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23 avril 2009 4 23 /04 /avril /2009 07:52

(dépêches)


François Fillon, l'homme qui ne s'use pas

Par Bruno Jeudy
09/04/2009 | Mise à jour : 21:43 | Commentaires  83 | Ajouter à ma sélection

François Fillon, jeudi, dans le parc de Matignon. Le chef du gouvernement se voit très bien garder son poste jusqu'en 2010... voire au-delà.

Donné partant il y a un an, le premier ministre, qui a resserré ses liens avec le président, ne devrait pas être touché par le remaniement attendu en juin.
 
En septembre, il a failli jeter l'éponge. Au retour d'un voyage de trois jours à Rome et à Sotchi, du 18 au 20 septembre, François Fillon a bien cru qu'il ne pourrait pas poursuivre sa mission à Matignon. «Oui, à ce moment-là, j'ai eu très peur. J'ai eu une rechute de ma sciatique. Je n'ai rien dit, mais j'ai souffert jusqu'en novembre», confie-t-il au Figaro. De longues heures d'avion d'affilée ajoutées à un interminable dîner dans la datcha des bords de la mer Noire avec Vladimir Poutine ont réveillé cette «sciatique assez rude» qu'il croyait avoir guérie pendant ses vacances. Mais cette fois, la douleur est encore plus violente que le 14 juillet. Alors cloué au lit, Fillon n'est pas près d'oublier cette fête nationale : «Je me revois en train de ramper dans mon escalier à Solesmes.»

Pendant quelques semaines, sa famille et son cabinet vont croiser les doigts pour que cette rechute ne tourne pas au problème politique. «J'ai vraiment eu peur qu'il soit contraint de se faire opérer», confirme son amie Roselyne Bachelot, une des rares ministres dans la confidence. Finalement, c'est le Dr Bernard Kouchner qui lui conseillera le bon spécialiste.

Aujourd'hui, Fillon va mieux. À le voir et à l'entendre, il a retrouvé la forme. À Washington, il a retrouvé les joies de la course à pied, deux fois cinquante minutes, et assure faire cinq heures de sport par semaine. «C'est indispensable pour combattre le stress», jure le chef du gouvernement qui aura vécu un drôle de second semestre 2008. Un chemin de croix parcouru en silence et dans une certaine indifférence. On aura finalement peu entendu le président et ses ministres s'inquiéter de son sort.

«Je n'aime pas trop les médias»

Deux ans après sa nomination à Matignon, Fillon reste une énigme. Une première sans doute pour un homme politique qui occupe une des fonctions les plus importantes dans la Ve République. Jamais un premier ministre n'a semblé aussi secret, aussi peu ouvert sur l'extérieur, et recevant aussi peu les journalistes. «Je n'aime pas trop les médias. S'il n'y a rien à dire, je ne vois pas de raison de faire des interviews», avoue-t-il. Ce qui ne l'a pas empêché de réunir 9 millions de téléspectateurs, le 19 mars, sur TF1.

Dans un mois, Fillon devrait franchir le cap des deux ans. C'est quatorze mois de plus que l'éphémère Édith Cresson, deux mois de plus que son prédécesseur Dominique de Villepin, autant qu'Alain Juppé mais un an de moins que Jean-Pierre Raffarin ou trois ans que Raymond Barre. Et ce n'est pas fini. Car ce premier ministre veut durer. «Pour s'en débarrasser, ça va être bonbon. Je ne sais pas s'il restera jusqu'en 2012, mais ce ne sera pas facile de le virer», prévient un de ses amis. «François n'est pas du tout usé. Il est peut-être là pour longtemps», estime Éric Woerth, son ministre du Budget.

Au printemps 2008, au moment des municipales, ses jours à Matignon semblaient pourtant comptés à entendre les conseillers de l'Élysée et les ministres en cour auprès de Nicolas Sarkozy. Le président ne ratait pas une occasion de se plaindre de la «mine triste» de celui qu'il appelait alors son «collaborateur». Plus grave, il regrettait son manque de soutien au moment de ses déboires conjugaux. «Tout ça fut pénible», soupire Fillon. S'il a failli perdre la confiance du chef de l'État, il a gardé celle des députés UMP. Un bien précieux. Tout comme sa bonne cote dans les sondages.

«Il n'y a plus de problème de frontière»

Progressivement, les liens entre les deux hommes vont se resserrer. Certes, on ne les reverra plus courir ensemble. On ne verra pas non plus les couples Sarkozy et Fillon sur la même photo. À défaut de sympathiser, ils ont décidé de se respecter. «Dans l'immensité des problèmes que j'ai à gérer, Fillon n'en est pas un», confiait il y a un mois le président en revenant de Rome. C'est un peu sec mais c'est dit. «On a appris à se comprendre et à fonctionner ensemble», complète le premier ministre. La crise économique a fait le reste.

«Les difficultés économiques ont gommé les scories. Aujourd'hui, on sait ce qu'on a à faire. Il n'y a plus de problème de frontière», renchérit Fillon plus vraiment inquiet pour son futur immédiat. Au début du mois dernier, Sarkozy lui a même offert une petite victoire en décidant de ne plus réunir son fameux G7. Ce cercle de ministres chouchous qui agaçait tant Fillon. «J'ai commis l'erreur de taper publiquement sur le G7. Je crois que cela a encouragé Nicolas à continuer», regrette-t-il. «À la différence de mes prédécesseurs, j'ai connu le plus dur au début. Maintenant, je suis dans une phase d'amélioration avec le président», se félicite-t-il.

Reste qu'il doit toujours composer avec l'hyperprésident qui délègue peu et absorbe tout l'espace médiatique. Si la plupart des décisions s'élaborent à l'Élysée, Matignon demeure mécaniquement un centre de décisions. Certains ministres l'ont appris à leurs dépens : Yves Jégo et Laurent Wauquiez, Rachida Dati. Le premier ministre s'est révélé redoutable avec la concurrence. Cités comme éventuels successeurs, Xavier Bertrand et Jean-Louis Borloo en savent tous quelque chose. Fillon a taclé l'un et l'autre. Du coup, les ministres s'en méfient.

Dans le gouvernement, ses amis se comptent sur les doigts d'une main : la fidèle Roselyne Bachelot bien sûr, l'ami Xavier Darcos, Christine Lagarde qu'il estime beaucoup, le copain Michel Barnier et le voisin tourangeau Hervé Novelli. Et puis c'est tout. Car Fillon ne reçoit pas ses ministres à dîner avec leurs épouses. Il décroche rarement son téléphone et n'est pas du genre à copiner. «La calinothérapie, ce n'est pas son truc», s'étonne un ministre qui a connu plusieurs chefs de gouvernement.

Ravalé à un rôle de second plan, Fillon avance quand même ses pions. Lui trouver un successeur ne sera pas si simple. Plus on avance dans le quinquennat et plus Sarkozy semble avoir un problème de casting. Respecté par les parlementaires, Fillon dispose d'une carte majeure pour consolider sa place à Matignon. La majorité apprécie sa rigueur.

Ami de longue date, son conseiller Jean de Boishue avoue sa surprise : «Je le savais habile, je le découvre résistant. Cet homme est immarcescible mais il ne le sait pas encore. Ses ressources morales et physiques sont insoupçonnées. Il est indestructible.»

Fillon à Matignon jusqu'en 2012 ? Sa meilleure avocate, Roselyne Bachelot, le souhaite : «La période impose stabilité et repères. On n'est plus à l'ère du jetable.» D'autres sont plus sceptiques. «Il ne viendrait à l'idée d'aucun ministre de téléphoner à Matignon sur quelque sujet que ce soit. Dans ces conditions, il peut cultiver sa sérénité. C'est vraiment jours tranquilles à Matignon», grince un poids lourd du gouvernement. «Si l'Élysée veut continuer à contourner Matignon, ça ne sert à rien de le changer», ironise un autre.

La mairie de Paris en 2014 ?

Pas concerné par le prochain remaniement, Fillon a de bonnes chances de rester jusqu'aux régionales de 2010. Une date qui semble lui convenir. Comme si l'intéressé cherchait à préparer lui-même sa sortie. Flatté que Jacques Delors cite son nom pour présider la Commission de Bruxelles, François Fillon n'a pas dit non. Ironie de l'histoire, c'est l'Élysée qui a tiqué. On a même entendu un conseiller s'exclamer : «On en a encore besoin !»

De la même manière, Fillon laisse ses amis parisiens organiser son parachutage dans la capitale en vue des municipales de 2014. Sans rien démentir. «Je ne pense pas trop à l'avenir. Le jour où je partirai, je veux avoir le choix entre deux ou trois nouveaux défis à relever.»

En attendant la suite, Fillon a révisé son jugement sur Georges Pompidou, qui resta six ans à Matignon, et dont il vient de lire une biographie. Un Pompidou qui devient, jour après jour, un modèle pour Fillon. «De Gaulle faisait des coups à Pompidou que Nicolas ne me fait pas ! Et pourtant c'est un premier ministre qui a marqué l'histoire. Il aimait l'art moderne et rouler en Porsche. Ce qui, à mes yeux, est exceptionnel.»

 

L'UMP et le Parti socialiste disputent au MoDem les suffrages centristes du Grand Ouest

LE MONDE | 05.03.08 | 12h43  •  Mis à jour le 05.03.08 | 17h06

Où va l'électorat centriste de ce Grand Ouest qui, du Finistère à la Mayenne, des Côtes-d'Armor à la Loire-Atlantique, en passant par le Morbihan et l'Ille-et-Vilaine, a donné entre 21 % et 24 % des voix à François Bayrou au premier tour de l'élection présidentielle en 2007 ? L'UMP ne cesse de s'interroger sur les résultats des élections législatives qui ont suivi.

L'Ille-et-Vilaine constitue un cas d'école. Ses principales figures centristes, à l'image de Pierre Méhaignerie, ont rejoint l'UMP en 2002. Elle compte alors cinq députés, le PS deux. Au premier tour des élections législatives de juin 2007, l'UMP obtient près de 170 000 voix sur les sept circonscriptions du département, le PS un peu plus de 130 000 et le MoDem 52 000. Résultat, à l'issue du second tour : deux élus pour l'UMP, quatre pour le PS et un pour le MoDem. La perte est sèche. Et les élections municipales à venir ont toutes les chances de confirmer la tendance : l'UMP ne parvient pas à gagner le coeur de cet électorat.

"L'Ouest est plus adapté à ce centrisme qui va de Jacques Delors à Raymond Barre, analyse M. Méhaignerie. Si j'ai été élu au premier tour des législatives, ce n'est pas seulement sur les thèmes de Sarkozy : c'est sur ses thèmes, plus le centrisme." "Il reste ici un fond démocrate-chrétien important, poursuit le président de la commission des affaires sociales de l'Assemblée. La façon d'aborder la question de l'immigration, par exemple, avec ces objectifs chiffrés de reconduite à la frontière, passe très mal. Cela ne cadre pas avec les traditions d'humanisme de ce courant de pensée."

Problème : le parti présidentiel peut-il durablement passer par pertes et profits une partie de son électorat ? La tenue, en novembre 2007, d'un conseil national de l'UMP à Pornic (Loire-Atlantique), a marqué l'amorce d'une réflexion destinée à "redonner à sa composante "centre" toute sa place". Tout récemment, autour de M. Méhaignerie, le premier vice-président de l'UMP, Jean-Pierre Raffarin, et Ambroise Guellec, député européen et conseiller régional de Bretagne, s'est tenue une "réunion stratégique". "Il y a une UMP centriste de l'Ouest à créer, confie M. Méhaignerie. Nous réfléchissons pour le Grand Ouest à une sorte de CSU (la branche bavaroise de l'Union chrétienne-démocrate allemande). Cet électorat centriste peut revenir vers l'UMP si elle montre qu'elle est capable d'héberger en son sein une véritable aile centriste." L'ambition du député d'Ille-et-Vilaine est de parvenir à fédérer les forces centristes "libres" et celles de l'intérieur de l'UMP.

"Méhaignerie est toujours orphelin de l'Union en mouvement. Il s'imaginait alors que l'union de la droite et du centre serait un mariage entre égaux. Il pense maintenant que, en raison de la désillusion sarkozyenne, il va réussir à rétablir l'équilibre", constate Philippe Nogrix, sénateur (Union centriste-UDF) d'Ille-et-Vilaine, qui organise dans ce département les premiers pas du MoDem.

S'il ne croit guère dans les chances de voir aboutir une "fédération centriste" de l'Ouest, M. Nogrix n'en mesure pas moins le chemin à parcourir pour que cet électorat, dont il concède qu'il a été "déstabilisé", puisse s'identifier au MoDem. "Avant, la tendance dominante de l'UDF était l'alliance avec la droite, analyse-t-il. Les nouveaux arrivants, ceux qui se sont enthousiasmés pour la campagne de François Bayrou, porteurs d'une sensibilité différente, sont aujourd'hui devenus majoritaires. La difficulté consiste à marier ces deux cultures." Toutefois, tient-il à préciser, "ici, on est attaché aux racines de l'UDF, sa disparition trop rapide serait néfaste".

"Ce qui se passe à Rennes peut préfigurer ce qui se passera au niveau national", se félicite Caroline Ollivro, tête de liste du MoDem dans la capitale bretonne, persuadée de pouvoir "créer la surprise". Le MoDem est cependant loin de présenter dans chaque département, de manière uniforme, des listes aux élections municipales, préférant ailleurs ménager des alliances avec l'UMP, comme en Mayenne, département présidé par le sénateur (UC-UDF) Jean Arthuis.

Patrick Roger
Article paru dans l'édition du 06.03.08


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