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26 février 2021 5 26 /02 /février /2021 03:35

« Il a été l’un des plus grands et des plus célèbres acteurs de notre temps et l’on ne peut le comparer qu’à Charlie Chaplin. » (Marcel Pagnol, 1971).


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L’acteur et chanteur Fernandel est mort à Paris il y a cinquante ans, le 26 février 1971, à l’âge de 67 ans (il est né le 8 mai 1903 à Marseille), d’un cancer généralisé qu’on lui avait caché (à l’époque, c’était honteux). Fernandel était alors l’un des acteurs français les plus populaires, avec son ami Jean Gabin, avec Bourvil et avec Louis de Funès.

Fernandel est ce qu’on appelle un monstre du cinéma français. De Gaulle se comparait à lui pour sa notoriété internationale. Très connu et apprécié avant la guerre, Fernandel était à l’origine un humoriste, un chanteur, un comique, il a commencé à se produire dans les salles parisiennes dès l’âge de 25 ans et deux ans plus tard, il fut repéré par un réalisateur (Marc Allégret) et il commença une brillante carrière au cinéma. Dès 1936, il était une star du cinéma. Il fut un acteur fétiche de Marcel Pagnol qu’il a rencontré en 1934 pour "Angèle" (sorti le 26 octobre 1934) : « Pagnol m’a donné le côté émotion que je n’avais pas ; moi, je ne songeais qu’à profiter au maximum de mon faciès pour faire rire les gens. ».

Fernandel était synonyme du soleil du Midi, sa voix avec accent, sa gueule souriante, un sourire à faire peur, grande gueule de cheval, yeux malicieux, il était tout de suite repérable, et j’ajoute qu’il faisait la joie des enfants.

Il était aussi la fidélité incarnée dans l’amour : « Si je suis ce que je suis, je le dois à ma femme et à notre amour. ». Une seule femme et trois enfants dont le dernier est Franck Fernandel, acteur et chanteur. Frustré de n’avoir aucune anecdote sur la vie privée de l’acteur, un tabloïd a titré (pour avoir des lecteurs) "La femme cachée de Fernandel", qui ne dévoilait pas l’histoire d’une maîtresse mais simplement de son épouse Henriette qui était toujours restée discrète. Quand il allait voir sa future femme, sa future belle-mère disait : « Té, vé, voilà le Fernand d’elle ! ». Ce qui lui donna son nom de scène : « J’apprécie, plus qu’aucun autre, la vie de famille, car c’est dans mon foyer que j’ai éprouvé les plus grandes joies de mon existence. ». Henriette a suivi son mari treize années exactement après lui, le 26 février 1984.

Quand Bourvil a rencontré Fernandel pour la première fois, il était très impressionné. On aurait tendance à les "classer" ensemble, mais ils avaient presque une génération de différence et dès son adolescence, Bourvil chantait Fernandel, l’imitait dans des petites salles. Bourvil est "parti" un peu avant Fernandel qui était son maître incontesté. Jean Gabin et Fernandel ont commencé à peu près au même moment au cinéma et leur succès leur ont apporté fortune mais aussi amitié, et même une société de production commune.

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Parmi les chansons très populaires de Fernandel, on peut retenir la merveilleuse "Félicie aussi" qui a un incontestable ressort comique : « J’pris un homard sauce tomates, il avait du poil aus pattes, Félicie aussi ! », ainsi sur des dizaines de phrases. Une autre chanson très célèbre est "Ignace" qui a aussi fait l’objet d’un film au même titre de Pierre Colombier (sorti le 30 avril 1937).

Les films qu’a tournés Fernandel sont très nombreux. "Le Schpountz" de Pagnol (sorti le 15 avril 1938) fait certainement partie de ses meilleurs films d’avant-guerre : « Je ne te dis pas que tu es un bon à rien, je te dis que tu es mauvais en tout ! ».

Des "Pagnol" avec Fernandel, il y en a eu beaucoup. Il y a "La Fille du puisatier" (sorti le 20 décembre 1940), avec Raimu. Il y a aussi l’excellent "Topaze" (sorti le 2 février 1951) avec la femme de l’écrivain Jacqueline Pagnol qui joue la femme aimée de Fernandel et l’impayable Jacques Morel dans le rôle du véreux Régis de Castel-Vernac.

Après guerre, Fernandel a tourné la célèbre série de Don Camillo, six films avec un duo entre Fernandel et Peppone (joué par Gino Crvi), le curé et le maire communiste dans un village italien, si cette série a été très populaire (et enfant, j’adorais la regarder), il faut bien reconnaître que c’est plutôt ennuyeux, hélas très daté, et c’était assurément des navets, un peu comme la série du Gendarme de Saint-Tropez pour Louis de Funès. Les deux premiers films ont été réalisés par un grand cinéaste, Julien Duvivier. Rien que le premier titré "Le petit monde de Don Camillo" (sorti le 1952) a fait plus de 26 millions d’entrées au cinéma ! L’idée (provenant de Giovannino Guareschi) est excellente, elle met en scène deux personnages a priori très opposés en pleine guerre froide (avec un parti communiste italien très fort) où l’on voit parfois se nouer des solidarités improbables (cette idée a été reprise entre autres dans une série télévisée française "Père et maire"). Un spot de publicité d’une marque de pâte a également pastiché la série dans une scène définitivement mémorable avec un Fernandel parlant à Dieu.

Parmi d’autres films marquants de Fernandel, on peut citer aussi "Crésus" de Jean Giono (sorti le 21 septembre 1960), l’histoire d’un berger qui découvre des tonnes de billets de banque ; "L’Homme à la Buick" de Gilles Grangier (sorti le 12 janvier 1968), un homme fortuné qui offre des vacances à des gamins pauvres, mais pas seulement, film avec Danielle Darrieux, Jean-Pierre Marielle, Georges Descrières, Michael Lonsdale, Claude Piéplu, Jacques Marin, etc. ; ou encore "Heureux qui comme Ulysse" d’Henri Colpi (sorti le 3 janvier 1970), l’histoire d’un paysan et d’un cheval.

Cependant, j’ai gardé pour la fin ce que j’estime être les trois chefs-d’œuvre de Fernandel. Trois excellents films grâce à leur réalisateur mais aussi grâce à Fernandel.

Le premier est le film glauque "L’Auberge rouge" de Claude Autant-Lara (sorti le 19 octobre 1951). C’est l’histoire d’un moine qui doit passer la nuit dans une auberge dont les propriétaires tuent systématiquement les clients pour leur faire les poches. Il y a le suspense de qui va mourir ou rester en vie avec une autre problématique qui sera très importante aujourd’hui, avec les affaires de prêtres pédophiles, celle du secret de la confession et de sa violation éventuelle pour sauver des vies.

Le deuxième est "La Vache et le Prisonnier" d’Henri Verneuil (sorti le 16 décembre 1959). Il s’agit de l’évasion d’un prisonnier de guerre qui cherche à quitter l’Allemagne à l’aide d’une vache. La fin a une chute inattendue. Jean de Baroncelli, dans "Le Monde" du 1er janvier 1960, a commenté ainsi : « Dans un rôle taillé à sa mesure, Fernandel s’efforce visiblement de rester sobre. Et il sait émouvoir quand il veut. ».

Le troisième enfin est "La Cuisine au beurre" de Gilles Grangier (sorti le 20 décembre 1963). C’est un film qui a fonctionné avec deux grandes stars, Fernandel et Bourvil, en rivalité : Fernandel, restaurateur, prisonnier de guerre disparu dont la femme (jouée par Claire Maurier) s’est remariée avec un cuisinier. Le premier mari prenait en fait du bon temps avec une autre femme (jouée par Anne-Marie Carrière) jusqu’à ce que le mari de celle-ci fût revenu, si bien que le premier mari, en retournant au bercail, découvre que sa femme ne l’attend plus. Dans ce film, il y a des clichés régionaux qui pourraient aujourd’hui faire bondir : le Marseillais est paresseux et le Normand est travailleur.

Dans ce film ("La Cuisine au beurre"), Bourvil a eu beaucoup de mal à tourner avec Fernandel qu’il admirait tant, car ce dernier voulait toujours se valoriser dans le film (ce qui fut aussi le cas avec Louis de Funès dans ses duos avec Bourvil). Bourvil ne voulait plus jouer avec lui. Néanmoins, les deux hommes étaient amis et Fernandel aussi l’admirait, assistait à ses spectacles, etc. et fut extrêmement peiné en apprenant sa mort. Chose intéressante à savoir, le scénario de ce film n’était pas encore achevé au début du tournage ! L’idée principale était de tourner un film avec les deux grandes stars de l’époque. Succès garanti !

Cette recette était simple. La publicité de ce film, basée sur ce duo, disait d’ailleurs : « Avec "La Cuisine au beurre", nous assistons au mariage de la roublardise normande et de la galéjade marseillaise. (…) Voici la recette pour faire un film capable de satisfaire les spectateurs qui veulent rire au cinéma. (…) Vous prenez un Fernandel et un Bourvil de la bonne année que vous placez côte à côte et vous laissez mijoter avec un grand verre de soleil, beaucoup d‘ails, vous ajoutez quelques jolies femmes, une poignée de bonne humeur (…). ».

Pas sûr que cette recette soit appréciée encore de nos jours, à l’heure de la cuisine dite moléculaire et des films au rythme effréné….


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Sylvain Rakotoarison (21 février 2021)
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Pour aller plus loin :
Annie Girardot.
Fernandel.
Simone Signoret.
Jacques Villeret.
Richard Berry.
Omar Sy.
Louis Seigner.
Jean-Pierre Bacri.
Jacques Marin.
Robert Hossein.
Michel Piccoli.
Claude Brasseur.
Jean-Louis Trintignant.
Jean-Luc Godard.
Michel Robin.
Alain Delon.
Alfred Hitchcock.
Brigitte Bardot.
Charlie Chaplin.

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https://www.agoravox.fr/culture-loisirs/culture/article/fernandel-grande-gueule-chevaline-231221

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7 février 2021 7 07 /02 /février /2021 03:35

« Cela peut être un très grand rôle pour vous, mais cela peut aussi être la fin de votre carrière ! » (Louis de Funès à Jacques Villeret, lui proposant le rôle de l’extraterrestre dans "La Soupe aux choux", en 1981).



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L’acteur Jacques Villeret est né il y a soixante-dix ans, le 6 février 1951 à Tours, et il est mort il y a un peu plus de quinze ans, le 28 janvier 2005 (à Évreux). Tout le monde connaît Jacques Villeret parce qu’il faisait partie de ces comédiens français facilement reconnaissables, tant d’un point de vue physique que psychologique. Certes, il pouvait incarner le personnage du "p’tit gros" ou du "grassouillet", de plus en plus chauve, c’est-à-dire, jamais celui du héros, "jeune et beau", mais ses faux airs débonnaires le rendaient extrêmement sympathique et attachant surtout. Comme de nombreux autres acteurs, il faisait partie de cette grande famille, peut-être le cousin lointain, toujours présent aux repas familiaux, mais un peu distant.

Rien dans son physique en faisait un physique de rêve, mais les yeux et la voix le caractérisaient tellement que c’étaient sur ses aspérités qu’il pouvait "capitaliser" son jeu d’acteur. On ne redira jamais assez ici qu’il y a une différence fondamentale entre la réalité d’un acteur et celle des personnages qu’il incarne. Entre ce qu’il est vraiment et le jeu de rôle pour des personnages souvent similaires (avec Jacques Villeret, on peut parler de personnages un peu timides, gentils, rondouillards et débrouillards, etc.).

Les meilleurs comédiens sont ceux qui sont capables, justement, de quitter la facilité de leur caractère pour approcher des personnages plus surprenants (exemple : Coluche dans "Tchao Pantin"), mais ces personnages récurrents ne sont jamais aussi bien joués que par un acteur qui leur ressemble réellement (exemple : le désabusé Jean-Pierre Bacri).

En ce sens, Jacques Villeret est intéressant à connaître. Certes, les rôles qui l’ont fait connaître étaient une sorte de caricature personnelle dans laquelle il s’est engouffré de nombreuses fois, mais au début de sa carrière, il a beaucoup hésité dans le type de rôle, il s’est cherché, et à la fin de sa vie, en particulier dans les remarquables films de Jean Becker (voir plus loin), il tenait des rôles beaucoup plus dramatiques que la critique a salués.

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L’adolescent aimait imiter ses profs et faire de la scène. Sa première prestation, il l’a faite à 15 ans à Loches, là où il habitait. La passion est devenue métier. Il a suivi à Tours puis à Paris des cours d’art dramatique, dont ceux du légendaire Louis Seigner, Sa première pièce de théâtre en 1970, au Théâtre Hébertot à Paris. Son premier film en 1973 avec Yves Boisset. Dans sa carrière, une vingtaine de pièces (ainsi que des one-man-shows pendant près d’une vingtaine d’années), du Ionesco, du Molière, du Feydeau, etc., et surtout, un grand nombre de films, environ soixante-dix.

Au début, Jacques Villeret prenait des seconds rôles, mais au fil du temps, sa notoriété aidant, il a pris carrément des premiers rôles. Il fut d’ailleurs reconnu par la profession avec deux Césars (justement : un du meilleur second rôle en 1979 grâce à "Robert et Robert", et un du meilleur acteur en 1999 grâce à "Dîner de cons") et avec trois nominations pour le Molière du meilleur comédien.

Rester dans sa caricature était un peu facile, mais il faisait rire aussi grâce à cela, comme le faisait Coluche au cinéma. Jacques Villeret apportait sa sauce personnelle qui épiçait le film. Mais pas seulement dans la comédie…

Dans "Dupont Lajoie" d’Yves Boisset (sorti le 26 février 1975), Jacques Villeret joue le (second) rôle de Gérald aux côtés notamment de Jean Carmet, Pierre Tornade, Jean Bouise, Robert Castel, Jean-Pierre Marielle, Victor Lanoux, etc. Dans "Robert et Robert" de Claude Lelouch (sorti le 14 juin 1978), bien que cela lui ait donné un César de second rôle, Jacques Villeret a partagé le premier rôle avec Charles Denner, ils sont deux "vieux" célibataires d’une quarantaine d’années (Villeret n’avait que 27 ans et Denner 52 ans !), en relation avec Jean-Claude Brialy, véreux directeur d’agence matrimoniale. Dans le film à sketchs "Rien ne va plus" de Jean-Michel Ribes (sorti le 12 décembre 1979), Jacques Villeret fait plusieurs premiers rôles aux côtés de Micheline Presle, Tonie Marschall, Eva Darlan, Anémone, Philippe Khorsand, Patrick Chesnais, Jacques François, etc.

Jacques Villeret a vu sa notoriété exploser avec sa participation dans le film "La Soupe aux choux" de Jean Girault (sorti le 2 décembre 1981), dans lequel il fait l’extraterrestre face aux deux compères Louis de Funès (dont ce fut l’avant-dernier film) et Jean Carmet. Ce fut le producteur, Christian Fechner, qui voulait Jacques Villeret aux côtés de Louis de Funès comme il avait proposé Coluche pour "L’Aile ou la Cuisse". Mais Jean Girault aurait préféré pour le rôle l’humoriste Olivier Lejeune dont le physique aurait mieux convenu.

Le film fut un véritable navet, dénaturant le roman d’origine, et les critiques y sont allés avec véhémence, à l’image de Dominique Jamet dans "Le Quotidien de Paris" le 15 décembre 1981 : « L’insupportable vulgarité, la confondante et dégradante nullité de ce film qui se veut visiblement un produit authentique de notre terroir et qui est sans contestation possible un sous-produit du cinéma national n’ont qu’un seul mérite, indiscutable : de montrer jusqu’où il est possible de descendre sans encourager la moindre sanction. En prison pour médiocrité, suggérait Montherlant. À ce compte, Jean Girault mériterait sans doute la détention perpétuelle, et encore dans l’hypothèse où la peine de mort serait abolie. » [Elle venait d’être abolie en France].

Malgré cela, le film, servi par une bande originale très appréciée et identifiable, fit un véritable carton au cinéma et il reste un énorme succès populaire à la télévision lorsqu’il y est rediffusé. Jacques Villeret, loin de voir sa carrière ruinée par ce navet, a eu ainsi une explosion de notoriété.

On le retrouve ensuite dans le film "Papy fait de la résistance" de Jean-Marie Poiré (sorti le 26 octobre 1983), dans le désopilant rôle du maréchal Ludwig von Apfelstrudel, le demi-frère d’Hitler, aux côtés de la troupe du Splendid, de Pauline Lafont, Roland Giraud, Michel Galabru, Jean Carmet, Jacqueline Maillan, Jacques François, Julien Guiomar, etc. (film dédié à Louis de Funès qui aurait dû prendre le rôle soit de Michel Galabru, soit de Jacques Villeret). Là encore, la critique n’était pas au rendez-vous mais le public, si.

Dans "Garçon !" de Claude Sautet (sorti le 9 novembre 1983), Jacques Villeret est le collègue serveur d’Yves Montand, et ils jouent avec notamment Nicole Garcia, Marie Dubois, Rosy Varte, Bernard Fresson, Hubert Deschamps, Yves Robert, etc. Ce film lui a valu une nomination pour le César du meilleur second rôle en 1984.


Jacques Villeret joue le rôle principal, Maurice, un homme en situation de handicap mental refusant de retourner en asile, dans "L’Été en pente douce" de Gérard Krawczyk (sorti le 29 avril 1987), aux côtés de Jean-Pierre Bacri (son frère), Pauline Lafont, Jean Bouise, Guy Marchand, Claude Chabrol, etc.

Premier rôle aussi dans trois films intéressants de Jean Becker, loin des sentiers battus : "Les Enfants du marais" (sorti le 3 mars 1999), avec Jacques Gamblin, Isabelle Carré, André Dussolier, Michel Serrault et Gisèle Casadesus ; "Un crime au Paradis" (sorti le 28 février 2001) avec Josiane Balasko (sa femme), Suzanne Flon (l’ancienne institutrice), André Dussolier (l’avocat), Gérard Hernandez, Roland Magdane, Daniel Prévost (le procureur général), Valérie Mairesse, etc. ; et "Effroyables Jardins" (sorti le 26 mars 2003), avec André Dussolier, Thierry Lhermitte, Suzanne Flon, etc.

Dans "Le Bal des casse-pieds" d’Yves Robert (sorti le 1er février 1992), Jacques Villeret a l’un des rôles importants, Jérôme, présentateur de météo et surtout, l’ami du héros, Jean Rochefort brimé par les emm*rdeurs, dans une comédie très bien ficelée avec Miou-Miou, Victor Lanoux, Jean Carmet, etc.

Dans "Malabar Princess" de Gilles Legrand (sorti le 3 mars 2004), du nom d’une épave d’avion écrasé dans les Alpes, Jacques Villeret a encore le rôle principal avec Claude Brasseur, Michèle Laroque et Clovis Cornillac. Jacques Villeret est aussi présent comme calife Haroun El Poussah dans "Iznogoud" de Patrick Braoudé (sorti le 9 février 2005, quelques jours après la mort de Villeret), adaptation de la célèbre bande dessinée de Tabary et Goscinny, avec Michaël Youn (Iznogoud), Kad Merad, Olivier Baroux, Franck Dubosc, Rufus, etc. (à l’origine, l’idée aurait été de confier le rôle d’Iznogoud à Louis de Funès selon la proposition de Goscinny et de Pierre Tchernia, mais le projet ne s’est pas fait après la mort soudaine de Goscinny).

L’avant-dernier film que je cite ici, lui aussi sorti après la mort de Villeret, le 30 mars 2005, est "L’Antidote" de Vincent De Brus, une comédie légère où Jacques Villeret, petit comptable, aide le grand patron Christian Clavier à guérir de son bégaiement et de ses angoisses, avec également Agnès Soral, Alexandra Lamy, François Morel, Pierre Vernier, Daniel Russo, Gérard Chaillou, etc.

Jacques Villeret a encore joué dans deux autres films qui sont sortis encore plus tard. Il était très actif au moment où il est mort à quelques jours de ses 54 ans, le 28 janvier 2005, des suites d’un gros problème de santé. Il pouvait être un clown triste, une vie personnelle difficile qui s’est noyée dans l’alcoolisme et la dépression.

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J’ai gardé pour la fin sa pépite, elle était à la fois celle du théâtre et celle du cinéma mais je retiens celle du cinéma, car sa prestation a été exceptionnelle, je veux bien sûr parler de ce film "culte" (le gros mot mis à toutes les sauces) "Le Dîner de cons" de Francis Veber (sorti le 15 avril 1998), avec Thierry Lhermitte, Francis Huster, Daniel Prévost, Catherine Frot, Edgar Givry, etc. François Pignon est la personne du "con" invité dans un dîner dans lequel chaque convive invite son "con". Le convive principal est Thierry Lhermitte. Heureusement, le scénario a une morale qui, en gros, est que le "con" n’est pas celui qu’on croit.

Ce film assez court, au succès populaire incontestable (plus de douze millions d’entrées, concurrencé par "Titanic"), est une excellente pièce d’humour avec de nombreux quiproquos. Au-delà de la prestation extraordinaire de Jacques Villeret qui connaissait bien le rôle puisqu’il le jouait aussi en 1993 au Théâtre des Variétés (mise en scène de Pierre Mondy), on notera également le sourire sadique du contrôleur fiscal Daniel Prévost, avant de se savoir cocu (les deux acteurs ont reçu un César pour cela). Au théâtre, Brochant était incarné par Claude Brasseur mais Francis Veber a préféré le remplacer par Thierry Lhermitte au cinéma.

Jacques Villeret aurait pu ne pas être au centre du "Dîner de cons" car il en voulait beaucoup au réalisateur qui lui avait proposé un peu trop rapidement de jouer le rôle de la chèvre dans "La Chèvre", dans un duo avec Lino Ventura, projet qui ne s’est jamais réalisé à cause du refus de Lino Ventura de jouer avec Jacques Villeret. Le film s’est donc fait avec le duo Gérard Depardieu et Pierre Richard. Malgré le succès de la pièce écrite par Francis Veber et jouée en 1993, Jacques Villeret a pris son temps avant d’accepter du bout des lèvres la proposition du réalisateur pour la version cinématographique (Francis Veber avait écrit la pièce pour Jacques Villeret).

Jacques Villeret s’en est allé rapidement, en plein succès, sans crier gare et pour rappeler toujours cette petite leçon d’humanité : la vie ne s’use que si l’on ne s’en sert pas.


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Sylvain Rakotoarison (06 février 2021)
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Pour aller plus loin :
Jacques Villeret.
Richard Berry.
Omar Sy.
Louis Seigner.
Jean-Pierre Bacri.
Jacques Marin.
Robert Hossein.
Michel Piccoli.
Claude Brasseur.
Jean-Louis Trintignant.
Jean-Luc Godard.
Michel Robin.
Alain Delon.
Alfred Hitchcock.
Brigitte Bardot.
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29 janvier 2021 5 29 /01 /janvier /2021 03:56

« Les gens sérieux ont une petite odeur de charogne. » (Francis Picabia, peintre, "Écrits critiques" sorti en 2005).


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L’ancien animateur de télévision Jean Bertho fête son 93e anniversaire ce samedi 23 janvier 2021. 93 ans ! Né en Lorraine, à Pont-à-Mousson, entre Nancy et Metz, il fait partie des dinosaures qui ont survécu à l’explosion de la météorite télévisuelle des années 1980 qui a inondé les ondes hertziennes de futilités, d’artifices et de ricanements. Mais en écrivant ces quelques mots, soudain, la tête me tourne, je vois plein de petits points grésillants sur un écran noir et je tombe dans un vieux canapé à la couleur kaki, si ce n’est orange, très à la mode…

Arg ! Ça y est, c’était sûr, ça devait arriver, je suis tombé dans une faille spatio-temporelle, un trou de ver peut-être (non, c’est bien autre chose, en fait)… Je suis plongé dans ces années 1970 si laides, si maudites ! Laides, car qui trouverait esthétiques les pattes d’eph et les cols longs comme un cimeterre ? Et les chignons ?…

Tu te retrouvais dans le dimanche ordinaire. C’était la joie. La messe était finie. Le Petit rapporteur aussi était terminé, Jacques Martin était parti avec sa bande (Pierre Desproges, Daniel Prévost, Stéphane Collaro, Pierre Bonte, Piem, etc.) sur l’autre chaîne. Sur la Une (TF1), une nouvelle émission. Tu la regardais un peu comme on mangerait une glace quand on admirait un beau paysage, sans la regarder. Une émission en guise de déjeuner. Deux joyeux lurons.





Tu avais là Jean Bertho. Son sourire. Ses cheveux blancs. C’est vrai, à l’époque, il avait déjà une petite cinquantaine de balais. Très petite, à peine cinquantaine, mais pour toi, c’était vieux, très vieux. Cheveux blancs. Celui qui rassurait, celui qui guidait. Ce n’était pas ton grand-père, il était plus sérieux, mais c’était pareil, peut-être le grand-oncle de Paris qui venait donner des nouvelles, les informations. C’était ton informatman. Tout se valait à l’époque. L’idée était de faire des calembours, mais pas comme chez Ruquier, non, des vrais calembours, ceux qui plaisaient sans se tirer les cheveux, sans autosatisfaction narcissique. Juste comme ça, sans prétention.

Non, il était plutôt l’ami de la famille. Celui qui apportait toujours quelques pâtisseries appétissantes. Qui te dirait que tout allait bien, même si tout allait mal. Le fait même de rire suffisait à rire. Le protecteur.

Il était le producteur en chef, le grand prêtre de l’émission. "C’est pas sérieux". Tu râlais déjà de l’imprécision de la syntaxe. C’était à la télévision française et ça ne parlait déjà plus français. Plus tard, on aurait pire, "C dans l’air", "C à vous". Ce serait carrément le langage sms à la télé. Mais c’était encore avant, bien avant, à une époque où l’on imaginait la télévision portable plutôt au poignet, à la place de la montre, que dans la poche, dans un téléphone qui était encore ce gros boîtier noir très laid avec ce disque en plastique à ressort pour former les numéros (vive le 1, gare au 9 et au 0).

Au moins, le titre de l’émission te plaisait. C’était lui, Jean Bertho, qui venait chez toi, dans ton salon. Il occupait la meilleure place dans le fauteuil que tu lui avais réservé. Et il venait avec sa troupe. Et dans sa troupe, tu ne pouvais pas manquer son frère jumeau, impossible que l’un fût là sans l’autre.

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L’autre, c’était Jean Amadou. Comme tu aimais Jean Amadou ! Il était le "politique" du lot. Jean Bertho, lui, s’amusait et amusait. Mais Jean Amoudou, du haut de son grand mètre quatre-vingt-treize, il était une tête pensante. Il connaissait toute l’actualité, celle politique, ou diplomatique, ou économique. Tu pouvais la croire ennuyeuse mais c’était tout le contraire, tu en raffolais. Jean Bertho n’était qu’un entremetteur, qu’un amuseur de salle. C’était Jean Amadou que tu voulais entendre. Sa revue de presse. Il zigzaguait avec l’actualité comme un fou du volant. Saltimbanque mais pas méchant. Ni bête ni méchant. C’est sûr que c’était beaucoup soft que Le Petit Rapporteur, mais c’était plus opportun pour le repas dominical. Moins acide, plus bon enfant.

Et puis, après son speech du début, Jean Amadou se levait et s’avançait devant un chevalet avec une collection de grandes feuilles blanches. Tu adorais cela car tu adorais le dessin. Alors, je ne me souviens plus beaucoup. Il y avait un dessinateur, c’était peut-être Dadzu, mais ma mémoire flanche déjà, éparpillée par le retour du temps, qui faisait devant la caméra son dessin, et avec un petit mot de Jean Amadou, le modifiait d’un simple trait et cela changeait complètement la signification. C’était très courant à l’époque, Piem faisait cela pour Jacques Martin.

Jean Bertho continuait sa messe. Il y avait sa liturgie, ses rituels, aussi ses chants, c’était l’occasion pour certains artistes de venir vendre leurs disques, comme dans une émission de variétés classique. Tu aimais bien le kiosque. Pendant très longtemps, ta mémoire t’a joué des tours, tu étais persuadé que c’était Simone Signoret qui tenait la boutique. Tu avais des circonstances atténuantes, elle avait la même coiffure.

Le concept était assez simple. Dans le kiosque, la vendeuse de journaux pouvait raconter quelques brèves, quelques anecdotes, quelques faits-divers. En fait je ne sais plus trop bien, si ce n’est que ta mémoire était complètement bidon. Ce n’était pas Simone Signoret, mais Anne-Marie Carrière. C’est vrai, l’une comme l’autre étaient, pour toi, déjà des "vieilles", l’une 55 ans, l’autre 51 ans. Mademoiselle Rose te faisait sourire sinon rire. Et c’était de l’humour tendre. De l’humour à la fin duquel on s’embrassait. Maintenant, impossible. Gestes barrières !





Puis, en essayant d’aller tout au fond de la mémoire, il y avait aussi une autre chronique, c’était une sorte de reportage humanitaire, "Les Petits Ivoiriens". À l’origine, l’idée était d’imiter l’expression "Les Petits Suisses", ces petits pots de crème que tu pouvais avoir à la cantine scolaire, qui, à l’époque, était supposée être très dégueulasse, mais beaucoup beaucoup moins que maintenant car à l’époque, c’était des menus préparés sur place avec de vrais cuisiniers et des vrais produits frais, sans conservateurs et venant de pas très loin, pas une multinationale spécialisée dans la restauration collective qui chasse les centimes d’euros si ce n’est les dixièmes d’euros.

L’idée était sans doute de se donner bonne conscience, mais cela aidait pas mal d’enfants de Côte d’Ivoire, c’était aussi une occasion de connaître d’autres cultures, d’autres modes de vie…

"C’est pas sérieux", émission produite par Catherine Anglade et tournée au Studio 102 de la Maison de la Radio, fut ton rendez-vous avec l’humour et la gaudriole. Mais c’était encore de …l’humour courtois. Bon anniversaire, Jean Bertho !


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (23 janvier 2021)
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Pour aller plus loin :
Jean Bertho.
Piem.
Olivier Mazerolle.
Alain Duhamel.
Marc Ferro.
Michèle Cotta.
Philippe Alexandre.
Henri Amouroux.
Noël Copin.
Françoise Dolto.
Philippe Bouvard.
Menie Grégoire.
Évelyne Pagès.
Jean Garretto.
Jacques Chapus.
Henri Marque.
Arthur.
François de Closets.
Pierre Desgraupes.
Philippe Gildas.
Pierre Bellemare.
Jacques Antoine.
Bernard Pivot.
Michel Polac.
Alain Decaux.

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20 janvier 2021 3 20 /01 /janvier /2021 03:54

« Plus le temps passait et plus son physique se faisait "balzacien", apte à créer des types très précis de bourgeois français, souvent patelins et parfois inexorables, sous un visage rose impeccablement rasé de notaire de province. Sa diction extrêmement circonspecte témoignait des vertus de la "vieille"  école qui fut la sienne, passant aussi bien par Firmin Gémier, qui lui fournit en 1923 l’un de ses premiers rôles, que par Copeau, Dullin, Jouvet et Baty qui le façonnèrent. » ("L’Humanité" le 21 janvier 1991).




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Comment partir dans la lumière. Il y a trente ans, le dimanche 20 janvier 1991 dans la matinée, un cruel incendie a endeuillé une grande famille du théâtre et du cinéma. Louis Seigner aurait été victime de sa pipe mal éteinte qui a enflammé son appartement du quinzième arrondissement de Paris. Sa femme Marie a été sauvée de justesse par leur fille Françoise. Il avait 87 ans (né le 23 juin 1903 pas loin de Bourgoin-Jallieu, à Saint-Chef), mais il aurait pu pousser un peu plus loin sans cet accident.

Fou de cinéma (à l’époque, il était muet), Louis Seigner a pris des cours de théâtre à Lyon puis à Paris. Louis Seigner fut une sorte de statue du commandeur, Molière revenu sur terre : il a multiplié les records depuis qu’il a commencé en 1920. Son métier, comédien, c’est-à-dire, acteur sur scène, au théâtre. Il a enchaîné plus de 300 rôles et parfois, il a joué plus de 650 fois son rôle dans "Le Bourgeois Gentilhomme", faisant même un triomphe en URSS lors de sa tournée en 1954. Il a aussi le record pour "Le Malade imaginaire" et "Tartuffe" (400 représentations). Après seize ans pensionnaire de l’Odéon, il fut engagé en 1939 au "Français" grâce à son rôle du roi dans "Le Cid", puis il fut confirmé comme le 407e sociétaire de la Comédie-Française de 1943 à 1971 (doyen à partir de 1960), et son exceptionnelle carrière a fait l’objet d’une grande soirée d‘adieux et d’hommage le 25 avril 1974.

Mais Louis Seigner n’était pas seulement un "théâtreux" : il jouait la comédie aussi au cinéma et à la télévision. Là encore, il a flirté avec les records avec une participation à plus de 150 films. Avant la télévision, il y a eu la radio, il a commencé dès 1930 à proposer du théâtre radiophonique aux côtés de Claude Dauphin et Jean Nohain. Comment avoir autant donné dans une seule vie ? Grand mystère.

D’autant plus qu’il a donné aussi au cinéma et au théâtre par sa descendance. Trois générations. Comme les Vasseur, comme les Casadesus, comme tant d’autres. Parmi ses trois enfants, une comédienne Françoise (1928-2008), elle aussi qui fut sociétaire à la Comédie-Française. Et deux petites-filles qui sont devenues des stars. Filles de Jean-Louis (1941-2020), il y a Emmanuelle Seigner, connue pour ses rôles auprès de Roman Polanski, et Mathilde Seigner, un caractère, une passion, éclatante au cinéma (et pas seulement dans la série "Camping" dont elle a regretté la trop grande notoriété).

Louis Seigner tenait des rôles de grande autorité, peut-être autant morale qu’opérationnelle, parfois débonnaire, parfois sévère. Un personnage qui inspirait confiance, un prêtre, un cardinal, un juge, un notable en général, éventuellement un médecin, un ministre, un banquier, un officier, un enseignant. On l’imaginait bien en pape (rôle qu’il a joué par exemple en 1970 dans "Malatesta" de Montherlant), pape rassurant et bon comme l’était par exemple Jean XXIII.

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Une petite anecdote qui pourrait décevoir les gaullophiles enthousiastes : l’art de la scène, ce n’est jamais inné et cela s’apprend. Pour la campagne présidentielle de décembre 1965, la première au suffrage universel direct, il s’agissait de s’exprimer à tous les Français. De Gaulle a donc demandé l’aide de Louis Seigner, selon le journal "Le Monde" cité par le chroniqueur Éric Delvaux dans son émission "Le cabinet de curiosités" diffusée le 29 avril 2017 sur France Inter (pour évoquer la préparation des candidats à l’élection présidentielles pour les séances de "propagande" à la télévision). En effet, il avait demandé au grand comédien de lui apprendre l’art d’être bonhomme ! Et à l’évidence, le professeur a été très efficace. Louis Seigner a aussi enseigné l’art dramatique à Jacques Perrin et Jacques Villeret, dans le cadre de ses onze ans d’enseignement au Conservatoire d’art dramatique.

Son dernier rôle fut l’évêque de Digne (Monseigneur Bienvenu Myriel), au cinéma, dans la version de Robert Hossein de l’œuvre de Victor Hugo "Les Misérables", adaptation sortie le 20 octobre 1982 (avec Lino Ventura, Michel Bouquet et Jean Carmet). Sa fille Françoise jouait le rôle de la femme de Thénardier. Louis Seigner avait déjà joué avec Robert Hossein, dans un de ses grands spectacles, adapté de Dostoïevski, "Crime et Châtiment" en 1975 (au Théâtre de Paris après une tournée, à Reims notamment).

Difficile de citer ses films et téléfilms.

Au cinéma, Louis Seigner a joué dans de nombreuses productions, parfois très célèbres, des rôles plus ou moins essentiels qui ont toujours rajouté de l’intérêt au film. Citons très arbitrairement le directeur de la prison dans "L’Ennemi public numéro un" d’Henri Verneuil (sorti le 2 décembre 1953) avec Fernandel, Zsa-Zsa Gabor et Nicole Maurey, l’inspecteur de police dans "Détournement de mineures" de Walter Kapps (sorti le 9 décembre 1959), le directeur de l’école dans "Les Frangines" de Jean Gourguet (sorti le 10 février 1960) avec Dora Doll, Françoise Vatel et Richard Bohringer, le directeur de la police dans "Le Pacha" de Georges Lautner (sorti le 14 mars 1968) avec Jean Gabin, André Pousse et Robert Dalban, le ministre de la justice dans "Section spéciale" de Costa-Gavras (sorti le 23 avril 1975) avec Michael Lonsdale, Pierre Dux, Jacques François, Claude Piéplu, Jacques Perrin, Michel Galabru, Julien Guiomar, Jean Bouise, Yves Robert, Romain Bouteille, Bruno Cremer, etc., le père d’Alain Delon dans "Monsieur Klein" de Joseph Losey (sorti le 22 mai 1976) avec Michael Lonsdale, Jean Bouise, Michel Aumont, Jeanne Moreau, Suzanne Flon, etc.

À télévision, je ne retiendrais qu’un seul rôle de Louis Seigner qui a été très remarquable, celui du banquier Spinello Tolomei dans l’excellente adaptation du roman de Maurice Druon "Les Rois maudits" par Maurice Jullian, réalisée par Claude Barma (diffusée 21 décembre 1972 au 24 janvier 1973 sur Antenne 2), avec Jean Piat, Jean Desailly, Hélène Duc et Jean-Luc Moreau.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (17 janvier 2021)
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Pour aller plus loin :
Louis Seigner.
Jean-Pierre Bacri.
Jacques Marin.
Robert Hossein.
Michel Piccoli.
Claude Brasseur.
Jean-Louis Trintignant.
Jean-Luc Godard.
Michel Robin.
Alain Delon.
Alfred Hitchcock.
Brigitte Bardot.
Charlie Chaplin.

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19 janvier 2021 2 19 /01 /janvier /2021 03:02

« Il était un homme en colère dans un monde qui lui convenait rarement. Il râlait bien. » (Pierre Arditi, le 18 janvier 2021).



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Le râleur au grand cœur. Bougon le Magnifique… On pourra user de tout le panel du vocabulaire français pour évoquer celui qui vient de s’éteindre ce lundi 18 janvier 2021 d’une maladie toujours aussi cruelle, Jean-Pierre Bacri. Il avait l’âge de 69 ans (né le 24 mai 1951), toujours trop jeune pour mourir, une génération, la même, à quelques semaines près, que Marielle de Sarnez, François Bayrou et Jean-Luc Mélenchon pour ne citer qu’eux.

À côté de la tristesse, il y a cet hommage unanime. Et ce n’était peut-être pas si évident que cela. Jean-Pierre Bacri n’était pas parmi les "stars", ou plutôt, ne se prenait pas pour une star (alors que d’autres croient l’être mais ne le sont pas) et lui a toujours su émouvoir ceux qui l’ont vu et apprécié.

Il y a l’image de lui, plus jeune mais finalement "déjà vieux" (c’est terrible le cinéma, en fonction des rôles, il y a des jeunes déjà vieux, c’était le cas de l’épatant Bernard Blier aussi), le râleur, le mauvais caractère, mais finalement, avec le petit sourire pudique qui refuse de se montrer. Un côté très français, presque "gaulois" si cela voulait dire quelque chose seulement par le cliché. Ce n’est pas très étonnant, cet hommage, un anti-héros bien français, qui a un cœur gros comme ça et qui le cache sous des dehors revêches, un peu énervés, agacés, un peu ébouillantés… Une carapace qui permet d’émerveiller ceux qui découvrent l’intérieur.

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En somme, Jean-Pierre Bacri a montré des personnages auxquels on pouvait tellement s’identifier qu’il était une autre version du "Français moyen", peut-être la plus lucide, et pourtant, non, il n’était pas le représentant des "franchouillards", mais plutôt, ce terme revient systématiquement, de ces Français râleurs. On râle pour dire non et l’on fait oui. Le dernier exemple flagrant, c’est la vaccination contre le covid-19 : on est contre (on râle contre le vaccin, contre la précipitation) et puis, on râle contre le rythme trop lent de la vaccination (mais que fait le gouvernement ?). Jamais contents. Comme ces internautes voyageurs qui écrivent en commentaires sur Tripadvisor de leur séjour à l’étranger que décidément, dans ces hôtels, il y a trop d’étrangers ou qu’ils ne parlent même pas français !

La "râlerie", c’est un état d’esprit. Il n’est pas coordonné par la raison, il est juste coordonné par l’émotion. Cela fait du bien de râler. Grand sport national en France. On râle, c’est de l’hygiène mentale, quasiment.  L’ego est conforté par la "râlerie". On se rebelle à bon compte. Et l’on passe à autre chose. Il vaut mieux râler que faire la guerre. C’est sûr que les "nice", trop "very nice" américains peuvent agacer lorsqu’on sympathise avec des Américains. Parfois, le trop lisse est l’anti-lisse. La "râlerie", c’est l’aspérité, les petits grains de sel qui assaisonnent la fadeur, les petits grains de sable qui nécessitent un peu de lubrification. C’est sans doute cela que les Français ont apprécié chez Jean-Pierre Bacri, ce droit de râler, soutenu, protégé par un personnage devenu célèbre, et même célèbre pour ses "râleries".

Râler n’empêche pas d’entreprendre, c’est le grand message de Jean-Pierre Bacri. Il a su captiver des millions de spectateurs avec ses scénarios, avec son jeu d’acteur et même, de comédien. Une collaboration inédite au théâtre et au cinéma avec Agnès Jaoui, tant sur les textes, les scénarios, que sur le jeu d’acteur. Que dans la vie privée, aussi, puisqu’ils ont vécu ensemble plusieurs décennies.

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En regardant les images les plus récentes de Jean-Pierre Bacri, j’avais un petit pincement au cœur. Il n’était plus ce râleur, ce "jeune" râleur, mais plutôt une personne déjà âgée, burinée par le temps et sans doute déjà la maladie, qui sentait la chaleur humaine, le regard bienveillant, une sorte de bonté qui se dégageait. Comment avoir été "bon" et avoir cette réputation de râleur ? Sans doute, comme je l’ai écrit plus haut, une couverture, une carapace, un voile pudique pour garder au chaud sa chaleur humaine et ses sentiments cachés.

C’est le problème des acteurs et comédiens, le grand public les voit par les filtres déformés de leurs rôles qui, parfois, sont récurrents, tandis que leur vraie personnalité intérieure peut être très différente. Qu’importe, c’est ce qu’ils représentent qui l’emporte sur la réalité personnelle.

Jean-Pierre Bacri, "on l’aime bien" pourraient dire de nombreux compatriotes. C’est celui qui casse le consensus poli des hypocrisies sociales. Il est un acteur qui a fait beaucoup de seconds rôles au point de risquer d’y être cantonné, mais non, il a su aussi trouver les opportunités pour être dans les premiers rôles. Il aurait pu n’avoir que des fades succès d’estime de sa profession, comme souvent pour les non-héros (je pense notamment à Jean Bouise, Jacques François, Michel Robin, à plein d’autres), alors qu’en fait, il a été très encensé par la profession, et notamment pour les deux distinctions phares du cinéma et du théâtre.

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En fait, il a tout eu de ce qu’il a fait. Car ce n’était pas évident d’avoir un tel grand chelem, à savoir, être récompensé pour des talents très différents. Plusieurs vies en une seule. Au théâtre, il a été récompensé pour avoir écrit des pièces de théâtre avec le Molière de l’auteur en 1992 pour "Cuisine et Dépendances" (coécrit avec Agnès Jaoui), et il a aussi reçu le Molière du comédien en 2017 pour "Les Femmes savantes". Le théoricien et l’homme pratique, du théâtre. Auteur et acteur.

Au cinéma aussi, il a été récompensé pour ces deux talents très différents. Il a reçu quatre fois le César du meilleur scénario, en 1994 pour "Smoking, no smoking" (avec Agnès Jaoui), en 1997 pour "Un air de famille" (avec Agnès Jaoui et Cédric Klapisch), en 1998 pour "On connaît la chanson" (avec Agnès Jaoui) et en 2001 pour "Le Goût des autres" (avec Agnès Jaoui).

Et il a reçu le César du meilleur acteur dans un second rôle en 1998 pour "On connaît la chanson" (nommé pour la même distinction en 1986 pour "Subway"). Il ne lui a manqué que le César du meilleur acteur (dans un premier rôle) pour lequel il a été nommé six fois ! En 2000 pour "Kennedy et moi", en 2001 pour "Le Goût des autres", en 2004 pour "Les Sentiments", en 2013 pour "Cherchez Hortense", en 2016 pour "La Vie très privée de Monsieur Sim", et en 2018 pour "Le Sens de la fête". À ces (sept) nominations, il faut enfin ajouter une nomination pour un autre César du meilleur scénario, en 2006 pour "Comme une image" (toujours avec Agnès Jaoui).

Tiens, justement, ce film, "La Vie très privée de Monsieur Sim" de Michel Leclerc (sorti le 16 décembre 2015), dans lequel Jean-Pierre Bacri joue Monsieur Sim, aux côtés d’Isabelle Gélinas, Vimala Pons et Félix Moati notamment, fait penser que Jean-Pierre Bacri, bien que plus grand, pouvait faire penser, par sa "gueule" ("Elle est pas belle, ma gueule ?") à …Sim, justement, la version peut-être un peu plus "hargneuse" de Sim. (Bon, cela imagé, à la vie réelle, ce n’était pas la hargne qui guidait Bacri, plutôt le cœur).

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Quels sont les meilleurs films de/avec Bacri ? C’est difficile de tous les citer, de citer les comédies succulentes, ces chroniques sociales si vraies, si drôles, souvent accompagnées de Jean-Pierre Darroussin (l’un est râleur, l’autre est dépressif), comme "Cuisine et Dépendances" de Philippe Muyl (sorti le 7 avril 1993), "Un air de famille" de Cédric Klapisch (sorti le 6 novembre 1996), "Le Goût des autres" d’Agnès Jaoui (sorti le 1er mars 2000), "Le Sens de la fête" d’Éric Toledano et Olivier Nakache (sorti le 4 octobre 2017), etc. Son dernier film a été "Photo de famille" de Cécilia Rouaud (sorti le 5 septembre 2018), où il jouait un nouveau patriarche aux côtés de Vanessa Paradis, Camille Cottin, Pierre Deladonchamps (ses enfants dans le film) et Chantal Lauby (son ex-femme dans le film).

Terminer par Molière sur la scène. Jouer "Les Femmes savantes", la dernière pièce qu’il a jouée en 2016 au Théâtre de la Porte-Saint-Martin à Paris (mise en scène de Catherine Hiegel), c’était une manière moderne de déclarer son amour aux femmes. Il expliquait qu’il y avait encore beaucoup de progrès à faire pour l’égalité entre l’homme et la femme, notamment dans l’égalité salariale.

Jean-Pierre Bacri voyait aussi dans cette pièce (créée le 11 mars 1672 au Palais-Royal) cette critique sociale contre les pédants de Molière, qui reste encore d’actualité selon lui : « Ils habitent la télé, on a l’impression que c’est leur appartement tellement on les voit. Il y a des milliards de Trissontin, de gens qui ont tout compris, qui savent tout mieux que tout le monde. Ce sont surtout les vedettes, les philosophes, les chroniqueurs qui ont la science infuse, contrairement aux autres qui n’ont rien compris. ». "Des milliards" pour seulement 7,8 milliards d’habitants sur la planète, c’est un peu exagéré, certes, mais on a pu le voir avec la pandémie de covid-19. Et puis, on est toujours un peu le Trissontin de quelqu’un, aujourd’hui, à l’époque des réseaux sociaux.

Mais laissons-lui le mot de la fin à propos de son penchant râleur, car pointait derrière le dramaturge et le comédien un grand philosophe : « Pour moi, l’être humain est hyperfaillible et vulnérable. Je trouve ça dégueulasse de faire croire aux gens que le monde est binaire. Les gentils d’un côté, les méchants de l’autre. Ça ne m’intéresse pas. Je cherche des personnages humains. Pour certains, quand on n’est pas en train de sourire tout le temps, on est rabat-joie. Eh bien, soit ! ». En fait, Jean-Pierre Bacri avait de très jolis sourires. Mais la vie a été un peu moins souriante.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (18 janvier 2021)
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Pour aller plus loin :
Louis Seigner.
Jean-Pierre Bacri.
Jacques Marin.
Robert Hossein.
Michel Piccoli.
Claude Brasseur.
Jean-Louis Trintignant.
Jean-Luc Godard.
Michel Robin.
Alain Delon.
Alfred Hitchcock.
Brigitte Bardot.
Charlie Chaplin.

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10 janvier 2021 7 10 /01 /janvier /2021 01:04

« De quelque façon que vous envisagiez votre rôle dans la vie, tout ce que vous pouvez faire, c’est de le jouer aussi bien que possible. » (Brian Wilson Aldiss, 1964).


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Cela fait un siècle, le 9 septembre 1919, qu’est né à Paris un acteur qui semble désormais oublié, Jacques Marin. L’occasion de retrouver quelques-unes de ses traces dans la culture française (et sur l’Internet).

L’expression "Français moyen" ne veut pas dire grand-chose. Elle est une tournure, sinon une posture, qui ne se base que sur l’apparence, et sur la projection que celle-ci évoque dans une sorte de "mémoire collective", mais "mémoire collective", tout comme "opinion publique", ne veulent pas dire grand-chose non plus.

La France est diversité et unité, à l’image de la belle devise de l’Union Européenne (Unis dans la diversité). Il n’y a donc pas un visage plus "français" qu’un autre, surtout dans un pays qui est présent quasiment sur tous les continents. On le voit aussi pour incarner la République française, les bustes de Marianne dans les mairies ont pour modèles des femmes très différentes, on peut juste supposer que probablement toutes ces femmes se rejoignent dans la beauté, une beauté diversifiée.

Pourquoi ai-je voulu évoquer ce concept de "Français moyen" ? Parce que aussi contestable que puisse être ce concept, il est incontestable néanmoins que Jacques Marin a personnifié avec excellence cette figure du "Français moyen" dans le cinéma français telle que l’on pouvait l’imaginer dans les années 1950, 1960 et 1970.

On n’a pas le choix de la tête qu’on a, et pourtant, Jacques Marin avait tout pour se fondre dans la grande foule française. Des yeux avec des paupières un peu refermées pouvant trahir un petite lâcheté, une petite pointe de regard hagard pouvant faire imaginer l’absorption de vin, la petite moustache franchouillarde au possible… C’est une grosse caricature, évidemment, mais un bon comédien utilise son apparence pour se fondre dans un scénario de film. D’autres l’ont fait extraordinairement, comme Louis de Funès, Bernard Blier, etc. …et même Sim. Le ressort comique procède de la caricature.

Dans l’aspect "Français moyen", il y a un concept ultérieur (illustré par Cabu) du "beauf". C’est le physique idéal de l’image qu’ont eue les cinéastes du "collabo" sous l’Occupation nazie. Une sorte de Pierre Laval en plus doux, en moins politisé. Jacques Marin a joué ainsi l’épicier collabo dans "Mais où est don cpassée la septième compagnie ?" de Robert Lamoureux en 1973. Dans le même registre, on aurait pu imaginer Jacques Marin jouer le rôle de Robert Bidochon dans la célèbre bande dessinée de Christian Binet, avec son béret basque et ses moustaches.

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Concrètement Jacques Marin, quiconque connaît le cinéma français des premières décennies de la Cinquième République ne peut ignorer qui il était. On ne peut que le reconnaître dans les centaines de rôles qu’il a joués. Des seconds voire des troisièmes rôles, souvent transparents, souvent sans intérêt dans l’histoire, mais qui sont indispensables à la bonne tenue de l’ensemble. D’autres ont montré à quel point leur apport était succulent, je pense notamment à Robert Dalban et à Jean Bouise, mais il y en a des dizaines qui, modestement, ont apporté cette valeur ajoutée d’humanité à certains films.

Probablement que le rôle récurrent le plus joué par Jacques Marin fut celui de commissaire de police. Avec son chapeau, sa moustache, son cigare, son imperméable, il donnait l’allure des policiers des années 1950, à l’époque d’avant le taser, d’avant le flash-ball, etc.

La boulimie de travail de Jacques Marin était impressionnante. Il a commencé à jouer en 1946 et travailla avec de nombreux grands réalisateurs et comédiens. Jean Gabin fut l’un de ses grands amis. Il était également un excellent anglophone par son épouse, si bien qu’il a joué également dans de nombreux films américains en anglais, aux côtés de grands acteurs américains (et actrices : Audrey Hepburn par exemple).

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Jacques Marin a également joué dans de nombreux téléfilms pour la télévision et dans de très nombreuses pièces de théâtre, certaines retransmises en direct à la télévision (dans l’émission "Au Théâtre ce soir").

Mais Jacques Marin n’était pas qu’une image, il était aussi une voix, car paradoxalement, son anglophonie l’a amené à faire de très nombreux doublages en français de films et de dessins animés américains, peut-être que le plus connu de ses doublages est la voix du shérif de Nottingham dans le dessin animé "Robin des Bois" sorti en 1973.

Il a arrêté sa carrière cinématographique au début des années 1990, et il est mort à l’âge de 81 ans à Cannes, le 10 janvier 2001, à l’hôpital, il avait choisi de vivre sur la Côte d’Azur pour sa retraite. Dix-huit ans plus tard, son souvenir s’efface peu à peu dans les esprits, et c’est dommage.

Voici donc quelques exemples où Jacques Marin est apparu dans sa carrière dont des sketchs qu’on pourra juger largement dépassés de nos jours (technologiquement et sociologiquement).


1. Sketch du téléphone avec notamment Jean Lefebvre.






2. Sketch du médecin.






3. Cinéma : "Les bons vivants" de Gilles Grangier et Georges Lautner (1965).






4. Théâtre : "Sacrés fantômes" avec notamment Odette Laure (7 mai 1976).






5. Ovni audiovisuel : "Cinematon" de Gérard Courant (1994).






Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (04 septembre 2019)
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Pour aller plus loin :
Jacques Marin.
Sim.
Michel Aumont.
Claude Zidi.
Pierre Richard.
Lino Ventura.
Line Renaud.
Jean Lefebvre.
John Wayne.
Kirk Douglas.
Élie Kakou.
Jean Bouise.
Pierre Desproges.
Anémone.
Gérard Oury.
Zizi Jeanmaire.
Jean-Pierre Marielle.
"Les Éternels".
Jacques Rouxel.
François Berléand.
Niels Arestrup.
"Acting".
"Quai d’Orsay".
Michel Legrand.
Gérard Depardieu.
Maria Pacôme.
Ennio Morricone.
Francis Lai.
Bernadette Lafont.
Pauline Lafont.
Marthe Mercadier.
Jean Piat.
Jacques Brel.
Charles Aznavour.
Charlie Chaplin.
Maurice Chevalier.

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29 décembre 2020 2 29 /12 /décembre /2020 03:34

« Je ne monte pas de grands spectacles pour faire du tintamarre, mais pour qu’en chacun de nous, résonne l’espérance. » (Robert Hossein, 2001).


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Quoi de plus pittoresque que de naître entre Noël et le Nouvel An ? Robert Hossein fait partie de ces êtres-là (qui n’y peuvent rien !) qui découvrent le monde au début d’un autre ; il fête en effet son 93e anniversaire ce mercredi 30 décembre 2020. Robert Hossein est associé souvent au cinéma et au théâtre, et c’est avec raison, il a une carrière magistralement dense sur ces deux secteurs artistiques, d’autant plus dense qu’il a été à la fois metteur en scène ou réalisateur et aussi comédien ou acteur.

À ce titre, il a côtoyé les plus grands dans des dizaines de productions. C’est assez impressionnant.

Au théâtre, il a mis en scène des dizaines de pièces, parfois ses propres pièces : il en a écrit quatre dont une avec son ami Frédéric Dard. Au fait, pourquoi avec Frédéric Dard ? Voici ce qu’en dit Robert Hossein : « De retour à la vie civile, j’ai été accueilli par mon ami Frédéric Dard. Accueilli, recueilli, adopté, choyé, entouré par cet homme exceptionnel et son épouse, qui m’ont installé chez eux, dans une grande chambre peuplée de livres et baignée de lumière (…). Ils m’ont aimé comme leur troisième enfant. ». Frédéric Dard n’avait pourtant que… sept ans de plus que Robert Hossein.

Les dernières pièces qu’il a mises en scène sont "Huis clos" (de Jean-Paul Sartre) en 2002 et deux autres sur des affaires judiciaires en 2010, "L’Affaire Seznec" (d’Éric Rognard et Olga Vincent) et "Dominici : un procès impitoyable" (de Marc Fayet).  Il a aussi joué dans des dizaines de pièces, parfois les mêmes que celles qu’il a mises en scène. Cela lui a valu un Molière d’honneur en 1995.

Au cinéma, par exemple, il a joué le personnage principal (un prêtre amoureux) avec Claude Jade, Claude Piéplu, Louis Seigner et Pierre Mondy, dans "Prêtres interdits" de Denys de La Patellière (sorti le 22 novembre 1973), ou encore le commissaire Rosen aux côtés de Jean-Paul Belmondo, Bernard-Pierre Donnadieu (un acteur que j’apprécie beaucoup, mort il y a dix ans), Jean Desailly, etc. dans "Le Professionnel" de Georges Lautner (sorti le 21 octobre 1981).

On peut citer bien sûr son personnage de Joffrey de Peyrac, tenant la réplique à Michèle Mercier (Angélique), dans quatre des cinq films de la célèbre série "Angélique, Marquise des Anges" de Bernard Borderie (le premier est sorti le 8 décembre 1964, il est absent du deuxième de la série). Ou encore l’un des nombreux personnages dans "Vénus Beauté (Institut)" de Tonie Marshall (sorti le 3 février 1999), ou le premier rôle dans "Les Uns et les Autres" de Claude Lelouch (sorti le 27 mai 1981), enfin, je cite encore, de manière très incomplète, son rôle aux côtés de Jane Birkin et Brigitte Bardot dans "Don Juan 73 ou si Don Juan était une femme" de son ami Roger Vadim (sorti le 22 février 1973), une histoire de l’amour multiple et plus ou moins libre des années 70.

Parmi les films que Robert Hossein a réalisés, on peut citer sa version du livre de Victor Hugo qui a été parmi les plus adaptés au cinéma, "Les Misérables", sorti le 20 octobre 1982 avec pour principaux acteurs Lino Ventura (Jean Valjean), Michel Bouquet (Javert), Jean Carmet  (Thénardier) et Évelyne Bouix (Fantine). Le scénario de ce film a été fait par Robert Hossein lui-même et aussi par Alain Decaux, un de ses compères, auteurs de ses grands spectacles historiques.

Car depuis 1975, Robert Hossein est surtout connu pour ses grandes fresques historiques ou religieuses avec une sorte d’obsession : faire participer le public. Et ces spectacles sont très impressionnants. D’abord, parce qu’il prend souvent des sujets connus qui disent quelque chose, même vaguement, à tout le monde. Ensuite, parce que cela se passe dans d’immenses salles, remplies de public et les comédiens, parfois, s’invitent dans l’assistance.

Les thèmes ? Jésus-Christ (plusieurs spectacles, j’ai eu la chance d’assister à "Un homme nommé Jésus" dans les années 1980, très impressionnant), Marie, Jean-Paul II, mais aussi des thèmes historiques comme Jules César, Danton et Robespierre, Marie-Antoinette, De Gaulle (coécrit par Alain Decaux et Alain Peyrefitte), Napoléon, Ben-Hur, etc. Il a aussi repris des scénarios de films ou des adaptations de livres pour ses spectacles : "Le Cuirassé Potemkine", "Notre-Dame de Paris", "Les Misérables", "L’Affaire du courrier de Lyon", "Angélique, Marquise des Anges", "On achève bien les chevaux", etc.

Ces spectacles, qui mélangent l’art du théâtre, du cinéma, et plus généralement, de la scène, c’est la marque de fabrique de Robert Hossein qui n’a pas eu peur de voir grand. Dans les sujets traités, le principal est évidemment la religion et probablement que cela vient de sa propre identité. Il a publié une petite vingtaine d’ouvrages dont certains expliquent son origine, sa foi en Dieu, etc. En 2007, il a publié ainsi "N’ayez pas peur… de croire" chez Lattès, reprenant la fameuse expression qui a inauguré le pontificat de Jean-Paul II, expression que son spectacle a reprise comme titre de sa fresque sur la vie du saint pape.

Et son origine est assez complexe : le père de Robert Hossein fut un compositeur d’origine à la fois azérie et iranienne, sa mère fut une comédienne russe et juive, née en Moldavie. Lui-même s’est converti au catholicisme, d’ailleurs assez tardivement dans une démarche très personnelle. Il a d’ailleurs été reçu par le pape François au Vatican il y a presque cinq ans. Il s’est marié plusieurs fois et a eu plusieurs enfants, dont un rabbin à Strasbourg, il a aussi été dans les années 1960 le gendre de la journaliste Françoise Giroud, tout cela pour expliquer une vie complexe, très riche, faite de mille références, qui rend la personnalité de Robert Hossein difficilement cernable : « Il est essentiel de savoir d’où l’on vient, faute de savoir où l’on va ! ».

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Pour avoir une petite idée de personnalité de Robert Hossein, je propose ici quelques phrases venues de lui.

Sa foi : « Je suis un marginal mystique, méfiant de naissance. Tout ce que l’on peut dire de moi, c’est que je suis croyant. Et désespéré. ».

Sa foi (suite) : « Nul besoin d’être cultivé pour être inspiré ! Il faut seulement être à l’écoute de l’invisible. ».

Sa foi (suite 2) : « De toute façon, comme je le répète volontiers, je crois tellement en Dieu… qu’il finira bien par exister ! ».

Son humanisme : « Tout homme est une histoire sacrée, je le jure ! ».

Son monde : « J’ai toujours vécu dans une sorte d’univers parallèle, sinon dans un état second, recréant le monde autour de moi, me le réappropriant sans cesse. Je ne m’y suis jamais adapté, c’est plutôt lui qui s’est fait à moi, grâce au prisme de mon imagination. ».

Sa nostalgie : « Le passé, c’est un souvenir. Si vous vivez dans le passé, vous êtes foutu. Il faut espérer dans l’avenir, mais je trimballe une éternelle nostalgie de la vie… ».

Solitude : « Le livre qui m’a le plus bouleversé, c’est "Le Désert des Tartares" de Buzzati, parce qu’il fait état de cet isolement qui nous caractérise. ».

Les derniers seront les premiers : « Au Ciel, c’est la conscription. De grandes figures masquées tirent des numéros. Selon le chiffre, elles descendent un immense escalier qui les conduit sur Terre. Le hasard veut que les uns deviennent banquier, roi, artiste. Les autres, célébrité, commerçant, indicateur. Le dernier, qui a  eu du mal à se présenter, tire le mauvais numéro : "mendiant". On le roue de coups et on le jette au bas des marches. Tandis que tout le monde danse, boit, se gave, le mendiant, lui, mendie. Au-dessus de sa misère, ses congénères s’épuisent en sabbats, bals, égoïsmes, et la vie passe… Le crépuscule tombe : la mort, avec sa faux, appelle les élus. Ils renoncent tous à quitter la Terre. Seul, le mendiant gravit l’escalier, tel un prince. ».

Addiction pécuniaire : « Les biens matériels aveuglent, étouffent, submergent l’essentiel, on devient dépendant du fric comme de la drogue ou de l’alcool. La liberté n’a rien à voir avec cet insidieux phénomène d’addiction. ».

Compassion des dirigeants : « Peut-être faudrait-il faire passer à nos chefs politiques un examen qui évaluerait leur aptitude à la compassion et à la bonté… » (je précise que cette phrase a été écrite en 2002, afin de ne pas en faire une interprétation hasardeuse).

Ne pas être victime : « Pour réussir sa vie et être libre, il est nécessaire de renoncer à être une victime pour prendre soin des autres, tous ceux dont le cri est une alarme… Courage ! ».

Bref, bon anniversaire, Robert Hossein !


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (26 décembre 2020)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Michel Piccoli.
Robert Hossein.
Claude Brasseur.
Jean-Louis Trintignant.
Jean-Luc Godard.
Michel Robin.
Alain Delon.
Alfred Hitchcock.
Brigitte Bardot.
Charlie Chaplin.

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https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20201230-robert-hossein.html

https://www.agoravox.fr/culture-loisirs/culture/article/robert-hossein-n-a-pas-peur-de-229812

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26 décembre 2020 6 26 /12 /décembre /2020 03:27

« C’est un acteur qui a donné le goût de la liberté à beaucoup d’acteurs et actrices. Partout où il est passé, il a réussi quelque chose : être un homme libre. On ne doit pas oublier cette génération. On ne doit pas oublier à quel point ce métier a besoin de liberté. » (Charles Berling, 18 mai 2020 sur France Inter, évoquant Michel Piccoli).



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L’acteur français Michel Piccoli est mort le 12 mai 2020, il aurait eu 95 ans ce dimanche 27 décembre 2020. Michel Piccoli, par sa longévité (à partir de 1945), par ses nombreuses participations, a eu un parcours étonnant puisqu’il fut à la fois une jeune star du premier rôle et un acteur moins star jouant sur de registres très différents, tant au cinéma qu’au théâtre.

Dans les années 1970 et 1980, Michel Piccoli faisait partie des ces "artistes de gauche" qui avaient soutenu la candidature de François Mitterrand comme "allant de soi". On peut voir l’origine de cet engagement contre les "puissances de l’argent" dans la carrière de son grand-père maternel Charles Expert-Bezançon, sénateur radical et industriel de la peinture accusé d’avoir intoxiqué au plomb ses employés.

Cette longévité artistique s’est traduite par la proximité d’acteurs et de réalisateurs, mais aussi d’artistes (plus généralement) de légende, on peut citer (sans être exhaustif) Juliette Gréco (bien sûr), qu’il a épousée, Brigitte Bardot, Madeleine Renaud, Luis Bunuel, Jean-Pierre Melville, Jean-Luc Godard, Jean Renoir, Costa-Gavras, Hitchcock, Agnès Varda, etc.

Pour rendre hommage à ce grand acteur dont j’ai adoré l’un des tout derniers rôles en 2011, celui d’un (vieux) cardinal élu pape qui renonce à son élection (interprétation d’autant plus remarquable et crédible qu’il était paradoxalement plutôt athée), je reprends ici quelques éléments éparses d’un hommage très soutenu que la radio France Inter avait fait lors de l’annonce de ce décès, le 18 mai 2020 (annonce avec six jours de décalage).

Dans la soirée du 18 mai 2020, en effet, a été rappelée l’excellente interview par Laure Adler du 17 janvier 2009 au Studio Théâtre. Marqué par un frère qu’il n’a pas connu, Michel Piccoli expliquait qu’il concevait la liberté comme un changement permanent de ses modes d’expression (cinéma, télévision, théâtre qu’il préférait) et comme une prise de risques. Notamment au théâtre où il a joué des rôles très différents, ou lu des poèmes, etc. (Courteline, Paul Claudel, Racine, Félicien Marceau, Molière, Tchekhov, Bernard-Marie Koltès, Arthur Schnitzler, Marivaux, Shakespeare, Ibsen, René Char, Sacha Guitry, Thomas Bernhard, etc.). Il a même fait de la scène à Avignon pour Pierre Boulez né quelques mois avant lui. En somme, se remettre toujours en cause pour progresser. Michel Piccoli a aussi prêté sa voix à Chateaubriand dans le film "Le Souper" d’Édouard Molinaro avec Claude Brasseur et Claude Rich.

Interviewé par Vincent Josse le 15 janvier 2009, Michel Piccoli évoquait le trac au théâtre de manière assez simple : « Je n’ai jamais eu peur de monter sur scène. Je monte sur scène depuis l’âge de 9 ans. J’ai extrêmement peur pendant les répétitions. Dès qu’elles sont terminées, quand je suis soi-disant prêt à exécuter, tout va très bien. Le public m’amuse et ne m’angoisse pas. C’est très amusant d’avoir le culot de se retrouver devant dix-sept ou mille spectateurs, oui, vraiment, ça m’amuse ! Être là devant des gens muets et raconter à haute voix une histoire que je crois extraordinaire et les voir fascinés. ».

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Dans l’émission "Hors-Champs" diffusée le 18 décembre 2009 sur France Culture, Michel Piccoli racontait encore sa passion du théâtre et des grands auteurs et metteurs en scène.

Quarante ans plus tôt, il était l’invité de l’émission fameuse de Jacques Chancel "Radioscopie"  du 29 octobre 1968 à l’époque où il jouait le premier rôle dans une adaptation d’un roman de Françoise Sagan, "La Chamade" d’Alain Cavalier (sorti le 30 octobre 1968), avec Catherine Deneuve. Dans cette émission, il a parlé de son lancement au cinéma par un film de Jean-Pierre Melville, puis par un film de Jean-Luc Godard, son réalisateur préféré, aux côtés de Brigitte Bardot ("Le Mépris").

Ces quatre émissions, on peut les retrouver sur Internet grâce à cette mémoire vivante de l’audiovisuel. On peut aussi retrouver cette émission spéciale du journal de 13 heures, animé par Bruno Duvic, le 18 mai 2020 sur France Inter, qui avait rassemblé un certain nombre d’invités pour évoquer la mémoire de Michel Piccoli.

Charles Berling, par exemple, disait : « Au fond, c’est l’homme de tous les contraires, et je crois que la société a besoin de ça, elle a besoin de cette contradiction. ». Il confiait ainsi que ce cardinal élu pape ("Habemus papam"), c’était un film où les assureurs avaient refusé de l’assurer pour le tournage, mais il l’a quand même tourné. Et d’ajouter : « On avait toujours l’impression, quand on le voyait, que ça sortait comme ça. Piccoli, c’est ‘insaisissable. Il va faire ce que doit faire un acteur : c’est-à-dire rentrer dans un univers, servir un univers. ».

Jane Birkin aussi a été très touchée par l’annonce de sa disparition : « Une des personnes les plus formidables dans tous les sens, comme être humain et comme acteur. C’est quelqu’un qui était tellement présent. Travailler avec lui était génial. Il était fantasque dans sa performance, et en même temps, très modeste dans ses rapports avec les autres. En revanche, très exigeant de lui-même. ».

De son côté, le réalisateur Yves Jeuland pouvait témoigner : « Il était à la fois triste et farceur. Sa faculté d’aller dans toutes les directions m’a attiré. Ce qui l’intéressait dans ses choix, c’était la relation qu’il allait avoir avec le réalisateur. Par exemple, c’est un acteur qui n’avait pas d’agent. (…) Plus de soixante-dix ans de théâtre, télévision, cinéma, sa carrière est gigantesque. Pour autant, c’est un acteur qui n’était jamais là où on l’attendait. Il était pudique d’une certaine façon. Et pourtant, il avait aussi ce côté exubérant. C’était aussi un homme de troupe. ».

Critique de cinéma, Laurent Delmas confirmait : « C’est quelqu’un qui a pris des risques. Il n’a jamais coulé dans un moule facile de cinéma à succès. ». Journaliste sur France Inter, Eva Bettan aussi le peignait de cette manière : « Il y a l’image du grand bourgeois par moment, et il la casse le lendemain. ».

Probablement que la réaction la plus touchante est venue de l’actrice Emmanuelle Béart, qui a joué avec le peintre Michel Piccoli dans le très beau (et long) film de Jacques Rivette "La Belle Noiseuse" (sorti le 4 septembre 1991) : elle était le modèle du peintre, et était en scène aussi Jane Birkin, la femme du peintre qui était l’ancien modèle pour un tableau inachevé.

Dans une lettre lue par Augustin Trapenard le 19 mai 2020, Emmanuelle Béart parlait du monstre sacré : « Tes gestes tes regards tes mots, ta voix résonnent comme la beauté du cinéma en plein soleil, toutes générations entremêlées. (…) Loin du bruit et de la fureur, sans mépris, toi, si limpide, au rythme tranquille, au sourire ravageur que traduit ma tendresse de deux grands yeux rieurs. ».

L’ancienne modèle fut modelée : « Michel, tu les aimes, mes fesses ? Pardon de cette indélicatesse, tu as rendez-vous, je ne veux pas te retenir, juste te dire que le combat continue, que ce corps que tu as pétri et pétri et repétri (…) n’oublie rien de ce que tu lui as insufflé. Le combat continue entre l’ombre et la lumière, entre la lucidité et la ferveur. En désaccord avec notre temps, c’était, dis-tu, notre raison d’être. ».

95 ans, c’était l’occasion très modeste d’un retour à ce montre sacré, que son souvenir reste vivant chez les cinéphiles…


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (20 décembre 2020)
http://www.rakotoarison.eu



Pour aller plus loin :
Le mari de Brigitte Bardot.
Michel Piccoli.
Robert Hossein.
Claude Brasseur.
Jean-Louis Trintignant.
Jean-Luc Godard.
Michel Robin.
Alain Delon.
Alfred Hitchcock.
Brigitte Bardot.
Charlie Chaplin.

_yartiPiccoliMichelC03



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26 décembre 2020 6 26 /12 /décembre /2020 01:18

« C’est un autre avenir qu’il faut qu’on réinvente
Sans idole ou modèle, pas à pas, humblement
Sans vérité tracée, sans lendemains qui chantent
Un bonheur inventé définitivement. »
(Jean Ferrat, "Le Bilan", 1980).


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Si l’épidémie de coronavirus SARS-CoV-2 s’était déclenchée il y a dix ans, le chanteur Jean Ferrat, qui est mort à Aubenas le 13 mars 2010 à l’âge de 79 ans de la suite d’une maladie attrapée à l’hôpital (il est né à Vaucresson le 26 décembre 1930), aurait été enterré dans l’intimité familiale. Mais ce ne fut pas le cas. Car le 16 mars 2010 à Antraigues-sur-Volane, il y a eu plus de cinq mille personnes venues lui rendre hommage, à l’instar d’Isabelle Aubret. La foule a même chanté "La Montagne", sa chanson la plus connue.

Auteur, compositeur, interprète, Jean Ferrat faisait partie de ces chanteurs qui faisaient "tout". Il n’a pas composé ni écrit toutes les chansons qu’il a interprétées mais une grande partie. Il était une voix extraordinaire mais aussi une plume de poète exceptionnelle.

Pourquoi ai-je apprécié Jean Ferrat alors qu’on l’a associé en permanence au parti communiste français ? La première réponse est assez simple : si on devait se préoccuper des opinions politiques des artistes pour apprécier leurs œuvres, on ne verrait, lirait, écouterait plus aucune œuvre. Après tout, qu’est-ce qu’un art communiste ? un art libéral ? un art de gauche ? de droite ? du centre ? Cela n’a pas beaucoup de sens. Je reste sur l’idée du mérite républicain individuel : l’art est avant tout personnel, et la personnalité de Jean Ferrat est très attachante, ses œuvres émouvantes.

Au même titre, faut-il détester les excellents livres de Jean-Paul Sartre au style si efficace et subtil alors qu’il s’est trompé systématiquement dans ses combats politiques et qu’on adore également Boris Vian qui tournait en ridicule les fétichistes du sartrisme ? Ou détester les œuvres si éclairantes et vivifiantes de Louis Aragon par anticommunisme forcené ? Bien évidemment non, et d’ailleurs, Jean Ferrat a chanté beaucoup de ses poèmes, les a faits parfois mieux connaître. J’ai même évolué sur l’œuvre magistrale de Céline, dont l’antisémitisme des pamphlets m’incommodait trop pour l’apprécier. Peut-être une idée de la maturité : faire la part des choses. Sans rien oublier pour autant. Encore moins excuser.

La seconde réponse à la question (inutile de continuer ensuite), c’est de dire que Jean Ferrat a toujours été un électron libre. D’ailleurs, il n’a jamais pris sa carte et surtout, il a toujours été lucide sur les manquements du communisme. Et même sur ses horreurs staliniennes. Il est toujours resté fidèle (il a voté Georges Marchais en 1981) mais il l’a toujours été avec des réserves qui lui font honneur, plus honneur en tout cas que Sartre qui acceptait tout des horreurs du communisme sous prétexte qu’il ne fallait pas "désespérer Billancourt". On sait ce qu’il advint de Billancourt : désormais se niche la troisième grande salle de concert moderne de la région parisienne sur l’Île Seguin. Il ne reste plus que la façade d’entrée de Renault. Pas de "bilan globalement positif", pas de soutien à l’invasion de Prague par les chars soviétiques. Fidélité mais lucidité aussi.

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Alors, c’est vrai, Jean Ferrat était bien incapable de débattre comme un homme politique, sur un plateau de télévision à coup d’arguments et de contre-arguments. Mais à sa façon, il diffusait ses idées, souvent généreuses, pacifiques, parfois même écologiques avant l’heure, par le moyen qui était le sien, là où il s’épanouissait, par la chanson. Ces chansons orientées (engagées dit-on) lui ont joué d’ailleurs des tours, puis que dans l’ORTF de pépé, il fut régulièrement censuré, mais le public le suivait, c’était l’essentiel.

L’exemple le plus frappant fut un éditorial de Jean d’Ormesson, à l’époque influent directeur du journal "Le Figaro", qui avait parlé d’un "air de liberté" qui flottait avant la prise de Saïgon par les communistes. Cela avait mis en colère le chanteur qui en a fait une chanson où il a cité le nom de l’éditorialiste qui, par la suite, a apprécié la chanson et était même honoré d’avoir été ainsi immortalisé dans une œuvre musicale.

Les chansons de Jean Ferrat n’étaient pas toujours des manifestes engagés. Elles étaient également sentimentales. Amour, nostalgie, beauté de la nature, espérance… Comme la magie de la technologie permet de préserver au-delà de la mort les enregistrements et que l’Internet permet de les diffuser chez soi, voici, pour lui rendre hommage, dix chansons très connues qui ont placé Jean Ferrat dans la même légende que Charles Trenet, Georges Brassens, Jacques Brel, Léo Ferré, Guy Béart, et quelques autres…

Sans indication particulière, les chansons sont de Jean Ferrat (paroles et composition).


1. "Nuit et brouillard" (décembre 1963)

Grand Prix du disque de la prestigieuse Académie Charles-Cros, cette chanson a fait connaître et apprécier Jean Ferrat du grand public. Elle évoque la Shoah avec des mots très émouvants.


« Ils étaient vingt et cent, ils étaient des milliers
Nus et maigres, tremblants, dans ces wagons plombés
Qui déchiraient la nuit de leurs ongles battants
Ils étaient des milliers, ils étaient vingt et cent.

Ils se croyaient des hommes, n’étaient plus que des nombres
Depuis longtemps leurs dés avaient été jetés
Dès que la main retombe, il ne reste qu’une ombre
Ils ne devaient jamais plus revoir un été. »






2. "La Montagne" (12 novembre 1964)

La chanson la plus connue de Jean Ferrat qui évoque la nostalgie et le déracinement. Dans "Témoignage chrétien" du 8 mai 1969, il a expliqué : « ["La Montagne"] évoque quelque chose qui touche énormément les gens : l’abandon de la terre natale. (…) Presque tous les Parisiens sont fils ou petit-fils de paysans, alors, il y a un pincement au cœur. ».

« De quoi attendre sans s’en faire
Que l’heure de la retraite sonne
Il faut savoir ce que l’on aime
Et rentrer dans son HLM
Manger du poulet aux hormones.

Pourtant que la montagne est belle
Comment peut-on s’imaginer
En voyant un vol d’hirondelles
Que l’automne vient d’arriver ? »






3. "Que serais-je sans toi ?" (novembre 1964)

Jean Ferrat a repris un poème de Louis Aragon, "Prose du bonheur et d’Elsa" publié dans "Le Roman inachevé" (1956).

« J’ai tout appris de toi sur les choses humaines
Et j’ai vu désormais le monde à ta façon
J’ai tout appris de toi comme on boit aux fontaines
Comme on lit dans le ciel les étoiles lointaines. »






4. "Ma France" (mars 1969)

Il est sûr que la chanson "Ma France" était une chanson très orientée politiquement, mais Jean Vasca (chanteur) ne la considérait pas comme de la propagande : « Les chansons politiques, quand elles ne sont pas réussies, ont l’air de tracts, mais quand elles sont réussies, comme celle-là, elles sont pleines de vérité humaine. ». Elle ne manquait pas de provoquer des polémiques, en honorant Robespierre et les vendeurs de "L’Huma" le dimanche matin, tout en fustigeant Thiers et De Gaulle. Il honorait aussi Victor Hugo, Paul Éluard et Picasso.

« Cet air de liberté au-delà des frontières
Aux peuples étrangers qui donnaient le vertige
Et dont vous usurpez aujourd’hui le prestige
Elle répond toujours du nom de Robespierre
Ma France. »






5. "Camarade" (janvier 1970)

Cette chanson très politisée pourrait être considérée comme anticommuniste à tel point Jean Ferrat a fustigé la fin, par l’arrivée des chars soviétiques le 21 août 1968, du Printemps de Prague, ce "socialisme au visage humain" selon Alexander Dubcek. Le chanteur avait presque honte d’être communiste.

« C’est un nom terrible Camarade
C’est un nom terrible à dire
Quand, le temps d’une mascarade
Il ne fait plus que frémir
Que venez-vous faire Camarade
Que venez-vous faire ici
Ce fut à cinq heures dans Prague
Que le mois d’août s’obscurcit. »






6. "Aimer à perdre la raison" (avril 1971)

Jean Ferrat a chanté le poème de Louis Aragon "La Croix pour l’ombre" de son recueil "Le Fou d’Elsa" (1963).

« Aimer à perdre la raison
Aimer à n’en savoir que dire
À n’avoir que toi d’horizon
Et ne connaître de saisons
Que par la douleur du partir
Aimer à perdre la raison. »






7. "La Femme est l’avenir de l’homme" (novembre 1975)

En reprenant et retournant la formule de Louis Aragon issue de son recueil "Le Fou d’Elsa" : « L’avenir de l’homme est la femme. », Jean Ferrat a contribué à faire de son titre un proverbe désormais très connu.

« Le poète a toujours raison
Qui annonce la floraison
D’autres amours en son royaume
Remets à l’endroit la chanson
Et déclare avec Aragon :
La femme est l’avenir de l’homme ! »






8. "Un Air de liberté" (décembre 1975)

Cité dans cette chanson qui condamnait les guerres coloniales, Jean d’Ormesson avait réussi à en interdire la diffusion dans une émission consacrée à Jean Ferrat par Jacques Chancel le 14 novembre 1975 sur Antenne 2. Néanmoins, il n’a pas réussi à la faire supprimer dans l’album, et plus tard, il a admis avoir finalement apprécié la chanson. Jean Ferrat avait réagi à l’éditorial de l’écrivain, publié dans "Le Figaro" le 2 mai 1975, sur la chute de Saïgon le 30 avril 1975 : « Seulement sur tous les excès et sur toutes les bavures soufflait encore un air de liberté. Une liberté viciée, sans doute, mais une liberté. ».

Jean Ferrat y allait fort car il mettait Jean d’Ormesson dans le même lot que les "autres" : « C’est vous et vos pareils qui en êtes tuteurs » [des guerres coloniale], « Pour vous et vos pareils nous étions la vermine », « Oui vous avez un peu de ce sang sur les mains »

« La terre n’aime pas le sang ni les ordures
Agrippa d’Aubigné le disait en son temps
Votre cause déjà sentait la pourriture
Et c’est ce fumet-là que vous trouvez plaisant.

(…)

Ah monsieur d’Ormesson
Vous osez déclarer
Qu’un air de liberté
Flottait sur Saïgon
Avant que cette ville s’appelle Ville Ho-Chi-Minh
Après trente ans de feu de souffrance et de larmes
Un génocide vain perpétré au Viêt-Nam
Quand le canon se tait vous vous continuez.

Mais regardez-vous donc un matin dans la glace
Patron du Figaro songez à Beaumarchais
Il saute de sa tombe en faisant la grimace
Les maîtres ont encore une âme de valet. »

En fait de génocide, c’est bien au Cambodge qu’il a eu lieu quelques mois plus tard avec Pol Pot






9. "Le Bilan" (1980)

Avec cette chanson, Jean Ferrat a réagi aux propos de Georges Marchais prononcés le 23 avril 1979 pour parler du "bilan globalement positif" de l’Union Soviétique, et a dénoncé les crimes de Staline.

« Ah ! Ils nous en ont fait avaler des couleuvres
De Prague à Budapest, de Sofia à Moscou
Les staliniens zélés qui mettaient tout en œuvre
Pour vous faire signer les aveux les plus fous

(…)

Au nom de l’idéal qui vous faisait combattre
Et qui nous pousse encore à nous battre aujourd’hui

(…)

Mais quand j’entends parler de bilan positif
Je ne peux m’empêcher de penser à quel prix ?
Et ces millions de morts qui forment le passif
C’est à eux qu’il faudrait demander leur avis. »






10. "Les Cerisiers" (novembre 1985)

Avec les paroles de Guy Thomas, parolier qui est mort récemment (le 19 janvier 2020), Jean Ferrat réaffirmait (malgré la chanson précédente) sa fidélité au communisme.

« Bien sûr on me dira que c’est des sottises
Que mon utopie n’est plus de saison
Que d’autres ont chanté le temps des cerises
Mais qu’ils ont depuis changé d’opinion.

Moi si j’ai connu des années funestes
Et mes cerisiers des printemps pourris
Je n’ai pas voulu retourner ma veste
Ni me résigner comme un homme aigri. »





Et dans la dernière strophe des Cérisiers, Jean Ferrat envisager sa fin prochaine :

« Ah qu’il vienne au moins le temps des cerises
Avant de claquer sur mon tambourin
Avant que j’aie dû boucler mes valises
Et qu’on m’ait poussé dans le dernier train. »

Chapeau, l’artiste !


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (08 mars 2020)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Jean Ferrat.
Juliette Gréco.

_yartiFerratJean04

 

 

https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20201226-jean-ferrat.html

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23 décembre 2020 3 23 /12 /décembre /2020 03:49

« La popularité n’est pas un critère de qualité. » (Claude Brasseur).


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Cette petite phrase est à la fois vraie et fausse. Vraie parce qu’un bon acteur doit surprendre, sait se mettre dans des rôles pour lesquels on ne l’imaginait pas. Mais c’est la théorie, car la pratique, c’est qu’un acteur populaire devient familier, crédible, vrai, comme un copain, ou un copain de ses parents, ce qui revient un peu au même. C’est effectivement le cas de l’ami Claude Brasseur qui s’est éteint à Paris ce mardi 22 décembre 2020 à l’âge de 84 ans (né le 15 juin 1936).

On ne pourra pas dire que c’était un fils à papa ou un papa de fiston, et pourtant, il était dans une véritable lignée familiale d’acteurs et de comédiens, son père, "l’historique" Pierre Brasseur, son fils Alexandre Brasseur. Quoi de plus normal d’épouser la passion familiale quand on n’a jamais vécu que dans cela étant petit ?

Claude Brasseur a joué au théâtre, au cinéma et pour la télévision. Une longue carrière, de 1955 à 2018. Une centaine de films au cinéma. Deux Césars (en 1977 et en 1980), quelques tentatives de Molières ("juste" des nominations)… et un public qui n’a jamais cessé de l’aimer parce qu’il est resté le copain de service.

Il y a bien sûr ses nombreux rôles au théâtre, on pourra retenir l’excellente pièce de Jean-Claude Brisville mise en scène par Jean-Pierre Miquel, "Le Souper", à l’occasion du Bicentenaire de la Révolution (créée le 20 septembre 1989 au Théâtre Montparnasse à Paris), avec deux personnages principaux : Talleyrand, joué par Claude Rich, et Fouché, joué par Claude Brasseur. Exceptionnel dialogue historique entre les deux hommes d’État situé le 6 juillet 1815, une date charnière de la France postrévolutionnaire. C’est devenu aussi un film, l’adaptation fut réalisée par Édouard Molinaro en 1992 (la pièce fut jouée aussi en 2015 avec Niels Arestrup et Patrick Chesnais).

Mais Claude Brasseur a surtout été connu par le cinéma. Il a d’abord eu des "petits rôles", comme dans "Le Viager" de Pierre Tchernia (sorti le 2 février 1972) où il campait le rôle de l’héritier des Galipeau, devenu petit malfrat avec son complice Jean Richard. Son premier grand rôle fut pour "Les Seins de glace" de Georges Lautner (sorti le 28 août 1974), aux côtés de la divine Mireille Darc et Alain Delon.

Trois séries de films ont cependant établi sa notoriété et sa popularité.

Il y a eu "La Boum" de Claude Pinoteau (sorti le 17 décembre 1980) où Claude Brasseur partage avec Brigitte Fossey la dure vie de parents de l’adolescente Sophie Marceau. Un film culte, qui a propulsé la carrière de la toute jeune Marceau. Ce film a eu une suite "La Boum 2" (sorti le 8 décembre 1982).

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Dans ces deux films, au-delà du père (et du mari), Claude Brasseur était un bon copain dans une bande de copains. Ce rôle lui allait à merveilles et cela avait fait l’excellence de deux films antérieurs réalisés par Yves Robert, "Un éléphant ça trompe énormément" (sorti le 22 septembre 1976) et sa suite "Nous irons tous au paradis" (sorti le 9 novembre 1977). Il était jusqu’à aujourd’hui le dernier survivant de cette bande de copains impayables : il y a Claude Brasseur, Jean Rochefort, Guy Bedos et Victor Lanoux. Claude Brasseur y est vendeur de voitures …et homosexuel, ce qui, à l’époque, était un thème assez novateur (années 70, celles de l’audace au cinéma).

On retrouve ces quatre compères dans "Le Bal des casse-pieds" toujours d’Yves Robert (sorti le 12 février 1992), dans d’autres situations et aux côtés de Miou-Miou, Jacques Villeret, Jean Carmet, Jean Yanne et Michel Piccoli

Enfin, troisième série de films, peut-être pas de la meilleure qualité mais néanmoins très populaires, qui ont redonné une nouvelle popularité à Claude Brasseur, pour une nouvelle génération d’admirateurs : "Camping" de Fabien Onteniente (trois numéros, sortis les 26 avril 2006, 21 juin 2010 et 29 juin 2016), le troisième "Camping" était son avant-dernière apparition au cinéma. Là, il joue le touriste de camping assez (beaucoup) beauf, Jacky Pic, recordman d’ancienneté, avec la petite troupe de campeurs récurrents : Mylène Demongeot (la femme de Jacky Pic), Franck Dubosc (le dragueur), Mathilde Seigner et Antoine Duléry, etc.

Pour compléter très succinctement le tableau, on peut bien sûr citer l’excellent film de Robin Davis "La guerre des polices" (sorti le 14 novembre 1979) où les commissaires Claude Brasseur et Claude Rich se font la guerre avec une Marlène Jobert entre les deux. Ce film a valu au Claude Brasseur son César du meilleur acteur. Malgré une fin qui est loin du "happy end"…


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (22 décembre 2020)
http://www.rakotoarison.eu



Pour aller plus loin :
Michel Piccoli.
Robert Hossein.
Claude Brasseur.
Jean-Louis Trintignant.
Jean-Luc Godard.
Michel Robin.
Alain Delon.
Alfred Hitchcock.
Brigitte Bardot.
Charlie Chaplin.

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https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20201222-claude-brasseur.html

https://www.agoravox.fr/culture-loisirs/culture/article/claude-brasseur-le-heros-malgre-229694

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2020/12/22/38721211.html




 

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