Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
17 avril 2010 6 17 /04 /avril /2010 13:37

(dépêche)

 

La 3e voie commencerait à se dessiner en Grande-Bretagne : Nick Clegg, leader des libéraux démocrates (libdem), grand vainqueur du premier débat électoral

 

http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/nick-clegg-le-troisieme-homme-73560
vendredi 16 avril - par Voltaire
Nick Clegg, le troisième homme, bouleverse les élections britanniques
 En raison du système électoral en vigueur en Grande-Bretagne (scrutin majoritaire à un tour), les élections législatives se jouent toujours entre les deux partis dominants que sont les conservateurs (Tories) et les travaillistes (Labour). Mais, à 3 semaines du scrutin (prévu le 6 mai prochain), le premier débat télévisé jamais organisé entre les responsables des trois grands partis britanniques, qui comprend aussi les Libéraux-Démocrates, a changé la donne. Car c’est Nick Clegg, le jeune président des « LibDem » qui a crevé l’écran à la surprise générale et remporté haut la main ce débat, menaçant pour la première fois depuis 65 ans un monopole politique bien établi.

Organisé à l’initiative du leader conservateur David Cameron, généralement à l’aise dans les média, la chaine télévisée ITV1 organisait ainsi le 15 avril, soit exactement 3 semaines avant le scrutin, le premier d’une série de trois débats entre les chefs des trois principaux partis britanniques. La présence du leader des Libéraux Démocrates était une première, et en partie due au premier ministre travailliste Gordon Brown, en délicatesse dans les sondages. Ces derniers suggéraient en effet jusqu’ici la possibilité d’une absence de majorité absolue pour l’un ou l’autre des deux partis principaux, et donc l’éventualité d’une nécessaire coalition avec les Libéraux Démocrates pour que le Labour puisse demeurer au pouvoir.
 
Les Libéraux-Démocrates réussissent régulièrement des scores aux alentours de 20% aux élections britanniques, mais le mode de scrutin actuel qui permet au candidat arrivé en tête au premier tour d’emporter le siège leur a toujours été très défavorable, et ils n’ont jusqu’ici jamais réussi à s’imposer vis-à-vis des deux partis dominants (ils ont une cinquantaine de députés à la chambre des communes actuellement). Pro-européens, partisans d’adopter l’euro comme monnaie, plutôt libéraux au niveau économique mais aussi défenseur de plus de justice sociale (ils proposent par exemple des taxes supplémentaires sur les profits financiers et une exemption fiscale pour les plus bas revenus), les LibDem ont un positionnement politique proche de celui du MoDem, avec qui ils siègent d’ailleurs au sein du même groupe au parlement européen.
 
Consacré aux affaires intérieures britanniques, ce premier débat télévisé devait, pensait-on, permettre de déterminer si David Cameron, actuel favori des sondages, allait pouvoir prendre le large, ou si Gordon Brown, qui a plutôt bien géré la crise économique, allait pouvoir remonter son handicap. Mais à la surprise générale, c’est le quasi-inconnu Nick Clegg qui a emporté tous les suffrages des téléspectateurs, étant donné vainqueurs pour plus de 60% d’entre-eux. Très à l’aise à côté d’un Cameron plus emprunté et d’un Brown agressif, il a su constamment renvoyer dos à dos les leaders des deux grands partis à propos de leurs promesses dépourvues d’éléments concrets, tandis qu’il avançait ses propres propositions chiffrées. Et surtout, il a su faire passer, un peu à la manière de François Bayrou en 2007, un message qui a fait mouche : « Non, la seule option que les électeurs ont dans cette élection n’est pas de voter rouge ou bleu, oui il existe une autre voie possible, crédible et juste, et cette voie c’est celle des Libéraux Démocrates ».
 
Plus que les sondages sur le débat télévisé lui-même, c’est l’enquête sur les intentions de votes pour le scrutin du 6 mai qui a fait l’effet d’un tremblement de terre : les LibDem sont en hausse de 14 % (!), et à 34% d’intentions de vote, talonnent les conservateurs (36%), tandis que le Labour est en queue à 24% ! Pour la première fois, un leader Libéral Démocrate acquiert une crédibilité de candidat au poste de premier ministre.
 
Bien sûr, les machines électorales et les soutiens médiatiques des Tories et du Labour vont maintenant se mettre en marche pour écraser celui qui a eu l’impudence de contester leur domination sur le système politique britannique, et Nick Clegg aura fort à faire pour conserver une chance raisonnable de l’emporter. Mais il semble bien qu’en Grande-Bretagne comme en France, les électeurs soient las d’un système bloc contre bloc stérile où les belles paroles l’emportent sur les actions concrètes, et qu’ils aspirent à une gouvernance renouvelée.
 
Crédit image : Reuter
 
16 avril 20:35, par Voltaire
Il me faut préciser que les résultats du sondage indiquant 34% d’intentions de vote pour les Libéraux Démocrate réalisé juste après le débat télévisé correspondent à une étude effectuée sur des personnes ayant regardé le débat.
Pour l’ensemble de la population, la progression des Libéraux démocrates est plus modeste (+4%), les plaçant encore en troisième position à 24%, tandis que les conservateurs sont à 35% et le Labour à 28%.
Une autre étude indique que parmi les personnes ayant regardé le débat, 23% ont indiqué avoir changé leur intention de vote, dont plus de la moitié (54%) en faveur des LibDems (http://www.guardian.co.uk/politics/...).
Le chemin reste donc long pour Nick Clegg et les LibDems, mais ce débat a néanmoins relancé une campagne jusqu’ici uniquement focalisé sur le duopole Tory-Labour.

16 avril 21:15, par Annie
Je ne voudrai pas vous enlever vos illusions, Voltaire et je dois préciser que je n’ai pas regardé le débat télévisé, mais le score des 20% des libéraux a toujours été dû au vote tactique. Cela fait 25 ans que je vote pour les libéraux pour contrer les conservateurs. Nick Clegg m’inspire encore moins que les autres dirigeants du parti libéral, et certains étaient charismatiques mais la question n’est pas là. Le pays est encore plus polarisé qu’en France, et chacun sait au Royaume-Uni qu’un vote pour les libéraux est un vote perdu, sauf dans les élections locales.

16 avril 22:27, par Voltaire
Pour suivre les élections britanniques depuis mon doctorat là bas (20 ans aussi...), je partage votre avis général. Mais je vous recommande de lire la presse britannique suite à ce débat : je connais mal Nick Clegg, mais il est clair que c’est la première fois que les média donnent une chance réelle aux LibDems. Tout va dépendre des prochains jours, s’il arrive à maintenir ce momentum ou retombe dans la zone sans espoir. Mais il est évident que ni Gordon Brown, usé par les 13 années de domination Labour, ni David Cameron, peu expérimenté, ne séduisent l’électorat. Si Clegg parvient à incarner un véritable espoir de changement, une surprise est possible.

16 avril 21:34, par Marianne
C’est très encourageant !

La bipolarité en Grande Bretagne est pire qu’en France à cause de leur scrutin uninominal majoritaire à un tour, qui écrème uniquement les partis arrivés en tête dans chaque circonscription, sans donner une possibilité de rassemblement de 2ème tour. Ce qui fait qu’au final, le Parlement ne représente aucunement les sensibilités du pays reflétées par les voix exprimées en %.
En France, le scrutin des législatives au moins est à deux tours. Mais il reste à base majoritaire, ce qui élimine les partis minoritaires du droit à la parole s’ils n’arrivent pas en tête au 2ème tour. Les Allemand eux, ont mis en place un correctif sur 50% des sièges pour représenter les partis minoritaires en proportion des voix du 1er tour, laissant une prime de 50% au majoritaire. Nous devrions faire de même ...

Rappelons que l’UMP envisage un scrutin à un tour aux prochaines élections territoriales, espérant remporter la mise plus que maintenant ...
Mais au train ou va l’UMP, cela ne fera peut-être que renforcer le PS !
En tout cas ce n’est pas démocratique !

17 avril 11:16, par Voltaire
Dernier sondage national aujourd’hui :
Conservateurs : 33%
Libéraux Démocrates : 30%
Travaillistes : 28%

Les cartes apparaissent comme totalement rebattues dans cette élection, et l’enjeu du prochain débat sera considérable. Si Nick Clegg parvient à maintenir une image de premier ministrable et d’être en position de réellement contester la victoire, le mouvement d’opinion pourrait être irrésistible, tant il existe une réelle insatisfaction vis-à-vis des deux autres partis.

17 avril 18:21, par asterix
Je ne partage pas le point de vue, majoritaire dans vos commentaires, d’un système d’élections à deux tours qui serait plus démocratique que le même système à un seul tour. Que du contraire ! Deux tours signifie d’une part la partie de pêche en attendant l’émergence de deux tendances, et de l’autre, le rejet du pire ennemi" pour le second tour, second tour qui s’apparente entre le choix de la peste ou du cholera, quand il n’y a pas un Le Pen pour brouiller plus encore ce salgimondis.
Un seul tour permettrait l’expression pleine et entière de la volonté populaire et non une " démocratie fabriquée " ou un parti qui représente 30 pour cent des voix - réellement exprimés dans le cadre d’un choix multiple - reçoit près de 75 pour cent des élus. Et celui qui en a seulement 28 pour cent - Vae victis ! " juste de quoi former un groupe à l’assemblée. Quant à ceux oscillant entre dix et 20 pour cent au premier tour, ils n’ont jamais rien à dire, si ce n’est qu’on les a oubliés derrière la porte...
Socialos ou majorité présidentielle, croyez-vous que la France mérite ce seul binôme ?
Notre système belge qui, en gros, vous donne dans des circonscriptions étendues - que l’on pourrait par exemple fixer au niveau d’une région en France - permet l’envoi, toujours grosso modo, d’un élu par tranche de dix pour cent de votants en un seul tour.
Ce système est incontestablement plus démocratique, son inconvénient majeur étant qu’il est nettement moins décisoire, entendu qu’il faut nécessairement un accord entre plusieurs tendances pour former une majorité. Il a aussi la caractéristique de n’avoir nul besoin d’un Président, le Premier Ministre étant le chef de la majorité, donc responsable directement devant l’Assemblée.
Je trouve donc que la France a le système démocratique le moins démocratique du monde et que celui-ci permet tous les excès. Voyez la coupure entre les brontosaures de la politique, les élus parachutés ou non et la population si vous avez encore à être convaincus.

18 avril 10:00, par Voltaire
Dernier sondage ce dimanche (The independent on Sunday) :
Conservateurs : 31%
LibDems : 29%
Travaillistes : 27%

Le débat de mardi sur la politique étrangère devrait être regardé par une audience énorme, car une telle incertitude dans les sondages entre les 3 partis majeurs est sans précédent.

18 avril 20:09, par Voltaire
Les Libéraux Démocrates ont une excellente réputation au niveau de leur gestion locale, mais n’ont jamais été en mesure d’appliquer leur programme au niveau national en raison du système électoral en vigueur en Grande-Bretagne.
Le "phénomène" Nick Clegg est bien sûr un élément de communication sans importance, mais il a du succès en raison même de la lassitude des électeurs envers les deux autres partis traditionnels.
Le programme des LibDems est assez similaire à ce que ferait un parti centriste en France, donc il n’y aurait guère de surprise à attendre de ce côté là. Mais deux éléments les distingues des autres :
- leur vision européenne, beaucoup plus fédéraliste que celle des tories et Labour : il faut d’ailleurs signaler que seul les LibDems ont dirigé un groupe parlementaire au parlement européen (l’ALDE, dans la mandature précédente).
- l’absence de scandale financier : alors que conservateurs et travaillistes ont vu de très nombreux députés de leur parti touché par le récent scandale de l’abus de biens public à des fins personnelles, aucun député LibDem n’a été mis en cause... De même , leur gestion locale n’a jamais été remise en cause. Ils ont donc une certaine réputation de main propre qui peut jouer dans l’élection.

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0

commentaires

Résultats officiels
de l'élection présidentielle 2012
 


Pour mettre la page en PDF :
Print


 




Petites statistiques
à titre informatif uniquement.

Du 07 février 2007
au 07 février 2012.


3 476 articles publiés.

Pages vues : 836 623 (total).
Visiteurs uniques : 452 415 (total).

Journée record : 17 mai 2011
(15 372 pages vues).

Mois record : juin 2007
(89 964 pages vues).