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23 octobre 2009 5 23 /10 /octobre /2009 11:28

(dépêches)




http://www.lefigaro.fr/international/2009/10/08/01003-20091008ARTFIG00018-tony-blair-domine-la-course-a-la-presidence-de-l-europe-.php
Tony Blair domine la course à la présidence de l'Europe 

De notre correspondant à Bruxelles, Jean-Jacques Mével
08/10/2009 | Mise à jour : 17:21 | Commentaires  137 | Ajouter à ma sélection

Candidat quasi déclaré, Tony Blair reste le plus crédible. Crédits photo : AP
Candidat quasi déclaré, l'ex-premier ministre britannique apparaît comme le plus crédible. Mais la bataille vient à peine de s'engager.
 
«Institution de premier plan cherche homme d'État doté d'une renommée internationale, rassembleur et européen convaincu. Adresser CV et références au Conseil européen, Bruxelles.» L'offre d'emploi est fictive, mais elle n'aurait pas nécessairement plus de succès que les premiers filets tendus par les Vingt-Sept pour trouver l'oiseau rare : le premier «président» européen à temps plein.

Candidat quasi déclaré, Tony Blair reste le plus crédible. À la Maison-Blanche, au Kremlin ou tout près de la Cité interdite, il répond à la première condition : il serait instantanément reconnu. Mais il faiblit sur les deux autres critères, ce qui revient à dire qu'il n'est pas inéluctable. D'autres jouent le consensus ou l'expérience, comme le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker, le Finlandais Paavo Lipponen ou l'ex-présidente irlandaise Mary Robinson. Ceux-là ont la faveur de la machine européenne. Mais ils passent plus difficilement le test de célébrité. «Avec le traité de Lisbonne, l'Union européenne va avoir besoin de véritables hommes d'État. Ceux qui en auraient la carrure et la notoriété préfèrent encore rester dans leur enceinte nationale. L'Europe muscle ses institutions. Mais elle n'a en lice que des semi-retraités ou des demi-pointures», déplore en privé un initié de Bruxelles.


Hommes de consensus

Pour la présidence du Conseil européen, le marchandage et les retours de faveurs n'ont officiellement pas commencé, assurait jeudi le premier ministre suédois, Fredrik Reinfeldt. Rendez-vous est pris pour le prochain sommet européen, les 29 et 30 octobre à Bruxelles. Ou plus tard, si le président tchèque, Vaclav Klaus, s'entête à ne pas signer le traité.

Beaucoup de candidats et de vœux nationaux restent à afficher. Les plus rapides à se découvrir risquent aussi d'être les premiers torpillés. Le dilemme, en tout cas, est déjà posé en termes de profil pour l'emploi. Pour leur «président» comme pour le haut représentant, futur «ministre» européen des Affaires étrangères, les Vingt-Sept auront besoin d'une voix forte, bien sûr. Mais pas au point d'indisposer les ténors, à Bruxelles et dans les autres capitales. Ni d'ajouter encore à la cacophonie européenne.

Les deux hommes inaugureront leur fauteuil. Leur personnalité déterminera en grande partie l'autorité et l'influence future de la fonction. D'où la nécessité d'un poids lourd. La diplomatie à vingt-sept impose aussi des hommes de consensus qui puissent travailler en tandem. Sans écraser ni les petits pays, ni les institutions existantes, la Commission de José Manuel Barroso et le Parlement, lui aussi renforcé par le traité.

Le référendum irlandais passé, les premiers positionnements face à Tony Blair suffisent à illustrer la complexité d'une équation à vingt-sept variables et beaucoup d'inconnues. Les trois pays du Benelux ont lancé un pavé dans la mare, en faisant savoir que le président devra avoir «démontré son engagement européen (…) et être sensible aux équilibres institutionnels». Il n'est pas difficile de lire entre les lignes : l'ex-premier ministre britannique a les avantages d'une star, il en porte aussi les inconvénients.

Être à tu et à toi avec Barack Obama, Vladimir Poutine ou Nicolas Sarkozy ne garantit pas la cohésion européenne. Il est aussi permis de douter de la loyauté européenne d'un premier ministre britannique qui a toujours gardé un pied dedans et l'autre au dehors : il a promis à ses concitoyens un référendum sur l'euro plusieurs fois, sans jamais passer à l'acte.

Dans les capitales, la «candidature» Blair suscite aujourd'hui bien peu de soutiens enthousiastes - même en coulisses. Ce n'est sans doute pas une surprise. Qui d'autre ? La sélection se fera entre chefs d'État, sans vote ni référendum. Et de Paris à Berlin, Madrid, Rome et Varsovie, personne n'a encore abattu son joker.

LIRE AUSSI :

» Le pari d'une signature tchèque avant la fin 2009

» INFOGRAPHIE - Ce que le traité de Lisbonne changerait

» Découvrez tous les candidats à la présidence de l'UE :



Déplacez le curseur pour visualiser l'ensemble des candidats. Cliquez sur l'image pour en savoir plus.

http://www.lefigaro.fr/international/2009/10/23/01003-20091023ARTFIG00006-blair-conteste-pour-la-presidence-de-l-europe-.php
Blair contesté pour la présidence de l'Europe

Claire Gallen à Bruxelles
22/10/2009 | Mise à jour : 20:49 | Commentaires  12 | Ajouter à ma sélection

Tony Blair, en avril dernier à Bruxelles. Cinq eurodéputés ont lancé une pétition destinée à s'opposer à son accession au poste de président du Conseil de l'UE. Crédits photo : AFP
L'ancien premier ministre britannique suscite la méfiance des « petits » pays et des autres institutions de l'UE.
 
La route vers la présidence de l'Europe se complique pour Tony Blair. Il y a quelques semaines encore, il semblait le mieux placé pour le prestigieux poste de président du Conseil européen. Mais, au fur et à mesure que se rapproche l'heure du choix, crispations et jeux de pouvoir font tanguer la perspective de sa nomination.

Les eurodéputés sont montés au créneau mercredi, avec une pétition ostensiblement anti-Blair. Le texte, lancé par cinq parlementaires, déroule une musique connue : il faut une personnalité «avec laquelle les peuples d'Europe puissent s'identifier». Pas sûr qu'avec son atlantisme pro-Bush, son soutien à la guerre en Irak et son pays eurosceptique, Tony Blair renvoie aux Européens une image enthousiasmante. Autres critères avancés : le candidat devrait venir d'un pays appartenant à la zone euro et à l'espace Schengen de libre circulation - ce qui n'est pas le cas de la Grande-Bretagne - et respectant la charte des droits fondamentaux, à laquelle Londres a négocié des dérogations. «Faut-il souligner que ce profil ne correspond absolument pas au candidat préféré de quelques grands pays, à savoir l'ancien premier ministre du Royaume-Uni, Tony Blair ?», s'interrogent les contestataires, emmenés par le socialiste luxembourgeois Robert Goebbels.

Pour que la pétition ait valeur de résolution adoptée par le Parlement, il faudrait qu'elle recueille la signature de la moitié des 736 eurodéputés. On n'en est pas encore là, mais ses arguments pourraient faire mouche.


La faiblesse des autres candidatures

Au début du mois, les pays du Benelux avaient dressé un portrait-robot fort similaire du futur président de l'Europe. Pour eux, le candidat devait «avoir démontré son engagement européen et développé une vision sur l'ensemble des politiques de l'Union». La Belgique, les Pays-Bas et le Luxembourg réglaient peut-être là de vieux comptes, comme le fait que Londres ait bloqué l'accession du Belge Guy Verhofstadt à la tête de la Commission en 2004. Mais ils disaient aussi les inquiétudes des «petits» pays de se voir évincés des postes de commande dans le futur paysage européen.

Dans la foulée, le chancelier autrichien a fait part de ses doutes sérieux sur le profil de Blair. Nicolas Sarkozy, jusque-là ardent défenseur du candidat britannique, a soudain semblé plus tiède en jugeant problématique que la Grande-Bretagne ne soit pas dans la zone euro. À Berlin, on garde le silence - mais force est de constater que quatre des cinq initiateurs de la pétition anti-Blair sont allemands… Il n'y a guère que Silvio Berlusconi pour lui garder son soutien, ce qui pourrait être un cadeau empoisonné.

C'est que la nomination du président de l'Europe touche une corde sensible. Instauré par le traité de Lisbonne, qui semble en bonne voie d'être adopté rapidement, après les dernières résistances de l'eurosceptique Vaclav Klaus, le poste a encore des contours flous. Président des travaux du Conseil, quel équilibre trouvera-t-il au sein de la machine européenne ? Visage et voix de l'Europe, empiétera-t-il sur les prérogatives du haut représentant, ce futur «ministre des Affaires étrangères» de l'Union ?

De fait, le premier à occuper le fauteuil de président lui donnera une impulsion décisive. Tony Blair a la stature internationale pour faire le poids face aux interlocuteurs américains, russes ou chinois. Mais avec son carnet d'adresses, son charisme et son aisance face aux médias, certains redoutent qu'il ne fasse de l'ombre aux autres institutions européennes, notamment au président de la Commission, José Manuel Barroso.

Cet épineux dossier sera vraisemblablement évoqué lors du sommet de l'UE des 29 et 30 octobre. La grande chance de Blair est peut-être la faiblesse des autres candidatures. Les noms de Guy Verhofstadt, du Luxembourgeois Jean-Claude Juncker ou du Finlandais Paavo Lipponen sont régulièrement avancés. À moins que l'Europe ne choisisse une femme, et dans ce cas l'Irlandaise Mary Robinson aurait ses chances. Leur bilan européen est impeccable. Mais il faudrait peut-être une personnalité plus forte pour représenter l'Union européenne et ses 500 millions d'habitants.


LIRE AUSSI :

» Tony Blair domine la course à la présidence de l'Europe

» Le BLOG de Pierre Rousselin

   

http://blog.lefigaro.fr/geopolitique/2009/10/blair-trop-brillant-pour-leuro.html
Blair trop brillant pour l'Europe
Par Pierre Rousselin le 22 octobre 2009 19h00 | Lien permanent | Commentaires (10)
EDITO Pour écarter Tony Blair de la présidence de l'Union européenne, les arguments ne manquent pas. Chacun a sa propre valeur. Mais la somme de toutes ces bonnes raisons ne peut cacher la véritable cause de l'échec probable de sa candidature : Tony Blair est trop brillant pour que l'Europe puisse accepter d'être représentée par lui.
 
Bien sûr, l'intéressé est britannique. Il y a là une première tare qui risque de se révéler rédhibitoire. Pour présider l'Europe, il ne suffit pas d'être européen. Encore faut-il être citoyen d'un pays aux lettres de créance irréprochables.
 
Ce n'est pas tant que le Royaume-Uni préférera toujours « le grand large » au Vieux Continent, comme disait le général de Gaulle (en citant Winston Churchill). D'autres obstacles plus secondaires se dressent : pourquoi confier la présidence de l'Union à un homme dont le pays ne participe pas à la monnaie commune ou à l'espace Schengen ? Ou bien dont le pays a négocié des exemptions et refuse d'appliquer la charte des droits fondamentaux ?
 
De tels critères n'excluent pas les seuls Britanniques mais peuvent s'appliquer aux Polonais, aux Suédois, aux Danois, aux Irlandais, et bientôt aux Tchèques, grâce aux efforts du président Vaclav Klaus.
 
Dans la cabale en cours, on trouve, en pointe, les « petits » États membres, peu pressés
de voir un « grand » accéder à un poste clé à Bruxelles. Suivi par l'Autriche, le Benelux est monté en ligne. À la manœuvre, Jean-Claude Juncker, qui s'y verrait bien et qui ne pardonne pas à Blair d'avoir fait capoter la présidence luxembourgeoise en 2005. Au Parlement européen, qui en est à faire circuler une résolution anti-Blair, d'autres rancœurs sont à l'œuvre.
 
Quant à l'Angleterre, les conservateurs, qui s'apprêtent à remporter les élections, sont à ce point antieuropéens qu'ils mènent une campagne active contre leur compatriote. Tony Blair fait peur à Londres autant qu'à Bruxelles. Il serait pourtant un contrepoids bien utile face
à David Cameron.
 
Ses qualités personnelles sont rarement évoquées, si ce n'est par ceux qui ont le regard rivé sur le rétroviseur et n'oublieront jamais son soutien à George W. Bush et à la guerre en Irak.
 
Reste qu'une Europe représentée, à Pékin ou à Washington, par une personnalité
comme Tony Blair aurait de l'allure. C'est sans doute ce dont les Vingt-Sept, jaloux de leurs prérogatives, ne veulent pas. Triste spectacle que celui d'une Europe qui fuit devant le talent.
Catégories:EDITO, Europe
Tags:David Cameron, Jean-Claude Juncker, Tony Blair, Union européenne 10 commentaires
dryagar a dit :
De l'affaire Jean Sarkozy.

C'est une puissante et maintenant parasitaire indignation qui me pousse à écrire cette lettre. Je n'aime pas l'indignation, elle nous donne l'air boursouflé de singes rougeauds battant des bras pour le respect qu'on leur doit. Il n'est donc pas glorieux d'être indigné, mais il est nécessaire d'être respecté. Car, le plus furieusement agaçant dans cette histoire banale, c'est qu'on nous prend pour des cons, et au delà, on ne nous respecte pas. On ne respecte pas notre intégrité et notre volonté de meilleur.

Observons !

Qu'un père en place, place son fils à une position enviée est d'un banal achevé. Dans tous les coins du monde, pour peu qu'on y connaisse la lumière, les pères aident leurs fils. Malgré tout, nous nous indignons, nous crions au favoritisme. C'est vrai, c'est odieux, le favoritisme. Mais que le père qui n'a jamais favorisé son fils, jette la première pierre à Jean S. Le favoritisme est républiquement insupportable, mais françaisement plus que pratiqué (et pardon pour ces deux néologismes calamiteux), la preuve c'est que nous savons pratiquer aussi son opposé, la discrimination. N'y a t-il personne en France, chez les prolos, les cadres, les journalistes, les patrons, les artistes, qui n'ait jamais cédé à la tentation de l'un ou de l'autre ? Franchement. Naturellement, nous pensons qu'un président de la république française est au dessus de cela, et qu'il est un exemple à suivre, tel un lider maximo à la française. Cela ne serait-il pas une illusion ? Un rêve de république française ?

Dans tous les cas, je ne vois pas là de quoi soulever un peuple. Les français pètent leurs idéaux plus haut que leur cul. Ils ne sont pas à la hauteur de leur réputation. D'ailleurs, nous nous contentons de soulever les bras, tandis que d'autres applaudissent.

Qu'un jeune homme de 23 ans, à peine achevé et formé, accède à un poste qui, de première évidence, le dépasse, ne peut mériter qu'une indignation mesurée. Combien de génies avons-nous repoussés sur le simple motif qu'ils étaient jeunes et un peu dilettantes ? Bien sûr, l'argument contraire est recevable. Combien avons-nous évités d'incapables ? Soit. Mais si cela frise tant les nerfs des français qu'un fils de président glisse là où ils ont toujours ramé, se pourrait-il que ce soit le fait d'une pointe de jalousie chafouine ? Bien sûr, cela fait grincer les dents et toute la jeunesse de 20 à 30 ans est en droit d'attendre désormais la même considération bienveillante de tout employeur. Mais en dehors d'une indignation légitime qui nous saisit, nous ne voyons pas là de quoi soulever un peuple. Nous nous contentons de soulever les bras tandis que d'autres applaudissent.

Mais qu'On (On, ici, désigne les volontés agissantes dans l'exercice du pouvoir politique et médiatique) nous explique que ce jeune homme, fils du président en place, ait atteint ce poste à la seule force de sa volonté et grâce à l'unanimité d'un collège électoral parfaitement neutre qui voit en lui l'homme de la situation, est une insulte à notre intégrité. Cela fait de nous des complices d'un mensonge. Cela nous place dans la situation de celui qui a vu un crime et qui affirme le contraire. Nous devenons ceux qui l'ont élus, puisque nous ne remettons pas en cause, grâce aux médias, les receleurs de l'opinion, le principe même de ce que nous croyons être une démocratie : la voix triomphante de l'élection à la majorité. Or, je dis que je ne crois pas à la démocratie dans ce cas. Au regard des deux précédents paragraphes, il est inutile d'essayer de me faire croire que cette majorité est pure de tout soupçon de complaisance. Et là, je trouve qu'il y a de quoi soulever un peuple. Car, si la majorité suffit pour être élu, elle ne suffit pas pour la véritable démocratie car elle doit aussi être exempte de toute influence.

Et, en cela réside l'insulte faite au peuple. Bafouer un système démocratique en lequel nous nous acharnons de croire est une chose grave. C'est un mensonge qui remet en doute tout ce à quoi il nous est indispensable d'adhérer dans l'élaboration d'une société juste et progressiste. C'est une démocratie maquillée comme une voiture volée que l'on nous somme de cautionner. C'est un manque de respect manifeste, une attitude méprisante pour la foule invisible que nous sommes. Naturellement, cela n'est pas nouveau ! Mais c'est cela qui est insupportable ! Et c'est pourtant ce qu'il nous faut, puisque nous ne voyons pas là de quoi soulever un peuple. Nous nous contentons de soulever les bras. Les autres n'ont pas fini d'applaudir.


Dor Dryagar

ps: pardon pour le hors sujet


22 octobre 2009 20h09
Thibaud C. a dit :
Très bon et très juste billet.

Seule remarque : la citation attribuée à de Gaulle est de Churchill ;)

22 octobre 2009 21h42
Nathalie a dit :
Je suis complètement CONTRE Tony Blair à la présidence de l'Europe. Pendant les presque 10 ans en tant que premier ministre, il n'a jamais mis l'Europe en avant. Pour lui l'Europe est une zone de marché bénéfique pour son capitalisme libéral. Il ne veut pas d'une Europe communautaire (il doit même pas savoir la significance du mot...). Pas UNE seule fois, il s'est adressé à la nation britannique avec le drapeau européen derrière lui comme le font les autres dirigeants européens. Pas une seule fois durant ses mandats, il a dit qu'il était pro-européen. Pas une seule fois il a dit les bénéfices pour la Grande-Bretagne de faire partie de l'Europe. Pire son ministre de l'économie qui était le chancelier Gordon Brown ... n'était pas pour l'Europe et était (et est toujours) anti-Euro. Il pense que la livre sterling est meilleure que toutes les autres monnaies, alors qu'elle est au plus bas, plus même qu'en 95. Et pourquoi cette chute après avoir été artificiellement gonflée par des banquiers assoiffés de profits? A cause de la politique ultra-libéral de Tony Blair et de son chancelier Gordon Brown. Ils ont fait assez de dégâts comme ça ici en Grande-Bretagne, pour les propager en Europe. Blair est un hypocrite. Il a vraiment déçu les gens de son parti, et a laissé le pays dans une vraie mouise. Comment peut-on le vouloir en Europe? Les Français, entre autres, sont aveugles et naïfs. Blair n'est pas européen de coeur, et les Anglais encore moins. La grande majorité crache sur l'Europe. Avoir Tony Blair comme président jetterait le discrédit sur l'Union européenne. Et cela fairait bien rire les anti-européens ici!

22 octobre 2009 22h18
Pierre Rousselin  a dit :
@Thibaud C. Merci. Pour ma défense, je crois que le propos de Churchill a été rapporté par de Gaulle... Je vais préciser cela....

22 octobre 2009 22h19
smroet a dit :
Je ne vois pas le "talent" de Blair. Après 10 ans de pouvoir au Royaume Uni, il est chargé de promouvoir la paix au Moyen Orient, comme représentant du "Quartet" - les USA, l'UE, l'ONU et la Russie - avec le (manque de) résultat que l'on sait. Son comportement pendant les discussions sur l'Iraq n'était pas favorable pour les Européens (qui étaient majoritairement contre l'invasion). Il est un "has been". Il n'a pas su faire entrer son pays dans le coeur de l'Europe (Euro, Schengen). Alors pourquoi le prendre maintenant pour ce poste? Contrairement à M. Jean Sarkozy, il n'est ni jeune ni prometteur. Il est juste bon pour maintenir le fossé entre les "élites" et le peuple européen.

22 octobre 2009 22h48
MmmH a dit :
À Monsieur Rousselin
Au Figaro,

Monsieur,

IL est trop fortement question de la candidature de Tony Blair à la présidence de l’Union Européenne (UE) pour n’y pas prendre garde. Ce sujet, récemment évoqué, est vite passé en arrière-plan, balayé qu’il a été par les affaires Polanski-Mitterrand et Jean Sarkozy : il n’a cependant pas disparu.

IL a été annoncé partout, y compris en Angleterre que Nicolas Sarkozy lui était très favorable ; ceci a été confirmé dans son interview au Figaro, où il faut pourtant noter, en comparaison de ce qui a été dit auparavant - que le président a fait preuve d’un peu plus de mesure ; je me perds alors en conjectures : s’agit-il d’une prudence pour éviter le sujet afin de ne pas éveiller les soupçons trop tôt ou parce qu’en pleine affaire de son fils à l’Epad, une cooptation à la fois, ça suffit ? Il a tout de même semblé faire un peu marche arrière mais il n’a rien démenti.
Et la presse a reporté ses tentatives de circonvenir Angela Merkel, la plus puissante parmi les opposants à Tony Blair (les autres opposants semblant être les Européens de l’est, Polonais, etc. ). On a finalement dit qu’il était en passe de faire « mollir » Angela.

Alors que le monde européen est largement indifférent aux premiers ministres anglais Tony Blair est bien connu du monde entier ; il n’est nul besoin de rappeler son rôle dans la guerre en Irak et en Afghanistan, son empressement servile, lui, le socialiste, auprès des Néo Conservateurs (NeoCons) Républicains, de la clique George « Dobeliou », Rumsfeld, Wolfowitz, Perle, Negroponte, John Bolton, etc.
Tout au plus faut-il peut-être rappeler que l’entrée en guerre de l’Angleterre ne s’est pas faite facilement, mais sur des manipulations éhontées de l’information et du public, des pressions incroyables sur les services secrets britanniques pour leur faire dire ce qu’ils n’avaient pas dit (le fameux « armes de destruction massive en moins de 45 minutes ») pour plus tard leur mieux faire porter la responsabilité de l’erreur. Ce rappel est utile car il illustre parfaitement le côté manipulateur de Blair, et le « Blair, menteur » (Blair, B-liar ») est une appellation courante au Royaume-Uni.


Pour les raisons qui viennent d’être énoncées il devrait déjà être écarté de la présidence de l’Europe. Mais on en sait probablement moins sur sa politique intérieure, laquelle ne relève pas le personnage et qui nous concerne tous, s’agissant d’un pays de l’Europe, et non des moindres.

En France, on critique la Droite qui fait une politique de gauche. En Angleterre, on peut dire que Blair est un socialiste (Labour party) qui a toujours fait une politique de droite.
(à suivre)

22 octobre 2009 23h08
MmmH a dit :
à Monsieur Rousselin (suite)

« Bien ! » me direz-vous, ne voyant que du bénéfice à ce monde à l’envers.
Méfiez-vous.
La politique de droite de Blair a été une politique économique - qui s’est exercée conjointement avec son chancelier Gordon Brown, lui-même Premier ministre aujourd'hui - qui a conforté le fonctionnariat (employé surtout au NHS, le système de santé national) au détriment de l’industrie et de la manufacture : la manufacture anglaise s’est littéralement effondrée dans la dernière décennie (pour exemple considérons la fin de toute industrie automobile anglaise avec la mort lamentable de Rover) et l'on cherche en vain ce que l’Angleterre produit aujourd'hui de significatif : les grands groupes se comptent sur les doigts de la main (ICI, Rolls-Royce aviation), et la participation aux efforts internationaux est restée très réticente (Airbus ou EADS, Ariane Espace, développement de l’avion de combat Eurofighter après refus de participer à un programme commun Rafale).

Tout a été misé sur ce qui fait la puissance classique de l’Angleterre : la finance, la City. Tony a eu quelques années de « bon », où il a pu, faisant illusion, stigmatiser les Conservateurs – Tories – en annonçant fièrement qu’il avait mis fin au jeu économique de la Droite du « quitte ou double » (Boom or bust).

Au point que c’est la finance mondiale, basée à la City, qui fait vivre l’Angleterre. Deux choses en plus : il a augmenté les impôts de façon aussi faramineuse qu’insidieuse (les fameuses « stealth taxes », taxes furtives), et il a emprunté « à mort » ; pour rembourser Gordon Brown a déjà dû vendre les réserves d’or de la Banque d’Angleterre et nous venons de voir qu’il s’apprêtait à vendre maintenant des actifs pour éponger le « plongeon ». En outre on privatise ; pour dégager de l’argent, pas pour rendre le service public meilleur, pensez-vous : pas le train – trop tard c’est déjà fait, les trains ne marchent pas, sont moches, déraillent et sont très chers – mais la Poste, le service de la Météo (il faudra payer pour avoir des bulletins, dans l’aviation, par exemple), et même le NHS, qu’on privatise en douce en faisant y faisant entrer discrètement le privé (pour l’électorat – langue de bois anglaise oblige - on est toujours à fond pour le service public) en changeant le statut juridique des hôpitaux. Et le chômage explose en dépit d’une politique d’emplois précaires et de baisse des salaires qui ferait frémir chez nous, battant tous les records. Les salaires, souvenir socialiste oblige, n’ont pas augmenté, il s’en faut de beaucoup : les Anglais se sont donc rués sur le crédit - avec le succès que l'on connaît - et sont désormais le peuple le plus endetté d’Europe.

Blair s’est d’ailleurs beaucoup délesté des questions économiques sur son chancelier, occupé qu’il était à servir Bush.
Continuation de cette politique : le refus d’entrer dans l’euro, la livre restant parallèle au dollar, illusion de la monnaie indépendante qui ne fait plus illusion maintenant que la seule force économique du pays, les banques, sont en dégringolade, que les actifs sont perdus et que le pays est en récession prononcée. La livre a perdu 35 % de sa valeur l’année dernière, un point sur lequel tous les partis et la presse sont étrangement peu diserts : chut, pas de bruit, ne pas trop rappeler aux Anglais ce qui est une dévaluation massive et donc une perte de leurs économies… Dévaluation : le mot maudit, à ne jamais prononcer. Les Anglais l’ont bien « dans le baba ». (Sur ce point, on peut dire que ceux qui là-bas ont voté socialiste ont eu exactement ce qu’ils méritaient…)

Alors, la politique de droite faite par Blair est sur beaucoup de points identique à celle faite en France, mais en pire, faite par le « côté gauche », avec un prétexte social -"C'est nous le camp des travailleurs" - : gouvernement sur un centre sans idéal, sur une même ligne fiscale qui ponctionne « dur » et abandonne toute prospérité pour la population. Une politique rabaissante : la Droite française ne gagnera rien à applaudir un tel personnage.

(à suivre)


22 octobre 2009 23h11
MmmH a dit :
à Monsieur Rousselin (suite)

La question de l’euro et le service de Bush ne sont pas les seules objections à l’Europe ; en fait Blair a toujours joué contre l’Europe :
1. Au Kosovo, où il a fait coup triple : soumission aux USA – jeu contre la Russie – jeu anti européen. La soumission aux USA et la trahison de la Serbie – un allié sûr durant deux guerres mondiales - s’est faite du temps de Clinton (voyez, il peut aussi servir les Démocrates) en faisant passer la « pilule » à la Serbie et à l’Europe, en jurant qu’on ne remettrait pas en question la souveraineté serbe sur le Kosovo. On sait ce qu’il en a été, puisque c’est le ministre des Affaires Etrangères - Jack Straw, je crois, celui qui libéra Pinochet - qui annonça la couleur du reniement de parole. Le jeu contre la Russie consistait à faire le jeu US, affaiblir la Russie en faisant tomber un à un ses anciens alliés satellites (par le fer ou par l’Otan). Le jeu contre l’Europe en reconnaissant ce pays fantoche qu’est le Kosovo indépendant, pour ensuite se déclarer favorable à son entrée dans l’UE.
2. L’Angleterre de Blair a toujours – toujours – été favorable à l’entrée de la Turquie en Europe ; par amour des Turcs ? Non, par « suivisme » US, pour encore une fois affaiblir l’Europe en la noyant, en la noyautant. C’est peut-être une politique de courte vue mais elle reflète toute la méfiance anglaise, prête à bien des imprudences vis-à-vis d’une Europe qui -sait-on jamais - pourrait être forte et bien gouvernée.
3. La presse à Murdoch – Fox News, le Times, le Sun – a toujours été du côté de Blair et de Brown car ceux-ci ont toujours incarné la résistance à l’Europe qui faisait le jeu US. (Aujourd’hui, on sait que Murdoch vient de changer de camp, qui soutient désormais la candidature Tory (D. Cameron) : par opportunisme, parce que Brown va certainement prendre un « bouillon » aux prochaines législatives et qu’il faut toujours être du côté des vainqueurs, qui sont, quelle chance, eux aussi, eurosceptiques).

Le rôle de Blair au Moyen-Orient : une belle prébende offerte par GW Bush ; les résultats ?

Quitterai-je la liste de ses méfaits sans perler des « tuition fees », l’instauration de l’université payante pour tous? Sous le motif que les étudiants seraient la fraction « supérieure » de la population, il serait « normal » que ceux-ci « raquent » sur leurs avoirs à venir ! Sous prétexte de justice sociale et pour sauver l’enseignement – car il y a toujours un prétexte fallacieux en surface - on les impose donc sur un argent potentiel, un argent qu’ils n’ont pas encore ! Et nous voyons désormais des gamins qui démarrent dans la vie – voyez les étudiants en médecine – dans le rouge, avec moins trente mille euros en banque : voilà où mène le socialisme à la Blair : une politique d’hyper droite, dont la Droite n'oserait même pas rêver, de pure sélection par le « fric ».

Tony Blair compte bien sûr des alliés au parlement européen, au sein du groupe travailliste, lequel en Angleterre brille par son inaction totale - voir les déclarations de Madame Kinnock - Il ne s’agit que d’amener un ami à l’auge bruxelloise.

Il faut alors s’étonner grandement que Nicolas Sarkozy puisse inviter un tel homme à présider l’Europe, quand tout démontre combien celui-ci y est opposé, quand tous ses actes démontrent son absence d’ambition autre que personnelle : cela n’apparaîtra-t-il pas comme une petite cooptation de plus, pour être entre copains, tandis que les affaires de l’Europe et des Européens seront passées par pertes et profits ? Où doit-on penser qu’il y a là un calcul, que Nicolas Sarkozy pense qu’il pourra alors compter sur un allié de plus ? Il se ferait alors bien des illusions, s’il croit qu’il manœuvrera Blair… Il fera la plus mauvaise affaire possible avec lui.

Non, il ne suffit alors pas qu’un tel « présente bien, qu’il ait « de la gueule » ; les peuples de l’Europe attendent du concret, pas du marketing, pas cette basse politique oligarchique dont Blair est l'archétype. Il faut, à bien regarder son bilan, une sacrée dose d’audace pour soutenir qu’il est « trop bien pour nous », trop « brillant », que nous ne le mériterions pas! Coopter un tel illusioniste, un faussaire ! Quelle horreur ! Quelle malchance !

Blair apportera l’échec à une Europe fragilisée dans l’opinion des peuples, l’asservissement à l’Otan, la perte de crédibilité en matière d’affaires étrangères (question du Moyen-Orient), la destruction de nos services publics sous prétexte de compétitivité, et il n’aura de cesse de fragiliser l’axe franco-allemand, ce qui nous mettra tous à mal, dans tous les domaines.

Et si ce poste de président n’était – comme on a dit – qu’un poste « potiche », moi j’en veux au moins une belle, de potiche ; ce qui l’exclut encore.


Je vous prie d’agréer, monsieur, l’expression de ma très haute considération.


22 octobre 2009 23h12
Antoine a dit :
Mouais. Dommage que vous n'ayez pas développé sur "ses qualités personnelles" ; vous affirmez qu'il est "brillant" mais ne le démontrez à aucun moment.

Et pour ma part, je regarde la route et le rétroviseur, et je sais surtout distinguer une route dessinée en trompe-l'oeil sur un mur d'une véritable voie.

23 octobre 2009 1h26
Pierre Rousselin  a dit :
@MmmH Merci pour votre contribution aussi intéressante qu'exhaustive. Vous développez à merveille les deux premières phrases de mon édito. Je reconnais que celui-ci est à dessein provocateur mais il demeure que le "charisme" de Blair me paraître être la principale (mauvaise) raison qui milite contre lui.

23 octobre 2009 11h03



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