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19 novembre 2020 4 19 /11 /novembre /2020 03:03

« Le déclin de la confiance envers les scientifiques s’est produit depuis le début de l’épidémie dans un contexte de mise en scène médiatique des oppositions scientifiques. S’il est normal de pouvoir avoir un débat sur les stratégies gouvernementales de lutte contre l’épidémie, il est cependant nécessaire de ne pas céder à la facilité et rappeler quelque chose de fondamental : les arguments scientifiques doivent reposer sur des faits et non sur des élucubrations. » (Rapport de la Fondation Jean Jaurès du 17 novembre 2020).



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Dans ce rapport sans concession de la Fondation Jean Jaurès intitulé "Vaccins : la piqûre de défiance" publié le 17 novembre 2020, son auteur Antoine Bristielle poursuit : « Nos sociétés ne s’en porteraient que mieux qui certains médias se souvenaient de cela plutôt que de sombrer dans une recherche permanente du buzz, du clash et de l’audimat, en donnant à échéance régulière la parole à des individus pourtant connus pour leurs assertions ininterrompues de contrevérités. ».

Oui, effectivement, les médias ont une part déterminante dans la construction de l’insaisissable "opinion publique". Mon propos ici est d’évoquer les vaccins contre le covid-19 et ce qu’en disent les médias.

La pandémie de covid-19 poursuit son œuvre funeste : dans une semaine, la France dépassera probablement, hélas, le seuil énorme des 50 000 décès, soit près de 15 000 de plus depuis le début du reconfinement, et cela continuera encore car l’hiver va probablement accélérer la circulation du virus malgré le freinage du reconfinement qu’on ne pourra pas poursuivre indéfiniment. Dans sa conférence de presse, le directeur général de la santé, le professeur Jérôme Salomon a évoqué une hausse énorme des personnes en état dépressif, de l’ordre de 11% à la fin du mois de septembre à environ 21% au début du mois de novembre.

Et cette situation n’est pas étonnante. C’est plutôt de se dire que quatre cinquièmes de la population n’est pas (encore) en état dépressif qui serait étonnant. En effet, tant la pandémie elle-même, ses effets sanitaires (sur les malades, risques d’hospitalisation, de séquelles graves et de décès, de soi ou des proches) et ses effets sociaux (distanciation physique, absence de rencontre des proches, de contact, etc.) que de ses conséquences économiques (risques de chômage) et sociaux (incapacité à organiser l’avenir, de prévoir des projets personnels, ne serait-ce que la fête de Noël dans un mois, encore moins les vacances de l’été 2021), tous ces effets sont nécessairement générateurs d’anxiété et d’incertitudes, ce sentiment de ne plus du tout contrôler sa vie.

C’est pour cela que les bonnes nouvelles ont un goût particulier en cette période, celui de dire que, non, c’est vrai, on ne reviendra jamais au monde d’avant covid (le virus circulera encore dans deux ou trois ans), mais on peut quand même imaginer le bout du tunnel. Depuis le 9 novembre 2020, il y a maintenant des perspectives très concrètes de vaccins qui semblent à la fois efficaces et sans effets néfastes.

En effet, Pfizer/Biontech a ouvert le ballet en affirmant le 9 novembre 2020 (par la voix d’Albert Bourla, le patron de Pfizer) que son vaccin (à base d’ARN messager ; ARN = acide ribonucléique) avait une efficacité de 90%. Le 11 novembre 2020, la Russie (qui avait proposé le 7 novembre 2020 un partenariat industriel avec la France pour le produire) a communiqué pour dire que son vaccin Spoutnik V avait une efficacité de 92%. Le 16 novembre 2020, Moderna a affirmé de son côté que son vaccin avait 94,5% d’efficacité. Et ce mercredi 18 novembre 2020, Pfizer a rectifié l’efficacité de son vaccin à 95%.

À ces vaccins, ils faut aussi ajouter le vaccin chinois à base de virus inactivé développé par Sinovac Biotech (diffusé à très grande échelle, plusieurs centaines de milliers de personnes), ceux développés par Sanofi, AstraZeneca (en collaboration avec Oxford), Johnson & Johnson… Près d’une cinquantaine de candidats est déjà en tests cliniques et plus d’une centaine en phase préclinique.

Personne n’est évidemment dupe que ces communications, qui n’ont rien de publications scientifiques, que ces surenchères ont aussi une motivation commerciale et financière (l’un des patrons a même fait une plus-value de plusieurs millions de dollars, apparemment de manière tout à fait légale et la vente de ses actions était même prévue depuis l’été 2019, donc bien avant la pandémie de covid-19 et la course au vaccin), mais leur crédibilité est en jeu et si ces affirmations s’avéraient erronées, le retour de bâton serait bien plus douloureux que les quelques gains réalisés immédiatement.

J’ai lu que sur Facebook, certains internautes pensaient que lorsqu’on disait qu’un vaccin était efficace à 90%, cela signifiait que 10% des personnes vaccinées seraient mortes ! On voit à quel point l’information scientifique (encore plus médicale) doit être donnée au grand public avec la plus grande rigueur et précision.

Je précise donc que l’efficacité à 90% d’un vaccin, dans la phase 3 d’un test clinique (test à grande échelle, sur plusieurs dizaines de milliers de patients "cobayes"), cela signifie que lorsqu’il y a, au fil du temps, 100 personnes du groupe placebo qui ont été contaminées par le corovirus SARS-CoV-2, seulement 10 l’ont été issus du groupe des personnes vaccinées par le candidat vaccin. Plus la phase 3 du test clinique dure, plus on peut affiner les résultats puisqu’il y a, naturellement (et hélas), de plus en plus de contaminations au fil du temps (ces tests sont donc plus significatifs en période de pandémie qu’hors période pandémique ; sauf à inoculer le virus volontairement, ce qui est très contestable d’un point de vue éthique, et formellement interdit dans certains pays dont la France).

Pour se donner une idée de l’efficacité des autres vaccins, celui de la rougeole fait 97% (c’est un vaccin obligatoire) et celui de la grippe, selon les populations concernées et les années (souches différentes), l’efficacité varie entre 20% et 70%. Ce qui est rassurant dans les revendications des concepteurs de nouveaux vaccins, c’est qu’en dépassant 90%, le vaccin contre le covid-19 serait très bien classé dans l’efficacité. La vraie question, qui restera sans réponse au moins pendant une année, c’est : combien de temps ces nouveaux vaccins vont-ils nous protéger ? Avec le seuil : un an ou plus, ce ne serait pas difficile de faire une vaccination (éventuellement à deux doses) chaque année ; si c’était seulement 2 ou 3 mois, ce serait beaucoup moins intéressant. Là aussi, pour se donner une idée de comparaison, le vaccin contre la grippe dure 6 mois (d’où l’importance de ne pas se faire vacciner trop tôt dans la saison).

Je ne reprocherais pas à l’internaute de Facebook d’avoir eu une mauvaise compréhension du taux d’efficacité, car les journalistes souvent ne savent pas trop ce qu’ils disent et ne font souvent que répéter les communiqués de presse. Moi, quand on me sort un chiffre avec un %, je me demande toujours % de quoi ? quel est le nombre du numérateur et le nombre du dénominateur. Un exemple simple pour les chimistes : quand on dit qu’un matériau est composé de x% d’un élément, ce n’est pas suffisant pour comprendre. Parle-t-on d’une composition massique (% entre les masses), volumiques (entre les volumes) voire molaire (% entre nombre de moles).

Or, hélas, lorsque la science fait irruption dans les informations générales (ce qui est nécessaire pour parler de la pandémie), ce ne sont pas des journalistes scientifiques qui en parlent (et parfois, de toute façon, ils n’en parlent pas mieux que les autres), mais des journalistes "polyvalents" (c’est-à-dire qui ne savent rien sur tout).

J’ai ainsi entendu deux réflexions de journalistes qui m’ont particulièrement agacé car l’information était disponible, mais la paresse intellectuelle des journalistes me navre beaucoup (ils diront qu’ils n’ont pas le temps : alors, qu’ils le prennent, au lieu de bavasser inutilement !). Là encore, je ne reproche pas aux non journalistes leur ignorance ou même leur opinion biaisée car tout le monde a le droit de se tromper ou de ne pas savoir, mais je le reproche aux journalistes dont c’est la principale mission (c’est la signification du mot média) : faire l’intermédiaire entre la connaissance (pure et incompréhensible au profane) et le grand public (les profanes, que nous sommes tous au moins dans certains domaines de la connaissance). Le rôle des journalistes, c’est de vérifier, confirmer, expliquer. Pas d’être ignorants ou diffuser (involontairement) de fausses informations ou trop parcellaires pour être interprétées correctement.

C’est pourquoi l’expression d’un internaute de Facebook, utile pour comprendre le niveau d’incompréhension de certaines personnes, n’est pas grave en elle-même car cet internaute n’a jamais prétendu apporter des informations. En revanche, lorsque cette ignorance, susceptible de provoquer des incompréhensions de type populiste voire complotiste, et assurément défaitiste, est véhiculée par des journalistes, c’est grave car ceux-là ne font pas leur boulot.

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J’en prends ici deux exemples.

À la fin de l’interminable conférence de presse de Jean Castex et de quelques-uns de ses ministres le 12 novembre 2020, un journaliste de BFM-TV (dont j’ignore le nom) a posé à Olivier Véran la question des vaccins, surtout en disant : et Sanofi, qu’en est-il ? aucune annonce ? est-ce normal que la France soit toujours à la traîne ? Très bizarrement, Olivier Véran a refusé d’y répondre (donnant implicitement approbation de l’opinion du journaliste) pour donner rendez-vous à une conférence de presse ultérieure consacrée spécifiquement aux vaccins. Le ministre de la santé aurait dû quand même protesté contre la présentation erronée et défaitiste du journaliste.

Le journaliste en question, au lieu de faire du défaitisme antifrançais très courant (c’est une mode nationale) aurait mieux fait de s’intéresser aux différentes technologies pour concevoir un vaccin. Il aurait alors compris que les vaccins conçus par Pfizer/Biontech et par Moderna, tous les deux à base d’ADN messager, se développeraient nécessairement plus vite que le vaccin conçu par Sanofi dans sa méthode "traditionnelle" beaucoup plus longue (pas parce que "français" mais à cause de la technologie).

En général, la principale cause du temps long dans le développement d’un candidat vaccin, c’est ses essais cliniques : plus ils sont longs, plus on peut être assuré de son efficacité et de son innocuité (l’innocuité est encore plus importante que l’efficacité : il ne faut pas qu’on arrive à un résultat pire que sans vaccin). Le professeur Daniel Camus, infectiologue à l’Institut Pasteur de Lille, a confirmé à "Ouest France" le 18 novembre 2020 : « Il faut bien savoir que quand on produit un vaccin, 70% des temps de temps de production sont consacrés uniquement aux contrôles. C’est énorme. Et plus la technique employée est récente, plus il faut de contrôles. ». Néanmoins, il y a aussi des contraintes de temps correspondant aux technologies choisies.

C’est là qu’il faut parler un peu technologie.

Qu’est-ce qu’un vaccin ? C’est un produit qui simule la présence du virus qu’on veut contrer pour permettre l’apparition d’anticorps dans l’organisme. La différence avec une infection, c’est qu’on maîtrise l’agressivité de l’agent infectieux. Dans une contamination naturelle, le virus attaque le corps et le corps répond par des anticorps. En fonction de l’état du corps (santé), de la charge virale (état du virus), les uns ou les autres gagnent. Si les anticorps gagnent (parfois après une longue lutte), le patient est guéri (voire n’a jamais été malade s’il est asymptomatique), dans le cas contraire, le virus parvient à se dupliquer tellement trop que les anticorps n’arrivent plus à lutter, ce qui crée ensuite des pathologies nouvelles (forme grave). Le vaccin permet de provoquer ce mécanisme d’anticorps, mais en maîtrisant l’attaquant dès le départ, donc en permettant au corps de gagner à tous les coups a bataille (au pire, on peut constater une rougeur à l’endroit où le vaccin a été injecté, et un peu de fièvre, ce sont les effets secondaires les plus fréquents lorsqu’ils existent).

Comment provoquer la défense immunitaire du corps ? Il y a plusieurs méthodes.

La méthode "traditionnelle" qui date de 1885, l’époque de Pasteur, c’est de prendre le virus, de le rendre inactif (enlever ses capacités de duplication) et l’injecter dans le corps. Les défenses immunitaires sont convoquées, sans suspens puisque le virus n’est pas en état de se reproduire. Cette méthode fonctionne d’autant mieux qu’on a maintenant plus d’un siècle de recul, elle a sauvé des dizaines de millions de vies humaines depuis cette époque. En revanche, son développement prend du temps puisqu’il faut inactiver les virus à grande échelle. C’est l’inconvénient majeur expliqué par Daniel Camus : « Il faut produire l’antigène du covid-19 en quantité industrielle, et ça prend du temps. » ("Ouest France").

Proche de cette méthode, il y a le vaccin à base de protéine recombinante. C’est notamment la technologie qu’ont choisie Sanofi et GSK pour l’un de leurs candidats vaccins et qui nécessite aussi un temps long pour fabriquer la protéine (Sanofi apporte l’antigène protéique et GSK l’adjuvant visant à renforcer la réponse immunitaire).

Le choix de cette méthode "traditionnelle", au-delà de l’expérience séculaire, c’est aussi la facilité de manipulation : un simple réfrigérateur suffirait à stocker et transporter les doses de vaccin. Et l’on peut comprendre que dans la problématique du vaccin contre le covid-19, les aspects de logistique sont aussi importants que les aspects scientifiques (industrialisation, capacité à vacciner finalement jusqu’à 7,8 milliards d’humains dans l’hypothèse maximale, ce qui nécessite des réseaux médicaux, des chaînes du froid, etc.). Sanofi a annoncé le 15 novembre 2020 (par son patron Olivier Bogillot sur CNews) que ses vaccins avec cette méthode seraient sur le marché en juin 2021. Mais Sonafi, en collaboration avec GSK et l’Institut Pasteur, développe aussi un autre type de vaccin, avec ARN messager.

En effet, une autre méthode, beaucoup plus novatrice dans l’histoire des sciences, c’est l’utilisation de l’ARN messager. Un vaccin contre le virus Ebola après les épidémies de 2014 et 2015 (qui ont fait 11 000 décès) a été développé en 2016 avec cette méthode et semble avoir eu une certaine efficacité. C’est la technologie de Moderna et aussi de Pfizer/Biontech. L’intérêt, c’est qu’on n’injecte aucun virus (même inactivé) à proprement parler mais seulement un ARN messager qui provoquera la formation dans les cellules de l’antigène du virus (au lieu de le fabriquer en éprouvette). Ces antigènes vont alors provoquer la création d’anticorps pour les supprimer. Ces anticorps, comme dans l’autre vaccin, resteront présents dans l’organisme (ils deviennent des vigiles anti-covid-19) et pourront lutter immédiatement en cas de contamination et éviter le développement de la maladie. Par ailleurs, l’ARN messager ne peut pas reprogrammer une cellule du corps, il n’y a donc pas de risque "OGM".

Le vrai problème avec cette méthode est logistique : le vaccin Pfizer/Biontech se conserve à –71°C, ce qui nécessite des "supercongélateurs" (la France en a déjà acquis 80 selon Olivier Véran le 12 novembre 2020). Le vaccin Moderna se conserve à –20°C. Il faut noter pour Pfizer/Biontech que ses chercheurs n’ont pas fait d’essais de conservation à plus haute température. Probablement qu’ils amélioreront cet aspect très négatif de leur vaccin s’ils font de tels essais ultérieurement. Ces vaccins peuvent cependant être conservés à plus haute température mais de façon beaucoup plus brève (quelques jours dans un réfrigérateur). La professeure Judith Mueller, de l’Institut Pasteur, a expliqué le 16 novembre 2020 dans "20 Minutes" : « L’ARN doit être congelé à des températures très basses pour une conservation dans la durée. Un vaccin qui contient un virus ou des protéines de virus, lui, peut se conserver à des températures moins froides. ».

L’Institut Pasteur travaille aussi sur une troisième méthode, sur un vaccin qui associe la rougeole et le covid-19, ce qui est une technologie plus complexe à mettre en œuvre mais également encourageante. D’autres méthodes sont investiguées aussi, comme celle d’AstraZeneca en collaboration avec Oxford, l’idée est d’utiliser un autre virus, inoffensif, qui apportera l’antigène du covid-19. L’intérêt de cette technologie, c’est que ce vecteur viral peut se dupliquer et apporter l’antigène dans tout le corps.

Comme on le voit, le "retard" (très relatif) de Sanofi est d’environ 6 mois, mais en juin 2021, probablement que les besoins en vaccins resteront toujours colossaux.

L’autre réflexion de journaliste qui m’a agacé par son ignorance, son amateurisme et surtout, son incapacité à aller fouiller le pourquoi du comment (mission principale du journalisme), c’est celle d’un éditorialiste plateau (dont je vais taire le nom car je n’ai rien contre lui) sur LCI le 17 novembre 2020. Il réagissait spontanément aux déclarations du patron de Moderna, Stéphane Bancel (un Français !) qui faisait pression sur l’Europe en insistant : « Nous sommes en discussion avec l’Europe mais le contrat n’est pas signé. ». Et sur le plateau, le journaliste a lâché en substance : Toujours cette bureaucratie qui fait durer les choses ! Bureaucratie de l’Europe ou de la France, qu’importe, toujours de quoi se sous-estimer, sous-estimer son pays.

Et pourtant, ce retard à la signature, c’est plutôt une chance et même une fierté pour la France. Et je le savais depuis une semaine (pourquoi donc suis-je mieux informé ?). En effet, à la suite de l’annonce de Pfizer/Biontech, le journaliste économique Dominique Seux, bien connu des auditeurs de France Inter (radio qui a dépassé aujourd’hui tous les records d’audience !), a expliqué dès le 10 novembre 2020 sur France 5 que l’Union Européenne était très dure en négociation, et cela à la demande des Français. La France ni l’Union Européenne n’ont intérêt à communiquer sur cette négociation tant qu’elle n’est pas conclue, tandis que Moderna a intérêt à faire une pression médiatique pour imposer leurs conditions commerciales, et des journalistes non informés (le comble !) en sont les complices !

En effet, Moderna aurait proposé son vaccin 52$ la dose (il en faut deux par personne) et l’Union Européenne aurait refusé ce prix et la France aurait réussi à le faire descendre en dessous de 30$. Alors, lourdeurs administratives ? Eh bien non, pour une fois, on pourrait être content que la France sache négocier fermement et réduise ainsi, au profit de ses contribuables, le coût de la vaccination. Le journaliste en question aurait mieux fait de préparer sa présence plateau plutôt que de lâcher des paroles en l’air, les mains dans les poches, à nourrir l’anti-France, l’anti-Europe et le défaitisme.

Du reste, reprenons justement les informations du bien informé Dominique Seux (qui lui, fait bien son boulot). Le vaccin Pfizer/Biontech aurait été vendu entre 23$ et 30$ la dose (là aussi, il faut deux doses). Le vaccin Sanofi serait vendu à 10$ (une dose), ce qui est compréhensible car la technologie est moins innovante (moins de frais de recherches). Quant au vaccin d’AstraZeneca (à base de vecteur viral), il serait à 3$. La France a fait une précommande de 35 millions de doses du vaccin Pfizer/Biontech dans le cadre d’une précommande européenne. Pour une fois, on voit que l’Europe de la Santé se construit concrètement puisque toutes les commandes de vaccins passent par Bruxelles, ce qui permet de mieux négocier à plus grandes échelles.

Au total, selon l’article du quotidien "Ouest France" sur le sujet publié le 18 novembre 2020, la France a déjà commandé 90 millions de doses auprès de sept fournisseurs et y consacrera 1,5 milliard d’euros en 2021. Si tous les vaccins commandés sont validés par les autorités de régulation, cela signifie que la France aura la force de frappe de vacciner l’année prochaine les trois quarts de sa population (ce qui est suffisant pour atteindre l’immunité collective).

Selon le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal, la vaccination en France pourrait commencer dès le mois de janvier 2021 s’il n’y a pas d’invalidation : « On prépare une campagne de vaccination pour être prêt au moment où un vaccin sera validé par les autorités de santé européennes et nationales. ». Les États-Unis, eux, comptent démarrer leur campagne de vaccination dès la seconde quinzaine du mois de décembre 2020. Pour Donald Trump, avant de quitter la Maison-Blanche, ce sera une petite victoire dans sa défaite.

Le professeur Axel Kahn, invité de BFM-TV le 12 novembre 2020 chez Jean-Jacques Bourdin, a annoncé que cela ne le gênerait pas de se faire vacciner. Notamment avec le vaccin chinois qui utilise la méthode "traditionnelle" (virus inactivé) et qui, par la suite, le 17 novembre 2020, a publié dans "The Lancet" des résultats très prometteurs.

La stratégie de vaccination sera donc essentielle pour ne pas faire de raté. L’Allemagne est déjà prête à ce stade tandis que la France y travaille encore. Actuellement, il y aurait en France environ 23 millions de personnes vulnérables au covid-19 (âge et état de santé), il faudrait rajouter les près de 7 millions de personnes exposées professionnellement (dont les 2 millions de soignants), et il faudrait aussi ajouter comme personnes prioritaires les personnes de grande précarité (250 000) et les personnes ayant un contact régulier avec la population (enseignants, commerçants, aides à domicile, travailleurs dans un abattoir, employés logeant dans des hébergements confinés comme les étrangers ouvriers du bâtiment, etc.), ce qui ferait beaucoup de personnes prioritaires !

Le problème, contrairement à ce que les médias disent à longueur de journée depuis une semaine, ce n’est pas la réticence au vaccin (réelle), ce courant antivaccin, effectivement très fort en France. L’enjeu, ce serait plutôt d’avoir assez de doses de vaccin pour tous ceux qui voudraient se faire vacciner. L’expérience de la vaccination contre la grippe depuis le 13 octobre 2020 montre que le risque n’est pas le trop peu de postulants, c’est le trop plein. Au fur et à mesure que les vaccinations seront faites, ceux qui, au départ, auront été réticents se mettront naturellement à vouloir aussi se faire vacciner contre le covid-19 qui, je le répète, n’est pas une grippe car aucune grippe n’a jamais paralysé ou du moins déstabilisé l’économie de la planète depuis maintenant dix mois…


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (18 novembre 2020)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Rapport de la Fondation Jean Jaurès intitulé "Vaccins : la piqûre de défiance", rédigé par Antoine Bristielle et publié le 17 novembre 2020 (à télécharger).
Covid-19 : vaccins et informations parcellaires.
La lune de Jupiter.
Faudra-t-il rendre obligatoire le futur vaccin contre le covid-19 ?

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https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20201118-coronavirus-covid-vaccin.html

https://www.agoravox.fr/actualites/sante/article/covid-19-vaccins-et-informations-228800

https://rakotoarison.canalblog.com/archives/2020/11/18/38657763.html



 

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