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29 mars 2020 7 29 /03 /mars /2020 03:24

« Merci de tout cœur de ces belles photos qui prolongent cette bonne et belle rencontre avec vous tous. Vous m’avez rajeuni et j’ai été très heureux de vous retrouver très vous-mêmes. (…) Quand vous revenez à Nancy, vous me prévenez pour une dinette chez moi. » (Bernard Remy, message personnel, le 2 septembre 2019).



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La pandémie de coronavirus SARS-CoV-2 poursuit son avancée tragique. Au 29 mars 2020, il y a eu près de 710 000 cas détectés dans le monde et plus de 33 500 décès, dont plus de 2 606 en France. Chaque décès, une tragédie. Ce bébé de 1 an aux États-Unis. Cette hôtesse de caisse de 52 ans chez Carrefour. Ucn homme politique pourtant en bonne santé, Patrick Devedjian… La moitié de la population mondiale est confinée… et l’autre devrait l’être. Quel cauchemar !

Dans mes réflexions d’il y a quelques jours, j’étais assez étonné par certains propos de certains "confinés". On a un grand nombre de "journaux d’un confiné" et l’Internet et le web 2.0 s’y prêtent très facilement. Et souvent, on peut lire : vivement après le confinement qu’on puisse reprendre l’ancienne vie, se revoir, faire la fête… Et dans mon esprit, je me disais que ceux-là n’avaient pas encore mesuré la gravité de cette pandémie.

On ne reviendra au déconfinement que très lentement, la vigilance de distanciation sociale s’appliquera probablement jusqu’à la fin de l’année avec la peur d’un "rebond". Surtout, personne n’aura envie de faire la fête. Le nombre de victimes va se multiplier selon une loi affreusement exponentielle, du moins en France pour au moins deux semaines encore. Tout le monde sera touché de près ou de loin par un décès dû au coronavirus. À peine ai-je pu formuler ce genre de pensée dans mon cerveau que mon intuition m’est revenue en pleine figure. Touché aussi !

Un grand ami est parti du covid-19. Celui qui m’a marié, cela compte. Quelle misère. Je m’inquiétais pour lui, on s’inquiète de tout le monde aujourd’hui, en tout cas, des siens, c’est la solidarité, mais il était déjà hélas parti depuis ce jeudi 26 mars 2020. Alors, évidemment, coup de massue. Effondré. Peine infinie. Comme à chaque fois qu’un être cher quitte ce monde. Hécatombe.

Ne me dis pas qu’il avait 84 ans, il était énergique comme un roc prêt à aller au centenaire. Ne me dis pas qu’il a eu de sérieux pépins de santé il y a quelque temps, il a su faire face, réagir et être "sage" dans sa conduite de vie, au point de me refuser une seconde part de délicieuse tarte aux mirabelles : tu aurais dû me prévenir hier, je n’aurais pas pris mon petit-déjeuner, disait-il avec un large sourire, néanmoins en refusant fermement ma proposition.

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C’était l’été dernier, le 19 août 2019 précisément, et quand nous l’avions reconduit chez lui (il conduisait lui-même une voiture mais il avait préféré être conduit de peur de ne pas trouver une place de stationnement), les deux yeux pétillants, il nous avait lancé son invitation : quand vous repasserez à Nancy, faites-moi signe, je vous cuisinerai un repas.  Et le temps était déjà passé.

Bernard Remy était un prêtre ordonné en 1961, comme de nombreux, d’une autre génération, de celle qui a connu Vatican II et qui l’a mis réellement en pratique, dans son esprit. Un ami de très longtemps. Je l’ai connu dans les années 1970, alors curé de la paroisse Sainte-Anne, une paroisse très vivante, aux confins de Nancy et de Laxou, quartier plutôt chic d’ailleurs et grand lycée public.

Lors des messes, il faisait participer beaucoup les fidèles. Il était premier en tout. On l’a imité par la suite. Par exemple, il acceptait naturellement les fillettes comme enfants de chœur. Pour la prière universelle, ce n’était plus sa prière, mais celle de tous ; chaque fidèle, à l’improviste, pouvait s’avancer et proposer une prière. Cela pouvait parler d’actualité (un attentat, par exemple), mais aussi des événements personnels (un deuil, le chômage, un enfant qui s’égare, etc.).

Et puis, deux gestes qui seraient aujourd’hui combattus (à juste titre) pour cause de distanciation sociale : lors du "Notre Père", il invitait tout le monde à se prendre par la main, cela faisait de longues chaînes humaines, qui débordaient les rangées, ceux près des allées se mettaient au milieu pour tenir la main d’une autre rangée, et ainsi de suite. Une énergie commune. La communion, le vrai message du Christ. Et puis, ce fameux geste de la paix : que la paix soit avec vous ! Chacun, à sa place, serrait la main à ses voisins, à droite, à gauche, devant, derrière lui, pour apporter la paix. Geste très fort qui fut finalement adopté par toutes les paroisses…vingt ou trente ans plus tard. Bernard était à l’évidence en avance. Un précurseur de la foi vivante.

Pour lui, il ne s’agissait pas de "brader" la religion, juste l’adapter et surtout la vivre vraiment, sans pharisianisme, dans la plus grande vérité. Car Bernard Remy était un homme de vérité et aussi, surtout, un homme de liberté. Même quand il était au lycée Saint-Sigisbert, où il sonnait les cloches, il était souvent en rébellion avec l’ordre établi…

À sa mort, j’ai découvert par le faire-part publié par l’évêque de Nancy et Toul qu’il était "abbé". Un titre qui, à une certaine époque, en aurait fait un homme puissant. Ce n’était pas son cas, évidemment, du moins matériellement. Il suffisait de voir comment il était habillé : il se moquait bien des vêtements, c’était le genre d’homme à ne regarder que l’âme de ses interlocuteurs. Avec la même reconnaissance, que ce fût pour des petits ou des grands, des humbles ou des aisés. Il lâchait, il écartait de son champ de vision tout ce qui était inutile à parole d’homme.

Cela faisait que je pouvais discuter des heures avec lui et voir son col de chemise à l’envers, et même sa petite et discrète croix de prêtre chavirer à l’envers sur son revers de veste. Quand je lui ai envoyé quelques photos, il m’a répondu avec une grande autodérision : « Mon Jésus à la boutonnière en avait même l’air de plus savoir où donner de la tête… ».

Vu sa pointure intellectuelle et relationnelle, il aurait probablement pu avoir une "carrière" épiscopale (il paraît que maintenant, une grande proportion de prêtres à qui l’Église propose d’être évêques refuse). Le mot "carrière" n’a aucun sens à côté de la religion. Bernard Remy ne pouvait pas être une autorité car il était trop électron libre, trop à tendance à secouer tous les milieux où il évoluait pour retrouver une parole de vérité, sans faux-semblant, sans hypocrisie.

Un prêtre a cette position difficile d’être très indépendant en général, d’avoir une grande culture classique et théologique, une grande capacité à réfléchir, à parler, à écouter. En revanche, il a une obligation (parmi d’autres peut-être plus connues), c’est le devoir d’obéissance à sa hiérarchie. Héritée de l’empire romain, cette hiérarchie est sans appel et parfois cassante.

Je serais bien incapable de faire un commentaire sur le sujet, mais ce que je sais, c’est qu’en juillet 1989, il a dû quitter sa paroisse Sainte-Anne alors que tous les fidèles l’adoraient, et certains de croire qu’ils l’adoraient trop. Pourtant, quel mal cela avait-il ? Ce n’est pas un préfet ou un ambassadeur, qu’il faut permuter assez fréquemment pour éviter des positions acquises, des trafics en tout genre. Que peut trafiquer un prêtre avec ses fidèles, à part la parole de Dieu ?

Bref, refusant de se retrouver dans une nouvelle paroisse, pour protester contre cette éviction sans raison valable, Bernard Remy s’est retrouvé… à l’hôpital, et pas n’importe lequel, au CHU de Nancy-Brabois. Il devenait alors aumônier catholique de l’hôpital. Disons-le clairement, aujourd’hui (29 mars 2020), alors que le CHU de Nancy vient d’être "déchargé" d’une vingtaine de malades par TGV sanitaire vers Bordeaux, il n’y a plus d’aumôniers d’aucune religion à l’hôpital depuis deux semaines, à un moment où il y en aurait sans doute le plus besoin. L’isolement des malades du coronavirus en fin de vie doit être atroce. Bernard a dû lui-même le vivre.

Aumônier, c’était un statut particulier car il était employé de l’hôpital. Il avait pris officiellement sa retraite à l’âge de 80 ans, il y a quelques années, mais continuait comme bénévole à assumer la tâche à mi-temps, pour une raison très simple : il n’avait pas de successeur. Et les autres religions n’étaient pas mieux "fournies". D’ailleurs, personne n’est capable de dire s’il a été contaminé à l’hôpital (il n’y avait pas remis les pieds depuis quinze jours) ou dans un autre contexte (rappelons que pour tout le personnel soignant d’un hôpital, s’il a été contaminé, il n’y a pas d’enquête pour savoir comment, c’est maintenant automatiquement reconnu comme une maladie professionnelle).

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À Nancy, d’ailleurs, on parlait de Bernard Remy comme du doyen des aumôniers d’hôpital, car tâche à la fois ingrate et lourde, elle était rarement assumée aussi longtemps. Lui, plus de trente ans ! Sans compter qu’encore récemment, il devait s’occuper de sa mère (ce qui nous empêchait de le voir vraiment, hors cadre "professionnel"). Ce cadre professionnel, d’ailleurs, hélas, ce fut l’occasion de plusieurs enterrements de proches. C’est désormais très difficile de trouver un prêtre pour une cérémonie d’adieu (ils préfèrent le mariage !). Je parle de la période d’avant-pandémie, maintenant, c’est encore pire.

C’est un peu révoltant en soi car après tout, s’il y a bien un moment où un prêtre doit accompagner un fidèle (et même un non fidèle, qu’importe sa foi), c’est bien lors d’un deuil, lors de ce passage qui est espérance pour certains et vide total pour d’autres. Il refusait d’en dire la messe en dehors de sa chapelle de l’hôpital si bien que nous amenions le cercueil jusqu’au CHU de Brabois et certains pensaient que l’être disparu avait succombé à l’hôpital alors qu’il n’en était rien. Malgré la peine, ce fut toujours un rayon de lumière que Bernard Remy nous envoyait à ces occasions. Il était incroyablement vivant quand il parlait de mort. Une parole d’espérance. Un ton très convivial un peu à la Jean Gabin, simple et pourtant si dense et riche. De réflexions qui pourraient être juste des recettes de cuisine et qui sont en fait les fruits de décennies de pratique et d’écoute.

Ma future épouse et moi avons vécu une petite période particulière avec Bernard. C’était évident qu’il nous marierait et d’ailleurs, ma petite fierté a été qu’après le mariage, alors que nous avions traîné quelques amies bouffe-curés jusque dans l’église, l’une d’elles nous a glissé dans l’oreille, à la fin de la cérémonie : il est sensationnel, ton curé, j’ai adoré, il a la parole vraie ! Pas de conversion en perspective, mais la joie qu’un homme vrai, même avec un préjugé défavorable, soit toujours reconnu en tant que tel.

Cette petite période particulière, ce fut environ huit mois de préparation au mariage, ce qui est assez banal pour un mariage à l’église. Mais, ce qui est moins banal, c’est que, habitant à Paris, c’était moins évident de se préparer à Nancy. Pourtant, tous les mois, nous y sommes allés. Rendez-vous généralement pris le samedi en début d’après-midi. Il fallait voir le tableau. Nous étions joyeux, nous allions nous marier, nous entrions dans le grand hall de l’hôpital, croisant pas mal de malades résidents (une jambe cassée, ou d’autres infirmités), rarement joyeux avouons-le, et nous allions à l’accueil. Là, une charmante hôtesse, à l’accent vosgien très prononcé, appelait Bernard pour qu’il nous rejoignît à son bureau (il était rarement à son bureau, il était dans des chambres de patients). Et ce fut deux heures de discussion à bâtons rompus (lui était bavard, moi aussi, cocktail terrible).

Nous parlions bien sûr de l’engagement, du mariage, etc. mais la discussion déviait rapidement vers son propre travail. Quel était son travail d’aumônier dans un hôpital d’adultes où il y a des patients soignés contre un cancer, ou contre d’autres maux, parfois en soins palliatifs ? Il nous expliquait déjà que tout le monde l’appelait, croyants et pas croyants. Ils avaient besoin d’un accompagnement spirituel sinon psychologique. Il y avait des personnes très aisées, ou des personnes très pauvres, mais face à la mort, le résultat était le même. Tout le monde se découvrait ou redécouvrait et acceptait une parole de vérité. Il n’y avait plus de jeu de rôle social. Toutes les paroles étaient vraies, pensées, spontanées, libres, terribles car la mort n’était pas loin.

Un tel travail, moi, cela m’aurait achevé évidemment. Lui, au contraire, je ne sais pas par quelle source de vie, cela lui donnait de l’énergie. Il se sentait utile, terriblement utile. Il donnait à penser aux patients. Ils prenaient ou ils ne prenaient pas, tout était possible, mais il était à l’écoute. Présent. Toujours là. Même aux pires moments. Une disponibilité.

Et comme d’habitude, son comportement avec la hiérarchie était très cavalier. Il n’hésitait pas dire leurs quatre vérités à tel ou tel grand ponte de la médecine, tel chef de service. Il était scandalisé que le patient ne fût pas systématiquement l’unique focalisation des médecins. Il avait d’ailleurs des propos quasiment anti-médecins comme Pierre Desproges développait des propos anti-garagistes ou anti-coiffeurs. Sur le ton de l’humour mais avec une petite dose de sincérité quand même. Il a réussi à faire donner quelques doses de morphine à des malades en fin de vie qu’on avait "oubliés", par exemple… Il secouait les cocotiers quand il le fallait. Et pourtant, personne ne le haïssait, car il ne le faisait pas pour une obscure manœuvre carriériste, une manipulation de bas étage, mais simplement pour une idée haute de l’aide qu’il devait apporter aux patients, surtout lorsqu’ils étaient en fin de vie.

Un exemple d'humour sur le monde médical, Bernard Remy, qui s'était finalement mis à utiliser l'Internet et ses nouvelles technologies comme un pro grâce à l'hôpital, m'avait envoyé il y a quelques mois cette vidéo humoristique de Michel Cymes dont les premières minutes pourraient faire étrangement penser à un diagnostic du covid-19. On y voit aussi l'ancienne ministre Roselyne Bachelot.



Dans la discussion, Bernard pouvait avoir l’air de donner des recettes de cuisine et pourtant, c’étaient des conseils de bon sens et mûrement réfléchis. Par exemple, pour les futurs mariés, il recommandait de toujours discuter en vérité, sans faux-semblant au moins trois minutes tous les jours. Malheureusement, avec moi, cela prend beaucoup de temps, mais l’idée de rester en permanence en communication dès le démarrage d’un couple est d’autant plus pertinente qu’elle est du bon sens mais que, les habitudes naissantes, on pouvait parfaitement oublier. Inutile de dire que chaque fois que nous le revoyions, il nous demandait : alors, ces trois minutes, c’est toujours fait ?

Toutes les histoires qu’il pouvait nous raconter dans sa relation avec les patients en fin de vie étaient particulièrement riches et intéressantes. Je regrette qu’il n’ait pas eu le temps d’en écrire quelques-unes, d’expliquer cet univers si particulier, à la fois angoissant et glauque et aussi, plein d’espérance car l’humain se retrouve vrai et retrouve l’essentiel. Il n’était pas un philosophe comme Maurice Bellet qui tentait de proposer une sorte de mode d’emploi à usage des exclus, des écartés par la détresse. Bernard Remy n’avait pas une vocation intellectuelle même s’il l’était un peu dans sa pensée, il était surtout concentré dans sa relation directe avec l’humain, avec les humains. Libre complètement, fermement, au point de remuer la terre entière lorsqu’un sujet précis le scandalisait (par exemple, quand il découvrait qu’un malade n’avait pas été lavé), mais toujours avec une bonté qui faisait que même ses cibles avaient du mal à le détester.

Dans son message de Noël 2019, Bernard Remy nous avait écrit : « Pour cette nouvelle année 2020 que je vous souhaite grande, belle et bonne, accueillons dans nos cœurs Jésus, qui se fait tout petit avec son amour infini et gratuit. ». Et il avait ajouté ce beau texte du père Jean Debruynne (1925-2006), prêtre, poète, qui fut très longtemps l'aumônier général des Guides de France et des Scouts de France :

« Comment, toi Dieu, qui es mon Père,
Peux-tu être soudain mon frère ?
Comment, toi Dieu, qui es Dieu,
Peux-tu soudain être un homme ?
J'ai beaucoup retourné ces questions
Dans ma tête sans jamais y trouver de réponse.
Je ne saurai donc jamais comment...
Mais à Noël, au lieu de me dire comment,
Mon cœur m'a dit pourquoi.
Il m'a dit : il n'y a que l'Amour ! »

Que Bernard Remy fût la énième victime d’un virus totalement inconnu il y a trois ou quatre mois est une réalité qui a de quoi désespérer. Je sais seulement que sa vie a été d’une richesse humaine incroyable, qu’il a su la naviguer comme il la voulait et que son souvenir restera à jamais ancré dans la mémoire des nombreuses personnes qui ont la grande chance de l’avoir rencontré. Il a été enterré dans l’intimité familiale le 28 mars 2020, conformément aux consignes gouvernementales du confinement. Un détail qui ajoute à la tristesse. Merci Bernard Remy de tout ce que tu nous as apporté. Condoléances à la famille.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (29 mars 2020)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
L’abbé Bernard Remy.
Mgr Roger Etchegaray.
Marie-Jeanne Bleuzet-Julbin.
Miss Corny.
Sœur Emmanuelle : respecter et aimer.
Sœurs de Saint-Charles.
Père Gilbert.
Frère Roger.
Jean-Marie Vianney.
Abbé Pierre.
La "peur" de saint Jean-Paul II.
Notre-Dame de Paris : la flèche ne sera pas remplacée par une pyramide !
Dis seulement une parole et je serai guéri.
Maurice Bellet, cruauté et tendresse.
Réflexions postpascales.

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http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20200326-bernard-remy.html

https://www.agoravox.fr/actualites/religions/article/bernard-remy-il-regarde-le-soleil-222773

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2020/03/29/38145568.html



 

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