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16 avril 2022 6 16 /04 /avril /2022 17:19

(verbatim et vidéo)



Pour en savoir plus :
https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20220416-macron.html






Discours du candidat Emmanuel Macron le 16 avril 2022 au Pharo à Marseille


Merci mes amis. Merci d’être là à Marseille. Je sais que évidemment les Marseillaises et les Marseillais sont là, mais de Nice à Toulon jusqu’à Briançon, des quatre coins de cette belle région, vous êtes venus aujourd’hui pour être là et merci. De la montagne à la mer, des quartiers, de la métropole aux villages, vous êtes là. Nous sommes là, bien décidés, bien décidés dans une semaine à l’emporter !

Alors Marseille, vous l’avez montré, c’est cette magnifique ville de Méditerranée et d’Europe, de force et de générosité. Marseille, ville de jeunesse qui s’est faite à travers le temps par tant et tant de destins mêlés, et je connais ici les vies d’Italiens, d’Espagnols, d’Arméniens, de Maghrébins, de tant et tant venant d’Afrique, des Français revenant d’Algérie et restant ici auprès de la Méditerranée chérie. C’est ça Marseille. C’est la fraternité au coeur de la République. C’est un laboratoire de la République et c’est pourquoi, comme je le rappelais à l’instant, c’est ici que nous avons voulu bâtir avec ‘Marseille en grand’ le début d’une nouvelle méthode. Marseille et nous, nous tous, ensemble pour faire et agir.

Alors si je suis ici devant vous, c’est parce qu’il y a quelques jours, nos compatriotes ont placé le projet que nous défendons en tête du premier tour. Et ce projet est d’abord un projet de force pour notre pays, un projet pour créer, produire, bâtir cette France de 2030, en faire une puissance créative, agricole, industrielle, technologique. Nous permettre tous ensemble de créer davantage d’emplois, de trouver davantage de solutions, de faire qu’en France on ne sombre pas dans la peur du lendemain mais qu’on y construise des solutions pour demain. Cette France de nos enfants, c’est cela le projet que nous portons.

C’est un projet de simplification pour que tant d’initiatives portées à travers le territoire, que nos maires, nos élus ici présents, que tant d’entrepreneurs, d’acteurs associatifs portent et qu’ils voudraient conduire plus vite. C’est un projet pour une France plus belle, plus forte, dans une Europe unie comme elle a su l’être face à la pandémie, comme elle sait l’être et elle saura l’être face à la guerre qui revient en Ukraine. C’est un projet pour l’égalité des chances par l’école, par la culture, par le sport. C’est un projet qui croit dans l’humain et qui veut permettre à chacune et chacun d’exprimer la voie, son propre chemin.

Et je salue ici la présence de plusieurs d’entre vous qui portez cette ambition. L’école, celle que nous avons commencé ici à refonder avec ‘Marseille en grand’, celle que nous voulons rebâtir par une méthode nouvelle. La culture, vous êtes tant à vous battre de Toulon à La Criée, de Ramatuelle à Avignon contre les idées de l’extrême, contre l’extrême-droite par l’ouverture, par l’intelligence, par le beau. Le sport qui permet à chacun de construire sa dignité, sa force, son projet dans cette ville qui a connu le toit de l’Europe un jour de mai 93 et qui  a encore montré qu’ici on sait faire des reprises de volée. Merci Dimitri !

Marseille qui sera l’une des grandes villes de ces Jeux olympiques de 2024. Le sport qui sera aussi par notre ambition le moyen de permettre à chaque jeune de bâtir dans la République sa place. Notre projet, c’est aussi un projet pour la santé, un projet pour tant et tant d’ambitions qui, de manière concrète, veut rebâtir cette égalité des chances sur le terrain parce qu’il n’y a aucune fatalité. C’est un projet pour nos quartiers pour lesquels nous nous sommes battus ces dernières années ensemble et pour lesquels nous continuerons de nous battre. Projet pour nos quartiers, projet pour nos ruralités, projet pour tous les territoires parce que, oui, il n’y a qu’un projet qui permet de réconcilier au lieu de diviser.

Celui qui investit dans l’humain, celui qui permet à des projets de naître, de bâtir, de construire la République de demain. Celui qui permet de conjurer la fatalité pour permettre à chacune et chacun de vivre. Celui qui redonne à chaque enfant de la République sa dignité, sa place. Sa place ! Et d’où qu’on vienne et quel que soit le quartier derrière moi, là où il y a encore aujourd’hui tant de séparations, tant de barrières. Notre ambition depuis 5 ans, mais elle doit redoubler dans les années qui viennent, doit être de casser les murs qui isolent, d’ouvrir les routes qui donnent des perspectives, de bâtir une école qui permet de libérer, d’ouvrir l’accès à la culture qui permet de vivre. C’est cela notre destin car nous sommes pays d’ouverture.

Nous sommes faits de millénaires – de millénaires – de migrations, de mouvements d’intégration. Nous avons bâti une civilisation, une culture, une ouverture au monde, une exigence et une volonté de toujours porter cette voix unique à l’égard du reste du monde. Cette fierté française c’est cela. Ça n’est pas le grand rabougrissement, ça n’est pas la grande division, ça n’est pas la grande séparation qui consisterait à dire à des enfants nés sur notre sol, élevés dans notre République qu’ils n’y ont plus leur place et qu’ils n’y ont plus leurs droits. Jamais !

Par contre mes amis, si ce projet, notre projet a été placé en tête le 10 avril, comme vous je regarde notre pays, lucide. Je regarde ses divisions, ses fractures. Je vois les extrêmes, je vois les abstentions et nous ne pouvons pas de crier victoire. Alors… (cris dans la foule) Je suis là et je continuerai de l’être, croyez-moi ! Mais les extrêmes se nourrissent de quoi ? Les abstentionnistes se nourrissent de quoi ? Des peurs, des doutes, parfois de nos échecs aussi. Je suis lucide. Du fait que nous avons parfois promis et que la vie n’a pas changé assez vite. Alors je suis devant vous avec encore plus d’énergie qu’il y a 5 ans. Avec encore plus d’envie de faire mais en sachant fermement que chaque minute que nous perdrons, c’est une minute que nous leur donnerons.

Alors oui, nous ne devons pas simplement gagner le 24 avril, nous devons redoubler d’énergie pour faire, réussir. Redoubler d’énergie pour réussir là où parfois nous avons échoué, là où nous avons été trop lentement, là où nous avons tâtonné mais en étant lucide. Alors cette ambition, cette ambition que je veux porter avec vous, ce n’est pas – je vais vous le dire en tout sincérité – comme vous le criez parfois avec un enthousiasme qui me touche, je vais vous avouer quelque chose : je n’ai aucune envie de faire 5 ans de plus. Non, je ne veux pas les faire en plus : je veux complètement refonder, je veux que ce soient 5 années de renouvellement complet. Ce qui se joue le 24 avril, ce qui se jouera derrière ne doit pas être une reconduction, une continuation, mais bien une réinvention, une nouvelle ambition.

Et les ruptures que nous avons su incarner, les ruptures que nous avons su faire il y a 5 ans et durant ces années, nous devons les continuer. Nous ne sommes pas le camp du système, jamais. Nous devons encore inventer, nous battre, refonder et bâtir l’ambition qui permettra de répondre à toutes ces colères, à ces peurs, à ces voix qui se taisent. C’est cela l’ambition que je nourris avec vous. Et si nous voulons aller au bout d’un projet d’innovation, d’indépendance, de prospérité, d’inclusion, d’égalité entre les femmes et les hommes, d’écologie – et je vais y revenir – nous devons en profondeur encore et encore savoir marquer des ruptures, des ambitions nouvelles, revenir là où nous avons échoué pour recommencer et réinventer. Cela doit être cela, notre ambition.

Et avec une ambition aussi de méthodes complètement nouvelles. Le Avec vous n’est pas simplement un slogan à mes yeux. Ce que nous avons commencé ici à Marseille, c’est aussi cette volonté de dire à nos compatriotes que nous avons entendu leur voix. Elle n’est pas simplement de s’exprimer lors d’élections ou de demander des élections pour ne pas y aller. C’est aussi de leur dire que manifester dès le lendemain contre les résultats d’une élection démocratique ne mène à rien. Mais c’est réinventer ensemble l’action en démocratie. C’est de considérer que chacune et chacun veut faire, que pour réinventer notre école, il faut la bâtir avec toutes les parties prenantes : élus, parents, enseignants, élèves. Que pour rebâtir notre santé, il faut la réinventer avec toutes les parties prenantes : médecins, soignants, élus, patients. Ce changement de méthode profond, c’est celui que nous adopterons dans les 5 ans qui viennent si les Françaises et les Français nous accordent leur confiance.

Alors ici à Marseille, j’aurais pu vous parler du danger que représente l’extrême-droite pour notre pays. Vous le connaissez ce danger. De Marseille à Toulon jusqu’au fin fond de la région, à plusieurs reprises vous êtes nombreux à vous être battus contre les extrêmes, et à chaque fois à avoir gagné. Alors j’aurais pu vous parler des risques que l’extrême-droite fait peser sur nos libertés. Sur la liberté de la presse lorsqu’elle prétend décider qui est journaliste et qui ne l’est pas. Sur la liberté… Ne sifflez pas l’extrême-droite, ne sifflez pas l’extrême-droite. Battez-la le 24 avril !

J’aurais pu vous parler des coups que l’extrême-droite entend porter à l’égalité. À l’égalité entre les femmes et les hommes lorsqu’elle évoque l’avortement de confort. L’égalité entre les plus riches et les plus pauvres lorsqu’elle propose aux plus riches, aux rentiers lorsqu’ils ont moins de 30 ans de des exonérer totalement d’impôt. Ceux que j’entendais tout à l’heure me dire : on est là – je suis là aussi, je vous rassure – devraient plutôt aller manifester contre ce projet. Choisissez vos ennemis, ne confondez pas tout.

J’aurais pu à Marseille vous parler de la rupture que l’extrême-droite prépare avec la fraternité républicaine lorsqu’elle veut mettre en cause le droit d’asile ou organiser un référendum pour rétablir la peine de mort. Battez-les le 24 avril. De la rupture qu’elle prépare avec notre laïcité lorsqu’elle veut stigmatiser des millions de Français, interdire le port du voile ou la nourriture casher ou halal. Alors battez-les ! J’aurais pu ici vous parler du projet de sortie de l’Europe que l’extrême-droite défend lorsqu’elle propose le divorce entre l’Allemagne et la France, la sortie du Conseil de l’Europe, une alliance militaire avec la Russie et pas un mot – pas un mot pour le continent africain de l’autre côté de cette mer. Alors battez-les le 24 avril !

J’aurais pu aussi vous parler du rapport quelque peu distant que madame LE PEN comme monsieur ZEMMOUR entretiennent avec la science, eux qui auraient voulu vous administrer de la chloroquine et du vaccin russe. Ne sifflez pas, ça n’est pas devenu et, je vous rassure, ça n’adviendra pas. Parce que le 24 avril, nous vaincrons. J’aurais pu vous parler de tout cela, de bien d’autres choses encore, mais ici à Marseille je suis venu vous parler très directement. Ici, je suis venu avec vous pour aller droit au but. Et aller droit au but, c’est vous dire que nous avons entendu deux messages.

Le premier, c’est celui qu’une bonne partie de nos compatriotes, et je sais que vous le portez aussi, nous ont fait entendre le 10 avril dernier dans les urnes. Un message fort pour mettre l’environnement au coeur de notre campagne et des années à venir pour la France. Le deuxième message que nous avons entendu, c’est celui des plus grands scientifiques du monde entier il y a deux semaines, une fois encore mais plus grave encore. Le GIEC, le Groupement international d’experts pour le climat. a remis un rapport qui nous donne trois ans, trois ans pour tenir les objectifs des accords de Paris contre le réchauffement climatique et léguer à nos enfants une planète vivable.

Et donc oui, c’est à nous d’agir et c’est à nous de faire, et ce message écologique du premier tour de l’élection présidentielle française, ce message, une fois encore, des plus grands scientifiques, ce message que notre jeunesse, depuis plusieurs mois, prône, porte, de marche en marche et de mobilisation en mobilisation, nous devons aujourdh’ui savoir lui donner une perspective nouvelle pour le 24 avril et pour les années qui viennent.

Alors nous savons, nous ici, les conséquences du dérèglement climatique, dans les vallées de la Tinée, de la Vésubie, de la Roya, cher Christian, cher Frédéric, cher Renaud, nous l’avons vu, nous l’avons vécu, dans nos Outre-mer des sargasses aux ouragans, nous en connaissons les conséquences, des gels qui touchent nos agriculteurs, encore cette année, nous en savons tous les méfaits, et donc oui, ce dérèglement climatique nous touche nous tous aujourdh’ui déjà. Nous n’avons plus à attendre et nous ne pouvons plus attendre, nous le savons. Alors, nous n’avons pas rien fait durant ces cinq années, comme parfois j’entends certains le résumer avec caricature, c’est sûr, je vous le confesse, c’est toujours plus difficile, de promettre, d’engager, de relancer lorsqu’on a cinq ans de responsabilité, mais simplement, en quelques mots, ici dire ce que nous avons fait toujours ensemble, les gouvernements successifs, les élus de terrain, l’ensemble des institutions, les entreprises, les associations, les agriculteurs, les citoyens, parce que pendant cinq ans nous avons fait. Pendant cinq ans qui viennent de s’écouler, nous nous sommes battus, et d’abord nous avons pris des décisions qui avaient été tant de fois reportées, pour lesquelles certains qui aujourdh’ui nous combattent sans esprit de distinction, en voulant confondre l’extrême droite avec nous-mêmes, ils oublient, ils oublient ce que nous avons fait. Notre-dame-des-landes, contre lequel ils se sont tant battus, le projet EuropaCity, au nord de Paris, la Montagne d’or en Guyane, le Terminal 4 de l’aéroport de Roissy, tous ces projets, qui les a arrêtés parce qu’ils n’étaient pas écologiques, parce que c’était du gigantisme qui ne correspondait plus à un modèle viable ? C’est nous, pas eux. Et pour prendre ces décisions il fallait simplement, pas simplement manifester, protester, contre celles et ceux qui sont aux responsabilités, mais il fallait en responsabilité aller voir des élus, les salariés, les citoyens, et leur dire « pour le bien de l’environnement nous ne le ferons pas », j’ai rarement vu les militants, les plus férus ces jours-là, être à nos côtés, mais nous l’avons fait.

Nous avons été parmi les premières nations à fermer nos centrales à charbon, à mettre fin aux permis d’hydrocarbures, nous avons décidé la fin de l’exploitation hydrocarbure à 2040, mais quand il a fallu aller expliquer, dans nos eaux, sur notre sol, en Guyane, qu’on ne ferait pas de nouveaux projets là où il y avait des potentialités pour faire, il a fallu expliquer là aussi à des élus, à des citoyens, à des entreprises, « nous allons vous compenser, mais nous ne ferons pas pour l’écologie », nous l’avons fait. Nous avons accompagnés 1 million de françaises et de Français pour changer leur vieille voiture et prendre une hybride, une électrique, ou un modèle de dernière génération, 1 million de Françaises et de Français pour rénover leur logement et réduire leur facture de chauffage, nous avons ensemble, avec les élus, construit 13.000 kilomètres de pistes cyclables, réinventer des lignes ferroviaires qui étaient en train de fermer, réouvert des lignes de chemin de fer de nuit qui permettent d’éviter le transport en avion., cher Joël, 9000 kilomètres de petites lignes, c’est-à-dire des transports doux, écologiques. Nous avons, avec nos agriculteurs, commencé à transformer notre agriculture, nous avons doublé les surfaces d’agriculture biologique et nous sommes aujourdh’ui, nous Français, le premier pays d’Europe en surfaces bio, le premier. Oui, Monsieur le ministre. Nous avons multiplié par 20 les surfaces en haute qualité environnementale, nous nous sommes engagés à diviser par deux le rythme de l’artificialisation des sols, et pour cela donné les moyens à nos maires, aux départements et aux régions, d’investir pour justement reconvertir leurs friches industrielles, agricoles, ou d’emprise publique. Nous avons créé dans notre droit, grâce à la Convention citoyenne sur le climat, un délit d’écocide pour ceux qui intentionnellement se rendent coupables de graves atteintes à l’environnement. Et je pourrais citer des aires protégées, à tant d’autres combats, tout ce que nous avons durant ces cinq dernières années conduit sur ce sujet, mais la bataille, nous l’avons aussi menée à l’international. Rappelez-vous, quand en juin 2017 les Etats-Unis d’Amérique ont décidé de quitter les accords de Paris, ces accords, tout le monde nous le disait, étaient condamnés, on nous disait « c’est fichu, c’est fini », nous nous sommes levés, et là où la France en 2015 avait su, grâce à sa diplomatie, bâtir ces accords, nous avons résisté nous avons convoqué le monde au One Planet Summit le 12 décembre 2017, nous avons gardé, l’Europe, la Chine, les autres Etats du monde ensemble, nous avons réengagé les entreprises, les associations, nous avons permis que la Russie et la Turquie ratifient ces accords, et enfin que les Etats-Unis décident de revenir. Ces accords sont bien là, et nous avons gagné.

Nous nous sommes battus, de One Planet en One Ocean Summit, d’Europe aux Etats-Unis en passant par l’Afrique, pour la biodiversité, et lancé un agenda nouveau pour la lutte contre le réchauffement climatique et pour lancer un véritable agenda européen. Oui, au printemps 2018 nous n’étions que huit Etats membres à nous battre sur ce sujet, nous avons obtenu l’accord de tous au mois de décembre dernier pour construire un accord européen sur le climat et porter la neutralité carbone en 2050, et du monde à l’Elysée nous l’avons fait, car à l’Elysée, plus modestement, mais l’exemplarité sert, nous avons innové en compensant l’empreinte carbone de tous les déplacements, et il y en a parfois pour un président, en construisant une crèche qui est le premier bâtiment public entièrement conçu avec des matériaux biosourcés. Oui, nous nous sommes battus, durant ces cinq années, en prenant des décisions difficiles et en les assumant, mais en actant que la bataille pour le climat n’est pas simplement une question de mobilisation, est encore moins question d’injonction, n’est jamais une question d’opposition de bloc à bloc, mais c’est la clé d’une réussite commune, d’un investissement de la nation, d’un accompagnement de chacune et chacun pour changer les habitudes, c’est cela ce que nous avons fait.

Pour réussir la bataille pour le climat, pas d’injonction, mais du respect et de l’ambition, pas de fausses leçons, mais la clarté dans les objectifs, et de l’investissement. Alors, tous ces efforts ont des résultats, et je les défends, nous avons été deux fois plus vite que durant les deux quinquennats qui précédaient pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Nous avons protégé la biodiversité, davantage, et nous avons diminué de 12 % nos émissions de gaz à effet de serre en cinq ans. Ça c’est pour dire que l’inaction, pas chez moi.

Mais très clairement, ce que le GIEC nous encore dit, c’est que ça ne suffit pas, et si nous voulons respecter les accords de Paris il faut aller deux fois plus vite que ce que nous venons de faire ensemble durant ces cinq années, deux fois plus vite, donc vous savez quoi ? On va le faire.

Alors, j’entends l’anxiété qui existe chez beaucoup de nos jeunes, je suis frappé, dans tant de déplacements, quand je vais au contact, et je pense que vous le vivez comme moi, de voir notre jeunesse, nos adolescents, parfois les enfants, avoir peur de l’avenir de la planète, en parler avec angoisse, me dire « mais quelle vie j’aurai, est-ce que même j’aurai une vie possible ? » Face à ce qu’on appelle cette éco-anxiété nous devons réussir, dans les mois et les années qui viennent, à convertir cette anxiété en ambition et en actions, c’est cela notre défi, parce que de l’autre côté j’entends l’anxiété de Françaises et de Français sincères, qui me disent « mais moi je vois comme un mur devant moi, on me dit qu’il faut tout changer, que je ne pourrai pas continuer mon activité, on essaie de me culpabiliser, de me dire que mon mode de vie, que ce que je fais chaque jour, ce que mes parents faisaient, aux champs ou à l’usine, est mal, parce que je suis dans une industrie qui pollue, ou parce que le modèle qui est le nôtre a fait que j’ai dû utiliser tel ou tel produit », et il y a aussi une anxiété, aussi sincère, de beaucoup de nos compatriotes face à ce qui leur semble comme un changement impossible, trop dur, trop rapide, et cette anxiété c’est celle que l’extrême-droite va chercher lorsqu’elle dit « avec nous » – je cite la candidate d’extrême droite, « plus de terrorisme climatique » dit-elle. Employer un tel terme ! « Avec nous, fini les éoliennes, nous allons les démonter », bon courage, bonne utilisation de l’argent du contribuable. « Avec nous », leur dit-elle, « avec nous » leur dit-elle, « la neutralité carbone 2050 » – d’ailleurs la place-t-elle en 2030, elle qui connaît bien ses chiffres – « fini cette neutralité carbone », même incompétente elle est climatosceptique.

Mais donc, vous le voyez bien, nous ne pouvons pas laisser ces deux anxiété face-à-face, nos plus jeunes et celles et ceux qui sont anxieux, pensant que la planète ne sera plus viable, et l’anxiété de celles et ceux qui craignent un changement trop rapide, nous devons réconcilier tout le pays par un changement de paradigme, par une ambition nouvelle, et ce changement de paradigme n’est pas simplement d’aller un peu plus vite, de continuer ce que nous avons fait, c’est d’aller deux fois plus vite et de transformer la politique, l’économie, les paysages et nos vies, dans la France pour les cinq ans qui viennent, c’est ce changement de paradigme que je veux qu’on nous.

Moi aussi…alors, la politique que je mènerai dans les cinq ans à venir sera donc écologique, ou ne sera pas. Et donc, pour placer l’écologie au cœur du nouveau paradigme politique, comme au 19e siècle, où face aux défis éducatifs Jules FERRY était à la fois président du Conseil et ministre de l’Instruction publique, mon prochain Premier ministre sera directement chargé de la planification écologique, parce que cela concerne tous les domaines, tous les secteurs, toutes les dépenses, tous les équipements, tous les investissements, bref toutes les politiques, ce n’est pas simplement une politique, c’est la politique des politiques, et parce que cela démontre irréfutablement l’importance que nous accorderons à ce combat du siècle.

Le Premier ministre sera pour agir, appuyé par deux ministres forts, le ministre de la Planification énergétique – et je rassure ici chacune et chacun, le ministre étant une fonction il peut s’agir d’une femme ou d’un homme, comme la ministre actuelle le montre – et donc le ministre de la Planification énergétique aura pour mission de faire de la France la première grande nation à sortir du gaz, du pétrole et du charbon, c’est possible, et nous le feront. Et pour cela, il faudra d’abord planifier une stratégie de sobriété énergétique, car l’énergie qui pollue le moins est celle qu’on ne consomme pas. Il lui reviendra de développer les énergies renouvelables en multipliant par 10 la puissance solaire installée, des grands projets, jusqu’aux projets de micro-solaire dans nos ruralités, en engageant le déploiement de 50 parcs éoliens offshores d’ici 2050, 40 gigawatts nouveaux. Il lui reviendra également d’engager la construction de six nouveaux réacteurs nucléaires. Pourquoi ? Car c’est la seule énergie qui ne produise pas de gaz à effet de serre et qui ne dépende pas de la météo.

Et donc partout dans le monde, même quand on met beaucoup de panneaux solaires et d’éoliennes à chaque fois, on le complète avec d’autres sources d’énergie non intermittentes et  je vais être très clair avec vous. Entre le charbon et le gaz d’un côté et le nucléaire de l’autre, je choisis le nucléaire. Et le ministre de la Planification énergétique aura à bâtir une stratégie hydrogène car c’est aussi par l’hydrogène pour nos avions, nos trains, nos bateaux, que nous voyons ici, nos bus, nos industries par les changements d’usage que nous pourrons avoir des modes de déplacement et de production plus écologiques car l’hydrogène pourra se substituer progressivement au gaz naturel ; l’hydrogène est produit par l’électrolyse. Pour ça, il faut de l’électricité, c’est pour cette raison entre autres qu’il nous faudra dans notre pays produire plus d’électricité non-carbonée par le renouvelable et par le nucléaire mais cet hydrogène sans carbone c’est celui qui nous permettra de nous passer du fioul, du gaz naturel, au fond des énergies fossiles.

L’autre ministre sera chargé de la planification écologique territoriale et aura pour mission d’organiser avec les élus locaux la transition environnementale dans chaque territoire, dans nos régions, nos départements, nos métropoles et jusqu’à l’échelle du canton avec un principe simple : l’agenda écologique est un agenda de confiance, il faut travailler avec nos élus locaux et ce sera un agenda de décentralisation massive. [à des militants] Partout ! Et donc avec le territoires, il développera des moyens de se déplacer en train, en vélo, en voiture électrique pour tous avec ce projet de voiture, de voiture électrique à moins de 100 euros par mois, nous mettrons en place davantage de transports en commun comme ces RER métropolitains auxquels on tient tant ici à Marseille et dans la métropole.

Donc cette planification territoriale oui, elle permettra de changer les moyens de nous déplacer au quotidien, transport public, transport individuel mais aussi pour nos grands industriels en développant de nouvelles stratégies pour le fret ferroviaire et le fluvial. Comment développer un port comme le port de Marseille sans avoir une stratégie complètement nouvelle avec le ferroviaire et le fluvial et sans permettre de sortir toutes les marchandises autrement que par les camions mais bien par le fleuve, les fleuves jusqu’à Lyon et au-delà et le chemin de fer. Et donc cette stratégie, vous le voyez, est une stratégie de réinvention de nos territoires, de réaménagement de nos territoires de manière collective comme nous ne l’avons pas fait depuis Freyssinet dans notre pays à ce point où l’on va à nouveau construire des canaux, réinvestir sur le fluvial, le fret ferroviaire pour pouvoir libérer nos routes, nous passer des camions et donc faire de l’écologie en continuant de produire.

C’est avec les territoires que ce ministre aura à accélérer la rénovation des logements et des bâtiments et organiser au moins la rénovation thermique de 700 000 logements par an sur les 5 ans qui viennent. Il leur reviendra ensemble d’agir pour la qualité de l’eau, la qualité de l’air, la qualité de l’alimentation car oui, cet agenda est un agenda de la qualité de la vie et du mieux vivre. Et c’est une planification que nous ferons avec le territoire pour changer la vie très concrètement, imaginez quand je parle de qualité de l’air ; que la pollution de l’air cause chaque année 50 000 décès, parfois des enfants ; c’est 15 fois les décès liés aux accidents de la route. Alors nous savons ce que notre pays a su faire lorsqu’il s’est mobilisé contre les victimes de la route engageant avec la même force une politique pour faire baisser les victimes de la pollution de l’air partout en France. Alors j’annonce que si les Français me font confiance à nouveau [ovations], nous lancerons immédiatement au plus haut niveau, nous lancerons immédiatement un effort massif de purification de l’air dans nos écoles nos hôpitaux, nos maisons de retraite et dans tous les bâtiments publics. Et vous en verrez les premiers résultats avant la fin de cette année ! Et il en sera de même sur la qualité de notre alimentation : nos paysans font tant déjà mais dans nos écoles, je veux qu’on aille encore plus loin pour davantage de produits locaux, de circuits courts, de produits bios et grâce aux plans alimentaires territoriaux que nous avons bâtis partout avec nos départements, nous permettrons à chaque fois dans la restauration collective et en particulier pour nos enfants dans les cantines d’avoir une alimentation de qualité. Et pour accompagner partout sur le territoire nos compatriotes afin qu’ils puissent se nourrir avec les meilleurs produits possible, nous ferons les efforts évidemment pour améliorer le pouvoir d’achat des travailleurs mais lutter contre la précarité alimentaire avec entre autres le chèque alimentaire. La politique sera écologique, donc l’économie sera écologique également ou ne sera pas.

Je vais être très clair avec vous. Je ne crois pas dans la décroissance, au contraire !

LE PUBLIC

Nous non plus !

EMMANUEL MACRON

 Et je ne crois pas que se battre pour le climat, qu’être sincère pour le climat et pour la biodiversité puisse en quelque sorte n’avoir qu’une seule solution, ce serait de détruire telle ou telle activité, demander à des agriculteurs d’arrêter ou à des industriels de fermer ; et je pense qu’une telle politique n’est pas possible dans notre pays pour une raison simple, c’est que pour financer notre modèle social qui a été si fort pendant la pandémie, avec le « quoi qu’il en coûte » pour financer nos écoles et nos hôpitaux, il nous faut produire et travailler davantage.

Et donc oui notre défi est de faire une économie plus écologique pas moins d’économies pour l’écologie. C’est pourquoi nous aurons un projet unique sans précédent, celui de France 2030, pour bâtir cette économie décarbonée par l’innovation. Les avions sans émission 0 carbone, les trains hydrogène, la voiture électrique produite en France, les éoliennes en mer produites en France, les mini-réacteurs et tant et tant d’autres solutions – la région y participera – d’Avignon à Nice Sophia-Antipolis en passant par Marseille, Toulon vous avez tant de sites d’innovation uniques. C’est par l’innovation, le numérique que nous bâtirons aussi ces solutions pour avoir une économie qui ira vers la neutralité carbone en 2050. Mais pour en même temps créer des emplois sur notre sol des filières industrielles, de l’activité dans nos ports et ailleurs. C’est pourquoi nous investirons aussi pour décarboner nos cimenteries, nos aciéries, nous le savons ici à Marseille et à Fos Ô combien. Je le dis à toutes celles et ceux qui travaillent. L’écologie ça n’est pas fermer vos emplois, fermer vos usines. C’est permettre de changer des habitudes et des pratiques. Remplacer les vieilles chaudières avec lesquelles on conduisait l’activité par le gaz ou le charbon en les remplaçant par l’hydrogène, c’est par l’innovation vous permettre de produire davantage mais le faire de manière écologique, et il n’y a pas de fatalité. Il n’y a pas de fatalité ; ça n’est là aussi qu’une question d’investissement et de volonté ; c’est pourquoi aussi nous nous appuierons sur des chefs d’entreprise. Je sais qu’il y a ici beaucoup d’entrepreneurs – et j’en connais de longue date – engagés sur la question écologique. Entrepreneurs du livre et de la culture, entrepreneurs du numérique, industriels qui sont de grands entrepreneurs écologiques et écologistes ; je connais tant d’associations engagées aussi sur cette question et pour le climat. Alors nous appuyer encore davantage sur eux, c’est changer en France et en Europe les règles. Les parts variables des dirigeants seront à la fois encadrées dans leur montant au niveau européen mais aussi soumis à l’atteinte des objectifs environnementaux. Les grands dirigeants du XXIème siècle ne sont pas simplement ceux et celles qui ont de la performance économique ou financière mais celles et ceux qui sauront avoir des résultats pour l’inclusivité, pour l’égalité femmes / hommes et pour la question écologique. Oui les grands patrons seront des patrons verts, des patrons éco-responsables. Avoir une économie plus écologique, c’est aussi accompagner, accélérer les changements d’usage. Nous avons commencé de le faire ensemble en mettant fin et en nous battant contre le gaspillage alimentaire, en prenant de nouvelles lois, en nous battant justement contre aussi le gaspillage de produits manufacturés en luttant contre l’obsolescence programmée, en luttant contre le plastique à usage unique. Depuis le début de l’année, les fruits et légumes sont vendus en vrac, plus dans les sachets plastiques. C’est le fruit de nos lois. Et nous réduirons drastiquement dans les 5 années qui viennent et nous tiendrons et même accélérerons le cap de 2040 pour sortir complètement des plastique non recyclables. Mais quelle est la clé derrière cela ? Une méthode là aussi qui permet de réconcilier l’écologie et l’économie, un cap avec un interdit à horizon et des investissements, des investissements et la volonté de développer toute une économie circulaire, c’est-à-dire des emplois, des entreprises, qui vont nous permettre d’utiliser ce plastique pour l’utiliser différemment et construire de nouveaux matériaux.

Au moment où je vous parle aujourd’hui en France grâce à nos ambitions écologiques et notre politique économique, nous avons il y a quelques jours acté de l’ouverture de la plus grande entreprise européenne d’économie circulaire pour transformer les plastiques, y compris les plus complexes. Et c’est le fruit de notre politique d’attractivité, d’ambition économique et écologique. Je vous rassure. Avec Madame Le Pen, fini car elle n’est ni pour l’attractivité des investissements étrangers ni pour l’écologie. Ne la sifflez pas, battez-la le 24 avril !

Et cette transformation économique, elle est évidemment aussi européenne. C’est pourquoi nous nous battons pour que notre agenda commercial soit aussi un agenda climatique ; c’est pour cela que nous nous sommes opposés au Mercosur car il ne respecte pas nos objectifs ni des accords de Paris ni en matière de biodiversité. C’est pour cela que nous nous battrons avec le président français pour obtenir cette taxe carbone aux frontières qui permettra d’éviter la concurrence déloyale pour nos industriels et nos agriculteurs. Sinon, comment expliquer à une usine qu’elle doit investir pour changer si on permet d’importer des matériaux venant du bout du monde qui n’ont pas fait les mêmes efforts ? C’est pour cela que nous nous battrons partout pour ce qu’on appelle « les clauses miroirs », c’est-à-dire demander la même chose aux autres que ce que nous faisons en Européens. Et c’est à ce titre que nous nous battrons partout pour les « clauses miroirs » qui permettent de lutter contre la déforestation importée, de produire en France et en Europe du soja au lieu d’importer un soja du Brésil fait contre la forêt et la biodiversité.

 Et donc oui, il y a bien un projet qui permet de bâtir une économie écologique favorable à la biodiversité et protectrice du climat. Si nous avons ces solutions, cet investissement, ces innovations, cette ambition européenne, ce projet-là, c’est le nôtre et nous le porterons.

LE PUBLIC

On va gagner !

Et 1 et 2 et 5 ans de plus !

EMMANUEL MACRON

Ce changement de paradigme, c’est celui que je veux aussi pour nos paysages, les paysages qui m’entourent. Les nôtres, les vôtres. Oui, si nous voulons nous battre contre le dérèglement climatique et pour la biodiversité. Il nous faut savoir protéger nos écosystèmes, la faune et la flore, la nature. Il nous faut nous battre pour nos paysages et la vie qui s’y trouve. Alors pour cela, j’irai au bout de cette ambition dont nous avons posé les bases durant ce quinquennat. 30 % d’aires maritimes et terrestres protégées, nous le ferons. Car n’oubliez jamais que la France est tout à la fois la deuxième puissance maritime du monde grâce à nos îles. Je pense à la Corse à quelques encablures d’ici et certains sont là. Et notre Méditerranée grâce à nos océans et grâce à nos Outre-mer. La Réunion est là, la Polynésie je l’entends, nos Antilles et la Guyane. Tous les océans, tous les océans sont aussi français.

Et nous sommes une immense puissance forestière. La France a l’une des plus grandes forêts d’Europe mais la France est aussi une puissance amazonienne, trésor tout à la fois de biodiversité et de peuples autochtones. C’est cela la France, n’en déplaise à celles et ceux qui voulaient la réduire. La France, c’est ce littoral protégé par notre conservatoire auquel nous tenons tant. Par nos parcs que nous continuons de classer, qu’il s’agisse de l’Etat, des régions comme des communes. Des calanques que nous protégeons. De nos montagnes que nous protégeons aussi avec à chaque fois le même objectif, et c’est cela ce que je veux poursuivre : permettre de protéger la naturalité la plus stricte lorsque nous devons reconstituer la biodiversité, permettre à ces endroits de continuer et poursuivre la recherche, le travail des scientifiques. Relancer ce qui avait parfois été arrêté comme l’exploration des grands fonds marins pour notre mer. Comment expliquer que nous n’irions pas à quelques encablures d’ici plonger au fond du fond de la mer et que nous voudrions aller sur Mars.

C’est protéger plus largement, en ayant des activités compatibles car on le peut aussi. C’est permettre de protéger la montagne en permettant à nos agriculteurs, à une vie économique de s’y bâtir harmonieusement. C’est permettent de protéger nos mers en permettant une pêche durable sur nos eaux. C’est de permettre de protéger en éduquant et c’est pour cela que ce que je veux aussi dans nos paysages poursuivre, c’est ce travail de changement culturel de paradigme que beaucoup de communes ici ont commencé de faire avec les acteurs que j’évoquais, mais en faire des espaces où l’on apprend. De ces aires marines éducatives que les Polynésiens nous ont léguées et que nous voulons essaimer, jusqu’au projet Odysseo que nous développerons juste derrière moi. Apprendre, partager avec nos enfants et montrer que le projet écologique est aussi un projet de la préservation du beau, des espèces, de l’éducation et de l’apprentissage. C’est tout cela.

C’est aussi pour cela que nous renforcerons les moyens que nous mettrons pour protéger tous ces espaces. Protéger nos mers partout et en particulier les protéger contre la pêche illicite et la prédation, grâce à notre marine nationale à laquelle je veux rendre hommage, elle qui joue ici à Marseille un rôle si important. Nos marins à Marseille ont protégé et accompagné, testé les eaux, tout fait. Mais nos marins partout dans le monde protègent nos eaux contre les prédateurs, la pêche illicite et clandestine et celles et ceux qui viennent nous menacer. C’est pour ça aussi que nous continuerons d’investir dans nos projets, dans nos forêts, avec en particulier cette volonté que j’ai d’ici 2030 de planter 140 millions d’arbres pour la France. Ce grand plan, c’est celui qui portera notre ambition forestière : planter, protéger, développer une filière mais assumer aussi de protéger dans certains espaces une forêt libre pour qu’elle puisse se régénérer, en particulier quand elle est un trésor de biodiversité. Comme nous le faisons aussi à l’international pour protéger la forêt amazonienne ou la forêt primaire au coeur de l’Afrique. Ces ambitions françaises, nous les poursuivrons, nous les accélérerons. Et c’est aussi pour cela que nous nous battrons partout contre les décharges. Parler de la mer, parler de la forêt, parler de la beauté de nos paysages, de la biodiversité, c’est reconnaître que nous avons dans nos paysages depuis tant et tant d’années la trace visible, sensible, parfois les plaies de ce qui ne va plus dans notre modèle. Ces décharges à ciel ouvert qui polluent nos paysages, ces décharges qui se déversent dans les rivières ou dans les mers.

Lutter contre ce continent de plastique qui étouffe la biodiversité en mer et qui nous menace, ça n’est pas lutter contre le plastique qui est déjà en mer car c’est déjà trop tard. Plusieurs qui sont ici me l’ont bien expliqué en septembre dernier. Le plastique une fois en mer se dissout en microparticules et il tue algues et planctons déjà. Lutter contre la pollution par le plastique et les drames qu’il crée, c’est lutter contre le plastique qui arrive dans nos paysages, dans nos décharges et nos rivières. Pour cela il faut faire deux choses. En finir avec le plastique à usage unique que l’on jette et mener la stratégie que j’évoquais tout à l’heure, celle de l’économie circulaire, celle du tri sélectif, celle que nous intensifierons par nos investissements et les changements d’usage.

Mais il nous faut aussi, en même temps comme certains diraient, il nous faut en même temps en finir avec ces grandes décharges. C’est pourquoi sur les trois ans qui viennent nous mettrons fin à 50 grandes décharges à ciel ouvert qui aujourd’hui polluent nos territoires, nos rivières et nos mers, menacent notre biodiversité et préparent ce plastique de demain qui arrivera sinon dans notre mer. C’est tout cela lutter pour la biodiversité, pour nos forêts, nos mers, nos paysages. C’est possible bien sûr !

Mes amis, nos vies seront écologiques ou ne seront pas parce que l’écologie n’est pas seulement la question de la politique, de l’économie de certains paysages. Chacun prendra sa part dans ce combat du siècle ; chacun devra prendre sa part dans cet avenir en commun que nous avons à construire. Nos enfants d’abord. Nous avons déjà installé 250.000 éco-délégués qui dans nos écoles construisent des actions de sensibilisation formidables ; nous irons plus loin en mettant en œuvre l’éducation au développement durable pour tous, depuis la maternelle jusqu’au lycée. Et comme le ministre… pardon, comme le Professeur JOUZEL l’a proposé à la ministre, tous nos étudiants seront sensibilisés aux enjeux environnementaux et alimentaires dorénavant. Nos élus auront à prendre leur part en déclinant les objectifs nationaux dans leur commune, leur département, leur région, en bâtissant des solutions avec des compétences nouvelles et des investissements nouveaux. Nos artisans auront leur part, eux qui rénoveront dans les 5 ans à venir trois millions et demi de logements au moins pour y installer des fenêtres, des pompes à chaleur, une meilleure isolation. Et je ne parle pas du chantier colossal des bâtiments publics, du développement des matériaux biosourcés, d’une vraie transformation pour tant et tant de secteurs économiques.

Nos paysans y prendront leur part. Nos agriculteurs ont déjà tant fait ces dernières années. Ils ont baissé tant et tant de produits phytosanitaires : 93% des pesticides les plus préoccupants ont été supprimés. Ils sont mobilisés pour aller plus loin, continuer de réduire partout où nous le pouvons, produits phytosanitaires, pesticides et autres et ils continueront, pas par la jonction mais par l’investissement.

Mais je veux ici, en parlant devant la Méditerranée, vous dire que nos paysans auront un rôle extraordinaire à jouer dans les années qui viennent, pour produire et protéger en même temps car on ne protégera pas en produisant moins parce que ce qui se passe aujourd’hui, à quelques milliers de kilomètres de nous en Ukraine, n’est pas simplement l’horreur de la guerre, le drame humanitaire que vivent nos frères européens, le drame humanitaire et les réfugiés qui arrivent aujourd’hui en Europe – et je salue une fois encore la solidarité marseillaise – et les familles ici accueillies et protégées, encore sur le port ici ces derniers jours, c’est un drame alimentaire qui se joue. Un drame alimentaire. Au Proche et Moyen-Orient, en Afrique du Nord, partout sur le continent africain, aujourd’hui, dans un an, dans 18 mois, il manque et il manquera des céréales et tant et tant de ce qu’il faut pour nourrir. L’Europe sera ce continent qui devra continuer de produire pour aussi alimenter chaque rive de la Méditerranée et donc oui, nous pourrons le faire grâce à l’initiative que nous avons lancée et par la 3e révolution agricole qui passera par le numérique, l’agro-robotique, la génétique et le bio-contrôle. Nous le ferons car nous le pouvons !

Notre jeunesse aura aussi sa part. Notre jeunesse aura aussi à se former dans les métiers de l’énergie, de la batterie, de l’industrie verte ; nous formerons 400.000 personnes en plus aux métiers de sens que sont les métiers de la transition écologique. Métiers de l’énergie, métiers de l’industrie, métiers du recyclage et de la réparation. On va le faire !

Notre jeunesse sera intégrée au Haut conseil pour le climat à travers les grandes associations. Notre jeunesse, par le service civique écologique, pourra participer aux grands chantiers de la Nation, ces chantiers pour lutter… et pour dépolluer, contre les grandes décharges, pour dépolluer nos rivières, pour agir dans nos forêts et partout sur nos rivages ! Nous le ferons !

Et pour susciter cette mobilisation générale de la Nation pour l’environnement, je propose que nous organisions chaque année  un grand moment autour de nos jardins, de nos paysages, de l’environnement et de notre planète. Cette fête de la nature comme nous avons su faire une fête de la musique, pourrait se tenir au printemps, par exemple le quatrième samedi de mai ! Ce sera un grand moment d’union nationale, rassemblant collectivités locales, associations, écoles, agriculteurs, citoyens, amoureux de la nature. Pour agir ! Et si vous voulez, elle serait un moment d’union nationale autour de nos paysages, de notre art de vivre, de la protection de notre environnement, elle serait le signal envoyé au monde que la France, qui face à la question sociale avait inventé l’Etat-providence, ambitionne aujourd’hui de devenir la grande Nation écologique !

Oui ! C’est en changeant de paradigme politique, écologique, économique pour nos paysages, pour nos vies, que nous pourrons ensemble être celles et ceux qui savaient et qui ont fait car c’est le rôle de notre génération et c’est le défi qu’avec vous, je veux relever !

Mes amis, c’est en allant à la mer que le fleuve reste fidèle à sa source, disait Jaurès et je le dis ici devant notre Méditerranée : ce que nous avons à devenir n’est pas la nostalgie de ce que nous avons été, ni même exactement ce que nous sommes. Ce que nous avons à devenir, c’est de ne rien oublier de ce qui nous a faits,  de l’habilité et du respect de chacun qui nous constituent, de la force de notre République, de tous ces confluents qui forment la France mais d’aller vers un cap nouveau qui est un cap de respect, de dignité, de diversité et  d’écologie ! Parce que oui, le projet que nous portons, est un projet d’humanisme qui croit dans l’économie, l’innovation, la culture, l’éducation, la santé et l’humanisme du XXIème siècle croit dans l’homme mais avec l’homme dans la nature et le vivant car ils sont indissociables. C’est pourquoi le choix du 24 avril est aussi un choix de civilisation. Et je le dis à tous nos compatriotes qui aujourd’hui se sont abstenus ou n’étaient pas à nos côtés, le choix est clair aujourd’hui : l’extrême-droite est un projet climatosceptique, un projet qui veut sortir des ambitions actuelles de l’Europe du climat, qui veut détruire les éoliennes, l’un des seuls projets de cette campagne qui n’y croit pas ! Nous, nous y croyons et nous, nous le ferons !

C’est pourquoi le choix qui est devant nous, vous l’avez compris, n’est pas simplement le choix d’un président de la République, c’est bien un choix de civilisation : bâtir un avenir en commun ou le mettre en péril. Rester fidèles à ce que nous sommes ou rompre avec nos principes. Je compte sur chacun de nos compatriotes, sur chacun d’entre vous le 24 avril prochain. Ne cédez à la peur, au « à quoi bon » ? Ne cédez pas au grand relativisme qui consisterait à dire « tout se vaut » ! Celui qu’on n’aime pas forcément et qui est encore en marche et l’extrême droite, parce qu’on nous a  farci la tête que c’était la même chose. Non, ce n’est pas la même chose ! Et ça, je ne l’accepterai pas parce que le combat que je mène, est depuis le début, un combat contre  l’exclusion, leurs idées, contre les mensonges au peuple !

Alors je dis aussi à tous ceux qui sont en colère, à tous ceux qui n’ont pas été voter, à tous ceux qui refusent l’ordre des choses et qui parfois ne m’accompagnent pas, je les respecte chacune et chacun mais je le dis en citant un autre grand penseur de cette Méditerranée :  il est aussi des refus qui ne doivent pas être des renoncements. Ne renoncez pas ! Si vous ne voulez pas renoncer à l’humanisme, si vous ne voulez pas renoncer à cette civilisation du XXIème siècle, si vous ne voulez pas renoncer à bâtir une grande Nation écologique,  alors rejoignez-nous ! Alors réveillez-vous !

Le 24 avril, c’est un référendum pour ou contre l’Union européenne.

Le 24 avril, c’est un référendum pour ou contre l’écologie !

Le 24 avril, c’est un référendum pour ou contre notre jeunesse !

Le 24 avril, c’est un référendum pour ou contre notre République et cette nouvelle époque !

Oui, le 24 avril peut être le point de départ d’une nouvelle époque française et européenne, celle de l’espérance ! Celle du climat ! Celle de l’ambition ! Oui, nous gagnerons et alors ce sera à nous de faire autrement, encore, tous ensemble !

Vive Marseille ! Vive la République ! Et vive la France !

Emmnanuel Macron, le samedi 16 avril 2022 au Pharo à Marseille.

Source : site du candidat AvecVous.
https://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20220416-meeting-macron.html





 

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