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19 avril 2007 4 19 /04 /avril /2007 15:22
Je suis allé mercredi 18 avril 2007, au meeting de François Bayrou au Parc Omnisport de Bercy à Paris.

Arrivé en retard, je dois rester debout au centre de l’arène. Tous les gradins étaient occupés, les escaliers saturés de personnes assises… Pour quelqu’un qui n’est pas un habitué des stades, c’est très impressionnant.

Plus de 17 000 personnes sont présentes et attendent plus d’une heure l’arrivée du candidat centriste. Je ne peux m’empêcher d’avoir un peu d’émotion.






















Le Bayrou de 1988, jeune député plein de fougue, déjà prêt à révolutionner le paysage politique avec… Simone Veil au printemps 1989 avec cette initiative (avortée) des rénovateurs.

Puis, ce centre si souvent moqué par les arrogants du RPR, et même absent de l’élection présidentielle de 1995, par manque de leader.

Quand François Bayrou avait pris (d’assaut) le parti centriste en décembre 1994 (à Vincennes), il voulait redonner au pays un véritable présidentiable centriste.

Après l’essai de 2002, c’est évident que le pari de Bayrou, douze ans après, est gagné. Avec l’étape des européennes de juin 2004 qui place l’UDF à seulement 4% en dessous de l’UMP (12 et 16%).

L’affluence inégalée de la foule dans ses meetings quotidiens, les retours attentionnés lors des tractages sur le terrain, le nombre d’adhésions croissant à l’UDF, et enfin, les sondages qui ont montré qu’un socle de 20% s’est consolidé en deux mois, et qu’au second tour, Bayrou serait le meilleur de tous les candidats…

Que de chemin parcouru, que de ténacité, que de conviction tenue si fermement face aux sirènes des postes ministériels et des intimidations en tout genre (notamment en 2002 avec la création de l’UMP).

Bayrou le rassembleur, Bayrou le gentil, Bayrou le plan B pour ceux qui ne veulent ni Sarkozy à droite, ni Royal à gauche… bref, Bayrou l’alternative au système actuel.

Bayrou est relativement sobre et modeste. Il arrive en parcourant la foule, mais sans se prendre pour le Messie qu’il ne veut pas être.

Et il commence fort son discours, sans doute après avoir appris le ralliement de son ancien mentor, Valéry Giscard d’Estaing, à Nicolas Sarkozy.

Débridé, attaquant à pointe aiguë, Bayrou fait un peu dans le démagogique en citant toutes les difficultés de la société française. Mais cela lui permet de montrer comment il peut y remédier.

Il insiste sur la nécessité de faire prendre une « douche froide » aux partisans de l’UMP et du PS, seul moyen de les obliger à faire leur « révolution culturelle ».

Et si tout le monde est contre lui, c’est qu’il doit gêner et avoir raison.

Il s’amuse à énoncer les attaques : Sarkozy dit qu’il est de gauche, Jospin dit qu’il est de droite, en fait, il est ni de gauche, ni de droite, il est au centre.

Et de faire une profession de foi politique assez approfondie :

Bayrou est de droite car il veut la sécurité pour ses enfants, par exemple, mais aujourd’hui, même les policiers ont peur.

Bayrou est de gauche car il veut l’égalité des chances, mais il a été le seul, durant cette dernière législature, à défendre le maintien de l’allocation de solidarité spécifique (ASS) des demandeurs d’emploi que voulait supprimer le gouvernement Raffarin, ou à s’opposer à la privatisation juteuse des autoroutes. Le PS était absent.

Et Bayrou est du centre, pour défendre les valeurs d’équité, de justice et de fraternité.

Agrégé de lettres, Bayrou s’est fait plaisir en citant deux longs textes, une lettre d’Albert Camus et un poème d’Aragon, et surtout en faisant rimer France avec croissance, exigence, confiance, chance et espérance.

Il propose pour renouer avec la croissance : deux emplois sans charge, un small business act, des simplifications administratives confiées aux usagers (et pas à l’administration), le financement des fonds mutuels de caution.

L’exigence, c’est sur les diplômes, sur la condition de savoir lire et écrire pour passer en sixième, de mettre les universités françaises au premier rang mondial, de mettre en place un dispositif de formation professionnelle pour insérer les jeunes diplômés dans le monde du travail.

La confiance, à propos de laquelle Bayrou a donné un salut amical à Raymond Barre, hospitalisé, c’est une démocratie sociale, des institutions transparentes, une vie économique moralisée, et un idéal européen.

Réformer les institutions : que le Parlement soit maître de son ordre du jour, que seuls les parlementaires physiquement présents puissent voter, interdire le cumul des mandats et permettre à tous les courants politiques d’avoir un groupe politique (notamment avec une dose de proportionnelle).

Bayrou rappelle que la démocratie, c’est la protection des minorités avant tout.

L’Europe, selon Bayrou, doit surtout agir sur la diplomatie (cf drame du Darfour), l’énergie, la recherche, l’environnement, le codéveloppement (avec l’Afrique) et des institutions avec un texte simple et compréhensible par tous soumis à référendum.

Bayrou imagine la France de Sarkozy en 2003, au moment de la guerre en Irak et ne sait pas si Sarkozy, l’ami de Bush, de Blair, d’Aznar, de Berlusconi, aurait choisi la même voie que Chirac et De Villepin…

Enfin, il termine sur une anecdote concernant le Mur de Berlin, qui s’écroulait alors que Helmut Kohl était en train de dire à Boris Geremek que le mur leur survivrait…

Tout ça pour dire que les murs peuvent s’effondrer d’une seul coup, le 22 avril 2007.

Le discours complet ici.


François Bayrou à Bercy : "Merci à tous pour la victoire prochaine !!!"
François Bayrou 2007
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