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10 décembre 2020 4 10 /12 /décembre /2020 03:08

« Le médicament antiviral remdesivir n’est pas conseillé pour les patients hospitalisés pour le covid-19, quel que soit le degré de gravité de leur maladie, car il n’y a actuellement pas de preuve qu’il améliore la survie ni qu’il permette d’éviter d’être placé sous ventilation artificielle. » (Communiqué de l’OMS du 20 novembre 2020).



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La gestion de la crise sanitaire depuis le début de la pandémie de covid-19 est loin d’être une promenade de santé. Heureusement que les Français ont Olivier Véran que je soutiens totalement dans sa politique sanitaire : médecin hospitalier (neurologue), député de Grenoble à sa nomination, habile politique, bon communiquant et d’une forme physique formidable pour être ainsi sur tous les fronts. Il fallait bien cela pour être le Ministre de la Santé de la pire crise sanitaire depuis au moins un siècle. Heureusement qu’il sait "un peu" ce qu’est la recherche scientifique, la méthodologie expérimentale, la médecine, etc.

Tout ce que le coravirus fait ou ne fait pas, provoque ou ne provoque pas, c’est lui, le ministre. Du moins, en France, car à l’étranger, si on critique, ce n’est pas lui mais ses homologues des pays concernés. Il y a une part d’hypocrisie, une part de militantisme politique, une part d’angoisse sincère, et puis maintenant, une part de complotisme dans le flux nauséeux de critiques adressées au gouvernement. Et pourtant, évidemment qu’il n’a pas été parfait, on ne l’est jamais, mais ces critiques excessives, définitives, sont tellement insignifiantes par rapport à l’enjeu de santé publique qu’elles en arrivent à masquer (c’est le cas de le dire !) les vraies erreurs, souvent assumées, du gouvernement.

Pourtant, la plupart du temps, je crois plus à une sincérité angoissée qu’à un militantisme calculateur des critiques. Le vrai problème, c’est qu’à notre époque, il est absolument impensable qu’on ne sache pas ! qu’on ne sache pas ce qu’est un virus qui a apparu il y a moins d’un an, qu’on ne sache pas comment soigner la maladie qu’il déclenche, la maladie mortelle, qu’on ne sache pas trouver une manière de sortir de ce tunnel sans mettre en péril l’économie, la vie sociale, culturelle, et même le baiser pourtant peu appétissant de mémé. Cette incapacité mondiale à contrôler notre destin est un véritable scandale et les gouvernants sont les premiers boucs émissaires, c’est logique ou du moins, c’est psychologiquement et sociologiquement compréhensible. Mais c’est intellectuellement désolant. Désespérant. Épuisant.

Et à tous ces contempteurs du gouvernement, la question qui titille l’esprit : et vous, qu’auriez-vous fait ? que feriez-vous à la place du ministre ? En tout cas, les sondages le disent régulièrement depuis le début de la pandémie : personne n’est crédité de pouvoir faire mieux que le pouvoir actuel. C’est peut-être triste, mais c’est un fait : tout le monde, gouvernants comme gouvernés, a été surpris, angoissé, traumatisé par cette pandémie. Certains d’entre nous en sont même morts. Leurs proches sont décapités de leurs êtres chers.

D’où l’introduction de gourous, de charlatans, aussi réputés qu’ils aient pu être dans un passé suffisamment lointain pour que la "profession" soit capable de prendre des distances avec eux bien avant cette crise. Ils peuvent être des médecins, des professeurs de médecine, ils disent aujourd’hui n’importe quoi, parfois avec sincérité, ils ont le droit à l’erreur, on a le droit de se tromper, parfois avec orgueil, l’amour-propre d’un mandarin est sans égal, et puis, ils découvrent ce que certaines personnalités politiques solitaires savent depuis longtemps : lorsqu’on erre sur des sentiers de traverse, on attire les médias, on attire la lumière, et cela fait un bien fou pour son ego ! Ça ne construit rien pour le collectif, mais ça fait vivre sa petite entreprise personnelle.

Dans cette crise, le gourou principal est Didier Raoult dont la personnalité est très attachante. Il dit n’importe quoi, dit rouge un jour, vert le lendemain, explique que c’était bien bleu, et quand c’est jaune, il a encore une explication. À force, seuls les profanes peuvent le suivre. Les profanes et les canards boiteux de la profession, ceux qui ont été rejetés pour une raison ou une autre, les aigris, les frustrés, les ambitieux désenchantés, sans oublier les délirants.

En janvier 2020, Didier Raoult a parlé d’un petit virus purement chinois sans gravité pour nous et qu’il ne fallait même pas en parler, puis il a parlé de la fin de la pandémie en début avril 2020, à l’époque où la première vague était à son sommet en France, puis que les masques étaient inutiles (le gouvernement aurait-il dû éviter de l’écouter à l’époque ?), puis que la deuxième vague était impossible, puis… puis… (attention s’il nous dit qu’il n’y aura pas de troisième vague après le nouvel an, je suis déjà rassuré qu’il ne croit pas au vaccin, c’est un début très prometteur pour la future campagne de vaccination)… mais le premier fonds de commerce de Didier Raoult, c’est évidemment l’hydroxychloroquine (qu’il n’a pas inventé, et d’ailleurs, rappelons-le, il est microbiologiste, plus spécialisé en bactériologie qu’en virologie).

Beaucoup y ont cru car in vitro, cela se comportait bien. Tout le monde était plein d’attente. Aurait été heureux si ça marchait. L’absence de traitement efficace est une véritable angoisse. Mais hélas, toutes les études ont montré qu’il n’y avait ni efficacité ni innocuité. Au contraire, elles ont montré que le produit non seulement n’était pas efficace mais il était dangereux dans les doses prescrites. Depuis six mois, d’ailleurs, ce n’est plus un sujet scientifique, juste un sujet sociologique ou politique. Les chercheurs ont tourné la page depuis longtemps. Normal : il n’y a pas de temps à perdre. L’épidémie court toujours, on a dépassé le seuil de 1,5 million de décès, pas loin de 1,6 million (près de 57 000 décès en France), ce mercredi 9 décembre 2020, le nombre de décès par jour est autour de 12 000 ! Par jour ! Et c’est loin d’être terminé, très loin hélas.

Du reste, ceux qui, hier, défendaient l’absence d’étude clinique en bonne et due forme de l’hydroxychloroquine (par l’urgence à soigner, mais au bout de dix mois, cet argument tombe) sont les mêmes qui critiquent, aujourd’hui, l’arrivée des premiers vaccins contre le covid-19, sous prétexte qu’ils n’auraient pas fait l’objet des essais cliniques en bonne et due forme. Ce qui est toutefois faux, les vaccins qui seront mis sur le marché ne peuvent être autorisés sans cette phase 3 des essais cliniques.

Ceux qui ont défendu voire qui défendent encore ce produit qui a fait des merveilles contre le paludisme (heureusement qu’il existe !) n’ont pas trouvé les réponses de la science comme satisfaisantes (pourtant, la science, c’est la science) et les plus "fanatiques" sont tombés dans le déni et dans le complotisme de bas étage. Ceux qui sont contre l’hydroxychloroquine, pour eux, ce sont forcément tous des "vendus" à monsieur "BigPharma" (ou madame, je ne sais pas trop). Simplisme antiscientifique et très politique.

BigPharma, c’est l’entité magique pour expliquer tous les problèmes. On les critique pour vouloir gagner de l’argent, et pourtant, c’est le principe numéro un d’une entreprise qui embauche : pas de profit, plus d’entreprise, plus d’emplois. Et puis, ces bénéfices, ils sont généralement réinvestis pour rechercher d’autres médicaments (sinon, plus de profit, plus d’entreprise, etc.). Les pauvres patients ou futurs patients que nous sommes, en particulier nous Français qui sommes particulièrement des consommateurs de médicaments, nous sommes heureux que BigPharma existe, que la médecine progresse, que les maladies autrefois incurables commencent à être soignées, etc.

Cela ne me choque pas qu’un laboratoire pharmaceutique gagne de l’argent. S’il n’en gagnait pas, il mettrait la clef sous la porte et qui trouverait les nouveaux médicaments ? Rappelons-nous les compagnies aériennes. Par exemple, Air Liberté. Oui, comme voyageur, je pouvais être heureux de payer un billet vraiment pas cher pour aller de Paris à Toulouse. Mais mes proches, qu’en pensaient-il ? Pourquoi je refusais de voyager chez Aeroflot par exemple ? Acheter une chemise pas chère qui s’use en quelques semaines, pourquoi pas ? pas d’enjeu, j’achète une nouvelle chemise. Réduire les coûts dont les coûts de sécurité pour un vol aérien, cela donne à réfléchir. Des vies humaines sont en jeu. Idem pour un médicament. Ces patrons qui s’enrichissent de nos médicaments, ils sont sûrement plus soucieux de vies humaines que ceux qui les consomment. De facto.

Or, bizarrement, parce qu’il était l’un des candidats les plus prometteurs, avec l’hydroxychloroquine, le remdesivir a été la cible des "pro-hydroxycholoroquine" (c’est un peu débilitant d’employer cette expression mais quelle autre choisir sinon ? proraoultiens ?). Son producteur, Gilead, est américain (ce qui nourrit le complotisme antiaméricain classique). Tous vendus à Gilead !

Le problème, c’est que le remdesivir est à peu près comme l’hydroxychloroquine : sans efficacité et sans innocuité. On rappelle alors que la Commission Européenne a précommandé pour 1 milliard d’euros de doses de remdesivir. En fait, il s’agit d’un accord-cadre (négociation du prix pour les pays européens) et seulement 220 millions d’euros ont été engagés dans cette affaire (certes, beaucoup trop pour un médicament qui ne fonctionne pas). Qu’importe le détail, la France n’y a mis aucun euro. La France a refusé de suivre ses partenaires européens, à tel point que Gilead a même renoncé à demander une autorisation de mise sur le marché en France.

Dans son communiqué du 17 septembre 2020, la Haute Autorité de Santé (HAS) a indiqué : « Le service médical rendu est jugé faible compte tenu des données actuelles préliminaires qui montrent une réduction globale de 4 jours du délai de rétablissement clinique du patient (11 jours au lieu de 15) par rapport au placebo, et en complément des soins de support, ce qui est de pertinence clinique discutable. Le remdesivir ne montre pas à ce stade d’effet global sur la mortalité à 14 jours, avec un possible effet suggéré uniquement chez les patients nécessitant une oxygénothérapie à faible débit. (…) Enfin, la HAS considère que l’accès au remboursement n’est pas justifié pour les patients hospitalisés pour covid-19 avec une pneumonie nécessitant une oxygénothérapie à haut débit, ou une oxygénothérapie lors de la ventilation assistée non invasive ou invasive ou une oxygénothérapie par membrane extracorporelle, aucun bénéficie clinique n’ayant été suggéré dans ces populations à partir des données disponibles. ».

Au moins, c’est clair. En d’autres termes, le remdesivir est comme l’hydroxychloroquine, à oublier pour le traitement du covid-19. Heureusement, Olivier Véran a évité d’en faire, par précaution, des commandes inutiles.

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C’est ce qu’il a expliqué lors d’une émission spéciale "La grande confrontation" diffusée en direct sur LCI ce mardi 8 décembre 2020 dans la soirée. L’idée était de donner l’occasion au Ministre des Solidarités et de la Santé de répondre à des Français choisis (à mon avis très mal) dans un "panel" supposé représentatif. En particulier, il a eu à répondre à des questions peu courtoises d’une jeune femme manifestement militante politique dont le ton, elle ne s’était pas écoutée, était particulièrement contreproductif pour sa chapelle (si Olivier Véran n’a des opposants que de cet acabit, il n’aura pas trop de soucis d’explication à avoir).

La question essentielle de la confiance a été abordée. Olivier Véran a saisi l’occasion pour raconter un exemple de sa vie faite de multiples décisions importantes à prendre chaque jour : « Sur la question de la confiance, vous savez, d’abord, c’est faire preuve de transparence. Être capable de dire les choses. Je vais vous donner, tiens, une notion d’une polémique à côté de laquelle on est passé en France. ».

Et à partir de là, il a évoqué la bête noire des chloroquineurs : « Vous avez un médicament qui était un médicament qui était plutôt prometteur, il s’appelait le remdesivir, commercialisé par un laboratoire qui s’appelle Gilead, qui est un laboratoire américain, et à un moment donné, on m’a dit : est-ce que la France va en commander, la plupart des pays européens en commandent, avec une grosse commande de stocks etc. Moi, j’ai regardé les données scientifiques, j’ai demandé aux scientifiques de me donner leur avis sur ce traitement. Au début, ils disaient : pourquoi pas ? Et puis après, ils m’ont dit : le truc, heu, le traitement ne marche pas, pas plus que la chloroquine, et donc, il ne faut pas acheter ce médicament-là, en tout cas, ce n’est pas un intérêt majeur à le faire. ».

Finalement, détruisant un argument sans arrêt évoqué : « J’ai décidé de ne pas en acheter. Il y a eu des essais cliniques en France, c’est Discovery, c’est utilisé dans le cadre de protocole de recherche de traitements, c’étaient des doses gratuites. Je n’en ai pas acheté. Aujourd’hui, tout le monde sait, et c’est reconnu, que le médicament remdesivir ne fonctionne pas. Et donc tout le monde considère aujourd’hui que ce traitement-là ne doit pas être donné aux malades. Eh bien, je vais vous dire une chose : je suis plutôt content d’avoir fait le choix de ne pas céder à un moment donné à l’appel de certains scientifiques qui disaient : il faut en acheter pour voir. Et donc, la France est le seul pays avec le Luxembourg de l’Union Européenne à ne pas en avoir acheté. La France n’a pas acheté de remdesivir. On est passé à ça d’une polémique qui en plus concernait un labo en qui généralement les gens n’ont pas confiance. C’est un exemple parmi d’autres. ».

Revenant à sa jeune interlocutrice désagréable : « Voyez, voyez le problème, vous me parlez de la défiance et de la confiance, alors je vous donne des données factuelles, chacun peut vérifier, mais quelle que soit la vérification, madame, que je vous aurai apporté, je ne suis pas sûr qu’en définitive, je vous aurai convaincu sur ce point. Il n’empêche que je continuerai ces [explications]. Libre à vous de me croire ou de ne pas me croire. Tout ce que je vous demande, tout ce que je vous demande, in fine, ce n’est pas d’aimer votre ministre, ce n’est pas de juger que je sois compétent ou incompétent. Ce que je vous demande, madame, c’est de faire attention aux vôtres, de faire attention aux gens qui vous entourent, de respecter les règles, je suis sûr que vous le faites, et de vous protéger vous-même. C’est cela qui est le plus important pour moi. À la fin, je veux dire, je ne vous demande pas de considérer que j‘aurai sauvé vos propres parents. Je vous demande de vous, de vous, avoir cette démarche-là. Et pour moi, la confiance, elle est fondamentale pour ça. ».

Enfin, Olivier Véran a rappelé par la même occasion qu’il ne faut pas forcément se précipiter quand il s’agit de la santé des Français : « Une autorisation de mise sur le marché, avec ce qu’on appelle, en France, on a une évaluation du service médical rendu et de l’amélioration du service médical rendu. C’est pour ça que des fois, on me dit : mais en France, vous êtes longs, pourquoi les tests sortent plus tard en France qu’ailleurs, etc. On nous reproche quand on prend un peu plus de temps que les autres. Mais parfois, prendre un peu plus de temps que les autres, ça nous permet la prudence, ça permet aussi d’être un peu plus efficace dans certaines choses. ».

Bien sûr, comme le ministre l’a indiqué, la démonstration n’aura pas convaincu l’arrogante contradictrice, parce qu’elle restait dans le domaine sectaire et était irréconciliable. Olivier Véran, et c’est probablement ce qui donne prise à la critique, il n’est pas dans le sectarisme, il est dans le pragmatisme. Il est aussi dans le doute, la prudence verbale, et surtout, dans l’humilité de la connaissance scientifique.

Les informations sur le covid-19 arrivent par milliers chaque jour, et parfois, des idées qu’on croyait vraies au début se révèlent fausses ensuite, ou l’inverse (c’était le cas sur la capacité de contamination des enfants), chaque jour on apprend du nouveau. Et c’est déjà suffisamment difficile de trouver ce qui est établi, reconnu, de ce qui n’est que supputation, spéculation, pari, qu’ajouter la désinformation à objectif commercial ou politique ne rend la situation que plus confuse et angoissante aux yeux des citoyens.

La note optimiste, c’est que la plupart des Français comprennent cette difficulté actuelle et sont prêts à se comporter avec rationalité, et c’est probablement ce qui nous sauvera. La prochaine épreuve, ce sont les vacances de Noël à un moment où l’épidémie ne redescend plus. Dans un sondage chez Louis Harris, plus de deux tiers des sondés seraient prêts à mettre une croix sur les fêtes de Noël pour assurer la sécurité sanitaire. Sans doute que la conférence de presse de Jean Castex ce jeudi 10 janvier 2020 à 18 heures présentera les mesures définitives sur nos libertés de circuler et de profiter des fêtes de fin d’année. Pour Olivier Véran, on ne pourra pas parler de troisième vague en janvier tant que la deuxième vague n’est pas encore terminée…


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (09 décembre 2020)
http://www.rakotoarison.eu



Pour aller plus loin :
Remdesivir : la polémique qu’on n’a pas eue en France…
Les messes à l’épreuve du covid-19.
Nouvelles attestations de déplacements à partir du 28 novembre 2020 (à télécharger).
Il regarde le soleil dans tes yeux !
Pâques 2020, le coronavirus et Dieu…
Covid-19 : faut-il rendre contraignant l’isolement des personnes contaminées ?
Allocution télévisée du Président Emmanuel Macron le 24 novembre 2020 (texte intégral et vidéo).
Le calendrier de l’Avent du Président Macron.
Covid-19 : vaccins et informations parcellaires.
La lune de Jupiter.
Faudra-t-il rendre obligatoire le futur vaccin contre le covid-19 ?

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https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20201208-remdesivir.html

https://www.agoravox.fr/actualites/sante/article/remdesivir-la-polemique-qu-on-n-a-229366

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2020/12/09/38697747.html

 




 

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