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21 avril 2009 2 21 /04 /avril /2009 09:01

(dépêche)




Après un offensive discrète au Kazakhstan, la Chine lorgne les terres russes inexploitées

Sécurité alimentaire (5/5)
LE MONDE | 20.04.09 | 15h38  •  Mis à jour le 20.04.09 | 18h48
MOSCOU CORRESPONDANCE

L'affaire avait soulevé une polémique dès 2003 : l'annonce, par le quotidien China Daily, de la location par la Chine de terres arables au Kazakhstan voisin avait d'abord obligé les autorités kazakhes à démentir l'information. Un tel projet a pourtant bel et bien été lancé : plus de 7 000 hectares de terres ont été attribués à une société mixte sino-kazakhe, et plus de 3 000 paysans chinois ont pris la route de la région d'Alakol, à la frontière chinoise, pour exploiter des champs de soja et de blé.

Mais devant le malaise suscité par cette location - sur dix ans - d'une parcelle du territoire national, le gouvernement kazakh a toujours préféré faire preuve de discrétion à ce sujet. Le pays ne reconnaît que cinq endroits utilisés par des puissances étrangères sur son sol : il s'agit de zones militaires "prêtées" à la Russie depuis l'effondrement de l'Union soviétique, à l'instar de la base spatiale de Baïkonour.

Officiellement, les terres arables louées à la Chine n'existent donc pas. C'est que les autorités kazakhes craignent la réaction de la population rurale devant la "concurrence déloyale" représentée par l'arrivée en masse de paysans chinois, dont l'équipement agricole est supérieur au vieux matériel soviétique encore utilisé sur la plupart des exploitations kazakhes.

Pour la Chine, qui souffre d'une pénurie de terres cultivables, l'attrait de ces régions d'Asie centrale est évident. Dans la région chinoise d'Ili, située de l'autre côté de la frontière kazakhe, 1,7 million de paysans se disputent quelque 267 000 hectares de terres.

Selon les estimations du ministère chinois de l'agriculture, le pays produira, en 2015, environ 20 millions de tonnes de soja, soit seulement 40 % de ses besoins annuels. Du coup, Pékin s'intéresse non seulement aux plaines d'Asie centrale, mais également aux terres vierges du grand voisin russe.

ELDORADO AGRICOLE

Au début des années 2000, c'était essentiellement le secteur de la sylviculture qui attirait les exploitants chinois. Mais un raidissement de la législation russe avait alors fait capoter les projets développés par des sociétés mixtes russo-chinoises créées pour l'occasion.

Désormais, le soja est l'activité la plus porteuse, notamment dans l'Extrême-Orient russe, dans les provinces de Khabarovsk et la région autonome du Birobidjan, situées à 6 000 km de Moscou mais à 2 000 km seulement de Pékin. Pour les onze premiers mois de 2008, plus de 420 000 tonnes de soja ont été ainsi exportées vers la Chine.

Pour celle-ci, la Russie fait figure d'eldorado agricole : selon les estimations des experts russes, plus de 20 millions d'hectares de terres arables n'y sont pas exploités, et les prix y sont inférieurs à ceux pratiqués en Chine. Les terres proposées à la location sont de bonne qualité, avec un rendement estimé à 3 000 kg de soja par an et par hectare, soit deux fois plus que dans les exploitations chinoises.

Avec une telle quantité de terres exploitables et les besoins immenses de la Chine, la ruée vers les terres russes pourrait s'amplifier. Pour le moment, les autorités russes voient plutôt d'un bon oeil l'exploitation de ces terres auparavant inoccupées, qui leur permettra de prélever une taxe sur l'exportation des produits agricoles.

Mais l'arrivée massive de paysans chinois pourrait aussi engendrer des tensions avec la population locale, d'autant que la crise économique sévère que traverse le pays risque d'alimenter des réactions xénophobes.

Selon le dernier recensement russe, quelque 35 000 Chinois vivraient en permanence dans le pays. Mais, de l'aveu même du ministère de l'intérieur, entre 400 000 et 700 000 Chinois seraient, en réalité, installés sur le territoire russe.

Alexandre Billette
Article paru dans l'édition du 21.04.09

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16 avril 2009 4 16 /04 /avril /2009 14:20

(dépêche)




La plus grande démocratie du monde aux urnes

par Sophie Malibeaux
Inde

Article publié le 15/04/2009 Dernière mise à jour le 16/04/2009 à 10:25 TU

Dans les 28 Etats de l’Inde, 714 millions d’électeurs se préparent à voter d’ici le 13 mai 2009. Les élections législatives dans la plus grande démocratie du monde constituent un véritable défi logistique. Le scrutin se déroulera en cinq phases, ce jeudi 16 avril pour commencer, avec l’Etat du Kerala dans le sud, une partie du Kashmir indien au nord-ouest, ainsi que plusieurs Etats du nord-est de l’Inde à proximité de la frontière avec le Bangladesh, où sont actifs les rebelles maoïstes. Les craintes sont élevées sur le plan sécuritaire, 6 millions de fonctionnaires sont mobilisés dont deux millions de policiers. Les prochains rounds électoraux sont programmés pour les 23 et 30 avril, puis les 7 et 13 mai 2009. C’est le 16 mai que les résultats officiels devraient être annoncés.

Des responsables vérifient les machines de vote électronique après les avoir récupérées d'un centre de distribution à Varanasi, dans l'Uttar Pradesh, un Etat du nord de l'Inde, le 15 avril 2009.

Ce scrutin devrait déboucher sur une redistribution des cartes à l’échelon fédéral, entre les grandes formations traditionnelles et les petits partis, avec des alliances de circonstances au niveau régional, et l’émergence probable d’un nouveau bloc : le  « troisième front », emmené par les communistes.

Les sondages accordent en général une légère avance au parti de centre-gauche, le Congrès, malgré l’offensive déclenchée par l’opposition du BJP (Baratiya Janata Party), mais il ne se dégagera sans doute aucune majorité au niveau fédéral capable de former à elle seule un gouvernement. L’on s’attend, fin mai-début juin à un « sixième round » d’intenses tractations politiques en vue de la formation d’un nouveau gouvernement d’alliance.

Les défis du Congrès

Reflet des temps, aucun des grands candidats n’a choisi cette fois-ci de surfer sur la vague de « l’Inde qui brille » (Shining India) des années 2000. Le BJP tentait alors de faire rêver l’Inde des classes moyennes avec ce slogan, mais avait échoué aux élections de 2004. Le parti du Congrès avait alors pris la relève, parvenant à propulser l’Inde au dixième rang mondial, grâce à quatre années de fort dynamisme avec une croissance d’une moyenne de 9%.  Mais en 2008, l’Inde allait subir de plein fouet la crise économique mondiale. La Banque Mondiale tablant désormais sur un taux de croissance voisin de 5, voire 4%, à l’horizon 2010, largement insuffisant pour contribuer à sortir de la pauvreté les quelque 600 millions d’Indiens vivant avec moins de deux dollars par jour.

Economiste de formation, le Premier ministre Manmohan Singh n’a pas réussi à tenir son pays à l’écart des perturbations de l’économie mondiale. Mais le Congrès a multiplié les annonces en direction des classes moyennes : prêts à l’agriculture, aides à l’emploi et à l’éducation, et fourniture de 35 kg de riz à trois roupies le kilo pour chaque famille pauvre.

Réplique du BJP : « si les nationalistes hindous revenaient au pouvoir, ce serait 2 roupies le kilo de riz pour les plus démunis. » Mais l’argument économique n’est pas le seul.

La récupération politique de la menace terroriste 

L’opposition du BJP a profité des événements de Bombay –les attentats qui ont fait près de 180 morts le 26 décembre 2009- pour dénoncer la faiblesse du gouvernement et de son chef. Ce à quoi le Congrès a pu répliquer que le BJP n’avait pas non plus de quoi pavoiser. Le candidat du BJP au poste de Premier ministre Lal Krishna Advani, était lui-même ministre de l’Intérieur lors de l’attaque du parlement de New Dehli qui avait fait 14 morts le 13 décembre 2001. Un an plus tard, au Gujarat les violences intercommunautaires provoquaient la mort de 2000 personnes, et lui valait de nouveau les critiques de la communauté musulmane. Un souvenir ravivé en fin de campagne électorale, par Manmohan Singh, accusant son adversaire de « diviser le peuple sur des lignes de fracture communautaire ».

Reste une incertitude majeure, liée à l’émergence d’une nouvelle force politique débordant le Congrès sur sa gauche.

Le « troisième front » brouille les cartes

La conclusion d’un accord avec les Etats-Unis sur le nucléaire a valu au Congrès de perdre ses alliés communistes au sein de l’UPA (United Progressive Alliance). De là est née une nouvelle coalition emmenée par les partis marxistes, avec des partis régionaux dont certains peuvent constituer une force d’appoint non négligeable. Tel serait le cas du BSP (Bahujan Samaj Party), le parti de la très charismatique Mayawati Kumari  « si ce parti rejoignait le « Troisième front » inauguré un mois à peine avant le premier round du scrutin.

Femme de pouvoir née dalit (« intouchable ») Mayawati gouverne un Etat, l’Uttar Pradesh, qui pèse lourd à l’assemblée, et pourrait mobiliser une grosse partie de l’électorat hors caste au-délà de son Etat (la caste des dalits compte quelque 167 millions d’Indiens). Mais la «passionaria» des basses castes est aussi connue pour réagir de façon très opportuniste.

Dans ce type d’élections, les choix idéologiques paraissent relégués au second plan des préoccupations. Mayawati se rêve en Obama indienne, mais il n’est pas dit qu’elle puisse mobiliser suffisamment autour de sa personne pour rivaliser avec d’anciennes formations politiques telles que le Congrès ou le BJP.

Vieux candidats et jeunes électeurs

Lorsque les 714 millions d’électeurs indiens appelés aux urnes se seront prononcés, les résultats annoncés le 16 mai 2009 devraient donc déboucher sur de nouvelles alliances post-électorales, favorisant l’un ou l’autre des deux principaux candidats au poste de Premier ministre, Manmohan Singh ou Lal Krishna Advani. Le premier est âgé de 76 ans, le second de 81. Sachant que plus de 210 millions de votants ont entre 18 et 35 ans, soit un quart de l’électorat total, on pourrait assister à l’avènement de nouvelles figures.


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28 février 2009 6 28 /02 /février /2009 13:52

(dépêche)


Démantèlement au Tadjikistan d'un trafic d'armes organisé entre la Russie et la Chine

LE MONDE | 27.02.09 | 14h56  •  Mis à jour le 27.02.09 | 14h56
MOSCOU CORRESPONDANTE

Le parquet militaire russe a annoncé, mercredi 25 février, la saisie d'un lot de missiles anti-sous-marins et de bombes de contrebande destiné à la Chine. "Une enquête pénale est en cours contre des responsables de la marine et des hommes d'affaires soupçonnés d'avoir acheminé en contrebande 30 missiles anti-sous-marins et 200 bombes d'aviation au Tadjikistan en vue de leur vente en Chine", a indiqué le procureur militaire, Sergueï Fridinski.

Le lot, d'une valeur de 18 millions de dollars (14,5 millions d'euros), a été saisi au Tadjikistan, une république de l'Asie centrale ex-soviétique, voisine de l'Afghanistan et de la Chine. Les frontières poreuses de cet Etat, l'un des plus pauvres de l'Asie centrale, voient passer de nombreuses cargaisons de contrebande. La saisie d'un chargement d'armes est une première.

Selon une source proche de l'enquête, citée par l'agence Interfax, "la complicité de hauts gradés de la marine, notamment des vice et contre-amiraux est envisagée". L'identité des responsables de cette opération et celle des destinataires n'ont pas été révélées. Pékin est l'un des trois principaux clients de la Russie pour les ventes d'armes.

"PLAN CONTRE LA CORRUPTION"

En 2006, une affaire de contrebande massive au sein de la douane, rattachée aux services de sécurité, avait conduit à l'éviction de plusieurs généraux par Vladimir Poutine, alors président. Aucun des responsables n'avait été jugé et, six mois après l'annonce de leur éviction, la plupart des généraux cités étaient encore en fonction.

Dans cette dernière affaire, l'enquête révèle que les missiles et les bombes avaient été déclarés obsolètes et devaient être démantelés. Des crédits avaient été affectés par l'Etat pour la liquidation du stock.

L'annonce de cette saisie a été faite mercredi lors d'une réunion du parquet russe. Exceptionnellement, le président Dmitri Medvedev y assistait. Il a exhorté les procureurs à mettre toutes leurs forces au service du "plan national contre la corruption". Juriste de formation, le numéro un russe a lancé en 2008 un plan de lutte contre la corruption, "une maladie grave qui ronge l'économie et affecte toute la société". Mais la série de lois préparée par le Kremlin n'a toujours pas été adoptée par le Parlement.

Présente à tous les niveaux de la société, la corruption a atteint des niveaux vertigineux en Russie, ces dernières années. En 2008, l'ONG Transparency International a placé la Russie à la 147e place - sur 180 pays -, à égalité avec le Bangladesh et le Kenya, soit une chute de quatre places par rapport au classement 2007.

"La corruption est implantée depuis longtemps en Russie, il s'agit d'un marché très lucratif de près de 300 milliards de dollars. Ses représentants savent défendre leurs intérêts", a expliqué, mercredi, Kirill Kabanov, président du Comité national anticorruption, une structure indépendante, lors d'une émission de radio.

Selon le député communiste Viktor Ilioukhine, les lois anticorruption élaborées par le Kremlin sont insuffisantes : "Les organes du maintien de l'ordre, les tribunaux sont corrompus. Et les cadres qui sont au pouvoir ont été mis en place il y a dix ans, au moment où la corruption a commencé à prendre de l'ampleur. Sans une révolution des cadres, rien ne changera."

Marie Jégo
Article paru dans l'édition du 28.02.09

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26 février 2009 4 26 /02 /février /2009 01:37

(dépêches)



http://fr.news.yahoo.com/3/20090226/twl-bangladesh-mutinerie-2f4e741.html
Des chars dans la capitale du Bangladesh
il y a 1 heure 26 min

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Des chars ont fait irruption jeudi dans la capitale du Bangladesh jeudi, selon les médias: la mutinerie lancée par les gardes-frontières, qui pourrait avoir fait jusqu'à 50 morts, semblait en effet s'étendre, en dépit de la reddition apparente d'un premier groupe de mutins. Lire la suite l'article
Quelques heures plus tôt, le Premier ministre Cheikha Hasina avait averti les gardes-frontières qu'elle mettrait en oeuvre "tous les moyens nécessaires pour mettre fin à la violence si les méthodes pacifiques échouent". Au cours d'un discours télévisé, elle a appellé les mutins, qui ont pris les armes pour dénoncer leurs conditions de salaire, à se rendre.

Selon la chaîne privée Channel 1, neuf chars ont pris position dans un quartier résidentiel proche du complexe dont les garde-frontières s'étaint emparés mercredi. Un autre journaliste faisait état de la présence de sept autres chars se dirigeant vers Dacca.

A Dacca, au moins dix personnes ont été tuées, mais les autorités craignaient qu'au moins 50 personnes aient trouvé la mort dans la première série d'affrontements, qui ont duré 20 heures.

Les gardes, mutinés pour réclamer de meilleures soldes ont accepté de déposer les armes, après que le ministre de l'Intérieur Shahara Khatun leur a promis l'amnistie générale.

Mais des tirs ont repris jeudi dans le pays, à Tekhnaf, Cox's Bazar, Chittagong et Naikhongchari dans le sud, Sylhet au nord-est et Rajshahi et Naogaon au nord-ouest.

Auparavant, le ministre avait également supervisé l'évacuation d'une cinquantaine de femmes et d'enfants pris au piège mercredi en pleine révolte, pour la plupart habitant dans le complexe où se trouvaient les officiers visés par la mutinerie.

Les gardes-frontières manifestaient dans les quartiers du ministère de l'Intérieur à Dacca, ainsi que dans un centre commercial voisin, paralysant la capitale bangladaise depuis tôt mercredi matin. Ils ont utilisé leurs armes contre des officiers supérieurs, dont un qui a reçu une rafale d'une dizaine de balles.

Des médecins hospitaliers ont confirmé la mort de trois passants et une vingtaine de blessés.

Le corps des gardes-frontières, appelés les Fusilliers du Bangladesh, fort de 42.000 hommes, est installé dans 64 casernes dans tout le pays.

La confrontation est le résultat de frustrations ressenties de longue date par cette force paramilitaire sur la question des salaires, qui n'ont pas suivi ceux de l'armée et exacerbées par la hausse des prix alimentaires, accrue par la crise économique mondiale, soit une augmentation de 30% au cours des derniers mois. AP

http://fr.news.yahoo.com/2/20090226/twl-bangladesh-les-paramilitaires-mutins-4bdc673.html
Bangladesh: les paramilitaires mutins commencent à déposer les armes
il y a 20 min

 Shafiq ALAM
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Des paramilitaires bangladais entrés en rébellion ont commencé à déposer les armes et à regagner leurs casernes jeudi, au deuxième jour d'une révolte qui a fait au moins onze morts dans cet état musulman laïc d'Asie du Sud secoué depuis deux ans par une crise politique. Lire la suite l'article
Photos/Vidéos liées Carte du Bangladesh localisant les districts où les paramilitaires de la BDR se sont …Plus Agrandir la photo
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Nombre d'insurgés ont offert leur reddition après une adresse à la nation du Premier ministre Sheikh Hasina, a affirmé le ministre de l'Intérieur Sahara Khatun cité par la chaîne de télévision privée ATN Bangla.

Une cinquantaine d'otages ont été libérés, a pour sa part indiqué le vice-ministre de la Justice, Kamrul Islam.

La mutinerie a éclaté mercredi dans la capitale Dacca au sein du quartier général des Bangladesh Rifles (BDR), une unité des forces de sécurité chargée de la protection des frontières.

Les paramilitaires se sont apparemment révoltés pour obtenir une hausse de leur solde, des subventions pour leurs repas et davantage de congés.

Des tanks ont été déployés jeudi après-midi à proximité du QG des BDR "par mesure de dissuasion", selon un porte-parole de l'armée.

"Rendez les armes et rentrez dans vos casernes sur le champ ou je prendrai toutes les mesures nécessaires dans l'intérêt national", avait menacé plus tôt Mme Hasina dans un discours retransmis sur les chaînes nationales.

"Ne choisissez pas une voie suicidaire. Ne me forcez pas à user de la force. Nous connaissons vos problèmes. S'il vous plaît, aidez-nous", a-t-elle ajouté en adjurant les rebelles de ne pas "tirer sur leurs propres frères".

Alors qu'une reddition des BDR semblait en vue mercredi et que les mutins avaient commencé à déposer les armes en échange d'une amnistie gouvernementale, de nouveaux tirs ont éclaté jeudi poussant des milliers de personnes à chercher un abri, selon un journaliste de l'AFP.

La mort de onze personnes a été confirmée, mais le soulèvement a peut-être fait cinquante morts parmi des officiers retenus en otages par les rebelles, selon le vice-ministre de la Justice.

"Les troupes du BDR nous ont affirmé que 50 officiers avaient été tués", a-t-il ajouté sans être en mesure de confirmer ce chiffre, faute d'avoir vu les corps.

"Les membres des BDR ont commencé à déposer les armes en notre présence. Mais ils sont 15.000 -- et environ 12.000 d'entre eux pourraient être armés", a déclaré Kamrul Ahsan.

Le processus de reddition semble avoir été interrompu jeudi alors que des responsables policiers ont affirmé que la révolte s'était étendue en dehors de la capitale.

Face à de telles craintes, la Commission nationale de régulation des télécommunications a ordonné la fermeture des réseaux de téléphonie mobile.

"Des informations ont fait état de violences dans beaucoup d'endroits du pays. La Commission a ordonné aux six opérateurs de fermer leurs réseaux pour contenir les violences", a déclaré à l'AFP un porte-parole de la Commission.

En poste depuis moins de deux mois, Sheikh Hasina avait remporté une écrasante victoire, fin décembre, aux élections législatives censées rétablir la démocratie après deux années d'un état d'urgence imposé par un régime de transition soutenu par l'armée.

Peuplé de 144 millions d'habitants, l'ex-Pakistan oriental, devenu indépendant en 1971, a été le théâtre de nombreux coups d'Etat et de violences politiques qui ont alterné avec des plages démocratiques.

http://fr.news.yahoo.com/4/20090226/twl-bangladesh-mutinerie-41953f5.html
Reddition des mutins de Dacca
il y a 29 min

 Anis Ahmed
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A la suite d'un appel du Premier ministre, Sheikh Hasina, les paramilitaires des Bangladesh Rifles (BDR) ont achevé de déposer les armes après une mutinerie qui a fait une cinquantaine de morts. Lire la suite l'article
Photos/Vidéos liées LES MUTINS DE DACCA ONT DÉPOSÉ LES ARMES Agrandir la photo De nouveaux tirs avaient éclaté dans la journée au QG des BDR, dont le mouvement de révolte lancé mercredi a semblé gagner du terrain dans le reste du pays.

Un porte-parole de la chef du gouvernement a déclaré que les mutins de Dacca avaient tous déposé les armes. "Tous les soldats rebelles se sont rendus avec leurs armes et le processus a été mené à bien", a-t-il dit.

En province, toutefois, la situation restait confuse.

Ce retour au calme à Dacca fait suite à une allocution télévisée de Sheikh Hasina.

"Déposez vos armes immédiatement et rentrez dans les casernes", a-t-elle dit. "Ne m'obligez pas à prendre des actions très fermes et ne poussez pas ma patience au-delà des limites tolérables !"

La mutinerie des BDR, une force principalement chargée de la surveillance des frontières mais qui peut prêter main forte à l'armée et à la police en cas de troubles intérieurs, est apparemment motivée par un contentieux sur le versement de la solde.

Jeudi en début d'après-midi, "des fusillades ont de nouveau été entendues (...) dans le complexe des Bangladesh Rifles alors même que nous nous attendions à une fin rapide du soulèvement", avait déclaré un policier.

Mais selon la police, l'appel du Premier ministre a été écouté et les tirs se sont calmés. Les BDR ont repris la remise de leurs armes contre une promesse d'amnistie, tandis que la police évacuait le voisinage de leur QG.

Au moins six chars des forces gouvernementales et dix blindés avaient pris position autour du complexe.

INCERTITUDE EN PROVINCE

En province, aucune information ne faisait état du retour des mutins dans leurs casernes. D'après des responsables locaux de la police, des fusillades impliquant des éléments des BDR ont éclaté jeudi dans une dizaine de villes de garnison.

"Des affrontements font rage dans la caserne des BDR où des militaires ont fait une sortie et ont ouvert le feu", a témoigné un journaliste de Reuters à Sylhet, dans le nord-est du pays.

Dans le Sud, des soldats des BDR ont dressé des barrages sur une grand axe routier reliant deux régions et plusieurs camps de l'armée ont été occupés par les paramilitaires ailleurs.

Les autorités ont ordonné la suspension des réseaux de téléphonie mobile pour couper court, selon l'un des opérateurs, aux rumeurs et à la désinformation.

Le Bangladesh, un pays de 140 millions d'habitants qui est l'un des plus déshérités de la planète, a connu une série de coups d'Etat militaires depuis son indépendance en 1971 mais la mutinerie de cette semaine ne semble pas répondre à des mobiles politiques.

Le mouvement illustre néanmoins l'ampleur de la tâche qui attend Sheikh Hasina, qui a remporté les élections législatives de décembre ayant scellé le retour de la démocratie au terme de près de deux ans d'un gouvernement intérimaire sous tutelle de l'armée.

Une cinquantaine de personnes ont trouvé la mort dans la fusillade déclenchée mercredi par des mutins des BDR, selon le ministre des Affaires parlementaires, Mohammad Quamrul Islam. Le précédent bilan était de cinq morts et des dizaines de blessés.

D'après des témoins, la police a récupéré jeudi les corps de six officiers des BDR aux abords du QG de cette force à Dacca. La veille, les corps de deux officiers avaient été retrouvés.

Version française Grégory Blachier, Jean-Loup Fiévet et Jean Décotte

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16 décembre 2008 2 16 /12 /décembre /2008 00:25

(dépêche)


Inde/Pakistan: coup de froid sur la paix, mais la guerre est exclue

16 déc 2008 - il y a 8 min - Izhar WANI

Le laborieux processus de paix entre l'Inde et le Pakistan est de facto suspendu en raison des attentats islamistes de Bombay, a reconnu mardi New Delhi, tout en excluant une nouvelle fois une quatrième guerre contre Islamabad.

Les tensions entre les deux puissances militaires nucléaires d'Asie du Sud se sont beaucoup ravivées depuis les attentats contre la capitale économique indienne du 26 au 29 novembre (172 morts, dont neuf assaillants), mais elles se limitent à un sérieux coup de froid diplomatique entre ces "frères ennemis".

"J'admets qu'il y a une pause dans le processus de dialogue global (avec le Pakistan) à cause des attaques sur Bombay", a déclaré le ministre indien des Affaires étrangères, Pranab Mukherjee, à Srinagar, la capitale d'été du Cachemire indien.

New Delhi, Washington et Londres imputent le carnage de Bombay au Lashkar-e-Taïba (LeT), l'un des mouvements armés fondamentalistes pakistanais qui assurent lutter contre l'"occupation" indienne du Cachemire et contre les "persécutions" dont seraient victimes les 150 millions de musulmans en Inde.

Mais un porte-parole du LeT a affirmé à l'AFP que la lutte armée contre l'Inde au Cachemire allait "continuer" et a nié encore tout "lien avec les attaques de Bombay" ou "avec Al-Qaïda et les talibans".

L'Inde avait qualifié le Pakistan d'"épicentre du terrorisme" islamiste, affirmant que le commando de Bombay venait de là-bas, puis a exigé que son voisin lui livre une quarantaine de "terroristes" présumés.

En réponse, Islamabad a arrêté la semaine dernière des dizaines de membres ou proches du LeT, mais il entend juger lui-même les éventuels responsables.

"Nous attendons, et nous l'avons souligné auprès (du ministre des Affaires étrangères) Shah Mahmood Qureshi, que le Pakistan remplisse ses engagements en ne permettant pas d'utiliser son territoire pour (lancer) des attaques terroristes contre l'Inde", a insisté le chef de la diplomatie indienne.

Simultanément à New Delhi, le ministre de la Défense A.K. Antony répétait que l'Inde ne projetait pas d'attaquer le Pakistan, tout en pressant Islamabad de réprimer les groupes musulmans fondamentalistes, sous peine d'affecter durablement des relations bilatérales déjà extrêmement tendues.

L'Inde et le Pakistan, nés de la partition sanglante et bâclée de l'Empire britannique des Indes les 14 et 15 août 1947, se sont livré trois guerres en 61 ans, avant de réamorcer en janvier 2004 un difficile processus de paix.

Le ministre Mukherjee s'exprimait depuis le Cachemire, un territoire himalayen divisé depuis 1949 entre les deux rivaux, à l'origine de deux conflits et qui demeure un terrible abcès de fixation.

New Delhi et Islamabad avaient déjà frôlé en 2002 une quatrième confrontation --potentiellement atomique-- à la suite d'une attaque contre le Parlement indien le 13 décembre 2001, imputée au LeT.

Immédiatement après le drame de Bombay, le gouvernement indien aurait envisagé de suspendre unilatéralement le dialogue de paix, déjà mis à mal par un attentat en juillet contre l'ambassade d'Inde en Afghanistan pour lequel le Pakistan est montré du doigt, avait rapporté l'agence Press Trust of India (PTI).

En fait, l'Inde et le Pakistan sont depuis trois semaines sous pression des Etats-Unis --alliés des deux pays-- qui se sont évertués à les apaiser.

Washington redoute qu'une escalade militaire oblige le Pakistan à dégarnir son front du nord-ouest où son armée affronte talibans pakistanais et combattants d'Al-Qaïda cachés dans les zones tribales frontalières avec l'Afghanistan.

Quant à l'Inde --"plus grande démocratie du monde" aux ambitions de superpuissance responsable et dotée de l'arme atomique depuis 1998-- elle ne veut pas risquer une guerre conventionnelle, qui pourrait dégénérer, face à un pouvoir civil pakistanais déstabilisé par le terrorisme islamiste et le poids de l'armée.


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6 août 2008 3 06 /08 /août /2008 20:50

(dépêche)


Les mères porteuses, un créneau indien

LE MONDE | 04.08.08 | 15h25  •  Mis à jour le 04.08.08 | 17h41

NEW DELHI CORRESPONDANCE

"Accepterais-tu de prêter ton ventre à un couple d'Américains ?", a demandé Rajesh à sa femme, un beau matin, dans leur petite maison située dans un village du Bihar, une des régions les plus pauvres d'Inde. Puja crut d'abord à une plaisanterie. "Comment veux-tu que j'accouche d'un bébé blond aux yeux bleus ?", lui a-t-elle répondu en ricanant. "Désormais, la technologie peut faire naître un bébé à partir de n'importe quel ventre", rétorqua son mari. Quelques jours auparavant, cet infirmier venait de lire dans le journal cette petite annonce d'une clinique de New Delhi : "Couples étrangers cherchent mères porteuses." Grâce à la technique de la gestation pour autrui, l'embryon conçu par un couple peut être implanté dans l'utérus d'une femme chargée de mener la grossesse à terme. En Inde, 3 000 maternités offriraient ce service. Le pays est l'un des rares à en autoriser la pratique commerciale.

Choquée à l'idée que "la technologie puisse mettre au monde des enfants", Puja hésita. Avait-elle le droit de refuser ? Lourdement endetté, le couple pouvait difficilement renoncer aux 2 500 euros offerts par la clinique. Invoquant le mythe du conte épique indien Ramayana, Rajesh rappela à sa femme ses devoirs : "Lorsque le dieu Rama a dû se réfugier, seul, dans la forêt, pendant quatorze ans, Sita a bravé tous les dangers pour le rejoindre et remplir son devoir d'épouse." Quelques semaines plus tard, Puja et son époux partirent s'installer avec leurs enfants à New Delhi.

La famille occupe désormais un deux-pièces exigu, loué 60 euros par mois, dans la lointaine banlieue de Delhi, où les maisons de brique, construites à la hâte, battent en brèche les derniers remparts de végétation. C'est la première fois que Puja vit loin de son village. A 24 ans, celle qui a déjà accouché de deux enfants portera bientôt l'embryon d'un couple de producteurs de cinéma d'Hollywood. "Le Bollywood des Etats-Unis", s'exclame Rajesh, qui aimerait vaincre les dernières réticences de son épouse. Le couple recevra près de 130 euros par mois de grossesse et 1 000 euros à l'accouchement. Toutes les semaines, ils ont rendez-vous chez le docteur Gupta pour des tests médicaux.

En plein coeur de New Delhi, la clinique se repère facilement grâce à sa pancarte, "Lieu de naissance de la joie", et aux dizaines de sandales entassées au pied de l'escalier. Dans la salle d'attente, les patients, pieds nus, ne quittent pas des yeux la comédie romantique diffusée à la télévision. Ici, les ovules et les spermatozoïdes font l'objet d'une attention particulière. "Vous êtes priés de ne pas utiliser de parfum, ni de lotion après rasage. Ces odeurs sont mauvaises pour les ovules et les spermatozoïdes", avertit une pancarte, placée à côté de Ganesh, dieu de la prospérité.

Le docteur Gupta est un "spécialiste de la fertilité", comme l'indique sa carte de visite. Chaque mois, il reçoit, trente demandes de couples étrangers. "Ici, les femmes ne trompent pas leur mari. Elles ne boivent pas d'alcool, ne fument pas et ne se droguent pas. Elles sont en excellente santé", affirme le docteur. Face à lui, Puja, le visage creusé par les cernes, a les mains crispées sur le tissu bleu de son sari. Elle doit attendre encore quelques semaines avant de recevoir l'embryon du couple américain, le temps de terminer l'allaitement de son dernier enfant, âgé seulement de 8 mois. Le docteur Gupta tente de la rassurer : "Nous avons en Inde les mêmes technologies qu'en Occident et nous sommes aussi compétents."

Après l'informatique, les grossesses se délocalisent en Inde. L'opération, qui peut coûter en Inde jusqu'à 20 000 dollars (13 000 euros environ), est cinq fois moins chère qu'aux Etats-Unis. Des agences se sont même créées dans le but de recruter des mères porteuses. A Anand, une petite ville de l'ouest de l'Inde, une clinique a construit une résidence pour loger, durant leur grossesse, les mères, qui ont la possibilité de suivre des cours d'anglais et d'informatique. Pour porter le bébé d'un couple étranger, rien n'est plus simple. La "clinique de la fertilité", à Bombay, propose sur son site Internet un formulaire de candidature. La postulante doit avoir eu au moins un enfant et répondre à une série de questions, dont celle-ci : "Dans le cas d'une malformation, accepteriez-vous un avortement ?"

Les demandes de couples étrangers auraient quadruplé l'année dernière. En l'absence de régulation, ce nouveau "marché", évalué à 450 millions de dollars (près de 290 millions d'euros), est en pleine croissance. La seule protection juridique à laquelle peut prétendre Puja tient dans les quelques pages de son contrat signé avec le couple américain. L'essentiel concerne le mode de rémunération. En cas d'accident ou de malformation du bébé, les clauses restent allusives. En Inde, les seules directives, données par le Conseil de recherche médicale indien, un organisme public de recherche, sont jugées insuffisantes par les défenseurs des droits des femmes. La section 3.10 recommande, par exemple, que l'âge maximum légal soit fixé à 45 ans. L'âge minimum légal n'est même pas mentionné.

"Et si la mère meurt à la naissance ?", s'interroge Bhavana Kumar, coordinatrice au Conseil national des femmes. "En l'absence de loi, les mères porteuses s'exposent à tous les dangers", conclut-elle. En Inde, la pratique de la maternité par substitution n'est pas nouvelle. "Il arrivait qu'une femme porte l'enfant de sa soeur, stérile. Mais on restait dans le cadre familial. Désormais, le corps peut être exploité commercialement. C'est la porte ouverte à tous les abus", avertit le docteur Girija Viyas, la présidente de la Commission nationale des femmes. Récemment, la commission nationale a recueilli le témoignage d'une femme qui, après avoir accouché sept ou huit fois, aurait rencontré de sérieux problèmes de santé.

Le 25 juin, la ministre indienne des femmes et de la protection de l'enfance, Renuka Chowdhury, a promis le vote d'une loi au cours des dix prochains mois. Il n'est pas question d'interdire la pratique commerciale, mais de mieux la réguler. "Nous ne voulons pas que la maternité par substitution devienne un commerce d'organe, sans entrave. L'Inde en est devenue un pôle d'attraction à bas coût. Nous devons mettre en place un organisme régulateur", a précisé Mme Chowdhury. La loi devrait prévoir notamment un accompagnement psychologique pour la mère au moment de l'accouchement et une limitation du nombre d'accouchements pour autrui. L'âge légal pour une mère porteuse devrait être compris entre 22 et 45 ans.

Même si une loi est votée, les couples étrangers ne seront pas tout à fait protégés, ajoute le docteur Asha Jaipuria, obstétricienne : "Qu'est ce qui peut garantir aux parents que certains de leurs ovules ou spermatozoïdes ne seront pas conservés pour être ensuite revendus à des mères indiennes désirant avoir un bébé au teint clair ?"

Julien Bouissou
Article paru dans l'édition du 05.08.08.




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