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25 avril 2009 6 25 /04 /avril /2009 10:58
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24 avril 2009 5 24 /04 /avril /2009 05:28

(dépêche)

Latest national results (regularly updated)
IEC
23 April 2009

Vote tally for the national ballot paper, as of 5:47 am April 24 2009

Current national results
 
Votes
 Percentage
 
AP
 1 988
 0.02%
 
ACDP
 95 851
 0.77%
 
ANC
 8 354 983
 66.89%
 
APC
 27 437
 0.22%
 
AL JAMAH
 11 228
 0.09%
 
AFD
 3 788
 0.03%
 
AZAPO
 28 053
 0.22%
 
CDA
 7 087
 0.06%
 
COPE
 951 077
 7.61%
 
DA
 1 993 172
 15.96%
 
GKSA
 6 128
 0.05%
 
ID
 114 714
 0.92%
 
IFP
 486 276
 3.89%
 
KISS
 3 395
 0.03%
 
MFF
 17 994
 0.14%
 
MDP
 22 455
 0.18%
 
NADECO
 7 865
 0.06%
 
NVP
 7 335
 0.06%
 
PAC
 35 419
 0.28%
 
PAM
 4 239
 0.03%
 
SADC
 4 392
 0.04%
 
UCDP
 54 517
 0.44%
 
UDM
 121 661
 0.97%
 
UIF
 6 534
 0.05%
 
FF+
 119 890
 0.96%
 
WF
 3 266
 0.03%
 
Total
 12 490 744
 100.00%
 
Registered voters
 23 181 997
 
Total votes counted
 12 665 507
 
% Counted
 54.6%
  
 

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23 avril 2009 4 23 /04 /avril /2009 09:59

(dépêches)



ANC takes early lead in South African election

Serena Chaudhry, Reuters
23 April 2009
Home > Politicsweb > Homepage > Top stories
Top stories

New opposition party makes minimal early impact.

PRETORIA, April 23 (Reuters) - South Africa's ruling ANC was headed for victory on Thursday in an election that will give party leader Jacob Zuma control of the continent's biggest economy as it teeters on the brink of recession.

Early results showed the African National Congress with 60 percent support, defying some predictions the new Congress of the People (COPE) party formed by ANC dissidents would pose the first real challenge since white minority rule ended in 1994.

Zuma portrays himself as a champion of the poor, and for many voters the ANC's anti-apartheid credentials still outweigh frustrations with its failure to tackle widespread crime, poverty and AIDS.

"I voted for the ANC out of loyalty because my father was active in the struggle, but I'm not satisfied with what they've done," Margaret Nkoane, 57, said in Soweto, the Johannesburg township that symbolised the anti-apartheid struggle.

"People expected jobs but they are still living in shacks."

COPE won only 7.6 percent of the early votes counted. The biggest challenge came from the Democratic Alliance -- led by a white woman -- with 21.4 percent.

The final result is not expected before Friday but there is little doubt the 67-year-old Zuma will become president only three weeks after managing to get prosecutors to drop an eight-year-old corruption case that had tainted his reputation.

MANUEL EXPECTED TO STAY

Among his first tasks will be reassuring foreign investors who fear his trade union allies will push him towards the left.

He has repeatedly said there will be no nasty surprises in store for investors, and with the economy possibly already in recession, his room for policy manoeuvre is limited.

Finance Minister Trevor Manuel, a market favourite, is expected to stay for now.

Zuma has also pledged to tackle the rampant violent crime which could mar next year's hosting of the soccer World Cup.

Election officials estimated the turnout in Wednesday's vote at 76 percent -- the same as 2004, when the ANC won 70 percent of the vote.

Most analysts see that figure slipping, possibly below the two-thirds majority that would allow the ANC to change the constitution and further entrench its grip on power.

"We are entering a post-liberation era. People are talking about new issues and challenges and there's also a new generation that's not attached to the liberation struggle," said independent political analyst David Monyae.

Police said the election was largely peaceful, although COPE said one of its officials was shot dead in what it believed to be a political killing.

The rand currency was largely steady as votes came in.

Below are the latest results for South Africa's parliamentary election released by the Independent Electoral Commission at 0330 GMT on Thursday.

Voters also cast their ballots for nine provincial legislatures in the election held on Wednesday.

PARTY      VOTES          PERCENTAGE OF VOTES COUNTED
 ANC        814,699 60.5
 DA         282,837 21
 COPE        99,882 7.4
 UDM         10,935 0.8
 IFP         35,236 2.6
 OTHER      102,447 7.7
  
  
Total Votes Counted                        1,346,036
Number of registered voters             23.18 mln


 
Afrique du Sud: l'ANC revendique une "solide" victoire

23.04.09 - 15:31

Le parti au pouvoir en Afrique du Sud, le Congrès national africain (ANC), a revendiqué jeudi une "solide" victoire aux élections législatives de la veille. Les députés devraient sans surprise porter à la présidence du pays le tribun Jacob Zuma.

"Nous nous attendons à une solide victoire", a déclaré le secrétaire général de l'ANC Gwede Mantashe. "Si nous obtenons la majorité des deux tiers, ce n'est que du bonus mais nous ne sommes pas obsédés par ces chiffres", a-t-il souligné. Ultramajoritaire depuis la chute de l'apartheid, l'ANC se trouvait largement en tête du scrutin avec plus de 64% des voix sur 5,5 millions de bulletins dépouillés à 12h00, heure belge, (près du quart des inscrits) sur un total de 23 millions d'inscrits, selon la Commission électorale. Son leader, Jacob Zuma, 67 ans, qui vient de bénéficier d'un abandon de poursuites pour corruption à son encontre, devrait être élu président de la République lors d'une séance extraordinaire du Parlement, le 6 mai. L'Alliance démocratique (DA, ex-opposition sous l'apartheid) disposait pour sa part de 18,5 pc des voix, suivie par le Congrès du Peuple (Cope, formé en décembre par des dissidents de l'ANC) avec 8%.

(Belga)

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22 avril 2009 3 22 /04 /avril /2009 12:03

Cope, en dissidence du parti présidentiel hégémonique, arrivera-t-il à créer une nouvelle force politique crédible aux côtés de son grand frère bien établi ? C’est un peu l’enjeu de la vie politique sud-africaine aujourd’hui. Deuxième partie.





Dans la première partie de cet article sur les élections législatives du 22 avril 2009 en Afrique du Sud, j’évoquais les grandes lignes de la fin de l’apartheid et de la mise en place d’un régime enfin démocratique et multiethnique répondant aux normes classiques d’une République libre.
 
 
Mbeki le dauphin
 
De Klerk quitta la présidence du NP en 1997. Mandela, président de l’ANC, céda ses responsabilités partisanes à Mbeki en décembre 1997.
 
Notons que dans ce régime, le Président est aussi chef du parti majoritaire, un peu à l’instar du Chancelier allemand ou du Premier Ministre britannique, à la différence près que ce n’est pas systématique et que la perte des fonctions de chef de parti a quelques conséquences politiques (le nouveau président de l’ANC devenant naturellement le dauphin ou alors le Président ayant perdu cette présidence de parti risquant de ne plus être capable politiquement de représenter la majorité).
 
Au contraire des fondements progressistes et marxisants de l’ANC, Mandela engagea (avec son allié, le Parti communiste !) une politique de libéralisme économique et de privatisations (menée par Mbeki). Une politique de discrimination positive ("affirmative action") fut conduite pour aider les Noirs à accéder aux emplois à responsabilité. Sur le plan international, l’Afrique du Sud, alliée des Occidentaux, chercha à devenir le gendarme de l’Afrique en multipliant ses offres de médiation dans les divers conflits africains en tant que puissance à la fois économique, politique et démocratique.
 
Mbeki domina donc l’action gouvernementale de l’Afrique du Sud de 1994 à 2008.
 
Après les deuxièmes élections libres, le 2 juin 1999, Thabo Mbeki succéda à Nelson Mandela le 17 juin 1999. Il voulut nommer à l’importante Vice-Présidence Mangosuthu Buthelezi (80 ans aujourd’hui), prince zoulou et ministre depuis 1994, mais ce dernier refusa ce qui amena Mbeki à nommer à la Vice-Présidence l’encombrant Jacob Zuma (67 ans aujourd’hui), proche des milieux syndicalistes et communistes, représentant de l’aile "gauche" de l’ANC.
 
Les élections du 14 avril 2004 conforta Thabo Mbeki pour un second et dernier mandat présidentiel avec Jacob Zuma en numéro deux.
 
 
Rivalités entre Mbeki et Zuma
 
Le problème est que ce Jacob Zuma est un homme très controversé et la multiplication des affaires politico-judiciaires amena Mbeki à se séparer de lui le 14 juin 2005 et à nommer une nouvelle Vice-Présidente, Phumzile Mlambo-Ngcuka. Le Ministre des Finances (de 1996 à 2008) Trevor Manuel (53 ans aujourd’hui) fut également cité pour succéder à Jacob Zuma mais son "origine métisse" (donc non "noire") l’aurait empêché de prétendre être un candidat sérieux à la succession de Mbeki.
 
Très vite, l’ANC fut en proie aux divisions entre, d’une part, Mbeki, libéral, président de l’ANC et au pouvoir, et d’autre part, Zuma, soutenu par les ailes les plus progressistes (syndicats, jeunes, communistes) qui accusa Mbeki d’être à l’origine de ses déboires judiciaires.
 
 
Victoire politique définitive de Zuma au sein de l'ANC
 
Le 18 décembre 2007, Mbeki se présenta de nouveau à la présidence de l’ANC même s’il ne lui était pas possible de se présenter à un troisième mandat à la Présidence sud-africaine, afin de garder le contrôle de l’ANC. Il échoua largement, ne recueillant que 1 505 délégués contre 2 329 en faveur de son rival Zuma (selon Dren Nupen, présidente de la commission électorale de l’ANC). Mbeki perdit complètement la direction de l’ANC (aucun proche ne fut élu dans la direction) et Kgalema Motlanthe (l’actuel Président intérimaire) fut élu vice-président de l’ANC sur pression de Jacob Zuma qui l’imposa ensuite au sein du gouvernement (Mbeki avait soutenu pour le poste de vice-président de l’ANC l’ancienne épouse de Zuma, Nkosazana Dlamini-Zuma, Ministre des Affaires Étrangères depuis 1999).
 
Malgré la croissance très soutenue de 5% pendant les trois dernières années et la construction de millions de logements sociaux, la politique de Mbeki fut très contestée en raison de résultats peu élogieux : criminalité très forte (50 homicides sont commis chaque jour), pauvreté en hausse (43% de la population vit avec moins de deux dollars par jour), chômage très élevé (taux situé entre 20 et 40% de la population active), pénurie d’électricité, catastrophe sanitaire avec le sida (1 000 personnes meurent du sida chaque jour)…
 
 
La transition de Motlanghe
 
Comme dit au début de cet article, Mbeki est renversé en septembre 2008 avec sa Vice-Présidente et plusieurs ministres dont l’inamovible Trevor Manuel. La démission a pour origine une question assez obscure : les partisans de Zuma accusaient Mbeki d’avoir instrumentalisé la justice contre Jacob Zuma. La justice ayant relaxé Zuma le 12 septembre 2008, ce dernier se sentit politiquement plus libre pour imposer cette démission.
 
Motlanghe a souhaité faire une transition en douceur pour ne pas affoler les milieux économiques et internationaux : s’il a changé les ministres de la Santé et de la Sécurité, il a rappelé Trevor Manuel (démissionnaire avec Mbeki) aux Finances : « Je ne désire pas dévier de ce qui fonctionne. Ce n’est pas à moi de réinventer la politique. » a-t-il déclaré à son discours d’investiture.
 
Dans son deal avec l’ANC, il fut convenu que Motlanghe laissait la voie libre à Jacob Zuma pour se présenter à la Présidence de le République. Ce qui a fait dire au journal "Business Day" qu’il allait « devoir réussir le tour de force de ne paraître trop bon dans son travail » pour ne pas faire d’ombre à Zuma.
 
 
Scission au sein de l’ANC
 
Quelques semaines après la démission de Thabo Mbeki, ses partisans décidèrent de quitter l’ANC et de fonder le Congrès du peuple (Cope) en désignant le 16 décembre 2008 à Bloemfontein (ville de la fondation de l’ANC le 8 janvier 1912) l’ancien Ministre de la Défense Mosiuoa Lekota (60 ans) président et Mbhazima Shilowa (50 ans) vice-président. Pour eux, la fondation du Cope fut un acte historique pour tourner la page d’une ANC en quasi-monopole (deux tiers des voix) : « L’histoire de l’Afrique du Sud ne sera plus jamais la même. Nous avons pris cette mesure parce que nous sommes le parti de l’avenir. » selon Lekota.
 
Les dirigeants du Cope ont souligné aussi la bonne santé démocratique de l’Afrique du Sud en faisant remarquer que Thabo Mbeki ne s’était pas accroché au pouvoir et que sa démission a été exemplaire de dignité (le 20 septembre 2008, Mbeki avait remis sa lettre de démission à celle qui est devenue l’actuelle Vice-Présidente de l’Afrique du Sud : « J’ai aujourd’hui remis à l’honorable présidente du Parlement, Baleka Mbete, ma lettre de démission de l’éminent poste de Président de l’Afrique du Sud. »).
 
L’objectif du Cope, qui revendiqua dès sa création 400 000 adhérents, est d’empêcher l’ANC d’obtenir la majorité absolue des sièges. Ses thèmes de campagne sont la poursuite de la politique de Mbeki (lutte contre le chômage et encouragement à la croissance économique) en insistant sur l’affairisme sulfureux de Jacob Zuma.
 
 
Jacob Zuma, futur Président de l’Afrique du Sud ?
 
Car Jacob Zuma a toutes les chances de devenir dans quelques jours le prochain Président de la République d’Afrique du Sud. Il a reçu, le 19 avril 2009, un très tardif soutien de l’historique Nelson Mandela lors du dernier meeting de l’ANC rassemblant à Johannesburg 100 000 sympathisants. Tardif mais moralement salutaire pour lui alors qu'une petite moitié de l'électorat se dit convaincue, dans les sondages, de sa culpabilité dans les affaires qui l'entachent.
 
Au contraire de Mandela, Jacob Zuma (zoulou) fut un autodidacte, enfant sans diplôme ni instruction qui s’engagea très tôt dans la lutte contre l’apartheid (dès l’âge de 17 ans). Il apprit à lire et à écrire pendant ses dix ans d’incarcération après son arrestation comme conspirateur (il rencontra en prison Mandela). Dès sa libération en 1973, il retourna dans la clandestinité au sein de l’ANC et revint en Afrique du Sud seulement à a légalisation de l’ANC en 1990.
 
En décembre 1994, Zuma fut hissé au troisième poste de l’ANC après Mandela et Mbeki et fut élu numéro deux (vice-président de l’ANC) en décembre 1997 (Mbeki venait d’être élu président de l’ANC).
 
De juin 1999 à juin 2005, Jacob Zuma fut Vice-Président de l’Afrique du Sud. Mbeki le limogea en raison des multiples affaires judiciaires, de corruption, pots de vins, fraudes, accords secrets avec des sociétés d’armement etc.
 
À partir de 2005, Zuma contesta le pouvoir de Mbeki jusqu’à l’obliger à démissionner (voir plus haut) une fois que la justice le relaxa le 12 septembre 2008 (un autre procès était prévu le 25 août 2009 et pourrait être tenu même s’il était élu Président de la République ; cependant, le 8 avril 2009, la justice a renoncé définitivement à le poursuivre pour fraudes et corruption).
 
Sa personnalité est très entière et on l’accuse aussi de viol (d’une jeune femme séropositive), d’abus sexuels, de mariages multiples malgré sa foi chrétienne (la polygamie étant une coutume zouloue), de méconnaissance totale du mode de transmission du virus du sida…
 
D’un point de vue politique, Jacob Zuma est clairement positionné comme soutenu par l’aile gauche de l’ANC. Il pourrait être à tort comparé à un Hugo Chavez de l’Afrique du Sud. Il serait plutôt son Lula.
 
Car loin de remettre en cause le libéralisme économique qui a permis à l’Afrique du Sud de devenir la première puissance africaine et la onzième puissance mondiale avec l’ouverture massive aux investisseurs étrangers, Jacob Zuma est favorable à la poursuite de la politique économique en vigueur depuis 1994. Par ailleurs, il a montré une profonde aversion pour le régime voisin de Robert Mugabe.
 
 
Sa campagne électorale
 
Très à l’aise pour parler à la tribune, Zuma a cherché pendant cette campagne à courtiser les Blancs qui détiennent encore le potentiel économique du pays en estimant que les Afrikaners (descendants des colons néerlandais) étaient aussi africains que les Zoulous et en affirmant que l’Afrique du Sud « appartient à tous, Noirs et Blancs » tout en promettant de respecter la démocratie : « Nous utiliserons notre majorité avec responsabilité et nous ne foulerons pas aux pieds les droits des citoyens, ni n’obligerons les autres parties à se soumettre. », ce qui rassure par rapport aux droits des minorités souvent bafoués même après la fin de l’apartheid.
 
L’un de ses thèmes de campagne est cependant de redistribuer 30% des terres cultivables en faveur des "communautés noires" d’ici 2014. Une promesse déjà donnée en 1994 et qui fait penser aux sombres événements zimbabwéens de cette décennie.
 
 
22 avril 2009, date historique
 
Assurément, ce 22 avril 2009 est une date historique pour l’Afrique du Sud. Elle clora la première étape post-apartheid essentiellement marquée par Thabo Mbeki avec une ANC hégémonique dans l’électorat et au Parlement.
 
Le bilan de ces quinze dernières années reste donc éloquent malgré la conjoncture sociale difficile : démocratie exemplaire, multiethnique et féminisée (beaucoup de femmes sont à des postes à responsabilité notamment le deuxième personnage de l’État), développement économique et influence politique et morale sur tout le continent africain. De pestiférée de la communauté internationale pendant plusieurs décennies, l’Afrique du Sud est devenue modèle.
 
Dans les sondages, le Cope aurait 15% et l’ANC serait à environ 60% des intentions de vote, ce qui l’empêcherait d’avoir une majorité des deux tiers, seule possible pour réviser la Constitution (en 2004, l’ANC avait obtenu 69,7% et à la veille de ces nouvelles élections, il occupe 290 sièges sur 400).
 
L’élection probable de Jacob Zuma le 6 mai 2009 à la Présidence de l’Afrique du Sud rendrait sans doute de l’espoir parmi les populations les plus pauvres du pays mais apporterait aussi des doutes sur la poursuite de la politique économique sud-africaine.
 
Dans tous les cas, l’apparition d’un nouveau parti "mbekiste" représentant un tiers des militants de l’ANC apportera un autre paysage politique dans l’une des rares démocrates africaines.
 
 
 
Sylvain Rakotoarison (22 avril 2009)
 
 
Pour aller plus loin :
 
 
 
 
 
 
 
(NB : Cet article a été rédigé avant la connaissance des résultats électoraux du 22 avril 2009).
 


 

http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/turbulences-pour-le-parti-54943

http://www.lepost.fr/article/2009/04/23/1506998_turbulences-pour-le-parti-majoritaire-2.html

http://rakotoarison.lesdemocrates.fr/article-54

http://www.centpapiers.com/turbulences-pour-le-parti-majoritaire-2/7092/

http://journalchretien.net/article17574.html

http://www.kydiz.com/article/2240-Turbulences-pour-le-parti-majoritaire-2.htm







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22 avril 2009 3 22 /04 /avril /2009 11:08

Cope, en dissidence du parti présidentiel hégémonique, arrivera-t-il à créer une nouvelle force politique crédible aux côtés de son grand frère bien établi ? C’est un peu l’enjeu de la vie politique aujourd’hui. Première partie.





Non, ne vous trompez pas, je ne parle pas de Jean-François Copé ni de l’UMP. Je ne parle pas de la France, mais de l’Afrique du Sud. Et du Cope, le Congrès du peuple, un nouveau parti sud-africain issu d’une scission de l’ANC en fin 2008.
 
 
Des élections générales
 
Ce mercredi 22 avril 2009 est férié car c'est un jour crucial pour les 23 millions d’électeurs sud-africains : ils vont voter pour des élections législatives (et par voie de conséquence, indirectement pour leur futur Président de la République élu par les députés).
 
Cette consultation va peut-être mettre fin à la zone de turbulences politiques que subit l’Afrique du Sud depuis sept mois.
 
 
Transition post-Mbeki
 
En effet, mettant fin à des querelles politiques de plusieurs années, le Président sud-africain Thabo Mbeki (67 ans aujourd’hui) a dû donner sa démission le 20 septembre 2008 après le retrait du soutien du parti ultra-majoritaire ANC (Congrès national africain).
 
Dans la grande indifférence des médias français, ce fut pourtant la première grande discontinuité politique en Afrique du Sud depuis la fin de l’apartheid.
 
Le 25 septembre 2008, le numéro deux de l’ANC, Kgalema Motlanthe (59 ans aujourd’hui), Vice-Président, fut élu Président sud-africain avec les pleins pouvoirs par une large majorité parlementaire (269 pour, 50 contre et 41 bulletins blancs sur 400) pour assurer l’intérim jusqu’à ces élections de ce 22 avril 2009. Il nomma Vice-Présidente Baleka Mbete (59 ans), Présidente du Parlement, et tenta de garder un gouvernement relativement stable par rapport au précédent.
 
Mais avant de rentrer dans les détails de cette nouvelle donne, revenons en arrière et présentons très succinctement la politique intérieure de l’Afrique du Sud.
 
 
Rapide historique politique de l’Afrique du Sud depuis 1989
 
L’Afrique du Sud est un pays politiquement extraordinaire si l’on regarde le chemin parcouru depuis seulement une vingtaine d’années.
 
Un régime autoritaire et minoritaire, politiquement et ethniquement, basé sur une odieuse et immorale ségrégation qui cède la place, sans révolution, assez pacifiquement, sans bain de sang, à un régime démocratique multiethnique, ce qui nécessitait donc forcément de laisser le pouvoir à l’opposant le plus résolu de l’apartheid, à savoir l’ANC.
 
Tout se passa avec la maladie (congestion cérébrale) de Pieter Botha qui fut conduit à démissionner le 15 août 1989 (Pieter Botha mourut le 31 octobre 2006 à 90 ans).
 
Son successeur Frederik De Klerk (73 ans aujourd’hui) alla très vite.
 
 
Instauration du "multiethnisme"
 
Après l’élection d’un nouveau Parlement tricaméral (à trois chambres "ethniquement homogènes" : une pour les Blancs, une pour les Indiens et une pour les métis, rien pour les Noirs) le 6 septembre 1989, il légalisa l’ANC et son allié, le Parti communiste sud-africain et libéra Nelson Mandela (presque 91 ans aujourd’hui), leader noir historique, en février 1990 et abolit définitivement l’apartheid en juin 1991 (soit moins de deux ans après son accession au pouvoir).
 
Le 17 mars 1992, De Klerk organisa un référendum pour ratifier le principe des négociations avec l’ANC : 68,7% des Blancs approuvèrent avec une participation de 85,1%. Ces négociations eurent lieu les mois qui suivirent avec quelques provocations de l’extrême droite qui voulait tout faire capoter. Pour avoir mené ces négociations malgré toutes les difficultés, De Klerk et Mandela obtinrent le Prix Nobel de la Paix 1993, un an avant Shimon Peres, Yitzhak Rabin et Yasser Arafat.
 
Elles aboutirent le 27 avril 1994 aux premières élections libres et multiethniques qui se déroulèrent dans un climat de grande tension et de guerre civile (avec beaucoup d’attentats).
 
La République sud-africaine devint donc une république parlementaire et fédérale où sont élus les parlementaires tous les cinq ans (ce 22 avril 2009 est donc la quatrième échéance générale de ce régime).
 
 
L’ANC et le NP
 
Parmi les partis les plus importants, au début, il y avait donc l’ANC (progressiste et "noir") et le NP (Parti national), l’ancien parti de l’apartheid, celui de Pieter Botha et de Frederik De Klerk (nationaliste et "blanc"). En 1994, l’ANC est devenue majoritaire, représentant deux tiers de l’électorat. Le NP (qui s’effondra au fil des élections) forma une coalition d’union nationale avec l’ANC puis se positionna dans l’opposition (en 1996) mais la prépondérance de l’ANC engendra l’échec de l’Alliance démocratique, conglomérat de partis d’opposition incluant le NP qui fusionna finalement le 7 août 2004 dans l’ANC.
 
Au bout de quinze ans, le NP, "blanc", autoritaire, ségrégationniste et hégémonique, a fini intégré à l’ANC, ce mouvement "ennemi", "noir", progressiste et devenu lui aussi hégémonique. Cocasserie de l’histoire. Les nouveaux dirigeants du NP avaient compris que les enjeux de pouvoirs se situaient désormais à l’intérieur de l’ANC en oubliant le clivage ethnique d’origine.
 
 
Présidence de Mandela
 
De façon moralement et électoralement logique, Nelson Mandela accéda à la Présidence de l’Afrique du Sud le 10 mai 1994 (en tant que président de l’ANC). Le système lui accola de façon transitoire deux Vice-Présidents, Thabo Mbeki et Frederik De Klerk et institua la fameuse "Commission Vérité et Réconciliation" qui pourrait être un modèle dans la résolution d’autres conflits comme le conflit israélo-palestinien.
 
En pratique, à déjà 76 ans, Mandela "régna" plus que gouverna (le Président sud-africain est aussi chef du gouvernement), laissant Thabo Mbeki prendre les décisions sociales et économiques.
 
Le 30 juin 1996, le parti de De Klerk quitta la coalition, Thabo Mbeki restant l’unique Vice-Président.
 
 
De nouvelles institutions
 
Une nouvelle Constitution fut adoptée le 9 mai 1996, approuvée par la Cour constitutionnelle le 4 décembre 1996 et mise en application le 4 février 1997 : le Président (limité à deux mandats) est élu par les quatre cents membres de l’Assemblée Nationale élus à la proportionnelle pour cinq ans et il est instituée une seconde chambre (anciennement Sénat) nommée Conseil national des provinces avec quatre-vingt-dix membres (dix par provinces) élus pour cinq ans aussi.
 
Parmi les étrangetés institutionnelles de l’Afrique du Sud, il y a les lieux : Pretoria est le siège du gouvernement sud-africain et Le Cap le siège de son Parlement, ce qui est fort peu pratique pour la présence des ministres auprès des parlementaires (une tentative de ramener le siège du Parlement à Pretoria a été vite abandonnée après la trop vive contestation des habitants du Cap). Le siège officiel de la Présidence de la République est donc double : l’Union Buildings à Pretoria et le Tuynhuys au Cap.
 
L’autre étrangeté, c’est que la vie des partis est intériorisée au sein même des institutions républicaines. Ainsi, si un élu veut changer de parti sans démissionner de son siège, il n’a le droit de le faire que pendant une courte période dans l’année, ce qui permet de stabiliser les coalitions gouvernementales (et provinciales). Cette pratique appelée "floor crossing" existe depuis une loi de novembre 2001 et a toujours favorisé l’ANC. Cette pratique a été abrogée en janvier 2009 mais pouvait se comprendre dans la mesure où les élus le sont que proportionnellement sur des listes de partis et donc, ne doivent leurs élections qu’à leur parti, ce qui leur interdisait soit de changer de parti, soit de rester en place en quittant leur parti d’origine. Mais le "floor crossing" fut trop contesté car considéré comme de la trahison vis-à-vis des électeurs (qui votent pour un parti et c’est un autre parti qui obtient les sièges).
 
 
Dans la deuxième partie de l’article, je poursuivrai avec la mise sur orbite de Thabo Mbeki comme successeur de Nelson Mandela.
 
 
 
Sylvain Rakotoarison (22 avril 2009)
 
 
Pour aller plus loin :
 
 
 
 
 
 
 
(NB : Cet article a été rédigé avant la connaissance des résultats électoraux du 22 avril 2009).
 
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21 avril 2009 2 21 /04 /avril /2009 00:06

(dépêches)



Nelson Mandela, invité surprise du meeting de l’ANC

20 avr 2009 - il y a 7 heures 11 min
Afrik.com

Le héros de la lutte anti-apartheid, Nelson Mandela, a été l’invité surprise du grand meeting du Congrès National Africain (ANC), dimanche, en Afrique du Sud, à trois jours des élections générales, indique BBC. Devant les 120 000 partisans réunis au stade Ellis Park de Johannesburg, le Prix Nobel de la Paix a rappelé au parti au pouvoir ses devoirs de lutte contre la pauvreté et la construction d’une société non-raciale. Rarement apparu en public ces derniers mois, la participation de Nelson Mandela à ce meeting est une véritable projection à la magistrature suprême pour le candidat Jacob Zuma, personnalité controversée aux multiples démêlés avec la justice.



Afrique du Sud : l’épineuse question de la redistribution des terres refait surface

- Politique - Election
L’ANC promet de restituer 30% des terres cultivables aux Noirs d’ici 2014

Le Congrès national africain (ANC), au pouvoir en Afrique du Sud, a tenu, dimanche, à Johannesburg, son dernier meeting avant les élections législatives de mercredi. L’une des promesses du parti de Nelson Mandela, vainqueur annoncé de ces élections, est la redistribution de 30% des terres cultivables en faveur des communautés noires, à l’horizon 2014. Cet objectif, déjà fixé au lendemain de la fin de l’Apartheid, en 1994, est difficilement atteignable, estiment certains experts.

lundi 20 avril 2009, par Stéphane Ballong       

Mercredi 15 avril, en pleine campagne électorale, des Noirs sud-Africains armés de couteaux et de machettes prenaient d’assaut une ferme agricole de la province de Mpumalanga, dans l’est du pays. Ils protestaient ainsi contre la lenteur du processus de redistribution des terres aux fermiers noirs prévu depuis l’abolition de l’Apartheid. A la fin du régime de ségrégation raciale, en 1994, en Afrique du Sud, une réforme agraire prévoyait la redistribution des terres en faveur des populations noires. Une loi instaurée en 1913 avait spolié celles-ci des surfaces agricoles dont 90% étaient revenus aux fermiers blancs.

La redistribution et la restitution des terres aux Noirs étaient donc l’une des missions que s’était fixé le Congrès national africain (ANC) lors de son accession au pouvoir en 1994. Quinze années après, il apparaît que la grande majorité de ces terres reste toujours aux mains des fermiers Blancs. Seulement 5% des surfaces agricoles ont été redistribuées en quinze ans. Conséquence : la question de la réforme agraire a été très présente lors de la campagne pour les élections générales de mercredi prochain. Le parti de Nelson Mandela, aux affaires depuis les premières élections multiraciales, promet une accélération de ces réformes pour atteindre la redistribution de 30% des surfaces cultivables d’ici 2014. Un objectif qui était déjà fixé au lendemain de la fin de l’Apartheid.

Redistribuer en maintenant la production

Philippe Hugon, directeur de recherche à l’Iris (Institut des relations internationales et stratégiques), interrogé par Afrik.com, estime que cette promesse du Congrès national africain (ANC) sera difficilement réalisable. D’après lui, les réformes prévues au lendemain de l’Apartheid ont eu de mal à être mises œuvre pour plusieurs raisons. D’une part, le rapport de force reste favorable à la population blanche en raison de son rôle important dans la population agricole nationale, explique le spécialiste. Deuxième raison : l’Etat sud-africain s’était engagé à racheter les propriétés au prix du marché pour les redistribuer. Mais longtemps exclu de la propriété des terres, les communautés noires n’ont pas de tradition agricole et donc pas d’expérience des exploitations agricoles. Le processus a donc pris du retard par souci de maintenir la dynamique de la production. Les cas de transferts de terres qui ont été réalisés ont montré une sous-exploitation de la majorité des surfaces concernées. « Le défi majeur des autorités sud-africaines, résume M. Hugon, est d’assurer la redistribution des terres tout en maintenant un niveau suffisant de production ». Le cas du Zimbabwe voisin, où la réforme agraire a conduit à des expropriations massives des fermiers blancs, et les conséquences qui en ont découlé, interpellent également.

Par ailleurs, le budget alloué au rachat et à la restitution des surfaces agricoles semble insuffisant. Il serait, selon les spécialistes, 5 fois moindre que la somme estimée nécessaire, soit un peu plus d’un milliard d’euros.

Encourager la paysannerie moyenne

Redistribuer 30% des terres à l’horizon 2014 semble donc irréaliste, sinon impossible. A moins de recourir à des expropriations massives comme au Zimbabwe. Mais là aussi, une loi dans ce sens, votée par le Parlement en 2008, a été suspendue face à la réticence des grands propriétaires. Il serait plus réaliste en Afrique du Sud, selon Philippe Hugon, c’est de recourir à une redistribution progressive avec un encadrement et la formation des communautés noires aux techniques d’exploitations, mais aussi la mise à leur disposition des moyens financiers. Les exploitations familiales doivent être encouragées et devraient venir en complément de la production industrielle selon le modèle capitaliste pratiqué jusque-là. Pour ce faire, une solution doit être trouvée à l’interdiction de diviser les grandes propriétés, comme le prévoit une loi instaurée en 1970 et qui est toujours en vigueur.

En somme, il s’agit d’organiser un système de paysannerie moyenne parallèlement au système de production industrielle pour éviter de casser la dynamique de la production agricole du pays. Il faut certes accélérer la réforme agraire concède Philippe Hugon, mais cette réforme ne doit pas se faire dans la précipitation.


 
Elections en Afrique du Sud : vers une nouvelle victoire de l’ANC

Société - Afrique Australe et Océan Indien - Afrique du sud - Politique - Election

Le parti au pouvoir pourrait cependant perdre sa large majorité au Parlement

Plus de 23 millions de Sud-Africains vont voter, mercredi, pour choisir, pour la quatrième fois depuis la fin de l’Apartheid, en 1994, les députés du pays. Ces législatives vont conduire, en mai, à l’élection, par le Parlement, du nouveau président d’Afrique du Sud, première puissance économique du continent. Sauf surprise, Jacob Zuma, le leader de l’ANC devrait être désigné à la tête du pays. Mais son parti risque de perdre sa majorité des deux-tiers du Parlement.

mardi 21 avril 2009, par Stéphane Ballong       

Le Congrès national africain (ANC), au pouvoir depuis les premières élections multiraciales, il y a quinze ans, devrait remporter la majorité lors des législatives de ce mercredi en Afrique du Sud. Le parti est crédité de plus de 60% des intentions de vote, selon les derniers sondages. Son leader, le controversé Jacob Zuma, est assuré d’être le prochain chef d’Etat sud africain que le Parlement désignera le 6 mai prochain. Désormais, plus rien ne peut l’en empêcher. La justice a décidé, le 8 avril dernier, d’abandonner les poursuites pour fraudes et corruption qui pesaient contre lui depuis décembre 2007. Des « abus de pouvoir » commis par le responsable de l’enquête ont pu discréditer la procédure, a estimé le procureur général.

La présence, dimanche, au grand meeting du Congrès national africain, de Nelson Mandela, figure emblématique de la lutte anti-apartheid, a également constitué pour Jacob Zuma un véritable soutien moral. Dans son discours, prononcé devant plus de 100 000 sympathisants, le leader de l’ANC s’est voulu rassembleur. L’Afrique du Sud, a-t-il indiqué, « appartient à tous, Noirs et Blancs ». Pendant cette campagne, il n’a cessé de courtiser les Blancs qui ne représentent pourtant que 9% de la population sud-africaine, mais qui détiennent la puissance économique du pays. M. Zuma, grand tribun zoulou, avait déclaré que les Afrikaners, les descendants de colons hollandais étroitement liés au régime d’apartheid, étaient aussi Africains que les Zoulous.

« Nous utiliserons notre majorité avec responsabilité et nous ne foulerons pas aux pieds les droits des citoyens, ni n’obligerons les autres parties à se soumettre », a également promis le chef de l’ANC.

L’émergence du Cope affaiblit l’ANC

Sauf surprise, l’ANC devrait donc remporter les élections générales de ce mercredi. Seul bémol, le parti, qui compte 70% des députés depuis 2004, pourrait voir sa majorité réduite à environ 60%, en-dessous du seuil des deux-tiers requis pour procéder à des modifications constitutionnelles. Le parti de Nelson Mandela est, en effet, affaibli par l’émergence du Congrès du peuple (Cope) créé par des dissidents après la démission de Thabo Mbeki, ex-leader de l’ANC, à la tête du pays. « Avec l’apparition du Congrès du peuple (Cope), ces élections seront les plus concurrentielles depuis 1994 », explique Aubrey Matshiqi, un analyste politique cité par 20 Minutes.

Le Cope est, certes, encore jeune mais il pourrait réaliser un score de près de10% des suffrages exprimés, estiment certains observateurs. Avec le Democratic Alliance (DA), principal parti d’opposition en Afrique du Sud, les deux partis pourraient réunir assez de voix pour mettre fin à la suprématie absolue du parti de Jacob Zuma.

Les démêlées judiciaires du leader de l’ANC ont sérieusement détérioré l’image du parti. Collette Schulz-Herzenberg, de l’Institut of Security Studies, interrogé par Le Télégramme, estime que beaucoup « ne votent pas ANC par soutien sincère mais parce qu’ils ne regardent pas les autres partis ». Plus de la moitié des électeurs ne pense pas que M. Zuma est complètement innocent dans ces affaires de corruption. Un récent sondage indique que 47% des électeurs font moins confiance au parti qu’en 1994.

« Eradiquer la pauvreté »

L’ANC a beau brandir ses réalisations : la construction de millions de logements sociaux, d’infrastructures routières et scolaires ; un meilleur accès à l’eau et à l’électricité ; une croissance soutenue de 5% sur les trois dernières années…. La Nation arc-en-ciel reste confrontée à de graves problèmes socio-économiques auxquels l’ANC, en quinze ans de pouvoir, n’a pu trouvé de solutions : 43% de la population vit toujours en dessous du seuil de la pauvreté, le taux de chômage reste très élevé. Il est situé entre 20% et 40% de la population active selon les sources. Environ 1 000 personnes meurent du Sida tous les jours. L’insécurité reste un fléau national, avec en moyenne 50 homicides commis par jour. Dimanche, lors du meeting auquel il a débarqué sans prévenir, Nelson Mandela a rappelé aux responsables de l’ANC que leur « première tâche est d’éradiquer la pauvreté et d’assurer une meilleure vie à tous ».

Tel sera l’objectif que ne devrait pas perdre de vue le controversé Jacob Zuma, qui se dirige vraisemblablement vers la présidence du pays organisateur de la prochaine Coupe du Monde, en 2010.



Pauvres milliardaires africains !

Economie - Afrique Australe et Océan Indien - Afrique du sud - Egypte - Nigeria - Entreprise

Le classement Forbes 2009 montre l’impact négatif de la crise sur les plus grosses fortunes

Milliardaires, mais moins bien lotis. Ils pèsent 50% de moins qu’en 2007, soit 2 400 milliards de dollars. Les Africains n’ont pas échappé aux conséquences de la crise financière mondiale, à l’instar de leurs collègues, révèle le classement 2009 publié mercredi par la magazine Forbes. L’Egyptien Naguib Sawiris n’est plus la première fortune africaine. Il a cédé la place au Sud-Africain Nicky Oppenheimer et à sa famille.

samedi 14 mars 2009, par Falila Gbadamassi       19 réactions

Toujours aussi riches, mais quelque peu appauvris, crise financière oblige. C’est ce que révèle le classement 2009 des plus grosses fortunes publié mercredi par le magazine Forbes. Nicky Oppenheimer, l’héritier de la multinationale De Beers qui gère la fortune familiale, est désormais le premier milliardaire africain. A la 98e place, il figure dans le top 100 des milliardaires en tête duquel trône de nouveau le cofondateur de Microsoft, Bill Gates, avec une fortune estimée à 40 milliards de dollars en 2008. A l’instar de tous les milliardaires de la planète, la fortune des Africains s’est considérablement émoussée. Nicky Oppenheimer, avec ses 5 milliards de dollars, succède à l’Egyptien Naguib Sawiris qui en possédait 12,7 en 2007. Ce dernier (3 milliards de dollars) est devenu la lanterne rouge du trio de tête des milliardaires africains. Son frère Nassef Sawiris (3,1 milliards) est désormais la deuxième fortune africaine. Leur père Onsi Sawiris, patriache de cette dynastie qui a fait fortune grâce aux télécommunications, fait toujours partie du palmarès. Comme ses enfants qui le précèdent dans le classement, il a perdu près de huit milliards en 2008. Son troisième fils Samih Sawiris, lui, s’est avéré moins résistant. Il a rejoint le clan des milliardaires « déchus ».

Une année difficile pour les Sawiris

Au total, ce sont huit fortunes africaines qui figurent dans le classement Forbes avec un nouveau venu, le Nigérian Femi Otedola, 42 ans. Il évolue dans le secteur pétrolier et détient la majorité dans la firme African Petroleum dont il est devenu le président-directeur général. Le milliardaire africain, le deuxième Nigérian dans le classement Forbes après Aliko Dangote, envisage de donner naissance au plus grand groupe pétrolier du continent en fusionnant cette société avec la firme privée Zenon dont il est également le patron. Son entreprise est le plus grand importateur de diesel au Nigeria. L’homme d’affaires, à la tête d’une fortune estimée à 1,2 milliard, fait partie des nouveaux venus dans l’univers très select des hommes les plus riches de la planète. Femi Otedola est l’un des 38 milliardaires qui entre dans un club de plus en plus restreint. Le nombre de ses membres est passé de 1 125 à 793 en 2008. Ils ne représentent désormais que 2 400 milliards, contre 4 400 milliards de dollars en 2007.

Si à la crise financière a été préjudiciable aux plus riches et à l’économie américaine, elle n’en conforte pas moins la puissance économique des Américains. En dépit des égarements de Wall Street, New York a envoyé Moscou aux oubliettes en 2008. "The Big Apple" est la capitale mondiale des milliardaires.

Les milliardaires africains en 2008

Rang  Nom  Fortune  Age  Nationalité  Résidence 
98  Nicky Oppenheimer et famille  5,0  63  Sud-africaine  Afrique du Sud 
196  Nassef Sawiris  3,1  47  Egyptienne  Egypte 
205  Naguib Sawiris  3,0  54  Egyptienne  Egypte 
261  Aliko Dangote  2,5  51  Nigériane  Nigeria 
430  Onsi Sawiris  1,7  79  Egyptienne  Egypte 
559  Patrice Motsepe  1,3  47  Sud-africaine  Afrique du Sud 
601  Johann Rupert et famille  1,2  58  Sud-africaine  Afrique du Sud 
601  Femi Otedola  1,2  42  Nigériane  Nigeria 

Source : Forbes 2009

Les milliardaires africains en 2007

Rang  Nom Fortune Age Nationalité Résidence
60  Naguib Sawiris 12,7 53  Egyptienne  Egypte 
68  Nassef Sawiris  11,0  46  Egyptienne  Egypte 
96  Onsi Sawiris  9,1  78  Egyptienne  Egypte 
173  Nicky Oppenheimer et famille 5,7  62  Sud-Africaine  Afrique du Sud 
284  Johann Rupert et famille  3,8 57 Sud-africaine Afrique du Sud
334 Aliko Dangote  3,3  -  Nigériane Nigeria 
396  Samih Sawiris  2,9  51  Egyptienne  Egypte 
503  Patrice Motsepe  2,4  46  Sud-africaine  Afrique du Sud 
605  Donald Gordon 2,0  77 Sud-africaine  Grande-Bretagne

Source : Forbes 2008

Légende photo : le Sud-Africain Nicky Oppenheimer



Zuma n’arrive pas à se débarasser de la justice

Société - Afrique Australe et Océan Indien - Afrique du sud - Politique

Elle pourrait de nouveau l’épingler pour corruption

Les élections présidentielles approchent et Jacob Zuma n’arrive pas à se sortir de ses démêlés judiciaires. La Cour suprême d’appel sud-africaine a invalidé ce lundi le non-lieu qui avait été prononcé le 12 septembre dans le cadre de la procédure lancée à son encontre pour corruption.

lundi 12 janvier 2009, par Falila Gbadamassi       

Jacob Zuma rattrapé par la justice. La Cour suprême d’appel sud-africaine a annulé ce lundi la décision de première instance qui avait permis au favori du parti au pouvoir aux présidentielles, qui doivent se tenir cette année, d’échapper à des poursuites pour corruption. L’affaire, ouverte par le procureur général Bulelani Ngcuka, va de rebondissements en rebondissements depuis la tenue du premier procès en 2005. A chaque fois, ce sont les chances de Jacob Zuma d’accéder à la magistrature suprême de son pays qui sont remises en question. Le chef du Congrès national africain (ANC), alors vice-président sud-africain (1999-2005), aurait exigé 500 000 rands (68 000 euros) par an pour protéger le fabriquant d’armes Thint, filiale sud-africaine du groupe français Thales (auparavant Thomson-CSF), objet d’une enquête dans le cadre d’un contrat d’armement. Son conseiller financier, Shabir Shaik, a écopé en juin 2005 de 15 ans de prison ferme. Il aurait versé, entre 1995 et 2001, 1,3 million de Rands (160 000 euros) pour bénéficier de l’influence politique de Jacob Zuma et aurait négocié pour ce dernier son contrat avec Thales.

Une mauvaise nouvelle en cette année éléctorale

Après le verdict, Jacob Zuma est démis de ses fonctions de vice-président. Ses arrangements avec son conseiller financier, mis en exergue lors du procès de ce dernier, lui valent d’être inculpé en octobre 2005 par la justice sud-africaine. Les charges seront levées en septembre 2006, puis le chef de l’ANC, fraîchement élu, sera de nouveau accusé en décembre 2007. Le 12 septembre, la procédure est de nouveau invalidée par Chris Nicholson, juge du tribunal de Pietermaritzburg (sud-est). Le juge a motivé son non-lieu par le fait que l’accusation n’avait pu présenté ses arguments. Le magistrat a également trouvé « curieux » que des poursuites n’aient pas été engagées simultanément contre l’ancien vice-président et son conseiller financier. Néanmoins, Chris Nicholson a autorisé le parquet à faire appel de sa décision.

Jacob Zuma et la justice
 2005 : En octobre, il est accusé de corruption et en décembre de viol
 2006 : En avril, il est acquitté dans son procès pour viol. En septembre, les charges pour corruption sont levées, faute de preuves suffisantes.
 2007 : En décembre, il est de nouveau inculpé pour corruption
 2008 : La procédure est invalidée en septembre. Le parquet introduit un recours.
 2009 : La Cour suprême d’appel donne raison au parquet. A la veille des présidentielles, le chef de l’ANC pourra de nouveau être inculpé pour corruption. 
Ce dernier a eu gain de cause ce lundi. Le vice-président de la Cour Louis Helms a considéré par ailleurs que le juge de première instance avait « outrepassé » sa compétence en mettant en avant le rôle joué par l’ex-président sud-africain Thabo Mbeki dans les accusations de corruption contre son ancien vice-président. « Le motif d’intervention politique n’avait aucune raison d’être retenu et l’on constate que ce motif a largement pesé dans la décision. Le juge a changé les règles du jeu et s’est égaré », a noté Louis Helms. "L’acharnement" de Thabo Mbeki l’a obligé à renoncer à la présidence, évènement qui est à l’origine de la création du nouveau parti d’opposition sud-africain, le Congrès du peuple (Cope). La formation dirigée par Mosiuoa Lekota a été créée par des fidèles de Thabo Mbeki. A quelques mois du scrutin présidentiel, les démêlés judiciaires de Jacob Zuma, qui nuisent son image, risquent certainement de profiter à la nouvelle formation politique. Ce qui ne semble pas inquiéter outre-mesure un parti bien installé dans la vie politique sud-africaine, en dépit de la controverse qu’il nourrit aujourd’hui. L’ANC « confirme », dans un communiqué, que « Zuma sera le candidat à la présidence de l’ANC lors des élections de 2009 ».

Le texte du jugement (Source : Mail&Guardian)
http://www.mg.co.za/uploads/zumajudgement.pdf


 

Afrique du Sud : le COPE, une alternative à l’ANC ?

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Les proches de Thabo Mbeki ont fondé le nouveau parti à Bloemfontein

Né d’une querelle entre Thabo Mbeki et Jacob Zuma à la tête de l’ANC, le Congrès du peuple, COPE, a tenu, cette semaine, son congrès fondateur à Bloemfontein, ville de naissance de l’ANC en 1912. Le COPE qui dit compter déjà près de 400 000 adhérents en son sein, se positionne comme un adversaire du parti de Nelson Mandela, à quelques mois des élections générales qui se tiennent en 2009. Mosiuoa Lekota, l’ancien ministre de la Défense de Thabo Mbeki, a été élu à sa tête.

vendredi 19 décembre 2008, par Stéphane Ballong       

« L’histoire de l’Afrique du Sud ne sera plus jamais la même ». Ainsi s’exprimait Mosiuoa Lekota, lors du lancement officiel du nouveau parti, dont il a été élu président. Le Congrès du peuple a été créé il y a deux mois par des dissidents de l’ANC proches de l’ancien président sud-africain Thabo Mbeki, contraint à la démission. C’est à Bloemfontein, ville où est né l’ANC (African National Congress) en 1912, que s’est tenu mardi le congrès fondateur. Quelques jours plus tôt, M. Lekota affirmait : l’ANC « plus que quiconque, devrait savoir qu’il n’y a aucune chance que nous fassions marche arrière, nous sommes maintenant tournés vers les élections ».

Mosiuoa Lekota, choisi par consensus, a travaillé pendant huit ans comme ministre de la Défense avec Thabo Mbeki. Surnommé « Terror », à cause de son agressivité au football, M. Lekota, 60 ans, a été emprisonné à Robben Island durant l’Apartheid, comme Nelson Mandela. Il sera secondé à la tête du nouveau parti par Mbhazima Shilowa, l’ex-ministre de la province de Johannesburg-Pretoria, la plus importante place économique en Afrique et le cœur industriel de l’Afrique du Sud.

Le COPE revendique 400 000 adhérents

Selon un récent sondage, le nouveau parti, qui prétend compter en son sein 400 000 adhérents, est crédité de 15 % des voix aux prochaines élections générales qui auront lieu au premier semestre 2009, indique RFI. Le COPE qui aurait décliné des propositions de rapprochement avancées par l’ANC, devrait publier son programme de campagne à la mi-janvier. Les affaires de corruption qui frappent le parti de Nelson Mandela, notamment son nouveau chef Jacob Zuma, seront un des arguments de campagne du Congrès du peuple face à l’ANC. Un parti qui, de son côté, met en garde ses électeurs contre les discours des dirigeants du COPE, qualifiés de mauvais perdants et d’incompétents.

Pour laver les humiliations du clan de Jacob Zuma aux prochaines élections, les dirigeants du COPE mèneraient, avec d’autres partis d’opposition, notamment l’Alliance démocratique qui bénéficie d’un fort soutien parmi la population blanche, des discussions pour former une coalition.



 
L’ANC en proie aux démons de la division

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Les dissidents prévoient une convention nationale le 2 novembre prochain

L’African National Congress, le parti au pouvoir en Afrique du Sud est au bord de l’implosion. Un haut cadre du parti, Mbhazima Shilowaa, a annoncé la tenue d’une convention nationale le 2 novembre prochain et a quitté l’ANC. Jacob Zuma, actuel patron du parti, a essayé de minimiser l’incident, mercredi soir, à la télévision sud africaine. Le clan Mbeki se forme peu à peu après la démission forcée de l’ancien président et menace la mythique ANC.

jeudi 16 octobre 2008, par Anissa Herrou       

Mosiuoa Lekota, Mluleki George et aujourd’hui Mbhazima Shilowa. La liste de dissidents au Congrès National Africain (ANC) allonge de jour en jour. Après l’ex-ministre de la défense et son adjoint, c’est aujourd’hui Mbhazima Shilowaa, l’ancien premier ministre du Gauteng, la province la plus riche du pays, qui vient d’annoncer sa défection. Membre du comité directeur de l’ANC et figure imposante de l’ANC, il pense aujourd’hui rallier un nouveau parti avec les autres démissionnaires. « Une convention nationale est prévue pour le 2 novembre prochain », a-t-il déclaré.

Les réactions ne se sont pas fait attendre. Le soir même à la télévision sud-africaine, Jacob Zuma, patron du Congrès National Africain, est intervenu pendant près de quarante minutes pour essayer d’éteindre l’incendie. L’annonce de cette convention est pour lui le fait d’individus « isolés et aigris », rapporte RFI. Après avoir joué la carte de l’apaisement pendant quelques temps, il avait menacé d’éventuels sécessionnistes en début de semaine en déclarant : « Il nous faut aussi rappeler aux dissidents que l’Histoire a été extrêmement dure pour ceux qui rompaient avec l’ANC ». Jacob Zuma a finalement limogé les infidèles, mais il ne croit pas pour autant en leur chance de déstabiliser le parti au pouvoir lors des prochaines élections de 2009.

Le journal The Star, qui cite une source anonyme proche du comité directeur du parti, a annoncé que le Congrès avancerait probablement l’échéance électorale afin d’endiguer la vague de contestation et faire éclater la dissidence. Les intéressés n’ont rien confirmé pour le moment. Kgalema Motlanthe, qui a succédé à Thabo Mbeki, devrait démissionner à son tour en 2009 pour laisser la place à Jacob Zuma. L’actuel chef de l’ANC préfèrerait ainsi ne pas avoir trop de concurrence.

La rupture est bel et bien consommée

Paul Graham, directeur exécutif de l’Institut pour la démocratie en Afrique du Sud (Idasa), a déclaré jeudi dernier à l’AFP que les responsables de l’ANC « oscillaient entre un ras-le-bol qui les poussait à dire à Lekota de partir (...), et la volonté de maintenir l’unité du parti ». Plus de doute aujourd’hui, la rupture est bel et bien consommée. Depuis le 21 septembre et la démission forcée de Thabo Mbeki, accusé d’avoir comploté contre Zuma, les mbekistes, comme on les appelle désormais en Afrique du Sud, grossissent jour après jour. Le premier à partir, Mosiuoa Lekota, avait critiqué la perte de « valeurs » du parti de Nelson Mandela.

L’ANC a été créé en 1912 pour défendre les droits de la population noire contre la domination blanche. Interdit par le Parti National des Afrikaners en 1960, pendant l’Apartheid, l’ANC est de nouveau autorisé à partir de 1990. Dès les premières élections multiraciales de 1994, Nelson Mandela, tout juste sorti de prison, prend la tête du parti et du pays. Il met en place en 1996 un gouvernement d’union nationale regroupant oppresseurs et opprimés : l’ANC, le Parti national et le parti zoulou Inkhata. Largement majoritaire à chaque élection, l’ANC a toujours représenté l’union sacrée dans la « Nation arc-en-ciel ».

Pourtant, depuis une dizaine d’années, l’ANC est sujette à de vives critiques et l’union s’effrite. Elu à la présidence en 1999, Thabo Mbeki n’a pas su rassembler comme son prédécesseur. Accusé d’être trop libéral, éloigné des aspirations du peuple, il aurait entraîné une fracture sociale entre le parti et la base, selon ses détracteurs. Ses fidèles se réclament pourtant les descendants directs du prix Nobel de la paix ou encore de Walter Sisulu, militant anti-apartheid et compagnon de geôle de Mandela.

Le parti historique qui lutta contre la ségrégation raciale, la domination impérialiste blanche et la liberté des peuples sud-africains est aujourd’hui en proie à des luttes intestines bien terre à terre. Alors que l’Afrique du Sud est aujourd’hui un pays émergent qui inquiète le Nord, un conflit politique pourrait fragiliser la première puissance économique africaine.


 
Corruption : la justice sud-africaine zoome sur Zuma

Société - Afrique Australe et Océan Indien - Afrique du sud - Corruption - Justice - Politique

Le parquet autorisé à faire appel de l’invalidation des poursuites contre le patron de l’ANC

Alors que l’élection présidentielle se rapproche, Jacob Zuma, le patron de l’ANC et favori pour la présidence, est à nouveau inquiété par la justice sud-africaine. Le tribunal de Pietermaritzburg a autorisé, mercredi, les procureurs à faire appel de la décision d’invalidation des poursuites pour corruption contre le dirigeant du parti au pouvoir. Mauvaise nouvelle à quelques mois des présidentielles.

mercredi 22 octobre 2008, par Anissa Herrou       

Jacob Zuma qui se croyait à l’abri jusqu’en 2009 est à nouveau inquiété par la justice sud-africaine. Chris Nicholson, juge du tribunal de Pietermaritzburg, (sud-est de l’Afrique du Sud), a autorisé mercredi le parquet sud-africain à faire appel de la décision d’invalidation des poursuites contre Jacob Zuma. Le patron de l’ANC (African National Congress, parti au pouvoir), accusé d’avoir accepté des dessous de table de la part d’une filière de la société d’armement Thalès, avait été relaxé le 12 septembre. Le juge avait en effet accepté sa requête en non lieu au motif que la procédure n’avait pas été respectée puisque Jacob Zuma n’avait pas pu présenter ses arguments à la justice. Les procureurs, qui avaient déposé, mercredi 30 septembre, un recours afin de rouvrir les poursuites contre le favori à l’élection présidentielle, obtiennent aujourd’hui gain de cause. L’enquête est relancée.

Jacob Zuma est aujourd’hui dans une position délicate alors qu’il pensait être tranquille jusqu’à la présidentielle de 2009. Profitant de la relaxe du 12 septembre, il avait accusé Thabo Mbeki, l’ancien président, d’être à l’origine de son inculpation. Le juge lui avait alors donné raison évoquant des « interférences politiques au plus haut niveau ». Convaincant les membres les plus influents du parti, le dirigeant de l’ANC l’avait évincé du pouvoir et mis à son poste Kgalema Motlanthe, homme politique bien moins dangereux pour les élections à venir.

L’ANC en proie à la dissidence

La nouvelle tombe mal pour le patron de l’ANC à l’heure où son parti est en train de se fissurer. Les pro-mbekistes quittent peu à peu le navire et ont même décidé de tenir une convention nationale le 2 novembre prochain dans l’espoir de créer un nouveau parti. Ce nouveau rebondissement juridique pourrait leur redonner confiance alors que Jacob Zuma avait déclaré à la presse qu’ils ne représentaient que des cas « isolés et aigris » qui ne l’inquiétaient pas.

L’ANC, qui est au pouvoir depuis les élections multiraciales de 1994 et qui domine très largement la scène politique sud africaine, devra dorénavant compter avec un président affaibli et une opposition grandissante pour l’échéance électorale de 2009.



 

Kgalema Motlanthe, nouveau président d’Afrique du sud

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Le vice-président de l’ANC remplace Thabo Mbeki à la tête de l’Etat

Kgalema Motlanthe, le vice-président du Congrès national africain (ANC), a été désigné lundi président de la République d’Afrique du Sud. Il remplace Thabo Mbeki, qui a démissionné hier, suite à l’injonction de l’ANC.

lundi 22 septembre 2008, par Franck Salin        
Avec Panapress

En choisissant son vice-président, Kgalema Motlanthe, 59 ans, pour occuper la fonction de chef d’Etat, le Congrès national africain (ANC) a voulu annihiler tout risque de crise politique en Afrique du Sud. Politicien modéré, fin stratège et très populaire au sein de son parti, M. Motlanthe est moins controversé que le président de l’ANC, Jacob Zuma. Ces derniers mois, il a d’ailleurs mené une campagne de réconciliation dans le pays, afin de rassurer la minorité blanche et les investisseurs étrangers inquiets de bientôt voir Jacob Zuma succéder à Thabo Mbeki.

M. Motlanthe "sera le nouveau président, pas un président par interim, il sera le président de la République jusqu’aux élections" générales au 2ème trimestre 2009, a déclaré le porte-parole du groupe parlementaire de l’ANC, K. K. Khumalo, à l’issue d’une réunion du groupe parlementaire au Cap. En obtenant ces pleins pouvoir, le nouveau président pourra constituer un vrai gouvernement de transition et devrait pouvoir gérer au mieux les problèmes du pays.

Thabo Mbeki rappelle les défis qui attendent le pays

Thabo Mbeki a confirmé, dimanche soir, dans un discours à la nation avoir remis au Parlement sa lettre de démission. "J’ai aujourd’hui remis à l’Honorable présidente du Parlement, Baleka Mbete, ma lettre de démission de l’éminent poste de président de l’Afrique du Sud", a-t-il déclaré lors de son intervention diffusée en direct par la télévision.

Dans son discours, le président Mbeki a abordé bon nombre des questions qui ont conduit au premier limogeage d’un président sud-africain de l’ère post-apartheid. Il a déclaré être un militant loyal du Congrès national africain (ANC), et s’est dit heureux de pouvoir respecter les décisions de sa formation.

Thabo Mbeki a consacré une importante partie de son discours au détail des réalisations à inscrire au bilan de son gouvernement de l’ANC depuis 1994. Il s’est également déclaré loyal, tout en insistant sur certaines des réalisations de son administration dans les domaines social et économique.

"Nous devons reconnaitre qu’il nous reste encore de nombreux défis à relever à cet égard", a-t-il affirmé. Il a tout particulièrement insisté sur le système de la justice pénale, qui devrait œuvrer à l’intensification de la lutte contre la criminalité et promouvoir la renaissance morale. "Je vous remercie très sincèrement de m’avoir donné la possibilité de vous servir", a ensuite affirmé Thabo Mbeki, en concluant une intervention qui a été suivie par des millions de Sud-africains.

Samedi, le parti au pouvoir avait annoncé sa décision de "rappeler" Mbeki, suite au commentaire accablant du juge Chris Nicholson, de la Haute Cour de Pietermaritzburg, qui avait, en rendant sa décision, accusé Mbeki d’avoir tenté d’influer sur la procédure judiciaire enclenchée contre le président de l’ANC, Jacob Zuma. Un acte qui constituait une violation des dispositions de la Constitution.

L’opposition sud-africaine salue la sortie "digne" de Mbeki

L’Alliance démocratique (DA), l’opposition officielle en Afrique du Sud, estime que la manière "digne" dont le président Thabo Mbeki a géré sa sortie permet d’espérer une certaine continuité dans les instances gouvernementales d’ici à la prochaine élection.

Pour le leader de la DA, Helen Zille, "le gouvernement doit maintenant regarder vers l’avenir et réfléchir à ce qui est dans l’intérêt supérieur de notre pays". "Surtout, il est essentiel que le gouvernement soit stable. Une purge totale des ministres, particulièrement ceux qui ont bien rempli leur mission, aurait des conséquences désastreuses. Ceci doit être évité à tout prix", a-t-elle ajouté.

Mme. Zille a analysé que la démission forcée du président est clairement motivée par l’ANC soucieuse de trouver "une solution politique" aux problèmes juridiques de M. Zuma. D’après elle, la manière "vicieuse" dont M. Mbeki a été contraint à rendre le tablier par ses ennemis a choqué la nation. "En conséquence, l’ANC s’en trouve irrévocablement divisée, de même que ses militants. Ironie du sort, le président Mbeki a évoqué la valeur africaine de l’"Ubuntu" (j’existe à travers toi en zoulou), qui lui a été clairement refusée par son propre parti".

"J’appelle depuis longtemps à un regroupement des politiques pour unir tous les Sud-africains qui veulent défendre la Constitution et les acquis de notre démocratie. Nous devons résister ensemble aux va-t- en-guerre hostiles à la Constitution qui ont pris les rênes de l’ANC. Notre heure est venue maintenant. Nous devons redoubler d’efforts pour réunir tous ceux qui croient en la Constitution afin de nous opposer à la soif de pouvoir et aux abus de pouvoir de l’ANC de Jacob Zuma".

La future gouvernance Zuma inquiète nombre de sud-africains. Cependant, l’attitude de Thabo Mbeki, qui a accepté de se retirer sans essayer de s’accrocher au pouvoir par les moyens les plus brutaux, reste exemplaire. Elle prouve qu’en Afrique du Sud, le respect de la démocratie n’est pas un vain mot . Gageons que Jacob Zuma respecte lui aussi, une fois au pouvoir, la volonté de son parti et du peuple sud-africain.


 

Afrique du Sud : Thabo Mbeki contraint de démissionner

Société - Afrique Australe et Océan Indien - Afrique du sud - Politique

Le président sud-africain accepte d’obéir à l’injonction de l’ANC

Thabo Mbeki « va démissionner », a déclaré ce samedi le porte-parole du président sud-africain. Cette décision met un terme à plusieurs mois de conflit entre le chef de l’Etat et le nouveau président du Congrès national africain (ANC), Jacob Zuma.

samedi 20 septembre 2008, par Franck Salin        

Jacob Zuma a fini par avoir la tête de Thabo Mbeki. Le secrétaire général de l’ANC, M. Gwede Mantashe, a affirmé aujourd’hui que la décision prise par le comité directeur du parti d’exiger la démission du président n’avait « rien d’une punition » et qu’elle visait « à unir de nouveau le parti ». Mais il est évident que le populaire Jacob Zuma, dont la conquête de l’ANC sur Thabo Mbeki en 2007 avait été triomphale, a tout mis en œuvre pour écarter son rival dont le deuxième mandat devait normalement s’achever au deuxième trimestre 2009. La raison invoquée pour éjecter le président sud-africain ? L’influence qu’il aurait exercée sur la justice pour nuire à son rival. Jacob Zuma était poursuivi, jusqu’à la semaine dernière où le tribunal de Pietermaritzburg a prononcé un non-lieu, pour corruption, fraude, racket et blanchiment d’argent.

Thabo Mbeki, qui s’attendait sans doute à voir tomber le couperet, n’a pas commenté la décision de son parti. « Il devrait faire une déclaration demain après le conseil des ministres extraordinaire qu’il a convoqué » a indiqué Mukoni Ratshitanga, le porte-parole de la présidence. Dans une brève intervention sur la radio privée 702 Talk Radio, M. Ratshitanga a déclaré que « le président se plie à la décision et va démissionner » et que « cette décision inclut le processus parlementaire ». L’ANC devrait demander au gouvernement de rester en fonction afin de garantir la stabilité du pays, jusqu’à l’élection de Jacob Zuma à la fonction suprême.

Depuis que Thabo Mbeki a succédé à Nelson Mandela en 1999, l’Afrique du Sud est devenue la première puissance économique du continent et la 11ème économie de la planète. Le président sud-africain a aussi acquis, en intervenant dans plusieurs pourparlers de paix en Afrique, une dimension de grand négociateur. Cependant, sa cote n’a cessé de s’affaiblir dans son pays. Aujourd’hui usé, critiqué, accusé de vouloir s’accrocher au pouvoir par les moyens les plus vils, il devra se retirer. Reste à savoir si le fantasque Jacob Zuma sera à la hauteur des nombreux défis auxquels doit faire face l’Afrique du Sud.


 

Afrique du Sud : Jacob Zuma sur le fil

Société - Afrique Australe et Océan Indien - Afrique du sud - Justice

Le chef de l’ANC espère un non-lieu dans son procès pour corruption

Jacob Zuma a comparu lundi devant un tribunal du Sud-Est de l’Afrique du Sud. Le président du Congrès National Africain (au pouvoir) va tenter d’obtenir un non-lieu dans une procédure judiciaire qui le met en cause pour corruption. Il est soutenu par de très nombreux militants qui dénoncent une machination politique.

mardi 5 août 2008, par Lauranne Provenzano       

Quitte ou double. L’avocat de Jacob Zuma, le leader du Congrès National Africain (ANC, au pouvoir), a déposé un recours lundi devant le tribunal de Pietermaritzburg (Sud-Est de l’Afrique du Sud) pour faire annuler le procès en appel dans lequel son client comparaît pour corruption. Il avance que le procureur n’a pas laissé s’exprimer l’accusé avant de l’inculper.

Une éviction politique ?

Accusé de fraude, de corruption, de blanchiment d’argent et d’évasion fiscale, Jacob Zuma est soupçonné d’avoir établi des accords obscurs avec la société française Thint (Thalès International). Mais sa rivalité avec le président Thabo Mbeki serait, pour certains, la véritable raison de ce procès.

Portée une première fois devant la justice en 2005, cette affaire de corruption a profondément modifié les rapports entre les deux hommes, jusqu’ici inséparables en politique. Reconnu coupable, puis blanchi pour vice de forme, Jacob Zuma a été limogé par Thabo Mbeki, qui lui a retiré la vice-présidence. Depuis, leur rivalité s’est accrue, jusqu’à les mettre face à face dans la course à la tête de l’ANC en décembre 2007. Jacob Zuma avait alors infligé un sévère revers au président. Pour beaucoup, Thabo Mbeki ne serait donc pas étranger à la remise à jour du procès Thint.

Course à la présidence

Si le vice de procédure que plaide Me Kemp J. Kemp est avéré, Jacob Zuma pourra compter sur une annulation ou un report de la procédure. Il aurait alors le champ libre pour préparer l’élection présidentielle du deuxième semestre 2009, pour laquelle il est le grand favori. Mais en cas d’échec de la procédure d’appel, Me Kemp J. Kemp a d’ores et déjà fait savoir qu’il déposera un recours devant la Cour suprême, toujours dans l’espoir d’obtenir un non-lieu. Prêt à toute éventualité, Jacob Zuma a pour sa part promis de démissionner de la tête de l’ANC s’il était reconnu coupable.

Les militants de l’ANC sont venus en masse lundi devant le tribunal de Pietermaritzburg pour manifester leur soutien à leur leader. Rassemblés sur place à l’initiative des cadres du parti, ils ont exécuté des danses et des chants zoulous, ainsi que des prières en l’honneur de leur chef. Très populaire auprès des catégories pauvres de la population sud-africaine, Jacob Zuma représente pour elles l’espoir d’un monde meilleur : « C’est lui qui fera de l’Afrique du Sud un pays prospère où les gens auront le privilège d’avoir un travail », affirmait d’ailleurs un sympathisant.



Afrique du Sud : Jacob Zuma sur les traces de Thabo Mbeki ?

Société - Afrique Australe et Océan Indien - Afrique du sud - Politique

Le parti sud-africain ANC a élu son nouveau président

Jacob Zuma a été élu, mardi, à 60% des voix, président du Congrès national africain (ANC) pour cinq ans. Il remplace le président sortant, le chef de l’Etat sud-africain Thabo Mbeki qui entendait bien briguer un troisième mandat. Le nouveau dirigeant de l’ANC est attendu avec une certaine nervosité par les marchés financiers, partisans de M. Mbeki, qui souhaitent connaître sa politique économique. M. Zuma avait défrayé la chronique en se faisant limoger de son poste d’ancien vice-président du pays, en 2005, après la condamnation pour corruption de son conseiller économique.

mercredi 19 décembre 2007, par Stéphanie Plasse       

« Le nombre de votes recueillis est de 1505 pour Thabo Mbeki et de 2 329 pour Jacob Zuma », annonce Dren Nupen, la présidente de la commission électorale du parti du Congrès national africain (ANC), sous un tonnerre d’applaudissements. Dans le chapiteau, c’est l’effervescence, on chante et on danse dans le vacarme des tambours et des sifflets. Réunis en congrès depuis dimanche à Polokwane, au Nord-Est de l’Afrique du Sud, les délégués de l’ANC ont élu, mardi, pour cinq ans, Jacob Zuma à la tête du parti, écartant leur président sortant, le chef de l’Etat sud-africain Thabo Mbeki.

Ce congrès a révélé au grand jour la profonde division au sein du parti, exprimée par de longues joutes verbales, des chansons et des gestes. Le camp loyaliste levait trois doigts, symboles du troisième mandat de Mbeki à la tête de l’ANC tandis que les partisans de Zuma effectuaient un mouvement de rotation des mains pour signaler un changement de joueur. Du jamais vu pour le parti qui assistait pour la première fois, depuis 1949, à une confrontation entre deux candidats.

Les marchés financiers craignent la politique de Zuma

Dans cette bataille électorale, Jacob Zuma a pu compter sur le soutien ses deux puissants alliés de l’ANC, la confédération syndicale Cosatu et le Parti communiste qui attendent de lui une inflexion à gauche. Le président de l’ANC envisage de s’attaquer aux problèmes du chômage qui touche 40% de la population. Par sa politique ouvertement sociale, Joseph Zuma suscite la nervosité des marchés financiers, les alliés de Thabo Mbeki, qui craignent que sa politique économique soit catastrophique. « Je ne sais pas ce que Zuma représente. Je ne connais pas ses convictions économiques, parce qu’il n’a jamais rien dit. Mais il doit beaucoup au Cosatu et je sais ce que défend le Cosatu et je n’aime pas ça », a expliqué lundi à l’AFP, Dawie Roodt, économiste en chef pour le groupe d’investissement Efficient. Pour autant, il assure que « la nervosité n’est pas trop grande » et note qu’aucun des investisseurs étrangers avec lesquels il travaille n’est « prêt à quitter l’Afrique du Sud ». « Les marchés vont progressivement intégrer le fait que Zuma sera probablement le prochain président d’Afrique du Sud, mais aussi qu’il peut être inculpé dans les prochains mois », a souligné pour sa part, mardi, Mike Schussler un autre économiste.

Un personnage controversé

C’est vrai que Jacob Zuma défraye très souvent la chronique. D’ici quelques mois, Il risque d’être inculpé pour corruption et fraude fiscale au terme d’une longue enquête sur un contrat d’armement avec la filiale sud-africaine du groupe français Thales qui avait entraîné la condamnation de son conseiller économique en 2005. En Afrique du Sud, beaucoup s’inquiètent des écarts de ce tribun zoulou aux conceptions très traditionnelles qui soutient, entre autres, le test de virginité, une coutume récemment interdite. Cette élection est pour ces adversaires un véritable choc. Pour Helen Zille, la présidente du principal parti d’opposition l’Alliance démocratique, la victoire de Jacob Zuma est « un jour sombre pour l’ANC et pour l’Afrique du sud », a-t-elle déclaré, lundi, à l’AFP.

Aux vues des réactions, le nouveau président élu devra faire ses preuves et déployer ses talents de médiateur, comme il l’avait fait au moment des combats « ethniques » et fratricides entre l’ANC et les Zoulous dans la province du KwaZulu-Natal en 1994-1996. Il est certain que Le pays tout entier comme la communauté internationale observeront avec grand intérêt la politique menée par celui qui, à la tête de l’ANC, est désormais en position idéale pour être le prochain président de l’Afrique du sud.


Rien ne va plus à l'ANC


par Nicolas Champeaux
Afrique du Sud

Article publié le 16/10/2008 Dernière mise à jour le 15/10/2008 à 23:24 TU

Le parti de Nelson Mandela au bord de l'implosion. L'ancien chef du gouvernement de la province Khao-Teng, province qui regroupe et Pretoria et Johannesbourg, a annoncé la date d'une convention nationale le 2 novembre prochain. L'actuel patron de l'ANC et probable futur chef d'Etat a tenté ce mercredi soir à la télévision d'éteindre l'incendie.

Jacob Zuma a minimisé les divisions au sein de son parti. Il estime que le concept d'une convention nationale est l'initiative d'individus aigris et isolés. Il n'est pas inquiet à ce stade des dégâts que l'éventuel nouveau parti pourrait causer lors des élections générales l'an prochain. Selon lui, les sécessionnistes n'ont pas dévoilé de politique alternative à celle de l'ANC. Enfin, concernant les suspensions de Mosiuoa Lekota, l'ex-ministre de la Défense de Thabo Mbeki, Jacob Zuma a expliqué que le parti ne pouvait pas rester sans rien faire alors que certains membres utilisent les structures de l'ANC dans l'objectif de détruire ce même parti.

Un mini séïsme en vue

La décision d'exclure définitivement Lekota et son adjoint n'a pas encore été prise mais elle ne fait plus aucun doute. Jamais depuis 1996 l'ANC n'a congédié de ses arcanes, de personnalités politiques du rang de Lekota. C'est donc un mini séïsme qui secoue l'ANC. C'est pourquoi sans doute, Jacob Zuma même s'il n'est pas inquiet, a jugé utile de participer durant 40 minutes à cette émission spéciale, organisée à la dernière minute et retransmise à la télévision et à la radio publiques en Afrique du Sud.

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20 avril 2009 1 20 /04 /avril /2009 09:11

(dépêche)



Algérie : Abdelaziz Bouteflika a prêté serment

20 avr 2009 - il y a 9 heures 1 min
Afrik.com

Le président algérien a prêté serment, dimanche, pour un troisième mandat de cinq ans au Palais des nations à Alger, mentionne El Watan. Abdelaziz Bouteflika avait été réélu le 9 avril dernier avec 90,24 % des suffrages. Un chiffre critiqué par les candidats de l’opposition qui ont dénoncé « le bourrage des urnes » lors de l’élection présidentielle.





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15 avril 2009 3 15 /04 /avril /2009 10:44

(dépêche)



Abdellatif Filali, ancien premier ministre marocain

Nécrologie
LE MONDE | 15.04.09 | 15h55  •  Mis à jour le 15.04.09 | 15h55

Ancien premier ministre marocain, Abdellatif Filali est mort, vendredi 20 mars, à l'âge de 80 ans, dans un hôpital de la région parisienne.

Les hommes politiques des pays en développement écrivent rarement leurs Mémoires. Ils disparaissent sans laisser de témoignage personnel. On regrette d'autant plus ce manque, s'agissant d'Abdellatif Filali, qu'il était un fin lettré. Sa longue carrière politique lui avait permis de côtoyer, entre autres, le général de Gaulle, le caudillo Franco, Abdelaziz Bouteflika, Bill Clinton et, bien sûr, le roi Hassan II du Maroc, qui en fit son premier ministre en 1994.

Non pas que M. Filali n'ait rien écrit. Il y a tout juste un an il avait publié en France, où il s'était retiré depuis une dizaine d'années, un ouvrage, Le Maroc et le Monde arabe (Ed. Scali). Il y exprimait son amertume et sa consternation face à un monde arabo-musulman assoupi. Mais ce livre n'était pas celui d'un pamphlétaire. Abdellatif Filali n'y réglait aucun compte et ne trahissait aucun secret d'Etat. D'Hassan II intime, il ne soufflait mot dans ces pages lisses et il était muet sur son fils, l'actuel roi Mohammed VI.

Affaire de tempérament autant que d'éducation sans doute. M. Filali était un homme mesuré. Il avait ses convictions mais se livrait peu. Son livre était à son image, tout en retenue et allusif.

Né le 26 février 1929 à Beni-Mellal, fils d'un cadi, Abdellatif Filali avait fait des études de droit en France avant d'opter pour la carrière diplomatique. Elle allait être substantielle : chargé d'affaires auprès de l'ONU, à New York (1958-1959), puis en France (1961-1962) ; successivement ambassadeur à Pékin, en pleine révolution culturelle, à Alger, à Madrid, à Londres, il entre ensuite au gouvernement.

Différents portefeuilles - dont celui des affaires étrangères - lui sont confiés avant que le roi Hassan le nomme premier ministre en 1994. Sa mission : préparer une alternance qui, quatre ans plus tard, allait voir les socialistes revenir aux affaires et diriger le gouvernement.

Le pouvoir royal voulut-il offrir un lot de consolation à celui qui avait servi le Trône si longtemps, ou Hassan II entendait-il conserver à la tête de la diplomatie un serviteur loyal et compétant ? Toujours est-il que le monarque fera en sorte qu'Abdellatif Filali fasse partie du premier gouvernement d'alternance au poste de ministre des affaires étrangères.

Ce portefeuille, il ne le conservera qu'une seule année. Ainsi en décida le roi. Abdellatif Filali conçut de l'amertume de cette éviction. Pourtant avare de confidences, l'ancien premier ministre, au soir de sa vie, dira à des amis que sa disgrâce finale avait un lien avec les mésaventures de son fils, Fouhad. Ce dernier, propulsé patron de l'ONA, le premier groupe privé du royaume (groupe contrôlé par le Palais), en fut brusquement débarqué le 20 avril 1999 à la suite de ses démêlés conjugaux avec Lalla Meryam, la fille aînée d'Hassan II dont il allait se séparer. A Rabat, les chroniqueurs de la cour ne manquèrent d'ailleurs pas de souligner que le jour même où Abdellatif Filali était décoré par Hassan II de la plus haute distinction du royaume, son fils était congédié de l'ONA.

Débarqué du gouvernement, Abdellatif Filali allait s'installer en France, le pays natal de l'écrivain Marcel Proust, qu'il admirait beaucoup, et du maréchal Lyautey, sur lequel il était en revanche très critique. Des goûts opposés à ceux d'une grande partie de la bonne société marocaine.

Jean-Pierre Tuquoi

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Dates clés

26 février 1929
Naissance à Beni-Mellal (Maroc).

1958
Début de carrière diplomatique.

1994-1998
Premier ministre du Maroc.

20 mars 2009
Mort à Clamart (Hauts-de-Seine).

Article paru dans l'édition du 16.04.09

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10 avril 2009 5 10 /04 /avril /2009 21:49

(verbatim)



 
 
Réélection de M. Abdelaziz BOUTEFLIKA à la Présidence de la République algérienne démocratique et populaire   
 
Publié le 10-04-09 à 19:04  

Le Président de la République adresse ses chaleureuses et amicales félicitations au Président Abdelaziz Bouteflika, à l’issue de la réélection de ce dernier à la Présidence de la République algérienne démocratique et populaire. Il lui souhaite plein succès dans la haute mission qui est la sienne.
 
Attaché à la construction d’un partenariat d’exception entre la France et l’Algérie, le chef de l’État formule le souhait que nos deux pays, riches de leurs peuples et de la proximité qui les unit, parviennent à construire un lien exemplaire aux yeux du monde.


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2 mars 2009 1 02 /03 /mars /2009 16:33

(dépêches)




Le président Vieira tué par des militaires

par  RFI (avec AFP) - Guinée-Bissau
Article publié le 02/03/2009 Dernière mise à jour le 02/03/2009 à 12:39 TU

Le président bissau-guinéen Joao Bernardo Vieira a été tué tôt ce lundi par des militaires, après un attentat à la bombe qui a coûté dimanche soir la vie au chef d'état-major de l'armée, a annoncé le responsable des relations extérieures de l'armée, Zamura Induta.

« C'est la démocratie qu'on assassine », a déclaré lundi le secrétaire exécutif de la Communauté économique des Etats d'Arique de l'ouest (Cédéao) Mohamed Ibn Chambas, à l'annonce de la mort du président bissau-guinéen.

Le président bissau-guinéen Joao Bernardo Vieira a été tué par des militaires, ce lundi 2 mars 2009.

« Le président Vieira a été tué par l'armée au moment où il tentait de fuir sa maison attaquée par un groupe de militaires proches du chef d'état-major Tagmé Na Waié, tôt ce matin lundi », a déclaré Zamora Induta. « C'était l'un des principaux responsables de la mort de Tagmé », a accusé ce responsable militaire.

Le chef d'état-major des forces armées, le général Tagmé Na Waié, avait été mortellement blessé dimanche soir vers 20H00 dans un attentat à la bombe contre le quartier général de l'armée, selon son chef de cabinet, le lieutenant-colonel Bwam Nhamtchio.

C’est le chef de cabinet de Tagmé Na Waié, le lieutenant-colonel Bwam Nhamtchio qui avait annoncé, hier soir à l’Agence France Presse, le décès du chef d'état-major.

Pris pour cible
Le général Tagmé Na Waié, tué hier soir, avait succédé au général Correia Seabra, assassiné en octobre 2004.
(Photo : AFP)
Selon l’officier, le général Tagmé Na Waié était au quartier général de l’armée quand une bombe a éclaté.

Une bonne partie de l’édifice s’est effondrée. Tagmé Na Waié a été grièvement atteint et n’a pas survécu à ses blessures.

Le garde du corps donne d’autres détails : «Il était 19h45, dit il, quand nous sommes arrivés à l'état-major. Tagmé Na Waié, raconte-t-il, est passé par l’escalier qui mène à son bureau. A peine était-il monté sur les premières marches que la bombe a été actionnée».

En janvier déjà , le chef d’état major de l’armée bissau-guinéenne avait affirmé avoir été pris pour cible, par des soldats en faction à la présidence.

Il avait affirmé à l’époque que les militaires avaient ouvert le feu au passage de sa voiture devant le palais présidentiel.

Idrissa Diallo
Secrétaire général du PUN, Parti de l'unité nationale

« C’est un pays qui est structurellement plongé dans une instabilité... Au sommet du système politique, il y a une guerre permanente pour le contrôle du pouvoir… »

02/03/2009 par Olivier Rogez



Guinée-Bissau: le président tué après un attentat contre le chef de l'armée

02/03/2009 | 14h14 GMT

Le président de Guinée-Bissau Joao Bernardo Vieira a été tué par des militaires lundi à Bissau, quelques heures après l'assassinat du chef d'état-major de l'armée, plongeant dans la confusion ce petit pays pauvre d'Afrique de l'Ouest, déjà fragilisé par le narcotrafic.

Le président bissau-guinéen Joao Bernardo Vieira et son épouse Isabella, le 16 novembre 2008 à Bissau
BISSAU (AFP) - Le président de Guinée-Bissau

Face aux condamnations de la communauté internationale, les officiers de l'état-major ont très rapidement affirmé que l'armée "respectera l'ordre constitutionnel et la démocratie".

Lundi à la mi-journée, la situation était calme dans la capitale, Bissau.

"Le président Vieira a été tué par l'armée au moment où il tentait de fuir sa maison attaquée par un groupe de militaires proches du chef d'état-major Tagmé Na Waié ce matin (lundi) vers 04H00" locales et GMT, a déclaré le capitaine de frégate Zamora Induta.

Selon lui, le président Vieira a été "fauché par des balles tirées par ces militaires".

Dimanche soir, le chef d'état-major des forces armées, le général Tagmé Na Waié, avait été mortellement blessé dans un attentat à l'explosif contre le quartier général de l'armée.

Le capitaine Induta, responsable des relations extérieures de l'armée, a accusé le président Vieira d'avoir été "l'un des principaux responsables de la mort de Tagmé". "Le pays va démarrer maintenant. Cet homme a bloqué tous les élans dans ce petit pays", a-t-il ajouté.

Le général Tagmé Na Waié le 17 septembre 2004 à Bissau
Joao Bernardo Vieira (dit "Nino"), 69 ans, a passé quasiment 23 ans à la tête de la Guinée-Bissau, ex-colonie portugaise située entre le Sénégal et la Guinée. Il avait été réélu à la présidence en 2005, six ans après la fin de la guerre civile de 11 mois (1998-99) qui l'avait chassé du pouvoir.

Quelques heures après la mort du président, l'état-major a publié un communiqué dans lequel il assure que "l'armée respectera l'ordre constitutionnel et la démocratie" et lance un appel au calme à la population.

Un groupe comprenant les chefs d'état-major des trois corps (air, mer et terre) et des officiers supérieurs ont rencontré lundi matin le gouvernement formé début janvier par le Premier ministre Carlos Gomes Junior, selon une source militaire.

Selon la Constitution, le président de l'Assemblée nationale Raimundo Perreira est chargé d'assurer l'intérim et d'organiser une élection présidentielle dans les 60 jours, a précisé à l'AFP le juriste Victor Vamain.

Ces nouvelles violences ont été vivement condamnées par la communauté internationale. Le Portugal a "condamné avec véhémence" ces assassinats, tout comme l'Union africaine (UA) et la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao).

Ces derniers mois, le chef des armées et le président nourrissaient une profonde défiance réciproque.

Début janvier, le général Tagmé Na Waié avait affirmé avoir échappé à une tentative d'assassinat et avait accusé le clan présidentiel d'avoir voulu le "liquider".

Le 23 novembre, un groupe de militaires avait mené une attaque de nuit contre la résidence du président Vieira, faisant deux morts au sein de sa garde. Le président avait alors reproché au général Tagmé Na Waié de ne pas être intervenu.

Coups d'Etat, tentatives de coups de force et mutineries ont ponctué l'histoire de la Guinée-Bissau depuis son indépendance en 1974.

En novembre, l'ONU avait salué comme une "victoire pour la démocratie" le déroulement paisible des élections législatives.

La communauté internationale entendait favoriser l'établissement d'un gouvernement stable, dans un pays considéré comme un "point clef d'entrée" de la cocaïne sud-américaine vers l'Europe.





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Résultats officiels
de l'élection présidentielle 2012
 


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