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2 septembre 2009 3 02 /09 /septembre /2009 09:54

(dépêches)



Courage ou conviction

Chronique
Par Raphaël Enthoven, publié le 02/09/2009 18:37 - mis à jour le 03/09/2009 10:00
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La question de savoir si le Parti socialiste doit, ou non, s'allier avec le MoDem trouve sa réponse dans un texte célèbre et limpide du sociologue Max Weber (Le Savant et le Politique), qui distingue "l'éthique de conviction" (c'est-à-dire le refus de transiger sur les principes) de "l'éthique de responsabilité" (qu'on peut résumer par l'adage "Qui veut la fin veut les moyens"). A première vue, le débat sur une alliance avec les centristes oppose les garants de l'intégrité doctrinale du PS (éthique de conviction) à ceux qui, sans scrupule, bradent leur âme pour revenir aux affaires (éthique de responsabilité). Mais la réalité est plus complexe.

D'abord, le refus de pactiser est un signe non de force, mais de faiblesse: c'est douter de ses convictions que d'exclure, en leur nom, ceux qui pensent autrement. Ensuite, contrairement à ce que l'on en dit, l'éthique de conviction est souvent insincère, dans la mesure où elle ne se soucie pas des conséquences: étant admis qu'une alliance avec le MoDem est indispensable au retour de la gauche aux affaires, les partisans de l'éthique de conviction, refusant la main tendue, préfèrent la défaite au compromis et ne croient pas véritablement aux causes qu'ils disent défendre. C'est la raison pour laquelle, sous le discours des irresponsables qui refusent de s'allier parce qu'ils refusent de transiger sur leurs "valeurs", il faut d'abord entendre la parole des cyniques qui recherchent la faveur des militants.

Loin d'être une garantie de moralité, l'éthique de conviction recouvre, en général, la tactique des ambitions. A cet égard, malgré les apparences, il y a moins de cynisme et plus de courage chez celui qui, au nom du principe de responsabilité, pratique les concessions requises par une alliance que chez celui qui, au nom de ses "valeurs", choisit de demeurer confortablement dans l'opposition. S'il est nécessaire au PS de s'allier (notamment) avec le MoDem, c'est donc non seulement parce qu'une éventuelle victoire en dépend, mais aussi - et surtout - parce qu'il est urgent de remplacer le faux débat sur les "valeurs de la gauche" par un vrai débat sur les moyens qu'elle se donne et qu'il faut, enfin, que l'éthique de responsabilité l'emporte sur l'éthique de conviction pour qu'émerge, à gauche, un candidat chez qui, alors, l'éthique de conviction l'emporte sur la crainte de déplaire...



La possibilité d'une liste commune Huchon / Sarnez agite le Modem

Sylvain Lapoix - Marianne | Jeudi 27 Août 2009 à 14:45 | Lu 6215 fois

En annonçant une possible alliance aux régionales entre Modem et PS dès le premier tour en Île-de-France, Christophe Ginisty a mis le feu aux poudres. Démentie par Marielle de Sarnez, cette option réveille le vieux débat de l'alliance à gauche, source de doutes chez les cadres et militants centristes.

Dessin : Louison
«N'allez pas espérer des primaires pour la désignation des têtes de liste, ni même la réunion d'une conférence nationale, la stratégie est déjà arrêtée». Sur son blog, Christophe Ginisty n'y va pas avec des pincettes pour annoncer une possible alliance au premier tour entre Jean-Paul Huchon (PS) et Marielle de Sarnez aux élections régionales. Cette dernière serait, selon les informations de l'ex tête de liste d'Issy-les-Moulineaux et numéro 6 aux européennes «en position super éligible (2ème ?) sur cette même liste, avec l'espoir d'obtenir une première vice-présidence du Conseil Régional en cas de victoire.»

Sarnez chargé de redéfinir «un projet de centre gauche»
 
Commentaire de Marielle de Sarnez, confirmé comme authentique par elle, au billet de Christophe Ginisty.
La principale intéressée dément catégoriquement. Parlant de «rumeurs infondées, fausses et mensongères», la vice-présidente du Mouvement démocrate a confirmé à Marianne2 être l'auteur du commentaire numéro 97 au billet incriminé où elle écrivait : «il n'y a pas un mot de vrai dans tout ce qui est écrit. Pas un mot.» Alors qu'elle ne le fait habituellement pas, la député européenne a pris le soin de répondre «de [son] ordinateur». Une précaution compréhensible à une semaine des universités de rentrée du parti. Mais aussi révélatrice de son inquiétude quant à la polémique que risque d'engendrer ce billet.

Pour Bernard Lehideux, conseiller régional d'Île-de-France et candidat malchanceux sur la liste Modem aux européennes, les déclarations de Christophe Ginisty ne servent que son ambition personnelle : «n'importe qui peut raconter n'importe quoi pour faire parler de lui, résumait-il. La visite de Marielle de Sarnez au club de Vincent Peillon la semaine dernière est parfaitement cohérente avec notre démarche de dialogue avec les autres forces politiques d'alternative.»

Pourtant, comme le rapportait le quotidien La Croix début août, Marielle de Sarnez a expressément été chargée par François Bayrou de redéfinir «un projet de centre gauche en Europe» suite à l'échec enregistré aux européennes. Projet auquel Bernard Lehideux serait personnellement lié.

«Au lendemain de sa non réélection aux européennes, il a été frapper à la porte de Bayrou pour exiger de se voir compenser le manque à gagner financier représenté par la perte de son siège, a indiqué un conseiller national du Modem. Envoyer de Sarnez à la région Île-de-France lui permettrait de regagner le Parlement européen et les indemnités avec, ce qui représenterait une économie substantielle pour le Modem, qui est son employeur depuis le 7 juin. Or, pour Bayrou et Sarnez, une candidature indépendante serait suicidaire : seule une alliance avec le PS pourrait garantir une victoire, ne serait-ce que pour maintenir les sièges des conseillers régionaux Modem.»

Militants et sénateurs inquiets d'un rapprochement avec la gauche

Or l'idée de ce rapprochement à gauche n'est pas sans causer quelques remous chez les militants comme chez les élus. A côté des 300 membres actifs revendiqués par le club des Promoteurs, lancé par Ginisty, nombreux sont ceux qui, notamment chez les Jeunes démocrates, se sont plaints du manque de transparence dans les décisions internes et du refus d'une candidature indépendante, «inscrite dans l'ADN du parti».

Côté élus, les sénateurs ralliés au Mouvement démocrate auraient fait part de leur inquiétude lors des bureaux exécutifs quant à un rapprochement avec la gauche, nombre d'entre eux s'appuyant sur la base de centre droit, électorat historique de l'UDF. La décision n'aurait cependant même pas atteint les organes exécutifs du parti selon Ginisty : Corinne Lepage, pourtant co-fondatrice du Modem, n'aurait pas participé aux discussions sur cet éventuel rapprochement.

Le risque de perdre sa base locale

Opposition: Bayrou veut le dialogue, France 2 la baston  Pour Bayrou, l'union avec la gauche est un combat  Corinne Lepage tacle Bayrou «La direction va calmer le jeu et amener tout doucement le parti vers une alliance de centre gauche, prophétise Ginisty. Nous sommes les derniers en Île-de-France à ne pas être prêts : le PS veut reconduire Huchon, l'UMP a fait ses primaires il y a plusieurs mois et Duflot s'est déclarée pour Europe écologie ! La stratégie est déjà entérinée.» Dans son commentaire, de Sarnez maintient néanmoins la ligne du parti sur les nominations : «Les décisions concernant les élections régionales seront prises au cours de l’automne avec les adhérents de notre mouvement, en Île-de-France, comme dans toutes les autres régions.»

Les élections régionales restent un scrutin à haut risque pour le Mouvement démocrate : affaibli aux européennes et manquant de structure au niveau des fédérations, il doit aujourd'hui faire face à la crainte des élus constituant un réseau d'influence essentiel au niveau local mais qu'une éventuelle poussée de la droite pourrait affaiblir. «Si nous faisons le même score aux régionales qu'aux européennes, nous ne serons pas au second tour», calculait un cadre du parti. Reste à savoir si les militants, l'une des dernières forces du parti, accepteront dès le premier tour de tracter pour des listes étiquetées PS.

Dessin : Louison

Mise à jour : 15h50
Bernard Lehideux a pris contact avec la rédaction de Marianne2 pour signaler qu'il n'était pas employé du Mouvement démocrate mais en retraite, contrairement aux propos rapportés dans notre article. Il conteste par ailleurs avoir été lié à la mission de Marielle de Sarnez sur un projet d'alternative au centre gauche en Europe.

MOT-CLÉS : alliance à gauche, ginisty, huchon, modem, sarnez, universités d'été



En Île-de-France, le MoDem se lance dans l'intox aux alliances

Régionales
Par Victor Dhollande-Monnier, publié le 27/08/2009 17:34 - mis à jour le 27/08/2009 19:16
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Christophe Ginisty, conseiller national du Mouvement démocrate (MoDem), évoque sur son blog la possibilité en Île-de-France d'un rapprochement entre Marielle de Sarnez et le président socialiste sortant Jean-Paul Huchon dès le premier tour des régionales. Une information immédiatement démentie par les parties intéressées.

La rumeur publique gonfle très rapidement quand Christophe Ginisty publie un billet sur son blog. Il n'y va pas par quatre chemins: "N'allez pas espérer des primaires pour la désignation des têtes de liste, ni même la réunion d'une conférence nationale, la stratégie est déjà arrêtée. La messe est dite, comme on dit: le MoDem fera une alliance de premier tour avec la liste conduite par Jean-Paul Huchon (Président PS du Conseil Régional d'Île-de-France)". 

REUTERS/Gonzalo Fuentes

A sept mois des régionales, les rumeurs ont déjà commencé. Marielle de Sarnez ferait alliance avec Jean-Paul Huchon, selon Chritophe Ginisty, conseiller national du MoDem.
Beaucoup de réactions alimentent très rapidement la rumeur. Et moins de 24 heures après avoir posté ce billet sur son blog, Christophe Ginisty reçoit un commentaire de Marielle de Sarnez en personne.

Dans un commentaire relayé par Marianne2.fr, la vice-présidente du MoDem dément formellement. "Il n'y a pas un mot de vrai dans tout ce qui est écrit. Pas un mot. J'ai annoncé depuis longtemps à mes proches que je ne serai pas candidate aux régionales. Ce texte n'est rien d'autre que diffamation et dénigrement", écrit l'eurodéputée, bras droit de François Bayrou.

Pour Christophe Ginisty, ce rapprochement est une conséquence directe des "déclarations de Marielle de Sarnez au meeting de Vincent Peillon à Marseille". L'objectif de cette alliance serait très simple: "éviter toute débâcle électorale et rassurer les conseillers régionaux sortants sur leurs chances de conserver leurs mandats". 

Il explique dans ce même billet que cette alliance permettrait également, en cas d'élection de Sarnez à la région, à "Bernard Lehideux de retrouver son siège de député européen qu'il avait perdu lors de la précédente consultation".

Joint par L'EXPRESS.fr, le conseiller régional d'Île-de-France dément, à son tour, cette hypothèse. "Ce n'est que de l'agitation de quelqu'un qui veut faire parler de lui", explique-t-il. Et de poursuivre: "le MoDem n'a pas encore choisi sa stratégie pour les régionales, que ce soit en Île-de-France ou ailleurs".

Mais Christophe Ginisty persiste et signe. Il soutient que ces "informations proviennent du siège du MoDem". Et il n'entend pas se taire. "Je me bats pour que des principes démocratiques simples soient respectés au MoDem."

Dans l'entourage de Jean-Paul Huchon, on nie formellement tout projet d'accord tout en refusant d'apporter la moindre précision à cette histoire.





Standing ovation socialiste pour Marielle De Sarnez

22 août 2009

S’était-elle déjà exprimée devant une assemblée de militants socialistes ? On ne sait. En tout cas, Marielle De Sarnez est sûrement toute prête à renouveler l’expérience. Samedi après midi a Marseille, lors des ateliers d’été de l’Espoir à Gauche, la vice-présidente du MoDem a reçu mieux qu’un accueil enthousiaste ; une standing ovation. Invitée en vedette américaine avec Daniel Cohn-Bendit et Robert Hue, la députée européenne venait de prononcer face à quelque 1 500 personnes un discours qui ressemblait à un « oui » franc à la proposition d’alliance évoquée depuis la veille par les amis de Vincent Peillon. « Les lignes doivent bouger. Nous avons tant à faire ensemble ! » a lancé la numéro-deux du MoDem qui a souhaité qu’un « espoir voie le jour » et appelé « à ne pas jouer les uns sans les autres ou les uns contre les autres ». Cette intervention, visiblement calibrée pour convenir à l’auditoire – multiples références aux inégalités sociales, critiques contre les bonus attribués aux traders… -  a été accueillie comme une divine surprise par l’auditoire.  « Tu as mis la barre à gauche ! » a constaté François Rebsamen lorsque l’oratrice a repris sa place à la tribune.

Première à prendre la parole, Marielle De Sarnez était arrivée dans l’amphithéâtre du palais du Pharo bras-dessus, bras-dessous en compagnie des autres débatteurs (Vincent Peillon, François Rebsamen, Daniel Cohn-Bendit, Robert Hue et Christiane Taubira) prévus pour l’atelier intitulé « une nouvelle majorité progressiste pour la France » qui devait clore ces deux journées organisées par le principal courant du PS. Au moment de quitter l’hôtel où ils s’étaient retrouvés avant de gagner, à pied, le palais du Pharo, la brochette socialo-communo-radicalo-centriste a croisé une Traction Citroën blanche décorée de tulle, venue accueillir un couple de mariés…  « Jetez-nous des grains de riz » s’est exclamé Vincent Peillon.

Robert Hue - qui ne s’était sans doute pas retrouvé depuis bien longtemps devant un public aussi large et aussi fervent - a évoqué un « compromis historique » et rappelé que sa majorité municipale de Cormeilles-en-Parisis comptait « des élus de sensibilité MoDem ». Lui aussi a eut droit à une standing ovation. Tout comme « Dany » qui, plus mesuré et caustique, a plusieurs fois pris la salle à rebrousse-poil, notamment en réclamant « un inventaire des valeurs de gauche ». Idem pour Christiane Taubira qui, tout en se défendant de chercher à « gâter la sauce », n’a pas voulu « dissimuler que nous avons des désaccords ».

Frustrée depuis si longtemps de bonnes nouvelles, la salle n’avait pas le cœur à faire la fine bouche face à ce que Vincent Peillon et François Rebsamen ont qualité d’ « événement historique dans l’histoire de la gauche française ». « Dans ce désert où il fait froid que nous traversons, il y avait besoin d’un signe d’espoir » a lancé pour conclure le député européen avant d’annoncer l’organisation de débats décentralisés « dans les mois qui viennent » entre les différents partenaires. Il s’agira, n’en déplaise à la direction du PS, de donner un contenu à ce « rassemblement écologique, socialiste et démocratique » conçu – la précision est d’importance - « à égalité avec nos partenaires ». Même si Vincent Peillon n’est pas premier secrétaire du PS, que Robert n’est plus secrétaire-général du PCF, que Marielle de Sarnez n’est que numéro-deux du MoDem et que « Dany », guide charismatique d’Europe-Ecologie, n’aspire pas à diriger un parti, l’appel de Marseille va enfin créer du remue-méninges dans les mornes assemblées socialistes.

Comme quoi les ateliers de l’Espoir à gauche ne feront pas de l’ombre à l’université d’été de La Rochelle.

Jean-Michel Normand 

22 août 2009 Publié Non classé, MoDem, La Rochelle, François Rebsamen, Vincent Peillon | Lien permanent | Alerter

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commentaires

P
Est ce vraiment un piège ?Si la méthode est critiquable comme souvent au Modem, je ne suis pas certain que l'esprit de ce rapprochement à gauche consiste à y perdre notre identité. Nous entrons simplement dans une logique de coopération, qui sert les intérêts du Modem. Et je ne pense pas qu'il s'agisse d'une alliance PS Modem mais plutôt d'un rapprochement qui préfigure une probable alliance avec les forces centre gauche du PS. En tous cas, c'est vrai que tout ça agite les esprits et ravivent les émotions. Tant mieux, l'ambiance devenait désagréable... 
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