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2 avril 2022 6 02 /04 /avril /2022 18:20

(verbatim et vidéo)

Pour en savoir plus :
https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20220402-macron.html





Discours du candidat Emmanuel Macron le 2 avril 2022 à Paris La Défense


Discours d’Emmanuel Macron à Paris La Défense Arena le samedi 02 avril 2022.



EMMANUEL MACRON

Merci d’être là ! Est-ce que vous entendez la ferveur ?

LE PUBLIC

Oui ! Et un, et deux, et cinq ans de plus ! Et un, et deux, et cinq ans de plus ! Et un, et deux, et cinq ans de plus !…

EMMANUEL MACRON

Merci. Merci d’être venus des quatre coins du pays, de toutes les régions, et je sais pour certains même de nos Outre-mer ! Je suis heureux, heureux d’être parmi vous aujourd’hui. Et tandis qu’à a quelques heures de Paris on bombarde la démocratie, tandis…

(Sifflets du public)

EMMANUEL MACRON

Non, on va tout de suite se redonner une règle que vous connaissez… (Applaudissements du public)

EMMANUEL MACRON

La guerre en Ukraine, nous faisons tout chaque jour pour pouvoir l’arrêter. Evidemment nous la condamnons, mais ici quand nous sommes tous ensemble, nous ne sifflons pas, personne, jamais. Jamais ! Parce que la démocratie, ce sont des combats, historiques parfois comme ceux que nous menons mais toujours avec le respect et l’exigence.

Certains aujourd’hui, je le disais, bombardent à quelques heures de Paris. D’autres voudraient nous ramener en France des années en arrière. Et vous êtes là tous, militants de l’idéal, nous sommes là dans la plus grande salle d’Europe pour dire que nul ne nous fera reculer. Nous sommes là dans ce moment marqué par la guerre, la gravité pour rappeler que la France a toujours quelque chose à dire au monde.

Nous sommes là pour affirmer que nous, Français, n’en avons fini ni avec l’humanisme. ni avec les Lumières. Nous sommes là, mes amis, à 8 jours du premier tour de cette élection présidentielle pour convaincre, pour mobiliser. Nous sommes là pour faire advenir un projet de progrès, d’indépendance, d’avenir pour notre France et pour notre Europe.

Alors vous vous en souvenez, en 2017 nous portions un projet d’émancipation, de lutte contre l’assignation à résidence, de progrès. Comme disait certains, c’était même notre projet. Les amis, malgré les crises nous n’avons jamais renoncé. Malgré les crises, nous avons tenu nos promesses. Pour mettre fin à ce mal français qui était le chômage de masse, il fallait s’attaquer aux vieux tabous sur la fiscalité, le droit du travail, l’assurance chômage. Nous l’avons fait et le taux de chômage est au plus bas depuis 15 ans.

Pour en finir avec la désindustrialisation, il fallait lever les freins à l’entreprenariat, à l’innovation, à l’investissement. Nous l’avons fait et pour la première fois depuis 30 ans s’ouvre davantage d’usines qu’il ne s’en ferme. Pour que le travail paie mieux et permette à chacun de vivre dignement, il fallait baisser les cotisations, l’impôt sur le revenu, supprimer la taxe d’habitation. Nous l’avons fait ! Et le pouvoir d’achat a augmenté de manière historique, notamment pour les travailleurs les plus modestes.

Pour relever le défi du climat, il fallait accompagner les Français pour rénover leur logement, changer leur voiture : on l’a fait. Et les émissions de gaz à effet de serre ont baissé deux fois plus vite qu’avant. Pour offrir les mêmes chances à nos enfants, il fallait prendre des décisions radicales, passer le congé paternité de 14 à 28 jours, la scolarité obligatoire de 6 à 3 ans, réduire les effectifs des classes en CP-CE1 dans les quartiers les plus pauvres Nous l’avons fait. Pour permettre à notre jeunesse de trouver sa voie, il fallait développer l’apprentissage jusqu’à doubler le nombre d’apprentis, nous l’avons fait.

Pour protéger les Français du terrorisme, il fallait continuer de changer nos lois, renforcer nos services de renseignements, nous l’avons fait. Et je n’oublie à ce moment aucune des victimes de tous nos attentats, nos blessés, les familles de toutes ces victimes. Nous sommes à leurs côtés. Pour garantir la sécurité pour tous, il fallait investir dans notre police, dans notre justice, recruter 10 000 policiers et gendarmes supplémentaires, augmenter de 30 % le budget de notre justice, bâtir une justice de proximité plus forte, nous l’avons fait.

Pour répondre à la crise des Gilets jaunes, à la demande de proximité, il fallait organiser le retour de l’Etat, des services publics dans nos territoires avec une maison France Services par canton, le transfert dans nos villes de province de plusieurs services et de milliers de fonctionnaires, nous l’avons fait.

Pour faire face à la crise sanitaire, il fallait protéger tout à la fois la santé, les emplois, l’éducation de nos enfants, nos étudiants, avec l’investissement dans nos hôpitaux et la mobilisation extraordinaire de nos soignants, avec… – applaudissez-les. Avec le quoi qu’il en coûte pour les travailleurs, les indépendants, les artisans et pour ne laisser personne au bord du chemin, avec l’école ouverte pour nos enfants, avec le repas à 1 euro pour nos étudiants, nous l’avons fait. Et tant d’autres quotidiens ainsi améliorés.

Ce jeune garçon en situation de handicap qui ne pouvait aller à l’école et qui grâce au recrutement, à la titularisation de milliers d’accompagnant suit désormais la classe avec les autres. Ils sont 100 000 de plus par rapport à 2017 à pouvoir ainsi aller comme lui à l’école, au collège, au lycée. Cette jeune adolescente qui, grâce au pass culture, a trouvé le chemin d’une librairie. Ils sont plus d’un million, plus d’un million, à avoir comme elle découvert une œuvre, un art, une vocation parfois.

Cette maman seule qui était à découvert le 10 du mois et qui grâce aux services publics des pensions alimentaires vit désormais plus sereinement. Ce couple de femmes qui grâce à la procréation médicalement assistée a pu avoir l’enfant dont elles parlaient depuis des années. Et cette femme battue par son mari qui s’était enfermée dans le silence et qui grâce aux points d’accueil mis en place dans les commissariats, à la formation de nos policiers, de nos gendarmes a enfin trouvé la force de parler, de déposer plainte, d’être défendue.

Oui mes amis tout cela et tant de choses, c’était notre projet et c’est maintenant notre bilan, nous l’avons fait.

Alors je sais bien, je sais bien ce qu’on nous dit, je sais bien qu’on nous dit qu’on ne gagne pas sur un bilan, mais c’est le votre, celui de votre travail, de votre engagement, malgré les crises nous ne nous sommes jamais arrêtés, soyez en fiers. Pourtant comme vous je vis encore tant de vies empêchées, comme vous, comme vous, je sis toutes les lenteurs qui alimentent l’impatience, tant de blocages qui nourrissent la colère et moi aussi vous savez comme vous, je me suis parfois impatienté. Ca allait trop lentement et ça n’allait pas assez loin. Mais mes amis comme vous je sais toutes ces vies encore empêchées, bloquées, comme vous je vois les difficultés à finir le mois, les situations d’insécurité, les difficultés qui se multiplient parfois et tant de progrès à accomplir pour faire reculer l’extrémisme, c’est pourquoi mes amis, c’est pourquoi notre projet pour 2022 sera à nouveau un projet de droit réel, un projet de solidarité, un projet de progrès social. Oui comme vous, comme vous mes amis, je ne me résoudrais jamais à ce que des Français qui travaillent voient tous leurs salaires partir en plein d’essence, en factures, en loyers et renoncent finalement à offrir un cadeau à leurs enfants, c’est injuste. Alors dès cet été, alors d’abord nous n’avons pas attendu, face à ce défi du pouvoir d’achat, le gouvernement s’est déjà mobilisé depuis des mois, c’est l’équivalent de plus de 20 milliards d’euros par an pour protéger les ménages face aux hausses d’électricité, de gaz et les bloquer. C’est aussi ce qui a permis de résister face à toutes les augmentations dont celle de l’essence, c’est depuis hier la ristourne décidée, mais il nous faut aller plus loin, le vrai pouvoir d’achat, c’est celui qui vient du travail, qui est durable, par lequel quand on travaille on gagne plus. C’est pourquoi dès cet été je veux permettre aux travailleurs de pouvoir toucher une prime de pouvoir d’achat allant jusqu’à 6000 euros sans charge, ni impôt. Dès cet été les travailleurs indépendant gagneront davantage, 550 euros de plus chaque année au niveau du Smic.

Et parce qu’à nouveau ces cinq années de plus doivent être les cinq années du travail, du mérite, de la liberté nous devons continuer d’avancer et nous créerons le compte épargne temps universel. Ce compte suivra chaque salarié tout au long de sa vie, il sera mobilisable dans les moments clé de la vie, soit pour souffler, avoir du temps, soit pour accélérer ses projets et avoir de l’argent. Oui je ne me résoudrais jamais, jamais à ce qu’après une vie de travail des retraités puissent encore manquer d’argent et devoir aller à l’aide alimentaire, c’est injuste.

Nous avons pu durant ces cinq années, améliorer plusieurs minimas sociaux et améliorer certaines retraites pour nos paysans, pour nos artisans. Mais dans les prochains mois ensemble, je veux que nous portions à 1100 euros la pension minimale de retraite pour une carrière complète, c’est justice. Et nous prendrons en compte les carrières longues, l’invalidité, les métiers les plus pénibles. Je ne me résoudrais jamais à ce que des mères renoncent à leur carrière parce qu’elles veulent fonder une famille, c’est injuste.

C’est pourquoi nous créerons un droit opposable à la garde d’enfant, nous accompagnerons nos mères qui font un travail exceptionnel comme sur beaucoup d’autres en la matière et nous revaloriserons de 50 % l’aide versée aux mamans seules. Je ne me résoudrais jamais à laisser des familles dans l’angoisse, rester sans solution face au grand âge, c’est injuste.

Nous le savons, l’un des défis des années qui viennent est ce vieillissement. C’est une chance mais un défi, nous prendrons en charge les travaux pour adapter les logements des personnes les plus âgées ; nous proposerons deux heures d’aide à domicile en plus par semaine pour tous pour que tous ceux qui le peuvent puissent rester chez eux !

Permettre à tous nos compatriotes qui font ces métiers si difficiles, si essentiels du soin, de l’accompagnement de nos aînés de le faire mieux, d’être mieux rémunérés. Et permettre à tous nos ainés qui le peuvent de vieillir chez eux avec leurs proches. Et quand ils ne peuvent plus alors de les accompagner dans des établissements dignes et pour cela nous recruterons 50 000 infirmiers et aides-soignants et nous renforcerons les contrôles. Car tous, tous nous avons été indignés par les révélations faites sur certains établissements. Cela ne vaut pas pour tous et beaucoup font un travail admirable mais cela ne doit plus exister, jamais ! Nos vies, leurs vies valent plus que tous les profits.

Je ne me résoudrai jamais, jamais à ce qu’on puisse faire des économies, faire des économies au détriment des Français les plus précaires, les plus modestes tandis que d’autres fraudent, c’est injuste. On a tout entendu sur nos aides sociales tout mais nous avons appris ensemble durant ces 5 années, nous avons mis en place le fameux prélèvement à la source, il a permis d’être plus juste et de lutter contre la fraude, eh bien, maintenant ce que je veux faire pour les 5 années qui viennent, c’est la solidarité à la source, celle qui permettra de manière plus simple, plus efficace de verser ces aides à toutes celles et ceux qui en ont besoin et de lutter contre tous les fraudeurs.

Je ne me résoudrai jamais à ce que face aux crises, notre jeunesse sombre dans la solitude, le désespoir parfois. C’est injuste, c’est pourquoi la santé mentale sera une priorité nationale. Je ne me résoudrai jamais non plus à ce que nos étudiants abandonnent parce qu’ils se sont livrés à eux-mêmes dans le maquis des premières années de l’université, c’est injuste, c’est pourquoi nous donnerons la priorité à l’orientation, les places dans les filières seront fixées en fonction des besoins de la Nation, l’autonomie des universités franchira une nouvelle étape.

Je ne me résoudrai jamais à voir des quartiers entiers de notre République être stigmatisés, n’avoir parfois pas les mêmes chances, c’est injuste.

A Marseille, nous avons lancé une dynamique inédite, ce que j’appellerais un laboratoire de volonté« Marseille en Grand » qui depuis la rénovation urbaine jusqu’à l’école en passant par le sport, la culture, le soutien à l’économie, va révolutionner la politique de la ville. Alors oui nous nous appuyons sur cette expérience mais aussi sur ce que nous avons fait en doublant le budget de la rénovation urbaine, en ouvrant 300 cités éducatives, en formant à l’emploi, nous irons plus loin.

Je ne résoudrai pas davantage à ce que nos campagnes, elles aussi, soient envoyées à l’isolement, parfois aux préjugés ou n’aient pas les mêmes chances, nous aimons nos ruralités. Nous avons tant fait avec leurs habitants. Alors oui, nous finirons de couvrir tout le territoire en très haut débit en réseau mobile comme nous poursuivrons la réouverture des petites lignes ferroviaires.

Je ne me résoudrai jamais à ce que certains de nos compatriotes puissent vivre dans l’insécurité. La présence des forces de l’ordre sur la voie publique sera doublée, 200 brigades de gendarmerie nouvelles installées. Des forces d’action républicaine mobilisées pour les quartiers les plus en difficulté. Et la sécurité, ne l’oubliez jamais, c’est aussi notre justice. C’est pourquoi nous créerons 8 500 postes de magistrats, de personnels de justice pour juger plus vite, en proximité pour que nulle part, il ne puisse plus y avoir quelque impunité.

Je ne me résoudrai jamais, jamais comme vous, je ne me résoudrai jamais, je me battrai toujours. Oui ! Et comme nous nous sommes battus sans relâche durant ces 5 années je veux, mes amis, que nous continuions à voir grand, que nous continuions à tenir cette promesse française de justice, de progrès, voilà ce que je voulais en quelques mots à la cavalcade vous présenter des progrès concrets, que nous avons ensemble à bâtir.

Mais tous ces progrès, tous ces progrès du quotidien qui sont indispensables ne doivent pas nous faire oublier quelques grandes causes essentielles, ce que nous avons, sans relâche là aussi, conduit durant ces 5 années.

La grande cause de l’égalité entre les femmes et les hommes, de la lutte contre les violences à l’égalité salariale et tant et tant d’autres combats, nous l’avons menée, nos associations se sont mobilisées mais nous devrons faire plus, nous devrons faire plus. C’est pourquoi à nouveau l’égalité femmes / hommes sera la grande cause du quinquennat qui s’ouvre.

Mener ces grandes batailles de progrès, corriger les inégalités à la racine, permettre l’égalité des chances, c’est cela aussi notre identité, ne pas simplement les corriger. Investir dans l’humain en quelque sorte.

Alors oui, je veux que le deuxième grand combat, ce soit celui pour nos enfants, la protection la protection de l’enfance, la protection de nos enfants.

Plusieurs ici mènent ce combat depuis tant et tant d’années et nos enfants si longtemps avaient été les oubliés, les oubliés de nos politiques publiques. Je suis fier avec vous d’avoir lancé ce qu’on appelle les « 1 000 premiers jours », ce grand projet qui depuis l’extension du congé paternité jusqu’à l’accompagnement des mères vise à donner les mêmes chances à chacun, quelle que soit sa naissance. Mais il nous faut, au-delà de ce que nous avons commencé, aller plus loin, aller plus fort. Il nous faut protéger nos enfants des violences qu’ils subissent, des réseaux sociaux, du harcèlement dont ils sont trop souvent victimes.

Protéger, protéger nos enfants de tous ceux qui, dans les silences trop longtemps tenus, ont commis le pire et continuent d’abuser d’eux, je sais, parce qu’à travers le pays, tant de fois, peut-être quelques-uns d’entre vous qui sont ici dans cette salle m’ont interpellé, tiré la manche pour me confesser ce qu’ils avaient vécu, avec la honte, la honte de l’avoir vécu, avec la douleur de ne pas l’avoir transmis, de n’avoir trouvé aucune oreille pour l’entendre, aucun adulte pour le recevoir, cette honte-là elle changera de camp, cette honte-là elle changera de camp. C’est pourquoi les recommandations de la commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles seront suivies d’effet, notre enjeu sera de bâtir avec les médecins, les enseignants, les soignants, les associations, une vraie culture française de la protection de nos enfants pour prévenir ces violences, ces incestes, ces harcèlements, et pour les guérir, pour accompagner, pour réparer. Nous agirons aussi pour prémunir les enfants des contenus de haine qui circulent sur les réseaux sociaux, de ces insultes incessantes, qui vont jusqu’à enlever l’envie de vivre à certains de nos enfants, la lutte contre le harcèlement sera accentuée, avec la mise en place de délégués dans chaque collège, la formation, que nous avons déjà commencée, qui sera renforcée, de nos enseignants, et l’extension des numéros et des plateformes d’appel, et le contrôle parental que nous avons constitué sera installé par défaut sur chaque appareil. Oui, protéger nos enfants.

Et quand je parle d’enfants, bien sûr, je n’oublie pas ce qui sera un immense combat des années qui viennent, ce troisième grand combat, au-delà de tous les progrès que je vous décrivais, celui de l’éducation. Depuis 5 ans nous l’avons mené sans relâche et je suis fier de notre action, nous tous, avec le gouvernement, avec les parlementaires, avec vous toutes et tous, avec nos enseignants. Je suis fier d’avoir limité à 12 le nombre d’élèves par classe dans les quartiers, fier d’avoir porté les devoirs faits pour les collégiens, quand leurs parents ne pouvaient pas les accompagner, fier d’avoir permis l’ouverture de 300 internats d’excellence, de campus des métiers, d’avoir battu cette école inclusive, fier avec vous de tout cela, mais je suis lucide, l’ascenseur social reste encore trop en panne, trop de professeurs sont encore découragés, trop de parents inquiets, trop d’élèves malheureux, c’est pourquoi nous renfoncerons l’enseignement des savoirs fondamentaux, français, mathématiques, et ce jusqu’au baccalauréat. Nous généraliserons le sport à l’école, une demi-heure par jour à l’école primaire, dès septembre, car nous devons faire de notre pays cette grande nation sportive, pour la santé de nos enfants, de nos adolescents, du pays. Nous renforcerons l’enseignement artistique et culturel, tout en déployant le Pass culture au collège, car la culture à l’école c’est permettre à un enfant, à un adolescent, dont la famille n’a pas de bibliothèque, qui elle n’a pas pu apprendre, d’accéder au beau, à ce qui nous dépasse, ce qui nous donne une raison de vivre, même quand tout semble perdu, notre culture. Nous ferons du collège le lieu où l’on apprend à mieux connaître les métiers et à s’orienter, et nous accompagnerons mieux les adolescents dans ces moments charnières, en particulier la classe de sixième, comme la classe de seconde. Nous ferons une révolution complète, complète, du lycée professionnel, une voie d’excellence, les enseignants, comme les lycéens, le méritent. Mais surtout, surtout, nous ferons différemment, nous ferons en nous appuyant sur nos enseignants, à qui nous devons tant, et à qui la nation doit tant, oui vous pouvez les applaudir.

Oui, nos enseignants, ceux qui nous ont parfois, par une main tendue, un regard bienveillant, permis de devenir ce que nous n’étions pas censé devenir, ces artisans de la République qui permettent à chaque destin d’enfant, parfois de conjurer le sort, nous leur avons tant demandé. Quand nous avons voulu rouvrir l’école le 11 mai 2020, je sais ce que nous leur avons demandé et je veux ici peut-être tout particulièrement et tout personnellement les en remercier. Alors, pour leur permettre d’exercer pleinement leur mission, instruire nos enfants et faire des républicains, nos instituteurs, nos professeurs, seront mieux rémunérés et plus libres de proposer, libres d’innover, d’expérimenter, comme ils sont tant à vouloir le faire, d’essayer d’autres méthodes, dans la classe, et de pouvoir les partager, libres de leur carrière, libres de choisir un établissement pour son projet pédagogique singulier et de s’extraire des mouvements géographiques qui parfois les assignent à résidence.

Oui, cette révolution de l’école, nous la ferons avec des chefs d’établissement, eux-mêmes plus libres, de bâtir des projets, de conduire des équipes, de les réunir, oui, pour ce grand chantier de l’école je veux que nous donnions enfin, aux enseignants, aux directrices et directeurs d’établissements, aux maires, aux parents, aux associations, qui s’occupent souvent du périscolaire, à nos enfants eux-mêmes, les moyens de réussir en inventant au plus près du terrain des solutions adaptées, nouvelles, fortes, ambitieuses. Alors, je vous rassure, le système nous dira que c’est impossible, on nous expliquera que ça n’a jamais été fait, qu’il faut faire comme avant, discuter depuis Paris, tout décider depuis Paris, mais comme c’est impossible, nous le ferons, parce que nous l’avons déjà fait.

Et puis investir dans l’humain, corriger les inégalités à la racine, c’est évidemment parler de notre santé, ce quatrième grand chantier, celui qu’avec vous je veux bâtir. Je suis fier, fier grâce à notre projet d’il y a cinq ans, d’avoir lancé dès 2018 une stratégie pour décloisonner médecine de ville et hôpital. Fier d’avoir décidé avec les gouvernements successifs le Ségur pour des investissements historiques pour l’hôpital et pour des augmentations historiques pour les salaires de nos soignants.

Mais soyons lucides là aussi. Soyons lucides là aussi. Sans doute avons- nous bien fait mais sans doute était-ce tard et nous ne pouvons pas ne pas regarder en face l’épuisement de tant de soignants et j’ai une pensée pour eux, émue, mobilisée parce qu’ils continuent de se battre dans les hôpitaux, dans leur cabinet, pas simplement contre le Covid qui continue à sévir, contre les formes de Covid long et contre toutes les maladies que nous ne pouvons pas oublier. Applaudissez nos soignants !

Mais nul n’ignore leur épuisement, parfois la perte de sens parce que trop de postes manquent ! Ils manquent pourquoi ? Parce qu’il y a eu des découragements, parce que les vacataires – c’est vrai ce que vous dites – ont trop souvent été pris, mais parce que les emplois pérennes n’étaient pas assez bien payés ou parfois pas pourvus, parce que le système s’est bloqué lui-même sur ses incohérences, soyons clairs sur parfois la bureaucratisation, les règles devenues absurdes. Donc oui, nous devons aller plus loin pour notre santé parce qu’aujourd’hui, nous avons à la fois la perte de sens du côté des soignants et les pertes de chances du côté des patients avec ce qu’on appelle les déserts médicaux dans tant de nos campagnes, dans tant de quartiers, nos compatriotes ne trouvent plus les soins à portée de rendez-vous. Dans tant de nos campagnes, dans tant de nos quartiers, y compris parmi les plus âgés, les plus vulnérables, ils ne trouvent plus de médecins, c’est une réalité. Ces déserts médicaux, on sait ce que ça produit : de l’inégalité, de l’inégalité devant la maladie parce qu’on sait comment ça se passe : on renonce à un rendez-vous parce qu’il n’y a pas de consultation possible et un deuxième, et puis ce qui aurait pu être arrêté ou prévenu, s’aggrave. Les pertes de chances, c’est cela ce que nous vivons et l’inégalité en matière de santé ne pourra être combattue que si précisément nous arrivons à conjurer ces déserts médicaux.

C’est contre cela, contre ces inégalités d’accès aux soins indignes, indignes de nous, que nous agirons. C’est pour cela d’abord que nous développerons la prévention. Nous avons déjà mis en place des diagnostics qu’on appelle DYS pour nos jeunes enfants. Nous avons mis en place des diagnostics dont nous sommes si fiers, à juste titre, en particulier pour détecter plus tôt les différentes formes d’autisme chez nos enfants et chez les plus jeunes. Et en disant cela, la salle s’éclaire de ce bleu qui va avec en effet ce jour de l’autisme où nous sommes et je veux ici que nous pensions à tous nos compatriotes qui sont atteints d’autisme, quelle qu’en soit la forme, qui vivent au milieu de nous, avec nous – avec nous – et dont nous sommes fiers et je veux dire à leur famille, à leurs enseignants, à leurs soignants que nous en sommes fiers. Alors nous continuerons dans la prévention, les diagnostics à 25 ans, à 40 ans, à 60 ans, qui seront pris en charge par la Sécurité sociale parce qu’investir sur les diagnostics à ces âges critiques de la vie, c’est permettre de prévenir tant et tant de maladies ; c’est un investissement dans l’humain mais un investissement rentable aussi ! Bien moins coûteux que d’aller ensuite guérir trop tard. Et nous agirons avec force pour faire reculer ces déserts médicaux.

Partout où je me déplace, d’Aulnay à Amiens, depuis – Guillaume – à Mulhouse, de Marseille à Tours, on m’en parle ! Alors il n’y a pas de recette miracle en la matière, on le sait bien. Il y a le bon sens et la volonté. Le bon sens et la volonté de permettre à des infirmiers et des infirmières, à des pharmaciennes et des pharmaciens de pouvoir dégager nos médecins de certaines tâches, de faire eux davantage pour que nos médecins puissent prendre plus de patients. Il y a le bon sens et la volonté qui consistent à dire que les gardes ne sont peut- être pas un mauvais système et d’ailleurs il se trouve qu’on n’est pas moins malade la nuit ou le week-end qu’on ne l’était il y a 15 ans mais qu’il faut peut- être nous réorganiser sur les territoires, savoir les payer justement mais retrouver sur chaque territoire une offre de soins continue. Le bon sens et la volonté qui doivent nous conduire à redonner plus de responsabilités à l’hôpital, aux soignants, à changer la gouvernance de nos hôpitaux, à décloisonner entre l’hôpital et la médecine de ville, nos organisations, à permettre à des jeunes médecins qui veulent s’installer, d’être salariés encore davantage, de travailler un peu à l’hôpital et un peu à la ville, d’inventer sur le territoire, au plus près, les solutions innovantes et de le faire là aussi avec nos élus qui connaissent cette problématique, en lien avec eux, de le faire entre médecins, paramédicaux, associations de patients, citoyens. Le bon sens et la volonté consistent à dire que si nous voulons qu’à la fin de leurs études, de jeunes médecins s’installant en zones rurales ou dans les quartiers les plus difficiles, nous pouvons en créer les conditions. Voilà ce qu’il nous reviendra de construire ensemble ! Et là aussi, pas de manière uniforme, pas depuis Paris, non, sur le terrain en redonnant de la liberté, du pouvoir, au niveau de l’hôpital aux services et au niveau d’un territoire, à des objectifs qui sont définis, là où les gens vivent, là où les besoins sont connus, où les solutions sont bâties.

Oui mes amis, oui mes amis, je vous rassure, malgré vos applaudissements, là aussi, le système viendra nous dire que c’est impossible et nous le ferons ! Alors je vous rassure, je viens de vous parler là de progrès de chaque jour, de nouvelles conquêtes que nous voulons faire, de ces quatre grandes causes que nous allons porter et sur lesquelles nous allons nous battre et innover. Mais pour y arriver, pour financer cela, il n’y a pas d’argent magique et j’ai une mauvaise nouvelle : il n’y en a pas davantage aujourd’hui qu’il n’y en avait il y a cinq ans.

Et donc moi je préfère être clair, pour financer tout cela, il n’y aura pas de hausse d’impôt, non nous les baisserons. Et je peux vous le dire avec crédibilité car nous l’avons fait pendant cinq ans. Pour financer cela, il n’y aura pas de hausse de notre dette, non. La dette comme tous les autres pays, nous en avons constitué une durant la période du Covid, il fallait le faire, elle est là et nous la remboursons dans le temps en l’amortissant sur plusieurs décennies, mais notre dette, celle qui dépend de nos déficits courants, nous devons elle y répondre, c’est pourquoi nous tiendrons nos objectifs, nous nous y attaquerons parce que nous ne pouvons laisser à nos enfants une dette qui aura augmenté. A partir de 2026 nous la baisserons.

Non tout ce que je viens de vous décrire, nous ne le ferons qu’en travaillant davantage, qu’en produisant, c’est ça la vérité. Et c’est cela qui a toujours été notre fils directeur durant ces cinq dernières années. Alors parfois c’est agréable à entendre, parfois ce n’est pas agréable à entendre, je sais, mais oui, il n’y a pas d’Etat social, il n’y a pas d’Etat providence s’il n’y a pas un Etat productif, fort, s’il n’y a pas une France qui invente, qui produit, qui travaille, qui crée de la richesse pour pouvoir la redistribuer. ON ne reprendra pas le contrôle de nos vies, du progrès, s’il n’y a pas tout cela, alors j’assume oui de vous dire qu’il faudra travailler plus.

Et d’abord travailler plus longtemps parce que nous vivons plus vieux, eh oui comme l’ont déjà fait l’Italie, l’Espagne, l’Allemagne, tant de nos voisins, il faudra de manière concertée, bien sûr de manière progressive et visible passer l’âge de notre retraite à 65 ans, parce que c’est ainsi d’abord que nous pourrons financer tous les progrès que j’évoquais, que notre nation sera plus forte, nous le ferons de manière progressive avec des mesures de justice que nous voulons fortes, mais c’est la conditions et c’est la condition d’abord pour consolider notre modèle de retraite par répartition, cette solidarité entre les générations. Et c’est la condition pour améliorer nos pensions, alors je vous le dis, ne croyez pas ceux qui vous expliquent qu’ils feront la retraite à 60 ans ou à 62 ans, d’ailleurs on n’est plus tellement au clair, et que tout ira bien, ça n’est pas vrai.

Mais travailler plus, c’est aussi travailler plus nombreux, j’assume oui de viser l’objectif du plein emploi car grâce à tout ce que nous avons fait ensemble, durant ces cinq années, pour la première fois depuis le milieu des années 70, notre pays peut dire dans les cinq années qui viennent qu’il atteindra le plein emploi, oui c’est possible.

Voilà pourquoi nous continuerons de mener les réformes indispensables sur l’assurance chômage, pour le marché du travail, voilà pourquoi nous continuerons de donner plus de liberté à tous nos entrepreneurs, voilà pourquoi aussi nous mettrons en place pour les bénéficiaires du RSA de 15 à 20 heures par semaine des activités de formation, d’insertion, de réinsertion sur le modèle de ce que nous faisons depuis le 1er mars avec le contrat d’engagement jeunes pour les 18-25 ans. Il ne s’agit pas comme l’ont prétendu certains de travaux d’intérêt général, non, encore moins de vouloir couper des aides à ceux que la vie a trop abimé pour exercer une activité et qui y auront toujours droit de manière inconditionnelle, il s’agit tout simplement de tendre la main et d’offrir à tous les bénéficiaires du RSA des perspectives, un espoir, la possibilité de faire et enfin de bien faire comme plusieurs déjà le font dans leur département ou dans leur commune, le travail d’accompagnement, de réinsertion qui fait que toute personne qui n’a plus de travail, qui est en fin de droit et qui n’a même plus son chômage, est malgré tout un citoyen qui a le droit d’être accompagné pour pouvoir réapprendre , retrouver des perspectives et retourner vers l’emploi.

Nous le ferons car la France est une nation solidaire, une nation humaine, une nation qui ne laisse personne au bord du chemin.

Mes amis, mes amis, le travail au service du progrès, voilà ce qui nous tient, voilà ce qui nous fait Nation, c’est pourquoi oui c’est par le travail, par la production que durant ces cinq années qui viennent nous pourrons augmenter notre croissance, créer plus de richesses et pouvoir continuer le progrès, l’humanisme au service du progrès, voilà ce qui nous unit, voilà pourquoi nous nous battons. Un humanisme qui part du réel, qui regarde les difficultés en face, assume les choix à faire, mais ne cède jamais rien de son idéal, travail, humanisme, progrès, voilà ce que nous voulons faire ensemble, voilà ce qui nous rend si fiers, si fiers d’être Français.

(Diffusion d’un clip)

EMMANUEL MACRON

Merci Nathalie.

Nous ne sommes pas tout à fait les mêmes qu’en 2017, ni vous ni moi !

(Cri de joie d’un militant)

EMMANUEL MACRON

Il y en a qui ont toujours autant d’énergie ! Et vous et moi …

(Ovations)

EMMANUEL MACRON

Mais ces 5 années, nous le savons, ont été rudes pour nous tous et pour certains, si rudes, si injustes. Elles ont été à coup sûr parmi les plus bouleversantes que nous ayons connues depuis un demi-siècle. Et je suis là aujourd’hui avec vous au milieu de vous. Et pas un jour et pas un jour de ces 5 années, je n’ai oublié vos visages, qu’on voyait tout à l’heure, vos regards.

MILITANTS

MACRON, on t’aime !

EMMANUEL MACRON

Ces regards parfois si amicaux, si affectueux, quelquefois fois aussi interrogatifs, je le sais, d’autrefois en colère aussi. Et quand nous nous croisons, je regarde toujours vos yeux, vous le savez, je touche souvent les bras aussi, je le sais. Et quand on est le responsable, qu’on est celui à qui forcément on demande des compte, c’est une chance incroyable que d’être accompagnés par les regards de ceux qui vous ont choisi comme par les regards de ceux qui ne vous ont pas choisi. Alors, je veux vous remercier tous, militants, élus, engagés depuis tant d’années à mes côtés, vous remercier tous.

Je veux avoir un mot plus particulier pour mes compagnons de fortune et d’infortune. Leur affection et leur présence m’ont été chaque jour si précieuses. Alors chacune et chacun a son style, certains impénétrable, d’autres passionné, certains militants, de bon caractère ou de moins bon caractère. Il y a ceux qui montent à l’assaut ; ceux qui ont le silence des sages. Mais je veux leur dire à tous et toutes que sans eux, je n’aurais pas pu faire ce chemin, il y a malheureusement quelques-unes et quelques-uns qui ne sont plus là. Mais il y a tous ceux, compagnons de nuit d’échanges et de travail, chefs de gouvernement, membres de gouvernement, compagnons de lutte politique, parlementaires, équipes, à tous, je veux qu’ils sachent la place qu’ils ont prise à mes côtés. Je ne le dis pas suffisamment, je le dis parfois mal mais de celles et ceux des premiers combats impossibles, jusqu’à celles et ceux qui ont rejoint ces dernières semaines qui sont là, celles et ceux dont les nuits n’ont plus existé, qui travaillent à mes côtés, au Mouvement ou ailleurs, merci !

Et je pense aussi à celles et ceux qui n’ont pas pu être là ce soir. Non mais je vais y venir, ne vous inquiétez pas. Je vais y venir, ne vous inquiétez pas. Et j’ai une pensée aussi pour celles et ceux qui ne sont pas là ce soir à nos côtés, mais dans les vies de combat nous permettent d’être là. Je veux que ma famille, mes parents, nos enfants, nos petits enfants, mes frères et sœurs, tous ceux à

qui je fais vivre depuis tant d’années des vies de contraintes qu’ils n’ont pas choisies, je veux leur dire simplement ma reconnaissance et mon affection. Merci. Et puis vous savez tous, sans qu’il soit besoin d’en dire plus, l’évidence, la présence de celle qui m’importe le plus, qui m’apporte le plus dans cette singulière aventure de vie : Brigitte.

(Applaudissements)

Alors oui, pouvons-nous être vraiment les mêmes qu’il y a 5 ans ? Pouvons-nous être vraiment les mêmes après avoir décidé à quelques-uns de confiner tout un pays pour tenter de sauver des vies qui pouvaient l’être ? Pouvons-nous être les mêmes quand on a eu à regarder dans les yeux les familles de nos soldats morts au Mali pour notre liberté ? Lorsque nous avons connu la décapitation d’un professeur, Samuel PATY, par la conspiration funeste de la folie des hommes et de l’idéologie terroriste islamiste, pour Samuel PATY et sa famille.

(Chant de La Marseillaise par le public)

Non, nous ne sommes plus les mêmes face au retour de la guerre en Europe, aux martyrs de Marioupol, à ces femmes, à ces enfants ukrainiens, qui laissant toute leur vie derrière eux fuient les armes et attendent le cœur serré des nouvelles de leur mari, de leur père, et merci, merci à tant de familles, à tant de nos communes, de les accueillir sur notre sol, c’est notre devoir. Oui, le monde paix que nous avions fini par croire éternel, le monde de marche en avant continue du progrès que nous avions fini par croire inébranlable, tout cela semble se défaire sous nos yeux. Oui, ce que nous vivons c’est une forme de grands dérèglements, dérèglement du vivant avec une épidémie qui nait d’un virus passé de l’animal à l’homme, nous a ramené aux méthodes du Moyen-âge parfois, dérèglement écologique, avec le réchauffement climatique, l’érosion de la biodiversité et la multiplication des catastrophes, dérèglement du capitalisme avec la montée d’inégalités insupportables, gérant tensions et divisions dans nos sociétés, dérèglement géopolitique, avec le retour des guerres, des rêves d’empires et le spectre peut-être d’un conflit armé global, dérèglement enfin des consciences, quand le religieux nourrit la haine et les meurtres, quand l’universalisme se fracasse sur le complotisme, quand les réseaux sociaux isolent, plutôt qu’ils ne libèrent, oui, grands dérèglements.

Alors, face à ce retour du tragique dans l’Histoire, nous ne sommes pas, nous, de ceux qui attisent les peurs et recherchent des bouc-émissaires, ça ne sert à rien. Nous ne sommes pas non plus de ceux qui nous résignent, nous nous battons, mais nous nous battons avec l’esprit critique, le goût de l’universalisme, l’amour de la vérité, car nous pensons que les crises sont des moments d’accélération, de cristallisation, où soudain ce qui semblait impossible devient possible, où paradoxalement il est possible de faire avancer des progrès immenses, nous l’avons fait d’ailleurs pendant la pandémie, rappelez-vous, notre Europe a connu une avancée inédite en mutualisant une dette à venir pour financer ce que nous n’avions pas quelques mois plus tôt, nous l’avons fait là aussi au moment de la pandémie quand nous avons redécouvert ensemble l’importance de la production industrielle, de la souveraineté industrielle sur notre sol et que nous avons relocalisé. Alors oui, nous pensons que les crises sont des moments où ceux qui savent voir loin pensent le temps long, font preuve d’optimisme, peuvent initier des changements d’époque, voilà notre ambition, et ce changement d’époque, mes amis, il se fera par l’Europe, il se fera par la France.

C’est pourquoi, c’est pourquoi nous ne lâchera rien de notre combat pour l’idéal européen. Oui, qui mieux, qui mieux que l’Europe, qui a su vacciner sa population en un temps record, mettre en place un plan de relance historique, se montrer généreuse et exporter, donner ses vaccins pour faire face aux crises qui viennent ? Qui mieux que l’Europe pour s’immiscer dans le duopole qui s’installe entre les Etats-Unis et la Chine ?

Qui, qui mieux que notre Europe, ce petit bout de terre, qui a inventé l’humanisme, les Lumières, pour faire émerger un modèle de régulation d’Internet, qui chasse les discours de complots, de haine, de désinformation, pour défendre l’esprit critique, la liberté de la presse ? Ce combat c’est celui que notre présidence est en train de porter en faisant adopter, grâce au Parlement européen, deux textes historiques en la matière, et nous continuerons.

Qui, qui mieux que notre Europe, ce petit bout de terre, qui a inventé l’Etat providence pour encadrer le capitalisme, lutter contre les inégalités, comme nous avons commencé à le faire en obtenant, en Européens, la mise en place d’un impôt minimal sur les sociétés pour éviter l’évasion fiscale, en Européens ? Ces derniers jours j’ai entendu parler beaucoup d’évasion fiscale, et de cabinets américains, bon ! simplement, je voulais rappeler à tous ceux qui s’en indignent, qu’ils les ont à chaque fois utilisés dans leur collectivité ou au gouvernement, mais, surtout, s’indigner sur l’absence d’impôt minimal, vouloir se battre, vouloir se battre contre l’évasion fiscale, on ne le fait pas en français, ce n’est pas vrai, parce que l’entreprise contre laquelle on se bat, elle va s’installer en Belgique, elle va s’installer à nos frontières, elle délocalise, mais elle continue de sévir, ces gens-là n’ont donc plus compris comment le monde fonctionnait, non, il ne faut pas simplement s’indigner, il faut agir, l’impôt minimal en Européens, nous nous sommes battus, nous l’avons fait, et cet impôt minimal, c’est celui qui fera que toutes les sociétés internationales devront payer un minimum d’impôt là où de la valeur est créée, en Européens, car c’est ainsi qu’il faut agir.

Qui, qui mieux que notre Europe pour bâtir, avec la rive sud de la méditerranée, une nouvelle alliance d’investissement et de solidarité ? Notre Méditerranée que nous aimons tant doit redevenir un continent d’ambitions, de culture, d’échanges, oui, c’est par l’alliance entre l’Europe et l’Afrique que nous le ferons.

Qui, qui mieux que l’Europe pour répondre à la crise alimentaire mondiale qui est en train de commencer, à cause de la guerre ? Plusieurs pays, du Caucase, au Proche et Moyen-Orient, jusqu’à l’Afrique, sont en train de manquer, c’est en Européens, par l’Europe, que nous répondrons à cette crise qui vient.

Qui, qui mieux que l’Europe pour réussir la neutralité carbone en 2050, pour entraîner les nations du monde dans le combat climatique, le combat du siècle ? Et je suis fier que notre pays ait été parmi les premiers, au printemps 2018, à avoir porté cette ambition européenne de la neutralité carbone 2050, nous y sommes tous et nous le ferons.

Qui, qui mieux que l’Europe pour protéger nos frontières en engageant une refondation de l’espace Schengen, en préservant l’asile véritable, pour accueillir les combattants de la liberté, que nous devons accueillir et protéger, et en combattant les mafias qui font trafic des êtres humains, en luttant contre l’immigration clandestine ? Sur ce sujet, nous n’avons aucune leçon à recevoir.

Nous avons doublé nos forces de sécurité intérieure aux frontières pour les protéger ; nous avons parfois même mobilisé notre armée quand c’était nécessaire. Nous avons agi en Européens pour démanteler les filières mais si nous voulons aller plus loin et nous le ferons, alors oui, nous devons engager une simplification drastique de nos procédures, rendre notre politique de lutte contre l’immigration clandestine plus efficace, mais en Européens ! Bâtir ce nouvel espace de protection et de sécurité !

Qui mieux que l’Europe qui sait combien les guerres emportent de souffrances indélébiles, pour nous protéger du retour des empires ? L’Europe sera là pour assurer notre indépendance au travers d’une défense commune et repenser un ordre international nouveau.

Mes amis, nous étions les seuls en 2017 à agiter le drapeau européen ! Nous avons été critiqués quand nous avons mis le drapeau européen sous l’Arc de Triomphe ! Eh bien nous l’assumons ! Et aujourd’hui, encore, vous le voyez et pour les cinq années qui viennent, nous sommes fiers d’être Européens ! Fiers de brandir la bannière bleue étoilée aux côtés de notre drapeau national ! Et bon courage à ceux qui face à la Russie, prônent le grand repli ! Et bon courage qui face au retour des empires et aux défis des temps, défendent le grand rabougrissement ! Nous continuerons à nous engager pour que notre Europe avance ! Mais mes amis, notre Europe avancera mais rien, rien de tout cela… rien de tout cela n’est possible, rien ne pourra se faire sans la France, sans ranimer la flamme de cet esprit si singulier qu’est l’esprit français. Face à ceux qui veulent asservir les peuples, étouffer les consciences, faire taire les différences, il n’y a pas plus puissant en effet que la force inspirante de la liberté.

Face à un monde fou où la naissance détermine trop souvent les destins, où les succès ne se construisent pas assez par le mérite mais par l’héritage, où les milliards vont encore trop souvent aux milliards et la pauvreté trop souvent à la pauvreté, il n’y a pas plus puissant que le goût de l’égalité. Face à ceux qui tentent de semer le poison de la division, de fragmenter, de fracturer les hommes, il n’y a pas plus puissant que la force tranquille de la fraternité. Face au fanatisme islamiste qui sème la mort, face au séparatisme qui veut installer dans la République la règle de quelques-uns et le règne du plus fort, il n’y a pas plus puissant que la vigueur apaisée de la laïcité !

Liberté, égalité, fraternité, laïcité ! Je suis sûr d’une chose mes amis, je suis sûr d’une chose : c’est que nos valeurs sont les meilleurs réponses aux défis des temps, elles sont profondément modernes. Liberté, égalité, fraternité, laïcité : je suis sûr d’une chose, c’est que ces valeurs ne sont pas des acquis, non, elles doivent être défendues sans relâche, elles sont une conquête de chaque matin ! Je suis sûr d’une chose : c’est que nos valeurs ne vivront que si la France est forte, indépendante, puissante ! Voilà pourquoi notre projet est aussi un projet d’indépendance et de puissance française, oui, pour pouvoir porter ces valeurs pour nous-mêmes et pour le monde.

Puissance militaire d’abord : après un effort budgétaire inédit depuis 2017, nous continuerons d’investir pour nos armées, à la fois pour améliorer la vie du soldat, son équipement, pour assurer notre dissuasion, pour financer les matériels les plus innovants. Nos armées. Nous généraliserons le service national universel et réaffirmerons le lien armée-Nation. Notre objectif est clair : nous préparer dans le nouveau contexte que nous vivons, à affronter une guerre qui peut advenir et nous préparer aussi à toutes les nouvelles menaces du Cyber aux nouvelles conflictualités maritimes ou spatiales.

Puissance diplomatique de paix et d’équilibre aussi. C’est parce que la France a son histoire, ce modèle d’armée complète, sa place dans le concert des Nations que nous pouvons jouer ce rôle. Et je le dis ici avec beaucoup de clarté : nous sommes une Nation européenne, fière de l’être, bâtissant en Europe notre ambition et nous nous sommes les vassaux de personne ! Nous poursuivrons donc une politique et une diplomatie indépendantes, assumant de parler à tout le monde, tout le temps. Oui, je l’assume, le rôle de la France est de ne pas céder aux grands clivages qui paralysent mais de savoir échanger avec chaque région, chaque puissance, de continuer à bâtir des alliances nouvelles de l’Indopacifique aux Proche et Moyen-Orient, de continuer à agir pour inventer des solutions pour le Liban tant aimé, l’Arménie si proche, de continuer à œuvrer pour bâtir ce nouvel ordre international multilatéral qui dans les années qui viennent devra être repensé.

Puissance et indépendance. Puissance de savoir et de sciences aussi. Nous ne cesserons pas de défendre la science ouverte. Nous investirons dans notre recherche fondamentale comme dans notre recherche appliquée en modernisant nos universités, nos organismes de recherche.

Allons-y, nous y sommes prêts, nous le ferons.

Puissance agricole car nous ne pouvons pas non plus dépendre des autres pour nous nourrir et nos agriculteurs, nos agriculteurs qui nous ont nourri durant la pandémie et vous pouvez les applaudir.

Allons-y, nous y sommes prêts, nous le ferons !

Puissance agricole car nous ne pouvons pas non plus dépendre des autres pour nous nourrir et nos agriculteurs, nos agriculteurs qui nous ont nourri durant la pandémie et vous pouvez les applaudir…. Nos agriculteurs continueront d’être là pour assurer la puissance agricole française, relever les nouveaux défis et nous serons à leurs côtés pour continuer d’investir et les accompagner dans cette troisième révolution agricole, conciliant environnement et production. Puissance d’innovation et puissance industrielle, car il n’y a aucune fatalité : nous avons en quelques années, fait de la France la grande Nation européenne des start-up ! Nous avons recréé des emplois industriels dans notre pays, relocaliser des productions industrielles ; alors nous pouvons dans notre pays, dans les prochaines années, faire que les calculateurs quantiques, les objets connectés, les champions de santé numérique, les véhicules électriques, les champions de l’intelligence artificielle, du cyber, les avions zéro carbone, les bio-médicaments, les petits réacteurs nucléaires, les éoliennes, les panneaux solaires, que tout cela puisse être Français et Européen !

Pour tout cela, nous continuerons de baisser les impôts et d’investir car c’est la clef pour créer de l’activité et être cette puissance productive et industrielle et indépendante que nous voulons. Puissance écologique : oui, en rénovant 700.000 logements par an sur le quinquennat qui vient, en proposant à chaque Français, à chaque Française une offre de location de voiture électrique à moins de 100 euros, en investissant sur la sobriété énergétique, en relançant la construction de réacteurs nucléaires pour notre indépendance, en planifiant le déploiement de sources d’énergies renouvelables sur les vingt années qui viennent pour notre indépendance et émettre moins ! Oui, nous deviendrons la première grande Nation à sortir des énergies fossiles. Nous le pouvons ! Nous le ferons ! En accompagnant les grandes transitions d’usage vers les produits recyclés et réutilisés, en protégeant nos écosystèmes sur terre comme en mer, nous pourrons devenir une puissance de l’économie circulaire et de la biodiversité.

Puissance culturelle, oui aussi, surtout ! Que de grandes multinationales puissent imposer leurs règles, parfois bafouent les droits d’auteur, remettent en cause la création française, une certaine manière de penser le monde, nous ne l’accepterons jamais ! Alors oui, nous porterons ce combat pour l’exception culturelle, ce combat qui est le nôtre ! Oui, nous continuerons le combat pour les droits d’auteur et les droits voisins ; le combat qui fut cette intuition génial de Beaumarchais, cette conviction de Genevoix puis de Malraux, nous l’avons défendue, menée, renforcée en Européens là aussi ! Oui, continuer de faire de la France une puissance de culture, c’est défendre nos auteurs, notre création ; c’est permettre de bâtir un métavers français, européen qui ne dépende pas des normes, des codes imposés par d’autres, mais c’est permettre de continuer de créer, d’avoir notre imaginaire, de continuer de porter notre singularité et une certaine idée de l’homme.

Oui mes amis, c’est ainsi, par la France, par cette puissance, que nous pourrons être ce que nous avons toujours été et notre vocation : une puissance de rêve ! Alors mes amis, ne vous trompez pas : faire tout cela, bâtir une France indépendante dans une Europe puissante n’a rien d’une évidence. Nul ne nous attend ; ni les empires qui veulent revenir, ni les grands groupes privés qui voudraient diriger à la place des Nations. Ensuite, parce que bâtir la puissance, construire l’indépendance, supposent que nous retrouvions collectivement le goût du courage. Oui, le goût du courage ! Effort immense tant le matérialisme est devenu l’idéologie dominante, la course effrénée au confort, le rythme comme naturel de nos sociétés contemporaines ; effort crucial pourtant si nous voulons affronter l’époque : il nous faut renouer avec cette part de devoir, cette part d’effort, cette force d’âme qu’emporte la citoyenne française.

Il nous faut renouer avec une forme de spiritualité française ; voilà pourquoi je tiens tant depuis cinq ans à célébrer nos héros passés et récents parce que leur exemple doit nous guider en particulier dans le moment historique que nous vivons.

Notre France. Notre France a le visage de Maurice Genevoix et de ceux de 14 partis dans les tranchées comme le firent nos arrière-grands-parents. Notre France. Notre France a le visage de Daniel CORDIER, Hubert GERMAIN, derniers compagnons de la Libération, qui à 17 ans – 17 ans ! – ont tout quitté pour rejoindre le Général de GAULLE, gagner Londres et défendre la France libre. Notre France a le visage de Joséphine BAKER qui renonça au confort de la vie de vedette pour entrer en Résistance et défier la mort pour des valeurs plus grandes que soi ! Notre France a le visage de Simone VEIL qui réchappa des camps d’Auschwitz et trouva malgré tout en elle la force de faire avancer la cause des femmes et consacrer sa vie à la défense de l’idéal européen !

Notre France a le visage d’Arnaud BELTRAME, victime de l’hydre islamiste à Trèbes, qui se sacrifia pour sauver ses compatriotes. Notre France a le visage de Cédric de PIERREPONT et Alain BERTONCELLO, envoyés au combat pour sauver des otages et dont la bravoure dans le sacrifice honora le destin du soldat.

Et s’il nous faut nous inspirer du courage de tous ces héros mes amis, alors nous le ferons. Nous le ferons pour nous-mêmes et nous le ferons pour le monde car la France n’est pas n’importe quelle nation. Regardez, regardez tous ceux qui aspirent à vivre libres, tous les opprimés. Pour eux, la France est une espérance car, oui, la France c’est le peuple de Patay, du nom de cette bataille de 1429 où à quelques milliers des cavaliers mirent fin à des décennies d’occupation ennemie. La France c’est le peuple de 1789 qui proclama un jour d’août la fin des privilèges pour lui-même et pour l’humanité entière. La France, c’est le peuple des Glières, de ces 465 résistants qui ont défendu la liberté sur les cimes enneigées des Alpes seuls contre tous.

Oui, nous sommes cette lueur d’espoir. Nous sommes cette lueur d’espoir qui ne faiblit jamais, même lorsque tout semble perdu. Ce pays qui même dans les temps les plus troubles ne cède jamais rien de son idéal. C’est cela à la fin, la France, la flamme de la résistance, la force de l’espérance, une singularité qui inspire, une générosité qui emporte. La France, au fond, ce sont des moments de bravoure et quelques mots d’amour.

(Diffusion d’une vidéo)

Alors mes amis enfin, pour bâtir tout cela et relever nos défis, il nous faudra savoir bâtir notre unité. Combat difficile tant les forces de division sont nombreuses qui opposent les Français les uns aux autres, ceux qui sont nés en France et les autres, les plus modestes aux plus riches, les urbains aux ruraux, les musulmans pour lesquels le ramadan commence en ce jour aux autres croyants. Et combat nécessaire si nous ne voulons pas diluer notre force dans nos divisions.

Depuis 2017, nous n’avons cessé d’agir pour une France unie et cette tâche est comme sans fin mais je l’assume. Je me suis souvent demandé, au fond, ce qu’était dans notre pays au plus profond de lui-même être présidé. Ce que ça signifiait. Depuis tout à l’heure je défends tant de projets, tant de progrès que je pourrais et tant de batailles que je pourrais vous dire chacune d’entre elles. C’est d’essayer d’œuvrer je crois profondément pour qu’à chaque instant tous nos compatriotes se souviennent pourquoi ils vivent ensemble et se sont unis. C’est cela, s’il n’y avait qu’une fonction. Alors notre unité, nous la bâtirons en mobilisant nos forces à travers les crises. Nous l’avons vécu, les crises réunissent et je veux que nous puissions dans la durée tenir cette unité.

C’est pourquoi je veux pour les cinq ans qui viennent un grand plan de mobilisation citoyenne et civique qui permettra de mobiliser beaucoup plus, de service civique, les réserves citoyennes et de recenser les compétences de chacun, d’enregistrer les capacités de nos entreprises, les stocks stratégiques. Cette unité, c’est la lutte contre les discriminations que nous allons amplifier car la France unie c’est celle qui se regarde en face dans sa pluralité. La France unie, c’est celle qui sait que renoncer à lutter contre les discriminations serait retrancher une part d’elle-même.

Notre unité, c’est aussi le travail de reconnaissance, d’histoire, pour toutes les mémoires et les souffrances de notre passé comme nous l’avons fait patiemment ensemble. Pour toutes les mémoires de la guerre d’Algérie comme du génocide rwandais. Notre unité, c’est notre patrimoine culturel et naturel pour lesquels nous ne cesserons d’investir pour préserver et restaurer. Notre unité, c’est de continuer à nous voir tels que nous sommes, ce pays monde dont les contours disent la vocation universelle, cet archipel unique qui s’étend sur tous les continents grâce à nos Outre-mer. Nos Outre-mer grâce auxquelles nous sommes un trésor de biodiversité et la deuxième puissance maritime mondiale. Et je ne peux pas ici avoir une pensée fraternelle pour tous nos compatriotes de Nouvelle-Calédonie qui après trois référendums ont choisi la France.

Notre unité c’est notre langue, langue de liberté, langue de l’universel, langue rayonnante aux quatre coins du monde pour laquelle nous avons bâti cette cité internationale de la langue française et de la francophonie là où tout a commencé à Villers-Cotterêts. Pour en faire un lieu d’hospitalité et de transmission de création de notre francophonie. Oui, face à tous ces défis l’unité de la France est essentielle. Une unité forte de nos différences, de nos singularités, assumant notre histoire à travers tous les continents et embrassant toutes nos diasporas car la France est un bloc fait de tant et tant d’affluents, c’est un bloc fait de tant et tant de différences mais qui aspire à l’universel et défend l’universel. La France, c’est un bloc et on ne trie pas, on ne choisit pas. On l’aime tout entière ! On la prend comme elle est !

Notre France c’est notre langue, notre culture, notre Etat, notre volonté commune et c’est cette unité que je veux pour nous dans les cinq ans qui viennent pour agir, pour bâtir, pour rassembler et mener tous les projets dont je viens de vous parler, ceux-là. Alors, il nous faudra une méthode nouvelle, je l’ai esquissée à la cavalcade en présentant chacun des grands chantiers, cette méthode nouvelle, j’y crois profondément et je pense qu’elle correspond à l’aspiration de tous nos compatriotes. Nous l’avons vécu au moment de la crise des Gilets jaunes, lorsque nous avons ensemble innové, du grand débat, aux conventions citoyennes, aux grandes réformes ; il y a une volonté d’être associé, de participer, d’agir, je l’ai senti chez nos maires, nos élus locaux qui ne veulent plus que les instructions tombent de Paris, qui considèrent que la bureaucratie, c’est quand la norme est toujours la même, trop compliquée, ne laissant pas place aux différences.

Associer, c’est reconnaître le rôle de toutes les parties prenantes, des associations, des bénévoles qui jouent un rôle si fondamental dans notre pays et c’est faire que celles et ceux qui agissent puissent aussi décider et faire pour eux- mêmes. Et ces grands chantiers de l’école ou de la santé que j’évoquais tout à l’heure, ce sont aussi des méthodes radicalement de faire différentes. Oui, ce que je veux que nous puissions bâtir, c’est au fond en quelques mois de définir les grands axes, les objectifs et les moyens que nous mettrons et de donner la liberté sur le terrain d’apporter les réponses, de le faire autour des élus qui savent le faire dès qu’il y a une crise, nous l’avons vu, au moment des inondations, des incendies, que se passe-t-il ? On n’attend pas la circulaire qui descend pour agir, nos pompiers, nos forces de sécurité intérieure, nos militaires sont à l’action, formidables ! Nos élus réagissent, avec eux leurs équipes mais nous savons faire sans contraintes parce que l’intelligence collective est là qui réagit, invente. Cette méthode, c’est celle que nous devons ensemble collectivement inventer. C’est pourquoi, vous l’avez compris, « avec vous », n’est pas simplement un slogan, c’est une méthode profonde exigeante à laquelle je me livrerai et comme vous le constatez, pour ceux qui en doutaient, l’énergie est encore là et à laquelle le gouvernement, les administrations se livreront. C’est une réforme de l’Etat profonde, inédite à laquelle je crois profondément, elle ne passe pas par des textes compliqués, par des grandes lois, par des grands décrets. C’est une méthode de réforme, de culture radicale ; je crois que c’est celle à laquelle notre pays aspire !

Nous le ferons, et associer cette méthode, c’est aussi celle que je veux dans le champ politique. Nos élus, nos parlementaires et membres du gouvernement qui sont là, toutes les formations politiques et les bénévoles le savent, c’est l’histoire qui est la nôtre, ce à quoi je crois pour notre pays. D’abord, nous avons créé une formation politique nouvelle, elle ne venait pas de nulle part, elle était la convergence de tant et tant de volontés. Les uns venaient de gauche, du centre, de la droite, de l’écologie politique, de la société civile. Certains avaient eu plusieurs mandats, d’autres n’en avaient jamais eu. Le centre politique nous a ensuite rejoint, puis des personnalités politiques, nos gouvernements se sont nourris de talents venant de tous horizons et les deux Premiers ministres ici présents, cher Edouard, cher Jean, les deux Premiers ministres, je le dis parce que souvent les médias l’oublient aucun d’eux n’était à mes côtés il y a cinq ans. Et c’est une réalité et beaucoup de ministres n’ont plus mais nous l’avons fait, nous avons agi, dépassé, et ils ont mis et les jours et les nuits en œuvre un projet qui était porté par d’autres mais il y a cinq ans, ils l’ont rejoint, porté avec conviction et nous avons continué de dépasser et je sais combien, cher Richard, cher François, cher Stanislas, cher Christophe vous tant d’autres soldats de la première heure, vous avez considéré que ce dépassement était important et qu’il nous fallait poursuivre, eh bien, nous allons continuer de le faire. Et le dépassement politique n’est pas l’effacement des différences, il se nourrit en profondeur des inspirations de chacune et chacun. Je cite ces grands auteurs, je suis inspiré. Le dépassement politique, c’est l’union pour notre pays au-delà des cultures, des héritages, des différences, de certains désaccords pour faire ensemble. Cela, nous le continuerons. C’est pourquoi j’appelle toutes celles et ceux aujourd’hui de la social-démocratie au gaullisme en passant par les écologistes, ils ne nous ont pas encore rejoints, à le faire car depuis le début, nous n’avons qu’un parti, c’est notre pays, notre volonté d’agir, de porter nos valeurs.

Mais associer, ce sera aussi, dans la méthode, entendre davantage la minorité, permettre que la minorité comprenne davantage la majorité, que la majorité prenne en compte les voix de la minorité. C’est infiniment difficile et j’ai sans doute parfois échoué mais ce combat, nous devons à chaque fois l’entreprendre car une société ne peut pas avancer unie et avancer au fond si nous ne sommes pas nous tous les dépositaires de ce respect, de cette bienveillance, de cette volonté, même comme majoritaires, de travailler, d’œuvrer avec les minoritaires mais de continuer à avancer et de convaincre les minoritaires qu’un chemin existe. C’est aussi pourquoi je veux de manière transpartisane que nous puissions conduire ensemble dans les cinq ans qui viennent une réforme institutionnelle qui s’impose, laquelle donnera justement une plus grande place à toutes les sensibilités politiques, à tous les courants philosophiques dans notre assemblée. Je sais, cher François, que c’est le combat d’une vie et donc je ne l’abandonnerai pas ! Je veux un Parlement plus représentatif, des pouvoirs mieux équilibrés, une souveraineté populaire mieux reconnue et jamais limitée par des organes d’experts ; c’est essentiel. Je veux un exécutif qui puisse trancher et décider, c’est une force de la Ve, elle est indispensable et je sais que nous sommes quelques-uns à y tenir aujourd’hui ici aussi. Au fond, je crois à l’ « en même temps », du jacobinisme et du girondisme, à l’ « en même temps » des fidélités gaullistes et béarnaises. On doit pouvoir y arriver. Mais tout cela, c’est pour unir, nous permettre d’agir, de faire et du décider en crise. Alors, mes amis, toutes ces promesses, ces progrès pour chacun, cette Nation de l’engagement, cette unité française, cette Europe forte, tout ce que je viens de vous décrire, n’est pourtant pas une certitude. Vous pensez que ce que je dis là est impossible ? Pourtant, cela peut advenir. Ne croyez pas les sondages ou les commentateurs qui seraient formels qui vous disent que ce serait impossible, impensable, que l’élection est déjà jouée, que tout va bien se passer. Regardez-nous, regardez-vous, il y a cinq ans, on le disait impossible ! Regardez du Brexit à tant d’élections ce qui paraissait improbable et a pu advenir. Alors, je vous le dis avec beaucoup de force ce soir : rien n’est impossible mais je ne veux ni l’arrogance ni le défaitisme. Je veux la mobilisation générale, la volonté et l’action !

Je n’écoute ni ceux qui ont déjà gagné ni les Cassandre ; non, mais il nous faut ensemble relever le défi du combat. Le pire, mes amis, est d’avoir une âme habituée, disait PEGUY. Or, nous nous sommes habitués, le danger extrémiste aujourd’hui est d’autant plus grand que depuis plusieurs mois, plusieurs années, la haine, les vérités alternatives se sont banalisées dans le débat public. Nous nous sommes habitués, nous nous sommes habitués à voir défiler sur certains plateaux de télévision des auteurs antisémites, d’autres racistes, maniant à longueur de journée …(face aux sifflements). Non, pas davantage, ne les sifflez pas, ne les sifflez pas , combattez-les par les idées avec respect !

Mais nous nous sommes habitués à leurs contre-vérités crasses, leurs théories nauséabondes ! Nous nous sommes habitués à voir des responsables politiques raconter n’importe quoi sur le Covid, tenir les pires discours complotistes sur le vaccin, au risque de mettre la vie de nos compatriotes en danger ! Le lendemain, ils sont réinvités ! Ils peuvent un matin sortir de l’euro, le soir revenir dans l’Europe, personne jamais ne relève leur incohérence !

Leur programme pourtant ruinerait les petits épargnants, effondrerait leur pouvoir d’achat, amènerait à la faillite la retraite ; mais nul ne s’en émeut. Nous nous sommes habitués, oui, à laisser des candidats se dire patriotes tout en faisant financer leur projet et leur parti par l’étranger !

Nous nous sommes habitués à ce que d’autres qui se réclament de Jaurès ou de Clémenceau, cessent de défendre la laïcité et bercent dans le communautarisme encourageant complaisamment les mouvements indigénistes et profondément anti-républicains !

Nous nous sommes habitués à ce que l’extrême droite se réclame de Charles de GAULLE alors que tout dans son histoire, son parcours, l’éloigne du gaullisme ; alors qu’elle est précisément, l’extrême-droite, l’héritière de ce qu’a combattu le Général !

Pendant tant d’années, une pensée molle, celle du politiquement correct, a cru qu’on pouvait combattre l’extrême droite en faisant des leçons de morale à ses électeurs ; ça ne marche pas. Je n’ai d’ailleurs jamais été partisan du politiquement correct. Mais désormais, au prétexte d’y échapper, ils voudraient – parfois les mêmes – nous faire croire que les contre-vérités, que les idées les plus choquantes, que les discours au fond légitimes le seraient parce qu’ils sont alternatifs, atroces… .Eh bien non ! Non au politiquement correct mais non au politiquement abject !

Oui à un débat républicain éclairé où les arguments s’échangent, où les nuances sont permises, où la dialectique permet de bâtir le bien commun ; oui à ce qui est précisément une politique exigeante ; oui à cette exigence qui consiste à respecter tous nos compatriotes, quoi qu’ils pensent, quoi qu’ils votent mais aller les chercher ! Aller les convaincre !

Mes amis, vous l’avez compris ! La mobilisation, c’est maintenant ! Le combat, c’est maintenant ! C’est le combat du progrès contre le repli ! Le combat du patriotisme et de l’Europe contre les nationalistes !

Les choix d’avril sont simples au fond : vous voulez une France de la parité, de l’écologie, du progrès ? Alors aidez-nous ! Rejoignez-nous ! Vous voulez une France puissance éducative, culturelle et sportive ? Alors aidez-nous ! Rejoignez-nous ! Vous voulez une France puissance indépendante, agricole, industrielle, technologique, énergétique ? Alors aidez-nous ! Rejoignez-nous ! Vous voulez une France numérique, du travail ? Alors aidez-nous ! Rejoignez- nous ! Vous voulez une France qui protège, qui assure la sécurité, nos valeurs ? Alors aidez-nous ! Rejoignez-nous ! Vous voulez une France plus forte, plus juste, dans une Europe nouvelle ? Alors aidez-nous ! Rejoignez-nous !

Les 10 et 24 avril, la France a rendez-vous avec son histoire, ses valeurs, son destin ! Les 10 et 24 avril, faisons ensemble le choix de l’espérance ! Les 10 et 24 avril, faisons ensemble le choix d’une nouvelle époque pour la France et pour l’Europe !

Vive la République ! Et vive la France !

Emmnanuel Macron, le samedi 2 avril 2022 à Paris La Défense.

Source : site du candidat AvecVous.
https://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20220402-meeting-macron.html


 

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