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14 mai 2020 4 14 /05 /mai /2020 03:35

« Apprécier les circonstances dans chaque cas particulier, tel est donc le rôle essentiel du chef. Du fait qu’il les connaît, qu’il les mesure, qu’il les exploite, il est vainqueur ; du fait qu’il les ignore, qu’il les juge mal, qu’il les néglige, il est vaincu. » (De Gaulle, "Le Fil de l’épée", éd. Berger-Levrault,  1932).



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Bataille pas excessivement connue dans la chronologie de la Seconde Guerre mondiale, la Bataille de Montcornet fut cependant cruciale dans l’esprit du colonel De Gaulle puisqu’elle forgea son esprit de Résistance. Le 4 novembre 2019, le Président de la République Emmanuel Macron avait annoncé qu’il se rendrait à Montcornet, dans l’Aisne, pour célébrer le quatre-vingtième anniversaire de cette bataille, ce dimanche 17 mai 2020. Mais la pandémie du covid-19 et le confinement avaient semblé annuler toutes les manifestations prévues ce jour-là, reportées au mieux au 11 novembre 2020 voire au 17 mai 2021.

Eh bien, finalement, le 8 mai 2020, l’Élysée a confirmé la venue d’Emmanuel Macron à Montcornet le 17 mai 2020. Les grands rassemblements seront annulés (pas de rassemblement de plus de dix personnes), mais la commémoration aura lieu comme prévu. Probablement que le format de la commémoration du 8 mai 2020 a convaincu le Président de la République de ne pas annuler son déplacement et de ne pas "gâcher" le début de "l’année De Gaulle" prévue en 2020, avec au moins quatre commémorations (17 mai 1940, 18 juin 1940, 9 novembre 1970, 22 novembre 1890). Ce sera la première fois qu’un chef d’État se déplacera pour commémorer ce fait plus symbolique qu’historique. Ce sera aussi le premier déplacement du Président de la République depuis le début de la crise sanitaire qui sera sans lien avec la pandémie.

Personne ne niera que l’initiative d’Emmanuel Macron a aussi un aspect de posture politique, l’idée de se comparer à De Gaulle. C’est cependant une erreur de croire que c’est la seule motivation, c’est juste une conséquence secondaire. Avec cette logique, on ne devrait plus commémorer aucune date. Peut-être que certains citoyens s’en porteraient mieux, trouvant barbant des rappels de l’histoire, je trouve au contraire que c’est excellent, rappeler ou même apprendre, pour ceux qui ne savaient pas. C’est cela le patriotisme : avoir un roman national, l'écrire, le lire, et surtout, le transmettre, le faire vivre. Plus de cent ans après la Première Guerre mondiale, il y a maintenant de moins en moins de témoins de la Seconde Guerre mondiale, et encore moins d’acteurs, qui ont dans les 100 ans actuellement.

Le 23 avril 1968 à Paris, De Gaulle refusait cette idée de l’oubli : « Pourrions-nous accepter que nos cimetières où se mêlent par milliers, les croix chrétiennes, les étoiles juives et les croissants de l’islam, soient ensevelis sous l’oubli et l’ingratitude ? Le Souvenir ! C’est non pas seulement un pieux hommage rendu aux morts, mais un ferment toujours à l’œuvre dans les actions des vivants. ».

C’est donc nécessaire que les jeunes générations puissent apprendre et comprendre, pour qu’à leur tour, lorsque le temps viendra, elles retransmettent aux suivantes. C’est cela, le patriotisme, l’amour de la patrie, avec l’amour de son histoire. Et qui, sinon le Président de la République, chef de l’État, représentant de tous les Français, y compris ceux qui n’ont pas voté pour lui et même, pour certains, qui le haïssent, pourrait le mieux transmettre ce morceau d’histoire de France ? Certainement pas les autoproclamés patriotes de pacotille, pas foutus de soutenir la France lorsqu’elle est en difficulté sanitaire ou économique.

Alors, rappelons rapidement ce qu’est la Bataille de Montcornet. C’est difficile de dire que ce fut une victoire, mais c’est difficile aussi de dire que ce fut une défaite, car elle a servi de déclencheur à l’esprit de Résistance de De Gaulle, l’idée de continuer la lutte jusqu’à la victoire totale, l’obsession de Clemenceau.

De Gaulle était alors colonel depuis le 25 décembre 1937 et commandant du 507e régiment de chars de combat (RCC) à Metz. De Gaulle avait des conceptions très personnelles sur la modernisation de l’armée. Il réfutait les idées passéistes de préparer la guerre avec les idées de la guerre précédente et avait une vision très claire de la technologie, seule capable de vaincre l’ennemi : l’aviation, et surtout, les blindés n’étaient pas de simples gadgets mais les principaux atouts qu’une armée devrait utiliser tant en stratégie qu’en tactique.

Il n’a pas manqué d’audace le 26 janvier 1940 en envoyant un rapport sur "L’avènement de la force mécanique" à de nombreux responsables politiques, comme Léon Blum, Paul Reynaud, et militaires, comme les généraux Maurice Gamelin et Maxime Weygand (comment imaginer l’état d’esprit des chefs de l’armée recevant des conseils qui n’ont pas été demandés ?). De Gaulle proposait des unités autonomes blindées.

Voici ce qu’il écrivait notamment : « À aucun prix, le peuple français ne doit sombrer dans l’illusion que l’immobilité militaire actuelle serait conforme au caractère de la guerre en cours. C’est le contraire qui est vrai. Le moteur confère aux moyens de destructions modernes une puissance, un rayon d’action tel que le conflit sera, tôt ou tard, marqué par des mouvements, des surprises, des irruptions, des poursuites dont l’ampleur et la rapidité dépasseront infiniment celles des plus fulgurants événements du passé (…). Le conflit qui a commencé pourrait bien être le plus étendu, le plus complexe, le plus violent de tous ceux qui ravagèrent la terre. La crise politique, économique, sociale, morale, dont il est issu, revêt une telle profondeur et présente un tel caractère d’ubiquité qu’elle aboutira fatalement à un bouleversement complet de la situation des peuples et de la structure des États. Or, l’obscure harmonie des choses procure à cette évolution un instrument militaire, l’armée des machines, exactement proportionné à ses colossales dimensions. Il est grand temps que la France en tire les conclusions. ». On ne peut qu’admirer la capacité d’anticipation.

Cela faisait déjà longtemps qu’il conseillait Paul Reynaud ; dès décembre 1934, le colonel De Gaulle avait rencontré Paul Reynaud pour promouvoir l’utilisation de divisions blindées. Dans une lettre adressée à Paul Reynaud le 22 octobre 1939, De Gaulle lui disait encore : « Notre système militaire a été bâti exclusivement en vue de la défensive. Si l’ennemi attaque demain, je suis convaincu que nous lui tiendrons tête. Mais, s’il n’attaque pas, c’est l’impuissance quasi-totale. Or, à mon avis, l’ennemi n’attaquera pas, de longtemps. Son intérêt est de nous laisser cuire dans notre jus (…). Puis, quand il nous jugera lassés, désorientés, mécontents de notre propre inertie, il prendra en dernier lieu l’offensive contre nous, avec, dans l’ordre moral et dans l’ordre matériel, de tout autres cartes que celles dont il dispose aujourd’hui. ».

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Malgré cette audace de remettre en cause la doctrine établie, ses idées avaient convaincu depuis longtemps Paul Reynaud, et ce dernier a succédé à la Présidence du Conseil le 22 mars 1940 à Édouard Daladier (dont il fut le Ministre des Finances depuis le 1er novembre 1938). Le 26 avril 1940, l’état-major lui confia le commandement de la 4e division cuirassée, nouvellement créée. Il prit ses fonctions le 11 mai 1940, mais entre-temps, les Allemands avaient lancé l’offensive sur le front ouest le 10 mai 1940 (Bataille de France). Tant bien que mal, De Gaulle est parvenu à rassembler 5 000 hommes et 85 chars. Sa mission était de freiner l’avancée allemande (oserais-je la comparaison : au même titre que le confinement a freiné la propagation du coronavirus), avec un front offensif du côté de l’Aisne. Montcornet  (village situé au nord-est de Laon) était un point stratégique dans la route de la 10e Panzerdivision

La première caractéristique, c’était que la Bataille de Montcornet du 17 mai 1940 fut une contre-attaque : De Gaulle a pris l’initiative de la bataille (sur ordre de l’état-major, je parle d’initiative par rapport à l’ennemi), et il a su repousser dans un premier temps la division allemande. La seconde caractéristique, c’était que le bilan de cette bataille fut contrasté : De Gaulle a perdu 25 hommes (tués ou disparus) et 23 chars (détruits), tandis que la 10e Panzerdivision, 100 hommes mais aucun char. L’aviation allemande est ensuite venue en renfort et la 4e division cuirassée a dû se replier.

Les combats se sont poursuivis les jours suivants dans l’Aisne, autour de Laon, jusqu’au 20 mai 1940, avant de participer à la Bataille d’Abbeville, du 27 mai 1940 au 1er juin 1940 (avec le général Maxime Weygand).  L’objectif était de dégager l’armée allemande pour permettre aux Britanniques de quitter la poche de Dunkerque. Cela a valu à De Gaulle le 30 mai 1940 une citation (croix de guerre avec palme), par le général Weygand : « Chef admirable de cran et d’énergie. A attaqué avec sa division la tête de pont d’Abbeville, très solidement tenue par l’ennemi. A rompu la résistance allemande et progressé de 14 kilomètres à travers les lignes ennemies, faisant des centaines de prisonniers et capturant un matériel considérable. ».

Le 25 mai 1940, De Gaulle fut nommé général de brigade à titre temporaire (pour la seule durée de la guerre) à compter du 1er juin 1940. Ce fut son dernier grade, qui ne fut jamais confirmé ni entériné (et le 24 juin 1940, dans le Journal officiel, on peut y lire que De Gaulle, devenu un insoumis, fut mis à la retraite par mesure disciplinaire le 23 juin 1940 et sa promotion de général fut annulée le 22 juin 1940 ; du reste, le 4 juillet 1940, il fut condamné à quatre ans de prison, le 2 août 1940, il fut condamné à mort et à la dégradation militaire, et le 8 décembre 1940, il fut déchu de sa nationalité française).

Le 6 juin 1940, il quitta sa division et fut appelé par Paul Reynaud à siéger dans son gouvernement comme Sous-Secrétaire d’État à la Guerre et à la Défense nationale (le chef du gouvernement Paul Reynaud était en même temps Ministre de la Guerre et de la Défense nationale et Ministre des Affaires étrangères), chargé de négocier avec le Royaume-Uni une collaboration pour la poursuite de la guerre (De Gaulle rencontra Churchill dès le 9 juin 1940). Tout s’est alors accéléré avec l’avance allemande vers Paris (occupée à partir du 10 juin 1940, le gouvernement s’était replié à Bordeaux).

Dans le tome I de ses "Mémoires de guerre", De Gaulle a insisté sur l’importance de cette bataille et de la journée du 16 mai 1940 : « Alors, au spectacle de ce peuple éperdu et de cette déroute militaire, au récit de cette insolence militaire de l’adversaire, je me sens soulevé d’une fureur sans bornes. Ah ! C’est trop bête ! La guerre commence infiniment mal. Il faut donc qu’elle continue. Il y a, pour cela, de l’espace dans le monde. Si je vis, je me battrai, où qu’il faudra, tant qu’il faudra, jusqu’à ce que l’ennemi soit défait et lavée la tache nationale. Ce que j’ai pu faire, par la suite, c’est ce jour-là que je l’ai résolu. ».

Le texte est très clair. L’esprit de Résistance avait germé dans son esprit à l’occasion de cette contre-attaque : pas question de lâcher prise, même si la France est envahie, tout reste possible, puisque la guerre est mondiale.

On retrouve cette idée dans un premier appel à la radio nationale, le 21 mai 1940 à Savigny-sur-Ardres : « C’est la guerre mécanique qui a commencé le 10 mai. En l’air et sur la terre, l’engin mécanique, avion ou char, est l’élément principal de la force. L’ennemi a remporté sur nous un avantage initial. Pourquoi ? Uniquement parce qu’il a plus tôt et plus complètement que nous mis à profit cette vérité. Ses succès lui viennent de ses divisions blindées et de son aviation de bombardement, pas d’autre chose ! Eh bien ! nos succès de demain et notre victoire, oui ! notre victoire, nous viendront un jour de nos divisions cuirassées et de notre aviation d’attaque. Il y a des signes précurseurs de cette victoire mécanique de la France. Le chef qui vous parle a l’honneur de commander une division cuirassée française. Cette division vient de durement combattre ; eh bien ! on peut dire très simplement, très gravement, sans nulle vantardise, que cette division a dominé le champ de bataille de la première à la dernière heure du combat. Tous ceux qui y servent, général aussi bien que le plus simple de ses troupiers, ont retiré de cette expérience une confiance absolue dans la puissance d’un tel instrument. C’est cela qu’il nous faut pour vaincre. Grâce à cela, nous avons déjà vaincu sur un point de la ligne. Grâce à cela, un jour, nous vaincrons sur toute la ligne. ». L’objectif de se message était surtout de redonner le moral aux troupes.

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On retrouve cette vision de l’importance de la force mécanique dans ses appels ultérieurs au micro de la BBC, dont le premier, le fameux appel du 18 juin 1940 : « Certes, nous avons été, nous sommes submergés par la force mécanique terrestre et aérienne de l’ennemi. Infiniment plus que leur nombre, ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui nous font reculer. Ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui ont surpris nos chefs au point de les amener là où ils en sont aujourd’hui. Mais le dernier mot est-il dit ? L’espérance doit-elle disparaître ? La défaite est-elle définitive ? Non ! Croyez-moi, moi qui vous parle en connaissance de cause et  vous dis que rien n’est perdu pour la France. Les mêmes moyens qui nous ont vaincus peuvent faire venir un jour la victoire. Car la France n’est pas seule ! Elle n’est pas seule ! (…) Cette guerre n’est pas tranchée par la Bataille de France. Cette guerre est une guerre mondiale. Toutes les fautes, tous les retards, toutes les souffrances n’empêchent pas qu’il y a dans l’univers tous les moyens nécessaires pour écraser un jour nos ennemis. Foudroyés aujourd’hui par la force mécanique, nous pourrons vaincre dans l’avenir par une force mécanique supérieure. Le destin du monde est là. ».

Comme Jeanne d’Arc, De Gaulle se sentait investi d’une mission nationale terriblement ambitieuse à un moment de ruine complète, redonner l’existence à la France, comme il l’expliquait dans ses  "Mémoires de guerre" : « Trêve de doutes ! Penché sur le gouffre où la patrie a roulé, je suis son fils, qui l’appelle, lui tient la lumière, lui montre la voie du salut. Beaucoup, déjà, m’ont rejoint. D’autres viendront, j’en suis sûr ! Maintenant, j’entends la France me répondre. Au fond de l’abîme, elle se relève, elle gravit la pente. Ah ! mère, tels que nous sommes, nous voici pour vous servir. ».

Est-ce alors une coïncidence si justement, la figure de Jeanne d’Arc, Emmanuel Macron a voulu la revendiquer le 8 mai 2016 à Orléans, comme premier acte politique après la création de son nouveau parti ? L’idée n’était pas seulement d’en finir avec une préemption insupportable par l’extrême droite, mais aussi de revenir au cœur de l’idée nationale, au roman national que le Président de la République tente encore de faire vivre malgré la crise sanitaire et une crise économique majeure.

Emmanuel Macron n’hésitait d’ailleurs pas à l’époque à associer les deux figures historiques : « Jeanne libère Orléans. Le 8 mai, le siège est levé et la ville est délivrée. Le 8 mai 1945, comme en écho, le pays sera libéré du joug de l’occupant, parce que le Général De Gaulle et quelques-uns avaient tôt cru que l’énergie du peuple valait mieux que la défaite et la soumission. » (8 mai 2016).

Et il ajoutait un passage qui reste toujours d’actualité quatre années plus tard : « Notre temps n’est pas celui de la quiétude et de l’insouciance. Il ne doit pas non plus être celui du cynisme ou du défaitisme. Nous devons nous confronter aux défis qui sont les nôtres sans rien céder à la peur et nous devons le faire en sachant qui nous sommes et d’où nous venons. ». Impossible en effet d’avancer vers le progrès et la modernité sans préserver des racines solides et ancrées dans l’histoire du pays. Surtout par mauvais temps.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (13 mai 2020)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
L’année De Gaulle : le général Macron à Montcornet.
Brexit Day : J – 3 …et De Gaulle dans tout ça ?
Alain Peyrefitte, De Gaulle et les communistes.
La Libération de Paris.
Discours du Général De Gaulle le 25 août 1944 à l’Hôtel de Ville de Paris (texte intégral).
Débarquement en Normandie.
Hubert Germain.
Daniel Cordier.
Le programme du Conseil National de la Résistance (CNR).
De Gaulle, kamikaze référendaire au nom de la démocratie.
Les élections législatives de mars 1967.
Le retour au pouvoir en mai 1958.
La proportionnelle éloigne les élus du peuple.
Montesquieu, Alain Juppé et l’esprit des institutions.
Valéry Giscard d’Estaing et sa pratique des institutions républicaines.
Les risques d’un référendum couplé aux européennes.
De Gaulle : soixante ans de Constitution gaullienne.
Institutions : attention aux mirages, aux chimères et aux sirènes !
Ne cassons pas nos institutions !
Non à la représentation proportionnelle aux élections législatives !
Vive la Cinquième République !
L’amiral François Flohic.
Jean Moulin.
Le maréchal Philippe Leclerc.
De Gaulle et le Québec libre.
Philippe De Gaulle.
L’ambition en politique.
De Gaulle réélu.
Halte à la récupération de De Gaulle !
La première élection présidentielle française.
Faut-il supprimer l’élection présidentielle ?
Le quinquennat.
La Ve République.
De Gaulle face à l’Histoire.
L’appel du 18 juin.
De Gaulle Président.
Les valeurs du gaullisme.
L’héritage du gaullisme.
Péguy.
Le Comité Rueff.

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http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20200517-montcornet.html

https://www.agoravox.fr/actualites/citoyennete/article/l-annee-de-gaulle-le-general-224395

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2020/05/03/38258052.html






 

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