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8 novembre 2009 7 08 /11 /novembre /2009 09:15

(dépêche-blog)


L'ostalgie, un exemple de ceux qui crachent sur la liberté de penser



A propos du mur de Berlin : la vérité sur la RDA
 
Dimanche 8 novembre 2009

Les media, véhicules habituels de l’intoxication et de la désinformation, se déchaînent autour de l’anniversaire de la chute du mur de Berlin. Cet événement fait chaud au cœur des capitalistes et de leurs larbins de tout poil. A tel point que Radio France va se fendre d’une journée entière d’émissions spéciales. Les journalistes protestent… Pourquoi ?.. Parce qu’ils veulent dix émissions différentes au lieu d’une seule sur toutes les chaînes de radio !
Evidemment, pour les héritiers des Wendel, Prouvost, Schneider et Cie, qui, depuis les années trente jusqu’au bout ont choisi Hitler, la destruction du mur est un souvenir bien plus suave que la victoire de l’Armée rouge contre le nazisme les 8 et 9 mai 1945…

Il faut rappeler à celles et ceux qui voudraient contester le capitalisme, que « le communisme est mort » et il l’est définitivement.

L’obsession de nos dirigeants politiques, de la bourgeoisie qu’ils représentent et de tous les parasites à leur service, historiens stipendiés ou journalistes, est d’empêcher la perception par les salariés de l’existence d’une autre conception du monde basée, sur la propriété collective des moyens de production et d’échange.

Archi-rabâchée cette affirmation qu’il n’y a plus de socialisme, plus d’idée communiste, révèle, si on l’analyse entre les lignes, la peur perpétuée de voir renversé le pouvoir de la bourgeoisie. Marx et Engels l’écrivirent en leur temps, dans le "Manifeste du parti communiste" : « Un spectre hante l’Europe : le communisme. ».

C’est la même "peur de la sociale" qui avait motivé les grands capitalistes Krupp et Thyssen allant chercher Hitler et fabriquant le parti nazi ; Reagan écrasant le régime populaire de l’Ile de la Grenade et finançant les "Contras" au Nicaragua ou encore Robert Schuman, ancien ministre de Pétain et valet des maîtres de forges créant la Communauté européenne…

Plusieurs émissions de télévision, la RDA, parlons-en… nous ont « alertés » sur un phénomène qui court dans l’est de l’Allemagne baptisé « l’ostalgie ». Voilà donc des gens qui vivent dans le paradis de la liberté capitaliste et ont le culot de regretter les temps de l’ancienne RDA (République Démocratique Allemande), régime pourtant qualifié de totalitaire.

Mesurant concrètement la différence de leur condition de vie entre avant et après 1989, nombre d’Allemands de l’Est pensent qu’ils ont beaucoup plus perdu que gagné à la chute du mur. Ils ont troqué une société sans chômage, dans laquelle les besoins essentiels étaient satisfaits contre une liberté de consommer totalement illusoire, puisque l’on n’a pas les moyens d’acheter, une société ou le travail est une denrée rare.

Nos journalistes français glosent sur les mauvaises raisons des « ostalgiques », se moquent d’eux avec un rien de mépris ; mais les faits sont là…

La RDA était la 7ème puissance économique mondiale et ses habitants disposaient d’un niveau de vie le plus haut de tous les pays socialistes comparable à celui des grands pays capitalistes de l’ouest, et ce malgré les effets de ralentissement de l’économie socialiste soviétique dus à la période dite de la stagnation (le temps de Brejnev) et au fonctionnement du COMECON, où, depuis les années soixante-dix, les décisions se prenaient un peu trop en fonction des seuls intérêts soviétiques.

En 1989, la RDA était un pays industriel moderne, doté d’une agriculture compétitive et d’un système social quasiment sans exemple ailleurs dans le monde. L’aciérie d’Eisenhüttenstadt était la plus moderne d’Europe. L’agriculture nationale approvisionnait, depuis les années 80, le commerce alimentaire. Le chômage était, pour les citoyens de la RDA, un mot exotique. Tout cela dans un pays qui ne disposait d’aucune matière première économiquement stratégique et devait donc les importer.

Pourtant, ce petit pays de 17 millions d’habitants était né sur les décombres laissés par la seconde guerre mondiale : en 1945, 40% des installations industrielles et 70% des centres de production d’énergie étaient détruits sur le territoire de ce qui devait devenir la RDA. Lançant la politique de guerre froide, les dirigeants US organisèrent un véritable blocus contre la zone d’occupation soviétique, puis contre la RDA. La division en deux Etats de l’Allemagne fut le fait des impérialistes états-uniens et britannique. En mai 1949 ils décidèrent unilatéralement la création de la RFA, cœur industriel et énergétique de l’ancien Reich.

La riposte des Soviétiques et des Allemands de l’Est fut, en octobre 1949, la création de la RDA. Elle fut portée sur les fonts baptismaux par Wilhelm Pieck, Otto Grotewohl et Walter Ulbricht (dirigeants communistes et sociaux-démocrates réunis en 1946 dans le parti socialiste unifié S.E.D.) mais aussi par Otto Nuschke, Wilhelm Kuelz et Johannes Dieckmann (dirigeants chrétiens-démocrates et libéraux restés en R.D.A.) Il s’agissait de rendre une vie meilleure possible pour la population qui habitait désormais la R.D.A. : 17 millions de personnes dont 4,3 millions de personnes déplacées. Dans cette action, le S.E.D. fut soutenu par des partis traditionnellement implantés dans la bourgeoisie. La R.D.A. fut fondée à l’initiative du bloc antifasciste des partis démocratiques grâce à un mouvement de masse très large "pour l’unité et une paix juste".

Les fondateurs de la RDA se lançaient dans une entreprise titanesque : il fallait réorganiser de fond en comble la société que leur avaient léguée les capitalistes et les propriétaires fonciers, industrialiser et moderniser une société marquée par le fascisme et par la guerre.

L’Allemagne de l’Est ne disposait pas, en 1945, des cadres nécessaires pour diriger l’industrie et l’agriculture. Personne ne savait qui pourrait prendre la tête d’entreprises comme Buna ou Zeiss. Cette question ne fut résolue que plus tard, après un puissant effort de formation et, dans beaucoup de secteurs, pas avant la fin des années 50.

Il existait une totale sécurité en matière sociale, garantie par le caractère socialiste des rapports de production. Les réalisations furent exemplaires en matière de construction de logements, de conventions collectives, de possibilités de vacances offertes à tous à des prix abordables. L’Etat socialiste a ouvert la voie des universités aux enfants d’ouvriers et de paysans. La condition des femmes était une des plus avantageuses en Europe (salaire égal, retraites, contraception, divorce, etc…). On y vit la création systématique de crèches pour les enfants, d’écoles maternelles ainsi que d’autres institutions leur étant destinées. La mise en place de l’école de dix classes, moderne et d’enseignement général nivelait le chemin de la vie devant tous les enfants issus du peuple, un système de formation professionnelle initiale correspondant aux besoins, englobant toutes les branches professionnelles et débouchant pour tous sur un emploi, la multiplication des grandes écoles et l’extension du système de santé. Il y eut et il reste encore de grandes réalisations culturelles reconnues dans le monde entier.

Les créateurs de la RDA étaient des Résistants, de farouches antinazis, bien plus que leurs collègues de l’Ouest. La contribution à la paix mondiale et spécialement européenne de l’Etat socialiste allemand fut sans commune mesure. Par exemple, la reconnaissance internationale de la ligne Oder-Neisse n’aurait pas été possible sans la politique de la R.D.A. Celle-ci négocia et ratifia le traité de Görlitz (traité par lequel la R.D.A. reconnut sa frontière avec la Pologne, 100 000 km2 au détriment de l’Allemagne) et se préoccupa de garantir le caractère pacifique de la nouvelle frontière avec la Pologne. La RDA comptait près de 4,3 Millions de "personnes déplacées" de ces régions.

La RDA au cœur du combat

La RDA était située à la frontière même de la lutte économique, politique idéologique, en première ligne, et cela durant toute son existence. Ainsi elle du fournir un effort financier particulièrement important au moment où le déploiement de missiles Pershing par l’OTAN obligeait le pacte de Varsovie à des investissements militaires énormes (1979). Elle fut en permanence sous le feu des officines idéologiques de la CIA, comme les stations de radio "Radio free-Europe" et "Voice of America" qui à partir de Berlin Ouest, abreuvaient de mensonges les citoyens des pays socialistes qui pouvaient les capter.

La démocratie capitaliste est un leurre et l’affrontement de classe, à l’échelle internationale, est terrible : une lutte au couteau, où tous les coups sont permis.

Les causes externes de la fin de la RDA

Malgré tout ce que nous savons de son caractère progressiste, l’Etat socialiste allemand est tombé, comme ses frères d’Europe de l’Est.

Dans ce combat, on le sait, les prolétaires ont perdu une manche avec la disparition des pays socialistes d’Europe de l’Est, et notamment de la RDA. Cela, en aucune manière n’indique l’échec du socialisme, mais seulement, qu’à ce moment de l’Histoire, les capitalistes étaient les plus forts.

Mais il faut rappeler les conditions de la défaite de l’URSS et du monde socialiste. Bien qu’ayant gagné sur le terrain la seconde guerre mondiale, l’Union soviétique était exsangue en 1945 avec ses vingt-sept millions de morts et, son territoire ravagé. Au contraire, les Impérialistes US avaient atteint un état économique florissant. Leurs dirigeants, suivis de leurs valets britanniques, dès lors prêts à conserver la deuxième place dans le monde capitaliste, lancèrent alors la guerre froide. Il faut le savoir, dès le début, les USA s’opposèrent à ce que l’on fasse payer des réparations à l’Allemagne officiellement parce qu’elles auraient mis en danger « la restauration de l’économie européenne après la guerre ». Cet argument servit de simple masque aux objectifs américains réels, qui demeuraient antagoniques avec l’octroi de réparations aux autres vainqueurs militaires en 1945 pour les mêmes raisons qu’en 1919 : empêcher que les rivaux impérialistes (Grande-Bretagne et France) ou socialiste (URSS) ne puissent bénéficier de cet apport financier. Les motifs du veto étaient encore renforcés en 1945 par le fait que l’URSS, principal vainqueur avait soustrait ses 22,4 millions de km2 à la propriété privée et à la libre circulation des capitaux. Un apport matériel conséquent de « réparations » aurait bénéficié en premier lieu à l’URSS en 1945, il aurait amélioré leur position concurrentielle dans le commerce international et, plus largement, dans l’économie mondiale. Il aurait grandement nui au rendement maximal des capitaux que les Américains projetaient d’exporter dans les meilleurs délais dans le Reich.

Dispensé du combat chez lui, l’impérialisme états-unien a mis la main sur la partie de l’Allemagne, qui conservait des infrastructures industrielles modernes (essentiellement la Ruhr) et sur le Japon, peu atteint par la guerre. A cet égard, on voit bien que l’utilisation des bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki était, de leur point de vue un avertissement et quel avertissement ! pour l'URSS.

Les dirigeants états-uniens, suivis des Britanniques dès lors prêts à conserver la deuxième place dans le monde capitaliste, lancèrent la guerre froide. Il faut le savoir, dès le début, les USA s’opposèrent à ce que l’on fasse payer des réparations à l’Allemagne, officiellement parce qu’elles auraient mis en danger « la restauration de l’économie européenne après la guerre » qui n’aurait pu se concevoir sans « reconstruction économique » préalable et prioritaire « de l’Allemagne ». Cet argument masquait les objectifs américains réels, farouchement opposés à l’octroi de réparations aux vainqueurs militaires en 1945. Ceci  pour les mêmes raisons qu’en 1919 : empêcher que les rivaux impérialistes (GB et France) et surtout  socialiste (URSS) ne puissent bénéficier de cet apport financier. Les motifs du veto étaient encore renforcés en 1945 par le fait de telles « réparations » auraient bénéficié en premier lieu à l’URSS.

Par la suite, avec le plan Marshall, l’impérialisme US a "aidé" ses débiteurs d’Europe de l’Ouest et a construit les fondements d’une machine de guerre économique anticommuniste. L’Allemagne était déjà un enjeu essentiel : l’Etat tout subordonné aux impérialistes US, créé autour de Bonn fut le cheval de Troie des USA au sein de la CEE, mais aussi le poste avancé de la lutte idéologique antisocialiste, sans cacher les appétits de territoires des expansionnistes germaniques qui, jamais, ne dénazifièrent leur pays. Le Japon fut utilisé de la même manière, et les USA en profitèrent pour vivre à crédit, grâce à leurs déficits et à la puissance du dollar.

Bien qu’une bonne partie de l’Europe de l’Est fût devenue socialiste, la majorité de la planète restait dans le système capitaliste. Dans ce cadre, les pays du COMECON (2) ne pouvaient vivre en autarcie. Ils devaient acheter un certain nombre de produits dont ils ne disposaient pas ou pas suffisamment, à des prix très élevés.

Il fallait d’abord se défendre et cela avait un prix, exorbitant il faut bien le dire. Les USA ont entraîné le monde socialiste dans la course aux armements, y compris à travers la conquête de l’espace qui avait, on l’a vu avec Reagan, un but de domination militaire non dissimulé. Les fusées, les missiles, les bombes ont constitué le principal poste budgétaire des dépenses soviétiques. On devine quel aurait été le sort du monde socialiste s’il n’avait pas suivi le rythme imposé par les USA et les grands états capitalistes. Qu’on se souvienne des trois millions de communistes indonésiens massacrés, des chiliens disparus, emprisonnés, torturés, assassinés.

Il fallait aussi aider les régimes progressistes, les autres pays en marche vers le socialisme dans le monde. L’URSS et le COMECON ont ainsi dépensé des sommes importantes dans l’aide militaire, au Vietnam, par exemple, qui doit sa liberté aux armes soviétiques. Tous les pays progressistes ou socialistes en danger devaient être aidés. Cela justifie la guerre en Afghanistan ; il fallait riposter aux tentatives des stratèges états-uniens de renverser le régime socialiste afghan.

Il fallait enfin consacrer de grosses sommes à l’aide économique. Permettre, par exemple, un tarif minimal des prix du café aux petits producteurs de toute l’Afrique, cela avait un coût. Les échanges avec beaucoup de pays de la planète ne se faisaient pas au prix du "marché", mais bien au-dessus, afin de tenir compte des besoins.

Ainsi donc, l’écart existant entre le niveau économique des USA et celui de l’URSS en 1945 n’explique pas tout. Ne serait-ce que parce qu’il a continué de diminuer de manière spectaculaire jusqu’aux années 60 et plus lentement ensuite.

Cela veut-il dire que l’économie socialiste était moins performante que celle des pays capitalistes ? La question vaut d’être posée. Un certain nombre de théoriciens "socialistes" glosent aujourd’hui sur une certaine impuissance de l’économie planifiée lorsque le stade de développement atteint est comparable aux pays capitalistes développés, ce qui était le cas de la plupart des pays socialistes d’Europe de l’Est à partir des années 70. L’exemple chinois que ces gens-là mettent en avant est édifiant. Le PIB de cet immense pays a, effectivement, bondi depuis les années 80. Mais, il s’agit d’une mesure propre aux pays capitalistes. Qu’en est-il des inégalités, de la satisfaction des besoins des classes populaires ? Comme ses prédécesseurs impérialistes des USA, d’Europe de l’Ouest ou du Japon, l’impérialisme chinois est devenu une société qui crée des profits énormes pour quelques-uns au grand détriment de la plupart des autres.

Nous l’avons vu avec la RDA, les pays socialistes d’Europe ne produisaient pas moins, n’étaient pas moins modernes que leurs rivaux capitalistes. L’utilisation des richesses produites était tout simplement fondamentalement différente. Pendant que les uns se préoccupaient de dégager une plus value la plus importante possible, perpétuellement préoccupés de la baisse tendancielle du taux de profit, les autres se consacraient à la satisfaction des besoins réels des peuples. La santé gratuite, l’accès des enfants des milieux populaires à l’université, la couverture sociale intégrale, l’inexistence du chômage, des salaires élevés et comparables quelle que soit la profession, ça a un coût. Les pays socialistes avaient des impératifs qui étaient à l’opposé de ceux des actionnaires capitalistes.

On ne peut terminer sans dire un mot du combat idéologique intense qui a été livré. Les marges dégagées par les profits capitalistes ont permis de financer tout ce qui permettait de mener la lutte essentielle à leurs yeux pour détruire le monde socialiste. Cela pouvait passer par des sacrifices relatifs, comme les vitrines sociales du capitalisme européen, la France, la RFA ou encore le fameux modèle suédois ; tous ces systèmes ont été démontés dès que le capital n’en a plus eu besoin. A noter que, même en France où les choses allaient le plus loin, conquêtes ouvrières obligent, les patrons ne payaient que 50 % des retraites et de la protection sociale ; dans les pays socialistes, l’ensemble des richesses créées y était consacré, aucun salaire n’était amputé…

Quand on voit ce qu’un capitaliste comme l’Américain George Soros est capable de faire aujourd’hui : participer au financement des coups d’Etat en Yougoslavie, Ukraine, Géorgie et peut-être bientôt Moldavie, simplement pour concurrencer des rivaux allemands ou russes, on imagine assez bien ce que ses amis ont pu réaliser pour combattre l’ennemi intégral qu’était le socialisme réel. La pénétration idéologique, le pilonnage qui fut fait pour convaincre les habitants des pays socialistes qu’ils étaient à l’étroit dans leur monde, valait bien que l’on y consacrât des sommes énormes. D’autant plus qu’après la fin des pays socialistes, ils se sont remboursés au centuple…
 
On peut mesurer enfin la puissance de la pénétration idéologique impérialiste à un seul fait : l’arrivée à la direction du PCUS d’un Gorbatchev et de sa clique, qui n’avaient rien de militants communistes.

solidaire
Par valenton rouge - Publié dans : Mémoire ouvrière et révolutionnaire - Communauté : Parti Communiste



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