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2 octobre 2018 2 02 /10 /octobre /2018 15:37

(verbatim)

Pour en savoir plus :
http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20181002-valls.html


Assemblée nationale
XVe législature
Session ordinaire de 2018-2019


Compte  rendu intégral
Première séance du mardi 02 octobre 2018


Engagement politique

M. le président. Avant de lui céder la parole, je voudrais saluer le parcours républicain et l’engagement de notre collègue Manuel Valls. (Les députés des groupes LaREM, MODEM, et UDI-Agir ainsi que quelques députés des groupes LR et NG applaudissent et se lèvent. – Les députés du groupe FI brandissent une pancarte. – Huées sur les bancs des groupes LaREM et MODEM. –  Applaudissements redoublés sur les bancs des groupes LaREM, MODEM, UDI-Agir ainsi que sur plusieurs bancs des groupes NG et LR. – Huées sur les bancs du groupe FI.)

M. Erwan Balanant et M. Raphaël Schellenberger. C’est honteux !

M. le président. Chers collègues, un peu de calme ! Monsieur Mélenchon, un peu de calme.

M. François Cormier-Bouligeon. Ils sont minables  !

M. le président. Ce que l’Assemblée va donc perdre, l’Europe le gagne. Je ne veux voir dans votre démarche à Barcelone ni un départ, ni une rupture, mais un renouveau des engagements démocratiques et européens qui ont toujours été les vôtres. Le sens des responsabilités s’exporte, et je m’en réjouis…

M. Éric Straumann. Nous sommes aux questions au Gouvernement !

M. le président. …car l’Europe se construit aussi par l’engagement partout en Europe des femmes et des hommes de notre pays. La ville d’Evry, son agglomération et le département de l’Essonne ont bénéficié (Protestations sur les bancs des groupes LR et FI.)…

M. Éric Straumann. Ce n’est pas votre rôle, monsieur le président !

M. Raphaël Schellenberger. Cela doit être compté dans les dépenses de campagne  !

Mme Marine Le Pen. Quelle honte !

M. le président. …de la formidable énergie que vous avez déployée, celle-là même que vous avez mise au service des Français dans les hautes mais difficiles fonctions de Premier ministre. (Exclamations sur les bancs du groupe FI.) Je n’oublie pas – et personne n’a oublié – votre discours ici-même, le 13 janvier 2015, au  lendemain des attentats qui avaient ensanglanté la République. (Vifs applaudissements sur les bancs des groupes LaREM, MODEM et UDI-Agir ainsi que sur plusieurs bancs des groupes LR et Socialistes et apparentés.) Ce discours est entré dans l’histoire des grands moments d’éloquence parlementaire et des instants graves et profonds d’unité et d’émotion nationale.

M. Jean-Luc Mélenchon. Il est mort ? (Rires sur les bancs du groupe FI.)

M. le président. Quoi qu’il advienne, je vous souhaite le meilleur. Vous entreprenez d’écrire une nouvelle page de l’histoire de l’Europe et je sais que vous garderez toujours au cœur l’amour et les valeurs de la République française.

M. Charles de la Verpillière. On croirait que c’est vous qui partez  !

M. Pierre Cordier. N’en faites pas trop, monsieur le président !

M. le président. La parole est à M. Manuel Valls, pour le groupe La République en marche. (Applaudissements sur les bancs des groupes LaREM et MODEM.)

M. Manuel Valls. Merci, monsieur le président, pour vos mots. Alors que je m’apprête en effet à quitter l’Assemblée et la France…

Un député. Déserteur !

M. Manuel Valls. …pour un défi personnel, inédit, politique et profondément européen, je veux exprimer ma reconnaissance d’abord à mon pays, à la France – un pays unique, qui donne la possibilité à quelqu’un qui est né à l’étranger, qui a décidé d’être français à l’âge de vingt ans, de suivre un parcours politique, d’être maire, député, ministre et Premier ministre de la République. (Applaudissements sur les bancs des groupes LaREM, MODEM et UDI-Agir ainsi que sur quelques bancs des groupes LR et Socialistes et apparentés.)

Je voudrais exprimer ma reconnaissance à la politique parce que je suis un militant, cette politique si décriée mais si indispensable à notre démocratie, qui mérite, en effet, monsieur le président, monsieur le Premier ministre, du respect, de l’écoute…

M. Adrien Quatennens. 49-3 !

M. Manuel Valls. …de la tolérance et de l’élégance – c’est ce que j’ai appris avec Michel Rocard. (Applaudissements sur les bancs des groupes LaREM et MODEM.)

Je voudrais exprimer ma reconnaissance à l’Assemblée nationale, à chacun d’entre vous, sans exception – parce que telle est ma vision de la politique –, aux présidents des groupes, au personnel de l’Assemblée, à vous, mesdames, messieurs les huissiers, ainsi qu’aux collaborateurs qui ont travaillé à mes côtés depuis 2002 (Mêmes mouvements.)

Je voudrais exprimer ma reconnaissance aux électeurs d’Évry…

M. Bruno Bilde. Trahison  !

M. Éric Coquerel. Où on ne vous a pas vu depuis treize mois !

M. Sébastien Chenu et M. Ludovic Pajot. Et la question !

M. Manuel Valls. …et de ma circonscription de l’Essonne qui m’ont fait confiance à chaque élection depuis 2002 parce que j’étais présent à l’Assemblée nationale et sur le terrain.

Chers collègues, le Parlement est ce cœur battant de la démocratie. Il faut le respecter et le faire respecter.

M. Ugo Bernalicis. Le 49-3, c’est le respecter ?

M. Manuel Valls. Je ne renoncerai jamais à défendre les valeurs de la République – la liberté, l’égalité, la fraternité, cette belle laïcité qui protège –, ni à porter le message universel qu’est celui de la France depuis 1789. (Mêmes mouvements.)

Enfin, ma reconnaissance va à l’Europe, cet espace de civilisation, de paix, de liberté et de progrès. Je l’ai défendue ici et oui, j’irai la défendre dans une autre ville. (« Et les deux minutes ? » sur les bancs du groupe FI.)

M. le président. La parole est à M. le Premier ministre.

M. François Pupponi. Quelle est la question  ?

M. Manuel Valls. Le Barcelonais, le Français, le Républicain, l’Européen est reconnaissant aux Français ; il ne vous oubliera jamais, jamais. Merci. (Les députés des groupes LaREM, MODEM et UDI-Agir se lèvent et applaudissent longuement – Plusieurs députés des groupes Socialistes et apparentés et LR applaudissent également.)

Plusieurs députés du groupe LR. Il ne peut pas répondre, il n’y a pas de question.

M. le président. Seul le Premier ministre a la parole.

M. Edouard Philippe, Premier ministre. La pire des choses lorsque l’on a – ou lorsqu’on l’a eu – l’honneur de diriger un Gouvernement est de susciter l’indifférence. Compte tenu de la chaleur des réactions (Sourires.), soit très dures, soit très élogieuses, soit très respectueuses qui se sont exprimées dans cet hémicycle lorsque votre nom a été évoqué, je crois pouvoir dire, monsieur le député, que vous n’avez jamais suscité l’indifférence. (Applaudissements sur les bancs des groupes LaREM et MODEM.)

J’ai le souvenir d’avoir été votre adversaire politique.

M. Fabien Di Filippo. Très absent !

M. Jean-Luc Mélenchon. Allons ! Ce n’était pas une question !

M. Raphaël Schellenberger. On ne vous entendait pas beaucoup !

M. Sébastien Chenu. C’est l’hypocrisie en marche !

M. Edouard Philippe, Premier ministre. J’ai le souvenir de vous avoir accueilli, lorsque vous étiez ministre de l’intérieur, dans la belle ville du Havre et d’avoir évoqué avec vous,…

M. Sébastien Chenu. Larmes de crocodile !

M. Edouard Philippe, Premier ministre. …très loin de toutes les postures politiques, les questions relatives à la sécurité et les moyens pratiques sérieux que nous pouvions mettre en œuvre pour améliorer la situation. J’ai le souvenir que les engagements que vous aviez pris alors  avaient été tenus.

J’ai également le souvenir d’avoir été un député de l’opposition lorsque la France a connu plusieurs actes terroristes absolument dramatiques. Dans les jours qui ont suivi, vous avez su trouver les mots et l’ensemble de l’hémicycle, quelles que soient les positions aujourd’hui, s’en souvient. Nous nous souvenons de cette séance au cours de laquelle cet hémicycle, marqué par ce que nous tous avions vu, compris, ressenti – mais probablement jamais aussi marqués que vous aviez pu l’être car vous vous étiez rendu sur les lieux et vous aviez vu de vos yeux –, dans un silence admirable, après que vous avez pris la parole, avait chanté la Marseillaise. Dans des moments où la France était menacée, vous avez eu des mots justes, vous avez exprimé une position solide. De cela, monsieur le député, la France vous sera toujours reconnaissante. (Applaudissements sur les bancs des groupes LaREM, MODEM et UDI-Agir ainsi que sur plusieurs bancs des groupes Socialistes et apparentés et LR.)

Vous faites vivre votre engagement européen aujourd’hui par un choix qui vous appartient, et qui, de toute évidence, est  osé et courageux. 

M. Sébastien Chenu. Barcelone ne mérite pas ça !

M. Fabien Di Filippo. Il pensait à Lyon mais c’était déjà pris !

M. Edouard Philippe, Premier ministre. Je vous souhaite le meilleur, monsieur le député.

M. Laurent Furst. Pas nous !

M. Edouard Philippe, Premier ministre. Je suis sûr qu’au delà des postures, de nombreux Français seront fiers que, sans rien renier de vos engagements, vous puissiez faire valoir des qualités qui sont aussi françaises dans la belle ville de Barcelone. (Applaudissements sur les bancs des groupes LaREM et MODEM.)

Source : Assemblée Nationale.

http://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20181002-seance-valls.html

 

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