de la diaspora. Ils mènent une guérilla contre tout ce qui n’est pas pro-gouvernemental au point que le webmaster de Sobika.com a dû sortir un édito aujourd’hui pour faire part du péril pesant sur son site menacé par ces internautes très particuliers en raison de son indépendance dans le traitement de l’information. Cela a valu un démenti de la part des responsables du site Tim indiquant qu’ils ne cautionnaient pas ce genre d’attitudes. Il n’empêche que les propos diffamatoires ou menaçants ont été bien tenus dans le but de déstabiliser et de décrédibiliser tout ce qui s’oppose à la propagande officielle.

Les mailing-list circulant avec mon nom me présentant comme un ennemi de la nation de connivence avec l’ancien Président Didier Ratsiraka, ou les attaques contre Sobika.com sont certainement issus du même groupuscule que Sobika.com dénomme les « fanatim ». Heureusement écrits sans trop de finesse, ces messages n’arrivent pas à atteindre leurs objectifs, mais parviennent par contre à contrarier tout débat d’idées serein.

Plus que jamais, ce pays a besoin de grandes consciences (et non de « bonnes » consciences), de personnes courageuses capables de défendre des grands idéaux. C’est en fortifiant ces valeurs qu’on peut espérer transformer l’enfer en paradis. Nelson Mandela, Desmond Tutu, l’Abbé Pierre, Martin Luther King ou Aung San Suu Kyi appartiennent maintenant à l’humanité.

Cette dernière, Prix Nobel de la Paix et toujours en résidence surveillée, a eu ces mots qui s’appliquent si bien à Madagascar : «La vérité, la justice et la compassion sont souvent les seules défenses contre le pouvoir impitoyable»

Quand les hommes et femmes droits ne se lèvent pas, et restent tranquillement au chaud dans la « majorité silencieuse », ce sont les violents et les arrivistes qui tiennent le haut du pavé, y compris sur les forums.

Merci à l'internaute qui m'a envoyé l'illustration. Ce genre de caricature circulerait beaucoup dans le milieu informatique de la Grande Ile. Il reste encore la liberté de rire (de nos malheurs).

Alain Rajaonarivony 

 

D’autres voix et d’autres voies


Mardi 3 février 2009

Le forcing d’Andry Rajoelina sur la place du 13 mai le samedi 31 janvier a eu l’effet d’un électrochoc… sur la diaspora. Jusqu’à présent, elle suivait d’un œil intéressé mais distant les soubresauts du pays, échaudée sans doute par les déceptions de 2002.

Ce qui ressort des centaines de posts et commentaires, c’est qu’une forte proportion des Malagasy de l’extérieur avait consciemment ou inconsciemment à l’esprit un scénario idéal. Ravalomanana restait à sa place tout en arrêtant de faire n’importe quoi et en revenant aux idéaux de départ : liberté, justice sociale, développement réellement conçu pour la population. On comptait sur le jeune et tenace Andry Rajoelina pour l’y inciter.

Les deux hommes disposant d’une forte personnalité, le Président aurait joué le rôle d’un « raiamandreny » (l’ancien empreint de sagesse) et son cadet se serait occupé du gouvernement. Ils se seraient neutralisés l’un l’autre et les citoyens auront pu enfin respirer, car chacun se serait disputé leurs faveurs.

Hélas, le petit peuple n’a pas les bonnes manières, celles qui plaisent à la communauté internationale et aux intellectuels. Car on en sait un peu plus sur ce qui s’est passé il y a quatre jours. C’est la base du mouvement qui a poussé le Maire à cette décision, exactement comme elle avait contraint Ravalomanana  à faire sa première «proclamation de la victoire» en février 2002 sur la même place. Les mêmes causes produisent les mêmes effets. Trop de frustrations accumulées demandent des réponses immédiates.

En tout cas, les positions se radicalisent, à la grande joie des boutes-feux, parmi lesquels figurent des TIM désespérément accrochés à leurs fauteuils et quelques exilés amusés sans doute de voir leur rival de 2002 dans la situation inconfortable qu’eux-mêmes vivaient à l’époque.

On prête au gouvernement l’intention de changer le Maire par un PDS dans des délais très brefs.

De leur côté, les protestataires ont déposé une requête de déchéance du Président de la République auprès de la Haute Cour Constitutionnelle.

La contestation après un léger flottement va reprendre de plus belle. Les syndicats de la Jirama (société de l’eau et de l’électricité) et des représentants des administrateurs civils se sont entretenus avec Andry Rajoelina le 2 février.

Les possibilités de négociations « s’éloignent à grands pas », pour reprendre les mots de RFI (Radio France Internationale)

Les tours opérateurs ont autorisé sans surcoût un report de séjour pour les clients qui le souhaitent sur la destination Madagascar. Cependant, les compagnies conservent pour l’instant les vols prévus ces prochains jours.  Les ressortissants européens ont en main le plan d’évacuation qui sera coordonné par les Français en cas de nécessité. Antananarivo est quadrillé en secteurs, et Alarobia se trouve par exemple dans le secteur 8.

Pour les membres des familles de la diaspora restés au pays, il n’y aura pas d’avion prévu pour fuir si ça tourne mal. Comme dans « Hôtel Rwanda », les Noirs qui n'ont pas de double passeport restent au bas de la passerelle.

C’est peut-être le moment de lancer des bonnes idées pour sortir de là. Si l’un(e) ou l’autre d’entre vous en a une géniale ou originale, je lui laisserai volontiers la possibilité de l’exposer.

Le concept de « développement rapide et durable », malheureusement dévoyé, provenait par exemple de la diaspora. D’autres inspirations aussi fortes ne sont pas impossibles. Rendons à César ce qui est à César. La promesse « d’une 4L pour chaque famille » vient bien du Président.

Alain Rajaonarivony




Et maintenant....


Dimanche 1 février 2009

Si le fait de devoir arrêter la dérive autoritariste du Président Ravalomanana ne souffre pas de discussion, Andry Rajoelina devait-il pour autant passer par la phase « auto-proclamation » sur la place du 13 Mai ? Le débat est lancé.

Solofo Rafenombolatiana, un de mes compagnons de lutte en 2002, n’a pas pu retenir son émotion après cet événement et a monté un blog pour participer à une réflexion  qui laisse de moins en moins indifférente la diaspora.

Et maintenant qu'allons nous faire?

Après mon cri de coeur, voici le moment des propositions et avertissements pour sortir de là par le haut, non pas pour les protagonistes mais surtout pour le pays et uniquement pour le pays.

D'aucuns diront que c'est du "il n'y a qu'à faut qu'on ..." mais qu'importe, j'apporte ma brique à cet échafaudage, ce ne sont que des idées et elles sont critiquables, amendables voire refusables.

Je ne vais pas revenir sur les 'failles et maux' de l'administration actuelle ni ses 'réussites et biens faits' (oui, que cela plaisent à certains ou non, il y en a eu) mais sur l'impact pour le pays d'un coup d'état.

Madagascar est certes une île mais au 21-ième siècle et à l'heure de la mondialisation, elle ne vit pas seule.
Mondialisation veut dire : les capitaux, les biens et les gens se déplacent comme ils le veulent (un peu moins vrai pour les gens mais passons...).

Tous les pays du monde sont en concurrence pour capter des capitaux et des compétences pour leurs développements. Et cette concurrence sera acharnée en ce temps de crise financière et économique mondiale.

Si nous voulons développer ce pays, nous devons maintenir et continuer à développer notre capital confiance vis-à-vis de ceux qui ont des capitaux et compétences, et de nos jeunes.

Là j'entends déjà les critiques disant "nous n'avons pas besoin des capitaux des prédateurs étrangers", comme en bons insulaires qui se respectent; mais ne vous méprenez pas, les capitaux des malagasy (de Madagascar et d'ailleurs) aussi risquent d'aller sous d'autres cieux où la stabilité politique leurs assurent un meilleur Retour sur Investissement.

Idem pour nos jeunes qui seront découragés de voir qu'il n'y aura pas d'avenir pour eux sur place comme durant la période 80-90.

Mon unique point:
Respectez notre constitution, les échéances électorales et surtout les lois que nous avons votées.
Instruisez une motion de censure à l'assemblée pour changer de gouvernement, si vous avez la majorité, mais en aucun cas pour destituer un Président élu, vous n'aurez pas le droit.

De toutes les façons, le meilleur signal que nous puissions envoyer au reste du monde (donc aux possesseurs de capitaux, malagasy ou non) est un règlement pacifique de cette crise avec un gouvernement de cohabitation sous la conduite du Président élu.

En dernier lieu, Antananarivo est la capitale de Madagascar certes mais elle n'est pas Madagascar tout entier. Les Tananariviens ne représentent pas toute l'île et encore moins les 85% de paysans qui ont globalement bénéficié des réalisations de l'administration actuelle, parole d'un Tananarivien!

Solofo Rafenombolatiana




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