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6 février 2009 5 06 /02 /février /2009 00:06

(dépêches)


Otrikafo accuse et suggère

mercredi 4 février 2009
Lutte populaire

Otrikafo appelle à ce que Andry Rajoelina change rapidement de stratégie car un retour de manivelle est possible si la lutte qu’il conduit échoue.

Le président de l’association Otrikafo accuse les conseillers de Andry Rajoelina de confusion et de l’induire en erreur. « Un politicien dépose des requêtes auprès de la Haute cour constitutionnelle alors que le plaignant en personne, Andry Rajoelina, vient de faire un coup d’Etat en s’autoproclamant dans la rue comme dirigeant de la transition. Le politicien en question ne se rend-il pas compte de la contradiction dans laquelle il met Andry Rajoelina ? Il n’est pas étonnant, poursuit-il, si le Boay Kely se comporte de manière incompréhensible et se met en contradiction à plusieurs reprises comme s’il ne savait pas comment conduire le mouvement populaire ».

Andry Rajoelina est volatile

Du point de vue de Otrikafo, Andry Rajoelina est instable et volatile.

Pressé par la communauté internationale, il suit ses recommandations et s’accroche à la légalité constitutionnelle.

Une fois sur la Place 13 Mai, et sous la pression populaire qui revendique la révolution, il adopte cette démarche anti-constitutionnelle.

Or, d’après Otrikako, les deux intérêts, c’est-à-dire ceux de la communauté internationale et ceux du « Vahoaka », sont incompatibles.

Pire, souligne le président de Otrikafo, il ne fallait pas effectuer cette autoproclamation dans la rue tout en accusant Marc Ravalomanana devant la Haute cour constitutionnelle. « N’étant même pas au pouvoir, Andry Rajoelina commet déjà de telles fautes » se désole-t-il. « Poussé par les politiciens vers la « Transition », Andry Rajoelina l’annonce publiquement. Or le « Vahoaka » réclame immédiatement la prise du pouvoir » affirme le président de Otrikafo.

Après avoir fait ce constat, cette association politique suggère pour la conduite de la lutte jusqu’à la victoire finale :

. que Andry Rajoelina s’écarte de ces politiciens véreux qualifiés de dinosaures ;
. que Andry Rajoelina ne se complique pas la vie en considérant les avis de la communauté internationale car elle se pliera tôt ou tard à la volonté populaire comme en 2002 ;
. enfin et surtout que Andry Rajoelina fasse confiance au « Vahoaka » et aux patriotes.

Recueilli par Valis




L’historien Jean Fremigacci, très pessimiste

Crise politique
mercredi 4 février 2009 
         
Une interview intitulée « Madagascar ou l’éternel retour de la crise » en date du 1er février dernier, interpelle sur le sort de la nation malgache. Il laisse perplexe et fait sérieusement réfléchir sur ce qui se produit aujourd’hui dans le pays.

Reconnu comme l’un des meilleurs spécialistes de l’histoire malgache, Jean Fremigacci interviewé par Jérôme Talpin, « considère que cette crise est avant tout celle d’un régime discrédité par plusieurs affaires. L’historien remarque aussi que la Grande Ile est régulièrement touchée par ce genre de révolte populaire. Dans un contexte de crise, le pays aura cette fois beaucoup de mal à s’en relever ».

La crise était inévitable
Jean Fremigacci estime que les affaires évoquées sur la Place 13 Mai ne sont que les « catalyseurs d’un mécontentement social profond qui a donné son ampleur au mouvement sur lequel surfe Andry Rajoelina. La perte d’autorité du pouvoir a alors ouvert la voie au pillage en deux temps. D’abord, expression d’une condamnation, le pillage ancestral, rituel et probablement organisé qui détruit les biens et les signes mêmes de la présence du pouvoir déchu (magasins Magro, Radio et télévision nationale, etc.). Ensuite le pillage « moderne » par le prolétariat urbain misérable qui échappe à tout contrôle. Je ne crois guère à la thèse du complot planifié par les Ratsirakistes qui a cours dans certains cercles de la grande bourgeoisie de Tana, et qui présente Rajoelina comme un simple homme de paille de l’ancien président. La crise aurait pu n’éclater que dans deux ou trois ans, mais les erreurs de Ravalomanana ont créé les occasions pour qu’elle survienne plus tôt que prévu ».

Un pouvoir, depuis toujours oligarchique
En tout cas, l’historien identifie un mal profond qui ronge et qui corrompt les dirigeants qui accèdent au pouvoir.

Il s’agit des « maîtres traditionnels du pays depuis l’oligarchie du XIXe siècle jusqu’à l’oligarchie coloniale et à celle des Républiques qui ont suivi, qui se sont régulièrement taillé des rentes de monopole en profitant du pouvoir pour s’emparer des meilleures affaires. Si au lieu de tout verrouiller, Marc Ravalomanana avait libéré l’esprit d’entreprise comme il l’avait promis, Andry Rajoelina n’aurait peut-être jamais fait de politique. Maintenant, s’il arrive au pouvoir, peut-être que ce dernier évoluera de la même façon… »

Beaucoup d’espoirs, notamment ceux des entrepreneurs, reposaient sur les épaules de Marc Ravalomanana à l’époque. Autant sinon plus reposent aujourd’hui sur ceux de Andry Rajoelina. Mais savent-ils que le politique qui représente l’oligarchie ascendante qui attend son heure peut, au moment venu, confisquer toute plus-value jusqu’à l’explosion périodique, et ensuite remettre tout en cause pour recommencer à nouveau dans la rue ?

En tout cas, les appréciations de Jean Fremigacci, cet ancien de Madagascar, ne sont pas en faveur du développement de Madagascar. Il est pessimiste : « Chaque crise laisse une ardoise, et celle de la crise en cours risque d’être particulièrement salée ». Le contexte mondial est en effet très défavorable à un rapide redressement.

Recueilli par Valis



Le bon, la brute et le truand

mardi 3 février 2009 
 > Tribune libre
         
Les gens de ma génération se rappellent du titre d’un film western des années 60. C’est une image, mais malheureusement, dans l’histoire politique de notre pays, le premier a manqué et nous n’avons eu droit qu’à la Brute et au Truand.

Le Bon, on l’attend toujours et tel que c’est parti, ce ne sera pas pour cette fois ci.

Dans la Tribune datée du 19 septembre 2008, j’ai écrit une ‘’lettre ouverte au Président de la République’’, sous le pseudonyme de Dr Honoris CAUSA.

Je ne changerai pas un mot de ce que je disais à l’époque sur la façon dont Mr RAVALOMANANA et son équipe ont dirigé le pays, et je ne changerais pas non plus un mot de ce que je prédisais à l’époque, puisque les faits m’ont donné raison. Pour ceux qui seraient intéressés, demandez à la Tribune une copie.

La ‘’Brute’’ (je vous rappelle c’est une image), est toujours en place et s’accrochera au pouvoir comme un pou, en évoquant sa légitimé par rapport à la Constitution, Constitution sur laquelle il s’est royalement assis depuis son accès au pouvoir.

Le "Truand’’ (encore une image) arrive et va faire exactement comme la ‘’Brute’’, pour accéder au pouvoir. Il a réclamé plus de démocratie au départ, et il avait raison. Mais profitant de la situation (c’est cela être un ‘’truand’’), il commence à s’asseoir sur la démocratie en s’autoproclamant "chef de l’Exécutif’’. Je lui rappelle quand même que, j’ai beau fouiller dans mes livres d’histoire, c’est pour la première fois dans l’histoire politique du monde qu’un (soi-disant) démocrate dit, je cite ‘’ je prends le pouvoir’’. Il le dit en plus sans rire !

Peut-on lui demander d’essayer d’imaginer dans 5 ans, quel sera l’état de ce pouvoir qu’il prend sans l’avis de personne. Pour un homme politique, digne de ce nom, c’est si difficile d’imaginer le futur à 5 ans ?

Tout ce cirque et ce cinéma seraient risibles s’il n’y avait pas tout le malheur d’un peuple en corollaire.

Messieurs, ressaisissez-vous !. Le premier s’est conduit comme si le pays était sa petite entreprise dans laquelle il faisait ce qu’il voulait. Le deuxième est en train de penser la même chose, en se disant pourquoi pas moi ! Et l’avenir dans tout cela ?

Ma suggestion est simple :

 on revient au status quo ante : le pouvoir actuel continue à gérer les affaires du pays avec plus de transparence, de démocratie et surtout traquer la corruption au sein même de ce pouvoir, mais pour cela il faut changer d’équipe car celle d’avant n’a pas du tout cet état d’esprit
 il faut appliquer la Constitution (régime parlementaire avec la séparation des pouvoirs Exécutif, Législatif et Judiciaire), liberté d’expression pour tous les médias. Sous le prétexte fallacieux de protéger l’ordre public, on empêche les opinions de s’exprimer (avec quels résultats ???)
 le maire d’Antanarivo gère sa commune tout en gardant un œil sur les affaires nationales, et ce pour l’intérêt général
 en même temps, chacun de tout ce beau monde avide de pouvoir fourbit ses armes en attendant les échéances de 2012.

Si les 2 parties ne raisonnent qu’en terme de savoir qui a gagné ou qui a perdu, ma suggestion ne vaut pas un clou. Si les 2 parties se disent qu’il faut trouver une solution pour que le perdant ne soit pas à coup sûr le peuple, alors, peut-être que cela vaut le coup de m’écouter.

Vous avez compris, je mets les 2 parties dans le même panier (de crabes !!!).

Georges RABEHEVITRA 



Andry : ça suffit !

lundi 2 février 2009 
 > Tribune libre
         
Vous avez soulevé beaucoup d’espoir auprès de certains Malagasy qui souhaitaient une opposition constructive au pouvoir actuel.

Tout le monde sait que le Président Ravalomanana n’est pas un exemple d’honnêteté mais soyons objectifs : il a fait plus que tous les Présidents Malagasy réunis depuis l’indépendance pour développer ce pays, mieux pour changer l’état d’esprit peu entreprenant des Malagasy.

Oui, Ravalomana n’écoute personne,
Oui, Ravalomanana s’est certainement encore enrichi,
Oui, Ravalomanana est péremptoire et ne se fie pas des protocoles,

mais il a su convaincre le monde entier d’investir à Madagascar (des centaines de milliers de jobs ont été créés en moins de 10 ans) ; il a pu remettre en place une administration qui est certes loin d’être parfaite, pour lancer et gérer les grands travaux d’infrastructures qui nous manquent tant (routes, ports, fibres optiques, ..).

Bien sûr Ravalomanana a ses travers : le Boeing à $60M, probablement la loi sur le bail emphytéotique que les Malagasy n’ont certainement jamais accepté, un style de gouvernance plutôt d’un "Patron de PME" que d’un Président de la République, l’opacité sur le "deal" ou "non-deal" avec Daewoo et bien d’autres certainement.

Mais n’oubliez pas, il a été réélu en 2007 pour 5 ans et je suis prêt à parier que vous avez voté pour lui !

Si vous voulez vraiment la démocratie à Madagascar, il faudrait commencer par respecter les échéances et surtout ce choix populaire qui est valable jusqu’à la prochaine élection présidentielle de 2012.

Andry, vous avez eu l’occasion de structurer une vraie opposition efficace en acceptant de dialoguer avec Ravalomanana et de conduire le gouvernement de transition que vous réclamiez tant : une sorte de cohabitation qui n’aurait été que bénéfique pour le pays.

En lieu et en place, vous avez complètement déliré, aujourd’hui en vous proclamant "Président de Madagascar", ce qui vous a mis tout de suite hors la loi.

Quelle sottise, ça aurait été drôle si des vies humaines n’ont pas été perdues.

Maintenant Ravalomanana va avoir encore les mains libres et pourtant il a besoin d’être encadré et contrôlé ; pire pour le pays, les investisseurs vont fuir (voir ce que l’Ambassadeur des Etats-Unis dit dans New-York Times) et les Malagasy vont revenir comme au temps de Ratsiraka.

J’ose espérer que ce n’est pas ce que vous souhaitiez.

Solofo Rafenombolatiana




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