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29 janvier 2016 5 29 /01 /janvier /2016 06:28

« Parfois résister, c’est rester ; parfois résister, c’est partir. » (Christiane Taubira, 27 janvier 2016).


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En début de journée, ce mercredi 27 janvier 2016, l’équilibre gouvernemental a été rompu par l’annonce surprise (bien qu'inévitable) de la démission de la Ministre de la Justice Christiane Taubira, prenant de court l’exécutif qui semblait tout accepter d’elle dès lors qu’elle restait un alibi au sein gouvernement. La raison, elle est connue depuis le 23 décembre 2015, c’est la déchéance de la nationalité : « Je quitte le gouvernement sur un désaccord politique majeur. Je choisis d’être fidèle à moi-même, à mes engagements, mes combats, mon rapport aux autres, à nous tels que je nous comprends. ».

Alors qu’un remaniement ministériel était en préparation, notamment pour gérer le départ de Laurent Fabius du Quai d’Orsay car promis à la Présidence du Conseil Constitutionnel (même si cette perspective n'enchanterait guère Lionel Jospin, nommé dans cette instance le 6 janvier 2015 par Claude Bartolone pour la succession de Jacques Barrot), beaucoup de rumeurs affirmaient que le Ministère de la Culture et de la Communication serait revenu à Christiane Taubira. Il en sera donc autrement, puisque Christiane Taubira a décidé de rompre avec François Hollande et Manuel Valls.

Deviendra-t-elle, dans l’optique de l’élection présidentielle de 2017, l’égérie de la gauche morale face à la gauche sécuritaire ? C’est difficile de dire cela mais il n’y a pas de doute que ses partisans, un peu étonnés par les couleuvres avalées, seront aujourd’hui soulagés d’une telle démission qui redonne du sens politique aux positions de Christiane Taubira.

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Certains socialistes, échaudés par l’élection présidentielle de 2002, craignent une candidature grain de sable de Christiane Taubira qui pourrait renouveler le scénario en 2017, empêchant François Hollande d’atteindre le second tour.

Pourtant, rappelons un élément majeur de 2002 : Ni Christiane Taubira ni Jean-Pierre Chevènement n’ont été les responsables de la chute de Lionel Jospin dès le premier tour du 21 avril 2002. Certes, en additionnant purement arithmétiquement le nombre de voix pour les trois candidats, on dépassait largement le nombre de voix pour Jean-Marie Le Pen. Mais justement. Ceux qui, proches des socialistes, n’avaient pas voté pour Lionel Jospin au premier tour et s’étaient réfugiés vers une candidature secondaire, de toute façon, ils n’auraient pas voté pour Lionel Jospin au premier tour. Au mieux, ils se seraient abstenus.

Le responsable de l’échec de Lionel Jospin, c’est tout simplement Lionel Jospin lui-même qui n’a jamais donné envie de voter pour lui, parce qu’il y a eu sans doute un problème avec la sensibilité humaine : ses réactions très technocratiques face à la fermeture de Renault à Vilevorde en 1997, face aux licenciements chez Michelin en  2000 (« L’État ne peut pas tout. ») et face à d’autres affaires économiques lui ont été à cet égard fatales.

Certains disent même que la demande de primaire à gauche pour 2017 a été calibrée pour Christiane Taubira elle-même, bien qu’elle s’en défende (« absolument sûre » de ne pas y participer).

Finalement, n’écoutant que ses convictions et prenant acte de la détermination du gouvernement à présenter la révision constitutionnelle qui constitutionnalise l’état d’urgence et la déchéance de la nationalité, elle désamorce les critiques d’incohérence de comportement politique entre ses positions et son maintien au sein du gouvernement. Ce qui lui permettra de devenir une véritable icône de la gauche morale (qu’elle n’est certainement pas mais c’est l’image qui apparaîtra ainsi).

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Je parle de rupture de l’équilibre gouvernemental car pour lui succéder, François Hollande a choisi un hollandiste sécuritaire de la première heure, celui qui a inspiré la loi de surveillance généralisée dite loi sur le renseignement, à savoir Jean-Jacques Urvoas, fringant président de la commission des lois de l’Assemblée Nationale et qui attendait un poste ministériel depuis longtemps en récompense de son hollandolâtrie fidèle et permanente. J’aurais largement préféré que l’ancien sénateur de l’Isère André Vallini, actuel Secrétaire d’État chargé de la réforme territoriale, fût nommé Place Vendôme alors qu’il s’y préparait, lui aussi, sérieusement et raisonnablement, depuis plusieurs années.

Avec la nomination de Jacques-Jacques Urvoas, c’est la confirmation du virage sécuritaire et l’idée que François Hollande et Manuel Valls ne pensent plus qu’au sécuritaire, au détriment du social et de l’économique (on attend toujours un plan de relance de l’économie et de l’emploi).

Si les parlementaires et aussi les électeurs de la droite la plus sécuritaire se laissent embobiner par cette nouvelle posture de l’Élysée,pour ne pas dire manœuvre politicienne, eh bien, tant pis pour eux, mais aussi, hélas, tant pis pour la France…


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (29 janvier 2016)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Entre gauche morale et gauche sécuritaire.
Christiane Taubira en pleine sortie...
Christiane Taubira, ministre météore ?
La déchéance de la nationalité.
Le mariage gay.

_yartiTaubira2016B02


http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20160127-taubira.html

http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/christiane-taubira-entre-la-gauche-177032

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2016/01/29/33282545.html

 

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