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17 juillet 2013 3 17 /07 /juillet /2013 06:23

Communiste et même stalinien, puis gauchiste ; protestant, catholique, puis musulman voire islamiste ; philosophe devenu négationniste, l’intellectuel de grande envergure a repris les thèses les plus misérables de la pensée contemporaine.


yartiGaraudy01Roger Garaudy est mort il y a un peu plus d’un an, le 13 juin 2012 à 98 ans. Ce mercredi 17 juillet 2013, il aurait eu 100 ans, l’occasion de revenir sur l’existence de cet intellectuel atypique, d’une grande culture mais qui a été plus un puits à polémiques qu’un puits de science.

C’est presque gâcher l’intelligence humaine que de l’avoir mise au service d’une originalité si appuyée que le cheminement de toute une vie reste encore bien obscur et mystérieux malgré les dizaines d’essais qu’il a rédigés (près d’un par an), ce qui en a fait l’un des intellectuels du XXe siècle les plus prolifiques. Obscur et sulfureux aussi, car la fin de sa vie n’a pas brillé par la pertinence de ses prises de positions.

Il était à lui tout seul une sorte de paquet à scandales, à polémiques, à buzz, à trolls, à réactions en chaîne pour forum sur Internet.

À l’origine, il a été communiste comme de nombreux intellectuels et artistes de son époque (à l’instar des Edgar Morin ou Yves Montand). Il l’a été dès 1933, avant d’être reçu brillamment à l’agrégation de philosophie à 23 ans, et de soutenir sa thèse de doctorat à la Sorbonne à 40 ans, sur la "Théorie matérialiste de la connaissance". Cela l’a même amené à se faire élire député à 32 ans (ce qui lui valut une solide amitié avec l’abbé Pierre), puis sénateur (il a gagné quatre élections, il a perdu deux fois et finalement, il a démissionné en 1962 pour se consacrer à ses réflexions). Considéré même comme le théoricien du parti communiste français, fier d’être un élu « stalinien de la tête aux pieds », réfutant ceux qui évoquaient le goulag, il a évidemment déçu ceux qui l’ont vu s’éloigner à la fin des années 1960 au point d’être formellement exclu du PCF en juin 1970 (comme dans la "belle" époque des purges …staliniennes).

Je dis "à l’origine", mais en fait, son origine était plutôt dans une famille à moitié athée au sein de laquelle il s’était converti au protestantisme à 14 ans, et le communisme a été un choix personnel en relation avec son christianisme car il voulait rendre compatible le communisme et l’humanisme. La religion a été pour ce philosophe un liant culturel très fort, mais très éclectique puisqu’il s’est converti au catholicisme dans les années 1970 puis s’est intéressé à l’islam au point de s’y convertir au début des années 1980 sans pour autant quitter sa propre religiosité (« Ma foi commence là où s’arrête ma raison. »). Dès 1965 ("De l’anathème au dialogue"), il proposait des échanges entre communistes et chrétiens.

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Ce fut d’ailleurs l’une de ses incompréhensions avec le PCF, mais pas seulement : d’autres considérations lui ont mis de la distance avec la ligne officielle des communistes ("Peut-on être communiste en 1968 ?" et "Pour un modèle français du socialisme"). D’abord, l’invasion soviétique à Prague en août 1968 l’a passablement déstabilisé sur la pertinence du modèle soviétique qui allait à l’encontre du dialogue entre les peuples (on ne dialogue pas avec des chars). Mais le mouvement de mai 1968 l’avait déjà séduit au point d’épouser les thèses de l’extrême gauche, groupes politiques en opposition avec le discours communiste officiel. Enfin, il estimait que les progrès de la science nécessitaient de repenser la lutte des classes sous un angle plus moderne ("le bloc historique nouveau"), et cela avec trente ans d’avance sur Internet et le smartphone, deux éléments du quotidien de nos sociétés qui ont révolutionné les modes sociaux et les rapports entre ceux qui savent et ceux qu’on informe.

Le tournant crucial fut en 1981 quand Roger Garaudy devint musulman ("Promesses de l’islam"). Il créa notamment un musée à Cordoue pour présenter l’histoire médiévale de l’islam en Espagne et fut sollicité par l’Arabie saoudite au conseil supérieur international des mosquées. Il a été même récompensé par le très propagandiste (et cocasse) "Prix Kadhafi des droits de l’homme" en 2002, prix qui a également été attribué à Nelson Mandela en 1989, Ahmed Ben Bella (1916-2012) en 1995, Fidel Castro en 1998, Evo Morales en 2000, Hugo Chavez (1954-2013) en 2004, Daniel Ortega en 2009 et Recep Tayyip Erdogan en 2010.

Si sa conversion à l’islam en a interrogé plus d’un, elle paraît avoir été le chemin nécessaire pour arriver sur l’autre rive de la polémique et de l’isolement intellectuel, celui du négationnisme. Pourtant, Roger Garaudy, qui avait combattu au début de la Seconde guerre mondiale, avait même reçu la "médaille de la déportation et de l’internement pour faits de Résistance" (après sa croix de guerre), pour son internement à Djelfa (en Algérie) de septembre 1941 à février 1943. Il avait pris position contre la première guerre du Golfe, ce qui l’avait rendu sympathique aux yeux de certains musulmans.

Roger Garaudy a fait paraître au printemps 1996 un essai qui a scandalisé beaucoup de monde et en particulier ses anciens amis communistes de "L’Humanité", "Les Mythes fondateurs de la politique israélienne" (il fut initialement diffusé, quelques mois avant, de manière très confidentielle).

Cet ouvrage est ouvertement négationniste. Il reprend à son compte les théories complotistes classiques de l’antisémitisme qu’il a rebaptisé "antisionisme" (dans le même contournement sémantique que l’humoriste Dieudonné, qui semblait avoir du mal à réprimer son rire lors de la crémation du philosophe le 18 juin 2012 à Champigny-sur-Marne) mais que la justice a considéré comme de l’antisémitisme et de la provocation à la haine raciale : « Loin de se borner à une critique du sionisme (…), Roger Garaudy s’est livré à une contestation virulente et systématique des crimes contre l’humanité commis contre la communauté juive. (…). Bien qu’il s’en défende, [il] présente sous forme d’une critique politique (…) d’Israël ce qui n’est qu’une mise en cause de l’ensemble des Juifs » (jugement 27 février 1998 confirmé en appel le 16 décembre 1998 et par la Cour de cassation le 12 septembre 2000 ; la Convention européenne des droits de l’homme a rejeté le recours le 24 juin 2003).

Pourtant, Roger Garaudy avait paradoxalement précisé dans son livre : « Notre lutte contre le sionisme politique est (…) inséparable de notre lutte contre l’antisémitisme. ».

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Comme une vulgaire marionnette qui répète les tirades habituelles de l’antisémitisme, il s’en prenait sans distinction au prétendu "lobby juif" qui gouvernerait la France : « Alors que la population juive, en France, constitue environ 2% du peuple français, le sionisme règne sur la majorité des décideurs politiques, des médias, à la télévision et à la radio, dans la presse écrite, qu’il s’agisse de quotidiens ou des hebdos, le cinéma, surtout avec l’invasion d’Hollywood, et même l’édition (par les comités de lecture où ils peuvent imposer leur veto) sont entre leurs mains, tout comme la publicité, régente financière des "médias". ». On pourrait presque croire que c’était du Céline sans le style.

Roger Garaudy s’en prenait aussi violemment à la politique supposée expansionniste d’Israël (le livre a été écrit après les accords d’Oslo), et remettait en cause l’existence même de l’extermination des Juifs par Hitler en assurant que la Shoah n’était qu’une simple fiction ayant pour but de servir l’expansionnisme sioniste qu’il qualifiait de nazi, tout en dénonçant l’impérialisme des États-Unis (c’était avant la guerre en Irak).

Le problème (dans son incohérence intellectuelle), c’est que cette remise en cause est allée très loin puisqu’il prétendait que les Juifs morts dans les camps d’extermination ne l’auraient été que par le typhus et qu’ils auraient ensuite été incinérés pour de simples raisons d’hygiène.

Roger Garaudy en arrivait ainsi à faire de macabres comptes d’apothicaire sur le nombre réel de victimes du nazisme (à quoi ça rimait puisque une seule victime suffit à sa condamnation ?) : « Le mythe des 6 millions de Juifs exterminés devenu un dogme justifiant, sacralisant (comme l’implique le mot même, Holocauste) toutes les exactions de l’État d’Israël en Palestine, dans tout le Proche-Orient, aux États-Unis et, à travers les États-Unis, dans toute la politique mondiale, en les plaçant au-dessus de toute loi internationale. » (c’est un condensé de négationnisme au style pompeux et amer qu’on peut étrangement retrouver sur Internet).

Roger Garaudy se fit en particulier insistant sur les preuves matérielles qu’il supposait inexistantes et sur les nombreux témoignages incroyables de rescapés susceptibles de ne pas être fiables. Il s’en prenait par exemple au "Journal" d’Anne Frank : « Le roman, merveilleusement émouvant, se substitue au réel, et une fois de plus le mythe se déguise en histoire. » (pourtant, ce journal a été authentifié par les scientifiques).

Tant sur le nombre de morts, sur les moyens de les tuer, sur le gaz, sur les camions, sur les trains, que sur les fours crématoires, toute l’infrastructure industrielle de l’extermination a été passée au peigne fin de Roger Garaudy pour croire que cela aurait été impossible (tous les pseudo-arguments matériels avancés avaient pourtant déjà été récusés par les scientifiques). L’ancien communiste avait bien sûr son explication : « Pour justifier du caractère sacral de l’Holocauste, il fallait qu’il y eût extermination totale et organisation industrielle inédite des exécutions puis crémation. Extermination totale. Il fallait pour cela que fût envisagée une solution finale du problème juif qui fut l’extermination. ».

Et c’est ce même déni du génocide qui a rendu silencieux justement de nombreux rescapés après la libération des camps d’extermination, car ils se disaient qu’ils ne pourraient jamais être crus par leurs proches s’ils racontaient la réalité atroce qu’ils avaient vue et vécue. C’est justement le sens d’ouvrages fondamentaux comme "Si c’est un homme" de Primo Levi, dont le but était justement de témoigner dans l’indicible et l’invraisemblable.

C’est parce qu’il y a des intellectuels qu’on pourrait croire de grande culture et de haute volée que la loi qui interdit le négationnisme a son utilité, une utilité insatisfaisante puisqu’elle va à l’encontre de la liberté d’expression, mais il est nécessaire que la mémoire se perpétue au-delà des générations, même lorsqu’il n’y aura plus aucun survivant pour témoigner directement.

Après sa condamnation par la justice française, Roger Garaudy, isolé comme paria en France, a commencé une nouvelle vie de conférencier dans le monde arabe, invité par les pays arabes ou les groupes les plus islamisés (Iran, Syrie, Hamas, Hezbollah, Qatar, Yemen, Égypte, aussi certains pays musulmans d’Afrique noire, etc.).

Le livre négationniste de 1996 n’a été qu’un ramassis de phrases recopiées et d’erreurs factuelles d’autant plus grosses qu’elles ont montré plusieurs flagrants délits d’inconsistance intellectuelle (par exemple, Roger Garaudy a cité deux fois Theodor Herzl en pensant que les "Diaries" et le "Tagebuch" étaient deux ouvrages différents alors que ce sont deux titres, l’un traduit de l’autre, du même livre !).

C’est l’historien Pierre Vidal-Naquet (1930-2006) qui, dans "Le Monde" du 4 mai 1996, pointait du doigt ces lacunes intellectuelles. Le spécialiste de la Grèce antique avait toujours été en pointe contre le négationnisme avec notamment "Assassins de la mémoire" (1987) et "Réflexion sur le génocide" (1995). Il avait émis une opinion très négative de Roger Garaudy : « Voilà un homme, agrégé de philosophie qui s’est converti de façon multiple (…). Ce n’est donc pas exactement un exemple de stabilité intellectuelle. Deuxièmement, il a toujours travaillé de façon extraordinairement légère. Pour oser soutenir une thèse sur "La liberté à l’Université de Moscou, sous Staline", il faut quand même avoir une sacrée dose ! En fait, Roger Garaudy ne travaille pas, n’a jamais travaillé. (…) Il a toujours été ce qu’on appellera en termes modérés un emprunteur de textes. (…) [Le livre de 1996] est un livre accablant, fait de contresens historiques effrayants. Pas un mot dans le livre sur ce fait capital : la sélection des déportés sur la rampe d’Auschwitz. [Dans son itinéraire intellectuel], une cohérence dans l’incohérence, oui. Il a toujours été un spécialiste du n’importe quoi ! ».

Le journaliste Alain Gresh expliquait dans "Le Monde diplomatique" du 21 juin 2012 (en reprenant une "lettre à sa fille" qu’il avait écrite en 2001) : « Le raisonnement est le suivant : Israël utilise le génocide pour asseoir sa légitimité, donc il faut nier le génocide pour lui ôter sa légitimité. Ces thèses ont connu une nouvelle jeunesse en France et dans le monde arabe avec Roger Garaudy. (…) En vertu de la loi Gayssot, il est condamné par les tribunaux français pour "contestation de crime contre l’humanité". De nombreux intellectuels arabes, des Français musulmans, ont vu dans ce jugement un procès en sorcellerie, une preuve de l’influence sioniste en France. (…) Roger Garaudy se démarque de l’antisémitisme traditionnel. (…) Il salue la mémoire des "martyrs du soulèvement du ghetto de Varsovie". Mais il est mû par une hostilité viscérale à l’État d’Israël, hostilité qui l’aveugle et lui vaut ses sympathies du monde arabe. Faut-il célébrer Jean-Marie Le Pen parce qu’il dénonce le blocus contre l’Irak, alors qu’il poursuit ses diatribes anti-arabes ? (…) L’auteur, qui fut un antifasciste, a-t-il désappris que [le titre du troisième chapitre] fut le titre d’un classique de l’idéologue nazi Alfred Rosenberg ? (…) Son texte se borne à un collage de citations détachées de leur contexte, procédé dont il use enfin pour "démontrer" que les chambres à gaz n’ont jamais existé. (…) En le condamnant, les autorités françaises en ont fait, aux yeux de certains, une victime. Mais il est regrettable que des intellectuels européens ou arabes aient pu défendre son "droit à l’expression" sans condamner les thèses dont il se fait le propagandiste. ».

Dans "Les Inrocks" du 15 juin 2012, l’historienne Valérie Igounet constatait tout aussi sévèrement : « L’affaire Garaudy a mis en évidence la perméabilité du monde arabe aux thèses négationnistes. Il a été accueilli en héros plusieurs fois dans certains pays arabes. Converti à l’islam, cet homme y apparaît comme le nouveau héros de la cause palestinienne. Son livre a été traduit plusieurs fois en arabe. Aujourd’hui, le négationnisme est un instrument de propagande politique dans certains pays, particulièrement en Iran. (…) [Roger Garaudy] a tenté de semer la confusion en se proclamant antisioniste, paravent de l’antisémitisme déguisé. (…) [Mais] il ne s’est (…) jamais reconnu officiellement dans une idéologie d’extrême droite. ».

En août 1998, l’intellectuel palestinien Edward W. Saïd (1935-2003) mettait lui aussi en garde les intellectuels arabes contre cet ouvrage de Roger Garaudy : « Reconnaître l’histoire de l’Holocauste et la folie du génocide contre le peuple juif nous rend crédibles pour ce qui est de notre propre histoire. (…) Abonder dans le sens de Roger Garaudy et de ses amis négationnistes au nom de la liberté d’expression est une ruse imbécile qui ne fait que nous discréditer davantage aux yeux du monde. C’est une preuve de méconnaissance fondamentale de l’histoire du monde dans lequel nous vivons, un signe d’incompétence et d’échec à mener une bataille digne. Pourquoi ne combattons-nous pas plus durement en faveur de la liberté d’expression dans notre propres sociétés, une liberté dont tout le monde sait qu’elle existe à peine ? Les mesures d’oppression et de censure de la presse et de l’opinion publique sont tout de même autrement plus inquiétantes dans le monde arabe qu’en France ! Pourquoi ne pas concentrer nos efforts à les combattre plutôt que de s’exciter à défendre M. Garaudy et à se fourvoyer au point que certains, et parmi eux des intellectuels de renom, n’hésitent pas à ériger cet homme en Zola ! ».

Le 26 juin 2012, Amara Bamba témoignait au contraire de la grande culture et ouverture d’esprit du philosophe : « Garaudy, l’Européen, se montra intarissable sur l’art africain, sur les penseurs d’Orient, des chrétiens, des musulmans, des Indiens. Des sujets dont nous n’avions trace dans notre éducation. ». Roger Garaudy avait accepté en 1989 de faire des conférences à Abidjan devant des étudiants ivoiriens pour leur dire entre autres : « Vos programmes ne doivent pas ignorer les penseurs d’ici. Penser n’est pas une exclusivité occidentale ! ».

Gaston Viens, ancien maire d’Orly, exclu comme lui du PCF et ancien déporté de Buchenwald, s’adressait ainsi à son ami lors des obsèques de ce dernier : « C’était douloureux pour toi d’être rejeté comme tu l’as été, méprisé, traîné dans la boue après avoir été tellement respecté comme un des grands intellectuels communistes de l’époque. (…) Mais cela n’excuse pas ta dérive négationniste. ».

Pourquoi Roger Garaudy a-t-il dérivé ? Pourquoi a-t-il commis un tel pamphlet, si médiocre, si primaire, à un âge déjà si avancé (82 ans) ? Était-ce pour son amour de l’islam qu’il s’est senti obligé d’être antisémite ? Était-ce pour protéger le peuple palestinien qu’il s’est senti obligé de traiter les Israéliens de nazis ?

Triste épilogue d’un universitaire au grand talent mais à la petite cause…


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (17 juillet 2013)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Théories du complot.
L’antisionisme de nos jours…
Loi sur les génocides.
Le PCF.
Edgar Morin.
Yves Montand.
Céline.
Non, Roger Garaudy n’est pas mort (par Robert Paulisson, le 15 juin 2012 dans "Le Nouvel Observateur").

yartiGaraudy04


http://www.agoravox.fr/actualites/citoyennete/article/roger-garaudy-la-voie-tortueuse-de-138737




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