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24 avril 2007 2 24 /04 /avril /2007 10:18
(Dépêches)





François Bayrou, un "aigle à deux têtes" très courtisé


PARIS (Reuters) - Que va faire François Bayrou ?

Fort des 18,57% de voix glanés lors du premier tour de l'élection présidentielle, qui l'ont placé en troisième place, courtisé à droite comme à gauche, "l'aigle à deux têtes" du nouveau paysage politique n'a donné pour l'instant aucune consigne de vote pour le 6 mai.

"C'est un seul corps, mais c'est un aigle à deux têtes parce qu'il tourne la tête à gauche et à droite", dit de lui Pierre Giacometti, de l'institut Ipsos, interrogé par Reuters.

François Bayrou devrait en dire plus mercredi lors d'une conférence de presse.

Et il est vraisemblable que le pourfendeur du clivage droite-gauche ne donnera aucune consigne de vote aux 6,7 millions d'électeurs qui lui ont fait confiance dimanche.

Son électorat "hétéroclite" va "reprendre sa liberté", estime Christophe Barbier, interrogé lundi sur LCI.

"Les électeurs de François Bayrou voteront au second tour non pas pour un des candidats restants, mais contre celui qu'ils détestent le plus. Ce sera 'tout sauf Royal' ou 'tout sauf Sarkozy'", estime le directeur de L'Express.

Pierre Giacometti note que "s'il dit à ses électeurs que l'essentiel c'est de faire battre Nicolas Sarkozy, ça peut avoir une influence".

Mais, ajoute le politologue, la neutralité de François Bayrou "est probablement la réaction la plus probable", ne serait-ce que "pour ne pas gêner les proches ou les élus UDF" dans la perspective des législatives des 10 et 17 juin.

Sollicité de toutes parts - "ça me fait me gondoler", plaisantait-il dimanche soir avec des journalistes -, François Bayrou devrait donc refuser toute alliance.

"Nous ne sommes pas à vendre", déclare dans le Parisien-Aujourd'hui en France sa directrice de campagne, Marielle de Sarnez.

NOUVEAU PARTI ?

Comme il l'avait laissé entendre durant une campagne dont il a été l'une des surprises, François Bayrou pourrait annoncer cette semaine la création d'un nouveau parti réunissant des "démocrates" de tous bords.

Le député béarnais considère ce parti à créer comme le "chaînon manquant" de la vie politique française, voire européenne.

Le président de l'UDF devrait par ailleurs confirmer son intention de présenter des candidats dans chacune des 577 circonscriptions du pays aux élections législatives de juin.

Son camp compte pour l'instant 63 parlementaires (30 députés et 33 sénateurs), dont une partie a décidé de soutenir Nicolas Sarkozy.

Les élus restés fidèles au député pyrénéen doivent se réunir mardi pour décider de la meilleure stratégie à adopter.

Qui sont les électeurs de François Bayrou ?

A l'image de stratégie de rassemblement qu'il défend, l'élu béarnais est allé les chercher des deux côtés de l'échiquier politique, en plus de sa base centriste.

Ceux de la gauche l'ont rejoint "parce qu'ils n'ont pas trouvé satisfaction dans le discours et dans le positionnement de Ségolène Royal", estime Pierre Giacometti. Pour le politologue, son score démontre aussi "l'incapacité de l'UMP, depuis cinq ans, à marginaliser l'UDF".

D'après une enquête Ifop-Fiducial réalisée auprès des électeurs de François Bayrou, 54% ont l'intention de voter pour Nicolas Sarkozy le 6 mai et 46% pour Ségolène Royal.

"Ce sont eux qui vont faire la différence. La campagne devra donc se faire essentiellement au centre", prédit dans Le Parisien/Aujourd'hui en France Roland Cayrol, de l'institut CSA.

"Le problème est de savoir si ces électeurs entreront ou pas dans la logique du référendum pro- ou anti-Sarkozy. Ou s'ils se reclasseront chacun dans leur camp d'origine, gauche et droite", dit-il.

Lundi 23 avril 2007, 15h30




PARIS (Reuters) - La victoire se jouera au centre le 6 mai pour Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal, qui se disputent désormais l'électorat de François Bayrou, un "aigle à deux têtes" contraint à la neutralité s'il veut assurer la pérennité de sa stratégie du "ni-ni".

A l'issue du premier tour de l'élection présidentielle, le rapport de forces est théoriquement favorable au candidat de l'UMP, qui a recueilli 31,18% des suffrages, face à sa rivale socialiste, qui fédère 25,87% des voix. Les sondages réalisés depuis dimanche donnent Nicolas Sarkozy gagnant au second tour.

La droite dispose d'un réservoir de voix de 43,8%, la gauche de 36,4%, un score historiquement faible.

Plus de 6,8 millions d'électeurs (18,57%) ont apporté leur suffrage au président de l'UDF, François Bayrou. Ils sont la clé du second tour et "ne sont pas à vendre", a prévenu Marielle de Sarnez, directrice de campagne du candidat centriste.

Les "bayrouistes" peuvent être tentés de rejoindre leur famille d'origine, droite ou gauche, ou de poursuivre sur une voie iconoclaste en se livrant à un "tous sauf Sarkozy" ou un "tous sauf Royal".

D'après une enquête Ifop-Fiducial réalisée auprès des électeurs de François Bayrou, 54% ont l'intention de voter pour Nicolas Sarkozy, 46% pour Ségolène Royal.

François Bayrou, qui donnera mercredi une conférence de presse, pourrait annoncer la création d'un grand parti "démocrate" afin de continuer à peser sur l'échiquier politique avec le renfort d'une escouade de députés à la faveur des élections législatives des 10 et 17 juin.

L'UMP et le PS ont poursuivi lundi les manoeuvres d'approche esquissées dès le soir du premier tour.

Le parti de Nicolas Sarkozy va constituer un "pôle centriste" avec des élus UDF et un "pôle de gauche", dont Eric Besson, transfuge du PS, sera l'un des animateurs, a annoncé François Fillon sur RTL.

Le ministre de l'Emploi et de la Cohésion sociale, Jean-Louis Borloo, a jugé "indispensable" la présence "massive" de ministres centristes dans le futur gouvernement si Nicolas Sarkozy est élu le 6 mai.

Le ministre délégué aux Collectivités territoriales, Brice Hortefeux, a déclaré sur France Inter que la porte était "naturellement ouverte" à l'UDF et que les valeurs portées par François Bayrou étaient "naturellement mieux défendues" par Nicolas Sarkozy que par sa rivale socialiste.

ROYAL VEUT "RASSEMBLER LARGE"

Au Parti socialiste, on insiste sur la nécessité - et la possibilité - de "rassembler large" malgré une arithmétique électorale défavorable à Ségolène Royal.

"Il y a aussi dans l'électorat de François Bayrou des hommes et des femmes qui ont voulu le changement, qui croyaient même en votant Bayrou battre Sarkozy", a déclaré le premier secrétaire du PS, François Hollande, sur France 2.

Ségolène Royal peut favoriser un rééquilibrage en sa faveur, mais elle doit prendre garde à ne pas s'aliéner la gauche radicale en menant une campagne trop "centriste". Même cas de figure pour Nicolas Sarkozy à l'égard des électeurs d'extrême droite.

"Si Ségolène Royal se laisse enfermer dans un 'droite-gauche' - c'est ce que veut (Nicolas) Sarkozy - elle a perdu. Elle perdra honorablement, elle fera 46, 47, même peut-être 48% mais elle ne peut pas gagner", a jugé sur i-Télé Daniel Cohn-Bendit, qui avait appelé à une alliance PS-UDF-Verts avant le premier tour.

L'autre inconnue du scrutin réside dans l'attitude de Jean-Marie Le Pen, qui a subi un revers (10,44%), perdant près d'un million de voix par rapport à 2002, dépossédé par Nicolas Sarkozy.

Le dirigeant d'extrême droite, qui a oscillé entre conciliation et invectives à l'égard du candidat de l'UMP durant la campagne, donnera ses consignes de vote le 1er mai.

Bruno Gollnisch, numéro deux du FN, a déclaré que Jean-Marie Le Pen pourrait poser ses conditions avant d'appeler éventuellement à voter pour Nicolas Sarkozy.

Le parti d'extrême droite pourrait aussi s'orienter vers un non-choix entre les deux protagonistes du second tour, incitant ses quelque 3,8 millions d'électeurs à l'abstention.

Dans une enquête Ipsos-Dell, les électeurs de Jean-Marie Le Pen disent vouloir donner leur voix à Nicolas Sarkozy à 83% et pour 17% à Ségolène Royal.

Il reste une dizaine de jours de campagne aux deux prétendants pour courtiser les électorats centriste et frontiste.

Ségolène Royal devrait donner quatre meetings, Nicolas Sarkozy cinq. Ils s'affronteront dans un duel télévisé le 2 mai.

Lundi 23 avril 2007, 18h02






PARIS (AFP) - Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal sont repartis au combat dès lundi, tenant meeting au lendemain de leur qualification pour le second tour et multipliant les appels du pied en direction des électeurs du centriste François Bayrou.

Le candidat de l'UMP a expliqué à ses proches qu'il voulait créer "une nouvelle majorité présidentielle multipolaire", avec trois pôles, majoritaire, centriste et de gauche, dans le but de "rassembler" le plus largement possible.

Mais, lors d'un meeting à Dijon qui a réuni près de 10.000 personnes, dans le fief d'un des directeurs de campagne de sa rivale, Nicolas Sarkozy a fermement rejeté toute "alliance" ou "ouverture politicienne" avec François Bayrou "au détriment de ses convictions".

Il avait entamé sa journée par une visite à l'Elysée, où Jacques Chirac "lui a fait part de ses encouragements et de son soutien pour le second tour", selon l'entourage du chef de l'Etat. Il a ensuite visité un foyer parisien pour femmes en difficulté.

Quant à Ségolène Royal, c'est depuis Valence, qu'elle a tendu la main à François Bayrou, l'appelant à participer à "un débat ouvert et public" sur ses propositions présidentielles.

Mme Royal a pris cette initiative alors que des divisions se font jour au Parti socialiste sur la stratégie à suivre pour rassembler la gauche et l'électorat modéré, et gagner au 2e tour de la présidentielle.

La candidate socialiste s'est dite "disponible pour parler de l'avenir de la France avec ceux qui pendant toute cette campagne ont souhaité le changement et la rénovation politique".

François Bayrou doit donner mercredi une conférence de presse très attendue, au cours de laquelle il annoncera ses intentions pour le deuxième tour.

M. Bayrou, qui avec 18,57% des voix a triplé son score de 2002, n'a répondu à aucun appel du pied, qui l'ont fait "se gondoler", affirmant dès dimanche soir qu'il ne retomberait pas dans "la vieille guerre des deux camps".

Après des mois de duel à distance, le traditionnel débat télévisé entre les deux finalistes aura "vraisemblablement" lieu mercredi 2 mai, ont indiqué lundi les chaînes organisatrices, TF1 et France 2.

Nicolas Sarkozy, qui a rassemblé dimanche 31,18% des suffrages, score inédit au premier tour depuis 1988, part favori, ce que confirment de premiers sondages d'intentions de vote pour le second tour, qui le donnent vainqueur avec 52% à 54%.

François Hollande a estimé qu'en dépit des 5 points de retard de la candidate socialiste (25,87%), "les conditions de la victoire sont réunies", évoquant notamment les soutiens-désistements des six autres candidats de la gauche (10,23% au total).

Concernant l'électorat UDF, les deux camps affirment récuser tout marchandage dans le dos des électeurs.

L'entourage de Nicolas Sarkozy multiplie toutefois les tentatives de séduction, à l'image du ministre de la Cohésion sociale Jean-Louis Borloo qui a jugé "indispensable" que l'UDF soit représentée "massivement" dans le prochain gouvernement.

François Hollande a dénoncé de son côté toute "logique de négociation" avec l'UDF, estimant que "ce ne serait pas respectueux des électeurs".

Mais en promettant dès dimanche soir un "Etat impartial", la candidate socialiste s'est également adressé aux électeurs du centre, et sa porte-parole Najat Belkacem n'a pas hésité à voir "un rejet de Nicolas Sarkozy" dans le vote pro-Bayrou.

Quant à Jean-Marie Le Pen, qui a essuyé un échec à 10,44%, perdant un million de voix cinq ans après sa qualification coup de tonnerre du 21 avril 2002, il devrait donner son mot d'ordre le 1er mai. En attendant, il réunissait lundi la direction d'un FN déstabilisé.

Lundi 23 avril 2007, 23h20




DIJON, Côte d'Or (Reuters) - Pour son premier meeting après le premier tour de l'élection présidentielle, Nicolas Sarkozy s'est présenté lundi soir en candidat de "l'ouverture" mais a repoussé toute idée de "marchandage".

Le candidat de l'UMP, arrivé largement en tête du premier tour, dimanche, disputera au second tour à la socialiste Ségolène Royal les électeurs du président de l'UDF, François Bayrou, arrivé en troisième position avec 18,57% des voix.

Il a redit sa volonté de "faire le rassemblement du peuple français le plus large possible" et d'être "le président de l'ouverture". Mais attention, a-t-il dit, pas de "l'ouverture politicienne" ou "partisane", qui chercherait à "rassembler à travers les débauchages ou, pire, les marchandages".

"Que l'on ne compte pas sur moi pour renier mon projet (...). Je ne construirai pas une union des partis sur le sacrifice de ma sincérité", a-t-il poursuivi. "Je ne marchanderai pas, je ne négocierai pas."

A Valence, dans la Drôme, Ségolène Royal proposait au même moment à François Bayrou un "dialogue ouvert et public" sur les "valeurs" et la recherche de "convergences".

"L'ouverture dont je veux être le candidat c'est l'ouverture de l'esprit", a dit pour sa part Nicolas Sarkozy. "L'ouverture d'esprit, c'est être capable de prendre en considération les raisons de l'autre (...) et de le respecter même quand on pense qu'il a tort (...). Nul besoin d'être d'accord sur tout pour que chacun puisse travailler avec les autres pour le bien commun."

Il a cité les exemples du ministre UDF de l'Education nationale Gilles de Robien et de l'ex-secrétaire national du Parti socialiste à l'économie Eric Besson, qui a annoncé dimanche soir son ralliement au candidat de l'UMP.

Le premier était monté quelques instants auparavant à la tribune pour mettre en garde l'UDF et ses électeurs contre la tentation du "splendide isolement".

Le second, acclamé par la salle, a fait son autocritique - un pied de nez dans la ville dont François Rebsamen, codirecteur de campagne de Ségolène Royal et numéro 2 du PS, est le maire.

"Dès l'automne 2006, il était déjà limpide pour beaucoup d'entre nous que si la confrontation portait sur (...) les idées et sur la capacité à gouverner, alors Ségolène Royal n'avait guère de chance de l'emporter face à Nicolas Sarkozy", a-t-il dit. "Il fallait donc, pour espérer le battre, le diaboliser, le caricaturer en espérant parvenir à ce qu'il fasse peur.

"Dans cette entreprise, j'ai pris ma part, trop largement ma part", ajouté le député de la Drôme, qui a claqué la porte du PS en février à la suite de désaccords avec la direction du parti et l'équipe de Ségolène Royal sur la campagne de la candidate.

"POURQUOI TANT DE HAINE ?"

Eric Besson a averti que cette "entreprise de diabolisation" continuerait entre les deux tours, avant de recevoir l'accolade du candidat et de s'asseoir au premier rang, entre le chanteur Enrico Macias et le ministre de l'Emploi, Jean-Louis Borloo.

Il ne restait plus à Nicolas Sarkozy qu'à dénoncer une fois de plus les "attaques personnelles", "rumeurs" et "insinuations" dont il se dit victime de la part de la gauche, en scandant son discours de plusieurs dizaines de : "Pourquoi tant de haine ?"

"C'est peut-être parce que je dis tout haut ce que tout le monde pense tout bas (...). Il y a aussi les appareils qui ont des intérêts à défendre, qui se sentent menacés par une défaite électorale et qui sont prêts à tout", a-t-il dit.

Et de fustiger une "coalition hétéroclite" constituée de l'extrême-gauche "avec son idéologie d'un autre âge" et d'une gauche qui "n'a plus d'autre programme que la défense des droits acquis" et "prête à tout pour faire barrage à (sa) candidature".

Le meeting avait pourtant commencé en chanson. Chantre de l'amour universel, Enrico Macias, guitare en main, avait fait chanter par les participants le refrain, "Toi, Sarko, je suis bien dans tes bras", sur l'air d'un de ses succès populaires, "Toi, Paris, tu m'as pris dans tes bras".

Au premier rang avaient également pris place une poignée d'élus UDF, symboles d'ouverture : le sénateur Daniel Dubois et les députés Francis Hillmeyer, Michel Hunault et Olivier Jardé, qui ont soutenu le président de l'UDF François Bayrou au premier tour et sont désormais ralliés à Nicolas Sarkozy.

Quelques subtiles modifications de mise en scène étaient également destinées à marquer le passage à une nouvelle phase de la campagne. Plus d'une soixantaine de jeunes, répartis sur trois rangées, sont ainsi restés sagement assis en fond de tribune pendant toute la réunion publique.

Disparu le paysage champêtre au ciel estampillé d'une mouette, qui servait jusqu'ici de fond de scène : le mot "Ensemble", du slogan de campagne de Nicolas Sarkozy "Ensemble tout devient possible", prend désormais toute la largeur de l'écran et symbolise, selon des proches du candidat, son "objectif de rassemblement au second tour".

Quant au fronton du pupitre, il est désormais rouge, pour constituer avec le bleu du fond de scène et le blanc du slogan les couleurs du drapeau national.

Lundi 23 avril 2007, 23h01




VALENCE, Drôme (AP) - Ségolène Royal place François Bayrou face à ses "responsabilités": au lendemain du premier tour de la présidentielle, la candidate socialiste s'est dite "disponible" lundi soir pour un dialogue "ouvert" et "public" avec lui, autour des "valeurs" et des "idées" de son pacte présidentiel pour "chercher des convergences".

"A l'élection présidentielle, chacun doit prendre ses responsabilités pour savoir quelle France nous allons construire. Aujourd'hui, je prends les miennes et je me déclare disponible pour parler de l'avenir de la France avec ceux qui pendant toute cette campagne ont souhaité le changement et la rénovation politique", a déclaré la candidate de la gauche à Valence (Drôme). "C'est pourquoi je souhaite un débat ouvert sur les idées pour construire des convergences autour d'une volonté de rénovation, sans arrière-pensée et sans a priori".

"Il est de ma responsabilité de faire cette ouverture", a souligné Ségolène Royal, revendiquant son "ouverture d'esprit" et sa "modernité dans la façon de faire de la politique". Aucun contact n'a "encore" été établi avec les dirigeants centristes, mais elle a tenté de joindre le président de l'UDF: "J'ai laissé un message sur le téléphone de François Bayrou, juste pour le prévenir que j'allais lui parler aujourd'hui par simple politesse", a-t-elle glissé, tout sourire. "J'attends une réponse".

"A lui de dire si oui ou non il souhaite ce débat sur la base des valeurs qui ont été développées avant le premier tour", a-t-elle poursuivi, plaçant François Bayrou au pied du mur. "Je ne lui fais ni ultimatum ni pression, mais je crois qu'il est de ma responsabilité de femme de gauche, placée en situation d'incarner le changement, de donner un signe à tous les électeurs qui ont voulu aussi ce changement en dénonçant un système" selon elle "dépassé" et des "clivages anciens".

Selon son codirecteur de campagne Jean-Louis Bianco sur France-2, ce dialogue pourrait prendre la forme d'un "débat télévisé", "sur Internet" ou d'une "rencontre dans un lieu public". Dans l'entourage de la candidate, on expliquait toutefois ne pas s'attendre à une réponse positive. François Bayrou "va dire non, il va rester dans le ni droite ni gauche", assurait-on.

Alors qu'on lui demandait s'il s'agissait d'une proposition d'alliance, Ségolène Royal a répondu: "ah non, pour l'instant non. Il s'agit d'une ouverture, d'un débat public sur la base du pacte présidentiel". "Pour l'instant, je pense qu'il est important de voir s'il y a des convergences possibles" et "donc d'ouvrir la porte et les fenêtres et de ne pas les fermer a priori". Alors qu'on lui demandait quelle serait son attitude si le PS et l'UDF constataient des "convergences", la prétendante à l'Elysée a répondu: "nous en tirerons toutes les conséquences".

Ce débat porterait "sur la rénovation de la vie politique dans une République nouvelle", sur "l'Etat impartial", "le refus des tensions dans les villes et dans nos quartiers", sur un nouveau référendum européen et sur "les priorités éducatives et écologiques", a-t-elle précisé.

Lundi matin, François Hollande avait pourtant estimé que le PS n'avait pas "besoin de rentrer dans une logique de négociations, de pourparlers" avec l'UDF. Avant le premier tour, Ségolène Royal avait rejeté l'appel de l'ancien Premier ministre Michel Rocard à une alliance UDF-PS, refusant toute "tractation" dans "le dos des électeurs". Lundi soir, elle a précisé que le dialogue qu'elle propose serait "public", "en toute transparence". "Pas question de petits arrangements entre amis, de négociations d'arrière-boutique", a certifié Jean-Louis Bianco.

Dans les prochains jours, Ségolène Royal va s'afficher avec des personnalités sociales-démocrates susceptibles de séduire les électeurs UDF, dont l'apport lui sera indispensable le 6 mai pour l'emporter.

Mardi, elle devait tenir une réunion à son "QG" avec Jacques Delors, que François Bayrou avait présenté comme son Premier ministre idéal en plus "jeune". L'ancien président de la Commission européenne devait également participer à un meeting. Mardi, à Montpellier, elle devait retrouver le député européen Daniel Cohn-Bendit, partisan d'une alliance Verts-PS-UDF. Elle va aussi inviter le président du Conseil italien Romano Prodi, lui aussi ancien président de la Commission et qui vient d'oeuvrer à la fondation d'un parti de centre-gauche allant des ex-communistes à l'aile gauche de la démocratie chrétienne.

Qualifiée pour le second tour face à Nicolas Sarkozy avec 25,87% des voix, Ségolène Royal a déjà reçu dimanche soir le soutien de ses six compétiteurs de gauche, de Marie-George Buffet à Arlette Laguiller. "Pour faire gagner la France, il faut donner une autre dimension à notre rassemblement", a-t-elle expliqué lundi.

Lundi 23 avril 2007, 21h30




PARIS (AFP) - Favori pour le deuxième tour de la présidentielle, Nicolas Sarkozy, arrivé largement en tête dimanche avec 31,18% des voix, veut s'adresser aux électeurs du centre sans éloigner ceux de l'extrême droite.

Après avoir mené une stratégie gagnante de premier tour en "droitisant" nettement son discours, M. Sarkozy doit désormais prendre en compte le poids nouveau du centriste François Bayrou (3e avec 18,57%) et gagner encore sur l'électorat FN (10,44%) pour l'emporter sur la socialiste Ségolène Royal.

Cela semble à sa portée, si l'on en croit les premiers sondages d'intentions de vote, qui le donnent vainqueur le 6 mai avec 52% à 54% des voix.

"Rassembler le peuple français autour d'un nouveau rêve français": en exprimant cette ambition dès les premières estimations, le candidat UMP s'est tourné vers les "Français qui ont peur" et les "accidentés de la vie", dans lesquels on pouvait voir les électeurs des extrêmes.

Et il a tenté de démentir les accusations de "brutalité" portées contre lui en exaltant une "France fraternelle".

Dès dimanche soir, comme s'ils ne doutaient pas de leurs réserves de voix à la droite de l'UMP, ses proches se sont chargés de multiplier les appels à l'électorat centriste.

"La main est tendue, la porte est ouverte. Nicolas Sarkozy n'a jamais insulté les électeurs de François Bayrou", a assuré sa porte-parole Rachida Dati.

Alors que le leader UDF --qui avait fait du candidat UMP son adversaire de choix-- n'a pas donné de consigne de vote et que Nicolas Sarkozy avait dénoncé par avance les "combinazione", l'UMP affiche sa volonté de s'adresser aux électeurs plutôt qu'aux états-majors.

"On ne passe pas par les appareils", "l'entretien, le face à face, c'est avec l'électeur", a déclaré lundi Brice Hortefeux, proche de l'ex-ministre de l'Intérieur, en estimant que "les valeurs portées par François Bayrou sont naturellement beaucoup mieux incarnées par Nicolas Sarkozy que défendues par Ségolène Royal".

Signe de cette volonté de rassembler vers le centre, François Fillon, "premier ministrable" de M. Sarkozy, a annoncé lundi la mise en place autour du candidat UMP d'un "pôle centriste" et d'un "pôle de gauche", dont l'un des animateurs sera le député Eric Besson (ex-PS), rallié la veille au champion de la droite.

Tout en faisant campagne sur "valeur travail" et "identité nationale", Nicolas Sarkozy avait, avant le premier tour, pris soin d'afficher ses soutiens centristes, tels Simone Veil.

C'est d'ailleurs avec elle qu'il a effectué lundi matin son premier déplacement de second tour, dans un foyer de femmes en détresse à Paris.

Dès dimanche soir, plusieurs députés UDF qui lui avaient apporté leur soutien, dont André Santini et Christian Blanc, ont appelé au rassemblement autour du candidat UMP.

Centriste d'origine, le ministre Jean-Louis Borloo est allé jusqu'à juger "nécessaire" et "indispensable" que les membres de l'UDF "soient massivement au gouvernement", en cas de victoire de Sarkozy.

L'ancien Premier ministre Alain Juppé a souligné, lui, que l'UMP a "depuis des décennies une longue habitude de travail avec l'UDF", manière de rappeler que les députés UDF ont été élus avec les voix UMP et pourraient avoir à faire un choix avant les législatives.

Enfin, M. Sarkozy, cible avant le premier tour d'attaques virulentes de la gauche et de l'UDF, devra éviter un front "Tout sauf Sarkozy" promis par certains.

Un risque "marginal", veut croire un cadre de l'UMP, pour qui le second tour est d'abord un vote d'adhésion.

Par Thomas MORFIN, le lundi 23 avril 2007, 16h42



PARIS (AP) - En cas d'élection, Nicolas Sarkozy formera "un gouvernement très ouvert, y compris au-delà du centre", affirme François Fillon, conseiller du candidat UMP, qui met à nouveau en garde l'UDF dans la perspective des élections législatives.

"Nicolas Sarkozy constituera, s'il est élu, un gouvernement très ouvert, y compris au-delà du centre, sur la société civile et sur les minorités visibles", déclare le député de la Sarthe dans un entretien publié mardi dans "Le Figaro".

S'il affirme que "dans la Ve République, il n'y a pas de négociations d'états-majors, il n'y a pas de marchandages", François Fillon prévient qu'il y aura "un problèmes aux élections législatives", si François Bayrou ne soutient pas Nicolas Sarkozy au second tour.

Si le candidat UDF se range du côté de l'UMP, alors "nous aurons un accord électoral pour les élections". Sinon, "l'UMP présentera des candidats dans toutes les circonscriptions", assure-t-il.

Mardi 24 avril 2007, 7h22




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