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11 avril 2017 2 11 /04 /avril /2017 23:17

(verbatim)



Discours de François Fillon le 11 avril 2017 à Marseille

Mes chers amis,

Merci Marseille, merci à chacune et chacun de vous d’être là avec votre force qui décuple toutes les forces françaises.
Merci aux Bouches-du-Rhône, merci à la Provence pour leur soutien extraordinaire.

Dans vos voix j’entends le mot « liberté » et dans vos yeux, je vois le regard fier de ceux qui aiment la France
Je veux saluer tous les élus présents à mes côtés car c’est ensemble, droite et centre réunis, que nous l’emporterons…

Mes amis,
Nous sommes les héritiers d’une histoire millénaire que je vous propose de prolonger.
Une histoire de courage, de travail, d’audace scientifique et culturelle.
Une histoire de combattants, de résistants. Une histoire étonnante où nous avons rayonné dans l’humanité comme aucune autre nation.

Nos ancêtres ont parsemé notre pays de cathédrales et de châteaux. Nous sommes le pays qui a produit des chefs-d’œuvre de la littérature et de la peinture, admirés dans le monde entier.
Nous avons insufflé dans le cœur des peuples les idéaux de liberté, d’égalité, de fraternité.
Nous avons su devenir la 5ème puissance du monde.
Est-ce qu’un peuple qui a produit tout cela doit dépérir et finir en regardant vivre le monde par sa fenêtre ?
Tout ce passé n’est pas un lourd héritage, c’est un formidable encouragement.
Si nos ancêtres sont allés loin, nous pouvons aller loin aussi.
Si, à chaque moment crucial dans la vie de notre nation, ils ont su se redresser, nous nous redresserons aussi.
Pour cela, il faut retrouver la foi dans l’avenir et dans le progrès.
Le goût du progrès est un état d’esprit, c’est une dynamique de vie qui nous pousse en avant et nous conduit à inventer, à risquer, à oser.
Il est faux de penser que le passé était meilleur que le présent et plus confortable que ce qui sera demain.
Cette nostalgie française est trompeuse.
Nos grands-parents travaillaient 12 heures par jour ; tous les dix ans ils étaient arrachés de leur famille pour aller à la guerre ; l’espérance de vie ne dépassait pas 60 ans…
Et pourtant ces hommes et ces femmes regardaient l’avenir avec confiance.
Ils traçaient des routes, bâtissaient des barrages et des canaux pour maitriser la nature, ils découvraient dans le savoir des livres et l’instruction des écoles le pouvoir de la liberté, ils s’enthousiasmaient de voir la science et les technologies bouleverser leur existence.
Leur vie était dure, mais leur ardeur et leurs rêves d’amélioration les motivaient.
Aujourd’hui, nous sommes frileux, blasés.
Il est mortifère de trembler de tout, de penser que tout est fichu, que tout a été essayé, et au demeurant cela est viscéralement contraire à l’esprit français qui, tout au long de l’Histoire, s’est révélé exceptionnellement créatif et téméraire.

Je veux réconcilier notre pays avec cette idée de progrès, et lui dire que le redressement est possible.
Souvenons-nous : en 1958, c’était la guerre d’’Algérie, les gouvernements valsaient ; la France était confrontée au déficit extérieur et budgétaire et se demandait comment « boucler ses fins de mois ».
Dès la première semaine de son mandat, le Général de Gaulle prend parti pour une « remise en ordre » sans laquelle, ce sont ses mots, « nous resterons un pays à la traîne, oscillant perpétuellement entre le drame et la médiocrité ».
Le reste de l’histoire est connue : réduction drastique des dépenses, rétablissement spectaculaire de l’équilibre budgétaire, expansion sans précédent, âge d’or de l’industrie française.
Le progrès français est parfaitement possible et nous en avons tous les atouts.
Nous avons l’atout du nombre et de la jeunesse.
Nous avons l’atout de la productivité des salariés car malgré les 35 heures, nous sommes l’une des nations dont les travailleurs sont les plus performants.
Nous avons l’atout de l’éducation, de la formation et de la recherche, et là encore, malgré nos lacunes, nous tenons les premiers rangs : les Nobel français excellent dans la médecine, la physique, les mathématiques.
Nous avons l’atout des leaders économiques qui exportent et fédèrent autour d’eux les filières des PME.
Nous avons les atouts de la souveraineté nationale : l’agriculture qui assure notre indépendance alimentaire, l’énergie nucléaire qui garantit notre indépendance énergétique, nos forces armées qui sont considérées parmi les plus performantes du monde, notre culture et la beauté de la France qui font de notre pays le foyer de toutes les admirations.
Avec tous ces atouts, comment ne pas croire dans l’avenir !
Pour renouer avec le progrès, il faut redonner à notre économie et notre société son carburant essentiel : la liberté.
Nous sommes l’un des pays au monde qui compte le plus de réglementations.
Partout dans le pays, les Français m’ont dit la même chose : « on étouffe, laissez-nous travailler, oser, avancer, qu’on nous foute la paix ».

Oui, je veux être le président d’une France qui respire à pleins poumons, d’une France qui n’étouffe plus sous les injonctions, les règlementations, les interdits idéologiques.
Liberté de travailler, d’innover, de construire sa vie et conquérir ses rêves.

Pour cela, réformons l’Etat et invitons la société à s’investir ; allégeons le code du travail qui étouffe l’emploi ; ouvrons les champs du dialogue social dans l’entreprise ; célébrons le mérite de ceux qui se retroussent les manches et qui prennent des risques ; offrons à nos jeunesse le pouvoir de saisir sa chance ».
Aujourd’hui, au jeune qui veut se lancer, on rétorque « rempli le formulaire en trois exemplaires ».
A celui qui voudrait travailler plus on rétorque « va voir d’abord le syndicat !».
A celui qui voudrait ouvrir son commerce le dimanche, « analyse d’abord tous les articles de la loi, sans oublier les règlements annexes !».
Chez nous, tout est encadré, calibré, surveillé. Chez nous, mieux vaut en faire moins que prendre le risque d’en faire plus.
Cela, c’est la marque d’une société qui se méfie de tout, et surtout d’elle-même !  Comment voulez-vous que le progrès surgisse au milieu de tant de défiance ?
Ici, à Marseille, il y a une énergie qui ne demande qu’à être délivrée.
Croyez-moi, ça n’est pas avec le programme communiste de M. Mélenchon et le retour au franc de Mme Le Pen que l’économie française va redémarrer.
Ces gens-là veulent nous faire croire que « c’est la sardine qui a bouché le port de Marseille ». Cela n’est pas sérieux.

Si je suis élu, je donnerai dès les premiers jours une impulsion décisive à la liberté, et je le ferai pour aller à la conquête de la croissance et du plein emploi. Oui, du plein emploi car contrairement à ce qui est dit on n’a pas tout essayé contre le chômage.
Je m’attaquerai à tout ce qui freine l’embauche, le développement des entreprises, l’investissement.
J’en finirai avec les 35 heures, en donnant aux salariés et aux entrepreneurs la liberté de négocier ce qui est bon pour eux.
Je simplifierai notre code du travail qui fait 3400 pages et qui paralyse notre marché de l’emploi.
J’allègerai les charges sociales pour tous les salariés et je les exonérerai pour l’embauche d’un jeune en alternance.
Je doublerai les seuils sociaux pour aider les petites entreprises à grandir, alors qu’aujourd’hui elles préfèrent ne pas se développer pour s’épargner des démarches fastidieuses !
Je favoriserai le référendum d’entreprise.
Je supprimerai pour nos agriculteurs et nos pêcheurs nos normes bureaucratiques qui se sont ajoutées aux normes européennes.
Je refonderai la fiscalité du capital pour que les capitaux français cessent de fuir à l’étranger, et soient au contraire investis ici, en France, dans l’économie française, dans les entreprises françaises !
Je suis un patriote : je préfère supprimer l’ISF et valoriser les capitaux français que de ramper devant les fonds de pensions étrangers.

Devant mon projet, certains m’accusent de vouloir affaiblir notre modèle social. Mais de quel modèle social parlent-ils ?

Avec 6 millions de Français qui pointent à pôle emploi, 2200 milliards de dettes, avec la pauvreté qui augmente, ce sont eux, avec leurs mesurettes et leur démagogie, qui vont ruiner notre modèle social !
Moi, je me bats pour une France productive, une France qui crée des emplois, qui crée des richesses, et, se faisant, une France qui peut financer la santé pour tous, les retraites de nos anciens, l’aide aux plus démunis.
Je me bats pour la vraie justice sociale, pas celle qui est financée sur la dette qui, un jour, s’écroulera sur les épaules des classes moyennes et populaires et sur celles de nos enfants.
Ah, bien sûr, c’est facile de promettre comme Mme Le Pen la retraite à 60 ans ; c’est facile de promettre les 32h ; c’est facile de promettre 175 milliards de dépenses nouvelles comme M. Mélenchon ; c’est facile de dire tout et son contraire comme M. Macron…
Mais où est l’intérêt national dans tout cela, où sont les bases sérieuses de notre redressement économique et social ?
Nulle part ! Leur objectif est d’être élu quel qu’en soit le prix, ça n’est pas de redresser notre pays.
Alors, oui, contre tous ces démagogues, j’oppose la vérité et la liberté.

Mais, mes amis, pas de liberté sans autorité.
L’ordre est un bouclier vital.

Lorsque les caïds font la loi, lorsque les citoyens honnêtes doivent baisser la tête devant eux, alors il n’y a plus de justice, plus de fraternité possible.
Lorsque l’argent de la drogue permet à certains d’exhiber en toute impunité des richesses crapuleuses au front de ceux qui triment pour gagner un SMIC, alors la valeur travail s’effondre.
Récemment, en région parisienne, des quartiers ont été saccagés par des bandes armées ; des voitures de police ont été incendiées avec des cocktails Molotov, ici à Marseille, on règle ses comptes à coups de Kalachnikov.
Pour en arriver là, il y a eu des renoncements.
L’idée même d’autorité a été démantelée. La tolérance est devenue laxisme, le laxisme est devenu impuissance, l’impuissance est devenue l’excuse.

Il faut le retour de l’ordre dans notre pays. Et pour cela, il faut défendre la sécurité.
C’est le premier des droits, celui qui conditionne nos libertés.
Je veux dire ici combien j’ai du respect pour l’ensemble des forces de sécurité, policiers, gendarmes, mais aussi sapeurs-pompiers.
J’ai du respect pour ces hommes et ces femmes qui assument fièrement leur vocation de servir leur nation.

Plus de 10 000 agents sont blessés chaque année et une dizaine d’entre eux trouvent la mort.
Ce sont pourtant des Français qui, comme nous tous, ont des familles, connaissent des joies personnelles… Ils ont tous quelque chose à perdre mais ils sont tous prêts à prendre des risques en s’engageant pour nous.
Cet engagement, ils le prennent parce qu’ils ont une haute idée de la France, comme tous nos militaires qui sont, eux aussi, prêts à défier le danger pour protéger nos vies.
En un mot, ils ont le sens de la nation.
Pourtant, ces femmes et ces hommes sont trop souvent critiqués, voire méprisés.
Contre eux, l’invective est toujours facile et il n’y a alors jamais d’excuse.
Je veux du respect pour eux.
Du respect pour leur courage.
Du respect pour leur uniforme.
Le 11 janvier 2015, les Français avaient rendu hommage aux forces de l’ordre pour leur action dans la lutte contre le terrorisme.
Certains s’étaient émus d’avoir embrassé des CRS.
Et puis la vie avait repris son cours avec ses caricatures manichéennes et ce discours anti forces de l’ordre qui fleurit dès que possible.
On ne peut avoir ainsi une conscience à éclipses.
C’est tous les jours que les policiers, les gendarmes, les sapeurs-pompiers, les soldats doivent être remerciés et respectés.

Sur le terrain – ils me l’ont dit lorsque je les ai rencontrés -, les agents des forces de l’ordre savent bien qu’il faut changer beaucoup de choses, à l’organisation de la sécurité et surtout à la conception de l’ordre dans notre société.
Trop souvent nos policiers et nos gendarmes n’ont pas les moyens concrets de mener à bien les missions pour lesquelles ils se dévouent.
Ils pourront compter sur moi. Je ferai voter une loi de programmation et de modernisation qui engagera les investissements, les effectifs et les équipements dans les domaines de la sécurité et de la justice.
Elle prévoira 1 milliard d’euros supplémentaires qui seront consacrés aux investissements destinés à accroître l’efficacité des forces de l’ordre, en leur donnant plus de moyens technologiques innovants, des outils informatiques performants, des locaux et des casernements dignes.
Nous recruterons 5 000 agents des forces de l’ordre et nous remettrons sur le terrain 5 000 policiers ou gendarmes aujourd’hui occupés à des tâches administratives.
Aujourd’hui, le mouvement des gardiens de prison souligne la dégradation de nos prisons. La surpopulation carcérale explose, les personnels pénitenciers sont épuisés, parfois menacés.
Je tiens à leur adresser un message de sympathie et de respect.
Je reprendrai le programme de construction de prison interrompu par M. Hollande et Mme Taubira.

Il faut rétablir l’autorité de l’Etat en rendant certaine la sanction des crimes et délits.
Les petits délits seront transformés en contraventions pour lesquelles on exigera un paiement immédiat ou on procédera à une retenue sur les prestations sociales.
Ces petits délinquants seront ainsi frappés directement au portefeuille et encombreront moins inutilement les palais de justice.
Parce qu’il n’y a pas de petite démission, il n’y aura pas plus de tolérance pour la fraude dans les transports en commun ou pour l’usage de stupéfiants, qui seront systématiquement punis d’amendes.
Et nous expulserons les trafiquants de drogue de leurs logements sociaux, parce qu’on ne peut pas profiter de la générosité de la nation et simultanément intoxiquer ses enfants.
Je rétablirai les peines planchers supprimées par la gauche.
Et j’interdirai aux délinquants multirécidivistes, lors de leur sortie de prison, de revenir sur la commune où ils ont commis leurs délits, afin de libérer ces territoires de leur emprise malfaisante.
Parce que notre pays a bien assez à faire avec ses propres délinquants, je prévoirai également une peine d’interdiction du territoire pour les délinquants étrangers condamnés en France.
Pour donner une réalité à la condamnation trop souvent atténuée dans les faits, je fixerai des peines minimales pour les crimes et délits les plus graves.
Et je restreindrai les possibilités de libération conditionnelle, qui ne sera plus automatique, et ne pourra plus intervenir qu’aux trois quarts de l’exécution de la peine.
Restait, dans cet arsenal pénal, la question de l’excuse pénale de minorité à laquelle j’ai beaucoup réfléchi.
Est-ce que des mineurs de 16 ans et plus doivent bénéficier de la même clémence de la justice que les enfants au motif qu’ils n’ont pas encore atteint leurs 18 ans ?
La règle en vigueur a été prévue par l’ordonnance de 1945 à une époque où la délinquance des mineurs n’était pas celle d’aujourd’hui.
Cette règle est aujourd’hui bien connue, et les chefs de bande savent employer ceux qui n’ont pas 18 ans pour échapper aux poursuites les plus graves.
Et puis on rencontre sur le terrain beaucoup de délinquants chevronnés qui, ayant commencé très jeunes à sévir, sont déjà à 16 ans des multirécidivistes que l’impuissance de la justice ne peut qu’encourager à mépriser l’autorité de l’Etat.
C’est pourquoi, j’ai décidé de proposer la fin de cette excuse de minorité pour les jeunes de plus de 16 ans, afin de restaurer la crédibilité de notre système de peines.
La bataille de la sécurité ne pourra enfin être gagnée que si l’on y associe tous les responsables publics, et en premier lieu si l’on fait confiance aux maires, cher Jean-Claude.
Ils doivent devenir les pivots de notre politique de tranquillité publique et de prévention : je leur donnerai des pouvoirs accrus, je poursuivrai l’armement de la police municipale, et elle aura les moyens légaux de procéder à des contrôles d’identité et de dresser des procès-verbaux pour d’autres motifs que la circulation.

Mes amis, la principale menace contre notre sécurité vise aujourd’hui le cœur de notre civilisation européenne et en premier lieu la France. Je parle du totalitarisme islamique.

Il a encore frappé à Stockholm, après Saint-Pétersbourg et Londres.
Il a encore frappé, dans les églises coptes d’Egypte, dimanche, les chrétiens d’Orient, poursuivant là-bas son but génocidaire dans l’indifférence de l’Occident.
Cet arc de haine et d’obscurantisme s’étend du Bangladesh jusqu’à l’Afrique de l’ouest.
Il porte une menace directe sur notre territoire.
Je lutterai de manière implacable contre lui.
Les Français qui seront partis combattre à l’étranger contre nous seront déchus de leur nationalité, comme le permet déjà la loi, parce qu’ils auront renié leur patrie.
Les prêcheurs de haine étrangers seront expulsés.
Les associations s’inspirant du salafisme ou des Frères musulmans seront dissoutes.
L’immense majorité de nos compatriotes musulmans en ont plus qu’assez que des extrémistes sanguinaires viennent jeter l’opprobre sur leur religion, et répandre la mort dans notre nation.
A cette majorité silencieuse, je demanderai de l’aide pour extirper l’intégrisme de leurs rangs, je leur demanderai de nous aider à faire le ménage parmi les obscurantistes.

Le respect de l’ordre dépasse le cadre des enjeux de sécurité.
Il est aujourd’hui en question à l’école alors que s’y forment les futurs citoyens de notre pays.
L’école devrait être le lieu d’apprentissage des normes.
Les normes du savoir, pour apprendre à lire, à écrire et à compter, et pour connaître notre histoire de France.
Les normes de comportement, vis-à-vis de ses camarades, et vis-à-vis des enseignants.
L’école devrait être l’école du respect.

Assez de démission sur le contenu des savoirs, abaissé au plus petit dénominateur commun au mépris de l’ambition républicaine d’élever chacun à hauteur de ses mérites.
Assez de démission sur les exigences de comportement des élèves qui ne font plus la différence entre une salle de classe et la rue.
Les familles ne doivent pas démissionner de leurs devoirs.
Je rétablirai la loi qui permettait la suspension des allocations familiales si les familles n’assurent pas la présence de leurs enfants à l’école obligatoire, si, malgré les avertissements, elles ne réagissent pas devant les dérives de leurs adolescents.
Je demanderai aux établissements d’instaurer le port d’une tenue uniforme. Car, quelles que soient leurs origines, quelles que soient leurs religions, quelles que soient leurs conditions sociales, je veux que tous les enfants de France se sentent égaux et solidaires.
Il est inacceptable de voir dans nos cours d’Ecole ressurgir les discours communautaristes et l’antisémitisme. Inacceptable de voir que le racisme s’étend, y compris le mépris anti-français.

Il retrouver les voies du rassemblement national et de la fierté française.
Il ne peut y avoir de rassemblement dans une société qui s’en prend sans arrêt à elle-même ; qui aime à se flageller et à s’abaisser au niveau de ceux qui l’accusent de tous les maux.
Je dénonce le discours de la culpabilisation qui veut saper l’histoire de la nation en antagonisant les mémoires.
M. Macron a commis une faute en présentant la colonisation comme un crime contre l’humanité. Entre Français et Algériens, on peut se parler franchement, lucidement, sans s’accuser du pire.
Il est temps de rappeler que le drapeau tricolore est suffisamment large pour envelopper tous ceux qui l’aiment, tous ceux qui sont prêts à le servir.
Nous sommes un vieux pays d’intégration. Au cours des siècles, des générations et des générations d’étrangers sont venues nous apporter leur capacité de travail, leur bravoure aussi car nombreux ont combattu pour la France.
Autrefois le brassage fonctionnait. Les étrangers devenaient plus français que les français.
Aujourd’hui, les communautarismes fissurent la République. En certains endroits, la France n’est plus là. Certains se réjouissent de ce prétendu melting pot : ils ont tort car il crée des fossés, il nous désunit.

Au regard de nos difficultés économiques, l’immigration doit être réduite à son strict minimum.
Notre politique d’immigration devra être fixée par des quotas, chaque année, en fonction de nos capacités d’accueil. Comme au Canada.

C’est aux étrangers qu’il revient de faire l’effort d’intégrer la France, avec ses lois, sa langue et ses mœurs, et non à la France de se plier à des coutumes qui ne seraient pas conformes à son pacte républicain.
Les étrangers que nous accueillons doivent respecter des devoirs avant de réclamer des droits.
Ils devront attendre deux ans avant toute prestation sociale.
Notre communauté nationale est ouverte mais pas à n’importe quelle condition : je restreindrai les conditions d’accès à notre nationalité.
Et, notamment, je reviendrai sur l’acquisition automatique de la nationalité à 18 ans : elle devra faire l’objet d’une déclaration de volonté, à l’occasion de laquelle l’Etat vérifiera que les conditions d’assimilation ont été respectées.
La France n’a pas pour autant vocation à être un pays fermé au reste du monde.
Nous continuerons de défendre notre tradition chrétienne de l’asile pour les victimes de persécutions, tout en réduisant les abus et les délais de traitement des demandes et en éloignant systématiquement les déboutés.

Mes amis,
Le monde qui nous entoure est dur, les menaces extérieures sont nombreuses.
Je protégerai la France.
Je protégerai les Français. Je protégerai nos intérêts économiques, je protègerai la paix, par la force si nécessaire.
Je ferai la guerre au totalitarisme islamique partout où il tente de s’infiltrer sur notre territoire.
Je lui ferai la guerre sur la scène internationale en refondant notre diplomatie.
Le Président de la République doit avoir un cap.
Il doit savoir ménager ses alliés mais aussi construire des coalitions conformes à ces intérêts.
Il doit aussi savoir dire non.
Aujourd’hui, où est la France ?
En 2003, avec jacques Chirac, elle avait su dire non à la guerre en Irak qui s’est révélée l’une des décisions les plus funestes qu’aient prises les américains au Proche Orient.
Cette position clairvoyante lui a donné un immense crédit dans le monde.
Qu’en a fait François Hollande ?
Aligné sur les Etats-Unis et sur une politique européenne convenue sans vision, la France manque à tous ses devoirs.
L’usage en Syrie d’armes chimiques est un crime qui ne doit pas rester impuni et la France doit être le premier du conseil de sécurité des nations unies à exiger la vérité sur ce crime abominable et à défendre les sanctions exemplaires qui doivent être prises contre ses auteurs.
Mais la France doit aussi être la voix la plus forte dans le monde pour mettre en garde contre les risques d’une escalade militaire qui déboucherait sur la confrontation directe des Etats-Unis, de la Russie et de l’Iran.
La décision du président Trump de bombarder la Syrie est compréhensible mais la responsabilité de la France c’est d’abord de faire respecter le droit international et de défendre par tous les moyens la paix mondiale dont nous sentons qu’elle est chaque jour un peu plus fragile.
Je ne me résoudrai jamais au retour d’une guerre froide entre les deux plus grands arsenaux nucléaires du monde.
Président de la République je ne ménagerai pas mes efforts pour la paix car je vois avec effroi poindre les nuages noirs de la guerre.
J’augmenterai les moyens de nos forces armées.
Je veillerai à la crédibilité de la dissuasion nucléaire.
Je me battrai pour une véritable alliance européenne de défense qui donne à notre continent l’indépendance qu’il a perdu en raison de la folie meurtrière dont il a été responsable au vingtième siècle.
J’œuvrerai sans relâche pour que le conseil de sécurité des Nations Unies dépasse les blocages qui le paralyse.
Au Moyen Orient, je parlerai avec la même franchise aux sunnites comme aux chiites.
Je défendrai la sécurité d’Israël et le droit des palestiniens à une patrie comme je défendrai les chrétiens d’Orient victimes d’un véritable génocide qui n’émeut pourtant guère nos gouvernants et nos chantres d’une défense des droits de l’homme à géométrie variable.
Il est plus que temps d’avoir à la tête de la France un gaulliste.

Mes amis, la France est faite d’une seule communauté unie, rassemblée dans sa diversité : celle de la nation
Elle a une culture propre. Elle a une âme.
Elle n’est certainement pas un archipel de communautés qui voisineraient dans l’indifférence.

M. Macron est venu il y a peu ici à Marseille.
Lui qui n’aime guère que sa filiation à François Hollande soit mise dans la lumière a été jusqu’à s’inspirer d’un discours de campagne tenu par le candidat Hollande en 2012 à Marseille.
Comme lui, il a notamment cité une à une les nationalités qu’il estimait représentées dans la salle, dans la plus pure tradition du clientélisme du parti socialiste.

Eh bien moi je ne vous parle pas de vos origines, ni de votre religion, ni de votre passé : cela relève de votre histoire personnelle, de vos convictions intimes.
Seul compte ici ce qui nous rassemble et fait notre fierté commune : c’est notre qualité de citoyens français.
C’est en Français que nous vivons, c’est en Français que nous votons, et c’est en Français que nous réussirons à faire de notre nation la première puissance européenne, car tel est mon objectif.
Nous devons nous rappeler les mots que prononçait ici, à Marseille, le général de Gaulle, en 1958 : « Nous sommes un peuple qui s’est aperçu, au milieu du monde dur et difficile où il est, que ce qu’il avait de mieux à faire c’était de s’affirmer comme fort, comme uni, comme résolu et comme un peuple qui veut être respecté ».

Ces derniers jours, partout où je me rends, je vois des foules de plus en plus nombreuses : à Nantes, à Strasbourg, à Toulon, à Ajaccio, à Quimper, à Provins ; à Paris dimanche ; et ici à Marseille.
Les Français, partout, se lèvent pour dire leur fierté et leur volonté d’alternance.
L’avenir de notre nation est entre vos mains.
Les jours qui viennent sont cruciaux pour l’avenir de notre nation.

Il nous reste quelques jours pour terminer cette campagne à fond et pour passer devant ceux qui s’y croient déjà.
Jusqu’au dernier instant, on ne vous laissera pas de répit.
On cherchera à étouffer vos convictions sous les calomnies et les invectives.
On essaiera de vous dicter votre choix avec les sondages.
On vous intimera de renoncer comme si le vote était déjà fait.
Et jusqu’au dernier instant, vous vous battrez. Vous vous battrez parce que vous êtes les militants de la France.
Vous vous battrez parce que sans l’enthousiasme des Marseillais, jamais le chant de l’armée du Rhin ne se serait appelé « la Marseillaise ».
Alors Marseille, pas d’hésitation, pas d’indécision, maintenant, tous à l’action, tous vers la grandeur, tous vers la victoire et tous pour la France.

Vive la République et vive la France.

François Fillon, le 11 avril 2017 à Marseille.

Source : www.fillon2017.fr

 

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