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25 juillet 2020 6 25 /07 /juillet /2020 08:40

« C’est une lâcheté bien commune que celle d’immoler un bon homme à l’amusement des autres. » (Diderot).



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Dans une précédente vie, je m’étais retrouvé à enseigner en classe à des "grands" adolescents. Ce n’était pas forcément très facile, à tel point que les heures de cours s’appelaient dans cet établissement heures de "confrontation pédagogique" (!), car ce public était "difficile", je n’avais d’ailleurs pas moi-même accès à leur dossier mais c’était parfois du "lourd". Certains collègues revenaient de ces heures parfois en larmes, d’autres (ou les mêmes) faisaient des dépressions. Cependant, je me moquais de ces difficultés, en particulier de ces remises en cause personnelles systématiques qui pouvaient ébranler ceux des enseignants qui n’avaient pas beaucoup confiance en eux, car je savais ce que je valais ou pas, et j’avais tant bien que mal réussi à nourrir une relation personnelle avec ces élèves qui demandaient avant tout une attention soutenue et surtout, une considération personnalisée.

Un jour en fin de cours, en fin de matinée, un samedi (les élèves étaient en internat et retrouvaient leur famille le week-end), l’une des élèves m’a lancé "Monsieur, je vous kiffe grave !" avec un sourire mais aussi un peu d’appréhension. J’ai répondu par un petit sourire avant de les saluer et de m’en aller. Il est vrai que dans ce genre d’établissement, les relations ne pouvaient pas être distantes car il fallait vraiment s’adapter à chacun des élèves (peu nombreux d’ailleurs par classe), ce qui faisait que pour certains enseignants, un tel investissement psychologique était épuisant. J’avais plus de recul sans doute parce que je savais que je ne ferais pas cette activité toute ma vie.

Pourquoi cette anecdote ? Parce qu’on peut être confronté à des "occasions" qui peuvent paraître insensées. J’ai essayé d’évaluer la part de sincérité de l’élève qui, de plus, avait un peu plus de 18 ans (elle n’était donc plus mineure), et la part de vantardise par rapport à ses copines, la part aussi de provocation vis-à-vis de moi, mais au fil du temps, je pouvais me dire qu’il y avait autour de 50% de sincérité. C’est-à-dire, disons-le clairement, si j’étais un homme qui souffrait terriblement d’une solitude affective et qui cherchait une relation féminine, je pense qu’à cette époque, pour reprendre le mot de Michel Blanc dans les Bronzés, j’aurais pu "conclure". Je l’écris sans vantardise, car je n’aurais eu aucun mérite puisqu’un enseignant est souvent considéré comme un modèle et objet d’admiration ou de haine, bref, objet de diverses émotions à canaliser.

Dans mon esprit, ce n’était même pas envisageable, et l’histoire n’aurait pas duré, c’était plus du ressentiment que du sentiment, et si on parle de "morale" ou plutôt de "déontologie", il est fort peu recommandable (c’est un euphémisme !) qu’un enseignant tombe amoureux d’un élève, au même titre qu’un médecin tombe amoureux d’un patient (mes masculins sont du neutre, un ou une élève, un ou une patiente, désolé, je ne pratique pas l’écriture inclusive). Au-delà de la position de pouvoir (pour un enseignant, mettre une bonne note), il y a aussi cette position centrale de "star" (un qui parle au groupe) qui peut le rendre (à tort) rayonnant. Bref, évidemment qu’une telle relation était artificielle et je n’ai pas changé de comportement les jours d’après, mais j’ai bien compris qu’une personne moins scrupuleuse que moi aurait pu profiter de cette position "privilégiée" pour faire ses "petites affaires".

Toute cette longue introduction pour parler du nouveau Ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin : mes propos ici ont pour but de le soutenir totalement. Parfois, il faut savoir se mouiller, et je prends le risque de le faire parce que je considère que Gérald Darmanin a montré, avec les premières semaines d’exercice, qu’il est un excellent Ministre de l’Intérieur et que le pays a besoin de lui. Gérald Darmanin est le symbole de l’esprit républicain, celui qui, par des origines diverses dont on se moque, se distingue par son seul mérite, et par l’amour de son pays. Ce sens du civisme est indispensable, couplé au sens politique, pour diriger une police qui a été particulièrement secouée par les différents traumatismes des dernières années (terrorisme, gilets jaunes, crise sanitaire). Le risque de communautarisme (que le Président Emmanuel Macron appelle séparatisme) est réel et s’est encore illustré lors des manifestations à propos d’Adama Traoré. Il fallait dès maintenant un Ministre de l’Intérieur fort et politique, capable de parler républicain à tous, forces de l’ordre et population.

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On a vu depuis longtemps qu’il était  très difficile de trouver un bon Ministre de l’Intérieur. Le dernier en date s’appelle …Bernard Cazeneuve, oui, un socialiste, qui a été essentiel (et excellent) au moment des attentats terroristes. Les suivants, entre décembre 2016 et juillet 2020, ont été particulièrement médiocres sinon mauvais, et d’ailleurs, savez-vous combien et qui ils étaient ? Si je ne compte pas l’intérim du Premier Ministre Édouard Philippe en octobre 2018, ils étaient quatre : Bruno Le Roux (vite démissionnaire pour les mêmes raisons que l’affaire Fillon), Matthias Fekl (à 39 ans, connu pour son anonymat !), Gérard Collomb (lessivé par l’affaire Benalla), et enfin, Christophe Castaner (l’inventeur du concept de "soupçon avéré").

Gérald Darmanin n’est pas de cette lignée, elle est plutôt de l’autre lignée, celle des Clemenceau, des Charles Pasqua, des Jean-Pierre Chevènement, des Nicolas Sarkozy dont on prête plus d’influence que la réalité (on ne prête qu’aux riches) à une période de résurrection éditoriale.

Cela dit, bien entendu qu’un "bon ministre" (dans le sens politique et gouvernemental du terme) ne doit pas être un "criminel". Venons-en aux "affaires". Il se trouve que les deux "affaires" de viol dont il est question ont déjà été classées sans suite par les juges. Si l’affaire "repart", c’est seulement par un vice de procédure (apparemment, un courrier qui ne serait pas arrivé à temps chez la plaignante), donc de pure forme, mais les juges avaient déjà jugé qu’il n’y avait pas lieu à être une "affaire". Le viol, c’est une relation non consentie, éventuellement avec violence ou surprise. Or, les faits étaient déjà établis, la plaignante comme le ministre, sur les faits, convergent vers les mêmes affirmations.

Si l’on regarde le dossier, il s’agit de 2009, à une époque où Gérald Darmanin avait 26 ans, permanent de l’UMP au siège à Paris, conseiller aux affaires juridiques du secrétaire général de l’époque, qui est son mentor en politique, Xavier Bertrand. L’UMP était au pouvoir, et une femme adhérente de l’UMP est venue le voir car elle voulait demander à l’UMP d’effacer son casier judiciaire et n’avait pas trouvé mieux comme argument qu’une "relation sans lendemain". Le futur ministre l’a reconnu, ce fut une belle c*nnerie d’avoir accepté, non pas le deal mais la relation, car justement, il n’a rien fait pour la dame (ce qui, pour le coup, aurait été un vrai scandale : qu’un parti majoritaire, pas même le Ministre de la Justice, intervienne sur le cours de la justice). Du coup, la dame profite d’un double contexte pour se venger, l’importance politique grandissante de Gérald Darmanin d’une part, et la vague MeeToo d’autre part. À l’époque, il n’était que simplement conseiller municipal de Tourcoing et n’imaginait probablement pas qu’il serait ministre seulement huit ans plus tard.

Je le répète, sur le plan de la morale du comportement, il aurait dû être un peu plus "froid" et "retenu" face aux avances de la dame, et le niveau de "résistance" dans ce domaine est très diversifié. Mais cela n’a rien à avoir avec un viol et les premiers juges l’avaient déjà exprimé.

Ce qui me choque dans ces manifestations hostiles et haineuses contre Gérald Darmanin depuis la nomination du nouveau gouvernement, c’est l’extrême hypocrisie de ceux qui le critiquent pour cette raison. Ce qui, entre nous, montre que sur le plan de son action ministérielle, on ne lui reproche (encore) rien.

Cette hypocrisie est claire puisque Gérald Darmanin n’est pas devenu ministre en juillet 2020 mais en mai 2017, cela fait trois ans qu’il est ministre et qu’on ne me dise pas que c’était un ministère mineur, il s’est occupé du Budget, des Comptes publics, de la Fonction publique et, en passant, c’est lui qui a réalisé le prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu.

Pourquoi les ligues féministes extrémistes n’ont-elles pas critiqué ce ministre si important avant juillet 2020 plus tôt ? Pourtant, il pouvait montrer un très mauvais exemple pour la fonction publique, on aurait pu dire que sa présence à ce ministère encourageait le viol ou même les promotions canapé dans la fonction publique (voir le film "Promotion canapé" avec Thierry Lhermitte).

La vérité, c’est que Gérald Darmanin est aujourd’hui la cible de deux hypocrisies.

La première est celle des "féministes" que j’entoure de guillemets, car je me sens aussi féministe qu’une féministe en ce sens que toutes les inégalités par le sexe, la violence conjugale et tout ce qui a trait avec des comportements machistes ou sexistes m’insupportent, qui ont besoin de "proie" pour continuer à survivre médiatiquement. C’est Gérald Darmanin, cela aurait pu être un autre. Ce fut auparavant Denis Baupin. Très récemment encore, une autre victime, Christophe Girard, adjoint à la maire de Paris, qui a dû démissionner le 23 juillet 2020 pour une raison aussi hypocrite (sa supposée proximité avec Gabriel Matzneff). Là, on n’est pas loin, sur le principe, de la période d’inquisition la plus noire du maoïsme, la Révolution culturelle.

Cette hypocrisie n’est pas sans conséquence : elle discrédite complètement le combat de ces féministes extrémistes au point d’être complètement contreproductif pour cette noble cause de la défense des femmes face à la brutalité des hommes. Au même titre que la gestion désastreuse de la justice dans l’affaire d’Outreau, en condamnant voire en conduisant au suicide certains prévenus reconnus innocents par la suite, ont passablement discrédité le noble et indispensable combat contre la pédophilie parce qu’il insinue le doute et le trouble là où la fermeté devrait être de mise.

La seconde hypocrisie est plus classique, elle est dans la posture politicienne et se moque bien du féminisme : l’objectif est clairement de s’opposer au gouvernement par tous les moyens, et comme il n’y a plus d’argument de fond, on s’en prend aux hommes. Et Gérald Darmanin est impeccable comme "proie" pour ces opposants de pacotille, puisqu’il est le double symbole de tout ce qu’ils détestent, en un coup, ils font ce qu’ils croient être de l’antimacronisme et de l’antisarkozysme. Au-delà de la détestation (justifiée ou pas) d’Emmanuel Macron et de Nicolas Sarkozy, il y a aussi une évidente jalousie contre un homme qui, à 37 ans, a atteint des responsabilités régaliennes peu communes (du reste, la même jalousie que contre le jeunesse d’Emmanuel Macron).

Autant je considère que la première hypocrisie relève de la très mauvaise foi, de la manipulation et de l’instrumentalisation, autant la seconde me paraît de bonne guerre, c’est la règle des joutes politiques et si on n’a pas assez de cuir pour supporter cela, on fait autre chose (exemple, Michèle Barzach, etc.).

Je reviens sur la première hypocrisie. Celle-ci est indéfendable : il pourrait être Ministre du Budget mais pas Ministre de l’Intérieur. S’il était vraiment un violeur, ce ne serait pas possible qu’il soit l’un ou l’autre ! D’ailleurs, on parlait de lui comme Ministre du Travail, et là encore, pourquoi, à ce ministère, n’aurait-il pas été un signal désastreux pour l’égalité entre hommes et femmes dans la vie professionnelle ? Et l’incohérence quand on accuse un ministre de viol alors qu’on n’ose pas s’attaquer aux problèmes récurrents de la violence sexiste issue d’une religion ? Alors même que ce ministre veut, pour la première fois dans le discours d’État, lutter contre l’islamisme politique qui veut imposer ses lois à la République ?

En outre, le discours d’inquisition actuel est très incohérent. Il laisse croire que le Ministre de l’Intérieur commande les juges du siège. C’est vraiment avoir une fausse idée des institutions réelles. Car la police judiciaire, celle qui mène l’enquête, est dirigée par un juge, pas par un policier. Et croire que le juge n’est pas indépendant, aujourd’hui, il va falloir le prouver. Je pense que l’affaire Fillon, l’affaire Sarkozy avec les écoutes illégales, l’histoire du "mur des c*ns" montrent au contraire que les juges seraient plutôt un peu trop indépendants du pouvoir politique !…

Je rappelle que le ministre est issu d’un gouvernement démocratiquement issu d’élections libres. Au contraire de tout fonctionnaire. La démocratie, c’est aussi des contre-pouvoirs, donc, je ne suis évidemment pas contre l’indépendance des juges, mais il faut aussi pouvoir les sanctionner, les fautes commises par des juges, que ce sût lors de l’affaire d’Outreau ou que ce fût l’affaire Grégory, ont montré qu’elles n’ont jamais été suivies de sanctions. De plus, pourquoi y aurait-il suspicion de trafic d’influence sur un juge si celui-ci décidait d’un nouveau non-lieu, alors que ce non-lieu ne serait que confirmé (déjà décidé auparavant pour la même plainte) ?

Je rappelle par ailleurs que je n’ai pas toujours soutenu le pouvoir ces dernières années quand certaines affaires médiatisées sont apparues : j’ai été choqué par l’affaire Benalla, j’ai aussi été choqué par l’histoire du homard, qui, pourtant, n’avait rien d’illégal mais je considérais que François de Rugy devait et allait démissionner (c’était il y a juste un an, cela fait déjà très loin !).

Tous ceux qui considèrent que le maintien de Gérald Darmanin à l’Intérieur est un mauvais symbole pour les femmes violées me font (disons-le) gerber car c’est complètement stupide de faire des symboles de ce genre. Ce seraient donc les même qui voudraient des fusillés pour l’exemple ? Qu’importe la personne de Gérald Darmanin, son honneur, même s’il est innocent, il est un "symbole" et à ce titre, il doit être condamné sur l’autel médiatique : c’est un raisonnement particulièrement affligeant.

Mais de qui se moque-t-on ? On bafoue les droits les plus élémentaires qui font que la justice doit être faite par des juges et pas par des militantes activistes assoiffées de visibilité médiatique. Il y a le droit à la présomption d’innocence qui vaut pour tout le monde. Les beaux esprits qui s’émeuvent de condamnés à mort innocentés aux États-Unis et qui sont les premiers procureurs à condamner un homme ici ont de quoi me faire vomir. Je comprends mieux (mais ce n’est pas nouveau, c’est récurrent) le processus intellectuel qui a progressivement abouti à la Terreur pendant la Révolution, dirigée par un homme supposé opposé à la peine de mort et qui fit de la guillotine l’outil privilégié de sa gouvernance. Il faut toujours se méfier des moralisateurs qui professent la vertu en politique, cela peut toujours mener très loin…

Alors oui, aux opposants de s’opposer à la politique du gouvernement, à la politique du Ministre de l’Intérieur, à ces derniers de la défendre, d’expliquer leur action pour réduire le fossé entre plusieurs France, comme l’a expliqué le Premier Ministre Jean Castex dans son discours de politique générale, mais laissons aux seuls juges la capacité de savoir qui est violeur ou pas, et cela sans considérer que la parole de femmes accusatrices vaudrait plus que celle d’un ministre qui n’a jamais rien eu à son casier judiciaire. Et avant d’avoir la preuve formelle qu’il y ait eu viol, ce dont je doute, soutien total au ministre Darmanin !


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (24 juillet 2020)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Gérald Darmanin, cible des hypocrisies ambiantes.
Relance européenne : le 21 juillet 2020, une étape historique !
Discours du Premier Ministre Jean Castex le 16 juillet 2020 au Sénat (texte intégral).
Discours du Premier Ministre Jean Castex le 15 juillet 2020 à l’Assemblée Nationale (texte intégral).
La déclaration de politique générale de Jean Castex le 15 juillet 2020.
Interview du Président Emmanuel Macron le 14 juillet 2020 par Léa Salamé et Gilles Bouleau (retranscription intégrale).
Emmanuel Macron face aux passions tristes.
Gérald Darmanin, l'enfant terrible de la Macronie.
Composition du gouvernement Castex I.
Le gouvernement Castex I nommé le 6 juillet 2020.
Jean Castex, le Premier Ministre du déconfinement d’Emmanuel Macron.
Discours du Président Emmanuel Macron devant la Convention citoyenne pour le climat le 29 juin 2020 à l’Élysée (texte intégral).
Après-covid-19 : écologie citoyenne, retraites, PMA, assurance-chômage ?
Édouard Philippe, le grand atout d’Emmanuel Macron.
Municipales 2020 (5) : la prime aux… écolos ?
Convention citoyenne pour le climat : le danger du tirage au sort.
Les vrais patriotes français sont fiers de leur pays, la France !
Le Sénat vote le principe de la PMA pour toutes.
Retraites : Discours de la non-méthode.
La réforme de l’assurance-chômage.
Emmanuel Macron explique sa transition écologique.

_yartiDarmaninGeraldB03



http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20200724-darmanin.html

https://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/gerald-darmanin-cible-des-225967

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2020/07/24/38447265.html





 

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