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31 août 2021 2 31 /08 /août /2021 03:38

« C’est quand votre ligne est la plus droite que l’adversaire vous attend au tournant. » (Robert Sabatier, 1991).




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Ça y est, l’été est déjà terminé et la rentrée arrive. Autant dire qu’il n’y a plus qu’une courte "distance" avant la prochaine élection présidentielle, d’autant plus que pour des raisons de calendrier et de délai constitutionnel, le conseil des ministres du 13 juillet 2021 a dû fixer des dates quinze jours plus tôt que d’habitude : le premier tour aura lieu le 10 avril 2022 et le second tour le 24 avril 2022.

Il est vrai que la vie politique a été quelque peu perturbée par une série de crises plus ou moins graves : les gilets jaunes en 2018-2019, puis la pandémie de covid-19 depuis 2020 ont bousculé l’horloge du quinquennat, pas seulement celle du Président Emmanuel Macron mais aussi de ses éventuels concurrents de 2022.

La grave crie sanitaire, sa gestion tant sanitaire qu’économique et sociale, a montré que les programmes présidentiels ne valent rien lorsqu’on est au pouvoir. Les gouvernants d’aujourd’hui doivent faire systématiquement face à une série de crises et d’urgences qu’ils sont bien incapables de rendre compatibles avec des mesures concrètes imaginées plusieurs années auparavant.

La réforme des retraites n’a pas pu être faite pour diverses raisons, mais la question qui fera partie du débat présidentiel de demain est bien : Emmanuel Macron a-t-il eu raison ou tort d’y avoir renoncé pour se consacrer totalement au redémarrage de l’économie postcovid ? Ses opposants feront les deux : ils lui reprocheront de n’avoir fait aucune réforme des retraites …et d’en avoir préparé une qu’il ressortira après l’élection présidentielle.

Être à la tête de l’exécutif d’un grand pays comme la France, c’est d’abord créer des séries de mécontents, car toute décision crée des mécontents. C’est aussi être pragmatique, ne pas avoir d’idéologie, mais avoir quelques principes et réagir dans l’urgence, internationale, intérieure… tout en préparant l’avenir pour que les urgences d’aujourd’hui ne soient plus des urgences de demain.

Alors oui, plus que jamais, l’époque a besoin que le peuple choisisse une personnalité, un tempérament, un caractère, un dynamisme, plutôt qu’un programme politique qui sera périmé aussi vite que l’élection passera, plutôt qu’un parti qui ne donnera aucune clef pour comprendre l’avenir.

La situation de précampagne présidentielle est particulièrement floue. Des deux grands partis de gouvernement qui ont monopolisé le pouvoir pendant près de soixante ans, aucune personnalité ne se dégage clairement. Les Républicains se retrouvent dans un piège de candidatures, où le candidat supposé le plus efficace électoralement refuse de se soumettre à son ancien parti. Quant au préhistorique Parti socialiste dont on a oublié jusqu’à l’existence dans le débat politique, son salut résiderait plutôt à se désister en faveur du candidat écologiste, comme dans un retour d’ascenseur de 2017.

Malgré ces incertitudes, d’où pourrait sortir n’importe quelle personnalité, et certains parlent de l’éditorialiste Éric Zemmour, mais on pourrait en lister des pages entières, jamais la situation semble aussi figée que 2022. Tout porte à croire que les deux candidats du second tour de 2022 seraient les mêmes que ceux de 2017, et que l’issue de ce nouveau duel, au contraire de 1974/1981, resterait la même.

En clair, jamais un Président de la République sortant n’a eu autant de boulevards que maintenant. Emmanuel Macron a maintenu une certaine popularité grâce à sa gestion de la crise sanitaire qui a été approuvée par les gens (le militantisme anti-sanitaire est une véritable impasse politique). Pourtant, on disait aussi la même chose de Valéry Giscard d’Estaing en automne 1980, promis à une réélection triomphale.

Il y a une règle qui veut qu’aucun Président de la République élu au suffrage universel direct n’ait été réélu au suffrage universel direct, sauf en période de cohabitation où le Président ne gouverne plus en fin de mandat et peut donc être considéré plus comme un opposant qu’un sortant. Emmanuel Macron, qui a déjà fait exploser un certain nombre d’invariants politiques depuis 2017, pourrait rompre cette chaîne d’échecs électoraux.

Ce qui est curieux dans les sondages, c’est qu’une majorité de sondés rejette un duel entre les deux précédents adversaires du second tour de 2017, et "en même temps", ils ont l’intention en majorité de voter pour l’un ou l’autre de ces candidats.

Pour ceux qui ne veulent ni la droite extrême de Marine Le Pen ni la gauche extrême de Jean-Luc Mélenchon, la figure présidentielle d’Emmanuel Macron est aujourd’hui d’autant plus évidente qu’aucune autre personnalité, entre ces deux extrêmes, n’émerge de manière incontestable et consensuelle. Ces deux candidats professionnels, qui n’envisagent pas de ne plus être indispensables, sont en quelque sorte l’assurance-vie du Président Macron.

Le "dégagisme" a créé une situation nouvelle où le trop vide remplace le trop plein. Le risque d’une forte abstention est-il réel ? Je ne le crois pas. Les Français sont très attachés à l’élection de leur Président de la République et ils savent que c’est l’élection majeure, fondatrice, de la vie politique. Le Président sortant pourrait être victime de ce dégagisme, mais sa perpétuelle adversaire attitrée également, pour incompétence et incapacité à rassembler plus de la moitié des Français.

Du reste, le dégagisme n’est pas si flagrant qu’on ne le dit : aux dernières élections régionales, tous les sortants ont finalement été reconduits, parfois avec des scores flatteurs, à la tête des régions en métropole (les Outremers ont des situations intérieures très particulières).

À la différence de ses prédécesseurs Nicolas Sarkozy et François Hollande où la haine qu’a provoquée leur Présidence (c’était également le cas de Jacques Chirac, très impopulaire jusqu’à son départ), n’a jamais été compensée par un mouvement spontané de sympathie, Emmanuel Macron jouit d’une forte adhésion du peuple raisonnable, celui qui travaille et qui réfléchit, celui qui, pragmatique, anti-idéologique, veut la raison à la passion.

Le prochain Président de la République devra être structuré pour affronter de nouvelles crises dont l’idée n’a même pas germé dans les plus imaginatifs des cerveaux de romancier. Cela nécessite une bonne connaissance de l’État, une bonne culture générale, un dynamisme qui n’est pas celui d’un papy ou d’une mamy, et un don d’improvisation exceptionnel. Tout en acceptant que son ego soit noyé dans une boue d’insultes et de critiques dont les réseaux sociaux amplifient l’expression, voire dans des délires complètement stupides.

Je détaillerai dans de prochains articles une partie de l’offre politique qui s’annonce pour la campagne présidentielle de 2022.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (30 août 2021)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Élysée 2022 (1) : un peuple d’ingouvernables ?
Emmanuel Macron élu Président de la République le 7 mai 2017.
Le vote par anticipation.
Le vote proportionnel.
Le vote obligatoire.
Le vote électronique.
Vive la Cinquième République !

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https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20210830-elysee2022aa.html

https://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/elysee-2022-1-un-peuple-d-235446

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2021/08/31/39115035.html








 

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