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22 février 2009 7 22 /02 /février /2009 10:03

(dépêches-blog)


Portrait officiel de Gérard Araud.

Who's who de Gérard Araud.

Portrait : Gérard Araud, directeur politique

28 juillet 2008
"Le pompier du Quai d’Orsay au service direct du ministre". C’est ainsi que Gérard Araud décrit ses fonctions de directeur politique.

Gérard Araud sur Wikipédia

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : Navigation, Rechercher Cet article est une ébauche concernant une personnalité française.
Vous pouvez partager vos connaissances en l’améliorant (comment ?) selon les recommandations des projets correspondants.

Gérard Araud (né le 20 février 1953 à Marseille) est le directeur générale des affaires politiques et de sécurité au Ministère des Affaires étrangères depuis 2006.

Biographie [modifier]
Gérard Araud est né à Marseille le 20 février 1953. Il est ancien élève de l'École polytechnique et diplômé de l’École nationale d'administration. Il est premier secrétaire de 1987 à 1989 puis deuxième conseiller de 1989 à 1991 à l'Ambassade de France à Washington. Il est représentant permanent adjoint à la France à l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord à Bruxelles de 1995 à 2000. Il est ambassadeur de France en Israël à Tel Aviv de 2003 à 2006. En septembre 2006 il est nommé secrétaire général adjoint et directeur générale des affaires politiques et de sécurité au Ministère des Affaires étrangères.

Liens externes [modifier]
Présentation de Gérard Araud sur premier-ministre.gouv.fr
Ce document provient de « http://fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%A9rard_Araud ».
Catégories : Ancien élève de l'École polytechnique (France) | Ancien élève de l'École nationale d'administration (France) | [+]
Catégorie cachée : Wikipédia:ébauche personnalité française


Profession Politique : Gérard Araud
Ecole polytechnique ENSAE IEP-Paris ENA (1982)...
Cette fiche contient 1077 caractères.

Audition du 10/09/08 de M. Gérard ARAUD, secrétaire général adjoint / directeur général des Affaires politiques et de sécurité - DGP).


Interview vérité de Monsieur Gérard Araud, Ambassadeur de France en Israël
 
Par Guy Senbel et Marc Haviv pour Guysen Israël News
Mercredi 28 janvier 2004 à 23:56
 
ECOUTEZ L'INTERVIEW

Mercredi 28 janvier, dans l'après-midi, la rédaction de Guysen Israël News a été reçue dans les bureaux de l'Ambassadeur de France en Israël, S.E. Gérard Araud.

Afin de ne pas dénaturer le ton de l'interview, vous avons choisi de vous le faire écouter.

Il vous suffit d'augmenter le son et de cliquer sur la photo de Monsieur Araud plus bas dans le reportage...

Surplombant la "Tayelet" - la "Croisette" de Tel Aviv -, le bureau de l'ambassadeur a une vue imprenable sur la mer. Un léger retard nous a interdit la vision majestueuse du coucher de soleil.

De plus, nous avions manqué là une occasion inespérée de voir un coucher de soleil israélien … à partir du territoire de France !!!

L'interview devait débuter par la levée de l'ambiguïté sur ‘’des paroles’’ que Monsieur Araud aurait eu à l'encontre d’Ariel Sharon le qualifiant de "voyou" et traitant l'Etat d'Israël de ‘’paranoïaque’’, lors de la conférence annuelle des ambassadeurs au Quai d’Orsay. (Réponse et mise au point dans l’ interview audio…)

Nous avons interrogé le nouvel ambassadeur sur des thèmes chers aux israéliens et à la communauté juive Française.

Il a répondu à nos questions franchement et clairement sans pratiquer ‘’la langue de bois’’. Il a donné l'impression de comprendre certains points de vue israéliens.

Nous étions en présence d'un homme ouvert au dialogue, conscient des difficultés de communications ainsi que du lourd et ancien contentieux existant entre la France et Israël.

Il se pourrait que nous ne soyons pas vraiment objectifs dans notre perception. En effet, quoi qu'il advienne, nous aurons toujours le cœur qui bat pour que nos deux patries puissent éviter le divorce et commencer à se remettre en ménage et il est difficile de juger avec les yeux de l'amour.

Cependant, nous resterons vigilants et de fait, on demande toujours beaucoup à ceux que l'on aime. Les qualités humaines de l’Ambassadeur ne seront pas superflues pour faciliter sa lourde tâche car de toutes façons il appliquera au Moyen Orient la ligne politique définie par les plus hautes autorités de la République. Ce qui ne sera pas forcement à notre convenance. L’histoire nous l’a déjà montré…

Ecoutez l'interview exclusive de l'Ambassadeur de France en Israël et vous vous ferez votre propre opinion. 
 

Crimes de guerre (suite) ; nomination au Quai d’Orsay

39 commentaires mercredi 13 septembre 2006, par Alain Gresh

Vocabulaire « L’opposition pro-syrienne ». J’inaugure une rubrique vocabulaire tant l’utilisation de tel ou tel mot par les médias est révélateur d’un parti-pris ou d’une intention. Réfléchir sur l’utilisation des mots est donc très stimulant, comme l’ont déjà montré les interventions sur ce blog à propos du terme « terrorisme ». Pour le Liban, la presse parle souvent de « l’ opposition pro-syrienne ». Elle désigne ainsi le Hezbollah, Amal et leurs alliés de partis non confessionnels comme le Parti communiste. Cette appellation est toutefois trompeuse. Elle semble indiquer que le Liban est coupé en deux camps, l’un démocratique et l’autre représenté par des partis dépendant de Damas. Rappelons donc d’abord que le général Michel Aoun, principal dirigeant maronite est aussi dans l’opposition, sans partager toutes les analyses du Hezbollah (qui participe, de plus, au gouvernement). D’autre part, que signifie « pro-syrien » ? Damas disposait au Liban, du temps de la présence de ses troupes au Liban, de partis qui lui étaient totalement inféodés mais qui ne représentaient pas grand chose. Selon les circonstances, tous les partis libanais, au nom sans doute du réalisme politique, ont été alliés aux Syriens : ce sont les milices de droite chrétienne qui ont fait appel aux troupes syriennes en 1976 pour les sauver de la défaite face aux Palestiniens et à leurs alliés. Walid Joumblat, critique impitoyable de Damas aujourd’hui, a été l’allié ferme de Damas dans les années 1990, etc. Il est incontestable aujourd’hui que le Hezbollah considère que la Syrie est un allié face à la menace américano-israélienne. Mais cela n’en fait pas un pion de Dams (ni d’ailleurs de Téhéran). Le mouvement du 14 mars, qui regroupe notamment Joumblatt et Hariri considère que les Etats-Unis et la France sont ses alliés. Pourquoi les médias ne les qualifie-t-elle jamais de « majorité pro-américaine » ? ou « pro-française » ?

Crimes de guerre (suite). Demain le 14 septembre Amnesty publiera un rapport intitulé « Under Fire. Hizbullah’s attacks on northern Israel » (Sous le feu, les attaques du Hezbollah sur le nord d’Israël). Le communiqué qui précède le rapport précise : « En ciblant délibérément des civils israéliens au cours du récent conflit, le Hezbollah a commis de graves violations du droit international humanitaire s’apparentant à des crimes de guerre. » Il ajoute que « le Hezbollah s’est défendu en déclarant que ses attaques à la roquette sur le nord d’Israël avaient été perpétrées en représailles aux attaques israéliennes contre des civils au Liban et ne visaient qu’à faire cesser ces attaques ». Amnesty toutefois insiste : « Le fait qu’Israël ait commis de graves violations ne justifie en aucune manière les violations perpétrées par le Hezbollah. Les civils ne doivent pas payer le prix du comportement illégal de l’une ou l’autre des parties. »

Ce communiqué va, bien évidemment, relancer les discussions, notamment celles soulevées par les prises de position d’Amnesty sur les crimes de guerre d’Israël. Il devrait amener, au-delà des polémiques faciles, à réfléchir. Déjà, la même interrogation s’était posée au moment de la seconde Intifada : Amnesty International comme Human Rights Watch avaient accusé Israéliens et Palestiniens de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. Cela est incontestable si l’on se réfère aux définitions précises du droit international humanitaire (en revanche, comme chacun le sait, la définition d’un crime "terroriste" n’existe pas). Pourtant, ces positions d’Amnesty appellent deux types de remarques :

- la première relève du droit humanitaire lui-même. Il n’existe aucue commune mesure entre l’ampleur des destructions suscitées par les bombardements israéliens et du Hezbollah. Si Israël a eu une quarantaine de tués civils, le Liban en a eu environ 1200 (et ce nombre s’accroît avec l’explosion des « sous-munitions »). L’ampleur des destructions des infrastructures est sans égale non plus.

- la seconde est politique. Si les lois de la guerre s’appliquent à tous les belligérants, que leur cause soit juste ou non, il faut aussi se situer d’un point de vue politique : on ne peut politiquement renvoyer dos à dos les agresseurs et les agressés, les occupants et les occupés. Cela était vrai, par exemple, de la lutte d’indépendance algérienne ou de la lutte du peuple sud-africain contre le régime de l’apartheid. Le fait qu’à un moment de sa lutte le Front de libération nationale algérien ait posé des bombes dans des cafés, ce qui est moralement condamnable, ne mettait pas en cause la légitimité de la revendication d’indépendance du peuple algérien.

Ceci ne met pas en cause la nécessité d’un point de vue éthique. Mais se limiter à cette vision morale me semble conduire à l’impasse.

Autre information, dans un communiqué daté du 13 septembre et intitulé « Don’t fire on Gaza Medics », l’association Human Rights Watch appelle les forces israéliennes à cesser de cibler les ambulances et les personnels médicaux à Gaza (l’organisation donne six exemples détaillés d’attaques de ce type).

Femmes à la Mecque (suite). Dans mon blog du 7 septembre, « Incertitudes au Kurdistan », j’évoquais une décision des autorités de restreindre les lieux de prière des femmes à la Mecque. Cette décision semble avoir été rapportée si on en croit l’article du site du journal saoudien en langue anglaise Arab News du 12 septembre, intitulé « Women welcome increase in Mecca prayer area ». L’article affirme que la décision de confiner les femmes dans une aire autour de la Kaaba a été repoussée et qu’il a été décidé d’accorder 53% de la Grande Mosquée aux femmes. Ce qui est amusant c’est que, dans le même article qui détaille toutes les réactions hostiles au projet initial, le représentant de la Grande Mosquée affirme sans rire que les informations de presse étaient... erronées.

Nomination. A compter du 15 septembre, Gérard Araud occupera le poste de directeur général des affaires politiques et de sécurité de l’administration centrale du ministère des affaires étrangères. Il remplace Stanislay Lefebvre de Laboulaye. Rappelons que ce poste est l’un des plus importants de la hiérarchie du Quai d’Orsay. Gérard Araud était sous-directeur des affaires communautaires entre 1991 et 1993, conseiller diplomatique du ministre de la défense François Léotard (1993-1995), représentant permanent adjoint de la France au conseil de l’Atlantique nord (OTAN) (1995-2000), directeur des affaires stratégiques, de sécurité et du désarmement (2000-2003) au ministère des affaires étrangères. Il est nommé par Jacques Chirac au poste d’ambassadeur en Israël avec une seule mission : rétablir des meilleures relations avec Israël. Il a réussi au-delà de toute espérance, même si ce rapprochement s’est fait au détriment des Palestiniens.

L’affaire du tramway de Jérusalem illustre les infléchissements, comme je l’écrivais dans l’article du Monde diplomatique, « "fatigue" au Quai d’Orsay, misère à Gaza, » juin 2006). « Deux entreprises (Alstom et Connex) ont emporté l’appel d’offres pour ce projet. Seul détail gênant, son itinéraire passe par des territoires occupés : il relie Jérusalem-Ouest à deux colonies juives de Jérusalem-Est, Psgat Zeev et French Hill, que Paris estime, jusqu’à preuve du contraire, « illégales ». Interrogée par un député, Mme Brigitte Girardin, ministre déléguée à la coopération, au développement et à la francophonie, explique : "L’Etat français ne dispose d’aucun pouvoir d’injonction ou de contrainte lui permettant d’amener les entreprises françaises qui ont participé à un appel d’offres international à se retirer d’un marché... " Pure langue de bois. D’une part, le gouvernement ne s’est jamais privé de « conseiller » à des entreprises de renoncer à des projets (il l’a fait encore récemment en interdisant à Total de conclure des accords avec la Syrie). D’autre part, le contrat a été signé, le 17 juillet 2005, en présence de l’ambassadeur de France, M. Araud, et dans les bureaux du premier ministre Sharon. Le bulletin de l’ambassade de France salue la "cérémonie officielle" de signature. »

L’ambassadeur applique les directives qu’il reçoit de Paris et celles-ci sont claires : tout faire pour améliorer les relations avec Israël, tout faire pour éviter les accusations d’antisémitisme. De Jacques Chirac à Nicolas Sarkozy, la rencontre avec les organisations juives américaines est devenue un passage obligé aux Etats-Unis (ce qui n’empêche ni l’un ni l’autre de dénoncer « le communautarisme » en France). Gérard Araud fait-il de l’excès de zèle ? En décembre 2004, dans un entretien avec le Jerusalem Post, il affirme qu’Israël a fait preuve de « la retenue la plus extrême » dans ses relations avec les Palestiniens depuis 2000 (c’est-à-dire depuis le déclenchement de la seconde Intifada). Le Quai d’Orsay se verra dans l’obligation de démentir.

La voix de la France au Proche-Orient est de plus en plus brouillée. Paris semble s’éloigner à petit pas mais sans état d’âme de sa traditionnelle politique dans la région.



Pour info, trois articles contestant Gérard Araud parce qu'il a été ambassadeur en Israël :


Un sarkoziste à la tête du Quai d’Orsay 

AUTEUR:  quibla.net, à partir d’ informations fournies par René Naba
EMPIRE: 09/08/2006

Gérard Araud, ambassadeur de France en Israël, va être nommé prochainement directeur des Affaires politiques au ministère des Affaires étrangères, ce qui fera de lui l'un des patrons du Quai d’Orsay.

Avec Araud, on va assister à une montée en puissance du lobby sarkoziste à la veille de l’élection présidentielle française.

Gérard Araud, « chiraquien tendance Sarkozy », est à l'origine du nouveau rapprochement franco-israélien.

Ce diplomate s'est distingué l'an passé par un célèbre télégramme diplomatique donnant ce conseil à de Villepin, qui l’avait nommé, et à à son gouvernement : « Si on veut vraiment se reconcilier avec les Israéliens, il faut arrêter de leur parler des Palestiniens. » Ce télégramme a marqué le début du virage pro-israélien de la diplomatie française, qui apparaît désormais en pleine lumière avec le projet de résolution franco-usaméricain sur le Liban, mis au point le 12 juillet, après trois visites à Beyrouth de Philippe Douste-Blazy, le ministre des Affaires étrangères, et les protestations tonitruantes d'amitié de Jacques Chirac à ses amis libanais.

Gérard Araud a été particulièrement actif dans la préparation de la visite en juin du premier ministre israélien Ehud Olmert en France, qui a précédé de six semaines la destruction du Liban. Et il a été très actif dans les visites de Sarközy et de son homme-lige Christian Estrosi en Israël.

Il va donc prendre son poste de directeur, auréolé d’une « excellente réputation » de pro-israélien bon teint, secondé à distance par Jacques Huntzinger, ancien ambassadeur de France en Israël, qui caresse le projet de constituer un office de la jeuesse franco-israélienne sur le modèle de l'office franco-allemand.

Pourtant, son ambassade avait mal commencé à l’automne 2003, lorsqu’il avait retrouvé cette ambassade au bord du « Tayelet », le boulevard de front de mer de Tel Aviv, où il avait eu son premier poste diplomatique en 1982. Un journaliste avait en effet cru entendre Araud déclarer lors d’une fête qu’Ariel Sharon était un « voyou » et Israël « paranoïaque. » Les démentis vigoureux et vertueux d’Araud ont été crus sur parole par les Israéliens, qui ont tourné la page et se sont mis au travail pour faire d’Araud un des leurs.

Du passage d’Araud à l’ambassade de Tel Aviv, il restera plusieurs choses :

- Il est l’homme qui a resserré les liens entre Israël et les maires des trois plus grandes villes françaises, Paris (Delanoë), Marseille (Gaudin) et Lyon (Collomb) ;

- il est l’homme qui a soutenu la position israélienne sur le Mur d’apartheid devant la Cour internationale de justice La Haye, au nom de la « solidarité des victimes » de cette Cour (la France avait été jugée par cette même
Cour pour ses essais nucléaires dans le Pacifique) ;

- il est l’homme qui a oeuvré au contrat de construction de la ligne de tramway de Jérusalem par Alsthom et Connex ;

- il est l’homme qui a oeuvré au développement des relations scientifiques et technologiques de haut niveau entre la France et Israël, ce qui implique une collaboration entre les complexes militaro-industriels des deux pays ;

- il est l’homme qui a réalisé le lancement de l’Institut français de Tel Aviv sur un terrain acheté Boulevard Rotschild, institut qu’il a qualifié de « porte-avions pacifique de la culture française »

- il est l’homme qui a permis aux Israéliens de se détendre (ils sont très stressés, ces temps-ci) en découvrant la Fête de la Musique et les Nuits Blanches (inventées par Delanoë à Paris)

Voilà en quels termes Gérard Araud conclut l’éditorial du numéro de juillet 2006 de Dialogues, la revue de l’ambassade de France en Israël :

« Je ne peux conclure ces propos sans avoir une pensée pour Gilad Shalit, enlevé le 25 juin 2006 en Israël. J'ai rendu visite à ses parents à Mitzpe Hila pour leur assurer de notre soutien en ces moments douloureux. J'ai été frappé par leur dignité face à l'épreuve. La France a condamné cet acte et nous souhaitons que Gilad soit rendu sans tarder à l'amour des siens. » 


Les Néo-cons d’Orsay

Affaires pas si étrangères / vendredi 13 février par Jean A. Rossignol
SARKO & Cie / GAUCHE TARAMA

Les factures étrangères et la polémique Kouchner ne masquent pas la vrai rupture sarkozienne. Le retour de la France, de plain-pied, dans le giron atlantiste. Décryptage.

Affaire Kouchner : que l’accessoire ne fasse pas oublier l’essentiel en trois points.

1) Kouchner a « trahi », oui trahi la gauche pour des raisons de bien être personnel. Il voulait la place à n’importe quel prix et au prix de n’importe quel reniement.

2) Kouchner a opté pour les choix internationaux de la droite américaine qui se trouve être les mêmes que ceux de son ami Sarkozy.

3) Kouchner est, ainsi le symptôme baroque de la vraie rupture sarkozienne, celle qui casse avec quarante de diplomatie gaullienne et qui font revenir la France dans le Commandement intégré de l’OTAN par la plus petite porte, c’est-à-dire sans aucune espèce de contrepartie diplomatique ni militaire.

Déchiraquisation diplomatique et vraie rupture
Restait à faire le ménage en « déchiraquisant » la place et en dénichant les perles rares susceptibles d’assurer la mise en œuvre technique de cette « nouvelle diplomatie » française.

Amorcée sous Philippe Douste-Blazy, le prédécesseur de Bernard, cette « rupture » passe par la Direction générale des affaires politiques et de sécurité, l’un des postes clefs du Quai. Dans un premier temps, il s’agit de libérer ce poste stratégique en virant Stanislas Lefebvre de Laboulaye, dit « Stan », style classique Quai traditionnel, haut fonctionnaire affable et irréprochable mais marqué chiraquien.

Reste ensuite à trouver la perle rare pour le remplacer, qui soit à la fois Kouchnéro-compatible et adoubé par l’Elysée. Après plusieurs casting infructueux, un constat s’impose : qui peut le mieux incarner la « nouvelle diplomatie française » et ses rééquilibrages en faveur de Washington et de Tel-Aviv sinon l’un de nos anciens ambassadeurs dans ces deux capitales ?

Araud sur le baudet
Les choix les plus simples sont souvent les meilleurs. Bernard et l’Elysée sont aux anges parce qu’ils tiennent la perle rare. Elle s’appelle Gérard Araud. Ce diplômé de l’Ecole polytechnique et de l’ENA présente bien des avantages. Il a été premier secrétaire à Washington (1987-1989) ; deuxième conseiller au même poste (1989-1991) ; représentant permanent adjoint à la délégation de la France à l’OTAN à Bruxelles (1995-2000) et surtout, ambassadeur à Tel-Aviv de 2003 à 2006. Certes, s’il a passablement critiqué ses hôtes à la marge, il s’est imposé comme l’artisan de la doctrine néo-con à la française qui repose sur trois principes simples et une conclusion épistémologique :

1) Il n’y a plus de problème palestinien ;

2) Le monde arabo-musulman ne pèse pas dans les relations internationales ;

3) L’alliance chromosomique de la France éternelle doit s’effectuer, sans retenue aucune et quoiqu’il arrive, avec les Etats-Unis d’Amérique. Conclusion : supériorité incontestable d’une fraction de l’humanité sur les autres. Surnommé par ses pairs « Condoleezza », Gérard Araud va jouer de son influence pour promouvoir son ancien patron à l’OTAN : Gérard Errera.

C’est le deuxième étage de la fusée néo-con à la française. Enarque, lui-aussi ; deuxième puis premier secrétaire à Washington (1971-1975) ; consul général à San Francisco (1982-1985) et ambassadeur représentant permanent de la France à l’OTAN à Bruxelles (1995-1998) ; puis ambassadeur à Londres (2002-2007) - où « il était plus briton que les Britons » disent ses anciens collaborateurs à ce poste - avant d’être rappelé par Bernard, qui apprécie beaucoup son style courtisan, à la tête de l’administration centrale comme secrétaire général du Quai en décembre 2007. « C’est un vrai méchant », disent nombre d’ambassadeurs qui ont eu à subir ses arbitrages, « un vrai méchant dans le sens teigneux et rancunier du terme », souligne l’un de ses vieux amis haut-fonctionnaire en poste à Bruxelles. Néo-con de circonstance, il n’est pas doctrinaire et cultive le pragmatisme utile comme personne. D’autres diplomates considèrent qu’il aurait pu servir bien d’autres administrations. Il pousse son fils Philippe au cabinet de Kouchner. En effet, Philippe Errera, c’est le troisième étage de la fusée. Enarque comme papa, il a aussi fait ses premières classes de diplomate au Département d’Etat à Washington. Il a même été question de le nommer directeur-adjoint du cabinet du ministre, mais vu la levée de boucliers à l’intérieur de la maison, Bernard a reculé in extremis. Parfaitement incompétent sur les réalités proches orientales et pour en masquer l’étendue de son ignorance, il cite constamment l’historien Bernard Lewis, la référence préférée des Néo-cons américains. Travailleur consciencieux, il met en forme la « pensée » de Gérard Araud et assure l’interface idéologique avec le ministère de la Défense, par l’intermédiaire de l’homme du Quai chez Hervé Morin : le diplomate Michel Miraillet.

Détaché auprès du ministère de la Défense en qualité de directeur chargé des affaires stratégiques depuis août 2007, Michel Miraillet a été en poste aux Nations unies à New York puis deuxième conseiller au Caire (1995-1997). Marié à une africaine, il ne garde pas un très bon souvenir de ce séjour. Lui aussi est passé par l’OTAN à Bruxelles, intégré à l’équipe Errera/Araud (1997-2000) avant d’être nommé deuxième conseiller à Tel-Aviv (2000-2004) et de retrouver Gérard Araud comme chef de poste, sinon comme gourou. Porteur de la parole néo-con à la française, les officiers supérieurs et généraux se méfient de lui parce qu’il ne cesse de préconiser des plans d’attaques interarmées contre l’Iran, la Syrie et le Hezbollah libanais.

La délicieuse Rama, nymphe de ces bois
Le tableau de la galaxie néo-cons à la française ne serait pas complet sans la délicieuse Rama Yade, secrétaire d’Etat chargé des affaires étrangères et des droits de l’homme. Porteuse d’un discours droit-de-l’hommiste à géométrie variable et des indignations sélectives de la famille néo-cons, madame Yade s’active beaucoup pour faire libérer le soldat « franco-israélien » Gilad Shalit. Et lorsqu’on lui demande pourquoi elle ne déploie pas la même énergie pour le jeune franco-palestinien Salah Hamouri, condamné à sept ans de bagne par les sections spéciales des tribunaux militaires israéliens, elle répond invariablement sans ciller que ce dernier a été normalement jugé par la justice israélienne et que «  ce dossier est une affaire intérieure israélo-israélienne ». Kouchnérienne et néo-con aléatoire, elle reste en liaison permanente avec l’Elysée et s’occupe de sa carrière qui s’annonce des plus brillantes.

Dernière initiative de Madame Yade et de Bernard : la nomination de François Zimeray, ancien vice-président de la commission d’études politiques du CRIF, comme « ambassadeur pour les Droits de l’Homme ». Membre de la Commission des Affaires Étrangères et de la Politique de défense du Parlement européen, il s’y illustra notamment en entraînant la majorité du Parlement européen dans sa demande de commission d’enquête parlementaire sur l’usage des fonds européens par l’Autorité Palestinienne.

Enfin, la cerise sur le gâteau néo-con du Quai, c’est Alain Joyandet, secrétaire d’Etat chargé de la coopération et de la francophonie qui a succédé à Bockel le 18 mars 2008. Lui aussi a été imposé à Bernard par l’Elysée en remerciement de ses bons et loyaux services de secrétaire national de l’UMP chargé des fédérations. C’est dire s’il connaît l’international, mais il a appris à apprécier Bernard et Bernard le ménage tout particulièrement parce qu’il incarne la politique de coopération versus Elysée.

Fils d’un père hôtelier-restaurateur devenu marchand de bestiaux et d’une mère commerçante, il suit des études secondaires au lycée Montchapet à Dijon et puis au Lycée Cournot à Gray et entame des études de médecine à Dijon avant de bifurquer vers le journalisme. Il travaille alors pour la Presse de Gray et fonde ensuite la Presse de Vesoul, puis Radio Val-de-Saône (RVS) à Vesoul en 1981, et enfin l’Hebdo de Besançon. Alain Joyandet se lance ensuite dans l’édition en créant le Groupe des éditions comtoises (Grec SA) en 1986, ainsi qu’un atelier de photogravure. Il est président du club de football USFC-Vesoul entre 1986 et 1995. Fort ce cette longue expérience de self-made-man, il est devenu le porte-parole de la pensée économique des néo-cons à la française et ne manque jamais une occasion de citer et défendre le fameux discours de Dakar de Sarkozy sur l’homme africain.

Outre le président de la République, son héros et sa référence préférée n’est autre que Pierre Poujade. Transposé au domaine de la coopération internationale, cet apport conceptuel produit des résultats curieux en produisant des idées simples sur l’Afrique compliquée. Au quotidien Libération qui l’interroge sur l’aide publique française au développement à la veille du dernier sommet de Doha en décembre 2008, il n’hésite pas à donner en exemple aux Africains « les pays émergeants qui ont su se prendre en main… » Comme disait Guizot « Enrichissez-vous » et le président Sarkozy « Entrez dans l’histoire », Alain Joyandet invite les Africains à se prendre en main sans attendre l’aide internationale : « Qu’est-ce que la France a fait après la Seconde guerre mondiale ? Il faut faire pareil : des barrages, des routes, etc ». Certes, il fallait oser la comparaison.

Autre recommandation de poids et quintessence du message : « il faut sortir du débat trop exigu sur l’aide publique au développement (APD). Je ne veux pas contourner nos engagements, mais il y a d’autres moyens que la seule aide budgétaire » . Outre que cette dernière affirmation constitue une belle dénégation - la France ne tient ni les engagements des objectifs du millénaire des Nations unies qu’elle a pourtant ratifiés, ni n’augmente son aide selon les critères reconnus par les institutions internationales , Alain Joyandet ment effrontément sur les chiffres : « L’Agence française de développement (AFD) va développer à ma demande : 1 milliard d’euros de projets publics-privés. Par ailleurs, deux fonds de garanties et d’investissement de 250 millions d’euros chacun, hors budget, seront opérationnels en 2009 ». En clair, l’Etat français n’est plus capable d’allouer de « dons/projets » - cœur de l’aide publique au développement - mais seulement des prêts bancaires dits « souverains » (aux Etats) et « non-souverains » aux institutions publiques et para-publiques. Un sacré vendeur de cravates ce secrétaire d’Etat, mais parfaitement en phase avec le cœur de l’idéologie des néo-cons à la française : le privé doit se substituer aux mécanismes de l’aide publique au développement afin de favoriser le désengagement de l’Etat. En deux mots : « aide-toi le ciel t’aidera… »



Poussée de néo-cons au Quai d’Orsay et ailleurs…

Diplomatie / dimanche 8 juillet 2007 par Uriel Da Costa

L’ancien ambassadeur de France à Tel-Aviv, Gérard Araud - aujourd’hui conseiller politique du ministre des affaires étrangères - ne se sent plus, ou plutôt se sent, maintenant, couvert par l’Elysée. Ses obsessions concernant les crises proliférantes et notamment le danger stratégique que représenterait un Iran nucléaire sont en passe de devenir la préoccupation numéro un de la « nouvelle » diplomatie française.

On n’ose pas dire celle de Bernard Kouchner puisque Jean-David Lévitte, le conseiller diplomatique de Nicolas Sarkozy décide de tout après avoir consulté son patron bien-sûr. Tout va bien, puisque, de toutes façons, le French Doctor qui, en son temps, voulait en découdre avec Saddam Hussein, est radicalement sur la même ligne. S’élabore ainsi gentiment, une vraie doctrine néo-conservatrice à la française, et ça tombe encore bien, parce que Nicolas n’a cessé de le répéter à ses collaborateurs depuis son arrivée à l’Elysée : « la priorité de notre diplomatie est de tourner, définitivement, la page de l’Irak afin de rétablir l’indéfectible amitié franco-américaine ».

Cette évolution donne aussi des ailes à Michel Miraillet, un ancien collaborateur de Gérard Araud, deuxième conseiller à Tel-Aviv en décembre 2000 qui travailla, naguère avec le socialiste Charles Hernu… Evolution néo-con typique, ce brillant sujet a été bombardé, il y a un an, directeur des affaires internationales et stratégiques (AIS) au Secrétariat général de la défense nationale (SGDN), un job où il est sensé faire une synthèse des différents télégrammes et notes de nos services secrets afin d’éclairer les grandes orientations diplomatiques de la France éternelle. Et, depuis que ce grand diplomate est arrivé, les plus hautes instances du SGDN, s’étonnent régulièrement de le voir et l’entendre prôner sans réserve une guerre juste et salvatrice contre l’Iran, l’empire du mal qu’il faut absolument rayer de la carte. Il faut dire qu’il est conscieusemment aidé dans cette tâche de haine quotidienne par une autre héroïne, baptisée par ses collègues « fifi-brin-d’acier », la nouvelle philosophe du mal absolu, Madame Thérèse Delpêche qui répète – elle-aussi – quotidiennement : « cette fois… si les Israéliens ou les Américains attaquent l’Iran, j’espère que nous serons à leurs côtés ».

Avec de tels analyses et analystes, nous voilà bien partis, d’autant qu’on se demande ce que va devenir le SGDN dans le nouveau Conseil national de sécurité sarkozien dont on voit mal encore les contours et le contenu. Une chose est sûre, la bonne expertise et les bons experts sont lourdés les uns après les autres. Là aussi, il faut dégraisser le mammouth, semble-t-il. A ce rythme-là, cette déperdition d’intelligence étant inversement proportionnelle à la montée des néo-cons version Quai, on risque bientôt d’entrer en guerre sans s’en apercevoir…

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