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19 avril 2007 4 19 /04 /avril /2007 21:28

François Goulard a expliqué les désaccords profonds qu’il a avec Nicolas Sarkozy. Il a notamment parlé des tensions et des oppositions fortes qui s’exprimeraient si le candidat de l’UMP était élu président de la République. Le ministre délégué à l’Enseignement supérieur et à la Recherche soutient la candidature de François Bayrou et sa démarche de rassemblement du centre gauche et du centre droit. François Goulard ne croit pas qu’on puisse gouverner et faire des réformes sans un minimum de consensus.


François Goulard a choisi de soutenir François Bayrou bien qu’il soit membre de l’UMP. "Ce n’est pas moi qui ait changé, c’est la direction de l’UMP" a expliqué le ministre délégué à l’Enseignement supérieur et à la Recherche : "Elle s’est détournée d’un certain nombre de valeurs et de lignes directrices qui étaient les nôtres traditionnellement". Selon lui, les gaullistes, les libéraux et les démocrates chrétiens avaient en commun une vision de la société et de l’Homme, une modération et un rejet de l’extrémisme. François Goulard comprend les critiques exprimées par Azouz Begag dans son livre Un mouton dans la baignoire contre Nicolas Sarkozy et certains politiques. "Il a été projeté dans le monde politique auquel il n’appartient pas" a expliqué le ministre délégué à l’enseignement supérieur et à la Recherche. Azouz Begag a été, selon lui, profondément malheureux, il a senti un rejet en raison de ses origines. François Goulard considère que son livre est un témoignage humain et non politique mais qui a un sens politique profond : "Nous devons être attentifs à la manière dont les immigrés sont traités chez nous". 


François Goulard a ainsi expliqué qu’il avait des divergences profondes sur des sujets de fond avec le président de l’UMP, Nicolas Sarkozy mais qu’il n’avait aucune animosité personnelle envers lui. Il désapprouve, par exemple, la position du candidat de l’UMP sur le caractère inné de la pédophilie et du suicide. Il estime que Nicolas Sarkozy se rapproche des thèses des néo-conservateurs américains qui pensent qu’on est bon ou mauvais à la naissance. Il s’est dit inquiet. François Goulard considère en effet qu’il s’agit d’une manière de voir l’humanité qui est à l’opposé de ses convictions personnelles libérales : il pense en effet que les gens sont en situation de responsabilité. Il considère d’ailleurs que les références de Nicolas Sarkozy au christianisme ou à Blum ne sont que "des postures successives". François Goulard désapprouve également la proposition de Nicolas Sarkozy de créer un ministère de l’immigration et de l’identité nationale. Il juge "périlleux" de rapprocher les deux. Le ministre trouve le procédé "grave" et "pas innocent". Il a même parlé d’"amalgames", de "confusion". Selon lui, "un pays qui va bien, n’a pas de souci d’identité". François Goulard a expliqué que ce ministère laissait penser que l’immigration était une menace pour l’identité nationale. Il estime que les immigrés se sentent mis en accusation, cela les blesse et cela ne favorise pas l’intégration des jeunes des quartiers. François Goulard a affirmé que beaucoup à l’UMP n’étaient pas sur la ligne de Nicolas Sarkozy mais ils se taisent car nous sommes en pleine période électorale, ils pensent qu’on règlera cette question après : c’est, à ses yeux, une erreur car "on subit après". D’ailleurs, il attribue les scores flatteurs de Nicolas Sarkozy dans les sondages à un transfert des électeurs de Le Pen sur sa candidature et des thématiques empruntées à l’extrême droite. Il a rappelé que jamais Jacques Chirac n’avait pu être pris en défaut avec l’extrême droite car c’est un humaniste.


François Goulard approuve également Jacques Chirac quand il dit que "la France doit être gouvernée avec mesure". Il considère que si Nicolas Sarkozy était élu président de la République, il y aurait des tensions et des oppositions fortes : une coupure de la France en deux. François Goulard a expliqué que si on lit attentivement les discours de Nicolas Sarkozy, il met toujours d’un côté les bons ; de l’autre, les mauvais. Or cette méthode est, selon lui, inefficace car elle ne permet pas d’avancer : "Ce n’est pas une bonne approche pour une politique moderne". De plus, il trouve cette manière de faire contestable politiquement et moralement. "On ne peut gouverner qu’avec un minimum de consensus" a assuré le ministre délégué à l’Enseignement supérieur et à la Recherche. Il a pris l’exemple de l’instauration d’un service minimum à la RATP que veut imposer Nicolas Sarkozy dès cet été. Il craint qu’on n’arrive à rien de cette manière alors que les syndicats sont en train d’évoluer sur cette question. L’ancien secrétaire d’Etat aux Tsransports explique que si on arrive à avoir une discussion avec les syndicats, on peut parvenir plus facilement à des résultats concrets qui seront un progrès pour notre société. Déjà dans cette campagne, l’état-major de l’UMP s’inquiète de voir que les affiches de Nicolas Sarkozy sont lacérées. Si le ministre déplore cette attitude, il considère qu’"à trop opposer les uns aux autres, on s’attire des réactions très vives".


François Goulard estime qu’on peut rassembler des gens différents à condition d’être raisonnable et de ne pas avoir de logique de revanche pour défaire ce que la majorité précédente a fait. Une politique binaire condamne, selon lui, tout gouvernement à l’immobilisme comme on le voit depuis des décennies : "Pour faire des réformes, cela implique qu’une bonne partie de la population soit convaincue que la réforme est bonne". C’est pourquoi il soutient la démarche de François Bayrou qui propose une autre manière de faire de la politique en France : le candidat à l’élection présidentielle souhaite réunir dans un même gouvernement la droite et la gauche modérées. Ainsi, "Les politiques seront beaucoup mieux acceptées par les Français" car il n’y aura pas d’affrontement un camp contre l’autre. Objectivement, il considère qu’il y a d’ailleurs peu de différences entre le centre droit et le centre gauche. Il estime même qu’il y aura moins de divergences entre eux que dans un gouvernement classique qui comprend un camp modéré et son extrême. De plus, il estime que François Bayrou aura plus de facilité à former une majorité en rassemblant les modérés de gauche et de droite que ses adversaires. Il est convaincu que si François Bayrou est élu président de la République, les électeurs lui donneront une majorité à l’Assemblée nationale pour gouverner car les Français ne sont pas incohérents : "C’est aux électeurs de dire ce qu’ils veulent. La classe politique sera obligée d’évoluer". Dans beaucoup de pays d’Europe, cela se fait déjà : en effet, l’Allemagne, la Belgique, les Pays-Bas, l’Autriche ont déjà montré que cela fonctionnait. Enfin, François Goulard est confiant sur l’issue du scrutin : il ne croit pas que l’intérêt des électeurs de gauche est de voter Ségolène Royal car elle serait battue au deuxième tour par Nicolas Sarkozy… Il a fait valoir que seul François Bayrou avait une chance contre le candidat de l’UMP.

Public Sénat, le 18 avril 2007

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