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29 avril 2010 4 29 /04 /avril /2010 07:10

(dépêches)

 

Mort de l'académicien Pierre-Jean Rémy le 27 avril 2010 à 73 ans

 

 


http://www.lemonde.fr/carnet/article/2010/04/29/jean-pierre-angremy-alias-pierre-jean-remy_1344703_3382.html
http://www.lemonde.fr/web/imprimer_element/0,40-0@2-3382,50-1344703,0.html
Diplomate, écrivain
Jean-Pierre Angrémy, alias Pierre-Jean Rémy
LE MONDE | 29.04.10 | 17h17  •  Mis à jour le 29.04.10 | 17h17


eux vies boulimiques en une. Diplomate et écrivain, l'académicien Pierre-Jean Rémy est mort, dans la nuit de mardi 27 au mercredi 28 avril, à l'âge de 73 ans à Paris. Né le 21 mars 1937 à Angoulême, cet ancien élève de l'ENA (1961-1963) - de son vrai nom Jean-Pierre Angrémy -, mena, pendant des années, et parallèlement à ses activités de haut fonctionnaire, une carrière littéraire fertile : sa bibliographie compte plus d'une soixantaine d'ouvrages. "Son oeuvre a puissamment contribué à faire connaître au grand public le métier de diplomate et les trésors des archives diplomatiques (...) Avec lui, s'en va l'une des figures les plus originales et les plus attachantes de la diplomatie et de la littérature française", a déclaré Bernard Kouchner, ministre des affaires étrangères.

 
Après des études secondaires au lycée Condorcet, Jean-Pierre Angrémy est étudiant à l'Institut d'études politiques de Paris (1955-1958), à la faculté de droit (licence, option sciences économiques). Il suit aussi à la Sorbonne des cours de sociologie. Il part pour les Etats-Unis où il devient l'assistant du philosophe Herbert Marcuse (1898-1979) à l'université de Brandeis (Massachusetts). C'est sur ce campus qu'il se lie d'amitié avec le poète Claude Vigée. De retour en France, il prépare avec succès le concours de l'ENA (promotion "Saint-Just").

Il entre alors au Quai d'Orsay et part aussitôt pour Hongkong avec le titre de vice-consul archiviste (1963-1964). Il est bientôt nommé deuxième secrétaire d'ambassade à Pékin. De retour, en 1966, en Europe, Jean-Pierre Angrémy rejoint l'ambassade de France à Londres comme deuxième puis premier secrétaire jusqu'en 1971. Après un bref passage à la direction générale des relations culturelles du Quai d'Orsay, il est détaché à l'ORTF (1972), en qualité de directeur, adjoint au PDG, chargé de l'harmonisation des programmes. Il préside, à ce titre, la commission des coproductions cinéma-télévision et participa à la Commission d'avances sur recettes du centre national de la cinématographie (CNC).

Administrer, créer : il est aussi acteur dans un film de Pierre Kast Un animal doué de déraison (1976). En 1975, il repart à Londres, cette fois en qualité de conseiller culturel. A partir de 1979 et jusqu'en 1981, il est directeur du théâtre et des spectacles au ministère de la culture. Chargé de mission, à l'automne 1981, pour l'étude de la construction d'un théâtre musical populaire, il dirige pendant quelques mois l'équipe qui prépare le premier projet du nouvel Opéra-Bastille.

Nommé, au début de l'année 1985, consul général de France à Florence et, en avril 1987, directeur général des relations culturelles, scientifiques et techniques au ministère des affaires étrangères, Jean-Pierre Angrémy devient ambassadeur, délégué permanent de la France auprès de l'Unesco (1990-1994), et membre du conseil exécutif de l'organisation à partir d'octobre 1992.

D'autres grands postes suivront : directeur de la Villa Médicis, à Rome, de mars 1994 à janvier 1997. Puis, jusqu'en 2002, président de la Bibliothèque nationale de France. "Le service de l'Etat est au fond le seul que je respecte et le seul pour lequel je pense être né", estimait ce diplomate curieux, homme pressé, avide de lecture et d'écriture, grand collectionneur de romans du XVIIIe siècle.

SONDER L'ÉPOQUE

C'est en 1963 que Jean-Pierre Angrémy ampute son patronyme de ses trois premières lettres. Il adopte son nom de plume : Pierre-Jean Rémy. Jean-Pierre Angrémy est encore élève à l'ENA lorsqu'il publie, sous son vrai nom, son premier roman, Et Gulliver mourut de sommeil (Julliard, 1962). Mais il faudra attendre un an pour que son pseudonyme apparaisse sur la couverture de Midi ou l'Attentat (Julliard).

Ses publications vont s'enchaîner à un rythme frénétique. "J'écris au rythme qui est celui de ma vie", confiait-il. L'écrivain prolifique avait recours, pour certains de ses livres qui étaient souvent des "pavés", à d'autres pseudonymes : Nicolas Meilcour, Raymond Marlot, Jean-René Pallas ou Pierre Lempety.

Au total, on lui doit soixante-sept titres et d'innombrables articles. Cette oeuvre protéiforme sonde l'époque. Elle est nourrie par la carrière féconde et brillante du diplomate. Ses différents postes ont fixé le cadre et nourri bien des intrigues de ses romans. Sa production explore (presque) tous les genres : d'abord le roman traditionnel, puis le polar avec Mémoires secrets pour servir à l'histoire de ce siècle (Gallimard, 1974), le récit érotique avec Don Juan (Albin Michel, 1982), le roman épistolaire avec Comédies italiennes (Flammarion, 1984), les notes de voyages avec Villa Médicis : Journal de Rome (Odile Jacob, 2008). Pierre-Jean Rémy est aussi l'auteur de biographies : Callas, une vie (Albin Michel, 1979), Berlioz (Albin Michel, 2002). Des mémoires, des poèmes... Le seul genre qui n'est pas abordé est le théâtre. Il en était pourtant passionné : il collabora, pendant plusieurs années, à l'hebdomadaire Le Point, en qualité de critique théâtral. Il assura aussi les chroniques régulières d'opéra et de musique lyrique dans divers magazines et revues (Harmonie, Diapason, Revue des deux mondes).

Elu à l'Académie française le 16 juin 1988, Pierre-Jean Rémy avait connu le succès dès 1971 : Le Sac du Palais d'été (Gallimard) sera couronné par le prix Renaudot. En 1984, il reçut le Prix de la nouvelle de l'Académie pour L'Orient-Express II et, en 1986, deux ans avant son élection au fauteuil de Georges Dumézil, le Grand Prix du roman pour Une ville immortelle (Albin Michel).

Le 14 mai paraîtra, aux éditions du Seuil, Voyage présidentiel, un roman dans lequel il nous fait entrer dans l'intimité d'un président qui se révèle bien plus complexe que la fonction à laquelle il fut attaché pendant des années. On ne peut s'empêcher de songer, au terme de ce double parcours à un Pierre-Jean Rémy plus complexe que Jean-Pierre Angrémy, et inversement.


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21 mars 1937 : Naissance à Angoulême.
1963 : Début de sa carrière de diplomate.

1971 : "Le Sac du Palais d'été", chez Gallimard, prix Renaudot.

1988 : Elu à l'Académie française.

Nuit du 27 au 28 avril : Mort à Paris.




Vincent Roy
Article paru dans l'édition du 30.04.10




http://www.lejdd.fr/Culture/Depeches/Sarkozy-rend-hommage-Pierre-Jean-Remy-189596
Culture |  29/04/2010 - 21:51

Sarkozy rend hommage Pierre-Jean Rémy
Nicolas Sarkozy a rendu hommage à Pierre-Jean Rémy, l'académicien et diplomate décédé dans la nuit de mardi à mercredi. Dans un communiqué, le chef de l'Etat a salué un "diplomate brillant", un "homme de très grande culture, passionné d’art lyrique et ardent promoteur de l’opéra", dont les oeuvres (plus d'une soixantaine) "continueront longtemps d’inspirer des générations".


http://www.academie-francaise.fr/immortels/base/academiciens/fiche.asp?param=677
Pierre-Jean RÉMY (1937-2010)

Élu en 1988 au fauteuil 40

Commandeur de la Légion d'honneur
Officier de l'ordre national du Mérite
Commandeur des Arts et des Lettres


Prédécesseur : Georges DUMÉZIL
 
 
Œuvres
Discours et travaux académiques
 
Diplomate, romancier, essayiste
Biographie

Né le 21 mars 1937, à Angoulême, de son nom véritable Jean-Pierre Angremy.
Études primaires et secondaires au lycée Condorcet, latin, grec, beaucoup de littérature. Vacances d'été en Auvergne (Riom-ès-Montagnes, Cantal, dont son père est originaire). Étudiant à l'Institut d'études politiques de 1955 à 1958 ; à la Faculté de droit (licence, option " Sciences économiques ") et à la Sorbonne (Sociologie). Assistant de Herbert Marcuse à l'université de Brandeis (Massachusetts, États-Unis) ; puis élève de l'ENA (promotion "Saint-Just", 1963).
À partir de cette date, Pierre-Jean Rémy commence une double carrière de diplomate et d'écrivain.
Le diplomate se trouve tour à tour en poste à Hong-Kong, où il est vice-consul archiviste de 1963 à 1964 ; à Pékin, où il est deuxième secrétaire d'ambassade de 1964 à 1966. L'Asie, la Chine, les écrivains français qui ont vécu en Chine ont, à ce moment-là, une influence décisive sur lui. Il rentre en Europe à la fin de 1966 pour être nommé deuxième secrétaire, puis premier secrétaire à Londres, où il séjourne jusqu'en 1971.
Après un bref passage à la direction générale des Relations culturelles du Quai d'Orsay où il s'occupe des échanges artistiques, il est détaché à l'O.R.T.F. en 1972, en qualité de directeur, adjoint au président-directeur général, chargé de l'harmonisation des programmes. À ce titre, il préside la Commission des coproductions cinéma-télévision de l'Office ; il est également membre de la Commission d'avances sur recettes du C.N.C. Il repart ensuite pour l'Angleterre, en 1975, et séjourne encore quatre ans à Londres, conseiller culturel, cette fois, auprès de l'Ambassade de France.
De 1979 à 1981, il est directeur du théâtre et des spectacles au ministère de la Culture. Chargé, à l'automne de 1981, des dossiers " Cité de la Musique " à la Villette et " Opéra Bastille ", il dirige pendant quelques mois l'équipe qui prépare le premier projet du nouvel Opéra de la Bastille et rédige la première étude, qui servira de fondement à cette entreprise. Il demeure ensuite deux ans en instance d'affectation avant d'être nommé, au début de 1985, consul général à Florence.
En avril 1987, il est nommé directeur général des Relations culturelles, scientifiques et techniques au ministère des Affaires étrangères.
D'avril 1990 à février 1994, il est ambassadeur, délégué permanent de la France auprès de l'UNESCO ; à partir d'octobre 1992, il est membre du Conseil exécutif de cette Organisation.
De mars 1994 à janvier 1997, il est directeur de l'Académie de France à Rome, Villa Médicis. De janvier 1997 à mars 2002, il est président de la Bibliothèque nationale de France. Il est également revenu en 2001 vers ses premières affections chinoises en devenant président des Années France-Chine 2003-2005.
La carrière littéraire de Pierre-Jean Rémy s'inscrit essentiellement sous le signe du roman. Il a publié, depuis 1962, une quarantaine d'ouvrages. Le Sac du Palais d'Été lui a valu, en 1971, le prix Renaudot ; L'Orient-Express II, le prix de la Nouvelle de l'Académie française en 1984 ; Une Ville immortelle, le grand prix du Roman de l'Académie française en 1986.
L'intérêt qu'il porte au théâtre lui a fait collaborer pendant plusieurs années à l'hebdomadaire Le Point, en qualité de critique théâtral. De la même façon, il a assuré les chroniques régulières d'opéra et de musique lyrique dans divers magazines tels que Lyrica, Harmonie, Diapason, et La Revue des Deux Mondes. Il a d'ailleurs publié plusieurs ouvrages sur la musique, dont des biographies de Maria Callas et de Berlioz.
Collectionneur, enfin, de romans du XVIIIe siècle, il a participé à la réédition d'un certain nombre d'entre eux.
Pierre-Jean Rémy a, en outre, collaboré à des films et à des séries de télévision (Orient-Express ; Le Diable au cœur ; Le Dernier Été).
Il a été élu à l'Académie française, le 16 juin 1988, au fauteuil de Georges Dumézil (40e fauteuil).
Mort le 27 avril 2010 à Paris.
 

 

 
http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/ministere_817/disparition-pierre-jean-remy-28.04.10_81933.html
Disparition de Pierre-Jean Rémy (28 avril 2010)
Déclaration de Bernard Kouchner

"C’est avec beaucoup de tristesse que j’apprends la disparition de Pierre-Jean Rémy.

Je souhaite lui rendre hommage à la hauteur de ce qu’il fut pour la diplomatie française et tout particulièrement l’action culturelle à laquelle il a consacré une grande partie de sa carrière au quai d’Orsay. Dans chacun des postes qu’il a occupés, notamment comme ambassadeur auprès de l’UNESCO ou directeur de l’Académie de France à la Villa Médicis de Rome, son action, nourrie du sens de l’Etat et de la passion de la France, demeure un exemple. Il incarnait à merveille cette conviction que, pour la France, diplomatie et culture sont inséparables.

Son œuvre a puissamment contribué à faire connaître au grand public le métier de diplomate et les trésors des archives diplomatiques. Sa disparition représente une grande perte pour le ministère des Affaires étrangères et européennes auquel il a tant apporté et où il comptait de nombreux amis fidèles.

Avec lui s’en va une des figures les plus originales et les plus attachantes de la diplomatie et de la littérature françaises. Tous ceux qui l’ont aimé et qui admirent son œuvre éprouvent une grande peine. Je partage leur chagrin et leur émotion.

Dans ces circonstances particulièrement douloureuses, j’adresse à sa famille et à ses proches mes condoléances personnelles les plus attristées."

http://www.lexpress.fr/culture/livre/questionnaire-de-proust-pierre-jean-remy_797864.html
Entretien
Quand Pierre-Jean Rémy répondait à Marcel Proust
Par L'Express, publié le 22/03/2001, mis à jour le 28/04/2010 à 17:00

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Bourlingueur, diplomate, amateur de peinture italienne, poète à ses heures, Pierre-Jean Rémy avait mille vies. Patron de la Villa Médicis, puis président de la Bibliothèque nationale de France de 1997 à 2002, l'académicien est décédé dans la nuit de mardi à merdredi, à l'âge de 73 ans. L'Express lui avait posé le questionnaire de Proust en 2001.

Quelques dates
1937 Naissance à Angoulême, le 21 mars.
1971 Prix Renaudot pour Le Sac du palais d'été.
1988 Election à l'Académie francaise.
1994 Directeur de la villa Médicis, à Rome.
1997 Président de la Bibliothèque nationale de France.
2001 Etat de grâce, chez Albin Michel, et Dire perdu, chez Gallimard.
27 avril 2010 Mort à l'âge de 73 ans.Le bonheur parfait, selon vous?

Ecrire au soleil, en Toscane ou en Provence.

Où et à quel moment de votre vie avez-vous été le plus heureux?

Peut-être à Londres. J'avais 40 ans et je me croyais encore un jeune écrivain.

La qualité que vous préférez chez un homme?

Je sais, ce n'est pas très original: l'amitié vraie et chaleureuse.

Chez une femme?

Tout. Et ceci en plus: l'inimitable.

Quel est le trait de votre caractère dont vous êtes le moins fier?

Je suis écrivain, donc lâche.

Votre plus grande peur?

Etre plus lâche encore.

Que possédez-vous de plus cher?

Ceux que j'aime, mais ce sont eux qui me possèdent...

Qu'avez-vous réussi de mieux dans votre vie?

A survivre.

La couleur que vous aimez?

L'arc-en-ciel.

Les noms que vous préférez?

Armance, Bérénice, Sophie.

Vos peintres favoris?

Giorgione, Carpaccio, Piero della Francesca, Serge Poliakoff.

Vos auteurs favoris?

Un trio indissociable: Stendhal, Balzac, Proust.

Un livre de chevet?

J'en ai deux: Les Fleurs du mal, de Baudelaire, et Les Ecrits intimes, de Stendhal, dans la première édition de la Pléiade.

Vos compositeurs préférés?

Schubert, Mozart, Wagner, Strauss.

La chanson que vous sifflez sous votre douche?

Est-ce ainsi que les hommes vivent? Une chanson de Léo Ferré sur un poème d'Aragon.

Votre film culte?

Brigadoon, de Minnelli. Pour la robe jaune de Cyd Charisse...

Votre drogue favorite

Le Jack Daniel's.

Quels sont vos héros dans la vie d'aujourd'hui?

Cecilia Bartoli et Susan Graham. Pour moi, cette Italienne et cette Américaine sont les plus merveilleuses mezzo-sopranos d'aujourd'hui. Et, toutes les deux, je les aime d'amour...

Votre boisson préférée?

Un très, très, très bon bordeaux.

Que détestez-vous par-dessus tout?

La bonne conscience et le "politiquement correct".

Si vous deviez changer une chose dans votre apparence physique, que choisiriez-vous?

Avoir 20 kilos de moins.

Votre plus grand regret?

Ne pas avoir vécu trois ans, entre 30 et 40 ans, dans un pays lointain, et pauvre.

Les fautes qui vous inspirent le plus d'indulgence?

Celles sur lesquelles tant d'autres s'acharnent.

Comment aimeriez-vous mourir?

Très, très vieux. Mais en très bonne santé et très lucide.

Etat présent de votre esprit?

Embrumé...

Votre devise?

"Encore un petit moment, monsieur le Bourreau!"


 

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