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28 novembre 2013 4 28 /11 /novembre /2013 16:48

François Hollande prendrait-il les Français pour des gogos ? Jamais la langue de bois n’aura fait autant de dégâts dans la cohésion nationale de la France en provoquant une colère populaire chaque jour de plus en plus justifiée.


yartiInversion01Dans quelques heures, les nouvelles statistiques du chômage portant sur le mois d’octobre 2013 vont être rendues publiques. Celles du mois de septembre 2013 ont été catastrophiques pour le pouvoir en place et pour le pays : 60 000 demandeurs d’emploi supplémentaires en un mois, soit 3,3 millions en tout, un record (et uniquement pour la première catégorie).

Le Président de la République François Hollande vient de commettre son second parjure en quelques mois. En déplacement improvisé dans les ateliers du groupe de chimie Solvay, dans la matinée du jeudi 28 novembre 2013 à Aubervilliers, il a en effet prudemment remisé dans son placard la promesse butoir de la fin de l’année 2013 pour l’inversion de la courbe du chômage : « ça prendra le temps nécessaire. Ce qui compte, c’est la tendance. ».

Plus exactement, le Président de la République a déclaré ceci : « C’est vrai que j’ai fixé l’objectif de l’inversion de la courbe du chômage, pour parler plus clair encore, de la baisse du chômage. (…) C’est une bataille que nous avons engagée, elle se fera mois par mois, et nous devons y travailler sans cesse et ça nous prendra tout le temps qui est nécessaire. Ce mois-ci, comme les autres mois. Ce qui compte, c’est cette tendance que nous devons maintenant imposer : le chômage doit cesser d’augmenter. ». Beau parleur, beau phraseur, qui joue avec les mots (mais aussi avec le désastre humain que représente le chômage).

Cela faisant pourtant depuis le 9 septembre 2012 (« Nous devons inverser la courbe du chômage d’ici un an. ») que le pouvoir mène le peuple en bateau, enfin, en barque, ou plutôt en pédalo. L’exécutif avait inlassablement soutenu que le chômage baisserait d’ici la fin de 2013 (dès le début de cette année, on avait prudemment repoussé l’échéance de septembre à décembre). Au point de devenir sourd à la réalité du pays. Il s’était basé, non sur une relance de l’activité, mais sur un effet mécanique de la courbe démographique. Cela n’a cependant pas suffi. Il faut dire que la politique économique brouillonne, illisible et instable (les entreprises ne savent pas sur quel pied danser) et des annonces décourageantes (comme la suppression du statut de l’auto-entrepreneur) n’ont pas dû aider à redresser la conjoncture. L’annonce d’une refonte du système fiscal a plutôt fait l’effet d’une déflagration thermonucléaire.

Le 5 novembre 2013, le Ministre de l’Économie et des Finances Pierre Moscovici y croyait encore : « L’objectif d’inversion de la courbe du chômage d’ici la fin de l’année 2013 est maintenu. ». Le 20 novembre 2013 encore, le Premier Ministre Jean-Marc Ayrault s’était montré toujours confiant : « L’objectif, c’est que la courbe s’inverse à la fin de l’année, mais elle ne s’inversera que si la croissance revient. ».

Même les moins malins des citoyens savaient que l’Élysée et son gouvernement fonçaient dans le mur des évidences en persévérant si longtemps dans ce déni de réalité.

C’est le second parjure, parce que François Hollande avait déjà vite renoncé à soutenir que le déficit public serait de 3% du PIB pour l’année 2013 (on en est maintenant très loin) après avoir sans arrêt martelé pendant des mois qu’il n’était pas question de s’éloigner de cet objectif. La méthode Coué n’a pas l’efficacité escomptée.

Inutile de dire que la valeur de la parole présidentielle en a pris un sérieux coup supplémentaire, et on se demande vraiment quelle est la raison réelle de cette persévérance dans l’erreur : sincérité suicidaire dans son aveuglément intégral ? incapacité complète à gouverner ? inexpérience majeure de l’exercice du pouvoir ? ou aider au mieux le FN à faire son lit électoral pour empêcher l’UMP de reconquérir le pouvoir ?

Toujours est-il que le petit mécano avec sa boîte à outils se trouve bien ennuyé d’avoir prêché si inutilement dans le désert. En fait, ce n’est pas dans le désert, c’est dans un monde parallèle, un monde que seuls les éléphants socialistes sont capables d’entrer… mais incapables d’en ressortir pour s’occuper des Français.

Ce n’est pas une pratique présidentielle, c’est une comédie de boulevards. Ou même une tragédie pour les millions de personnes touchées de près ou de loin par le chômage. Ce n’est pas un fléau venu des cieux, c’est une inadéquation circonstancielle et structurelle entre nos forces de production et nos ressources humaines.

Circonstancielle car le traumatisme de la crise de 2008 est encore palpable. Mais structurelle aussi car depuis trente ans, le monde est en crise durable, et en France, il n’y aura pas de retour à la (grande) croissance (supérieur à 3 ou 4%) avant longtemps ; il faudra bien faire avec si peu.

Ce n’est pas en disant que l’essentiel est dans la compétitivité des entreprises que cela réussira. C’est en donnant les conditions réelles de cette compétitivité : pas avec des usines à gaz comme le CICE, mais avec des allégements, réels, tant administratifs que fiscaux ou sociaux. Avec un climat qui favorise la création d’activités, ce qui exclut la chasse aux sorcières dogmatiques des "riches" patrons (le cas de PSA est encore l’arbre qui cache la forêt des entrepreneurs qui prennent des risques) et ce qui devrait encourager l’État à récompenser les "faiseurs d’emplois".

Mais la première condition pour que le climat soit propice à cette reprise d’activité, à l’investissement et au redressement économique, c’est d’abord la confiance, et cette confiance a un seul mot d’ordre : la vérité.

Le pouvoir doit parler le langage de la vérité aux Français et cesser une fois pour toutes de les infantiliser comme un médecin de l’ancienne école qui veut rassurer le patient en phase terminale. Il faut en finir avec le Père Noël et son improbable hotte remplie d’emplois venus des cieux. Il faut le langage de Churchill qui promettait du sang et des larmes. C’est la première condition pour sortir de ce monde parallèle d’idéologies et de théories mal digérées. Et redonner courage à ceux qui travaillent.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (28 novembre 2013)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
François Hollande.
Jean-Marc Ayrault.
Pierre Moscovici.
Réforme fiscale.
Auto-entrepreneur ?

yartiInversion02 

 

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Published by Sylvain Rakotoarison - dans Politique gouvernementale
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