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19 avril 2011 2 19 /04 /avril /2011 06:27

Alors que chaque jour, l’UMP se droitise de plus en plus sur des chemins de plus en plus hasardeux, l’initiative des radicaux valoisiens de reprendre leur liberté donne un air frais à la démocratie sociale et aux valeurs républicaines. Une occasion qu’il faut savoir saisir. Troisième et dernière partie.



yartiBorloo02Jean-Louis Borloo a commencé à bouger les lignes politiques en quittant l’UMP (1e partie) et en dirigeant un Parti radical valoisien prêt à être le noyau d’une nouvelle confédération centriste (2e partie). Quel serait le mode d’emploi pour réussir l’essai ?


La sincérité en question

Jean-Louis Borloo a montré qu’il est un homme qui rassemble et qui n’exclut pas. Alors que François Bayrou, paradoxalement, n’a malheureusement cessé d’éloigner toutes les compétences qui se trouvaient autour de lui depuis dix ans.

Évidemment, la question de la crédibilité de Jean-Louis Borloo revient avec raison sur la table : après huit années et demi de gouvernement, tellement discipliné qu’il prévoyait même de diriger le gouvernement l’automne dernier, est-il aujourd’hui sincère ?

On peut imaginer les arrière-pensées : monnayer avec un rapport de forces plus favorable son soutien au candidat de l’UMP en 2012. Ou encore, le divorce ne serait-il que le résultat d’un premier ministrable mauvais joueur qui n’aurait pas accepté de ne pas avoir été nommé ? Cette dernière idée n’est d’ailleurs pas incompatible avec la sincérité : lorsqu’un ego est touché, il peut même aller très loin.

On peut aussi contester sa proximité avec Bernard Tapie qui est "l’ennemi officiel" de François Bayrou ; on répondra : bataille d’ego !


Le courage de partir

Je m’inquiétais du silence assourdissant des responsables de l’UMP face au discours de Nicolas Sarkozy à Grenoble le 30 juillet 2010. Probablement la montée indéniable du FN et la persistance suicidaire du pouvoir à faire le lit des idées du FN ont convaincu quelques responsables modérés qu’il fallait (enfin) quitter définitivement l’UMP.

Le cheminement est lent, les pressions nombreuses, le courage réel.

Pour que la démarche puisse réussir, il faudra encore plus d’indépendance à la confédération centriste et sans doute était-ce une erreur d’avoir voulu rassurer immédiatement les dirigeants de l’UMP sur les intentions de Jean-Louis Borloo : il est nécessaire de ne pas considérer automatique l’alliance entre l’UMP et la future confédération centriste mais de la conditionner à l’arrêt impératif de la marche antirépublicaine qui vise à concurrencer le FN sur son propre terrain. Il s’agit là du terrain des valeurs et il faut être intransigeant, à l’instar d’un Bernard Stasi en 1983.


Un socle commun

Toutes les formations du centre devraient d’abord débattre d’un projet commun pour 2012, qui, à mon sens, pourrait se résumer à sept axes prioritaires :

1. Social : mieux répartir la richesse, renforcer la solidarité avec les plus faibles (handicapés, malades, personnes âgées, demandeurs d’emploi, sans domicile fixe etc.) et accroître l’accès à tous à la culture ;
2. Économique : favoriser la création de richesse par l’innovation, l’éducation et la recherche ;
3. Fiscal : réduire la dette ;
4. Environnemental : rendre compatible développement économique et protection de l’environnement en particulier dans les deux secteurs clefs, transports et énergie ;
5. Républicain : redonner à la France la confiance en elle-même ;
6. International : redéfinir la diplomatie française au sein d’un monde multipolaire ;
7. Européen : réformer le fonctionnement de l’Union Européenne pour une plus grande solidarité entre les États au lieu d’une compétition interne qui appauvrit l’ensemble.

Le choix du candidat pour 2012 devrait se faire après l’adoption d’une position commune qui serait une base fondatrice pour la décennie des années 2010.


Le candidat du mieux disant

À mon sens, malgré quelques défauts, François Bayrou serait encore le mieux placé pour être ce candidat. Il reste crédible tant sur les valeurs que sur la carrure, et reste le plus expérimenté sur le plan électoral (trois campagnes nationales en 1999, 2002 et 2007). On ne s’improvise pas candidat à l’élection présidentielle et c’est un épisode éprouvant personnellement.

Il y a aussi un avantage essentiel à ce que le MoDem participe à cette confédération centriste : son indépendance financière permettrait d’en finir avec la dépendance financière des radicaux vis-à-vis de l’UMP (une dépendance cependant purement administrative puisque l’UMP ne sert ici que de compte intermédiaire).

Laureline Dupont de "Marianne" avait d'ailleurs cherché à en savoir plus sur le financement actuel des radicaux valoisiens : « Brandie en épouvantail par Jean-François Copé pour dissuader toute volonté de dissension, l'énigme des financements du Parti radical mérite d'être éclaircie. Avec 1,3 millions de budget, le PR [Parti radical] assure ne rien devoir à l'UMP. "Chaque parlementaire radical reverse ses 40 000 euros d'indemnité à l'UMP qui nous les reverse ensuite, explique Gassenbach, ancien trésorier du parti. Une fois sortis de l'UMP, nous continuerons à recevoir ces indemnités". Soit environ 1 million d'euros. Pour le moment, le risque ne vient pas de l'UMP. Dominique Dord, trésorier du parti présidentiel, assurait la semaine passée au Monde.fr que la convention entre le PR [Parti radical] et l'UMP sera "appliquée quelles que soient les vicissitudes de la vie politique". La menace viendrait davantage des députés radicaux. Si le parti quitte l'UMP et perd dans la bataille des parlementaires, il se prive par la même occasion des indemnités de ces déserteurs. De l'importance pécuniaire de fidéliser ses troupes... ».

Rien ne sépare idéologiquement les deux hommes : Jean-Louis Borloo et François Bayrou. Leur union rendrait un fier service au pays. En jetant la rancune. En surmontant les ego.


Une rivalité à transformer en alliance

Le MoDem apporterait l’expérience d’une candidature à l’élection présidentielle, probablement le candidat, et également l’autonomie financière indispensable à la crédibilité politique.

Les partis derrière Jean-Louis Borloo apporteraient la crédibilité gouvernementale, les ressources humaines nombreuses et riches en personnalités de valeur. L’isolement dramatique de Bayrou serait ainsi compensée par le soutien d’un groupe parlementaire à l’Assemblée Nationale, et par l’action d’élus et d’anciens ministres expérimentés et prêts à gouverner immédiatement. Bref, une équipe opérationnelle qui a tant manqué à François Bayrou en 2007.

La réaction à chaud de François Bayrou contre la main tendue est incompréhensible : comment pourrait-il rassembler de Jacques Delors (ou Dominique Strauss-Kahn) à Édouard Balladur et refuser de parler à son ancien ami politique qui lui servait de porte-parole lors de sa première aventure présidentielle ?


Une initiative pour l’après-2012

Ce qui est rassurant, c’est qu’il n’existe aucun homme providentiel. L’élection de 2012 ne sera pas celle d’une personnalité mais d’abord celle des idées.

L’initiative de Jean-Louis Borloo est fondatrice. Elle ne vise pas 2012 mais l’après-2012, quel que soit le résultat de l’élection présidentielle. Elle jette en une première esquisse la base de la renaissance d’un centre politique qui a été réduit à néant durant la derrière décennie.

Ce centre aurait tout intérêt à être mené par François Bayrou en 2012. Il échouerait si ce dernier s’isolait de cette opération.

En 2017, François Bayrou et Jean-Louis Borloo seront déjà âgés pour prétendre à une candidature (ils auront tous les deux autour de 66 ans) alors qu’ailleurs, au PS et à l’UMP, une génération plus jeune piaffe déjà d’impatience. Et sans François Bayrou, le MoDem n’aurait plus beaucoup de raison d’exister.

Seule, cette nouvelle alliance républicaine, sociale, écologiste et européenne, réunissant à la fois Borloo et Bayrou, pourrait conforter ce courant politique puissant dans l’opinion publique et pourtant si peu et si mal représenté aujourd’hui.

Et en le confortant, elle ferait naître, à n’en pas douter, de nouvelles ambitions et de nouveaux leaders à stature nationale.

Pour cela, l’union du centre doit être le maître mot.
C’est (comme dirait Ségolène Royal), du gagnant-gagnant !
La responsabilité de tous les acteurs d’aujourd’hui est donc immense.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (15 avril 2011)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :

La (vraie) famille centriste.
La trajectoire de François Bayrou.
À qui appartient l’UDF ?
L’éclatement de l’UMP.
Le décentrage de l’UMP.
Sondage IFOP à télécharger sur le leadership du centre (8 avril 2011).

 

 

yartiBorloo04

 

 

 http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/bravo-borloo-3-l-alliance-des-deux-92506

 

http://rakotoarison.lesdemocrates.fr/article-283

 

 

 

 

 

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L


La question de fond, c'est l'indépendance du projet centriste :


Jean Arthuis revendique une alliance indépendante (avec le MoDem)


Hervé morin lui se positionne clairemement dans la majorité (il n'est pas favorable à un accord avec le MoDem "indépendantiste").


Tout le monde connait désormais le positionnement de Bayrou : c'est sa force, la constance.


Comme tout le monde n'est pas d'accord et que les enjeux politiques sont importants (on a vu en 2007 comment les collègues de Bayron ont rejoins l'UMP lorsqu'il n'a pas donné de consigne de
vote).


Si l'alliance cantriste fait le choix de l'indépendance, ce qui suppose aucune consigne de vote au 2d tour en cas de défaite, alors tout est possible. Mais c'est loin d'être gagné : les élus sont
frileux.


Sinon, sur le principe d'un grand parti du centre je suis bien d'accord avec vous.



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Résultats officiels
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