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12 septembre 2021 7 12 /09 /septembre /2021 03:19

« Poussée par le vent, je brûle et je m’enrhume
Entre mes dunes, reposent mes infortunes
C’est nue que j’apprends la vertu. »
("Libertine", 1986).


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La chanteuse française (et canadienne) Mylène Farmer fête son 60e anniversaire ce dimanche 12 septembre 2021. C’est l’occasion de rappeler la carrière extraordinaire d’une jeune femme de 22 ans qui a duré maintenant plus de trente-sept ans. Elle ne cesse de cartonner. J’adore ses prestations et surtout, son univers musical, culturel, littéraire. C’est probablement aussi une question de génération.

Depuis 1984, Mylène Farmer a collectionné les succès, avec 21 chansons classées n°1 dans le Top 50 et 37 autres dans le Top 10. Elle est très aimée en Russie et en Europe de l’Est.

On aime ou on n’aime pas Mylène Farmer ? Je ne sais pas si c’est autant caricatural que cela, mais en tout cas, quand on aime, on aime généralement beaucoup, il suffit de voir les nombreux groupes de "fans" qui ont fleuri un peu partout sur le Web à en faire peur.

Ce qui est exceptionnel, c’est que Mylène Farmer, qui a inondé les années 1980 de ses nombreux "tubes", est toujours dans l’actualité, elle continue toujours, après plus d’une génération, presque deux, à faire albums et concerts (enfin, avant la crise sanitaire). Un peu comme Kim Wilde, dans une certaine mesure. Elle a déjà vendu plus de 30 millions d’exemplaires de ses disques et ses spectacles sont très élaborés, ses clips aussi, c’est une productrice, c’est une actrice, et c’est même une cinéphile avertie, ce qui fait qu’on ne s’étonne même pas de la retrouver parmi les membres du jury du 74e Festival de Cannes, celui qui a lieu en ce moment, du 6 au 17 juillet 2021 après deux ans d’absence (pour cause sanitaire), aux côtés notamment de Mélanie Laurent, Mati Diop et Maggie Gyllenhaal.

Les chansons de Mylène Farmer (elle en a écrit beaucoup) sont souvent transgressives, du moins très originales, inattendues, novatrices. Elles peuvent évoquer des idées noires, la dépression, l’enfance, le passé révolu, la mort, etc. mais aussi l’amour, la religion, le sexe, etc. avec beaucoup de références littéraires (et même historiques puisque son premier disque fut dédié à Louis II de Bavière qui s’est suicidé le 13 juin 1886 dans le lac de Starnberg, près de Munich). Elles sont aussi très dynamiques, rythmées, avec une scénographie très étudiée. On a presque l’impression que c’est une grande prêtresse face à une assistance complètement séduite.

La grande notoriété de la chanteuse ne l’empêche pas de nourrir une discrétion rare sur sa vie personnelle, qui surprend dans ce milieu d’artistes. Elle n’a jamais apprécié ce milieu, au point d’avoir renoncé à recevoir d’éventuels prix après sa mauvaise expérience où elle a finalement refusé de recevoir sa Victoire de la Musique en 1988. Elle expliqua le 12 octobre 1989 à Télé Moustique : « J’ai passé des heures en coulisses pour les répétitions de cette soirée. Tout le gratin du show-business était là et ces gens m’ont écœurée. Ils se détestent tous. J’étais triste d’avoir été récompensée et reconnue par ces gens-là. Ce sont les Victoires de l’hypocrisie ! ». Cela ne l’a pas empêché de collaborer avec de nombreux artistes, comme Jean-Louis Aubert, Jean-Paul Gaultier, Khaled, Sting, Ben Harper, Michael Hutchence, Seal, Moby, Line Renaud, etc.

Rien pourtant n’était évident pour elle au début. Son succès ne lui était pas prédestiné. Elle a commencé avec une comptine, "Maman a tort", enregistrée en été 1983. Les paroles et la composition ont été de Jérôme Dahan (qui est mort du cancer il y a une dizaine d’années) et Laurent Boutonnat, son compositeur au long cours, qui a beaucoup collaboré avec elle. Ils pressentaient que ce serait un "tube", ont tenté de la faire chanter par Lio (mais cela ne s’est pas fait). Ils ont cherché une chanteuse par un casting peu prometteur, et finalement, c’est une des amies de Jérôme Dahan qui a fait l’affaire. En fait, elle semblait faite pour être cette chanteuse : Mylène Farmer.

Look très différent de son évolution ultérieure, plus en jeune fille sage et souriante qu’en femme pleine d’exubérance originale et intrigante. Elle est née au Québec et sa famille, plutôt aisée (le père ingénieur), s’est installée en région parisienne quand elle avait une dizaine d’années. Elle a obtenu un prix de chant à 10 ans, a visité des enfants malades à l’hôpital et s’est passionnée pour les animaux (au point de vouloir devenir vétérinaire un moment). Elle a quitté son lycée pour se lancer dans les arts, s’est inscrite au cours Florent et a fait des petits boulots.

Cette chance de chanter un tube, elle l’a saisie sans hésitation. Ils ont d’ailleurs mis beaucoup de temps pour trouver une maison de disques (elle était encore inconnue et c’est à ce moment qu’elle a adopté son nom de scène, en hommage à l’actrice américaine Frances Farmer, qui a vécu un calvaire psychiatrique). Le disque "Maman a tort" a été vendu à 100 000 exemplaires, ce n’était pas énorme, mais cela lui a permis de se faire connaître, et sa présence dans tous les médias pour en faire le service après-vente l’a aussi beaucoup aidée. Après un autre disque sans succès, elle a changé de maison d’édition pour de nouveaux tubes, "Plus grandir" et surtout "Libertine" qui l’a complètement transformée (physiquement) et qui a « révolutionné le monde des clips en France », comme l’explique son site Internet.

Sa carrière était alors lancée.

Parmi ses autres grands succès, "À quoi je sers" (1989) commence ainsi :
« Poussière vivante, je cherche en vain ma voie lactée
Dans ma tourmente, je n’ai trouvé qu’un mausolée
Et je divague
J’ai peur du vide
Je tourne des pages
Mais des pages vides. ».

Avis aux amateurs : Mylène Farmer a annoncé le 22 juin 2021 qu’elle ferait une grande tournée en Europe à partir du 2 juin 2023, de la France à la Russie, dont les billets seront mis en vente à partir du 1er octobre 2021 (en particulier au Stade de France les 30 juin et 1er juillet 2023). On peut espérer que la pandémie de covid-19 sera passée…

Je propose ici les principaux "tubes" de Mylène Farmer dans les années 1980, et dans un second article, je proposerai des chansons plus récentes.


1. "Maman a tort" (sorti en mars 1984)





Et le clip (le moins coûteux de l’histoire des clips) :

 





2. "Plus grandir" (sorti le 25 septembre 1985)






3. "Libertine" (sorti le 25 mars 1986)






4. "Tristana" (sorti le 1er avril 1986)






5. "Sans contrefaçon" (sorti le 16 octobre 1987)






6. "Ainsi soit je" (sorti le 14 mars 1988)






7. "Pourvu qu'elles soient douces" (sorti le 14 mars 1988)






8. "Sans logique" (sorti le 14 mars 1988)






9. "Déshabillez-moi" (sorti le 14 mars 1988)






10. "À quoi je sers" (sorti le 12 août 1989)






11. "Allan" (sorti le 11 décembre 1989)






12. "Désenchantée" (sorti le 18 mars 1991)






13. "Regrets" (sorti le 8 avril 1991)






14. "Je t'aime mélancolie" (sorti le 8 avril 1991)






15. Interview de Mylène Farmer le 14 juin 2009 sur France 2






Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (12 septembre 2021)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Site officiel de Mylène Farmer.
Mylène Farmer.
Louis Armstrong.
Jim Morrison.
Jimmy Somerville.
Ella Fitzgerald.
Serge Gainsbourg.
Fernandel.
Eddie Barclay.
Daniel Balavoine.
Jean Ferrat.
John Lennon.
Kim Wilde.

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https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20210912-mylene-farmer.html

https://www.agoravox.fr/culture-loisirs/culture/article/l-univers-fabuleux-de-mylene-234149

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2021/07/02/39040270.html











 

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6 septembre 2021 1 06 /09 /septembre /2021 17:07

« Prendre des années n’est pas très grave, car chaque âge a ses plaisirs et ses bonheurs. »


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Parole sage d’un vieil homme sage qui a pu être heureux de sa vie. Une vie peut-être plus factice que réelle, mais quels nombreux héros de toutes sortes a-t-il pu jouer au cours de ces plus de soixante dernières années ! Jean-Paul Belmondo, comme on dit d’un comédien qui a adoré jouer au théâtre, a tiré sa révérence ce lundi 6 septembre 2021 à l’âge de 88 ans et demi (il est né le 9 avril 1933).

Inutile de présenter Bébel comme un "monstre sacré" du cinéma français. Ils ne sont plus très nombreux de cette époque ancienne, un âge d’or du cinéma français, dans les années 1960, 1970, 1980… avec les belles voitures reconnaissables qui n’étaient pas encore conçues par les mêmes logiciels de modélisation aérodynamique. Il y a Alain Delon, Jean-Louis Trintignant, peut-être aussi Gérard Depardieu pour une autre génération. Je n’évoque ici que les hommes, il y a aussi les femmes, et avec Jean-Paul Belmondo ont joué de nombreuses actrices.

Belmondo est l’un des visages familiers de la France, l’un des symboles sympathiques de la culture française. Était-il bon acteur ? Bien sûr, il avait des rôles de chef ou au contraire, de petit misérable, mais il était aussi lui, comme l’ont été d’autres acteurs, Louis de Funès, Jean Gabin (sauf au début de sa carrière), Bourvil, Fernandel, etc. Il ne jouait pas un rôle du film, on faisait un film avec Belmondo. Et le succès était là, car l’homme inspire sympathie et identification. Souvent des films d’aventure qui se regardent comme un ado se délecte en lisant une bande dessinée. Et aussi cette caractéristique, très peu de navets alors que d’autres grands s’étaient retrouvés parfois dans des navets (Jean Gabin, Louis de Funès, par exemple).

De très nombreux films peuvent ressortir des mémoires, et bien sûr, avec Jean-Paul Belmondo en héros numéro un. En voici quelques-uns, sans ordre précis sinon d’intérêt personnel. En clair, treize films sur modeste ordonnance… qui ne manqueront pas d’être rediffusés les semaines prochaines.

1. "Le Magnifique" de Philippe de Broca (sorti le 23 novembre 1973), où Belmondo est un écrivain timide et passif mais se vit en agent secret très dynamique et séducteur, avec la très charmante Jacqueline Bisset, sage voisine étudiante ou torride héroïne du roman.

2. "Le Professionnel" de Georges Lautner (sorti le 21 octobre 1981), servi par la très belle musique d’Ennio Morricone, où Belmondo finit mal, en agent têtu qu’on ne peut plus déprogrammer. Avec notamment Robert Hossein et Bernard-Pierre Donnadieu en flics déboussolés.

3. "L’As des as" de Gérard Oury (sorti le 27 octobre 1982), dans une histoire de guerre à la morale sauve. Avec une audace, des scènes qui se déroulent au Nid d’Aigle du dictateur nazi Hitler, en Bavière (il fallait oser !).

4. "Les Tribulations d’un Chinois en Chine" de Philippe de Broca (sorti le 5 novembre 1965), avec Maria Pacôme, Jean Rochefort, Ursula Andress… Une revisite de l’Asie qui fait très "Tintin" (la sexualité en plus).

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5. "Stavisky" d’Alain Resnais (sorti le 15 mai 1974), un excellent film historique qui rappelle un des plus grands scandales d’entre-deux-guerres, avec Belmondo dans le rôle de Stavisky, et un beau casting, Anny Duperey, Michael Lonsdale, François Périer, Claude Rich, Pierre Vernier, etc. et même Gérard Depardieu (tout débutant …comme entrepreneur).

6. "L’Héritier" de Philippe Labro (sorti le 22 mars 1973), avec Belmondo en fils du grand patron décédé accidentellement, qui reprend l’affaire, son chargé de pouvoir Jean Rochefort, son assistant Charles Denner, et aussi Carla Gravina.

7. "Les Mariés de l’an II" de Jean-Paul Rappeneau (sorti le 7 avril 1971), une fresque de la Révolution française avec les mariés, Belmondo et Marlène Jobert (qui est d’un épanouissement ravissant), Michel Auclair, Pierre Brasseur, Sami Frey, Georges Beller, Julien Guiomar, Charles Denner, Laura Antonelli, etc.

8. "Itinéraire d’un enfant gâté" de Claude Lelouch (sorti le 30 novembre 1988), qui a valu le seul César de meilleur acteur de Bébel, souvent boudé par "la profession" (il a refusé ce César, et il a aussi reçu une Palme d’honneur au Festival de Cannes de 2011 pour l’ensemble de sa carrière). Belmondo est un ancien acrobate victime d’un accident qui s’est reconverti en entrepreneur, puis, lassé par la routine, qui se fait passer pour mort pour vivre une nouvelle vie, avec Richard Anconina, ancien employé qui reconnaît le patron, Lio, Daniel Gélin, etc. Son fils Paul joue le héros à l’âge de 20 ans.

9. "Week-end à Zuydcoote" d’Henri Verneuil (sorti le 18 décembre 1964), inspiré d’un roman de Robert Merle. Cela se passe pendant l’évacuation de Dunkerque en juin 1940, avec Jean-Pierre Marielle (le prêtre), François Périer, Pierre Mondy et Marie Dubois.

J’ai gardé trois des quatre derniers films comme des films "mythiques" (sauf le dernier proposé).

10. "Flic ou Voyou" de Georges Lautner (sorti le 28 mars 1979), où Belmondo, commissaire, fait le nettoyage du système niçois avec des méthodes peu orthodoxes, avec Marie Laforêt, Jean-François Balmer, Charles Gérard (un grand copain de Bébel qui est mort il y a deux ans le 19 septembre 2019), Michel Galabru et Philippe Castelli.

11. "Peur sur la ville" d’Henri Verneuil (sorti le 9 avril 1975), où Belmondo est policier, avec la fameuse scène de la prise d’otages dans l’un des hauts immeubles du (alors nouveau) quartier Beaugrenelle (Front de Seine), avec Charles Denner, Jean-François Balmer et Rosy Varte.

12. "À bout de souffle" de Jean-Luc Godard (sorti le 16 mars 1960), avec Jean Seberg, Roger Hanin, etc. Dans ce film, Belmondo a notamment cette réplique : « Si vous n’aimez pas la mer, si vous n’aimez pas la montagne, si vous n’aimez pas la ville… allez vous faire foutre ! ».

13. "Peut-être" de Cédric Klapisch (sorti le 10 novembre 1999), avec cet exploit d’avoir fait jouer Romain Duris comme le père de Jean-Paul Belmondo (dans ce film fantastique, l’un des derniers où a joué Belmondo), avec Jean-Pierre Bacri, Léa Drucker, Hélène Fillières, etc. (et même Jocelyn Quivin).

Au revoir, Bébel...


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (06 septembre 2021)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Jean-Paul Belmondo.
Cédric Klapisch.
Philippe Labro.
Adrian Monk.
Patrick Bouchitey.
Philippe Léotard.
Romain Goupil.
Isabelle Carré.
Claude Piéplu.
Michael Lonsdale.
Jean-Pierre Bacri.
Gérard Jugnot.
Alain Delon.
Alfred Hitchcock.
Brigitte Bardot.
Charlie Chaplin.

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https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20210906-jean-paul-belmondo.html

https://www.agoravox.fr/culture-loisirs/culture/article/jean-paul-belmondo-le-magnifique-235606

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2021/09/06/39123874.html







 

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3 septembre 2021 5 03 /09 /septembre /2021 03:05

« J’aime à dire que les trois volets sont des films de la génération Erasmus, marquée par la culture du voyage et qui a créé des "citoyens du monde", travaillant aussi à l’étranger. De ce fait, tous les spectateurs qui avaient une vingtaine d’années, en 2002, lors de "L’Auberge espagnole" veulent voir ce que sont devenus leurs héros… » (Cédric Klapisch, "La Dépêche" le 4 décembre 2013).




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Le réalisateur Cédric Klapisch fête son 60e anniversaire ce samedi 4 septembre 2021. Il fait partie de ces cinéastes qui attirent les foules, pas seulement pour voir ses films mais aussi pour le voir lui-même, l’écouter, lui poser des questions. Il est lui-même une star et il fait partie intégrante de ce qu’on pourrait appeler la culture française, même si cette notion reste floue (tout le monde contribue à la culture française, même les djeunes qui ont commencé le langage SMS sur leur vieux téléphones portables il y a une vingtaine et que des plus âgés ont adopté par amusement), d’autant plus floue qu’il est allé dans sa jeunesse étudiante aux États-Unis (à New York) pour compléter son inspiration très franco-française.

Ce qui ressemble à l'acteur Kad Merad a été primé finalement assez peu par les Césars puisque Cédric Klapisch n’en a reçu qu’un seul, pour le scénario du film "Un air de famille" et en commun avec deux autres personnes (très connues), et huit autres nominations, mais ses films ont quand même reçu cinq Césars supplémentaires notamment pour leurs acteurs.

Dès ses premières œuvres, il a décrit la réalité d’une société qui pouvait laisser à désirer. Ses films sont donc souvent très éloquents, et constituent un bon témoignage de la vie contemporaine. Beaucoup de ses films sont savoureux, comme son premier long-métrage "Riens du tout" (sorti le 11 novembre 1992) où Fabrice Luchini joue le rôle du nouveau patron d’un grand magasin parisien (genre La Samaritaine) pour tenter de sauver l’entreprise (à tort quand on sait la fin, qui décrit surtout le cynisme d’un certain capitalisme foncier) en employant de nouvelles méthodes de management (on y retrouve Jean-Pierre Darroussin, et aussi Karin Viard, Zinedine Soualem, etc.).

Autre film devenu "culte" (je n’aime pas trop cette expression même si elle décrit une certaine réalité, Cédric Klapisch est d’ailleurs un auteur "culte" de films "cultes" !), "Le Péril jeune" (sorti le 21 mai 1994), au titre très bien trouvé, décrit une société des jeunes où débutent une nouvelle génération d’acteurs comme Romain Duris et Vincent Elbaz, aussi Élodie Bouchez, Hélène de Fougerolles, etc.

Cédric Klapisch a poursuivi avec d’autres films qui ont attiré l’intérêt pour leur chronique sociale, comme "Chacun cherche son chat" (sorti le 3 avril 1996), avec Garance Clavel (un bel espoir, mais que devient-elle à part des petits rôles ?), Renée Le Calm (qui est morte à 101 ans il y a deux ans), Zinedine Soualem (un des acteurs "fétiches" de Cédric Klapisch avec Romain Duris, Vincent Elbaz et Karin Viard), Olivier Py, etc., "Un air de famille" (sorti le 6 novembre 1996), reprenant une pièce d’Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri, avec ces derniers ainsi que Catherine Frot, Jean-Pierre Darroussin, Claire Maurier, Wladimir Yordanoff, Zindine Soualem, etc., ou alors par le côté gangster de ses personnages comme "Ni pour ni contre (bien au contraire)", au titre provenant d’une boutade de Coluche (sorti le 5 mars 2003), avec Marie Gillain, Vincent Elbaz, Zinedine Soualem, etc.

Le cinéaste a aussi réalisé un film fantastique "Peut-être" (sorti le 10 novembre 1999) où il réussit le tour de force de faire de Jean-Paul Belmondo (66 ans) le fils de Romain Duris (25 ans), aux côtés de Jean-Pierre Bacri, Julie Depardieu, Emmanuelle Devos, etc. dans un scénario qui peut faire penser à "Hibernatus" revu et corrigé par l’époque contemporaine. Aussi d’autres chroniques sociales : "Paris" (sorti le 20 février 2008), avec Juliette Binoche, Fabrice Luchini, Romain Duris, François Cluzet, Albert Dupontel, Karin Viard, Julie Ferrier, Mélanie Laurent, etc. ; "Ma part du gâteau" (sorti le 16 mars 2011), vive critique du capitalisme, avec Karin Viard, Gilles Lellouche et Audrey Lamy ; "Ce qui nous lie" (sorti le 16 mai 2017) avec Ana Girardot, Pio Marmaï et François Civil, aussi Florence Pernel ; "Deux moi" (sorti le 11 septembre 2019) avec Ana Girardot et François Civil, aussi Camille Cottin, François Berléand, Simon Abkarian, Zinedine Soualem, etc.

Au-delà du cinéma, Cédric Klapisch a également collaboré pour une série télévisée, en tant que directeur artistique et producteur associé (et réalisateur parfois), "Dix pour cent", vingt-quatre épisodes diffusés sur France 2 du 14 octobre 2015 au 4 novembre 2020 où l’idée ést de raconter l’histoire d’une agence d’acteurs avec la participation d’un "vrai" acteur dans chaque épisode, capable parfois de faire de l’autodérision sur sa propre réputation (la série a été une grande réussite mais je trouve que c’est un peu trop le milieu fermé d’acteurs qui s’autopromeuvent)

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C’est la fameuse trilogie de Cédric Klapisch (je l’ai gardée pour la faim !) qui l’a fait connaître au-delà des frontières nationales, et pour une raison simple puisque ce sont trois films "internationaux" (d’abord par leur titre, ensuite par leur lieu : Barcelone, Saint-Pétersbourg, New York) : "L’Auberge espagnole" (sorti le 19 juin 2002), avec quatre acteurs "récurrents" présents dans toute la trilogie, Romain Duris, Audrey Toutou, Cécile de France et Kelly Reilly, aussi avec Judith Godrèche ; "Les Poupées russes" (sorti le 15 juin 2005) aussi avec Evguenia Obraztsova ; "Casse-tête chinois" (sorti le 4 décembre 2013) aussi avec Sandrine Holt et Flore Bonaventura.

Ces trois films racontent les tribulations d’une génération qui est née dans les années 1980 et pour qui faire des études à l’étranger est une évidence d’ouverture pour découvrir le monde. Le dernier volet évoque aussi la "crise de la quarantaine", les familles recomposées et même le désir d’enfants par PMA, homoparentalité, etc. qui, à l’époque de la loi sur le mariage pour tous, était en plein dans l’actualité (même si Cédric Klapisch a mûri le scénario pendant une dizaine d’années).

Je fais partie d’une génération qui s’est ouvert au changement. Chacun évidemment évolue à son rythme avec retard ou précocité, mais le sens social est là : avant, on se mariait au village d’à-côté et c’était déjà très nouveau (bon, d’accord, cette phrase est assez caricaturale, mais pas si éloignée de la réalité). Et puis, petit à petit, tout le monde a commencé à aller plus loin, à voyager. Il suffit de connaître le nombre quotidien d’avions qui décollent dans un aéroport international (hors période covid-19) pour s’en rendre compte.

Personnellement, je me souviens très bien qu’enfant, je n’imaginais absolument pas une seule seconde vivre toute ma vie dans une autre agglomération que la grande ville provinciale (lorraine) où j’étais né. Ce n’était même pas en discussion, parce que j’y avais toujours vécu, mon seul environnement humain n’était qu’à ce lieu… Et puis, étudiant, je me suis "nationalisé", pour diverses raisons (et pas forcément pour les études), dans une période où, pour avoir un emploi, il fallait accroître aussi le spectre géographique. Je peux dire que ma génération est nationale et pas régionale, mais c’est loin d’une preuve d’ouverture.

Quand je regarde les générations suivantes, je suis plutôt fasciné. J’aurais pu (déjà) devenir dans une "génération européenne", comme certains de mes amis, ces premiers étudiants bénéficiant d’une bourse Erasmus, le programme européen génial d’échanges étudiants (qui va bien plus loin que les seules limites de l’Union Européenne), et les générations suivantes, elles ne sont pas ouvertes seulement sur l’Europe mais sur le monde, et c’est fascinant. L’Égypte, la Turquie, le Canada, les États-Unis, l’Australie, le Japon, etc. On pourrait croire qu’avec la crise économique, ce n’est pas facile de voyager, que les familles ne roulent généralement pas sur l’or, mais ce sont aussi des générations débrouilles, qui réussissent à financer leurs projets d’une manière ou d’une autre, qui n’attendent rien d’un État ou de collectivités publiques qui meurent de leurs déficits, et qui savent s’éveiller aux saveurs du monde.

Ce mélange de plusieurs nationalités dans son même "chez-moi" que décrit Cédric Klapisch pourrait provoquer la peur des xénophobes repliés, des souverainistes frileux, etc. mais en fait, ceux-là me montrent qu’ils sont à mille lieux de la réalité sociale, car cette réalité sociale, ce sont les jeunes qui la façonneront dans quelques années et pour eux, le problème du nationalisme renfermé sera plié, à quelques jusqu’au-boutistes près.

Pourquoi n’est-ce pas un danger pour la culture française ? Parce qu’on ne peut connaître jamais mieux ses origines que lorsqu’on les quitte. C’est aussi simple que cela. Je me suis senti Lorrain dans le Dauphiné. Et jamais j’ai mieux parlé de la Lorraine, l’ai mieux défendue, promue, que lorsque je n’habitais pas en Lorraine. Le cosmopolitisme, c’est être ambassadeur de ses propres origines, mais pour cela, il faut les connaître, il ne faut pas en avoir peur. Ni honte. Ni même fier.

Le mélange des nationalités est une richesse, on le découvre à la fois par l’universalisme de l’humanité (les valeurs sont les mêmes, même si certaines sont réprimées politiquement), et par la richesse des différences. C’est exactement ce qu’a vécu Cédric Klapisch en faisant un cinéma très français tout en s’inspirant aussi de sa période new-yorkaise.

C’est à lui que je souhaite un bon anniversaire, au peintre d’un cosmopolitisme universel qui ne fait pas fondre les particularités nationales, au contraire, qui les redore, les promeut, les rend plus attractives. Ce sont elles, ces générations Erasmus, qui feront que l’Europe reste encore un espoir bien vivant et prometteur. Sûrement pas les vieux nationalistes aigris qui voudraient être revanchards, mais revanchards de quoi ? de leur vieillesse ? de leur jeunesse dont ils n’ont pas autant profité ? Bon anniversaire, monsieur Klapisch, et bravo pour votre œuvre de salubrité publique !


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (29 août 2021)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Le programme Erasmus.
Cédric Klapisch.
Philippe Labro.
Adrian Monk.
Patrick Bouchitey.
Philippe Léotard.
Romain Goupil.
Isabelle Carré.
Claude Piéplu.
Michael Lonsdale.
Jean-Pierre Bacri.
Gérard Jugnot.
Alain Delon.
Alfred Hitchcock.
Brigitte Bardot.
Charlie Chaplin.

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https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20210904-cedric-klapisch.html

https://www.agoravox.fr/culture-loisirs/culture/article/cedric-klapisch-peintre-de-la-235461

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2021/08/31/39115483.html











 

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27 août 2021 5 27 /08 /août /2021 03:44

« Il y a des moments dans la vie où une sorte de beauté peut naître de la multiplicité des discordances qui nous assaillent. » (Philippe Labro, "Les Gens", 2009, éd. Gallimard).



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Ce vendredi 27 août 2021, Philippe Labro fête son 85e anniversaire (il est né à Montauban). Il n’est pas vraiment facile de définir les activités de Philippe Labro et parler de touche-à-tout de l’audiovisuel obstrue sa partie littéraire, car il est doué aussi pour l’écrit.

Non seulement il est l’auteur de vingt-deux romans, dont le premier publié à l’âge 24 ans sur l’Amérique (passionné par les États-Unis, il a réussi à obtenir une bourse pour aller visiter les États-Unis quand il était jeune), mais deux d’entre eux ont failli recevoir le Prix Goncourt (car finalistes), en 1988 pour "Un été dans l’Ouest" et en 1990 pour "Le Petit Garçon".

Et probablement que le plus connu est "L’Étudiant étranger" (1986), lauréat du Prix Interallié : « La première fois que l’on tombe amoureux, la première que l’on vous ment, la première fois qu’on fait l’amour, la première qu’on perd une illusion, la première fois qu’on rencontre la beauté et son contraire. Les adultes et l’existence finissent par vous imposer le vieux précepte indispensable pour survire : on efface, et l’on continue. Mais rien n’efface la première fois, pas plus que sur le blanc immaculé d’un drap ne peut tout à fait disparaître la tache de sang d’une vierge qui ne l’est plus. ».

On peut donc présenter Philippe Labro comme un écrivain. À tel titre qu’il a consacré deux ouvrages à des problèmes de santé, une pneumopathie foudroyante avec dix jours en réanimation en 1996, "La Traversée" : « Il faut parler aux malades. (…) N’écoutez pas ceux qui vous disent que le malade (…) ne vous [entend] pas. Il faut parler à ceux dont on croit qu’ils ne sont plus en état de recevoir une parole, parce que, justement, la parole passe. Il suffit qu’elle soit parole d’amour. ». Et une dépression en 2003, "Tomber sept fois, se relever huit" : « Tout fait peine. La voix et le regard sont éteints ? Mais c’est tout votre corps qui l’est, éteint ! ».

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Probablement qu’il serait mieux défini comme d’abord un journaliste, passionné d’actualité. C’est parce qu’il est curieux et qu’il a envie de raconter ce qu’il voit, ce qu’il vit, qu’il est devenu journaliste. Son voyage aux États-Unis fut initiatique puisque cela lui a permis de publier son premier roman sur la vie d’Al Capone en 1960 (aux éditions Gallimard) sur une commande de Pierre Lazareff. Mais c’est dès 1957 qu’il est devenu reporter pour la station de radio Europe 1 et aussi en 1958 pour le mensuel féminin "Marie Claire", recruté par Louis Pauwels. Philippe Labro était alors connu pour son audace et son intérêt pour le cinéma, le théâtre, le Tour de France, etc. Il fut également chargé d’enquêter sur la catastrophe du barrage de Malpasset à Fréjus en 1959.

Après ses deux années de service militaire en Algérie, il fut ensuite reporter à "France-Soir" et a couvert l’assassinat de John F. Kennedy en 1963, lui qui connaissait si bien les États-Unis, au point qu’il a même été auditionné par la commission d’enquête américaine (cela a aussi donné l’ouvrage "On a tiré sur le Président" sorti en 2013 chez Gallimard). Il a multiplié ses engagements pendant cette période (années 1960 et 1970) : coproducteur d’une émission sur la future Antenne 2, chroniqueur au "Journal du dimanche", puis "Paris Match". Il a travaillé aussi pour TF1 et a présenté le journal télévisé de la mi-journée sur Antenne 2 en 1981-1982.

Son intérêt pour le cinéma fut tellement fort qu’il a même été un acteur, comme dans "Le chat et la souris" de Claude Lelouch (sorti le 3 septembre 1975 dans le (petit) rôle de l’amant de Michèle Morgan. On le retrouve aussi chez Jean-Luc Godard dans "Made in USA" (sorti le 23 janvier 1967). Et dans ses productions.

Car surtout, Philippe Labro est le réalisateur de huit long-métrage, dont certains ont eu de grands succès commerciaux : "Sans mobile apparent" (sorti le 15 septembre 1971) avec Jean-Louis Trintignant, Jean-Pierre Marielle, Stéphane Audran et Sacha Distel, "L’Héritier" (sorti le 22 mars 1973) avec Jean-Paul Belmondo, Charles Denner et Jean Rochefort, "L’Alpagueur" (sorti le 17 mars 1976) avec Jean-Paul Belmondo et Bruno Cremer, "La Crime" (sorti le 23 août 1983) avec Claude Brasseur, Jean-Louis Trintignant et Jean-Claude Brialy, et "Rive droite, rive gauche" (sorti le 31 octobre 1984) avec Gérard Depardieu, Nathalie Baye, Carole Bouquet et Bernard Fresson. Ces cinq films, dont il a aussi coécrit le scénario, ont eu chacun entre 1,3 et 2,0 millions d’entrées en salle. Son premier film fut un court-métrage sur Marie Dubois et Françoise Dorléac en 1966.

Au-delà de ses contributions cinématographiques, Philippe Labro a aussi contribué à la chanson française en écrivant certaines chansons d’interprètes célèbres comme Eddy Mitchell, Jane Birkin et surtout Johnny Hallyday (en particulier "Oh ! Ma Jolie Sarah !" en 1971.

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Philippe Labro a été longtemps un homme de radio, et pas seulement dans le contenu (rédacteur en chef en 1979) mais aussi dans le management : directeur des programmes de RTL de 1985 à 2000, il fut nommé en 1992 vice-président de RTL à l’époque où la station de radio était dirigée par Jacques Rigaud.

Aussi homme de télévision, il a participé en 2005 au lancement de la chaîne Direct 8 de Vincent Bolloré, et du journal du groupe "Direct-Matin" dont il a assuré la double vice-présidence (de la télévision et du journal).

En particulier, il a présenté l’émission "Langue de bois s’abstenir" de 2008 à 2021 (dernière émission le 28 mars 2021). Chaque dimanche soir sur Direct 8 puis D8 puis C8, une émission réunissant des éditorialistes pour commenter l’actualité, au concept assez ordinaire. J’ai trouvé que l’émission manquait de rythme et n’apportait pas une réelle valeur ajoutée aux nombreuses autres émissions à la télévision et à la radio où ce concept est régulièrement rodé (par exemple "C dans l’air" sur France 5, les débats contradictoires sur LCI, l’émission du soir sur France Inter, etc.).

L’émission a été supprimée en raison d’une audience trop faible (autour de 0,6% d’audience pour une moyenne mensuelle de la chaîne autour de 3%) et est remplacée depuis le 9 mai 2021 par une émission toujours présentée par Philippe Labro, toujours le dimanche soir, avec des invités commentateurs mais recentrée exclusivement sur l’actualité culturelle qui est l’une de ses valeurs ajoutées (le nom de l’émission est assez platement : "L’essentiel chez Labro").

Un peu comme pour d’autres hommes des médias, comme Jean-Pierre Elkabbach, Alain Duhamel, ou même Philippe Bouvard, Philippe Labro reste trop passionné par ses activités pour vouloir s’arrêter malgré l’âge : bon anniversaire !


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (22 août 2021)
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Pour aller plus loin :
Philippe Labro.
Romain Goupil.
Pierre Vidal-Naquet.
Éric Zemmour.
Dominique Jamet.
Olivier Duhamel.
Patrice Duhamel.
André Bercoff.
Jean-Louis Servan-Schreiber.
Alfred Sauvy.
Claude Weill.
Irina Slavina.
Anna Politkovskaïa.
Le Siècle de Jean Daniel selon Desproges, BHL, Raffy, Védrine et Macron.
Claire Bretécher.
Laurent Joffrin.
Pessimiste émerveillé.
Michel Droit.
Olivier Mazerolle.
Alain Duhamel.

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25 août 2021 3 25 /08 /août /2021 03:51

« À ses obsèques, tout le monde de la culture française est là, de Michel Piccoli à Nathalie Baye, de Patrice Chéreau à Claude Lelouch. Et leur peine est sincère. Chacun comprend que c’est la mort d’un "clown triste". Plus que la disparition du corps, c’est celle de l’esprit qui me frappe. L’esprit et la culture d’un homme qui lisait Homère dans le texte. Un artiste ne part jamais seul. Il emporte avec lui tout ce qu’il a créé et ceux qui l’ont accompagné. » (François Léotard, le 26 juillet 2017).



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Ce que raconte François Léotard de son grand frère, interrogé par Maryvonne Ollivry pour "Paris Match", sera toujours accompagné d’une certaine dose d’amertume et d’angoisse. C’était il y a vingt ans, le 25 août 2001, Philippe Léotard, l’acteur et aussi, sur le tard, le chanteur, est mort à Paris d’une insuffisance respiratoire après deux mois d’hospitalisation. Il allait avoir 61 ans (né le 28 août 1940 à Nice). C’était beaucoup trop tôt pour partir. C’est toujours trop tôt.

Pour François Léotard, énarque promis aux plus hautes sphères de l’État dans les années 1980, Matignon voire l’Élysée, c’était le dernier signal pour interrompre complètement sa carrière politique qui ne brillait déjà plus beaucoup à la fin des années 1990. Il avait "vengé" leur père, maire de Fréjus (depuis 2014, le maire est RN), injustement accusé d’avoir été responsable d’une terrible catastrophe (la rupture du barrage de Malpasset, le 2 décembre 1959, qui a fait 423 victimes), mais il s’était lassé de tous ces jeux de rôles politiciens, ces batailles d’ego, ces postures dérisoires, face à la vie et à la mort.

Son frère, lui, avait choisi l’émotion, le rire, les larmes, la culture, la liberté : « Tu sais, la victoire et la défaite, c’est pareil : ça se traduit par des larmes. ». Il était capable de jouer un peu tous les rôles, mais celui du paumé ou de l’éclopé de la vie devenait de plus en plus adapté, comme dans "Tchao Pantin" de Claude Berri avec Coluche (sorti le 21 décembre 1983), où il joue le rôle d’un inspecteur de police un peu terre brûlée. C’est ce que disait Claude Nougaro de lui le 16 septembre 1996 : « J’aime les grands brûlés. (…) J’aime les grands acteurs avec un seul rôle, celui de leur vie à tenir, à claquer, à brandir. (…) J’aime (…) ceux qui savent que la seule liberté que nous possédons, c’est de choisir ses barreaux. J’aime les poètes. » (Claude Nougaro a écrit les paroles de certaines chansons qu’il interprétait).

On pouvait comprendre l’homme avec cette phrase écrite en 1992 : « On ne me fera pas envier celui qui a eu raison sans aimer. » ("Pas un jour sans une ligne", éd. Les Belles Lettres). Et en 1997, avec cette forme de désespérance : « À un âge qui n’est plus pour moi la jeunesse, dans une ville qui n’est plus Paris, je n’espère de l’amitié des autres qu’une seule chose : la prochaine fois qu’un homme pleurera seul et nu dans une cave, que ce ne soit pas moi. » ("Clinique de la raison close", éd. Les Belles Lettres).

Ses amis Patrick Dewaere et Coluche avaient déjà pris la tangente : « La vie ment au songe. Mes amis partis, je me moque de moi. » ("Portrait de l’artiste au nez rouge", éd. Les Belles Lettres, 1988). Et lui était toujours au bord du vide, entre justement cette liberté et l’enfer de la dépression et des addictions, alcool et drogues, au bord d’un précipice parfois joyeux. La cocaïne : « Je ne crois pas que j’écrirais sans elle. (…) Elle est honnête, comme une vraie s@lope. Elle fait bander ma tête, pour le prix de mon sang. » (1997). Par provocation, quand son frère était Ministre de la Défense, lui se proclamait ministre de la défonce. Et quand il disait cela, François Léotard n’avait pas honte même si cela pouvait le gêner politiquement. Il admirait trop son frère.

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Une fratrie de sept enfants. Philippe était le troisième, mais le premier garçon, François le suivant, dix-neuf mois plus jeune. Philippe Léotard a étudié au lycée Henri-IV à Paris, il aurait pu être reçu à Normale Sup., il a poursuivi des études de lettres, a donné des cours de français et de philo. Saltimbanque et cultivé, l’air de rien. Grand séducteur, il était capable aussi de laisser filer son imagination et de raconter des histoires avec une force de persuasion inégalable. Ses yeux à peine ouverts, contraints par d’énormes paupières retombantes et des sourcils qui feraient la joie des caricaturistes, et ce sourire qui transperçait toutes les digues.

Il a commencé par faire du théâtre quand il était étudiant, créant en 1964 le Théâtre du Soleil avec notamment Ariane Mnouchkine, puis il s’est embarqué dans l’aventure cinématographique avec Claude Sautet et François Truffaut. Il a trouvé le succès à partir des années 1970, avec "Le chat et la souris" de Claude Lelouch avec Michèle Morgan et Serge Reggiani (sorti le 3 septembre 1975), puis "Le Juge Fayard dit le Shériff" d’Yves Boisset avec Patrick Dewaere (sorti le 12 janvier 1977) qui lui a valu une nomination aux Césars, et la consécration avec le César 1983 du meilleur acteur pour "La Balance" de Bob Swaim avec Nathalie Baye (sorti le 10 novembre 1982). Et bien sûr "Tchao Pantin". Philippe Léotard a tourné dans environ soixante-dix films.

Dans les années 1990, il a changé de direction et s’est surtout consacré à la chanson, interprétant notamment des œuvres de Léo Ferré pour son deuxième album. Sa reconversion fut saluée par la profession avec l’obtention de deux Grand Prix de l’Académie Charles-Cros en 1990 et 1994 pour ses deux premiers albums (il a sorti quatre albums) ainsi que le Grand Prix des poètes de la SACEM en 1997.

Une leçon de vie de Philippe Léotard ? Peut-être celle-ci : « Si chacun avait au moins la force et le courage de ne revendiquer, au moins, que ce droit-là : être soi-même, et n’en laisser personne décider à sa place, nous serions tous moins avares de solidarité, moins chiches de chaleur, moins embarrassés de nos embrassades, nous irions tous, chacun, toujours à la découverte de l’Autre, forcément autre, éternellement autre, comme soi-même, jamais lassés de fouiller l’inépuisable inconnu. » (1997).

Comme je l’ai indiqué plus haut, en avril 1993, au Printemps de Bourges, il provoquait son frère qui venait d’être nommé Ministre de la Défense : « Moi, je pourrais être ministre de la défonce. Chacun son truc, il vendra des missiles et moi des pétards. Pour nous distinguer, ce n’est pas difficile. Lui, c’est Léotard. Moi, c’est Monsieur Léotard. ». François Léotard ne vend toujours pas aujourd’hui des pétards, mais, grâce à son frère, il a arrêté de vendre des missiles.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (21 août 2021)
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Pour aller plus loin :
François Léotard.
Patrick Bouchitey.
Philippe Léotard.
Romain Goupil.
Isabelle Carré.
Claude Piéplu.
Michael Lonsdale.
Jean-Pierre Bacri.
Gérard Jugnot.
Alain Delon.
Alfred Hitchcock.
Brigitte Bardot.
Charlie Chaplin.

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10 août 2021 2 10 /08 /août /2021 03:09

« J’ai toujours bossé en artisan. Au départ, l’idée est née à l’occasion de parties de rigolades entre potes, où l’on détournait les voix des acteurs en regardant les films sans le son. Comme j’adorais les images animalières, je me suis mis à donner la parole aux animaux en improvisant chez moi. » (Patrick Bouchitey, le 24 décembre 2005).



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L’acteur (et réalisateur) Patrick Bouchitey fête son 75e anniversaire ce mercredi 11 août 2021. Moi, j’aime bien Patrick Bouchitey, c’est une réflexion un peu commune mais très française, et lui, il est un acteur français comme je les apprécie. Ils ne sont pas des stars, ils font juste leur métier et les spectateurs les savourent ainsi.

Bon, c’est vrai que j’ai eu une rencontre inopinée. J’étais avec une jeune collègue américaine (mais moins jeune que moi !) pour un séminaire à Antibes au mois de juin. Plutôt sympa. On ne peut pas toujours refuser de lier travail et conditions de travail sympathiques. Chaleur, plage mais aussi une grande efficacité dans la connaissance d’un sujet avec toutes les sommités internationales du sujet réunies dans un palais des congrès.

À la fin de la semaine du harassant travail (la plage n’était pas l’activité principale, je précise), retour à Paris par avion. Aéroport de Nice. Celui qu’on voit au loin, dans la Méditerranée. Petit avion, je suppose une cinquantaine de passagers. Le souvenir est déjà diffus, une vingtaine d’années. Petite salle d’embarquement. Carrée. Des chaises le long des quatre murs. Quelques sièges au milieu. J’étais avec ma collègue d’un côté et là, en face, à l’autre mur, j’ai aperçu un homme seul, plutôt bien habillé, dont le visage ne m’était pas inconnu. Il attendait aussi sagement que nous le départ. Il avait un ou deux bagages en cabine. Silencieusement.

Soudain, à grand renfort de musique, des animaux sont venus l’entourer, enlacer ses sacs, grimper dans son dos, jusque dans ses cheveux, et tous parlaient, rigolaient, faisaient la leçon. C’était très bruyant. J’avais l’impression d’être dans une basse-cour. Quand le haut-parleur s’est mis à crépiter, il s’est levé, et toutes les bestioles sont rentrées dans le chapeau du magicien. J’avais compris que j’avais croisé Patrick Bouchitey, plus connu par sa voix que par son visage, mais les deux étaient inséparables. M’étaient en tout cas familier.

Une dizaine d’années auparavant, Patrick Bouchitey avait eu effectivement l’excellente idée de rendre les animaux encore plus vivants que nature dans les documentaires animaliers, en les faisant parler (la série a été diffusée initialement sur Canal Plus à partir du 20 avril 1990). Un énorme succès très mérité, non seulement de notoriété mais aussi commercial (vente de VHS, de DVD, audience sur les sites Internet, etc.).

J’ai eu beaucoup de mal à expliquer à ma collègue américaine quel était exactement le métier de l’enchanteur qui avait jonglé avec tous ces animaux en face de nous (ma collègue était une amoureuse de chats). Alors, si j’avais su piétiner la décennie suivante, je lui aurais montré, tranquillement assis dans cette salle d’embarquement, ces vidéos-ci.





(Pour la petite histoire, la fin du voyage a laissé un arrière-goût d’insolite anxieux, l’avion a survolé Paris en tournant en rond une dizaine de fois et des camions de pompiers avec gyrophares allumés nous attendaient sur la piste.)

La télévision, Patrick Bouchitey la connaît assez bien pour avoir tourné quelques téléfilms intéressants (comme "Vents de colère" de Michael Raeburn), des œuvres historiques (de Josée Dayan, notamment "Le Comte de Monte-Cristo" et "Les Rois maudits") et en apparaissant dans un épisode de quelques séries assez suivies (par exemple : "Capitaine Marleau", "Profilage", "Nos chers voisins", "Scène de ménages", "Section de recherche", Kaamelott", "Camping Paradis", "Madame le Juge", "Les cinq dernières minutes", etc.).

Côté cinéma, Patrick Bouchitey a joué dans une cinquantaine de films, parfois dans les premiers rôles et parfois dans des films dits "cultes". Il sera encore à l’affiche cette année dans "Les Cinq Diables" de Léa Mysius, film dont le tournage a été un peu bousculé par la crise sanitaire.

Patrick Bouchitey s’est révélé comme un acteur majeur aux côtés de l’inimitable Patrick Dewaere dans "La meilleure façon de marcher", premier long-métrage de Claude Miller (sorti le 3 mars 1976). Patrick Dewaere et Patrick Bouchitey sont deux moniteurs de colonie de vacances, le second aussi le fils du directeur, Claude Piéplu. L’un opprime l’autre, sur fond de tendances faussement homosexuelles.

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On peut le voir aussi dans "Le plein de super" d’Alain Cavalier (sorti le 7 avril 1976), avec notamment Nathalie Baye et Étienne Chicot (un acteur que j’ai appris à apprécier, mort il y a juste trois ans) et, un peu plus tard, dans "La vie est un long fleuve tranquille" d’Étienne Chatiliez (sorti le 3 février 1988) où il jouait le rôle mémorable du curé (avec sa chanson "Jésus revient").

Patrick Bouchitey a continué avec Étienne Chatiliez dans des rôles plutôt mineurs dans "Tatie Danielle" (sorti le 4 avril 1990), "Le bonheur est dans le pré" (sorti le 6 décembre 1995), "Tanguy" (sorti le 21 novembre 2001) et "L’Oncle Charles" (sorti le 21 mars 2012) où il est le voisin d’Alexandra Lamy.

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On peut le voir aussi dans "Que les gros salaires lèvent le doigt !" de Denys Granier-Deferre (sorti le 3 novembre 1982) avec Michel Piccoli, Jean Poiret, Daniel Auteuil, Marie Laforêt, Florence Pernel, etc. ; dans "Mortelle randonnée" de Claude Miller (sorti le 9 mars 1983) avec Michel Serrault, Isabelle Adjani, Stéphane Audran, Guy Marchand, Macha Méril et Sami Frey ; dans "La tête en friche" de Jean Becker (sorti le 2 juin 2010) avec Gisèle Casadesus, Gérard Depardieu, Maurane, Claire Maurier, François-Xavier Demaison et Jean-François Stévenin.

Patrick Bouchitey a réalisé un film inspiré de nouvelles de Charles Bukowski, "Lune froide", coproduit par Luc Besson (sorti le 22 mai 1991), où il a joué aux côtés de Jean-François Stévenin (mort récemment, le 27 juillet dernier), l’un des deux principaux rôles, ceux de marginaux désabusés de la vie. Un film noir et blanc à l’atmosphère très spéciale (honorant la musique de Jimi Hendrix), où jouaient aussi Jean-Pierre Bisson, Roland Blanche, Jean-Pierre Castaldi et Jackie Berroyer.

L’autre film réalisé par Patrick Bouchitey, également coproduit par Luc Besson, c’est "L’imposture" (sorti le 25 mai 2005), où il a également le premier rôle, celui d’un écrivain raté (ou plutôt inexistant) qui rencontre son manuscrit tant espéré… écrit par une de ses étudiantes (jouée par Isabelle Renauld). Un film où l’on rencontre, entre autres, Jackie Berroyer, Étienne Chicot, Michel Field et Paula Jacques.

L’autre jour, j’ai appris que tous les animaux de la forêt, des steppes, de tous les documentaires de la BBC et même les pangolins chinois allaient souhaiter un bon anniversaire à cet acteur très sensible et très humoristique qui a contribué au génie français.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (08 août 2021)
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Pour aller plus loin :
Patrick Bouchitey.
Philippe Léotard.
Romain Goupil.
Isabelle Carré.
Claude Piéplu.
Michael Lonsdale.
Jean-Pierre Bacri.
Gérard Jugnot.
Alain Delon.
Alfred Hitchcock.
Brigitte Bardot.
Charlie Chaplin.

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5 juillet 2021 1 05 /07 /juillet /2021 03:34

« Je vois les ciels bleus et de blancs nuages
D’éclatants jours bénis, de sombres nuits sacrés
Et je pense en moi-même : Quel monde merveilleux ! »
("What a wonderful world", 1960).


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Le musicien de jazz internationalement réputé Louis Armstrong est mort il y a cinquante ans, le 6 juillet 1971, à New York, d’une crise cardiaque (en plein sommeil). Il avait une santé assez fragile et il n’allait avoir que 70 ans quelques jours plus tard (il est né le 4 août 1901 à La Nouvelle-Orléans).

C’est peu utile de présenter vraiment Louis Armstrong tant il représente par lui-même le jazz et la musique positive, avec une trompette en guise de voix qui a pris ses lettres de noblesse grâce au talent de Louis Armstrong. En fait, il a de moins en moins joué lui-même de la trompette et de plus en plus chanté car l’instrument lui détruisait les lèvres.

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Certes, Louis Armstrong n’était pas qu’un jazzman, il était un homme de scène, au charisme fou et surtout, un homme qu’on dit généreux et que je dirais surtout positif, qui respirait la joie de vivre et qui voyait beaucoup plus le verre à moitié plein que le verre à moitié vide.

Son "tube" qui est connu de tout le monde, parce qu’il a fait le tour du monde, pourrait être considéré comme naïf ou bisounours mais justement, non, il respire une tendresse, ou mieux, une philosophie de vie qu’il a toujours voulu bienveillante.










Ce qui est extraordinaire, c’est que c’est un "monstre" de la musique du XXe siècle et qu’il doit encore être reconnu comme tel. Intéressants à lire, les milliers de commentaires sur ses vidéos. Il y a quelques mois, un internaute s’est risqué à écrire : « Louis Armstrong isn’t dead, he’s just in another wonderful world. » [Il n’est pas mort, il est seulement dans un autre monde merveilleux]. Un autre : « Every time I lose faith in humanity I listen to this and a lil of it comes back. » [Chaque fois que je perds foi en l’humanité, je l’écoute et elle me revient un peu].

Louis Armstrong s’est produit de 1919 à sa mort, soit plus d’une cinquantaine d’années. On lui a reproché de ne pas s’être beaucoup battu pour les droits civiques aux États-Unis et pourtant, cela semble bien le contraire, il a énormément aidé financièrement des personnalités comme Martin Luther King, et on disait même qu’il était si généreux que la moitié de ses droits a été consacrée à des dons et œuvres pour diverses causes.

Dans le cadre de Nice Jazz Festival le 28 février 1948, il a découvert Suzy Delair chanter "C’est si bon". Il fut fasciné et a repris une version américaine de la chanson qu’il a enregistrée le 26 juin 1950. Ce fut rapidement un grand succès. Plus exactement, Louis Armstrong a écouté Suzy Delair à une répétition au Casino de Monte-Carlo. Le chef d’orchestre de celle-ci lui a fait remarquer qu’elle manquait de peps et, en colère, elle a claqué la porte et n’a jamais repris cette chanson qui fut interprétée plus tard notamment par Jean Marco, Lucien Jeunesse, Yves Montand, Eddy Mitchell, Tino Rossi, Eddie Constantine, Sophie Darel, Arielle Dombasle, Thomas Dutronc, Iggy Pop et Diana Krall, Sacha Distel, Ray Ventura, Roch Voisine, Maurice André, Mireille Mathieu, et dans la version américaine, Dolores Gray, Dean Martin, Barbara Streisand, etc. (et aussi Joséphine Baker, Marlene Dietrich, etc.).










C’était Henri Betti, le pianiste de Maurice Chevalier, qui a composé cette chanson en juillet 1947, assez rapidement (en quelques heures). Maurice Chevalier fut incapable d’y associer des paroles et proposa au parolier André Hornez de s’y coller et ce dernier imagina de faire interpréter la chanson par Suzy Delair après la bonne expérience dans un film d’Henri-Georges Clouzot ("Quai des Orfèvres", sorti le 3 octobre 1947). En effet, sur une composition de Francis Lopez (compositeur d’opérettes) et des paroles d’André Hornez, Suzy Delair est devenue une star en chantant "Avec son tralala" et "Danse avec moi". Mais celle-ci, trop irascible, lâcha l’affaire après une répétition médiocre.

La chanson la plus célèbre interprétée par Louis Armstrong fut "Hello, Dolly !", enregistrée le 9 mai 1964 (chanson qui fut interprétée aussi par Barbara Stresand, Annie Cordy, etc.).










Renommé pour ses improvisations, il était un boulimique des enregistrements, des tournées, etc. Pendant des dizaines d’années, Louis Armstrong, qui avait un petit orchestre et faisait de très nombreuses tournées, produisait environ trois cents concerts en moyenne chaque année. Il a aussi beaucoup collaboré avec d’autres artistes, en particulier avec la diva Ella Fitzgerald.






Voici, en guise de modeste hommage, un petit aperçu d’autres morceaux choisis de l’irremplaçable Louis Armstrong…






Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (03 juillet 2021)
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Pour aller plus loin :
Louis Armstrong.
Jim Morrison.
Jimmy Somerville.
Ella Fitzgerald.
Serge Gainsbourg.
Fernandel.
Eddie Barclay.
Daniel Balavoine.
Jean Ferrat.
John Lennon.
Kim Wilde.

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3 juillet 2021 6 03 /07 /juillet /2021 03:19

« Les gens craignent plus la mort que la souffrance. Or, la vie est souffrance. La mort nous en délivre. N’est-elle pas alors notre meilleure alliée ? » (Jim Morrison).


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Philosophie ou sophisme ? Le chanteur américain Jim Morrison est mort il y a exactement cinquante ans, le 3 juillet 1971, à l’âge de 27 ans (il est né le 8 décembre 1943 à Melbourne). Il venait de "s’exiler" en France quelques mois auparavant pour rejoindre sa compagne. Paris n’était hélas pour lui qu’une longue suite de cuites et beuveries.

Les circonstances de sa mort, à Paris, restent encore aujourd’hui assez mystérieuses, probablement d’une overdose qu’il avait d’ailleurs imaginée : « Dans la vie, j’ai eu le choix entre l’amour, la drogue et la mort. J’ai choisi les deux premières et c’est la troisième qui m’a choisi. ». L’une des raisons du mystère, c’est sans doute qu’il a absorbé de l’héroïne dont il n’était pas un consommateur habituel, et cette drogue était fournie par le fils à papa d’une famille très respectée à Paris, par ailleurs compagnon de la chanteuse Marianne Faithfull. Il fallait à tout prix éviter une enquête policière qui aurait soulevé un scandale et même un incident diplomatique entre la France et les États-Unis. Officiellement, Jim Morrison serait mort d’une "crise cardiaque due à l’alcool, mort naturelle".

Certains ont parlé aussi de suicide, d’autres pensent même, à l’instar de certains fans illuminés d’Elvis Presley, qu’il serait toujours vivant et qu’il se serait extirpé du monde médiatique pour pouvoir avoir une vie tranquille. On peut s’étonner d’ailleurs que ces imaginations délirantes ne prolifèrent pas vraiment malgré l’écho que pourraient en donner désormais les réseaux sociaux et autres nouvelles technologies de la communication.

En tout cas, un cercueil dans lequel repose (en principe) Jim Morrison est enterré pas loin d’Oscar Wilde, son écrivain préféré, au Père-Lachaise selon ses vœux, à l’initiative d’une de ses amies, Agnès Varda, et sa tombe est parmi les plus décorées et fréquentées du cimetière. Une inscription en lettres grecques a été gravée que reprend mon titre ici. On a dû construire des barrières afin d’éviter la dégradation du lieu, car cet endroit était l’occasion de rassemblements nocturnes alcoolisés qui laissaient derrière eux des détritus et autres immondices.

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En mourant à 27 ans, Jim Morrison a suivi dans la macabre légende d’autres jeunes chanteurs qui, au même âge, par leur mode de vie complètement déséquilibré, ont aussi mis leur santé et leur vie en danger, en particulier Brian Jones (mort exactement deux ans avant Jim Morrison qui lui a consacré un poème), Jimi Hendrix et Janis Joplin. Il avait d’ailleurs inquiété ses amis lorsqu’il buvait (et se saoulait) en leur disant, prophétique : « Vous êtes en train de boire avec le numéro quatre ! ».

Jim Morrison, révolté, poète maudit, était surtout descendu dans l’enfer des drogues et de l’alcool, et a eu souvent des démêlés avec la police (notamment lors du concert le 1er mars 1969 à Miami), mais peut-être parce qu’il attirait des foules, peut-être parce qu’il correspondait comme un porte-parole d’une certaine jeunesse, celle de mai 68, on était indulgent avec lui, le génie étant toujours classé hors de la norme. Il était désespéré, provoquant, voire agressif, en tout cas transgressif, sur les addictions, la sexualité, etc. On a dit de lui qu’il était un poète et un philosophe, sans aucun doute un poète et un philosophe écorché : « L’extension logique de l’ego, c’est Dieu ! ».

À la suite de sa rencontre avec l’organiste exceptionnel Ray Manzarek, Jim Morrison a fondé le fameux groupe The Doors en 1965 (il avait 21 ans) avec le batteur John Densmore et le guitariste Bobby Krieger. The Doors a trouvé très vite son public avec "Light My Fire". Le groupe a connu un grand succès populaire mais pas autant que les deux groupes historiques du moment, The Pink Floyd et The Rolling  Stones.


1. "Light My Fire"






Deux ans plus tard, en 1967, le groupe a sorti son premier album, "The End" qui a connu aussi le succès et qui fut pris, bien plus tard, pour la bande originale du film "Apocalypse Now".


2. "The End"






Voici par ailleurs deux autres morceaux du groupe, un concert (diffusé sur Arte) lors de  l’apothéose du mouvement hippie (Ray Manzarek a dit par la suite : « Nous avons joué avec une furie contrôlée et Jim était en pleine forme vocale. »), un documentaire (aussi diffusé sur Arte) et un autre documentaire sur les derniers jours du chanteur à Paris.


3. "Riders On The Storm"






4. "Break On Through"






5. "Live At The Isle Of Wight Festival" (concert dans la nuit du 29 au 30 août 1970)






6. Documentaire Arte : "The Doors : When You’re Strange"






7. Autre documentaire : "Les derniers jours de Jim Morrison" (2006)






Parmi les dizaines de milliers de commentaires des vidéos sur Youtube, on peut lire cette réaction, écrite récemment, le 27 juin 2021, d’une internaute, Sandra, qui exprime, tant de temps après la mort de Jim Morrison, son admiration toujours intacte, de cette manière : « 50 ans plus tard, on a beau avoir écouté les Doors des milliers et des milliers de fois, on reste scotchés par la beauté, le lyrisme, la modernité, la poésie, l’avant-gardisme, c’est un classique qui s’écoute religieusement, bref, on le savait dès la première écoute, que nous serions marqués à jamais, merci les gars <3 ».


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (03 juillet 2021)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Louis Armstrong.
Jim Morrison.
Jimmy Somerville.
Ella Fitzgerald.
Serge Gainsbourg.
Fernandel.
Eddie Barclay.
Daniel Balavoine.
Jean Ferrat.
John Lennon.
Kim Wilde.

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https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20210703-jim-morrison.html

https://www.agoravox.fr/culture-loisirs/culture/article/jim-morrison-fidele-a-ses-demons-234088

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2021/07/02/39040196.html








 

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22 juin 2021 2 22 /06 /juin /2021 03:39

« L’intérieur de mon âme désormais est à toi (…)
Alors le bonheur est à nous pour toujours
Je te suivrai jusqu’à la fin des temps
Je serai le sang qui coule dans tes veines
Je parcourrai avec toi jusqu’au bout du chemin
Tu seras mon tout, mon monde
Tu es, tu es, tu es, tu es, oh mec,
Tu es mon monde ! »



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Celui qui chante ces paroles d’amour "You Are My World" (en anglais évidemment), c’est Jimmy Somerville qui fête son 60e anniversaire ce mardi 22 juin 2021. Déjà 60 ans ! alors que le chanteur qui se lâchait ici était un p’tit jeune dandy, au look d’un Tintin au sourire un peu naïf et assumant, revendiquant même son homosexualité, ce qui, en 1985, n’était pas une chose très facile.

Cette sorte d’adolescent à la houppette qui se tortillait et dansait comme s’il avait envie d’aller aux toilettes a une voix extraordinaire qui lui permet d’utiliser plusieurs registres, chanter même du Gershwin ou du Gainsbourg.

En 1985, le chanteur anglais a créé avec Richard Coles un groupe qu’ils ont appelé "The Communards", en souvenir bien sûr de la Commune de Paris, un copain leur avait montré le mur des Fédérés au Père-Lachaise à Paris (un massacre qui a eu lieu il y a cent cinquante ans et un mois). Jimmy Somerville n’hésite pas non plus à revendiquer son "socialisme" et à se dire "rouge".

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Ce n’est pas du tout mon cas mais cela n’empêche pas que j’adore les premières chansons des Communards. Je me rends même compte que j’ai dû les écouter dès leur sortie, et au-delà de leur qualité, elles représentent aussi une part de mon contexte de vie de l’époque, comme c’est le cas pour de nombreux "tubes", et donc font place à une certaine nostalgie.

Le groupe n’a pas duré très longtemps, seulement de 1985 à 1988 avec deux albums seulement ("Communards" et "Red"). Chacun a repris sa liberté, Jimmy Somerville a repris une carrière en solo. Le premier tube des Communards, la chanson mise en avant ici, "You Are My World" est sortie le 12 octobre 1985. Quand je prends conscience de cette date, je suis terrifié à l’idée que j’ai vraiment dû l’écouter à sa sortie (merci Internet), à quelques jours près (dans mon esprit, c’était au début d’octobre 1985 !).


1. "You Are My World" (12 octobre 1985)






Très curieusement, le succès fut très mitigé au Royaume-Uni. En revanche, elle a bien pris en France et plus généralement en Europe. Ce sera le cas aussi les autres chansons. Les Communards ont eu un grand succès lors de leur passage à l’Olympia le 28 avril 1986, mais les salles étaient à moitié vides lors de leur tournée en Grande-Bretagne le mois suivant. Ce n’est qu’avec "Don’t Leave Me This Way", sorti le 2 août 1986, que le groupe a enfin trouvé le succès et son public dans son pays d’origine. Les Communards ont fait une nouvelle tournée en Europe en 1987 qui s’est terminé par six soirées à très grand succès à l’Olympia de Paris.


2. "Don’t Leave Me This Way" (2 août 1986)






L’engagement militant s’est aussi traduit à la suite d’un drame, avec la mort des suites du sida, le 11 février 1987, de l’ami qui avait fait découvrir à Jimmy Somerville et Richard Coles le mur des Fédérés, à savoir Mark Ashton, qui n’avait que 26 ans, militant des droits des homosexuels (LGBT) et membre du parti communiste britannique. Son militantisme a contribué à une prise de conscience au sein du parti travailliste. Cela a donné la chanson "For a Friend" sortie le 17 octobre 1987.


3. "For a Friend" (17 octobre 1987)






Intéressant aussi, le groupe voulait promouvoir l’émancipation des femmes et Jimmy Somerville, Richard Coles ainsi que Sarah-Jane Morris qui les a rejoints en décembre 1985, ont recruté pour leurs concerts une dizaines de musiciennes (femmes) afin de promouvoir les femmes dans ce milieu de la musique particulièrement machiste à l’époque et montrer que les femmes étaient aussi compétentes que les hommes dans ce domaine.

Au-delà des premières vidéos, je propose ici d’autres vidéos des tubes des Communards ainsi que deux concerts en "live" de 1986 (à Hanovre et à Turin), plus une série plus générale des œuvres de Jimmy Somerville avant, pendant et après les Communards.


4. "Disenchanted" (24 mai 1986)






5. "So Cold The Night" (2 août 1986)






6. "Tomorrow" (12 septembre 1987)






7. "Never Can Say Goodbye" (17 octobre 1987)






8. "There’s More To Love" (17 octobre 1987)






9. Concert à Hanovre le 2 octobre 1986






10. Concert à Turin en 1986






11. Rétrospective Jimmy Somerville






Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (19 juin 2021)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Jimmy Somerville.
Ella Fitzgerald.
Serge Gainsbourg.
Fernandel.
Eddie Barclay.
Daniel Balavoine.
Jean Ferrat.
John Lennon.
Kim Wilde.

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https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20210622-jimmy-somerville.html

https://www.agoravox.fr/culture-loisirs/culture/article/you-are-my-world-233659

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2021/06/11/39010725.html





 

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15 juin 2021 2 15 /06 /juin /2021 03:08

« En toute chose inutile, il faut être divin ou ne pas s’en mêler. » (Paul Valéry, 1930).



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La divine diva américaine Ella Fitzgerald est morte il y a exactement vingt-cinq ans, le 15 juin 1996 à Los Angeles après avoir vécu ses dernières années très diminuée, aveugle et amputée des deux jambes. Elle avait 79 ans (née le 25 avril 1917). Elle était avant tout une voix exceptionnelle qui a fait résonner la planète entière, et aussi une joie de vivre, une détermination incroyables. L’amour incarné dans une femme.

Durant sa soixantaine d’années de carrière, elle a enregistré plus de soixante et onze disques. Elle a eu à la fois un énorme succès populaire, un succès durable, car elle a touché de nombreuses générations d’auditeurs, et donc un succès commercial, elle a vendu plus d’une quarantaine de millions d’exemplaires de ses disques, et aussi un succès critique, elle a reçu notamment quatorze Grammy Awards dont le dernier, en 1967, fut pour l’ensemble de son œuvre.

Elle a par ailleurs reçu de nombreuses reconnaissances comme une étoile au Hollywood Walk of Fame en 1960, une autre au National Women’s Hall of Fame en 1995, également deux prestigieuses médailles remises par les Présidents Ronald Reagan en 1987 et George H. W. Bush en 1992, etc. Elle est même un astéroïde, (découvert en 1979) et le thème d’une très belle chanson d’un de ses grands admirateurs français Michel Berger, chantée par France Gall (sortie le 24 août 1987, du vivant de la chanteuse : "Ella, elle l’a").

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Mais pourquoi écrire sur une chanteuse ? Il vaut mieux l’écouter, c’est plus efficace pour la découvrir ou la redécouvrir. Je voudrais rendre hommage à Ella Fitzgerald avec trois chansons que j’adore beaucoup. La première que je propose ici est une chanson de et avec Louis Armstrong : "Basin Street Blues". La deuxième : "Starlit Hour". La troisième : "Chewing Gum".

Sur le Web, j’en ai trouvé de belles versions, elles sont pérennes (c’est-à-dire que les ayants droit ont accepté leur diffusion) et par voie de conséquence, je regrette la présence de publicité en introduction (je regrette mais comprends).













Et pour avoir une vision d’ensemble plus large de l’œuvre vocale d’Ella Fitzgerald, je propose quatre recueils de chansons, parfois, là aussi, avec de regrettables publicités dont il ne faut pas négliger l’aspect positif : sans cela, sans ce modèle économique, pas de diffusion gratuite à tous et pas de joie à réécouter cette majestueuse chanteuse qui transcende allègrement les unités de temps et de lieu.
















Allez, je n’ai pas résisté, je termine sur cette chanson de Michel Berger chantée par France Gall qui a eu un très beau succès populaire (disque d’argent, Victoire de la musique, etc.) : « C’est comme une gaieté, comme un sourire, quelque chose dans la voix qui paraît nous dire "Viens !" ». Ce succès impressionnant se reflète aussi sur cette vidéo montrant aussi beaucoup d’images d’Ella Fitzgerald, issue d’une chaîne Youtube avec plus de 74,3 millions de vues depuis le 28 juin 2012 et 12 260 commentaires !






Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (12 juin 2021)
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Pour aller plus loin :
Jimmy Somerville.
Ella Fitzgerald.
Serge Gainsbourg.
Fernandel.
Eddie Barclay.
Daniel Balavoine.
Jean Ferrat.
John Lennon.
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https://www.agoravox.fr/culture-loisirs/culture/article/la-divine-diva-ella-fitzgerald-233652

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