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15 avril 2009 3 15 /04 /avril /2009 14:24

(dépêches-blog)



Hommages d'Albanel, Alliot-Marie et Darcos à Maurice Druon

Mots clefs: littérature ; décès ; réactions
 
15/04/2009 09:00

Les ministres de la Culture Christine Albanel, de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie et de l'Education nationale Xavier Darcos, ont rendu hommage mercredi à l'académicien Maurice Druon, "esprit fort" et "combattant de la liberté", décédé mardi à l'âge de 90 ans.

Christine Albanel a déploré la perte d'une "figure majeure" de l'Histoire de France. "Grand patriote, Maurice Druon n'a jamais cessé ... de servir la nation durant sa carrière de député, de ministre de la Culture et d'académicien", écrit la ministre dans un communiqué.

"Grand défenseur de la langue française et de la francophonie", Maurice Druon "était avant tout un amoureux des mots, qu'il mettait au service de sa passion pour l'histoire", ajoute-t-elle.

"Ce deuil accablera tous ceux qui aiment la beauté et la droiture", a estimé M. Darcos, lié "depuis de longues années" à l'ancien ministre de la Culture.

"Avec lui, la France ne perd pas seulement l'auteur emblématique des Rois maudits : elle pleure la disparition de l'une des figures les plus marquantes de sa vie intellectuelle", a-t-il ajouté, dans un communiqué reçu mercredi.

Michèle Alliot-Marie a salué une "personnalité hors du commun" et "un combattant de la liberté profondément attaché aux valeurs du gaullisme et à la grandeur de la France", dans un autre communiqué.

Bernard Accoyer, président de l'Assemblée nationale a, de son côté, salué la mémoire d'un "immense homme de culture et inoubliable auteur du Chant des Partisans" qui s'est "attaché avec ardeur et élégance à faire rayonner et à défendre la culture et la langue française dans le monde".

Frédéric Lefebvre, porte parole de l'UMP, a évoqué la disparition "d'un grand serviteur de l'exception culturelle française" qui a "consacré toute sa vie au service de la culture populaire".

Ecrivain particulièrement fécond, ministre des Affaires culturelles en 1973-74, Maurice Druon est mort vers 18H00 mardi à son domicile parisien.

Mots clefs: littérature ; décès ; réactions



Maurice Druon, mort d'un écolo malgré lui.

14.04.2009 par Hervé Torchet

Je ne vais pas faire une nécro conventionnelle de Druon. Mais il m'a marqué, au-delà même du Chant des Partisans coécrit avec son oncle Joseph Kessel et mis en musique et interprété par une femme, Anna Marly.

Mon goût pour l'histoire s'est révélé devant le feuilleton tiré de ses "Rois Maudits", quand j'avais sept ou huit ans.

Et puis, vers la même époque, on m'a offert un très joli conte écolo qu'il avait écrit : "Tistou les pouces verts", qui a enchanté mon enfance.

Mais bien entendu, sa mort est l'occasion de réécouter et de reréécouter, en boucle, le Chant des Partisans, ceux qui ont su désobéir.

"Ami, si tu tombes,
Un ami sort de l'ombre
À ta place..."

"Sifflez, compagnons,
Dans la nuit, la liberté
Nous écoute..."

22:30 Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : culture, druon, kessel, chant des partisans, résistance, académie française



Pour comprendre le pouvoir : "Les grandes familles" de Maurice Druon.

25.06.2007 par Hervé Torchet

Maurice Druon n'est pas un dangereux anarchiste, c'est le moins que l'on puisse dire. Homme de droite, conservateur, cultivant l'autorité, il a régné durant de longues années sur l'Académie française qui, comme chacun sait, n'est pas le royaume des progressistes. Comme l'écrivait Victor Hugo : "Les quarante fauteuils et le trône au milieu" (c'est un alexandrin).
 
Druon a une chance paradoxale dans la vie : être le neveu de l'immense journaliste et écrivain de talent qu'a été Joseph Kessel, dont j'ai parlé ici même. C'est avec Kessel que, dans l'exil londonien de la France Libre, il rédige l'inoubliable "Chant des partisans" sur lequel Anna Marly colle une musique rythmée et martiale. "Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines, ami entends-tu le cri sourd du pays qu'on enchaîne..." sont des paroles pour tous les temps.
 
Plus tard, Druon publie quelques romans, dont "Les Rois maudits" qui ont enchanté mon adolescence après que leur adaptation télévisée eut émerveillé mon enfance.
 
On a dit qu'il ne les avait pas rédigés seul ; il a rétorqué que le travail de ses nègres était si mauvais qu'il avait dû tout récrire. Peu importe.
 
Il sort aussi un étrange et charmant livre écolo pour enfant, "Tistou les Pouces verts" dont j'ai un exemplaire qu'il m'a dédicacé lors d'une vente de charité du PEN club en 1973.
 
Outre la saga des "Rois maudits" (avec son arrière-plan symbolique lié aux Templiers), son roman le plus important est "Les grandes familles".
 
Quand on lit le titre, on entend Herriot parler des "Deux cents familles". Il s'agit par exemple des Wendel, les fonderies, liés à l'ancien patron du Medef, le baron Sellières, mais aussi à l'épouse de l'ancien président Giscard d'Estaing née Anne-Aymone de Brantes, et encore aux Missoffe, dont la trace la plus visible pour un Parisien attentif à la politique est Françoise de Panafieu, née Missoffe.
 
On est ici dans ce qu'Arletty, dans un film dialogué par Jeanson, aurait appelé "la haute". Haute finance, haute administration, grande presse instrumentalisée, manoeuvres boursières brutales, rapacités de toute nature, exploitation de tous les rouages du pouvoir à fin personnelle, culture de la manipulation, mise en coupe réglée de la société par les sociétés, usage altier de la particule.
 
La sphère du pouvoir. Le vrai pouvoir. Celui de l'argent.
 
"Les forces de l'argent"... Quand Mitterrand prononçait ces mots dans un discours, on savait qu'il avait atteint le sommet de son éloquence. Il détestait l'argent ... des autres.
 
L'argent, la vraie puissance. L'argent qui achète, corrompt, asservit, avilit tout. Je revoyais hier soir la pièce "Volpone" adaptée par Jules Romain de Ben Johnson, auteur classique anglais. La hideur de l'argent s'y étale, sa puissance sur les âmes, surtout quand elles sont faibles.
 
En ce temps où l'argent redevient légitime, où s'enrichir est de nouveau le but de l'existence humaine, en ce temps où la Sarkozye se définit comme le royaume dont le prince est l'argent, il est urgent de relire "Les grandes familles".
 
Elles sont aux commandes.

21:00 Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : politique, législatives, sarkozy, royal, bayrou, udf, mouvement démocrate




Maurice Druon est mort (2)
 
mercredi, avril 15, 2009

Je regretterai qu'il n'ait pas pu publier le quatre tomes programmés de ces mémoires car le premier était bien plaisant.

Je pense également à deux de ses citations :

«Il y a en France deux partis de gauche, dont un se nomme la droite.»

Cela correspond exactement à mon analyse de la politique en France et les agissements du gouvernement Sarkozy en confirment chaque jour la pertinence.

«François Bayrou : personnage secondaire et qui le restera.»

Cette définition lui avait valu une réplique cinglante de l'offensé. Je n'aime pas Bayrou, mais il faut bien reconnaître qu'il est le dernier polticien à écrire français correctement et avec style. Une polémique Druon-Bayrou, ça a plus de gueule qu'une polémique Royal-Sarkozy.

La réponse de Bayrou était plus dans l'air du temps, plus charmeuse, voire plus démagogue, mais je pense que c'était Druon qui avait raison.

Enfin, sa lutte contre la féminisation inappropriée de la langue française, bien que d'arrière-garde pour les avant-gardes, était de pur bon sens.

Ceux qui disent la ministre ou, encore plus horrible, la maire (de Lille), montrent trois choses :

> un goût d'égout, car existe-t-il plus disgracieux que «la maire» ?

> une ignorance crasse de la langue française. «Le ministre» n'indique pas plus le sexe du titulaire que «la sentinelle» n'indique les tendances homosexuelles des militaires en guérite.

> un sexisme réel bien qu'inconscient. Insister pour dire «la ministre» suppose que le sexe du ministre a une importance (1).

Cependant, ces calembredaines de féminisation des noms de fonction ont une grande utilité : c'est un filtre à cons rapide, efficace et peu couteux.

Tout journal écrivant «la ministre» se retrouve immédiatement au panier (cas de plus en plus fréquent du journal Le Monde), tout bonimenteur radiophonique souffrant de cette tare a la chique coupée illico presto.

De plus, il me plaît qu'après la charge des cadets de Saumur, à laquelle il participa avec Michel Debré, il se soit réfugié à Montaigne, dans la propriété de Michel (2).

Enfin, certains auteurs de merde commencent déjà à cracher sur sa tombe (3), ce qui prouve qu'il dérange encore.

(1) : quand le ministre est DSK, son sexe a une importance : il le met n'importe où et ça fait des histoires. Mais c'est un autre problème.

(2) : si vous ne le savez pas encore, apprenez que les amateurs de Montaigne forment une étrange confrérie, des fils invisibles les lient à travers l'espace et le temps, des goûts communs.

(3) : Pierre Assouline est le parfait petit scribouillard degôche, petit soldat de la bien-pensance.
Publié par fboizard à l'adresse mercredi, avril 15, 2009  
Libellés : actualité, littérature




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