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30 mai 2015 6 30 /05 /mai /2015 20:53

(verbatim)

Au cours du congrès fondateur du parti "Les Républicains" issu de l'UMP, candidat à la primaire de 2016, François Fillon a prononcé un discours le 30 mai 2015 à la Porte de la Villette à Paris.

Discours de François Fillon.

Nicolas, compagnons et amis,
 
Nous sommes les héritiers d’une histoire immense, et chacun sait ici qu’il fallut bien des héros et des bâtisseurs pour nous donner le privilège de dire cette phrase belle et simple : «je suis Français».
Aux jeunes « républicains » et toujours « populaires » je dis qu’il n’y a pas de bonheur sans conquête !
Pour se hisser au rang des nations développées, la France a travaillé dur et les Français eurent le courage de revendiquer un destin.
Il fallut et il faudra encore produire, inventer, créer des richesses pour rester une flamme dans le monde.
La France que nous aimons, c’est la France des marins de l’île de Sein qui choisirent la liberté et l’honneur. Ces deux valeurs ont toujours 20 ans.
Une fois les armes posées, ils réconcilièrent l’Europe. Nous devons être fidèles à leur sagesse.
Notre France assume le combat pour la dignité de l’Homme : autrefois, pour l’universalité de ses droits, aujourd’hui contre le drapeau noir de ceux qui égorgent des chrétiens, abattent des caricaturistes, martyrisent les femmes et les âmes.
Notre credo ?
C’est la liberté. La liberté pour vivre debout.
C’est la patrie pour rassembler.
C’est l’Europe pour civilisation.
 
Les temps changent, mais notre ambition reste intacte : il s’agit de hisser la nation vers le meilleur d’elle-même.
Les obstacles sont innombrables, mais la France possède toutes les qualités pour se reprendre et surprendre le monde.
Rappelons-nous : la nuit du 4 aout 1789, l’alliance des monarchies européennes assiste, pétrifiée, à l’abolition des privilèges : ce jour la, l’Assemblée avait choisi de tout abattre pour tout reconstruire.
En 1958, la France est en crise et se demande comment «boucler les fins de mois».
Dès les premiers jours, le Général de Gaulle prend parti pour la modernisation sans laquelle, ce sont ses mots, «nous resterons un pays à la traîne». Le reste est connu : c’est la réforme, c’est l’expansion et les 30 glorieuses.
Ces tranches d’histoire prouvent que tout est possible à une France décidée et rénovée.
 
L’Histoire n’est pas finie.
La France peut être en moins de dix ans la première puissance européenne.
Ce n’est pas un rêve mais c’est le défi que nous devons relever.
Nous avons tant d’atouts pour cela : la démographie, la technologie, la science, la culture, la productivité, l’influence diplomatique et militaire.
Non le génie français n’est pas mort, c’est notre système qui est usé et un système ça se change !
On les dit découragés, abattus, blasés mais ils sont des millions, ces Français dévoués et ingénieux, prêts à se retrousser les manches. Je ne vois dans leurs yeux ni lâcheté, ni résignation, mais bien une force qui attend son heure.
Cette force peut être extraordinaire si nous savons la guider vers des changements inédits. Jamais je n’ai senti autant de lucidité et d’exaspération face aux blocages.
Mais cette force peut être destructrice si nous nous contentons d’exercer le pouvoir comme une fin en soi. Trop de promesses déçues, trop de souffrances sociales : la politique est en état d’urgence.
Le chômage s’étend, les milliards de dette nous étouffent, la tentation communautariste et les votes extrémistes gangrènent notre société. Le parti des désespérés et celui des abstentionnistes sont devenus les  premiers de France.
Et au-delà de nos frontières, pas de répit !
C’est l’Europe tiraillée entre la faillite grecque et le divorce britannique, c‘est la fronde des Syriza, Podemos, nationalistes écossais et autres partis radicaux qui bousculent les vieux échiquiers, tandis qu’en méditerranée les flottilles de réfugiés font route vers nous, fuyant le chaos et la menace djihadiste.
Le monde est en surchauffe et notre démocratie en dépression.
Voilà les circonstances qui entourent notre Congrès qui ne peut être un ripolinage du passé, mais bien un nouveau départ.
 
Nous avons décidé de nous intituler «Les Républicains» : ce choix nous oblige plus que tout autre car lorsqu’on prend la République comme étendard il ne nous est pas permis de décevoir.
Et puisque l’exemple doit venir de nous-mêmes, faisons de la liberté, de l’égalité et de la fraternité la devise vivante des Républicains.
 
La liberté permet de repousser tout ce qui nivelle, uniformise, enrégimente. Elle est l’oxygène dont la France a besoin.
Chez nous, Républicains, tous les débats sont ouverts, toutes les compétitions possibles dès lors que le respect prévaut.
Comment pourrions-nous inviter les Français à aimer davantage la Liberté, si nous ne sommes pas le mouvement où chacun peut aller au bout de ses mérites et de ses convictions ?
 
L’égalité est promise à tous les Français, non seulement pour avoir des droits équivalents, mais avec l’obligation de répondre à leurs devoirs.
L’Etat ne peut pas tout. Il faut refonder la société républicaine en commençant par le début, et je dirais l’essentiel, l’esprit citoyen.
Sont citoyens et dignes de leurs devoirs, ceux qui se lèvent et s’interposent lorsque une femme est agressée dans le métro.
Le sont aussi, tous ces parents qui, avant de tout exiger de l’Ecole, transmettent à leurs propres enfants culture et civisme.
Sont dignes de leurs devoirs, ceux qui font des heures supplémentaires, ceux qui n’attendent pas le dernier mois de leurs allocations pour trouver un emploi, ceux qui n’empochent pas leur parachute doré lorsque leur bilan ne le justifie pas…
Comment demander aux Français d’être vigilants sur leurs devoirs si nous, les Républicains, n’exigeons pas plus de nous-mêmes ? Sincères, honnêtes, dévoués à la France, nous devons l’être plus que jamais.
 
Et la fraternité, c’est l’oubliée de notre devise !
Elle est pourtant le fil qui relie tous les cœurs.
Dans nos écoles, notre récit national est tout juste chuchoté alors que la fierté collective est la source de notre union; dans nos cités, voyous et intégristes veulent fixer leurs règles ; la confiance mutuelle devient peur réciproque; on ne se parle plus, tout se juge aux apparences, et les écouteurs sur les oreilles certains n’entendent plus l’enfant qui rit dans la rue…
Est-ce ainsi que les hommes vivent ?
Non, les Français ont le cœur serré mais ils sont généreux ! Ils militent par milliers dans des associations, n’oublient jamais de participer aux actions humanitaires, n’hésitent pas à travailler le dimanche si nécessaire.
La politique est l’art d’unir toutes les bonnes volontés, elle est l’art de réveiller en chaque être humain cette part de lumière qui ne demande qu’à briller.
Ni la lutte des classes ni celle des races, ni celle des religions ne sont républicaines.
Je n’ai jamais cru à un «peuple de gauche» dressé contre un «peuple de droite» : ce n’est pas dans les simplifications idéologiques ou dans le trait des caricatures que s’incarne l’intérêt général.
 
Rassembler ! S’il est bien un objectif qui doit être le nôtre, c’est celui-ci puisque la République que nous prenons en mains doit être partout.
A tous, jeunes ou vieux, hommes et femmes, fortunés ou modestes, nous devons donner le goût d’être ensemble, d’agir ensemble.
Si les Républicains n’étaient qu’une machine électorale, une caserne où les adhérents viendraient chercher les ordres; si nous n’étions pas cette famille où le débat fraternel est à chaque étage; si nous n’étions que conflits et invectives à l’égard de ceux qui pensent ou agissent autrement ; si nous n’étions pas l’interprète de toutes les sensibilités françaises … alors la République ne serait pas en nous !
 
Certains pensent que l’on convaincra les Français en prenant tous les virages en serrant vers la droite, d’autres en conduisant au milieu de la route, sans parler des démagogues qui disent qu’on peut lâcher le volant et regarder derrière soi.
Moi, je ne veux pas découper la France en tranches, je la prends comme un bloc, avec amour, avec la conviction qu’il faut se réinventer ensemble pour espérer, proposer et agir.
 
Municipales, départementales, et bientôt élections régionales, nous regagnons du terrain. Bravo à nos candidats, bravo à nos militants !
Mais gare au vertige ; n’ayons pas le réflexe de penser que le balancier électoral jouera mécaniquement en notre faveur. Parier sur le pendule, miser sur le rejet de la gauche: non, nous n’avons pas le droit d’être aussi peu ambitieux !
A lire les sondages, tout le monde semble capable, de renvoyer François Hollande à sa normalité. Mais la question centrale à laquelle il nous faut répondre : c’est pour quoi faire et comment le faire ?
Si l’alternance n’est qu’une alternance parmi tant d’autres, cela ne servira à rien. La France s’enfoncera et la colère grandira. Et elle explosera un jour, parce que nous aurons, par faiblesse, par commodité électorale, laissé déposséder le pays de ce qu’il tient pour sacré : sa souveraineté nationale.
Il n’y a pas de souveraineté sans puissance ! Si le pays s’appauvrit, si le peuple doit s’en remettre à Bruxelles pour connaitre son sort, s’il devait être l’otage du FMI, alors à quoi bon la démocratie ?
Non avons un défi.
Battre la gauche et l’extrême droite, non par défaut, mais par adhésion des Français à un projet précis et puissant, appuyé sur un mode d’exécution sans faille.
 
La République est une révolte.
Elle est « révolutionnaire » là où les bastilles doivent tomber.
Et elles doivent tomber, là où la rigidité du code du travail exclut ceux qui cherchent un travail ; là où l’excès de fiscalité décourage les talents ; là où la barrière des réglementations bloque l’innovation ; là où l’opium des déficits nous endort ; là où le nivellement par le bas noie le mérite de ceux qui n’ont, dans leurs mains, que leur audace.
On m’accuse parfois d’avoir le langage du «sang et des larmes».
Mais le sang et les larmes, c’est aujourd’hui pour les 6 millions de français sans emploi, le sang et les larmes c’est aujourd’hui pour les deux millions de jeunes français qui ne sont ni à l’école, ni en formation, ni dans l’emploi.
Le sang et les larmes c’est aujourd’hui pour les travailleurs pauvres, le sang et les larmes c’est aujourd’hui pour les artisans ou les agriculteurs qui ne peuvent plus se verser un euro de salaire, le sang et les larmes c’est aujourd’hui pour les retraités qui ne font qu’un repas par jour.
Contre le sang et les larmes, je choisis la vérité, l’action et la liberté.
Contre les conservatismes qui nous étouffent, oui la liberté est le meilleur logiciel pour déclencher le progrès économique, technologique et social.
 
Et puis, il y a l’unité nationale.
65 millions de Français dans un monde de 7 milliards d’habitants. Plutôt que dire « et moi, et moi et moi», il faut dire nous !
La France n’est pas un puzzle, une juxtaposition de clans, de ghettos, de communautés affichant leurs règles au-dessus des règles de la République.
Nous sommes une nation de citoyens, où, transcendant les origines et les croyances, seuls doivent compter l’amour du pays et le respect de la loi.
Partout où l’autorité de l’Etat est bafouée, Les Républicains seront là. Partout où la laïcité est défiée, nous serons là. Partout où l’identité de la France est déracinée, nous serons là.
Pas de compromis avec le racisme, l’antisémitisme, la haine de la France. Face à eux, nous serons implacables !
 
Mon plus jeune fils a 13 ans.
Je le regarde et je regarde la France.
Je veux qu’il grandisse dans un pays où le dépassement de soi est encore possible. Où le goût de la liberté est plus fort que la peur de l’échec. Où justice serait rendue aux êtres courageux et bons.
Je veux qu’il soit fier d’être français et fier d’être en même temps citoyen d’une Europe brillante et protectrice.
Pour cet avenir que je voudrais lui promettre, il va falloir combattre, bâtir rassembler. Il va falloir être des Républicains.

François Fillon, 30 mai 2015


Source :
http://www.blog-fillon.com/2015/05/les-republicains-ce-choix-nous-oblige-plus-que-tout-autre.html



 

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