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8 août 2021 7 08 /08 /août /2021 03:32

« La pensée n’est qu’un éclair au milieu de la nuit. Mais c’est cet éclair qui est tout. » (Henri Poincaré, 1905).



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Je souhaite m’arrêter ici sur quelques considérations sur la science. La crise sanitaire depuis janvier 2020 a placé la science dans les premiers sujets de conversation de monsieur tout-le-monde. Cela pourrait être fort intéressant mais cela dépend de la discipline scientifique et lorsque cette science, c’est la biologie et la médecine, lorsqu’il s’agit de la santé de mes contemporains et donc, de leur vie, il est plus périlleux de dire n’importe quoi que lorsqu’il s‘agit de matière inerte ou encore de considérations vaguement célestes.

J’avais donné un exemple il y a déjà longtemps avec la recherche sur un vaccin contre le sida. Vaccin ou traitements, il est évident que lorsqu’une information scientifique arrive jusqu’à l’oreille du grand public, elle peut être plus ou moins "conséquente" (dans le sens propre de l’adjectif). Elle peut intéresser les passionnés profanes ou amateurs, c’est le cas pour l’astronomie, l’aéronautique, aussi de la paléontologie, égyptologie, archéologie, etc.

Elle n’a alors que peu de conséquences sinon intellectuelles, sinon qu’il faille parfois réécrire certains manuels scolaires. Je fais partie d’une génération qui, en sixième, a appris que l’homo sapiens descendait de l’homme de Neandertal qui descendait de l’australopithèque. J’ai eu beaucoup de mal à me défaire de ce schéma intellectuel, sachant maintenant que c’étaient des branches cousines (encore que… tout puisse être encore remis en cause), et j’ai surtout compris aujourd’hui qu’on sait très peu de chose, retrouvant quelques os dans un coin de la planète, quelques autres dans un autre coin et ainsi de suite, que nos performants outils de caractérisation permettent de dater les découvertes, et de donner quelques autres indications précieuses, et l’on en arrive plutôt à une sorte d’impossibilité de conclure, avec de nombreux maillons manquants, composant un puzzle avec de trous que de pleins.

L’exemple de la recherche de nos ascendants est intéressant car la réalité, c’est que plus on en sait, moins on comprend. Car on comprend surtout que c’est compliqué. L’ignorance, généralement, laisse croire que les choses sont plus simples que ce qu’elles sont réellement. Normal, l’ignorance fait passer à côté de nombreuses subtilités.

Mais il est des domaines scientifiques plus périlleux : tout ce qui touche le vivant en est. Pourquoi ? Parce que cela impacte des personnes directement. La recherche contre le cancer, contre d’autres maladies touchent évidemment tous ceux qui sont atteints de ces maladies, ainsi que leurs proches, aussi. Mais les informations scientifiques dans ces domaines qui arrivent au grand public doivent être d’autant plus prudentes : on n’a pas le droit, par exemple, de donner des faux espoirs à des personnes gravement malades. Surtout que l’état psychologique d’un patient peut influer sur sa pathologie.

Vous me voyez venir avec les grands sabots : la pandémie de covid-19 a été un exemple terrible de communication scientifique mal maîtrisée dès le début et pour une maladie qui non seulement, a tué plus de 4,3 millions de personnes dans le monde (estimation largement sous-évaluée), mais aussi qui a impacté la vie grosso modo des presque huit milliards d’êtres humains que compte la Terre (par des confinements, des gestes barrières, des crises économiques, sociales, etc.). On peut dire que c’est l’exemple historique à ne pas faire. Mais pouvait-on éviter ce désordre intellectuel géant ? Probablement pas.

C’est vrai qu’en France (mais je doute que cela ne soit qu’une caractéristique française), monsieur tout-le-monde a directement obtenu au café du commerce son diplôme de politologue, de footballogue et (depuis un an et sept mois), son diplôme d’épidémiologiste, infectiologue et virologue. Tous médecins, devrait-on indiquer désormais.

Le professeur Didier Raoult, dont la réputation scientifique n’est plus à faire, a subtilement insinué le doute partout où c’est possible (sauf dans la vaccination, il reste encore un médecin "raisonnable" et responsable), pour d’obscures raisons d’égocentrisme (pas écouté par les gouvernements depuis une quinzaine d’années sur les risques de terrorisme biologique), a paradé en disant que la science se nourrissait de confrontation et qu’il n’y avait pas de "consensus" scientifique qui fasse avancer la science. Il a un peu raison mais pas tout à fait. En fait, on mélange un peu tout en disant cela.

La clef de compréhension pourrait être donnée par ce qu’a évoqué il y a quelques semaines (ou mois) le physicien Étienne Klein. Il a voulu différencier quelque chose que les "scientifiques" connaissent bien.

Quand j’écris "scientifiques", je veux dire les "chercheurs", c’est-à-dire des créateurs de savoirs, des créateurs de connaissances scientifiques. Par exemple, lorsqu’un apprenti chercheur, c’est-à-dire un doctorant (un thésard, quoi !), soutient (en anglais, on dit "défend") sa thèse de doctorat, il est en fait celui qui connaît le mieux son sujet, puisqu’il s’agit d’un sujet de recherche et qu’il est le seul (ou parmi les seuls) à avoir investigué dans ce domaine (sinon, cela n’aurait aucun intérêt de redécouvrir le monde). La seule chose que les membres du jury puissent faire pour "juger" de tels travaux, c’est de savoir s’il n’y a pas de "biais", de mauvaises méthodes, de mauvais protocoles, de savoir comment a bossé l’apprenti chercheur pour savoir si ses conclusions sont scientifiquement pertinentes ou simplement spéculatives, issues d’interprétations hasardeuses.

Je précise d’ailleurs qu’un "scientifique" n’est pas un "enseignant" et réciproquement. Un scientifique est un créateur de contenu d’enseignement. Certes, les métiers sont souvent associés (à l’université, on parle d’enseignant-chercheur et au CNRS, par exemple, les chercheurs sont souvent chargés de cours), mais ce sont deux métiers très différents : l’un crée, l’autre raconte. C’est la même différence qu’entre le romancier et le critique littéraire (voire le professeur de littérature), la même différence qu’entre le peintre et le critique d’art. Cela n’empêche pas d’être les deux (beaucoup des réalisateurs de la nouvelle vague étaient des critiques de cinéma à l’origine).

Donc, un professeur de mathématiques n’est pas, en principe, par cette seule fonction, un mathématicien. Un professeur de philosophie n’est pas, de cette fonction, un philosophe. Beaucoup d’appelés (enseignants), peu d’élus (chercheurs qui ont trouvé et qui proposent des découvertes utilisables et enseignées par la suite). Ainsi, un médecin n’est pas un chercheur, c’est un praticien de la connaissance, pas un créateur de connaissances. Beaucoup de professeurs et praticiens hospitaliers sont toutefois chercheurs ; par exemple, le professeur Didier Raoult est à la fois enseignant, praticien et chercheur (et même gestionnaire d’établissement de santé et de recherche, qui est un quatrième métier). Mais ce n’est pas le cas de tous les médecins, surtout dans la médecine de ville.

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Je reviens donc à la distinction d’Étienne Klein. Il veut différencier, avec raison à mon sens, la science de la recherche, la science de la recherche scientifique. Science et recherche sont deux éléments très différents.

La science, c’est l’ensemble des connaissances scientifiques qu’on a trouvées, découvertes, etc. depuis le début des temps et que rien n’a encore remis en cause (c’est possible). C’est l’acquis. Revenir sur les domaines propres à la science, c’est faire de la marche arrière. Là, il n’y a plus de doute. La Terre sphérique, qui tourne autour du Soleil, c’est de la science. C’est un acquis. Le second principe de thermodynamique (c’est-à-dire l’entropie croissante), cela n’a jamais été démontrée mais c’est aussi de l’acquis, jamais remis en cause, c’est de la science (et tant pis pour les supposées ingénieuses pseudo-machines à mouvement perpétuel, il y a forcément un truc qui cloche avec elles). Pour la science, il n’y a pas de doute, et tout débat sur le sujet est vain et inutile. Les scientifiques, sauf pour des considérations épistémologiques, évitent donc de s’insérer dans des débats qui leur feraient perdre du temps. Des débats anachroniques. Dépassés.

La science ne peut s’embarrasser du doute, ou alors, il va falloir être très rigoureux pour être prêt à déboulonner un édifice aussi efficace et surtout, aussi cohérent. Cela s’est déjà fait, on appelle cela "révolution", et il y en aura d’autres, mais ce n’est pas le premier profane venu qui paraît le plus outillé pour faire cette révolution. D’autant plus que la plupart des révolutions ne détruisent pas l’existant mais le précisent, le peaufinent (par exemple, la physique quantique n’est pas incompatible avec la mécanique newtonienne, simplement, elle donne des éléments de précision dans le microscopique, mais la trajectoire d’une pomme reste toujours parabolique avec une équation assez simple). Cela ne veut pas dire que la science est doctrine. Elle reste humble et est prête à reculer si la raison le demande. Parler de "doctrine scientifique" n’a aucun sens et l’expression ne peut pas provenir de scientifiques. On peut parler d’interprétation, de philosophie, mais pas de science.

En revanche, il en est tout autre chose de la recherche. La recherche, c’est-à-dire l’objet de tous les travaux actuels des chercheurs du moment, c’est de la science en devenir, de la science en cours de construction, donc, pas encore construite. La science, c’est une discipline qui peut évoluer très rapidement (en fonction du nombre de chercheurs dans le monde, des montants d’investissements pour la recherche sur le sujet, etc.). C’est pour cela qu’un bon chercheur est aussi un bon lecteur : il doit connaître ce qu’on appelle "l’état de l’art". C’est le travail premier d’un doctorant, pas très rigolo. Faire de la bibliographie : avant d’avoir l’audace de créer la connaissance, il faut connaître déjà ce que les prédécesseurs ont fait, d’une part, pour éviter de réinventer le monde (aujourd’hui, on n’a plus le temps ni l’argent pour réinventer le monde, car ici, ça n’a aucune valeur pédagogique, on n’est pas dans l’enseignement, on est dans la création de connaissances) ; d’autre part, pour éventuellement déceler les enjeux scientifiques, là où il faut approfondir, ou reprendre une piste peu explorée, etc. C’est dans l’identification du sujet de recherche que le scientifique montre son "flair", c’est-à-dire, son "intuition". Elle peut être riche en conséquences, fertiles, ou au contraire, stérile, mais chaque piste qui mène nulle part, c’est quand même une information scientifique capitale (qui permet de créer un parcours, comme un GPS qui connaît les travaux et déviations routières).

Mes gros sabots arrivent : tous les travaux sur le covid-19 sont évidemment du domaine de la recherche et pas de la science. Un virus qu’on ne connaissait pas en décembre 2019 mais qui impacte près de huit milliards de personnes, c’est chose peu commune, surtout avec les moyens de communication d’aujourd’hui où la moindre remarque d’un ivrogne du café du commerce, qui aurait peut-être influencé seulement ses trois ou quatre compagnons de bistrot, pourrait être reprise et amplifiée à l’autre bout de la planète comme preuve infaillible de la réalité d’une stupidité.

J’aime bien ceux, sur Internet, qui donnent, pour preuves ou sources scientifiques, des liens qui arrivent sur FaceBook, Twitter ou Youtube. Cela me fait sourire et m’informe sur l’auteur qui n’est donc pas un scientifique, car les seules sources scientifiques valables, ce sont des liens avec des publications dans des revues scientifiques à comité de lecture. Certes, il y a toujours eu des scandales, des collusions, des impostures avec ces revues (on n’est jamais à l’abri d’une arnaque), mais avec elles, il y a bien plus de contrôle (d’ailleurs, c’est pour cela que l’on connaît ces impostures) que sur des liens de personnes qui n’ont aucune qualification pour créer de la connaissance scientifique (car ici, il ne s’agit pas d’enseigner mais de créer). Sur des sites qui ne sont pas ces revues, l’arnaque est quasi-généralisée, puisque, aujourd’hui, tout le monde est médecin, urgentiste, épidémiologiste, etc. et peut dire n’importe quoi n’importe où à n’importe qui.

Mais l’irruption soudaine d’une maladie mortelle, c’est-à-dire, qui ne laisse pas indifférent, a aussi un effet trompeur sincère. Comme la rapidité de la recherche devient une nécessité, beaucoup de publications soumises à une revue mais pas encore acceptées par elles ont été malgré tout prépubliées sur Internet (préprint) avec les mêmes "apparences" qu’une publication totalement acceptées, ce qui peut tromper des profanes, surtout si le draft est finalement refusé par le comité de lecture (en fait, dans une publication scientifique, même sans préprint, tout ce qui est indiqué peut tromper le profane).

Pour une pandémie, la cinétique est en effet importante. Il faut aller vite : vite pour réduire les contaminations en séparant physiquement (gestes barrières, masques, etc.), en confinant, etc. et aussi pour prévenir (en vaccinant). Il y a donc un grand débat social d’éthique entre les considérations sanitaires collectives (ou nationales) et les considérations sociales individuelles. C’est tout le débat, par exemple, du passe sanitaire et de l’avis très équilibré du Conseil Constitutionnel qui devait "arbitrer" entre deux exigences à valeur constitutionnelle : la protection de la santé (obligation fondamentale de tout gouvernement) et les libertés individuelles (exigence d’une démocratie). C’est justement parce que nous sommes une démocratie qu’il y a eu débat public, débat parlementaire, manifestations, etc. Dans un régime autoritaire, il n’y aurait pas tout cela.

Le débat a eu lieu en France en janvier 2021, sur la nécessité de confiner ou d’accepter les 300 décès par jour pendant trois mois (et Emmanuel Macron, à mon grand regret, avait décidé de ne pas reconfiner). La réalité, c’est que cela se résume concrètement à : jusqu’à combien de morts une société est-elle prête pour ne pas avoir à sacrifier temporairement (quelques semaines) sa liberté ? Les 112 100 familles endeuillées apprécieront la question.

Le gouvernement, comme l’avait dit au début de la crise sanitaire Édouard Philippe, reste donc toujours sur une ligne de crête entre laisser la société libre et protéger les citoyens d’un virus mortel pour une partie de la population. Et avec l’humilité de rappeler qu’au début, on ne savait rien, ou plutôt, on ne savait que ce qu’en disaient les autorités chinoises. Mais comme le virus s’est exporté à bon compte, il était facile d’avoir très rapidement accès au virus et c’est là la très grande différence avec les précédentes épidémies : c’est qu’on possède maintenant des moyens d’investigations scientifiques rudement efficaces. Ainsi, le génome du virus SARS-CoV-2 a été connu avant même la fin du mois de janvier 2020. Pas étonnant alors de comprendre la rapidité du développement des vaccins à ARN messager : ils avaient été déjà conçus pour le virus Ebola (entre autres) et il suffisait donc de connaître le génome du nouveau virus pour adapter le vaccin au covid-19.

De toute façon, ce qui est long, ce sont les tests cliniques, les phases 2 et 3, et lorsqu’il n’y a que quelques milliers de personnes contaminées par an, comme pour Ebola, il faut des dizaines d’années avant de conclure. Quand plus de 202 millions de personnes sont touchées dans le monde en dix-huit mois, nécessairement, ces tests cliniques sont plus rapides (à moins de vouloir inocule une maladie moins fréquente directement aux patients des tests cliniques, auquel cas j’appellerais cela des assassinats programmés). D’ailleurs, aujourd’hui, avec plusieurs milliards de doses injectées dans le monde, jamais un vaccin n’a été aussi "sûr" que celui contre le covid-19, en ce sens que les rapports de pharmacovigilance sont transparents, publics, et que le grand nombre de personnes vaccinées a pu montrer à la fois son innocuité et son efficacité (les deux choses qu’on recherche d’un vaccin).

Pour le coup, évidemment que la recherche sur l’ARN messager a eu un départ en fanfare avec la pandémie de covid-19, grâce aux nombreux financements (rappelons-nous, l’argent n’est qu’un facteur d’accélération ou de ralentissement de la recherche : plus de chercheurs sur le sujet, plus d’équipements pour les accompagner, et pour le covid, il y a urgence). Dans plusieurs décennies, probablement qu’on se souviendra plus de la connaissance heureuse des vaccins à ARN messager que de la (triste) pandémie elle-même. On proposera des vaccins à ARN messager pour remplacer tous les vaccins actuels. On voit d’ailleurs bien que la recherche sur les vaccins dits "classiques" (à virus désactivé) n’a pas abouti pour trouver une parade au sida, et ceux contre le covid-19 ne semblent pas très efficaces (le cas du vaccin chinois). La recherche contre le cancer fera probablement des bonds, même si, effectivement, dire cela n’est qu’une intuition et pas une réalité.

Tout ce qui concerne le covid-19 depuis dix-neuf mois est donc toujours avec le sceau du doute parce qu’il s’agit d’une connaissance en construction. Il y a eu des hypothèses, qui ont été soit confirmées, soit invalidées (comme l’hydroxychloroquine), il y a eu donc des va-et-vient particulièrement difficiles à comprendre pour un profane, parce que la communication au grand public peut avoir un temps de retard.

Ne serait-ce même que les analyses des statistiques de l’épidémie sont souvent très évolutives, et un "leader d’opinion" (disons, quelqu’un qui peut influencer ceux qui l’écoutent ou le lisent) qui prend des chiffres trop anciens pourrait dire n’importe quoi. C’est assez notable pour la quatrième vague avec le variant delta, certains disaient que l’épidémie continuait à baisser quand d’autres, un peu plus rigoureux car se mettant à jour plus récemment, voyaient qu’elle remontait. Et réciproquement pour la Grande-Bretagne, par exemple. Donc, sans arrêt, le "profane", c’est-à-dire celui qui fait confiance à celui qu’il entend ou lit et qui ne vérifie pas nécessairement par lui-même avec des sources dignes de foi et de sérieux (aujourd’hui, la plupart des données épidémiologiques sont en "open data"), se retrouve dans des flux contradictoires de ce qui est vrai ou faux et se fait alors sa petit religion personnelle et pourra toujours trouver sur Internet de quoi étayer ses impressions.

Quand le gouvernement français, en mars 2020, voulait limiter le port du masque aux seuls soignants de personnes contaminées, ce n’était pas seulement parce qu’il y avait une pénurie et qu’il fallait les réserver aux seuls soignants (pénurie que voulait éviter Roselyne Bachelot lorsqu’elle était Ministre de la Santé ; honneur à elle d’avoir su comprendre l’intérêt de la Nation malgré les nombreuses critiques voire insultes qu’elle a dû essuyer pendant une décennie), c’était aussi parce que les médecins, dans leur grande majorité, ont été formés ainsi, que le masque ne devait pas être porté par le grand public qui risquait de renforcer la contamination s’il le manipulait mal.

Ce n’est que plusieurs semaines plus tard qu’on a compris l’intérêt du masque. Je me rappelle qu’au début, on considérait que la principale source de contamination était sur les surfaces, d’où le gel hydroalcoolique, les gants etc. En fait, la contamination par aérosol est beaucoup plus fréquente, si bien que le masque est même plus important que le gel hydroalcoolique. Cela explique aussi la baisse des maladies contagieuses (comme la grippe ou la gastro).

Tiens, à ce propos, sourions encore sur ce qu’un profane peut proférer comme bêtise : j’ai lu que les trous du masque sont plus gros que le virus, donc, le masque ne fait pas obstacle au virus. C’est là où la compétence est un atout indéniable. Car le virus, il ne se promène pas tout seul dans l’air (il serait immédiatement détruit), il le fait dans les postillons, et les masques, justement, font obstacle aux postillons. C’est un exemple, parmi de milliers d’autres, où l’on peut dire que sur la pandémie, tout et n’importe quoi ont été dits.

Un autre exemple moins stupide, c’est de dire que le vaccin à ARN messager n’empêchait pas la contamination. On l’a dit au début car on ne savait rien et l’on a dit par prudence qu’il fallait faire attention (et dans tous les cas, il faut continuer à faire attention, à garder les gestes barrières, car une efficacité n’est jamais à 100%). Or, après plusieurs mois et plus d’un milliard de personnes vaccinées, on a maintenant des données qui montrent que le vaccin freine énormément la circulation du virus. C’est d’ailleurs la réalité de la quatrième vague, une réalité heureuse puisque le pire ne semble pas être sûr à cet égard et que le virus semble s’épuiser rapidement dans un environnement où les personnes sont fortement vaccinées. On en a des exemples en France, Royaume-Uni, etc., et malheureusement des contre-exemples en Indonésie, Russie, Brésil, etc.

On peut donc comprendre comment le complotisme peut se nourrir de fausses informations, ou d’informations périmées au fil des jours sur la connaissance de la maladie qui s’accroît (la connaissance) en permanence. Un tel complotisme est à l’œuvre en raison de personnes réellement sincères en recherche d’informations qui parfois sont donc erronées mais aussi du fait de véritables manipulateurs, qui s’autoproclament spécialistes de ce qu’ils ne connaissent pas, pour des motivations très diverses, des oppositions politiciennes (comme si Emmanuel Macron avait apporté lui-même le virus et que la France était le seul pays touché !), des égocentrismes de mandarins en mal de reconnaissance, des intérêts commerciaux (bouquins à vendre, sites Internet à cliquer, voire stages divers vaguement sectaires), sans oublier les allumés et les benêts qui serviront parfois des soupes pas très appétissantes à ceux qui cherchent à en tirer profits.

Pour terminer ce bavardage, je vous propose une vidéo qui montre comment cela se passe quand la science devient de la postvérité, et quelques citations sur la science.

Un proverbe français qui illustre à merveilles le "tous médecins" : « Si la barbe donnait la science, les chèvres seraient toutes docteures. ».

Même idée attribuée à Bouddha : « Un sot a beau demeurer des années en contact avec la science, il ne connaîtra pas plus le goût de la science que la cuillère plongée dans la sauce ne connaît le goût de la sauce. ».

Enfin, la plus pertinente pour parler de l’évolution (rapide) des connaissances sur le covid-19, d’Aristote : « La science consiste à passer d’un étonnement à un autre. ».

Alors, étonnons-nous, avant de vouloir étonner les autres !


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (07 août 2021)
http://www.rakotoarison.eu



Pour aller plus loin :
Le passe sanitaire validé par le Conseil Constitutionnel.
Décision n°2021-824 DC du 5 août 2021 du Conseil Constitutionnel sur la loi relative à la gestion de la crise sanitaire (texte intégral).
Couverture vaccinale : la France dépasse les États-Unis et l’Allemagne.
L’heureux engagement du Président Macron en faveur de la vaccination des jeunes.
Mathématiques alternatives (une vidéo à voir absolument).
La Science, la Recherche et le Doute.
Covid-19 : se faire vacciner, c’est résister !
Audition d’Olivier Véran au Sénat le 22 juillet 2021 sur le passe sanitaire (à télécharger).
Motion de rejet préalable sur l passe sanitaire le 25 juillet 2021.
Variant delta : la territorialisation des restrictions sanitaires.
Covid-19 : les bénéfices-risques de la vaccination des adolescents.
4e vague : passe sanitaire ou reconfinement ?
Les outrances désolantes des antivax, enfants gâtés de la planète.
Fête nationale : cinq ans plus tard…
Emmanuel Macron, la méthode forte.
Emmanuel Macron face à la 4e vague (2).
Emmanuel Macron face à la 4e vague (1).

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https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20210731-covid-dy-science.html

https://www.agoravox.fr/actualites/sante/article/la-science-la-recherche-et-le-234813

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2021/07/31/39079227.html







 

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