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21 avril 2009 2 21 /04 /avril /2009 00:06

(dépêches)



Nelson Mandela, invité surprise du meeting de l’ANC

20 avr 2009 - il y a 7 heures 11 min
Afrik.com

Le héros de la lutte anti-apartheid, Nelson Mandela, a été l’invité surprise du grand meeting du Congrès National Africain (ANC), dimanche, en Afrique du Sud, à trois jours des élections générales, indique BBC. Devant les 120 000 partisans réunis au stade Ellis Park de Johannesburg, le Prix Nobel de la Paix a rappelé au parti au pouvoir ses devoirs de lutte contre la pauvreté et la construction d’une société non-raciale. Rarement apparu en public ces derniers mois, la participation de Nelson Mandela à ce meeting est une véritable projection à la magistrature suprême pour le candidat Jacob Zuma, personnalité controversée aux multiples démêlés avec la justice.



Afrique du Sud : l’épineuse question de la redistribution des terres refait surface

- Politique - Election
L’ANC promet de restituer 30% des terres cultivables aux Noirs d’ici 2014

Le Congrès national africain (ANC), au pouvoir en Afrique du Sud, a tenu, dimanche, à Johannesburg, son dernier meeting avant les élections législatives de mercredi. L’une des promesses du parti de Nelson Mandela, vainqueur annoncé de ces élections, est la redistribution de 30% des terres cultivables en faveur des communautés noires, à l’horizon 2014. Cet objectif, déjà fixé au lendemain de la fin de l’Apartheid, en 1994, est difficilement atteignable, estiment certains experts.

lundi 20 avril 2009, par Stéphane Ballong       

Mercredi 15 avril, en pleine campagne électorale, des Noirs sud-Africains armés de couteaux et de machettes prenaient d’assaut une ferme agricole de la province de Mpumalanga, dans l’est du pays. Ils protestaient ainsi contre la lenteur du processus de redistribution des terres aux fermiers noirs prévu depuis l’abolition de l’Apartheid. A la fin du régime de ségrégation raciale, en 1994, en Afrique du Sud, une réforme agraire prévoyait la redistribution des terres en faveur des populations noires. Une loi instaurée en 1913 avait spolié celles-ci des surfaces agricoles dont 90% étaient revenus aux fermiers blancs.

La redistribution et la restitution des terres aux Noirs étaient donc l’une des missions que s’était fixé le Congrès national africain (ANC) lors de son accession au pouvoir en 1994. Quinze années après, il apparaît que la grande majorité de ces terres reste toujours aux mains des fermiers Blancs. Seulement 5% des surfaces agricoles ont été redistribuées en quinze ans. Conséquence : la question de la réforme agraire a été très présente lors de la campagne pour les élections générales de mercredi prochain. Le parti de Nelson Mandela, aux affaires depuis les premières élections multiraciales, promet une accélération de ces réformes pour atteindre la redistribution de 30% des surfaces cultivables d’ici 2014. Un objectif qui était déjà fixé au lendemain de la fin de l’Apartheid.

Redistribuer en maintenant la production

Philippe Hugon, directeur de recherche à l’Iris (Institut des relations internationales et stratégiques), interrogé par Afrik.com, estime que cette promesse du Congrès national africain (ANC) sera difficilement réalisable. D’après lui, les réformes prévues au lendemain de l’Apartheid ont eu de mal à être mises œuvre pour plusieurs raisons. D’une part, le rapport de force reste favorable à la population blanche en raison de son rôle important dans la population agricole nationale, explique le spécialiste. Deuxième raison : l’Etat sud-africain s’était engagé à racheter les propriétés au prix du marché pour les redistribuer. Mais longtemps exclu de la propriété des terres, les communautés noires n’ont pas de tradition agricole et donc pas d’expérience des exploitations agricoles. Le processus a donc pris du retard par souci de maintenir la dynamique de la production. Les cas de transferts de terres qui ont été réalisés ont montré une sous-exploitation de la majorité des surfaces concernées. « Le défi majeur des autorités sud-africaines, résume M. Hugon, est d’assurer la redistribution des terres tout en maintenant un niveau suffisant de production ». Le cas du Zimbabwe voisin, où la réforme agraire a conduit à des expropriations massives des fermiers blancs, et les conséquences qui en ont découlé, interpellent également.

Par ailleurs, le budget alloué au rachat et à la restitution des surfaces agricoles semble insuffisant. Il serait, selon les spécialistes, 5 fois moindre que la somme estimée nécessaire, soit un peu plus d’un milliard d’euros.

Encourager la paysannerie moyenne

Redistribuer 30% des terres à l’horizon 2014 semble donc irréaliste, sinon impossible. A moins de recourir à des expropriations massives comme au Zimbabwe. Mais là aussi, une loi dans ce sens, votée par le Parlement en 2008, a été suspendue face à la réticence des grands propriétaires. Il serait plus réaliste en Afrique du Sud, selon Philippe Hugon, c’est de recourir à une redistribution progressive avec un encadrement et la formation des communautés noires aux techniques d’exploitations, mais aussi la mise à leur disposition des moyens financiers. Les exploitations familiales doivent être encouragées et devraient venir en complément de la production industrielle selon le modèle capitaliste pratiqué jusque-là. Pour ce faire, une solution doit être trouvée à l’interdiction de diviser les grandes propriétés, comme le prévoit une loi instaurée en 1970 et qui est toujours en vigueur.

En somme, il s’agit d’organiser un système de paysannerie moyenne parallèlement au système de production industrielle pour éviter de casser la dynamique de la production agricole du pays. Il faut certes accélérer la réforme agraire concède Philippe Hugon, mais cette réforme ne doit pas se faire dans la précipitation.


 
Elections en Afrique du Sud : vers une nouvelle victoire de l’ANC

Société - Afrique Australe et Océan Indien - Afrique du sud - Politique - Election

Le parti au pouvoir pourrait cependant perdre sa large majorité au Parlement

Plus de 23 millions de Sud-Africains vont voter, mercredi, pour choisir, pour la quatrième fois depuis la fin de l’Apartheid, en 1994, les députés du pays. Ces législatives vont conduire, en mai, à l’élection, par le Parlement, du nouveau président d’Afrique du Sud, première puissance économique du continent. Sauf surprise, Jacob Zuma, le leader de l’ANC devrait être désigné à la tête du pays. Mais son parti risque de perdre sa majorité des deux-tiers du Parlement.

mardi 21 avril 2009, par Stéphane Ballong       

Le Congrès national africain (ANC), au pouvoir depuis les premières élections multiraciales, il y a quinze ans, devrait remporter la majorité lors des législatives de ce mercredi en Afrique du Sud. Le parti est crédité de plus de 60% des intentions de vote, selon les derniers sondages. Son leader, le controversé Jacob Zuma, est assuré d’être le prochain chef d’Etat sud africain que le Parlement désignera le 6 mai prochain. Désormais, plus rien ne peut l’en empêcher. La justice a décidé, le 8 avril dernier, d’abandonner les poursuites pour fraudes et corruption qui pesaient contre lui depuis décembre 2007. Des « abus de pouvoir » commis par le responsable de l’enquête ont pu discréditer la procédure, a estimé le procureur général.

La présence, dimanche, au grand meeting du Congrès national africain, de Nelson Mandela, figure emblématique de la lutte anti-apartheid, a également constitué pour Jacob Zuma un véritable soutien moral. Dans son discours, prononcé devant plus de 100 000 sympathisants, le leader de l’ANC s’est voulu rassembleur. L’Afrique du Sud, a-t-il indiqué, « appartient à tous, Noirs et Blancs ». Pendant cette campagne, il n’a cessé de courtiser les Blancs qui ne représentent pourtant que 9% de la population sud-africaine, mais qui détiennent la puissance économique du pays. M. Zuma, grand tribun zoulou, avait déclaré que les Afrikaners, les descendants de colons hollandais étroitement liés au régime d’apartheid, étaient aussi Africains que les Zoulous.

« Nous utiliserons notre majorité avec responsabilité et nous ne foulerons pas aux pieds les droits des citoyens, ni n’obligerons les autres parties à se soumettre », a également promis le chef de l’ANC.

L’émergence du Cope affaiblit l’ANC

Sauf surprise, l’ANC devrait donc remporter les élections générales de ce mercredi. Seul bémol, le parti, qui compte 70% des députés depuis 2004, pourrait voir sa majorité réduite à environ 60%, en-dessous du seuil des deux-tiers requis pour procéder à des modifications constitutionnelles. Le parti de Nelson Mandela est, en effet, affaibli par l’émergence du Congrès du peuple (Cope) créé par des dissidents après la démission de Thabo Mbeki, ex-leader de l’ANC, à la tête du pays. « Avec l’apparition du Congrès du peuple (Cope), ces élections seront les plus concurrentielles depuis 1994 », explique Aubrey Matshiqi, un analyste politique cité par 20 Minutes.

Le Cope est, certes, encore jeune mais il pourrait réaliser un score de près de10% des suffrages exprimés, estiment certains observateurs. Avec le Democratic Alliance (DA), principal parti d’opposition en Afrique du Sud, les deux partis pourraient réunir assez de voix pour mettre fin à la suprématie absolue du parti de Jacob Zuma.

Les démêlées judiciaires du leader de l’ANC ont sérieusement détérioré l’image du parti. Collette Schulz-Herzenberg, de l’Institut of Security Studies, interrogé par Le Télégramme, estime que beaucoup « ne votent pas ANC par soutien sincère mais parce qu’ils ne regardent pas les autres partis ». Plus de la moitié des électeurs ne pense pas que M. Zuma est complètement innocent dans ces affaires de corruption. Un récent sondage indique que 47% des électeurs font moins confiance au parti qu’en 1994.

« Eradiquer la pauvreté »

L’ANC a beau brandir ses réalisations : la construction de millions de logements sociaux, d’infrastructures routières et scolaires ; un meilleur accès à l’eau et à l’électricité ; une croissance soutenue de 5% sur les trois dernières années…. La Nation arc-en-ciel reste confrontée à de graves problèmes socio-économiques auxquels l’ANC, en quinze ans de pouvoir, n’a pu trouvé de solutions : 43% de la population vit toujours en dessous du seuil de la pauvreté, le taux de chômage reste très élevé. Il est situé entre 20% et 40% de la population active selon les sources. Environ 1 000 personnes meurent du Sida tous les jours. L’insécurité reste un fléau national, avec en moyenne 50 homicides commis par jour. Dimanche, lors du meeting auquel il a débarqué sans prévenir, Nelson Mandela a rappelé aux responsables de l’ANC que leur « première tâche est d’éradiquer la pauvreté et d’assurer une meilleure vie à tous ».

Tel sera l’objectif que ne devrait pas perdre de vue le controversé Jacob Zuma, qui se dirige vraisemblablement vers la présidence du pays organisateur de la prochaine Coupe du Monde, en 2010.



Pauvres milliardaires africains !

Economie - Afrique Australe et Océan Indien - Afrique du sud - Egypte - Nigeria - Entreprise

Le classement Forbes 2009 montre l’impact négatif de la crise sur les plus grosses fortunes

Milliardaires, mais moins bien lotis. Ils pèsent 50% de moins qu’en 2007, soit 2 400 milliards de dollars. Les Africains n’ont pas échappé aux conséquences de la crise financière mondiale, à l’instar de leurs collègues, révèle le classement 2009 publié mercredi par la magazine Forbes. L’Egyptien Naguib Sawiris n’est plus la première fortune africaine. Il a cédé la place au Sud-Africain Nicky Oppenheimer et à sa famille.

samedi 14 mars 2009, par Falila Gbadamassi       19 réactions

Toujours aussi riches, mais quelque peu appauvris, crise financière oblige. C’est ce que révèle le classement 2009 des plus grosses fortunes publié mercredi par le magazine Forbes. Nicky Oppenheimer, l’héritier de la multinationale De Beers qui gère la fortune familiale, est désormais le premier milliardaire africain. A la 98e place, il figure dans le top 100 des milliardaires en tête duquel trône de nouveau le cofondateur de Microsoft, Bill Gates, avec une fortune estimée à 40 milliards de dollars en 2008. A l’instar de tous les milliardaires de la planète, la fortune des Africains s’est considérablement émoussée. Nicky Oppenheimer, avec ses 5 milliards de dollars, succède à l’Egyptien Naguib Sawiris qui en possédait 12,7 en 2007. Ce dernier (3 milliards de dollars) est devenu la lanterne rouge du trio de tête des milliardaires africains. Son frère Nassef Sawiris (3,1 milliards) est désormais la deuxième fortune africaine. Leur père Onsi Sawiris, patriache de cette dynastie qui a fait fortune grâce aux télécommunications, fait toujours partie du palmarès. Comme ses enfants qui le précèdent dans le classement, il a perdu près de huit milliards en 2008. Son troisième fils Samih Sawiris, lui, s’est avéré moins résistant. Il a rejoint le clan des milliardaires « déchus ».

Une année difficile pour les Sawiris

Au total, ce sont huit fortunes africaines qui figurent dans le classement Forbes avec un nouveau venu, le Nigérian Femi Otedola, 42 ans. Il évolue dans le secteur pétrolier et détient la majorité dans la firme African Petroleum dont il est devenu le président-directeur général. Le milliardaire africain, le deuxième Nigérian dans le classement Forbes après Aliko Dangote, envisage de donner naissance au plus grand groupe pétrolier du continent en fusionnant cette société avec la firme privée Zenon dont il est également le patron. Son entreprise est le plus grand importateur de diesel au Nigeria. L’homme d’affaires, à la tête d’une fortune estimée à 1,2 milliard, fait partie des nouveaux venus dans l’univers très select des hommes les plus riches de la planète. Femi Otedola est l’un des 38 milliardaires qui entre dans un club de plus en plus restreint. Le nombre de ses membres est passé de 1 125 à 793 en 2008. Ils ne représentent désormais que 2 400 milliards, contre 4 400 milliards de dollars en 2007.

Si à la crise financière a été préjudiciable aux plus riches et à l’économie américaine, elle n’en conforte pas moins la puissance économique des Américains. En dépit des égarements de Wall Street, New York a envoyé Moscou aux oubliettes en 2008. "The Big Apple" est la capitale mondiale des milliardaires.

Les milliardaires africains en 2008

Rang  Nom  Fortune  Age  Nationalité  Résidence 
98  Nicky Oppenheimer et famille  5,0  63  Sud-africaine  Afrique du Sud 
196  Nassef Sawiris  3,1  47  Egyptienne  Egypte 
205  Naguib Sawiris  3,0  54  Egyptienne  Egypte 
261  Aliko Dangote  2,5  51  Nigériane  Nigeria 
430  Onsi Sawiris  1,7  79  Egyptienne  Egypte 
559  Patrice Motsepe  1,3  47  Sud-africaine  Afrique du Sud 
601  Johann Rupert et famille  1,2  58  Sud-africaine  Afrique du Sud 
601  Femi Otedola  1,2  42  Nigériane  Nigeria 

Source : Forbes 2009

Les milliardaires africains en 2007

Rang  Nom Fortune Age Nationalité Résidence
60  Naguib Sawiris 12,7 53  Egyptienne  Egypte 
68  Nassef Sawiris  11,0  46  Egyptienne  Egypte 
96  Onsi Sawiris  9,1  78  Egyptienne  Egypte 
173  Nicky Oppenheimer et famille 5,7  62  Sud-Africaine  Afrique du Sud 
284  Johann Rupert et famille  3,8 57 Sud-africaine Afrique du Sud
334 Aliko Dangote  3,3  -  Nigériane Nigeria 
396  Samih Sawiris  2,9  51  Egyptienne  Egypte 
503  Patrice Motsepe  2,4  46  Sud-africaine  Afrique du Sud 
605  Donald Gordon 2,0  77 Sud-africaine  Grande-Bretagne

Source : Forbes 2008

Légende photo : le Sud-Africain Nicky Oppenheimer



Zuma n’arrive pas à se débarasser de la justice

Société - Afrique Australe et Océan Indien - Afrique du sud - Politique

Elle pourrait de nouveau l’épingler pour corruption

Les élections présidentielles approchent et Jacob Zuma n’arrive pas à se sortir de ses démêlés judiciaires. La Cour suprême d’appel sud-africaine a invalidé ce lundi le non-lieu qui avait été prononcé le 12 septembre dans le cadre de la procédure lancée à son encontre pour corruption.

lundi 12 janvier 2009, par Falila Gbadamassi       

Jacob Zuma rattrapé par la justice. La Cour suprême d’appel sud-africaine a annulé ce lundi la décision de première instance qui avait permis au favori du parti au pouvoir aux présidentielles, qui doivent se tenir cette année, d’échapper à des poursuites pour corruption. L’affaire, ouverte par le procureur général Bulelani Ngcuka, va de rebondissements en rebondissements depuis la tenue du premier procès en 2005. A chaque fois, ce sont les chances de Jacob Zuma d’accéder à la magistrature suprême de son pays qui sont remises en question. Le chef du Congrès national africain (ANC), alors vice-président sud-africain (1999-2005), aurait exigé 500 000 rands (68 000 euros) par an pour protéger le fabriquant d’armes Thint, filiale sud-africaine du groupe français Thales (auparavant Thomson-CSF), objet d’une enquête dans le cadre d’un contrat d’armement. Son conseiller financier, Shabir Shaik, a écopé en juin 2005 de 15 ans de prison ferme. Il aurait versé, entre 1995 et 2001, 1,3 million de Rands (160 000 euros) pour bénéficier de l’influence politique de Jacob Zuma et aurait négocié pour ce dernier son contrat avec Thales.

Une mauvaise nouvelle en cette année éléctorale

Après le verdict, Jacob Zuma est démis de ses fonctions de vice-président. Ses arrangements avec son conseiller financier, mis en exergue lors du procès de ce dernier, lui valent d’être inculpé en octobre 2005 par la justice sud-africaine. Les charges seront levées en septembre 2006, puis le chef de l’ANC, fraîchement élu, sera de nouveau accusé en décembre 2007. Le 12 septembre, la procédure est de nouveau invalidée par Chris Nicholson, juge du tribunal de Pietermaritzburg (sud-est). Le juge a motivé son non-lieu par le fait que l’accusation n’avait pu présenté ses arguments. Le magistrat a également trouvé « curieux » que des poursuites n’aient pas été engagées simultanément contre l’ancien vice-président et son conseiller financier. Néanmoins, Chris Nicholson a autorisé le parquet à faire appel de sa décision.

Jacob Zuma et la justice
 2005 : En octobre, il est accusé de corruption et en décembre de viol
 2006 : En avril, il est acquitté dans son procès pour viol. En septembre, les charges pour corruption sont levées, faute de preuves suffisantes.
 2007 : En décembre, il est de nouveau inculpé pour corruption
 2008 : La procédure est invalidée en septembre. Le parquet introduit un recours.
 2009 : La Cour suprême d’appel donne raison au parquet. A la veille des présidentielles, le chef de l’ANC pourra de nouveau être inculpé pour corruption. 
Ce dernier a eu gain de cause ce lundi. Le vice-président de la Cour Louis Helms a considéré par ailleurs que le juge de première instance avait « outrepassé » sa compétence en mettant en avant le rôle joué par l’ex-président sud-africain Thabo Mbeki dans les accusations de corruption contre son ancien vice-président. « Le motif d’intervention politique n’avait aucune raison d’être retenu et l’on constate que ce motif a largement pesé dans la décision. Le juge a changé les règles du jeu et s’est égaré », a noté Louis Helms. "L’acharnement" de Thabo Mbeki l’a obligé à renoncer à la présidence, évènement qui est à l’origine de la création du nouveau parti d’opposition sud-africain, le Congrès du peuple (Cope). La formation dirigée par Mosiuoa Lekota a été créée par des fidèles de Thabo Mbeki. A quelques mois du scrutin présidentiel, les démêlés judiciaires de Jacob Zuma, qui nuisent son image, risquent certainement de profiter à la nouvelle formation politique. Ce qui ne semble pas inquiéter outre-mesure un parti bien installé dans la vie politique sud-africaine, en dépit de la controverse qu’il nourrit aujourd’hui. L’ANC « confirme », dans un communiqué, que « Zuma sera le candidat à la présidence de l’ANC lors des élections de 2009 ».

Le texte du jugement (Source : Mail&Guardian)
http://www.mg.co.za/uploads/zumajudgement.pdf


 

Afrique du Sud : le COPE, une alternative à l’ANC ?

Société - Afrique Australe et Océan Indien - Afrique du sud - Politique - Election

Les proches de Thabo Mbeki ont fondé le nouveau parti à Bloemfontein

Né d’une querelle entre Thabo Mbeki et Jacob Zuma à la tête de l’ANC, le Congrès du peuple, COPE, a tenu, cette semaine, son congrès fondateur à Bloemfontein, ville de naissance de l’ANC en 1912. Le COPE qui dit compter déjà près de 400 000 adhérents en son sein, se positionne comme un adversaire du parti de Nelson Mandela, à quelques mois des élections générales qui se tiennent en 2009. Mosiuoa Lekota, l’ancien ministre de la Défense de Thabo Mbeki, a été élu à sa tête.

vendredi 19 décembre 2008, par Stéphane Ballong       

« L’histoire de l’Afrique du Sud ne sera plus jamais la même ». Ainsi s’exprimait Mosiuoa Lekota, lors du lancement officiel du nouveau parti, dont il a été élu président. Le Congrès du peuple a été créé il y a deux mois par des dissidents de l’ANC proches de l’ancien président sud-africain Thabo Mbeki, contraint à la démission. C’est à Bloemfontein, ville où est né l’ANC (African National Congress) en 1912, que s’est tenu mardi le congrès fondateur. Quelques jours plus tôt, M. Lekota affirmait : l’ANC « plus que quiconque, devrait savoir qu’il n’y a aucune chance que nous fassions marche arrière, nous sommes maintenant tournés vers les élections ».

Mosiuoa Lekota, choisi par consensus, a travaillé pendant huit ans comme ministre de la Défense avec Thabo Mbeki. Surnommé « Terror », à cause de son agressivité au football, M. Lekota, 60 ans, a été emprisonné à Robben Island durant l’Apartheid, comme Nelson Mandela. Il sera secondé à la tête du nouveau parti par Mbhazima Shilowa, l’ex-ministre de la province de Johannesburg-Pretoria, la plus importante place économique en Afrique et le cœur industriel de l’Afrique du Sud.

Le COPE revendique 400 000 adhérents

Selon un récent sondage, le nouveau parti, qui prétend compter en son sein 400 000 adhérents, est crédité de 15 % des voix aux prochaines élections générales qui auront lieu au premier semestre 2009, indique RFI. Le COPE qui aurait décliné des propositions de rapprochement avancées par l’ANC, devrait publier son programme de campagne à la mi-janvier. Les affaires de corruption qui frappent le parti de Nelson Mandela, notamment son nouveau chef Jacob Zuma, seront un des arguments de campagne du Congrès du peuple face à l’ANC. Un parti qui, de son côté, met en garde ses électeurs contre les discours des dirigeants du COPE, qualifiés de mauvais perdants et d’incompétents.

Pour laver les humiliations du clan de Jacob Zuma aux prochaines élections, les dirigeants du COPE mèneraient, avec d’autres partis d’opposition, notamment l’Alliance démocratique qui bénéficie d’un fort soutien parmi la population blanche, des discussions pour former une coalition.



 
L’ANC en proie aux démons de la division

Société - Afrique Australe et Océan Indien - Afrique du sud - Politique

Les dissidents prévoient une convention nationale le 2 novembre prochain

L’African National Congress, le parti au pouvoir en Afrique du Sud est au bord de l’implosion. Un haut cadre du parti, Mbhazima Shilowaa, a annoncé la tenue d’une convention nationale le 2 novembre prochain et a quitté l’ANC. Jacob Zuma, actuel patron du parti, a essayé de minimiser l’incident, mercredi soir, à la télévision sud africaine. Le clan Mbeki se forme peu à peu après la démission forcée de l’ancien président et menace la mythique ANC.

jeudi 16 octobre 2008, par Anissa Herrou       

Mosiuoa Lekota, Mluleki George et aujourd’hui Mbhazima Shilowa. La liste de dissidents au Congrès National Africain (ANC) allonge de jour en jour. Après l’ex-ministre de la défense et son adjoint, c’est aujourd’hui Mbhazima Shilowaa, l’ancien premier ministre du Gauteng, la province la plus riche du pays, qui vient d’annoncer sa défection. Membre du comité directeur de l’ANC et figure imposante de l’ANC, il pense aujourd’hui rallier un nouveau parti avec les autres démissionnaires. « Une convention nationale est prévue pour le 2 novembre prochain », a-t-il déclaré.

Les réactions ne se sont pas fait attendre. Le soir même à la télévision sud-africaine, Jacob Zuma, patron du Congrès National Africain, est intervenu pendant près de quarante minutes pour essayer d’éteindre l’incendie. L’annonce de cette convention est pour lui le fait d’individus « isolés et aigris », rapporte RFI. Après avoir joué la carte de l’apaisement pendant quelques temps, il avait menacé d’éventuels sécessionnistes en début de semaine en déclarant : « Il nous faut aussi rappeler aux dissidents que l’Histoire a été extrêmement dure pour ceux qui rompaient avec l’ANC ». Jacob Zuma a finalement limogé les infidèles, mais il ne croit pas pour autant en leur chance de déstabiliser le parti au pouvoir lors des prochaines élections de 2009.

Le journal The Star, qui cite une source anonyme proche du comité directeur du parti, a annoncé que le Congrès avancerait probablement l’échéance électorale afin d’endiguer la vague de contestation et faire éclater la dissidence. Les intéressés n’ont rien confirmé pour le moment. Kgalema Motlanthe, qui a succédé à Thabo Mbeki, devrait démissionner à son tour en 2009 pour laisser la place à Jacob Zuma. L’actuel chef de l’ANC préfèrerait ainsi ne pas avoir trop de concurrence.

La rupture est bel et bien consommée

Paul Graham, directeur exécutif de l’Institut pour la démocratie en Afrique du Sud (Idasa), a déclaré jeudi dernier à l’AFP que les responsables de l’ANC « oscillaient entre un ras-le-bol qui les poussait à dire à Lekota de partir (...), et la volonté de maintenir l’unité du parti ». Plus de doute aujourd’hui, la rupture est bel et bien consommée. Depuis le 21 septembre et la démission forcée de Thabo Mbeki, accusé d’avoir comploté contre Zuma, les mbekistes, comme on les appelle désormais en Afrique du Sud, grossissent jour après jour. Le premier à partir, Mosiuoa Lekota, avait critiqué la perte de « valeurs » du parti de Nelson Mandela.

L’ANC a été créé en 1912 pour défendre les droits de la population noire contre la domination blanche. Interdit par le Parti National des Afrikaners en 1960, pendant l’Apartheid, l’ANC est de nouveau autorisé à partir de 1990. Dès les premières élections multiraciales de 1994, Nelson Mandela, tout juste sorti de prison, prend la tête du parti et du pays. Il met en place en 1996 un gouvernement d’union nationale regroupant oppresseurs et opprimés : l’ANC, le Parti national et le parti zoulou Inkhata. Largement majoritaire à chaque élection, l’ANC a toujours représenté l’union sacrée dans la « Nation arc-en-ciel ».

Pourtant, depuis une dizaine d’années, l’ANC est sujette à de vives critiques et l’union s’effrite. Elu à la présidence en 1999, Thabo Mbeki n’a pas su rassembler comme son prédécesseur. Accusé d’être trop libéral, éloigné des aspirations du peuple, il aurait entraîné une fracture sociale entre le parti et la base, selon ses détracteurs. Ses fidèles se réclament pourtant les descendants directs du prix Nobel de la paix ou encore de Walter Sisulu, militant anti-apartheid et compagnon de geôle de Mandela.

Le parti historique qui lutta contre la ségrégation raciale, la domination impérialiste blanche et la liberté des peuples sud-africains est aujourd’hui en proie à des luttes intestines bien terre à terre. Alors que l’Afrique du Sud est aujourd’hui un pays émergent qui inquiète le Nord, un conflit politique pourrait fragiliser la première puissance économique africaine.


 
Corruption : la justice sud-africaine zoome sur Zuma

Société - Afrique Australe et Océan Indien - Afrique du sud - Corruption - Justice - Politique

Le parquet autorisé à faire appel de l’invalidation des poursuites contre le patron de l’ANC

Alors que l’élection présidentielle se rapproche, Jacob Zuma, le patron de l’ANC et favori pour la présidence, est à nouveau inquiété par la justice sud-africaine. Le tribunal de Pietermaritzburg a autorisé, mercredi, les procureurs à faire appel de la décision d’invalidation des poursuites pour corruption contre le dirigeant du parti au pouvoir. Mauvaise nouvelle à quelques mois des présidentielles.

mercredi 22 octobre 2008, par Anissa Herrou       

Jacob Zuma qui se croyait à l’abri jusqu’en 2009 est à nouveau inquiété par la justice sud-africaine. Chris Nicholson, juge du tribunal de Pietermaritzburg, (sud-est de l’Afrique du Sud), a autorisé mercredi le parquet sud-africain à faire appel de la décision d’invalidation des poursuites contre Jacob Zuma. Le patron de l’ANC (African National Congress, parti au pouvoir), accusé d’avoir accepté des dessous de table de la part d’une filière de la société d’armement Thalès, avait été relaxé le 12 septembre. Le juge avait en effet accepté sa requête en non lieu au motif que la procédure n’avait pas été respectée puisque Jacob Zuma n’avait pas pu présenter ses arguments à la justice. Les procureurs, qui avaient déposé, mercredi 30 septembre, un recours afin de rouvrir les poursuites contre le favori à l’élection présidentielle, obtiennent aujourd’hui gain de cause. L’enquête est relancée.

Jacob Zuma est aujourd’hui dans une position délicate alors qu’il pensait être tranquille jusqu’à la présidentielle de 2009. Profitant de la relaxe du 12 septembre, il avait accusé Thabo Mbeki, l’ancien président, d’être à l’origine de son inculpation. Le juge lui avait alors donné raison évoquant des « interférences politiques au plus haut niveau ». Convaincant les membres les plus influents du parti, le dirigeant de l’ANC l’avait évincé du pouvoir et mis à son poste Kgalema Motlanthe, homme politique bien moins dangereux pour les élections à venir.

L’ANC en proie à la dissidence

La nouvelle tombe mal pour le patron de l’ANC à l’heure où son parti est en train de se fissurer. Les pro-mbekistes quittent peu à peu le navire et ont même décidé de tenir une convention nationale le 2 novembre prochain dans l’espoir de créer un nouveau parti. Ce nouveau rebondissement juridique pourrait leur redonner confiance alors que Jacob Zuma avait déclaré à la presse qu’ils ne représentaient que des cas « isolés et aigris » qui ne l’inquiétaient pas.

L’ANC, qui est au pouvoir depuis les élections multiraciales de 1994 et qui domine très largement la scène politique sud africaine, devra dorénavant compter avec un président affaibli et une opposition grandissante pour l’échéance électorale de 2009.



 

Kgalema Motlanthe, nouveau président d’Afrique du sud

Société - Afrique Australe et Océan Indien - Afrique du sud - Politique

Le vice-président de l’ANC remplace Thabo Mbeki à la tête de l’Etat

Kgalema Motlanthe, le vice-président du Congrès national africain (ANC), a été désigné lundi président de la République d’Afrique du Sud. Il remplace Thabo Mbeki, qui a démissionné hier, suite à l’injonction de l’ANC.

lundi 22 septembre 2008, par Franck Salin        
Avec Panapress

En choisissant son vice-président, Kgalema Motlanthe, 59 ans, pour occuper la fonction de chef d’Etat, le Congrès national africain (ANC) a voulu annihiler tout risque de crise politique en Afrique du Sud. Politicien modéré, fin stratège et très populaire au sein de son parti, M. Motlanthe est moins controversé que le président de l’ANC, Jacob Zuma. Ces derniers mois, il a d’ailleurs mené une campagne de réconciliation dans le pays, afin de rassurer la minorité blanche et les investisseurs étrangers inquiets de bientôt voir Jacob Zuma succéder à Thabo Mbeki.

M. Motlanthe "sera le nouveau président, pas un président par interim, il sera le président de la République jusqu’aux élections" générales au 2ème trimestre 2009, a déclaré le porte-parole du groupe parlementaire de l’ANC, K. K. Khumalo, à l’issue d’une réunion du groupe parlementaire au Cap. En obtenant ces pleins pouvoir, le nouveau président pourra constituer un vrai gouvernement de transition et devrait pouvoir gérer au mieux les problèmes du pays.

Thabo Mbeki rappelle les défis qui attendent le pays

Thabo Mbeki a confirmé, dimanche soir, dans un discours à la nation avoir remis au Parlement sa lettre de démission. "J’ai aujourd’hui remis à l’Honorable présidente du Parlement, Baleka Mbete, ma lettre de démission de l’éminent poste de président de l’Afrique du Sud", a-t-il déclaré lors de son intervention diffusée en direct par la télévision.

Dans son discours, le président Mbeki a abordé bon nombre des questions qui ont conduit au premier limogeage d’un président sud-africain de l’ère post-apartheid. Il a déclaré être un militant loyal du Congrès national africain (ANC), et s’est dit heureux de pouvoir respecter les décisions de sa formation.

Thabo Mbeki a consacré une importante partie de son discours au détail des réalisations à inscrire au bilan de son gouvernement de l’ANC depuis 1994. Il s’est également déclaré loyal, tout en insistant sur certaines des réalisations de son administration dans les domaines social et économique.

"Nous devons reconnaitre qu’il nous reste encore de nombreux défis à relever à cet égard", a-t-il affirmé. Il a tout particulièrement insisté sur le système de la justice pénale, qui devrait œuvrer à l’intensification de la lutte contre la criminalité et promouvoir la renaissance morale. "Je vous remercie très sincèrement de m’avoir donné la possibilité de vous servir", a ensuite affirmé Thabo Mbeki, en concluant une intervention qui a été suivie par des millions de Sud-africains.

Samedi, le parti au pouvoir avait annoncé sa décision de "rappeler" Mbeki, suite au commentaire accablant du juge Chris Nicholson, de la Haute Cour de Pietermaritzburg, qui avait, en rendant sa décision, accusé Mbeki d’avoir tenté d’influer sur la procédure judiciaire enclenchée contre le président de l’ANC, Jacob Zuma. Un acte qui constituait une violation des dispositions de la Constitution.

L’opposition sud-africaine salue la sortie "digne" de Mbeki

L’Alliance démocratique (DA), l’opposition officielle en Afrique du Sud, estime que la manière "digne" dont le président Thabo Mbeki a géré sa sortie permet d’espérer une certaine continuité dans les instances gouvernementales d’ici à la prochaine élection.

Pour le leader de la DA, Helen Zille, "le gouvernement doit maintenant regarder vers l’avenir et réfléchir à ce qui est dans l’intérêt supérieur de notre pays". "Surtout, il est essentiel que le gouvernement soit stable. Une purge totale des ministres, particulièrement ceux qui ont bien rempli leur mission, aurait des conséquences désastreuses. Ceci doit être évité à tout prix", a-t-elle ajouté.

Mme. Zille a analysé que la démission forcée du président est clairement motivée par l’ANC soucieuse de trouver "une solution politique" aux problèmes juridiques de M. Zuma. D’après elle, la manière "vicieuse" dont M. Mbeki a été contraint à rendre le tablier par ses ennemis a choqué la nation. "En conséquence, l’ANC s’en trouve irrévocablement divisée, de même que ses militants. Ironie du sort, le président Mbeki a évoqué la valeur africaine de l’"Ubuntu" (j’existe à travers toi en zoulou), qui lui a été clairement refusée par son propre parti".

"J’appelle depuis longtemps à un regroupement des politiques pour unir tous les Sud-africains qui veulent défendre la Constitution et les acquis de notre démocratie. Nous devons résister ensemble aux va-t- en-guerre hostiles à la Constitution qui ont pris les rênes de l’ANC. Notre heure est venue maintenant. Nous devons redoubler d’efforts pour réunir tous ceux qui croient en la Constitution afin de nous opposer à la soif de pouvoir et aux abus de pouvoir de l’ANC de Jacob Zuma".

La future gouvernance Zuma inquiète nombre de sud-africains. Cependant, l’attitude de Thabo Mbeki, qui a accepté de se retirer sans essayer de s’accrocher au pouvoir par les moyens les plus brutaux, reste exemplaire. Elle prouve qu’en Afrique du Sud, le respect de la démocratie n’est pas un vain mot . Gageons que Jacob Zuma respecte lui aussi, une fois au pouvoir, la volonté de son parti et du peuple sud-africain.


 

Afrique du Sud : Thabo Mbeki contraint de démissionner

Société - Afrique Australe et Océan Indien - Afrique du sud - Politique

Le président sud-africain accepte d’obéir à l’injonction de l’ANC

Thabo Mbeki « va démissionner », a déclaré ce samedi le porte-parole du président sud-africain. Cette décision met un terme à plusieurs mois de conflit entre le chef de l’Etat et le nouveau président du Congrès national africain (ANC), Jacob Zuma.

samedi 20 septembre 2008, par Franck Salin        

Jacob Zuma a fini par avoir la tête de Thabo Mbeki. Le secrétaire général de l’ANC, M. Gwede Mantashe, a affirmé aujourd’hui que la décision prise par le comité directeur du parti d’exiger la démission du président n’avait « rien d’une punition » et qu’elle visait « à unir de nouveau le parti ». Mais il est évident que le populaire Jacob Zuma, dont la conquête de l’ANC sur Thabo Mbeki en 2007 avait été triomphale, a tout mis en œuvre pour écarter son rival dont le deuxième mandat devait normalement s’achever au deuxième trimestre 2009. La raison invoquée pour éjecter le président sud-africain ? L’influence qu’il aurait exercée sur la justice pour nuire à son rival. Jacob Zuma était poursuivi, jusqu’à la semaine dernière où le tribunal de Pietermaritzburg a prononcé un non-lieu, pour corruption, fraude, racket et blanchiment d’argent.

Thabo Mbeki, qui s’attendait sans doute à voir tomber le couperet, n’a pas commenté la décision de son parti. « Il devrait faire une déclaration demain après le conseil des ministres extraordinaire qu’il a convoqué » a indiqué Mukoni Ratshitanga, le porte-parole de la présidence. Dans une brève intervention sur la radio privée 702 Talk Radio, M. Ratshitanga a déclaré que « le président se plie à la décision et va démissionner » et que « cette décision inclut le processus parlementaire ». L’ANC devrait demander au gouvernement de rester en fonction afin de garantir la stabilité du pays, jusqu’à l’élection de Jacob Zuma à la fonction suprême.

Depuis que Thabo Mbeki a succédé à Nelson Mandela en 1999, l’Afrique du Sud est devenue la première puissance économique du continent et la 11ème économie de la planète. Le président sud-africain a aussi acquis, en intervenant dans plusieurs pourparlers de paix en Afrique, une dimension de grand négociateur. Cependant, sa cote n’a cessé de s’affaiblir dans son pays. Aujourd’hui usé, critiqué, accusé de vouloir s’accrocher au pouvoir par les moyens les plus vils, il devra se retirer. Reste à savoir si le fantasque Jacob Zuma sera à la hauteur des nombreux défis auxquels doit faire face l’Afrique du Sud.


 

Afrique du Sud : Jacob Zuma sur le fil

Société - Afrique Australe et Océan Indien - Afrique du sud - Justice

Le chef de l’ANC espère un non-lieu dans son procès pour corruption

Jacob Zuma a comparu lundi devant un tribunal du Sud-Est de l’Afrique du Sud. Le président du Congrès National Africain (au pouvoir) va tenter d’obtenir un non-lieu dans une procédure judiciaire qui le met en cause pour corruption. Il est soutenu par de très nombreux militants qui dénoncent une machination politique.

mardi 5 août 2008, par Lauranne Provenzano       

Quitte ou double. L’avocat de Jacob Zuma, le leader du Congrès National Africain (ANC, au pouvoir), a déposé un recours lundi devant le tribunal de Pietermaritzburg (Sud-Est de l’Afrique du Sud) pour faire annuler le procès en appel dans lequel son client comparaît pour corruption. Il avance que le procureur n’a pas laissé s’exprimer l’accusé avant de l’inculper.

Une éviction politique ?

Accusé de fraude, de corruption, de blanchiment d’argent et d’évasion fiscale, Jacob Zuma est soupçonné d’avoir établi des accords obscurs avec la société française Thint (Thalès International). Mais sa rivalité avec le président Thabo Mbeki serait, pour certains, la véritable raison de ce procès.

Portée une première fois devant la justice en 2005, cette affaire de corruption a profondément modifié les rapports entre les deux hommes, jusqu’ici inséparables en politique. Reconnu coupable, puis blanchi pour vice de forme, Jacob Zuma a été limogé par Thabo Mbeki, qui lui a retiré la vice-présidence. Depuis, leur rivalité s’est accrue, jusqu’à les mettre face à face dans la course à la tête de l’ANC en décembre 2007. Jacob Zuma avait alors infligé un sévère revers au président. Pour beaucoup, Thabo Mbeki ne serait donc pas étranger à la remise à jour du procès Thint.

Course à la présidence

Si le vice de procédure que plaide Me Kemp J. Kemp est avéré, Jacob Zuma pourra compter sur une annulation ou un report de la procédure. Il aurait alors le champ libre pour préparer l’élection présidentielle du deuxième semestre 2009, pour laquelle il est le grand favori. Mais en cas d’échec de la procédure d’appel, Me Kemp J. Kemp a d’ores et déjà fait savoir qu’il déposera un recours devant la Cour suprême, toujours dans l’espoir d’obtenir un non-lieu. Prêt à toute éventualité, Jacob Zuma a pour sa part promis de démissionner de la tête de l’ANC s’il était reconnu coupable.

Les militants de l’ANC sont venus en masse lundi devant le tribunal de Pietermaritzburg pour manifester leur soutien à leur leader. Rassemblés sur place à l’initiative des cadres du parti, ils ont exécuté des danses et des chants zoulous, ainsi que des prières en l’honneur de leur chef. Très populaire auprès des catégories pauvres de la population sud-africaine, Jacob Zuma représente pour elles l’espoir d’un monde meilleur : « C’est lui qui fera de l’Afrique du Sud un pays prospère où les gens auront le privilège d’avoir un travail », affirmait d’ailleurs un sympathisant.



Afrique du Sud : Jacob Zuma sur les traces de Thabo Mbeki ?

Société - Afrique Australe et Océan Indien - Afrique du sud - Politique

Le parti sud-africain ANC a élu son nouveau président

Jacob Zuma a été élu, mardi, à 60% des voix, président du Congrès national africain (ANC) pour cinq ans. Il remplace le président sortant, le chef de l’Etat sud-africain Thabo Mbeki qui entendait bien briguer un troisième mandat. Le nouveau dirigeant de l’ANC est attendu avec une certaine nervosité par les marchés financiers, partisans de M. Mbeki, qui souhaitent connaître sa politique économique. M. Zuma avait défrayé la chronique en se faisant limoger de son poste d’ancien vice-président du pays, en 2005, après la condamnation pour corruption de son conseiller économique.

mercredi 19 décembre 2007, par Stéphanie Plasse       

« Le nombre de votes recueillis est de 1505 pour Thabo Mbeki et de 2 329 pour Jacob Zuma », annonce Dren Nupen, la présidente de la commission électorale du parti du Congrès national africain (ANC), sous un tonnerre d’applaudissements. Dans le chapiteau, c’est l’effervescence, on chante et on danse dans le vacarme des tambours et des sifflets. Réunis en congrès depuis dimanche à Polokwane, au Nord-Est de l’Afrique du Sud, les délégués de l’ANC ont élu, mardi, pour cinq ans, Jacob Zuma à la tête du parti, écartant leur président sortant, le chef de l’Etat sud-africain Thabo Mbeki.

Ce congrès a révélé au grand jour la profonde division au sein du parti, exprimée par de longues joutes verbales, des chansons et des gestes. Le camp loyaliste levait trois doigts, symboles du troisième mandat de Mbeki à la tête de l’ANC tandis que les partisans de Zuma effectuaient un mouvement de rotation des mains pour signaler un changement de joueur. Du jamais vu pour le parti qui assistait pour la première fois, depuis 1949, à une confrontation entre deux candidats.

Les marchés financiers craignent la politique de Zuma

Dans cette bataille électorale, Jacob Zuma a pu compter sur le soutien ses deux puissants alliés de l’ANC, la confédération syndicale Cosatu et le Parti communiste qui attendent de lui une inflexion à gauche. Le président de l’ANC envisage de s’attaquer aux problèmes du chômage qui touche 40% de la population. Par sa politique ouvertement sociale, Joseph Zuma suscite la nervosité des marchés financiers, les alliés de Thabo Mbeki, qui craignent que sa politique économique soit catastrophique. « Je ne sais pas ce que Zuma représente. Je ne connais pas ses convictions économiques, parce qu’il n’a jamais rien dit. Mais il doit beaucoup au Cosatu et je sais ce que défend le Cosatu et je n’aime pas ça », a expliqué lundi à l’AFP, Dawie Roodt, économiste en chef pour le groupe d’investissement Efficient. Pour autant, il assure que « la nervosité n’est pas trop grande » et note qu’aucun des investisseurs étrangers avec lesquels il travaille n’est « prêt à quitter l’Afrique du Sud ». « Les marchés vont progressivement intégrer le fait que Zuma sera probablement le prochain président d’Afrique du Sud, mais aussi qu’il peut être inculpé dans les prochains mois », a souligné pour sa part, mardi, Mike Schussler un autre économiste.

Un personnage controversé

C’est vrai que Jacob Zuma défraye très souvent la chronique. D’ici quelques mois, Il risque d’être inculpé pour corruption et fraude fiscale au terme d’une longue enquête sur un contrat d’armement avec la filiale sud-africaine du groupe français Thales qui avait entraîné la condamnation de son conseiller économique en 2005. En Afrique du Sud, beaucoup s’inquiètent des écarts de ce tribun zoulou aux conceptions très traditionnelles qui soutient, entre autres, le test de virginité, une coutume récemment interdite. Cette élection est pour ces adversaires un véritable choc. Pour Helen Zille, la présidente du principal parti d’opposition l’Alliance démocratique, la victoire de Jacob Zuma est « un jour sombre pour l’ANC et pour l’Afrique du sud », a-t-elle déclaré, lundi, à l’AFP.

Aux vues des réactions, le nouveau président élu devra faire ses preuves et déployer ses talents de médiateur, comme il l’avait fait au moment des combats « ethniques » et fratricides entre l’ANC et les Zoulous dans la province du KwaZulu-Natal en 1994-1996. Il est certain que Le pays tout entier comme la communauté internationale observeront avec grand intérêt la politique menée par celui qui, à la tête de l’ANC, est désormais en position idéale pour être le prochain président de l’Afrique du sud.


Rien ne va plus à l'ANC


par Nicolas Champeaux
Afrique du Sud

Article publié le 16/10/2008 Dernière mise à jour le 15/10/2008 à 23:24 TU

Le parti de Nelson Mandela au bord de l'implosion. L'ancien chef du gouvernement de la province Khao-Teng, province qui regroupe et Pretoria et Johannesbourg, a annoncé la date d'une convention nationale le 2 novembre prochain. L'actuel patron de l'ANC et probable futur chef d'Etat a tenté ce mercredi soir à la télévision d'éteindre l'incendie.

Jacob Zuma a minimisé les divisions au sein de son parti. Il estime que le concept d'une convention nationale est l'initiative d'individus aigris et isolés. Il n'est pas inquiet à ce stade des dégâts que l'éventuel nouveau parti pourrait causer lors des élections générales l'an prochain. Selon lui, les sécessionnistes n'ont pas dévoilé de politique alternative à celle de l'ANC. Enfin, concernant les suspensions de Mosiuoa Lekota, l'ex-ministre de la Défense de Thabo Mbeki, Jacob Zuma a expliqué que le parti ne pouvait pas rester sans rien faire alors que certains membres utilisent les structures de l'ANC dans l'objectif de détruire ce même parti.

Un mini séïsme en vue

La décision d'exclure définitivement Lekota et son adjoint n'a pas encore été prise mais elle ne fait plus aucun doute. Jamais depuis 1996 l'ANC n'a congédié de ses arcanes, de personnalités politiques du rang de Lekota. C'est donc un mini séïsme qui secoue l'ANC. C'est pourquoi sans doute, Jacob Zuma même s'il n'est pas inquiet, a jugé utile de participer durant 40 minutes à cette émission spéciale, organisée à la dernière minute et retransmise à la télévision et à la radio publiques en Afrique du Sud.

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