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14 janvier 2010 4 14 /01 /janvier /2010 10:03

La tectonique des plaques prédit des perturbations sismiques de grande échelle sur la planète. Mais elles sont prévisibles avec quelques décennies d’indétermination.



yartiHaiti201001On ne prête qu’aux riches… et les pauvres vont devenir de plus en plus pauvres.
 
Combien va-t-on compter de victimes ? Mille ? Dix mille ? Des centaines de milliers ? Des réfugiés, des sans-logis, sûrement plus d’un million. Une nouvelle catastrophe d’une ampleur exceptionnelle a ravagé l’île haïtienne.
 
Hier, le mardi 12 janvier 2010, à 22:53 heure de Paris, un tremblement de terre de magnitude 7,3 (sur l’échelle de Richter) a eu lieu à quinze kilomètres à l’ouest de Port-au-Prince qui regroupe une agglomération de près de quatre millions d’habitants.
 
Deux autres secousses ont suivi, une de 5,9 sept minutes après, et une autre de 5,5 cinq heures dix-neuf minutes après. Le séisme a été ressenti à plus de trois cents kilomètres à la ronde.
 
La faille qui a remué fait cinq cents kilomètres de long et a cassé sur cinquante kilomètres de long. Les derniers séismes de cette ampleur avaient eu lieu au XVIIIe siècle. On sait maintenant mesurer (grâce au GPS) la vitesse de glissement de la plaque nord-américaine contre la plaque caraïbe : environ deux centimètres par an, ce qui fait un déplacement de cinq mètres environ depuis les derniers tremblements de terre.
 
Ce type de séisme était prévisible depuis une vingtaine d’années. Mais la prévision est à quelques décennies près. On en parle aussi pour San Francisco, pour Kyoto, pour Naples, pour Nice aussi.
 
Eh oui, Haïti est un pays pauvre. Le plus pauvre du monde : 70% des neuf millions d’habitants ont moins de deux dollars par jour pour vivre. Le pays n’a pas pu investir dans le contrôle sismique. Une surveillance qui n’aurait servi à rien, de toute façon, car les instruments mis en place par des observateurs internationaux n’ont détecté aucun signal précurseur (au contraire de ce genre de séisme titanesque).
 
La route qui mène la capitale politique à la capitale économique (Pétionville) est sur la ligne de faille. Beaucoup d’activités se sont développées le long de cet axe. Des bidonvilles, conséquence d’une urbanisation non maîtrisée, s’y sont multipliés ces dernières décennies.
 
La cathédrale, le Palais national, le siège de l’ONU, des ministères, entre autres, se sont effondrés. De nombreuses personnes sont ensevelies ou ont disparu. Les aides internationales commencent à arriver. L’ONU a fait du forcing car elle a des troupes stationnées dans l’île.
 
Pas de chance ? Sans doute. Les éléments du destin ne sont pas plaisants. En 2008, plus d’un millier de personnes avaient péri dans plusieurs cyclones faisant un million de sinistrés. Des inondations avaient aussi meurtri le pays en 2004 et en 2008.
 
Haïti allait pourtant un peu mieux. Les routes étaient en cours de reconstruction, le pouvoir politique commençait à avoir autorité et avait organisé des élections législatives pour mai prochain.
 
Oui, il n’a pas de chance, ce pays, ce peuple.
 
Comme pour le tsunami il y a quelques années (le 24 décembre 2004), les médias s’affolent déjà, les appels au secours vont faire une surenchère bien nécessaire pour venir en aide aux populations dévastées, puis, dans quelques semaines, on oubliera à nouveau qu’il y a des peuples Sisyphe et des peuples qui ont un peu plus de chance. (Certes, Sisyphe était heureux, avait précisé Albert Camus).
 
Et cela fait comme un léger signal subliminal pour relativiser les problèmes quotidiens dérisoires, pour dédramatiser par exemple la neige et la pluie verglaçante du petit matin.
 
 
 
Sylvain Rakotoarison (13 janvier 2010 à 17:20)
 
 
Pour aller plus loin :
 
 
 
New York, Jan 13 2010 10:50AM

Le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a lancé mercredi un appel pressant à la communauté internationale pour qu'elle vienne en aide à Haïti à la suite du séisme de grande ampleur qui a dévasté la capitale Port-au-Prince mardi.

Les bâtiments et les infrastructures de la ville ont gravement souffert tandis que les services essentiels - eau, électricité - ne sont pratiquement plus assurés. Le bilan des victimes est encore impossible à établir, a indiqué M. Ban devant la presse.

« Il ne fait aucun doute que nous sommes face à une urgence humanitaire majeure et qu'un effort équivalent en matière de secours s'avère nécessaire ». Remerciant les pays qui ont déjà annoncé des actions en faveur d'Haïti, il a appelé le monde « à venir en aide à Haïti en cette heure de grande nécessité ».

L'ONU mobilise pour sa part une équipe d'urgence pour coordonner les secours humanitaires. Elle devrait être sous peu sur le terrain.

De nombreux employés des Nations Unies en Haïti sont portés disparus dont le Représentant spécial du Secrétaire général Hédi Annabi. M. Ban a précisé que l'hôtel Christopher qui héberge les bureaux de l'ONU s'est effondré. « De nombreuses personnes sont prises au piège », a précisé M. Ban.

Celui-ci a indiqué être en étroite consultation avec plusieurs gouvernements dont celui d'Haïti et des Etats-Unis.

Des casques bleus brésiliens de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (<" http://www.un.org/french/peace/peace/cu_mission/minustah/ ">MINUSTAH) ont travaillé toute la nuit pour dégager des victimes. De nombreux blessés graves ont pu être secourus et conduits dans la base logistique de la mission qui est intacte.

Le Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, Alain Le Roy, a déclaré toutefois à la presse que moins d'une dizaine d'employés de l'ONU avaient pu être tirés des décombres de l'hôtel Christopher, certains d'entre eux étant décédés.

L'hôtel Montana, où sont logés des employés de l'ONU, s'est aussi effondré, a  précisé l'administratrice du Programme des Nations Unies pour le développement (<" http://www.undp.org/french/ ">PNUD), Helen Clark. Elle a indiqué que 38 employés du PNUD étaient portés disparus.

M. Ban a annoncé qu'il dépêchait son ancien représentant en Haïti, Edmond Mulet, et actuel numéro deux des opérations de maintien de la paix pour évaluer les besoins. Le Fonds central d'intervention d'urgence (<"http://ochaonline.un.org/webpage.asp?Site=cerf">CERF) débloque immédiatement dix millions de dollars.
La première priorité va aux recherches et aux secours » avec des équipes qui doivent arriver de Chine, des Etats-Unis, de France et de la République dominicaine voisine, a précisé de son côté le Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d'urgence, John Holmes.

La MINUSTAH, qui a été créée en 2004, dispose de 9.000 personnels militaires et de police sur place ainsi que de 2.000 employés civils. Quelque 3.000 casques bleus et policiers de l'ONU se trouvent dans la région de Port-au-Prince où leur rôle sera de maintenir l'ordre et de participer aux efforts de secours. Ils ont commencé à dégager les principales artères de la capitale.

« Mes pensées et mes prières sont avec le peuple d'Haïti. Mon bureau à l'ONU et l'ensemble du système des Nations Unies suivent la situation et nous sommes prêts à faire le maximum pour assister le peuple d'Haïti dans ses efforts de secours, de reconstruction et de redressement », a déclaré l'ancien président américain Bill Clinton, Envoyé spécial du Secrétaire général pour Haïti.
 
 (fin du communiqué de l'ONU)
 
yartiHaiti201002 
 
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