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8 mars 2007 4 08 /03 /mars /2007 18:10
Depuis aujourd’hui, il n’y a plus deux grands candidats, mais trois. Depuis que Bayrou a atteint 24% dans le dernier sondage CSA, soit un pourcent de moins que Royal et deux de moins que Sarkozy. Bref, avec les intervalles d’indétermination, ces trois candidats sont au même niveau.

Cela pour les valeurs absolues. Pour les tendances, c’est différent : Royal chute, Sarkozy chute presque autant, et Bayrou, depuis deux mois, progresse inexorablement, pensez qu’en 2006, il oscillait entre 5 et 9% alors que les deux autres étaient entre 30 et 35% !

Cette tendance virtuelle dans les sondages traduit-elle la réalité ?
Apparemment, oui, puisque sur le terrain, l’adhésion à la campagne de François Bayrou est très forte. Une adhésion multilatérale.

Pourquoi une telle montée alors qu’elle est très rare lors d’une campagne présidentielle ?

On peut lister différentes raisons :

1. Bayrou se montre simple et proche des gens. J’ai eu l’occasion de lire sur des blogs comment l’homme était accessible. Je l’ai expérimenté personnellement évidemment depuis plusieurs années, mais c’est aussi l’expérience de nombreuses personnes qui ont voulu l’écouter. Aux voeux par exemple, mais aussi au Salon de l’Agriculture où, devenu plus ‘important’ pour les médias, Bayrou a dû demander aux photographes de ne pas l’éloigner des gens qu’il croise, de ne pas en faire un rempart si souvent visible avec Sarkozy et Royal.

2. Bayrou a montré aussi une très forte détermination et courage. Tant dans son engagement politique (son refus de parti unique, sa candidature de 2002 contre Chirac, son vote de la censure) que dans sa vie personnelle où il a dû vaincre un handicap très fort (le bégaiement) alors qu’il exerçait trois fonctions qui nécessitent une grande capacité à parler : enseignant, journaliste, homme politique.

3. Et curieusement, cette grande détermination, qu’on peut constater aussi chez Sarkozy et Royal, n’a pas déteint en ambition voire en arrivisme, alors pourquoi ? car François Bayrou a toujours montré sa grande ambition. Je me souviens par exemple d’une discussion avec lui en avril 1990 dans les Pyrénées. Il rejetait l’idée que l’ambition salissait l’idéal politique. Mais que l’ambition devait être nourrie de convictions fortes. Sans conviction, l’ambition ne sert à rien (Chirac est un bon exemple), mais sans ambition, les convictions ne débouchent sur aucune réalisation concrète.

4. L’idée selon laquelle il faut arrêter de jouer avec le déficit de l’État. Étrangement, ce thème devrait être repris par tous les partis gouvernementaux, mais non, les deux grands partis (UMP et PS) surenchérissent dans les promesses budgétairement inconsidérées. Cet argument de limiter la dette de l’État séduit les personnes âgées qui savent bien qu’on ne peut dépenser plus qu’on ne gagne, mais devrait aussi séduire les jeunes générations qui ne devraient pas payer pour le confort des précédentes époques.

5. L’argument de la réconciliation nationale entre la droite et la gauche est sans doute à manier avec les pincettes, car elle peut être le pendant pro-européen et gouvernementale de l’argumentation anti-système habituellement déployés par Le Pen. L’échec du référendum du 29 mai 2007 a sans doute mis en colère tous les partisans de la construction européenne et mis dans l’esprit l’idée que tous les responsables politiques pourraient se rassembler pour travailler ensemble et relancer non seulement l’Europe, mais l’économie et le modèle social français. En ce sens, cet argument est une marque exclusive de Bayrou, puisque ni Sarkozy (et son hégémonique UMP), ni Royal (et un PS encore dirigé par des éléphants) ne sont en mesure de constituer ce gouvernement de salut national.

6. On pourrait aussi citer l’origine géographique de Bayrou, la province contre Paris (Royal faisant évidemment partie du monde parisien), et on reprend l’argument de la simplicité et de la disponibilité. Agriculteur quand les nécessités familiales l’exigeaient, Bayrou manie mieux le tracteur que les formulaires de l’ISF des autres grands candidats.

7. Mais à mon avis, la vraie cause de la montée fulgurante de Bayrou, c’est sa sympathie et son absence de rejet. Il serait intéressant de sonder dans l’électorat le taux de rejet ou de répulsion des différents candidats. Si Le Pen arrive évidemment en tête, Sarkozy et Royal subissent sans doute un taux notable de rejet parallèlement à la forte adhésion qu’ils ont pu susciter. Bayrou semble alors le candidat idéal pour ne choisir ni l’arrivisme imbu de pouvoir de Sarkozy ni la légèreté à paillette de Royal.


François Bayrou aide tous les hésitants à gauche comme à droite en affirmant qu’il respecterait de toute façon chacun de ces camps.

Aujourd’hui, le vote utile est plus que jamais en faveur de Bayrou. Utile pour la France. Utile pour éviter de mettre au plus haut des personnalités qui ont misé sur leur démagogie et leur visibilité.


(1) http://www.csa-fr.com/dataset/data2007/opi20070307-intentions-de-vote-a-l
-election-presidentielle-de-2007-vague-18.pdf
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