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9 mars 2019 6 09 /03 /mars /2019 15:33

(verbatim)


Pour en savoir plus :
http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20190306-mouvement-radical.html
http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20190309-mouvement-radical.html


Discours de Laurent Hénart, président du MRSL, au premier congrès du Mouvement radical le 9 mars 2019 à Paris



Mes chers amis.

Je suis très ému, profondément ému de vous retrouver et de m’adresser à vous tous, aujourd'hui à Paris.

Ce samedi 9 mars 2019, nous écrivons une nouvelle page de la grande histoire radicale, celle de l’aboutissement de notre processus de réunification.

Vous comprendrez que mes premiers mots sont en forme de demande pour l’équipe nationale, l’Atelier, les commissions et groupes de travail, les parlementaires, les élus locaux, les responsables de fédérations.  Toutes celles et ceux qui ont œuvré, qui ont mis de l’huile de coude pour défendre nos idées, dépasser les divergences qui ont pu apparaître, pour avancer, garder le cap, et finalement redonner au « Parti Républicain Radical et Radical Socialiste » son existence pleine et entière, uni, relancé, avec de nouveaux visages, une nouvelle dynamique, avec bientôt de nouvelles propositions, et dans une place de Valois remise à neuf ! Bravo ! Le chantier était immense, il est loin d’être achevé mais grâce à votre travail les bases sont là ! Je demande qu’on applaudisse tous ces artisans de la réunification !

Je suis immensément heureux et honoré d’être votre président. Je vous remercie pour votre confiance. Mes amis, je suis prêt à ferrailler dans toutes les assemblées, sur tous les plateaux, pour défendre nos valeurs, nos propositions, et poursuivre ce chemin que nous accomplissons ensemble!

Cette réunification vient bien entendu de notre choix, en 2017, de dire, dans ce monde ouvert, marqué par la fin des grandes guerres idéologiques, que plus rien ne pouvait réellement séparer les Radicaux.

Mais elle nous vient aussi de plus loin.

Elle vient de 2011, quand radicaux de droite et de gauche, les uns quittant l’UMP pour fonder l’UDI, les autres faisant acte de candidature à la primaire de la gauche, ont renoué avec le chemin d’indépendance politique.

Elle vient des combats de nos présidentes et présidents, de Didier Bariani, d’André Rossinot et d’Emile Zuccarelli, ici présents. Ils ont connu cette dureté de nos partenaires, ce manque de respect de ce que nous sommes, cette indépendance qu’il a fallu défendre pied à pied. Vos présidences ont rendu cette réunification possible et je vous rends, nous vous rendons hommage.

Elle vient de la rupture de 1972, une parenthèse d’un demi-siècle durant laquelle les Radicaux ont cultivé, de part et d’autre du Mur, les valeurs communes des origines, laissant vivre la possibilité de retrouvailles futures.

Elle remonte la grande lignée des Radicaux depuis les origines de la fin du 19ème siècle jusqu’aux bouleversements du monde contemporain, convoquant dans nos esprits les grands noms de notre famille politique, ce désir farouche de progrès et de République, l’héritage de Gambetta, de Clemenceau et de Caillaux, celui de Mendes, de Servan-Schreiber, de Michel Crépeau, de Jean-Louis Borloo.

Cette réunification, chers amis, nous y sommes arrivés à la force du courage.

Il fallait du courage face à nos anciens partenaires, qui ont cherché à nous dissuader.

Je le dis avec respect, sans rancœur aucune : malgré l’élection présidentielle de 2017, malgré le désir de renouvellement traversant l’opinion publique, les anciens grands partis, LR et PS, conservent une volonté hégémonique.

On a cherché à nous dissuader et j’ai une pensée aujourd’hui pour ceux qui n’ont pas pu faire l’aventure avec nous, tant furent fortes les pressions locales.

Oui, il faut courage et endurance pour s’affranchir des anciennes alliances, ne plus être des supplétifs, être des acteurs pleins et entiers de la construction d’une nouvelle offre politique.

Cette réunification, mes amis, enfin et surtout, est irréversible.

C’est un acquis.

Il n’y aura pas de retour en arrière, parce que plus rien ne nous sépare. Nous l’avons dit à maintes reprises au fil de nos congrès et de nos universités d’été : le clivage droite / gauche est dépassé.

Les deux grands partis qui l’incarnaient, le PS et LR, ont perdu la confiance majoritaire des Français et les difficultés de l’exécutif profitent aux populistes de gauche eT de droite, à LFI et au RN. Nous sommes libérés des accords politiques systématiques qui ont si longtemps limité notre existence politique, électorale et même idéologique.

Désormais, et j’y veillerai personnellement, les instances nationales seront équilibrées entre les deux familles fondatrices de notre mouvement. Et je forme un vœu, que je partage avec vous du fond du cœur : celui que ce congrès soit la dernière occasion pour nous de soupeser « valoisiens » et « Radicaux de Gauche ».

A partir d’aujourd'hui, il n’y a plus que des radicaux, sociaux, libéraux, humanistes, laïcs et européens !

C’est avec cet état d’esprit que nous devons travailler dans les prochaines semaines, à l’élaboration de notre projet, qui incarnera notre rassemblement et renforcera notre expression médiatique.

C’est avec cet état d’esprit que nous accueillerons de nouveaux adhérents. C’est avec cet état d’esprit que nous devons continuer de développer notre communication, nos fédérations, nos outils de participation et de débat.

C’est avec cet état d’esprit que nous devons préparer les prochaines élections locales, et en premier lieu des municipales, car l’implantation locale est notre force. Nous devons nous appuyer sur nos territoires, leur faire confiance et les aider dans leur développement.

C’est avec cet état d’esprit que nous allons bâtir une force politique de premier plan, car il est grand temps que les radicaux soient de retour. C’est mon ambition, c’est notre ambition !

Aujourd’hui, nous affirmons notre indépendance et notre liberté dans le chahut de la recomposition politique.

Aujourd’hui, nous affirmons notre renaissance autour de quatre piliers qui fondent notre identité contemporaine.

D’abord, et sans doute au-dessous de tout, la justice sociale.

Cette volonté́ de générosité, car il ne peut y avoir de politique heureuse sans justice ni partage.

Ce postulat, c’est la raison d’être du premier Parti Radical, son humanisme fondateur, et la série d’actes politiques majeurs qu’il a nourrie, depuis les premières lois sociales de la fin du 19ème siècle jusqu’à aujourd’hui.

C’est cette même volonté ardente de justice sociale qui a fait qu’à l’eté 2017, à l’acmé de la popularité de l’exécutif, nous tirions la sonnette d’alarme sociale, avant les autres. Aujourd’hui, cela parait évident car tout le monde hurle avec les loups. Mais rares étaient les voix qui s’élevaient alors. Soyons en fiers, mes amis.

A la justice sociale, nous ajoutons la défense des territoires et des pouvoirs locaux.

Nous l’avons dit à maintes reprises : la France n’est pas assez décentralisée. On ne fait pas assez confiance aux territoires. Dans ce pays où l’on n’impose rien à personne, les réformes doivent se faire ensemble. Il faut lutter sans cesse contre le réflexe jacobin qui si souvent conduit la France à l’échec.

Nous, radicaux, affirmons que les maires restent les hussards de la République, que les collectivités sont les premiers investisseurs publics, qu’elles sont capables comme nulle autre institution de bâtir des actions concertées avec les Français, qu’elles sont le régénérateur de la confiance citoyenne, qu’avec tout le respect que l’on doit à l’Etat et au Parlement, ce sont les territoires qui font la France au quotidien !

A la justice sociale et à la défense des pouvoirs locaux, nous ajoutons la transition écologique.

Le Grenelle conduit par Jean-Louis Borloo en 2008 a ouvert la voie à une approche plus globale, plus ambitieuse, plus collective, plus progressive de la réponse à l’impératif environnemental. Cette transition est l’un des grands défis de l’Europe et la France doit être exemplaire en la matière. Nous devons être en pointe, à la pole position de cette transition et le départ de Nicolas Hulot doit être dépassé, il ne doit pas signifier l’abandon d’une politique écologique ambitieuse.

Enfin, bien sûr, nous sommes les défenseurs les plus ardents de la laïcité, dont on parle moins en ce moment, mais qui est évidemment un sujet fondamental.

Le cadre créé en 1905 est une innovation civique aux conséquences positives inestimables pour notre nation.

Les Radicaux ont toujours défendu et défendront toujours le caractère intangible de cette loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat, à laquelle la concorde nationale doit tant.

C’est l’affirmation des libertés de conscience et d’expression. La coexistence pacifique des spiritualités. Le refus de toutes les discriminations. La reconnaissance absolue de la dignité de la personne humaine et notamment celles des femmes. Pour nous, la loi de 1905 n’est pas négociable !

Depuis vingt ans, l’intégrisme islamiste s’est attaqué à ce pacte, faisant ressurgir la grande question laïque dans la France contemporaine. Je le redis ici : on ne peut pas mélanger le hijab et le serre tête ! Il faut porter le débat et le combat au bon niveau, celui de la loi de 1901. Pour refaire de la France un sanctuaire de laïcité, il faut s’attaquer au dévoiement de la liberté associative et la rétablir au service de l’idéal républicain. C’est ce combat que nous menons avec le Mouvement Radical, pour renouer, sans heurts ni divisions, avec la cohabitation pacifique des religions.

Voilà, mes amis, ce qui nous anime.
Voilà le ciment de notre réunification.
Nous sommes les Radicaux, sentinelles de la République.
Notre offre est claire et de plus en plus et visible.
Nous n’avons tout à gagner !
Nous sommes ouverts à celles et ceux qui partagent nos valeurs.
Nous serons toujours accueillants pour les Radicaux qui font actuellement d’autres choix. Parlons fort, notre message est bon, l’avenir est à nous !

L’avenir, mes chers amis, est là, devant nous, immédiat. Deux grands sujets méritent notre engagement le plus volontaire, dès à présent.

D’abord, et nous en avons parlé aujourd’hui : défendre nos propositions et avancer nos positions dans le cadre du Grand Débat National.

Ce débat inédit et protéiforme a été déclenché par un intense sentiment d’injustice sociale.

Il était donc absolument indispensable que nous nous y engagions, et c’est la décision qui a été prise par le Comité national le 6 février dernier.

A l’issue de nos débats, nous avons arrêté cinq priorités, qui font écho à nos quatre piliers que je viens d’évoquer, auxquels s’ajoute une demande de réforme des institutions.

Ce Grand Débat, en effet, doit permettre une transition vers un renouveau démocratique. Nos institutions doivent renouer avec une véritable expression populaire, notamment par un recours plus fréquent au referendum, auquel je suis favorable.

La démocratie directe n’est pas l’ennemi des représentants du peuple. Notre démocratie a besoin régulièrement d’être régénérée et de s’adapter à son époque. Bien préparé par les débats, le referendum peut être un élément de régénération.

L’autre grand sujet qui nous mobilise est évidemment la campagne européenne et je souhaite ici remercier du fond du cœur Pierre Moscovici pour sa présence, son engagement, témoignages de son ouverture d’esprit, de son courage, de cette capacité à se mettre en mouvement, à trouver de nouveaux partenaires partageant les mêmes combats.
Quoi de plus stimulant et passionnant pour les Radicaux qu’une échéance européenne !
 
Mes chers amis, que voulons-nous pour l’Europe ? Avec qui veut-on la défendre et la réformer ?

Notre congrès doit trancher cette question. Je sais qu’elle fait vraiment débat.

Ce que nous voulons, c’est un vrai projet européen, pour faire barrage aux populistes et permettre le retour de la confiance citoyenne. C’est cela, l’urgence et la ligne de cette campagne historique.

Je l’ai dit dès la rentrée de septembre : l’Europe est confrontée à un défi inédit depuis la chute du Mur de Berlin. L’aventure européenne peut s’arrêter demain, parce les populistes ont déclaré la guerre à l’Europe.

Ils sont là, en Pologne, en République Tchèque, en Autriche, en Hongrie. Ils ont nourris le drame du Brexit, j’étais à Londres en début de semaine et je peux vous dire le désarroi de nombreux élus.

Ils sont à l’origine de la dérive de l’Italie, notre pays frère, cette nation fondatrice de l’Union, pourtant meurtrie par le fascisme il y a à peine trois générations.

Quarante ans après la première session du Parlement européen élu au suffrage universel, sous la présidence de Simone Veil, il est évident que les élections de Mai seront les plus dramatiques de notre histoire contemporaine. Oui, l’Europe peut mourir au printemps prochain et oui, la France peut tristement contribuer à cette rupture. N’oublions jamais que plus de la moitié des suffrages exprimés au 1er tour de l’élection présidentielle en 2017 agrégeait des aspirations extrémistes et populistes, de droite et de gauche.

Je refuse ces hypothèses et je me bats pour que nos idées triomphent. C’est pour cela que je refuse que l’élection du 26 mai soit dévoyée en élection nationale, pour refaire le match de 2017, ce que veulent Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon.

C’est pour cela, surtout, que je défends la participation de tous les pro- européens à une liste de rassemblement qui dépasse nos divergences nationales. Comment justifier que ceux qui croient en l’avenir de l’Union et défendent le même projet se divisent en plusieurs listes ? Ce scénario nous conduirait à avoir moins d’élus au Parlement européen.

Chers amis, nous devons faire travailler ensemble celles et ceux pour qui l’idéal européen est au dessus de tout. Nous pouvons être, pour la cause européenne, des partenaires prêts à dépasser les contingences partisanes pour écrire un vrai projet parlant aux Français.

Nous devons donc nous allier, pour cette élection, aux partis et aux sensibilités pro-européennes : à des Sociaux Démocrates, à des écologistes indépendants, à la droite modérée et aussi bien sûr au MODEM et à LREM. Je l’ai dit dans Le Figaro hier, en étant clair avec eux et nos autres partenaires, et je vous le redis aujourd’hui.

Bien entendu, il y a des conditions de succès. D’abord, cette liste ne doit pas être celle de la seule majorité parlementaire et gouvernementale, mais bien celle du rassemblement de fervents européens. J’attends donc d’En Marche ! de l’écoute et de l’ouverture. Surtout, c’est le projet qui doit faire la liste et la tribune publiée par le Président de la République mardi peut en être le socle. Remettre à plat l’espace Schengen avec une même politique d’asile, créer une police des frontières commune, se doter d’un traité de défense et de sécurité, instaurer un bouclier social et un salaire minimum européen, réguler les géants du numérique... : chers amis, nous ne pouvons que partager le diagnostic et les propositions qui sont dans ce texte du Chef de l’Etat !

Si les Radicaux sont des européens fervents, aucun autre choix n’était possible. Voilà pourquoi aujourd'hui notre congrès choisit le rassemblement des européens et il donne mandat à la direction nationale pour que ce rassemblement porte aussi les idées des radicaux et qu’ils y soient respectés.

De tout cela, je rendrai compte à notre prochain Comité national, à la fin du mois.

Nous serons audibles, nous serons respectés, nous intéresserons nos concitoyens parce que nous ferons prévaloir l’avenir de la Nation par la sauvegarde de l’Europe sur l’intérêt partisan le temps d’une campagne.

D’aucuns diront que c’est une décision oublieuse de notre indépendance politique... Ceux-là même qui seraient tentés par une liste d’union de la gauche ou par une liste de coalition de centre droit !

En âme et conscience, je me suis beaucoup posé la question. Pour moi, cette échéance européenne est une première étape où nous montrons que l’indépendance, c’est aussi la cohérence avec les convictions.
Où nous montrons que l’indépendance ne peut pas, ne doit pas être une incantation qui conduit finalement à l’abstention. Où notre indépendance se concrétise en expression, en prise de position, en participation à chaque consultation démocratique.

Nous sommes, par notre travail, par notre courage, par notre combativité, les premiers gardiens de notre indépendance.

Il nous faut la cultiver sur le terrain, par notre travail militant, par la diversité de notre recrutement, pour que le visage de notre mouvement soit le visage de la France.

C’est ce travail que nous devons mener pour renouer avec l’histoire.

Goethe: « Vive quiconque vaillamment s’affirme ».

Laurent Hénart, le 9 mars 2019 à Paris

Source : Mouvement Radical

http://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20190309-discours-laurent-henart.html

 

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