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28 février 2009 6 28 /02 /février /2009 10:14

(dépêche)




Hamid Karzaï veut avancer la présidentielle

Afghanistan
Article publié le 28/02/2009 Dernière mise à jour le 01/03/2009 à 14:44 TU

Le scrutin devait se dérouler avant le 20 août, le président veut l’avancer courant mai. Hamid Karzaï s’appuie sur un article de la Constitution. Il prend ainsi de vitesse les autres candidats et montre aux Afghans l’indépendance du pays vis-à-vis des Etats-Unis. Mais il prend à contre-pied la communauté internationale qui ne pourra pas assurer la sécurité des élections. Toutefois, la Commission électorale indépendante afghane a réaffirmé, ce dimanche, qu'il n'était pas possible d'organiser une élection présidentielle équitable avant le mois d'août. La commission indique n'avoir pas encore reçu le décret présidentiel et affirme se réserver la possibilité de l'étudier avant d'annoncer sa position.

Le président Hamid Karzaï (g) avec l'Américaine Nancy Pelosi (d), présidente de la Chambre des représentants, le 21 février 2009.

De notre correspondant à Kaboul, Luc Mathieu

La décision a stupéfait les diplomates en poste à Kaboul et les analystes politiques afghans. Contre toute attente, le président Hamid Karzaï a demandé par décret à la commission électorale indépendante de précipiter les élections présidentielles. Prévues pour le 20 août prochain, elles pourraient se dérouler entre le 21 mars et le 21 avril, conformément à la Constitution afghane. Une décision qui constitue un subtil coup politique et donne au président sortant les meilleures chances d'être réélu.

D'abord parce qu’en avançant la date de l’élection, Hamid Karzaï prend de vitesse ses opposants. « Il m'a dit en riant il y a quelques semaines que s'il précipitait le scrutin, ce n'était pas la peine d'imprimer les bulletins de vote. Il serait sûr d'obtenir un second mandat puisque personne d'autre ne serait prêt », explique un diplomate occidental. Tablant sur une élection le 20 août prochain, Ali Ahmad Jalali, ancien ministre de l'Intérieur, Ashraf Ghani, ex-ministre des Finances, n'ont en effet toujours pas lancé leur campagne. « En fait, ils n'ont même pas encore écrit leur programme », explique Haroun Mir, analyste au Centre de recherches et d'études politiques afghan.

Une décision inattendue
De notre correspondant à Kaboul, Nicolas Bertrand

« Contre toute attente, Hamid Karzaï demande aujourd’hui que la Constitution soit respectée, ce qui voudrait dire que l’élection présidentielle se tiendrait dans moins de deux mois ».

01/03/2009
Difficultés d'organisation

Autre intérêt pour Hamid Karzaï : faire campagne en bénéficiant des moyens financiers et de sécurité que lui offre son statut actuel de président. « Sans la protection de l'OTAN et des forces américaines, il ne pourrait pas sortir de Kaboul », souligne Haroun Mir.

L'avancée de la date de l’élection permet enfin au président afghan de résoudre la crise politique et constitutionnelle provoquée par le report initial du scrutin. Le 29 janvier dernier, la Commission électorale indépendante avait décidé de décaler les élections au 20 août, en raison des conditions de sécurité et des difficultés d'organisation. Or, selon la Constitution afghane, le président sortant doit quitter le pouvoir le 21 mai. Restait donc une période de vacance de trois mois. Hamid Karzaï était dans l'impasse : soit il décidait de rester au pouvoir jusqu'au 20 août et risquait d'apparaître comme illégitime, soit il devait nommer un président « par intérim », qui aurait pu faire campagne contre lui.

Reste à voir dans quelles conditions pourra se dérouler l’élection. La décision du report au 20 août avait été saluée par la coalition internationale et les Nations unies qui y voyaient « une nécessité pragmatique ». Les renforts de 17 000 hommes décidés par le président américain Barack Obama n'arriveront en effet pas avant l'été. En outre, rien ne dit que les pays membres de l'OTAN, tels l'Allemagne et l'Italie, qui avaient annoncé l'envoi de soldats supplémentaires pour assurer la sécurité des élections puissent le faire en moins de trois mois. « Les forces militaires sont par nature flexibles et s'adapteront aux changements sur le terrain », affirmait à RFI samedi après-midi un porte-parole de l'OTAN. « Techniquement, ce n'est pas possible, rétorque un diplomate européen. La sécurité de l’élection ne pourra pas être assurée en si peu de temps. »


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