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3 juin 2022 5 03 /06 /juin /2022 03:41

« La première fois que je l’ai rencontré, c’était à côté de la Maison de la Radio pour un déjeuner assez informel. J’ai rencontré un homme humble, tellement formidable que me voici devant vous. Il écoute vraiment, c’est assez rare. J’étais très impressionnée par son discours d’investiture [au Bourget]. Depuis que je l’ai rencontré, c’est le même. C’est cette constance qui est très forte. » (Julie Gayet à propos de François Hollande en avril 2012).



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L’actrice Julie Gayet fête son 50e anniversaire ce vendredi 3 juin 2022. Issue d’une famille de médecins : son père et son grand-père furent chirurgiens, le grand-père résistant, et l’arrière-grand-mère parmi les premières femmes médecins. Son père, bien implanté chez les socialistes, fut un camarade de promo d’un autre chirurgien… Jérôme Cahuzac.

Depuis une trentaine d’années, Julie Gayet tourne dans de nombreux films au cinéma mais aussi à la télévision, également des courts-métrages. Elle produit aussi des œuvres cinématographiques. Sa notoriété a grimpé avec le premier rôle dans le film "Delphine 1, Yvan 0" de Dominique Farrugia (sorti le 19 juin 1996), où elle est Delphine, Serge Hazanavicius Yvan, avec aussi Alain Chabat.

Mais on a vraiment commencé à parler d’elle dans d’autres cercles que culturels lorsque son nom a télescopé la vie politique le 10 janvier 2014. Le magazine très intellectuel (!) "Closer" a en effet publié les fameuses photographies d’un pilote de scooter avec casque sortant la nuit de chez Julie Gayet (version moderne du retour giscardien en voiture à l’heure du laitier).

Le livreur en question était à l’époque Président de la République. François Hollande, au mépris de la sécurité élémentaire qu’imposait sa fonction, préférait le bon plaisir au studieux travail à l’Élysée. Au-delà de l’atteinte à la vie personnelle (mais a-t-on une vie personnelle pendant son mandat quand on est le chef de l’État ? le magazine a toutefois été condamné le 27 mars 2014 par le tribunal de grande instance de Nanterre), au-delà de cette bourrasque médiatique, il y a eu une victime collatérale, celle qui était encore officiellement la compagne, Valérie Trierweiler, dont l’esprit jaloux aurait sans doute dû plus s’inquiéter de sa suivante que de sa précédente, à savoir Ségolène Royal. Sur Europe 1 le 10 janvier 2014, l’éditorialiste Catherine Nay résumait ainsi : « [Elle] a été jalouse du passé, elle aurait mieux fait d’être jalouse de l’avenir. ».

Cela a fini en vaudeville, avec, le 25 janvier 2014, un renvoi très machiste ("très patriarcal") de Valérie Trierweiler reléguée au rôle de favorite déchue, ce qui a provoqué, évidemment, la réplique de celle-ci par la parution le 4 septembre 2014 d’un livre témoignage "Merci pour le moment" (Arènes éditions) dont le grand succès commercial lui a assuré ses arrières et qui donnait une très mauvaise image du Président supposé de gauche se moquant des "sans-dent".

La révélation de cette liaison a aussi fait envoler le rêve romain de Julie Gayet, qui venait d’être nommée dans le jury de la Villa Médicis à Rome pour participer à la sélection des futurs pensionnaires et qui a dû y renoncer pour éviter tout conflit d’intérêts. Daniel Schneidermann y est allé de son petit commentaire le 15 janvier 2014 : « N’eût-on pas connu la liaison entre le scootériste et la comédienne, la délicieuse petite saveur [romaine] serait passée quasiment inaperçue. C’est la transparence qui a forcé les éternels courtisans à faire machine arrière. Au total, les avantages l’emportent sur les inconvénients. ».

Les relations entre François Hollande et Julie Gayet ont fait fleurir les commentaires sur le rôle supposé influent de l’actrice sur la politique culturelle du Président (en particulier sur les nominations), sur la nature de leurs relations, etc. Il a fallu attendre la fin du quinquennat pour que le couple apparût ensemble publiquement, le 9 décembre 2017 à l’hommage à Johnny Hallyday. Il faut bien comprendre que le droit à la vie privée est un droit reconnu par l’article 12 de la Déclaration universelle des droits de l’Homme : « Nul ne sera l’objet d’immixtions arbitraires dans sa vie privée, sa famille, son domicile ou sa correspondance. » (les GAFAM devraient relire cet article), mais dès lors que cela peut avoir une incidence sur la détermination d’une politique publique, les frontières de la vie privée deviennent relativement floue.

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Le problème de ce genre de relations, c’est qu’on pourrait imaginer Julie Gayet profiter de sa présence au cœur du pouvoir pour promouvoir sa propre carrière. Ce qui serait très injuste car elle s’est très bien défendue toute seule dans sa carrière dont les succès étaient mérités. Son tempérament d’ailleurs laisserait peu de doute sur sa volonté de séparer les deux : elle n’a jamais voulu réduire son activité professionnelle à cause de sa liaison avec le Président de la République. Pour elle, c’est machiste de croire qu’il faut que la femme s’efface devant le Président (pour l’instant, il n’y a pas eu de femme à l’Élysée), et donc qu’elle sacrifie sa carrière pour l’autre (comme ce fut le cas pour Carla Bruni qui a attendu 2012 pour s’y remettre). C’est pour cette raison qu’elle n’a jamais été une "compagne officielle" et ne soit jamais intervenue dans le protocole présidentiel.

Ainsi, elle a poursuivi et a même été nommée en février 2014 au César du meilleur second rôle féminin dans sa participation à l’excellent film "Quai d’Orsay" de Bertrand Tavernier (sorti le 6 novembre 2013), l’adaptation réussie de la non moins excellente bande dessinée de Christophe Blain et Abel Lanzac (Antonin Baudry), avec Thierry Lhermitte, Niels Arestrup, Raphaël Personnaz, Anaïs Demoustier, Jane Birkin, Bruno Raffaelli, etc. Julie Gayet y joue le rôle de Valérie Dumontheil, la dircab adjointe du ministre et la conseillère Afrique, un peu nymphomane sur les bords mais également un peu mante religieuse, ou scorpion, qui sécrète son venin au petit jeune.

Par une coïncidence étonnante, juste avant l’éclatement du "scandale" du Président scooter, la chaîne télévisée familiale Gulli a rediffusé le téléfilm "Famille décomposée" réalisé par Claude d’Anna et diffusé la première fois le 16 mars 2010 sur France 3, où Julie Gayet est la principale héroïne dans ce roman familial. C’est typiquement le genre de comédie française qu’elle a illuminé de son talent. Je propose ici d’en dire trois mots.

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Le film place en effet Julie Gayet au centre de l’histoire : son mari trader revient d’un séjour en prison sur le modèle calqué de Jérôme Kerviel, joué par Bruno Salomone (connu pour sa participation dans la désopilante série "Fais pas ci, fais pas ça"), son frère à la limite du suicide, dépressif en chef, ses parents particulièrement peu psychologues, malgré un père, joué par le regretté Michel Duchaussoy, psychologue des armées (il est plus armée que psychologue), enfin, des enfants qui n’en font qu’à leur tête, et en particulier l’aînée, l’ado de 15 ans, jouée par l’excellente Bertille Chabert (qui, je l’espère, réussira dans la carrière), au caractère trempé proche de la sœur de la copine de Sophie Marceau dans "La Boum" (vous savez, la danseuse Alexandra Gonin).

Et le point de catalyse, c’est un étranger (à la famille), ancien compagnon de cellule du mari, en vadrouille dans la clandestinité, poursuivi par ses anciens complices, très culotté et arnaqueur, qui va bousculer et faire revivre tout ce beau monde et lui donner un peu de symbiose dont la définition est : « association intime et durable entre deux organismes hétérospécifiques, et parfois plus de deux. (…) Le plus gros [des organismes] peut être nommé hôte. ». Justement, cet ex-taulard est l’hôte imposé de la petite famille. Il est joué par Christophe Guybet, le fils d’Henri Guybet (bien connu dans les années 1980). Il réussit à escroquer quelques pigeons mais son assurance va se gripper par le pigeon en chef (je ne veux rien dévoiler).

Parmi les petites scènes remarquables, le bas des reins dévoilé par Julie Gayet au sortir du lit (l’Élysée avait bon goût) et le harcèlement homosexuel d’une patronne sur une subordonnée qui ne lui sourit pas assez. Pour les plus matérialistes, cette autre scène pour savoir récupérer en deux minutes et sans problème un numéro de carte bleue, aussi simple qu’un coup de fil. Les insolences de l’adolescente pouvaient ne pas être crédibles il y a trente ans mais aujourd’hui, elles sont monnaie courante depuis longtemps dans de nombreuses cellules familiales éclatées. Dans cette comédie très légère, aucune vraisemblance n’a été recherchée. Ce qui est proposé au téléspectateur, c’est plutôt la manière de voir une famille classique (bien comme il faut) se déliter (mari gagnant bien sa vie, femme faisant des petits boulots, beaux-parents riches et stricts, deux enfants, une fille, un garçon), puis se ressouder grâce ou malgré un élément étranger.

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Julie Gayet a aussi joué dans un téléfilm "Alias Caracala, au cœur de la Résistance" réalisé par Alain Tasma (diffusé pour la première fois les 25 et 26 mai 2013 sur France 3), une adaptation (plutôt décevante) du roman autobiographique de Daniel Cordier, racontant son engagement dans la Résistance (à 19 ans) et sa mission auprès de Jean Moulin. Julie Gayet est Marguerite Moret, une résistante qui a logé clandestinement Daniel Cordier lorsqu’il est arrivé à Lyon et qui fut ensuite arrêtée et déportée.

Quant à ses derniers tournages, ses deux dernières participations sont très récentes. Pour le cinéma, Julie Gayet a tourné dans "C’est quoi ce papy ?!" de Gabriel Julien-Laferrière (sorti le 11 août 2021) avec Patrick Chesnais, Chantal Ladesou, Julie Depardieu, Thierry Neuvic, Philippe Katerine (dans ce film, elle a trois maris successifs), où le thème de la famille recomposée est toujours présent.

À la télévision, Julie Gayet est en cours de tournage pour "L’affaire Annette Zelman" de Philippe Le Guay, une adaptation du livre "Dénoncer les Juifs sous l’Occupation" (CNRS éditions) de Laurent Joly, qui sera diffusée à la télévision publique à l’occasion du 80e anniversaire de la rafle du Vel’ d’hiv’.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (29 mai 2022)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
François Hollande.
Ségolène Royal.
Valérie Trierweiler.
"Merci pour le moment".
Julie Gayet.
Johnny Depp.
Amber Heard.
Shailene Woodley.
Gérard Jugnot.
Alain Delon.
Alfred Hitchcock.
Brigitte Bardot.
Charlie Chaplin.

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https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20220603-julie-gayet.html

https://www.agoravox.fr/culture-loisirs/culture/article/les-joies-familiales-de-julie-241935

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2022/05/22/39487796.html
 






 

 

 



 

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1 juin 2022 3 01 /06 /juin /2022 17:12

« Lorsque les allégations ont été faites, lorsqu’elles ont fait le tour du monde, disant aux gens que j’étais un ivrogne menaçant et sous cocaïne, qui battait les femmes, soudainement, dans la cinquantaine, c’est fini. Vous êtes fini. Quelle que soit l’issue de ce procès, à la seconde où ces accusations ont été portées contre moi, et où elles se sont métastasées pour alimenter les médias, j’ai perdu. J’ai perdu, et je porterai cela pour le reste de ma vie. (…) [Amber Heard] a un besoin de conflit, un besoin de violence. Ça sort de nulle part. » (Johnny Depp, le 20 avril 2022).



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Très étrange sensation que l’ultramédiatisation du procès entre Johnny Depp et Amber Heard, deux acteurs américains qui rejouent le film "La Guerre des roses" de Danny DeVito (sorti le 4 décembre 1989) avec Michael Douglas et Kathleen Turner. Cette impression est tout à fait surréaliste dans un univers tout à fait étranger où l’on parle en millions de dollars, où l’on parle du énième appartement au bord de la mer, où l’on parle de substances plus ou moins illicites, où l’on parle de violences conjugales plus ou moins avérées, où l’on parle de millions de fans et de millions de détracteurs… En France, on en parlerait même plus que de la campagne des élections législatives (elle a commencé le 30 mai 2022, le sait-on ?) ou même que la guerre en Ukraine et ses épouvantables drames.

Johnny Depp (qui va avoir 59 ans le 9 juin) a tourné dans de nombreux films et a déjà, depuis plus de vingt ans, son étoile au Walk of Fame à Hollywood. L’ancien mari de la Française Vanessa Paradis est notamment le premier rôle dans "Edward aux mains d’argent" de Tim Burton, "Pirates des Caraïbes" de Gore Verbinski, "Charlie et la Chocolaterie" de Tim Burton, etc. Amber Heard (36 ans) s’est fait connaître également par une série télévisée avant d’embrayer au cinéma notamment dans "Délire Express" de David Gordon Green et "Aquaman" de James Wan.

En gros, depuis 2016, le couple qui s’était marié quelques mois auparavant s’est déchiré d’une manière totalement inédite : le public est pris à témoin, les médias se régalent, les réseaux sociaux s’agitent, soutiennent ou fustigent, et dans cette "affaire" (qui est un bien grand mot), les avocats s’enrichissent. Le procès en question est le deuxième ou troisième, et ce n’est pas un procès sur des coups et blessures éventuelles, c’est un procès en diffamation, celui-ci à l’initiative de l’acteur, Johnny Depp, qui a commencé le 11 avril 2022 au tribunal du comté de Fairfax, en Virginie, et qui vient de se terminer ce mercredi 1er juin 2022 avec un verdict qui a condamné les deux protagonistes, mais plus sévèrement l’ex-épouse que l’ex-époux. En effet, Amber Heard a été condamnée à verser 15 millions de dollars à son ancien mari tandis que Johnny Depp 2 millions de dollars à son ancienne femme.

On s’aperçoit ainsi que tous les faits et gestes de chaque membre du couple ont été enregistrés, notés, mémorisés dès le départ par l’autre, ce qui montre un couple quand même bien étrange et qui fait un étalage de faits quotidiens complètement inintéressants et parfois glauques.

Ce sujet serait dérisoire s’il ne revenait pas sur un sujet essentiel, un double sujet essentiel : d’une part, les violences conjugales, avec les paroles qui se délient sur des drames trop souvent passés sous silence, d’autre part, les réputations salies par des accusations abusives et diffamatoires.

Nous y voilà au nœud du problème : comment peut-on dénoncer des violences réelles sans accuser leurs auteurs ? Dans le cas de ce couple de personnes très célèbres, chaque nouveau fait est mis dans la boîte à buzz. La présomption d’innocence ne suffit pas dans une telle situation, car ce qui fait ou défait les réputations, ce sont les informations publiques (imaginez simplement que vos problèmes de couple, le cas échéant, soient mis sur la place publique et soient légèrement déformés). Or, la possibilité de départager deux antagonistes, c’est le rôle des juges, qui doivent être imperméables à toutes pressions, en particulier médiatiques ici (mais aussi politiques, économiques, etc.), et tout doit rester dans un cadre discret où la rumeur publique ne règne pas.

Aux États-Unis, la situation est simpliste : il faut être pour ou contre. Pour ou contre les femmes dont la parole se libère, pour ou contre l’un ou l’autre des acteurs, pour ou contre le patriarcat (mot typiquement introduit par les féministes qui laisse entendre que la violence conjugale proviendrait du seul fait de l’homme alors que cette violence existe également, de même intensité, dans des couples homosexuels, même de femmes).

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Beaucoup de militants anti-féministes (comment les appeler autrement ?) ont soutenu Johnny Depp dans les réseaux sociaux, au point d’en faire une affaire symbolique contre les femmes. En citant en début d’article Johnny Depp et pas Amber Heard, j’ai moi-même, en quelque sorte, choisi aussi mon camp, même si je me moque de cette affaire et qu’elle me dépasse aussi.

Ce qui m’intéresse, en revanche, c’est l’idée qu’on puisse accuser publiquement à tort une personne au point de salir sa réputation. Le "à tort", dans cette phrase, est essentiel et c’est le juge qui le détermine, car a contrario, lorsqu’il y a réellement de la violence, lorsque c’est avéré, je la trouve inacceptable, surtout dans le cadre de relations affectives (a priori, quand on aime, on ne tape pas, on est plutôt en confiance), je souhaite alors que son auteur soit sévèrement sanctionné, condamné tant pénalement que médiatiquement ou, pour des personnes moins célèbres, au moins sanctionnée professionnellement pour qu’il ou elle ne recommence pas.

Et que l’auteur des violences soit une femme ou un homme. Même si la violence des femmes est minoritaire, elle existe et des hommes meurent aussi de violences conjugales (à peu près dans la proportion d’un homme pour trois femmes). J’ai connu une femme violente qui menaçait d’un couteau à la gorge son "mec" (pour une raison que je n’ai pas saisie) et son enfant de 8 ans avait fermé à clef la porte d’entrée de l’appartement. Pour sortir de ce piège, j’ai même imaginé me saisir du fer à repasser qui était à ma portée pour l’envoyer sur la femme et libérer son compagnon (mais je n’aurais jamais pu assumer un geste d’une telle violence). Le dialogue a heureusement suffi à apaiser cette situation compliquée mais cette violence était en elle-même insupportable et d’autant plus glauque qu’elle en a rendu son garçon complice.

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Les jurés de Fairfax, je le rappelle, n’ont répondu qu’à la problématique de réputation et de diffamation, et ne devaient pas se prononcer sur les gestes de violences plus ou moins avérés sur l’un ou sur l’autre (Johnny Depp a ou aurait été par exemple profondément blessé au majeur de sa main d’un éclat de verre d’une bouteille de vodka lancée sur lui par son ex-épouse).

J’aurais pu citer aussi Amber Heard lors de son audition le 4 mai 2022, très larmoyante : « Je n’oublierai jamais la première fois qu’il m’a frappée (…). Je n’ai pas bougé parce que je ne savais pas quoi faire d’autres (…). Il m’a frappée une nouvelle fois. Violemment. Je perds mon équilibre et je réalise que le pire est en train d’arriver. ».

On serait tenté de croire à une tentative de manipulation et de rendre très intéressant financièrement le divorce quand on entend la réaction d’Amber Heard à l’écoute du verdict, se victimisant et victimisant toutes les femmes : « J’ai le cœur brisé que la montagne de preuves ne soit toujours pas suffisante pour résister au pouvoir, à l’influence et à l’emprise disproportionnée de mon ex-marie (…). C’est un retour en arrière, un retour en arrière à l’époque où une femme qui parlait et s’exprimait pouvait être publiquement blâmée et humiliée. Un retour en arrière à l’époque où la violence contre les femmes n’était pas prise au sérieux. (…) Je suis triste d’avoir perdu cette affaire. Mais je suis encore plus triste d’avoir perdu un droit que je pensais avoir en tant qu’Américaine : parler librement et ouvertement. ».

Même aux États-Unis, on convient que la liberté des uns s’arrête là où celle des autres s’arrête. Durant ce procès, Amber Heard est apparue pour beaucoup comme abusive, menteuse, manipulatrice, violente, presque psychopathe, et surtout, elle n’a apporté aucun élément de preuve de ce qu’elle avait avancé dans ses accusations.

Quant à Johnny Depp, il n’a pas fanfaronné mais il a remercié les jurés et il a remercié tous ceux qui l’ont soutenu malgré les coulées de détritus qui se sont déversés sur lui. Il voudrait que ce verdict soit un encouragement à continuer à résister pour les hommes accusés injustement de violences conjugales.

Au contraire de la France, ce procès pouvait être filmé, ce qu’il a été, et il a été diffusé en direct vingt-quatre heures sur vingt-quatre sur des chaînes de télévision ou sur Internet. Ainsi, des internautes pouvaient suivre la moindre intervention dans ce procès fleuve. Il fera probablement date comme ayant provoqué cette nouvelle folie médiatique renforcée par Internet, et aussi comme une action corrective de cette nécessaire fin du silence sur les violences aux femmes initiée depuis longtemps mais amplifiée par le mouvement MeToo. Parler, oui, mais dire n’importe quoi sur les autres, non. Dans ce domaine, seul le juge peut faire la part du vrai et du faux. Et certainement pas les voyeurs qui nous sommes tous un petit peu plus ou moins.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (01er juin 2022)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Johnny Depp, Amber Heard et les violences conjugales ?
Peut-on confondre dragueur lourd et violeur ?
Burkini, c’est fini ?
La République, le voile islamique et le "vivre ensemble".
Couvrez ces seins que je ne saurais voir !
Ne nous enlevez pas les Miss France !
Alexandra Richard, coupable ou victime ?
Dégenrer les Lego.
La PMA pour toutes les femmes désormais autorisée en France.
Genrer la part du Lyon ?
L’écriture inclusive.
Femmes, je vous aime !
Parole libérée ?
L’avortement.
Ni claque ni fessée aux enfants, ni violences conjugales !
Violences conjugales : le massacre des femmes continue.








https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20220601-johnny-depp.html

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2022/06/02/39503227.html





 

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31 mai 2022 2 31 /05 /mai /2022 03:00

« Je dois dire que même si l’on ne songe pas à la mort, il est difficile de ne pas y penser quand on passe le cap de la cinquantaine. C’est mon cas. Et pourtant, je reste une éternelle amoureuse. Rien n’est plus beau que d’aimer ! Toutefois, je n’aime pas de la même façon aujourd’hui qu’hier. » (Sandrine Bonnaire, janvier 2022).




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L’excellente actrice française Sandrine Bonnaire fête son 55e anniversaire ce mardi 31 mai 2022. J’ai un petit faible pour elle, pour ses prestations dans les nombreux films dans lesquels elle a tourné. Elle n’est pas une star au sens paillettes du terme car elle est plutôt discrète. Rarement dans des comédies, elle a commencé plutôt dans des films au scénario sombre, parfois sordide, elle rayonne sur le cinéma dit d’auteur.

Elle est d’origine modeste, une enfance à Grigny mais un éclat du regard exceptionnel. Pas d’études, une mère dont elle ne veut pas parler car aveuglée par les Témoins de Jéhovah, un père adoré qui est mort trop tôt et une famille nombreuse dont elle a dû s’occuper en partie.

Mais très vite, elle a percé dans le cinéma, un peu par hasard au début. Acceptée pour le rôle principal dans "À nos amours" (sorti le 16 novembre 1983) par Maurice Pialat, elle a été repérée et bombardée sur le devant de la scène avec un César du meilleur espoir féminin 1984 à 16 ans. À l’origine, Sandrine Bonnaire avait postulé pour un rôle de figurante, comme elle l’avait fait dans "La Boum" et "Les Sous-doués en vacances", mais Maurice Pialat, totalement convaincu, totalement épris, l’a prise pour le premier rôle et a même modifié le scénario pour renforcer son personnage. Sandrine Bonnaire l’actrice était née.

Maurice Pialat a travaillé à nouveau avec elle pour "Police" (sorti le 4 septembre 1985), où les stars sont Sophie Marceau et Gérard Depardieu (Sandrine Bonnaire n’a eu qu’un petit rôle), et surtout, son chef-d’œuvre "Sous le soleil de Satan" (sorti le 2 septembre 1987), une adaptation d’un roman de Georges Bernanos qui a eu un grand succès (et la Palme d’or du Festival de Cannes 1987 attribuée à l’unanimité du jury présidé par Yves Montand malgré "Les Ailes du désir" de Wim Wenders également en compétition). Sandrine Bonnaire y joue l’adolescente audacieuse qui vire au tragique, avec Gérard Depardieu en abbé dubitatif.

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Mais avant "Sous le soleil de Satan", ce fut un autre chef-d’œuvre qui a permis à Sandrine de décrocher son second César, cette fois-ci de la meilleure actrice, en 1986 (ce qui en a fait la lauréate la plus jeune, consacrée meilleure actrice à 18 ans) : "Sans toit ni loi" d’Agnès Varda (sorti le 4 décembre 1985) fut également un énorme succès. Sandrine Bonnaire y est une vagabonde des temps modernes, traînant d’un milieu vers un autre et finissant (encore) mal (à ses côtés, jouent Yolande Moreau, Macha Méril et Stéphane Freiss).

Dans les années 1990, elle a joué dans de nombreux films d’auteurs. Quatre films ont été l’occasion pour elle d’être nommée quatre nouvelles fois pour le César de la meilleure actrice.

"Monsieur Hire" de Patrice Leconte (sorti le 24 mai 1989), l’adaptation d’un roman de Georges Simenon (mort quelques mois après la sortie du film), avec ce duo bluffant Michel Blanc, un monsieur misanthrope et secrètement amoureux de sa voisine Sandrine Bonnaire qu’il épie, sur fond d’enquête criminelle (avec, dans le rôle de l’inspecteur de police, André Wilms qui a tiré sa révérence il y a un peu moins de quatre mois).

Dans la grande fresque "Jeanne la Pucelle" de Jacques Rivette (sorti le 9 février 1994), Sandrine Bonnaire est Jeanne d’Arc (et elle a même publié "Le roman d’un tournage" chez Jean-Claude Lattès, son propre journal du tournage).

Le film très glauque "La Cérémonie" de Claude Chabrol (sorti le 30 août 1995) met en avant Sandrine Bonnaire (la domestique) et Isabelle Huppert (la postière) dans un contexte bourgeois (la maison de Jean-Pierre Cassel et Jacqueline Bisset et de leur fille Virginie Ledoyen). La domestique est une analphabète honteuse et la postière a de la vengeance à revendre. Cet époustouflant film a été très récompensé, notamment par la Coupe Volpi de la meilleure actrice à la Mostra de Venise pour les deux héroïnes, Sandrine Bonnaire et Isabelle Huppert, cette dernière emportant aussi le César de la meilleure actrice.

"Est-Ouest" de Régis Wargnier (sorti le 1er septembre 1999) retrace l’histoire très particulière des réfugiés russes de la révolution de 1917, exilés ici en France, et que Staline a autorisé à revenir après la guerre. Sandrine Bonnaire y joue l’épouse russe d’un tel réfugié, Oleg Menchikov, et regrette finalement son voyage en URSS. Catherine Deneuve y tient aussi un rôle important. Il est à noter que ce film est le résultat notamment d’une coopération active entre l’Ukraine et la Russie (les scènes ont été tournées en Ukraine, en particulier à Kiev).

L’actrice a en outre tourné dans des films de Jacques Doillon, André Téchiné, Claude Sautet, Raymond Depardon, Philippe Lioret, Brian de Palma, Claude Lelouch, etc.

À partir des années 2000, Sandrine Bonnaire est moins présente au cinéma, un peu plus à la télévision, et elle s’est investie pour deux causes : l’autisme (sa sœur est "frappée" par une forme d’autisme tardivement diagnostiquée), elle a même réalisé un documentaire très émouvant sur sa sœur "Elle s’appelle Sabine" (projeté au Festival de Cannes en mai 2007, diffusé à la télévision le 14 septembre 2007 et sorti en salles le 30 janvier 2008). Sa sœur a été très mal traitée en hôpital psychiatrique avec des médicaments qui assommaient puis a pu être accueillie dans une structure spécialisée adaptée à sa situation. Sandrine Bonnaire a dénoncé ainsi la manière dont la société se préoccupe des personnes en situation de handicap.

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L’autre engagement de Sandrine Bonnaire est la cause des femmes. Elle a été elle-même très violemment agressée par son compagnon qu’elle s’apprêtait à quitter en 2000. Elle l’a révélé dans un livre d’entretiens publié en 2010 (éd. Stock) en précisant qu’elle a été salement amochée puisqu’elle a eu une triple fracture de la mâchoire qui a nécessité une lourde opération chirurgicale, huit dents cassées, etc.

Dans "Le Procès de Bobigny", un téléfilm de François Luciani (diffusé le 29 mars 2006), Sandrine Bonnaire joue la mère d’une fille qui a avorté, reprenant un fait-divers très médiatisé en 1972 (avant la légalisation de l’avortement). Ce fut une affaire très politisée et les deux femmes ont été soutenues par Gisèle Halimi (dans la vraie vie et jouée par Anouk Grinberg dans la fiction). Sandrine Bonnaire a tenté de jouer le mieux possible son personnage toujours vivant (à l’époque du tournage).

Elle a eu aussi un engagement politique auprès de Martine Aubry pendant la primaire socialiste d’octobre 2011, elle a travaillé avec le conseiller culture-médias de la candidate, à savoir le député de Paris Patrick Bloche.

Au-delà des tournages, Sandrine Bonnaire s’est essayée aussi à d’autres arts, en particulier, elle a fait une collaboration avec Jacques Higelin pour une chanson, elle fait aussi de la lecture au théâtre etc. Elle a réalisé un documentaire sur Jacques Higelin (diffusé sur Arte le 1er novembre 2015) et un autre sur Marianne Faithfull (diffusé sur Arte le 2 mars 2018).

Le 1er octobre 2018, Corinne Renou-Nativel, pour "Notre Temps" expliquait pourquoi Sandrine Bonnaire était si aimée de son public. Parce qu’elle est d’abord "lumineuse" avec « son air de défi, son rire craquant d’adolescente délurée », elle « incarne le naturel, la spontanéité et une belle franchise, non dénuée de pudeur ». Parce qu’ensuite, elle est "engagée" (autisme, cause des femmes, contre le racisme, etc.). Parce qu’elle est aussi "courageuse" (origine modeste et famille nombreuse, elle a subvenu aux besoins de ses cadets à la mort de leur père, elle n’a pas porté plainte contre son ex qui lui a fracassé la mâchoire, etc.). Et parce qu’elle est enfin "talentueuse" : « l’une des actrices les plus brillantes de sa génération » qui a joué avec les plus grands réalisateurs de son époque.

Parmi les engagements de Sandrine Bonnaire, il y a aussi les soignants, sujet de l’un des derniers films dans lesquels elle a tourné et qui leur rend hommage en pleine crise sanitaire : "Voir le jour" de Marion Laine (sorti le 12 août 2020) est en effet une adaptation du roman "Chambre 2" de Julie Bonnie (éd. Belfond, 2013), le premier de ses six romans à ce jour, récompensé par le Prix du roman Fnac (écouter son interview sur France Inter le 11 août 2020).

De Pialat à Lelouch. Je termine sur le dernier film de Claude Lelouch, "L’amour, c’est mieux que la vie" (sorti le 19 janvier 2022). Paradoxalement, Sandrine Bonnaire n’a tourné avec Claude Lelouch que très tardivement : leur premier film commun était "Salaud, on t’aime" (sorti le 2 avril 2014) avec Johnny Hallyday, Eddy Mitchell, Irène Jacob et Pauline Lefèvre. Sandrine Bonnaire a le premier rôle de "L’amour, c’est mieux que la vie". C’est une bande de copains, d’âge différent, Gérard Darmon, Ary Abittan et Philippe Lellouche. Gérard Darmon a une maladie incurable et va mourir, ses amis veulent lui offrir une dernière histoire d’amour, Sandrine Bonnaire. Dans ce film, d’autres grands acteurs y jouent, en particulier Robert Hossein (c’était son dernier film, qu’il n’a pas vu monté, il est mort juste après son tournage), Béatrice Dalle, Clémentine Célarié, Elsa Zylberstein, Kev Adams, et même Laurent Dassault (qui, lui, n’est pas un acteur, mais un fils de Serge Dassault).

Claude Lelouch a tenté de relier les personnages de tous ses films (celui-ci est son cinquantième film), et dans ce principe, Sandrine Bonnaire est la fille de Lino Ventura, celui de "L’aventure, c’est l’aventure" (sorti il y a cinquante ans, le 4 mai 1972). Sandrine Bonnaire évoquait un tournage joyeux malgré le thème plutôt triste du film. La raison ? La personnalité du réalisateur : « [Claude Lelouch] parle à tout le monde exactement de la même manière. Sa spontanéité gomme toute trace de hiérarchie : il s’adresse de la même façon à un technicien ou à une star. Pour ma part, je trouve cela très bien. ».

Il y en a qui vieillissent mal. Incontestablement, Sandrine Bonnaire vieillit bien.
Bon anniversaire !


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Sylvain Rakotoarison (28 mai 2022)
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Pour aller plus loin :
Sandrine Bonnaire.
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Guy Marchand.
Vangelis.
Renaud.
Christian Clavier.
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Jacques Perrin.
Michel Blanc.
Michel Bouquet.
Patrick Chesnais.
Jean Roucas.
Z.
Michel Sardou.
Michel Jonasz.
Jane Birkin.
Philippe Noiret.
Jean Amadou.
Shailene Woodley.
Gérard Jugnot.
Alain Delon.
Alfred Hitchcock.
Brigitte Bardot.
Charlie Chaplin.

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26 mai 2022 4 26 /05 /mai /2022 03:39

« Si cela ne tenait qu’à moi, je deviendrai immédiatement actrice. Chaque fois que je vois un bon film, mes premières pensées sont : je dois vraiment devenir actrice. Oui ! Je le dois ! » (Romy Schneider, le 10 juin 1952).



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La grande actrice franco-allemande Romy Schneider est morte mystérieusement à Paris il y a quarante ans, le 29 mai 1982 à l’âge de 43 ans (elle est née à Vienne le 23 septembre 1938, à l’époque où l’Allemagne nazie venait d’annexer l’Autriche ; c’était l’Anschluss le 12 mars 1938).

De son vraie nom Rosemarie Magdalena Albach, elle fut une immense star internationale, dont la célébrité a commencé alors qu’elle n’était qu’adolescente, par son fameux rôle de Sissi l’impératrice, Élisabeth de Wittelsbach, duchesse de Bavière et épouse de l’empereur d’Autriche-Hongrie François-Joseph Ier avec la trilogie d’Ernst Marischka : "Sissi" (sorti le 21 décembre 1955), "Sissi impératrice" (sorti le 19 décembre 1956) et "Sissi face à son destin" (sorti le 19 décembre 1957), un opus à chaque Noël.

Elle avait démarré sa carrière au cinéma le 8 septembre 1953 après un casting pour tenir le rôle de la fille de sa mère Magda Schneider, qui était également actrice et qui tenait l’un des rôles principaux, dans un film ("Quand refleuriront les lilas blancs" de Hans Deppe, sorti le 24 novembre 1953) qui a été un grand succès national et qui a ainsi lancé la carrière de Romy Schneider, souvent avec sa mère prenant le rôle d’une personne de son entourage. "Les jeunes années d’une reine" d’Ernst Marischka (sorti le16 décembre 1954) fut comme l’essai réussi de Romy Schneider en princesse et reine mythique, pour commencer dans le rôle de la jeune reine Victoria.

Cette série impériale de Sissi a semé en Europe un véritable délire sur Romy Schneider, devenue une reine du cinéma à seulement 17 ans, alors qu’elle-même a tourné avec beaucoup réticence les deux derniers épisodes de la série. Elle se sentait à mille lieues de cette atmosphère impériale tandis qu’elle redonnait presque fierté aux Autrichiens : « Je hais cette image de Sissi (…). J’ai refusé les 80 millions [1 million de marks] qu’on m’offrait pour tourner une quatrième mouture de "Sissi". ». La mainmise de sa mère sur sa carrière (elle avait refusé un contrat avec Kirk Douglas) était très forte et a entraîné une rupture et une plus grande autonomie (il faut se rappeler que Romy Schneider n’était qu’une adolescente, à l’époque).

À la fin des années 1950, Romy a rencontré Alain Delon qu’elle avait choisi pour jouer ensemble "Christine" de Pierre Gaspard-Huit (sorti le 24 décembre 1958), avec aussi Jean-Claude Brialy, Micheline Presle, Fernand Ledoux, etc. Ce film était un remake du film "Liebelei" de Max Ophüls (sorti le 10 mars 1933) dans lequel sa mère jouait le même rôle, dans une adaptation d’une pièce du grand auteur romantique autrichien Arthur Schnitzler.

Après des débuts de relations difficiles pendant le tournage, ils se sont fiancés le 22 mars 1959 et se sont installés à Paris. Alain Delon lui a fait rencontrer Luchino Visconti. Le réalisateur et metteur en scène italien l’a alors engagée au théâtre dans un rôle avec la star française dans la pièce "Dommage qu’elle soit une putain" (produite en 1961 au Théâtre de Paris), ce qui l’a sortie des rôles de princesse dont elle ne voulait plus. En quelques années, Romy Schneider, qui ne parlait qu’allemand et anglais, parlait aussi le français et l’italien. Mais Alain Delon l’a quittée en 1963. Il l’aurait fait par SMS si les smartphones existaient à l’époque.

Une nouvelle carrière cinématographique l’attendait après un séjour à Hollywood entre 1962 et 1965 (Orson Welles, Otto Preminger, etc.), puis à Berlin avec Harry Meyen, un acteur allemand qu’elle a épousé et qui lui a donné un enfant.

Cette nouvelle carrière, surtout française, est repartie avec l’excellent film de Jacques Deray "La Piscine" (sorti le 31 janvier 1969) où elle a joué le premier rôle avec Alain Delon qu’elle a retrouvé, aux côtés de Maurice Ronet et Jane Birkin. Romy Schneider est la femme d’Alain Delon et ils se reposent l’été à Saint-Tropez dans leur villa avec piscine. Ami d’Alain Delon et ancien amant de Romy (dans le film), Maurice Ronet, arrive à l’improviste avec sa fille Jane Birkin, et bouscule l’intimité conjugale avec des jeux de jalousies, de pouvoirs et de haines. Romy Schneider et Alain Delon jouent des personnages très énigmatiques et mystérieux, très ambigus.

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À partir de cette époque, pendant toutes les années 1970 et début des années 1980, Romy Schneider était une star française dans des films français de qualité : "Les Choses de la vie" de Claude Sautet (sorti le 13 mars 1970) aux côtés de Michel Piccoli, Jean Bouise, Boby Lapointe, etc. ; "Max et les ferrailleurs" de Claude Sautet (sorti le 17 février 1971) avec Michel Piccoli, Georges Wilson, Bernard Fresson, François Périer, Michel Creton, Boby Lapointe, Philippe Léotard, etc. ; "César et Rosalie" de Claude Sautet (sorti le 27 octobre 1972), elle Rosalie et Yves Montand César, aussi avec Sami Frey, Bernard Le Coq, Isabelle Huppert, etc. ; "Le Train" de Pierre Granier-Deferre (sorti le 31 octobre 1973) avec Jean-Louis Trintignant qu’elle a aimé dans la vraie vie, ainsi qu’avec Maurice Biraud, Régine, etc. ; "L’important, c’est d’aimer" d’Andrzej Zulawski (sorti le 12 février 1975) avec Jacques Dutronc, Claude Dauphin et Michel Robin ; "Une histoire simple" de Claude Sautet (sorti le 22 novembre 1978) avec Bruno Cremer et Claude Brasseur

Romy Schneider, saluée par le public comme par les professionnels, fut récompensée deux fois par un César de la meilleure actrice (en 1976 et en 1979), nommée au même César trois autres fois (en 1967, en 1980 et en 1983 à titre posthume), et elle a reçu à titre posthume un César d’honneur pour l’ensemble de sa carrière remis le 22 février 2008 à Alain Delon qui a fait lever toute l’assistance pour lui rendre hommage.

Parmi tous ces films, tous aussi excellents les uns que les autres, peut-être parce Romy Schneider a toujours joué "avec classe", je propose de m’arrêter sur trois films particuliers.

"Le Mouton enragé" de Michel Deville (sorti le 13 mars 1974) met en scène Jean-Louis Trintignant, héros passant du stade du terne à l’éclatant amant ambitieux encouragé par son ami d’enfance Jean-Pierre Cassel, avec pour principale maîtresse la rayonnante Romy Schneider qui finit mal (assassinée par son mari). Parmi les autres maîtresses, Jane Birkin et Florinda Bokan, et les hommes puissants qu’a pu "ferrer" Jean-Louis Trintignant sont des chefs d’entreprise, des députés, etc. (dont Georges Wilson). On peut remarquer la furtive mais éclatante prestation de Dominique Canstanza plus présente au théâtre qu’au cinéma (l’étudiante riche dans le film qui refuse de se marier mais pas de faire crac-crac pendant un enterrement), ainsi que la pudeur de Romy Schneider tandis que ses autres partenaires femmes n’hésitaient pas (c’était l’époque) à se déshabiller plus entièrement qu’elle devant les caméras (en particulier Jane Birkin et Christine Boisson). On peut aussi remarquer la participation de Jean-François Balmer comme comptable rédacteur en chef d'un "canard" boiteux.

"Le Vieux Fusil" de Robert Enrico (sorti le 20 août 1975) est un film très dur qui remémore le massacre d’Ouradour-sur-Glane. Le chirurgien Philippe Noiret, parti résister, revient et revit l’assassinat de sa femme Romy Schneider et de sa petite fille par une section de soldats nazis de passage dans le village. Jean Bouise joue le rôle de l’ami compréhensif de Philippe Noiret.

Enfin, "Garde à vue" de Claude Miller (sorti le 23 septembre 1981), excellent film également, qui est focalisé sur le dialogue entre Lino Ventura, inspecteur de police de permanence la nuit de Noël (assisté de Guy Marchand), et Michel Serrault, notable (notaire) soupçonné d’avoir assassiné des petites filles. Romy Schneider, énigmatique, est l’épouse de Michel Serrault, et l’accuse d’une étrange proximité avec sa nièce (jouée par la future chanteuse Elsa Lunghini). La mise hors de cause de Michel Serrault entraîne alors le suicide de sa femme accusatrice. "Garde à vue" a été l’avant-dernier film avec Romy Schneider, le dernier étant "La Passante du Sans-Souci" de Jacques Rouffio (sorti le 14 avril 1982), d’après un roman de Joseph Kessel, avec Michel Piccoli, Gérard Klein et Jacques Martin.

Comme on le voit dans ces trois films, Romy Schneider finit toujours mal, dans des rôles tragiques. Un thème qui était aussi celui d’un des derniers films, "La mort en direct" de Bertrand Tavernier (sorti le 23 janvier 1980) où Romy Schneider, condamnée par la maladie, se faisait filmer à son insu par un voyeur qui préfigure, inaugure les émissions de téléréalité.

Fallait-il imaginer que sa propre vie ressemblerait à de telles tragédies ? Peut-être pas, car elle était au contraire le symbole de vitalité. Mais on a retrouvé Romy Schneider sans vie à 43 ans à son domicile parisien le 29 mai 1982, année funeste pour le cinéma français si on se rappelle aussi la fin tragique de Patrick Dewaere (héros de "La meilleure façon de marcher", le précédent succès de Claude Miller).

Depuis quelque temps, Romy Schneider avait vécu drames sur drames : le suicide de son ancien mari en avril 1979, le divorce de son second mari en février 1981, un pied cassé en avril 1981, une tumeur au rein en mai 1981, et surtout, en juillet 1981, la mort de son fils de 14 ans par accident, en escaladant la grille chez les parents de son ex-mari, dont on a pris des photos volées à l’hôpital (des paparazzi déguisés en infirmiers)…

Cela a donc renforcé des rumeurs de suicide de la star, qui sembleraient pourtant fausses en raison des circonstances, car Romy Schneider a paru surprise de sa mort, en train d’écrire un mot d’excuse à cause de sa fille atteinte de rougeole, la lettre est inachevée, s’arrêtant brutalement dans une rature.

D’autres ont émis l’idée qu’elle est morte d’avoir consommé trop de barbituriques ou d’alcool. Aucune autopsie a été faite pour laisser la star dans son auréole mythique, mais dans les années 2010, bien plus tard, une amie chère puis sa fille ont affirmé qu’elle n’avait pas d’addiction et pas de problème de dépendance avec l’alcool ou des médicaments. Elles ont affirmé qu’elle serait morte d’une mort naturelle, d’une crise cardiaque. Elle a été enterrée le 2 juin 1982 dans les Yvelines en présence de nombreux acteurs et réalisateurs (mais en absence d’Alain Delon et, semble-t-il, de Jean-Louis Trintignant, deux amours de sa vie), et les restes de son fils, enterré alleurs, ont été ramenés auprès d’elle.

Romy Schneider aurait dû tourner en juillet 1982 pour un film réalisé par Pierre Granier-Deferre, en couple avec Alain Delon, avec également Simone Signoret. Elle ne fut jamais remplacée…

"Romy Schneider face à son destin", reprenant facilement un titre de la série de Sissi impératrice, a aussi été utilisé comme titre de l’article de Céline Rouden du journal "La Croix" du 16 avril 2022 pour présenter l’exposition que lui consacre actuellement la Cinémathèque française (51 rue de Bercy à Paris) à l’occasion des quarante ans de sa disparition : « Un autre visage de Romy Schneider. Celui de la femme passionnée, investie dans son métier, pétrie de doutes mais qui a su sans cesse se réinventer pour s’affirmer comme l’actrice qu’elle avait choisi d’être. Déjouant les pièges d’une notoriété précoce qui en avait fait la "petite fiancée autrichienne" au regard prude pour devenir cette comédienne talentueuse, sensuelle et épanouie des films de Claude Sautet. L’incarnation de la femme française libérée des années 1970, dans laquelle chacune pouvait se reconnaître. ». Claude Sautet avait été attiré par son caractère passionnel : « Elle a une formidable énergie intérieure, elle n’est pas paisible mais tourmentée, pure, violente, orgueilleuse. ».

Elle n’était pas comme les stars, elle restait sur les plateaux durant les tournages et refusait de prendre le dîner si les techniciens n’y étaient pas invités. La commissaire de l’exposition Clémentine Deroudille a déploré : « Depuis quelques années, la tragédie de la fin de sa vie prend le pas sur le reste. Il est toujours plus vendeur de présenter une femme comme un paquet de névroses, sujette à la mélancolie et désespérée jusqu’à l’os. Surtout si celle-ci est d’une beauté fracassante et l’une des plus grandes actrices de l’histoire du cinéma. ». D’où la volonté de montrer autre chose : «  La façon dans elle a pris en main sa destinée d’actrice et a su, tout au long de sa carrière, aller là où on ne l’attendait pas, surprendre toujours (…). Dévoiler les secrets de cette virtuosité, son sérieux, qu’elle mettait en tout et dans son travail en premier. Toujours pleine de trac, de doutes, elle ne cessait de se questionner sur sa légitimité, son jeu, sa beauté, son charisme. » (Son père, comédien aussi, est lui-même mort en février 1967 d’avoir eu trop le trac, foudroyé par une crise cardiaque).

L’exposition à la Cinémathèque française peut être visitée du 16 mars au 31 juillet 2022. Fermée le mardi. Ouverte de 12h00 à 19h00 le lundi, mercredi au vendredi ; de 11h00 à 20h00 le week-end ; de 10h00 à 20h00 les jours fériés et pendant les vacances scolaires de la zone C.


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Sylvain Rakotoarison (21 mai 2022)
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Pour aller plus loin :
Sandrine Bonnaire.
Jacques Morel.
Romy Schneider.
Marnie Schulenburg.
Guy Marchand.
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Christian Clavier.
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24 mai 2022 2 24 /05 /mai /2022 17:56

« Zack et moi hésitons entre la dévastation totale et la détermination farouche. » (Marnie Schulenburg, Instagram le 20 mai 2020).




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Elle aurait dû fêter son 38e anniversaire samedi dernier. Fêter aurait d’ailleurs été un bien grand mot. Hélas, il lui a manqué quatre jours. Marnie Schulenburg est morte le 17 mai 2022 à l’hôpital de Bloomfield, dans le New Jerzey.

Cette actrice américaine a commencé par Shakespeare au théâtre et s’est surtout spécialisée dans les séries télévisées. Elle a débuté avec le rôle d’Alison Stewart dans un épisode de "Les feux de l’amour" en février 2007, puis dans "As the World Turn" qui a contribué à sa notoriété. Elle a joué aussi dans "On ne vit qu’une fois" et "Tainted Dreams", et est apparue épisodiquement dans certaines autres séries… En 2010, elle fut nommée aux Daytime Emmy Awards comme jeune actrice exceptionnelle dans une série dramatique (c’est une récompense pour des programmes diffusés en milieu de journée).

Marnie Schulenburg a eu peu de chance avec sa maladie. En effet, elle a mis au monde sa petite fille le 12 décembre 2019. Elle avait une douleur au sein gauche quand elle l’allaitait. Cela arrive souvent que l’allaitement provoque une inflammation du sein, mais chez elle, il n’y a eu aucun effet des antibiotiques ou des anti-inflammatoires.

Il a fallu attendre trois mois et demi, le 8 mai 2020, et plusieurs diagnostics parce que sa douleur n’était pas réduite, pour apprendre qu’elle avait un cancer du sein métastatique. C’est un cancer extrêmement agressif qui se confond souvent avec cette inflammation du sein due à l’allaitement appelée mastite.

Dans le cas de Marnie, son cancer s’est propagé dans la voie lymphatique sans former de tumeur, si bien qu’une mammographie ne l’aurait pas décelé. Les cellules cancéreuses bloquaient les vaisseaux lymphatiques de la peau, d’où l’inflammation. Ce type de cancer est très rare et touche moins de 4% des cancers du sein, il se soigne par chimiothérapie qui permet la guérison pour beaucoup de patientes. L’erreur de diagnostic lui a fait perdre de précieux mois de combat contre ce cancer.

Elle a fêté ses 36 ans le 21 mai 2020, avec cette interrogation qu’elle a écrite la veille sur Instagram : « Comment fête-t-on un anniversaire après un diagnostic de cancer du sein de stade 4 au milieu d’une pandémie mondiale tout en élevant un enfant de cinq mois ? ». C’était la première fois qu’elle annonçait publiquement sa maladie. Le stade 4 est le type de cancer le plus avancé, avec métastases. C’était son interrogation posée à ses nombreux "fans" ou "followers" qui la suivaient dans les réseaux sociaux (Instagram). Son but n’était pas de se plaindre ou d’attirer la compassion, mais surtout d’alerter les jeunes mères sur le risque de mauvais diagnostics.

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Elle a ajouté : « Zack et moi hésitons entre la dévastation totale et la détermination farouche. Le récit de la vie que nous avons signée le jour de notre mariage ne sera plus jamais la même. Maintenant, il faut nous adapter, rester présent et nous battre. ». Zack Robidas est lui aussi un acteur de séries télévisées américaines, il était son mari depuis 2013 et (donc) le père de son enfant.

L’actrice devait aussi résoudre un problème que nous, bienheureux Français, n’aurons jamais et c’est très précieux dans une période si difficile d’avoir la sécurité sociale : il lui a fallu financer ses soins. Grâce à une mobilisation de son entourage, elle a pu collecter plusieurs dizaines de milliers de dollars pour ses frais médicaux.

C’est très typique de la société américaine qui sait se mobiliser pour récolter des fonds pour toutes sortes d’objectifs, jusqu’aux enfants qui organisent une fête avec vente de gâteaux ou lavage de voitures pour financer un voyage scolaire (et de l’autre côté, faire des galas au ticket d’entrée très cher pour financer une cause humanitaire ou une campagne électorale).

Pendant deux ans, ce fut un combat inégal, malheureusement dont l’issue était connue d’avance. Grâce à Instagram, Marnie Schulenburg a pu rester en contact avec le monde extérieur. Un peu comme l’an dernier, le professeur Axel Kahn qui, foudroyé par une rechute très agressive de son cancer, a continué à bloguer et à exprimer ce qu’il ressentait jusqu’à s’éteindre. Il disait notamment en commençant un livre que probablement il n’aurait pas le temps d’en achever la lecture, car il ne pouvait pas lire très vite (par défaut d’attention) et que sa maladie progressait plus rapidement que sa lecture.

Toujours en relation avec ses amis, Marnie n’hésitait pas à s’afficher telle qu’elle était, par exemple en train de faire du yoga, maigre, la boule à zéro, sans cheveux mais avec un grand sourire qui était le symptôme de son combat quotidien tant pour lutter contre sa maladie que pour élever sa fille, grignoter les semaines, les journées, lui assurer encore une mère le plus longtemps possible pour qu’elle grandisse avec elle. Il n’y avait pas d’indécence à rappeler que la vie pouvait aussi s’inviter à la mort.

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Son dernier post date du 8 mai 2022, soit exactement deux ans après avoir appris son mal fatal. Elle évoquait sa fille et la perspective de la fête des mères (qui a eu lieu le 14 mai 2022 aux États-Unis) : « Il n’y avait aucune garantie que je serais à la maison pour la fête des mères. Je suis rentrée tard [de l’hôpital] vendredi soir mais j’ai dû être transférée chez moi avec une machine à oxygène. Ce n’est pas mon idéal d’être une mère de 38 ans qui a besoin d’une bouteille d’oxygène pour survivre en ce moment. Je veux être forte et belle pour elle [ma fille]. Je veux lui montrer comment évoluer dans ce monde avec compassion, force, dynamisme, humour et joie comme ma mère me l’a montré. Je sais que ma présence auprès d’elle est le plus cadeau que je peux lui donner. ».

Sur Facebook, son mari a réagi en soulignant le courage de Marnie qu’il avait rencontrée sur le plateau d’un tournage : « S’il vous plaît, ne dites pas que Marnie a perdu sa bataille contre le cancer. C’est tout simplement faux. Je l’ai regardée botter le cul du cancer tous les jours depuis le diagnostic. (…) Elle est incroyable. Nous avons choisi d‘attaquer son diagnostic avec un optimisme aveugle. Nous n’avons parlé que de l’avenir et avons continué à aller de l’avant. Je ne sais pas si c’était bien, mais c’est tout ce que nous savions faire. ». Une saloperie ordinaire et une vie singulière.


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Sylvain Rakotoarison (21 mai 2022)
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Sandrine Bonnaire.
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Marnie Schulenburg.
Guy Marchand.
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22 mai 2022 7 22 /05 /mai /2022 03:57

« J’ai longtemps cru que j’étais un obsédé sexuel. Maintenant, je sais que je suis un amateur d’art. » (Guy Marchand, 2006).




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L’acteur mais aussi chanteur Guy Marchand fête son 85e anniversaire ce dimanche 22 mai 2022. J’aime beaucoup les films avec Guy Marchand qui est plus singulier et moins commun que son patronyme laisse entendre. Il y a d’ailleurs une sorte de prédestination à s’appeler marchand et à avoir le profil du bon commercial beau parleur.

Au départ, Guy Marchand était un chanteur, un vrai (qui a sorti une vingtaine d’albums en plus d’une cinquantaine d’années de carrière), aimant le jazz, jouant du piano, de la clarinette et du saxophone, mais à l’arrivée, cette satanée chanson "Destinée" lui a collé à la peau depuis plus de quarante ans ! Et ses spectateurs aussi sont pollués par cette chanson aussi insistante dans le cerveau que le Boléro de Ravel.

"Destinée", à l’origine, devait n’être qu’une parodie de chanson pourrie. De chanson de "variétés", justement le genre dont a horreur Guy Marchand. Avec Philippe Adler, il a écrit cette chanson sans queue ni tête et il l’a chantée selon la composition de Vladimir Cosma, compositeur très célèbre des films français des années 1970 et 1980. Pour marquer la parodie mélodique, Vladimir Cosma avait repris "L’été indien" de Joe Dassin, mais à l’envers.

C’était pour le film comique "Les Sous-Doués en vacances" de Claude Zidi (sorti le 10 mars 1982) et devait servir de refrain stupide pour le personnage de Guy Marchand, à savoir Paul Memphis, star de la chanson qui fait inventer par un assistant le "love computer" qui est sans doute la première machine à matcher (savoir si deux personnes sont compatibles en amour, les sites de rencontres utilisent ce type de procédé avec plus ou moins de succès, peut-être inspirés directement du film !).

Manque de pot, la chanson "Destinée" a été non seulement un succès par le succès du film, mais un succès de chanson à part entière, au point d’y associer systématiquement Guy Marchand à son grand désespoir. Peut-être comme il a pu être associé presque exclusivement à son personnage de "Nestor Burma" dans la très longue série policière dont il est le héros (diffusée sur Antenne 2/France 2 de septembre 1991 à novembre 2003). C’était l’époque où les acteurs "de second plan" prenaient leur premier rôle dans une série (plutôt policière mais pas toujours), il y en a eu beaucoup qui sont tombés dans cette facilité (sans être exhaustif : Victor Lanoux, Roger Hanin, Pierre Arditi, Thierry Lhermitte, Jean Richard, Bruno Cremer, Anny Duperey, Bernard Le Coq, Victoria Abril, Xavier Deluc, Pierre Mondy, etc.). Avant la série, Guy Marchand avait déjà joué au cinéma dans "Nestor Burma, détective de choc" de Jean-Luc Miesch (sorti le 14 avril 1982), avec Michel Serrault dans le rôle de Burma.

Pourtant, Guy Marchand est très loin des seuls "Destinée" et "Nestor Burma". Il est un grand acteur de second rôle dans de nombreux films. Il a eu un César du meilleur acteur dans un second rôle en 1982 pour "Garde à vue" et quatre nominations.

Évoquons quelques-uns de ces films où il a apporté son éclat particulier. "Garde à vue", donc, évidemment, l’excellent film de Claude Miller (sorti le 23 septembre 1981) où Guy Marchand joue un inspecteur de police, celui qui seconde Lino Ventura, tous les deux de permanence au poste de police pendant la nuit de Noël, en train d’interroger Michel Serrault, un notable de la ville, vaguement soupçonné d’aimer les petites filles, avec Romy Schneider dans le rôle de l’épouse de ce dernier (la petite fille de 7 ans est interprétée par la future chanteuse Elsa Lunghini).

Auparavant, il y avait "Tendre poulet" de Philippe de Broca (sorti le 18 janvier 1978), une comédie policière et aussi une histoire de retrouvailles entre la commissaire Annie Girardot et le professeur anti-police Philippe Noiret, et Guy Marchand est aussi commissaire, une sorte de rival d’Annie Girardot, et où sévissent aussi le drôle Hubert Deschamps, Roger Dumas, Catherine Alric, Georges Wilson, etc.

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Plus généralement, il est présent dans de nombreux films de comédie française des années 1970 et 1980. Ses rôles sont parfois très noirs, mais lui s’en moque dès lors que le réalisateur lui laisse un peu de liberté : « Je peux jouer un serial killer, un salaud, un connard, mais je veux pouvoir le sauver, du moins à mes yeux. » (2016).

On peut encore citer "Loulou" de Maurice Pialat (sorti le 3 septembre 1980) où il est le mari d’Isabelle Huppert et se fait "cocufier" par Gérard Depardieu ; "Coupe de foudre" de Diane Kurys (sorti le 6 avril 1983) aux côtés de Miou-Miou, Isabelle Huppert et Jean-Pierre Bacri ; "Noyade interdite" de Pierre Granier-Deferre (sorti le 2 décembre 1987) où il joue le rôle d’un inspecteur qui vient court-circuiter l’enquête de son collègue Philippe Noiret (avec aussi Marie Trintignant, Élizabeth Bourgine, Suzanne Flon, etc.) ; et "Dans Paris" de Christophe Honoré (sort le 4 octobre 2006), avec Romain Duris, Louis Garrel et Marie-France Pisier (Guy Marchand y joue avec Marie-France Pisier les parents des deux premiers).

Acteur populaire, chanteur, Guy Marchand aussi à ses heures perdues romancier, et son premier roman, c’est son autobiographie ("Le Guignol des Buttes-Chaumont", chef Michel Lafon, en 2007). Six autres ouvrages ont suivi avec le sens de la formule, comme cette description-ci dans "Calme-toi, Werther ! " (éd. Ginkgo, 2014) : « Rien de plus triste qu’un homme seul vieillissant qui fait ses courses, en hésitant sur les courgettes et les concombres, les oignons et les échalotes, ça se ressemble tellement ! Pourquoi ne pas donner des croquettes aux vieux célibataires avec tout ce qu’il faut dedans comme pour un vieux chien, ça serait plus pratique. ».

À l’époque où il a écrit ces lignes, peut-être pensait-il à lui car s’il est toujours marié avec une tendre mannequin, celle-ci vit loin de lui depuis 2013 (à Berlin) et a refait sa vie sans divorcer. Il se dit qu’il vit une belle histoire d’amour depuis 2006, avec une conception un peu élargie du couple à cause des quarante années qui les séparent : « Elle a droit à autre chose, j’adore ses enfants… Moi, je ne pouvais pas lui en faire. (…) Je ne peux pas lui demander de rester avec moi à mon âge ! Elle m’appelle trois fois par jour, elle vient passer trois mois ave moi en été, un mois en hiver. Je la garderai jusqu’à la dernière seconde. » (8 novembre 2019). Et contrairement à beaucoup de ses personnages au cinéma, il est loin d’être un machiste : « J’ai une femme de 42 ans et j’en ai 82. J’adore cette femme. Vous savez, les mecs qui disent "ma femme" sont des idiots qui vont avoir des surprises. ».

Et sa femme si éloignée, il l’a sublimée en 2016 : « Coucher avec une femme intelligente, c’est plus enrichissant. Les histoires de QI avec celles-ci ont fait progresser le mien… La femme que j’ai épousée a deux professorats, une thèse sur la littérature française, et peut s’exprimer en chinois mieux que moi dans toutes les langues, y compris ma langue maternelle. ».

Malgré cet amour par procuration (ou par Teams ?), je souhaite à Guy Marchand de vivre encore de très belles années devant lui, intenses en émotion et fascinantes en art.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (21 mai 2022)
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Pour aller plus loin :
Guy Marchand.
Vangelis.
Renaud.
Christian Clavier.
Virginie Efira.
Jacques Perrin.
Michel Blanc.
Michel Bouquet.
Patrick Chesnais.
Jean Roucas.
Z.
Michel Sardou.
Michel Jonasz.
Jane Birkin.
Philippe Noiret.
Jean Amadou.
Shailene Woodley.
Gérard Jugnot.
Alain Delon.
Alfred Hitchcock.
Brigitte Bardot.
Charlie Chaplin.

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21 mai 2022 6 21 /05 /mai /2022 03:49

« La mythologie, la science et l’exploration spatiale sont des sujets qui me fascinent depuis ma plus tendre enfance. Et ils ont toujours été liés, d’une manière ou d’une autre, à la musique que j’écris. » (Vangelis).





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Le musicien et compositeur grec Vangelis, de son vrai nom Evangelos Odysséas Papathanassiou, est mort à Paris le 17 mai 2022 à l’âge de 79 ans (il est né le 29 mars 1943). Il était hospitalisé pour une insuffisance cardiaque des suites du covid-19. Avec l’Oscar de la  meilleure musique de film obtenu il y a quarante ans pour "Les Chariots de feu", Vangelis a acquis une grande renommée dans le domaine de la musique de films, mais pas seulement.

À l’instar de Jean-Michel Jarre, et aussi, dans une moindre mesure, de Pierre Henry (qui utilisait un autre "type d’instrument"), Vangelis était un compositeur pour musicien solitaire. Son art plaçait l’électronique au cœur du système, avec le synthétiseur. Il a composé de très nombreuses musiques pour différentes œuvres, des films, des documentaires (par exemple, de Frédéric Rossif et de Jacques-Yves Cousteau), des séries télévisées, etc., mais aussi pour des grands organismes, la NASA, l’ESA, la FIFA, etc.

Pour lui rendre hommage et se remémorer les principales musiques qui ont fait sa célébrité, je propose ici plusieurs œuvres dont certaines un peu plus singulières.

Vangelis a composé la musique du film d’Henry Chapier "Sex Power" en 1970 (dans lequel jouent Jane Birkin et Bernadette Lafont). Ce fut sa première œuvre hors d’un cadre collectif (il était auparavant dans un groupe qui s’est séparé en 1972, avec notamment Demis Roussos).





Il a aussi composé la bande originale du documentaire de Frédéric Rossif "L’Opéra sauvage" en 1979, pendant sa période électro-acoustique.





"Odes" est un album de musique traditionnelle grecque réalisé en 1979 par Vangelis avec la participation de l’actrice et chanteuse Irène Papas. Cette dernière a joué un des rôles principaux dans "Z" de Costa-Gavras (elle a aujourd’hui plus de 95 ans et demi, mais malheureusement, elle est très malade depuis une dizaine d’années).





Vangelis a aussi composé le thème musical de l’excellente série télévisée "Cosmos" réalisée et présentée par l’astrophysicien Carl Sagan en 1980. En fait, il a repris des morceaux issus de son album "Heaven and Hell" enregistré en 1975.





La consécration, après une décennie de travail acharné, fut la bande originale du film de Hugh Hudson "Les Chariots de feu" en 1981, qui lui a valu un Oscar.





Bien implanté dans le milieu du cinéma, Vangelis allait composer de nombreuses musiques de film. Le réalisateur Costa-Gavras a fait appel à lui pour "Missing" en 1982, un film engagé qui évoque la disparition d’un journaliste au Chili.





Ensuite, toujours en 1982, ce fut la musique du film de Ridley Scott, "Blade Runner".





En 1983, le musicien a accompagné le film japonais de Koreyoshi Kurahara, "Antartica" qui retrace l’histoire de chiens abandonnés dans une base en Antarctique qui ont su répondre tout seuls à la faim et au froid.





Autre production très célèbre de Vangelis, la bande originale d’un autre film de Ridley Scott "1492, Christophe Colomb" qui sort 500 ans après la découverte de l’Amérique, en 1992, avec Gérard Depardieu dans le rôle principal.





En 1992, il a aussi composé la bande originale du film de Roman Polanski "Lune de fiel" (avec Hugh Grant, Emmanuelle Seigner et Kristin Scott Thomas), mais je n’ai pas retrouvé d’enregistrement original.

La FIFA a commandé à Vangelis l’hymne de la Coupe du monde de football de 2002, qui se déroulait au Japon et en Corée du Sud.





En 2016, Vangelis a composé pour Rosetta, la sonde qui a ausculté la comète Tchouri.





Son dernier album fut "Juno to Jupiter" produit en 2021.





Ci-dessous, un extrait où Vangelis interprète sa composition. Il ressemblait ainsi un peu à Pierre Henry dans la manière de jouer, sauf que Pierre Henry ne pianotait pas sur un synthétiseur mais sur une table de mixage pour envoyer les très nombreuses "notes" qu’il avait lui-même créées.





Je termine sur ce "best off", un album qui reprend les plus grands succès de Vangelis.





Bon voyage interstellaire, mister Vangelis !


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (19 mai 2022)
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Pour aller plus loin :
Vangelis.
Nicholas Angelich.
Joséphine Baker.
Léo Delibes.
Ludwig van Beethoven.
Jean-Claude Casadesus.
Ennio Morricone.
Michel Legrand.
Francis Poulenc.
Francis Lai.
Georges Bizet.
George Gershwin.
Maurice Chevalier.
Leonard Bernstein.
Jean-Michel Jarre.
Pierre Henry.
Barbara Hannigan.
György Ligeti.
Claude Debussy.
Binet compositeur.
Pierre Boulez.
Karlheinz Stockhausen.

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9 mai 2022 1 09 /05 /mai /2022 03:10

« C’est épuisant de passer ses jours et ses nuits à repenser à son enfance et à son adolescence. Chaque année qui passe, la nostalgie se rapproche. » (Renaud, entretien avec Didier Varrod, le 22 novembre 2010).



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Le chanteur Renaud fête son 70e anniversaire ce mercredi 11 mai 2022, et pour l’occasion, il fait un concert spécial sur la scène du Dôme de Paris, la veille, retransmis à la télévision, sur France 2, où il chante plusieurs titres de son nouvel album "Métèque" sorti le 6 mai 2022.

Renaud fait partie de ces artistes monuments de la chanson française, par sa qualité et par sa quantité, par sa durée aussi : plus de 20 millions de disques vendus, 27 albums sortis, une carrière qui a plus de cinquante ans et 6 Victoires de la Musique (en 1994, 2001, 2003 et 2017), sans compter d’autres grandes récompenses (comme le Grand prix de l’Académie Charles-Cros en 1991, la Grande médaille de la chanson française décernée en 2004 par l’Académie française et le Grand prix de la SACEM en 2018). Des centaines (voire des milliers ?) de concerts partout en France et ailleurs, un initiateur de mode (verlan, tontonmania, argot, jeunes de banlieues, etc.).

Cela fait depuis près de cinq décennies que le chanteur Renaud (Renaud Séchan) envahit les médias, les plateaux de télévision et même, parfois, les salles de cinéma (il a notamment joué Étienne Lantier aux côtés de Miou-Miou, Gérard Depardieu et Jean Carmet dans "Germinal" de Claude Berri sorti le 29 septembre 1993).

Dans les années 1980, Renaud m’agaçait, il m’énervait (il se disait lui-même "le chanteur énervant") avec ses leçons de morale à deux balles, un ton de voyou alors qu’il semblait issu des beaux quartiers, ses soutiens à SOS-Racisme et à toute cette gauche généreuse et dégoulinante de bonne conscience très en vogue à l'époque.

Avec sans doute le sommet lors de son invitation dans l’émission politique phare d’Anne Sinclair, "Sept sur Sept" le 26 septembre 1993, où, prenant le costume d’un spécialiste en géopolitique (il y en a d’autres en ce moment avec l’Ukraine), il a apporté son grain de sel sur la guerre civile en ex-Yougoslavie. Sans complaisance mais avec tendresse, la journaliste vedette l’avait alors présenté comme « un homme à la fois engagé et distant, révolté et naïf, mais toujours poète et émouvant (…), chanteur en colère ou chanteur rêveur (…), un provocateur mais (…) aussi un grand timide (…), ce qui reste d’une éducation protestante ».





En fait, Renaud n’avait pas du tout eu envie d’intervenir à "7 sur 7", mais il devait faire le service après-vente de "Germinal" qui sortait quelques jours plus tard.

Chroniqueur de "Charlie Hebdo", le chanteur-acteur avait alors exprimé son désarroi et ses propres réticences dans le journal satyrique le 22 septembre 1993 : « Vous avez déjà eu sur vos épaules la responsabilité de vous exprimer devant plusieurs millions de téléspectateurs ? Vous savez ce que c’est que cette peur qui vous prend quand le rouge s’allume, quand les projecteurs vous isolent dans leur lumière sans merci, quand une ribambelle de photographes vous mitraillent quelques minutes avant le coup d’envoi, quand, avec la certitude qu’on vous livre au jugement impitoyable ou complaisant de vos contemporains, on vous demande de vous adresser à travers les questions de la dame à des gens qui vous aiment et que vous avez peur de décevoir, à d’autres qui vous détestent et qui espèrent tellement vous voir vous planter… ? (…) L’impossible ambition qui voudrait qu’en quarante minutes, je parle de moi, de mes engagements, de mes convictions, de Germinal et de l’actualité du monde avec intelligence et cohérence ? J’ai bien peur de ne pas être l’homme de communication idéal pour mener à bien cette périlleuse entreprise. ».

Et puis mon énervement s’est petit à petit transmuté en admiration. Ses engagements, aussi naïfs soient-ils, valent bien mieux que le cynisme de bien des bateleurs d’estrades médiatiques.

Ses failles, l’alcool, la dépression, cette irrésistible mélancolie, ses deuils permanents quand ses amis s’en vont inopinément (et ils ont été nombreux, Pierre Desproges, Coluche, Serge Gainsbourg, Patrick Dewaere, Georges Brassens, Frédéric Dard, etc.), sa spontanéité, et même, plus grave, les attaques de la presse poubelle, pourrie jusqu’à la moelle, dont il a été victime (un jour, il y a cinq à dix ans, j’avais vu sur la couverture d’une revue ce titre qui ne m’a pas fait envie de la lire, qui disait en substance : "Renaud, ses derniers jours avant de mourir")…

Et puis ce superbe dimanche midi, très ensoleillé, en mars 2007, je l’ai croisé par hasard à la Pépinière de Nancy (le grand parc du centre-ville), il était accompagné de sa compagne et de leur enfant (moins d’un an, dans la poussette), comme un couple ordinaire profitant calmement du retour des beaux jours, à peine gêné par quelques admirateurs déboussolés qui se demandaient si "c’était bien lui"… (le lendemain d’une émission populaire avec Michel Drucker depuis l’ancienne capitale des ducs de Lorraine).

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Alors, comme Renaud fait partie du patrimoine national de la France, à défaut encore de faire partie du patrimoine de l’humanité, je propose ici quelques chansons qui ont fait sa réputation, principalement du début des années 1980, mais aussi deux beaucoup plus récentes, l’une pour répondre à tous ses détracteurs, ces journaux de la presse poubelle, pour dire qu’il est "toujours bien vivant", et la dernière issue de son dernier album. Les textes et la composition de la plupart sont de lui, ou parfois en collaboration avec ses amis comme Franck Langolff, Michaël Ohayon et Jean-Pierre Goude, et avec parfois des inspirations de Boris Vian, Hugues Aufray, etc.

Les vidéos présentées sont très fréquentées, parfois par plusieurs millions d’internautes dont des dizaines de milliers ont réagi, exprimé souvent leur émotion, souvenirs, admiration, ce qui confirme la très grande popularité du chanteur Renaud. L’un de ces internautes évoquent l’origine de la chanson "Mistral gagnant" : « En promenant sa fille, Renaud se rend compte que tous ces bonbons ont disparu : il voudrait les lui faire découvrir, on devine qu'il a cherché dans les magasins, mais les commerçants lui expliquent que "ça ne se fait plus"... D'où la fin : "Le temps est assassin et emporte avec lui les rires des enfants... et les Mistral Gagnant". Renaud, désabusé, a perdu son rire d'enfant, et il ne retrouvera plus les saveurs de son enfance, mais il veut malgré tout continuer à aimer la vie. C'est une histoire très simple, mais sublime, parfaitement racontée, sur une musique magique qui exhale toute la pureté de l'enfance. S'il n'y avait qu'un disque de chansons pour le monde entier, "Mistral Gagnant" y aurait sûrement sa place. ».



1. "Laisse béton" (1977)






2. "Marche à l’ombre" (1980)






3. "Dans mon HLM" (1980)






4. "Les aventures de Gérard Lambert" (1980)






5. "Viens chez moi, j’habite chez une copine" (1981)






6. "Dès que le vent soufflera" (1983)






7. "Morgane de toi" (1983)






8. "Déserteur" (1983)






9. "Mistral gagnant" (1985)






10. "Fatigué" (1985)






11. "Morts les enfants" (1985)






12. "Triviale poursuite" (1988)






13. "Toujours debout" (2016)






14. "Si tu me payes un verre" (2022)






Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (07 mai 2022)
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Pour aller plus loin :
Renaud.
Michel Sardou.
Michel Jonasz.
Patricia Kaas.
Kim Wilde.

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6 mai 2022 5 06 /05 /mai /2022 03:14

« Les acteurs sont plus humbles et désintéressés qu’on veut bien les dépeindre. Nous connaissons nos limites et savons que nous ne sommes pas bons dans tout. Or, quand on se présente au public, il faut être au top. » (Christian Clavier, "Le Point" du 16 février 2018).



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Comme l'ont fait récemment ses complices du Splendid, en particulier Gérard Jugnot et Michel Blanc, l’acteur Christian Clavier fête son 70e anniversaire ce vendredi 6 mai 2022. Soixante-dix ans et toujours des rides de fous rires… même si ceux-ci ne sont pas forcément toujours des plus subtils.

Au contraire de ses amis "bronzés" (Michel Blanc, Josiane Balakso, Gérard Jugnot), Christian Clavier n’a pas viré en réalisateur (sauf pour un film, lire plus loin) et est resté acteur de cinéma, surtout dans la comédie française qui s’exporte bien. Il a certes tourné dans certains films historiques ou dramatiques, comme "Napoléon" (diffusé à partir du 7 octobre 2002) d’Yves Simoneau, dans le rôle de l’empereur (avec John Malkovich en Talleyrand et Gérard Depardieu en Fouché), et "Les Misérables" (diffusé à partir du 4 septembre 2000), la version de Josée Dayan, dans le rôle de Thénardier (avec Gérard Depardieu en Jean Valjean, John Malkovich en Javert et Virginie Ledoyen en Cosette), ces deux productions pour la télévision, et encore "Sac de billes" (sorti le 18 janvier 2017) de Christian Duguay d’après le roman de Joseph Joffo, dans un rôle secondaire, mais la plupart de ses films sont des comédies populaires plus ou moins subtiles, parfois des navets mais aussi certaines de très grandes réussites.

Malgré ses grands succès populaires, Christian Clavier n’a pas été particulièrement récompensé par sa profession : un César anniversaire spécial et collectif du bout des lèvres pour le Splendid en 2021, et deux nominations en 1994 pour "Les Visiteurs", meilleur acteur et meilleur scénario original. C’est peu quand on regarde ce qu’il a tourné.

La fiche Wikipédia présente Christian Clavier ainsi : « Acteur très populaire, il est le seul, toutes générations et nationalités confondues, à être en tête d’affiche de quatre films ayant atteint plus de dix millions de spectateurs dans le box-office français, à savoir "Les Visiteurs" (1993), "Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre" (2002), "Les Bronzés 3" (2006) et "Qu’est-ce qu’on a fait au bon dieu ?" (2014). ».

Et le site note également à propos du box-office français de tous les temps : « Parmi les acteurs français avec le plus de films dans ce top 100, on retrouve Christian Clavier (7), Louis de Funès (6), Gérard Depardieu et Michel Galabru (5), etc. ». Il est qestion du top 100 des films ayant eu le plus de spectateurs, et le 100e ("Les Trois Frères") ont eu 6,9 millions de spectateurs en salle (tous les autres sont donc au-dessus).

Et justement, je me demandais à quel(s) acteur(s) pouvait être comparé Christian Clavier, et il m’en est venu deux à l’esprit. Gérard Depardieu, car il est partout depuis presque cinquante ans, un grand nombre de films, des bons et des moins bons, avec une continuité dans la boulimie et même une transformation physique (relativement ordinaire chez les hommes qui ont réussi et ne font pas attention !). Et puis, il y a évidemment Louis de Funès, car Christian Clavier joue aussi avec ses mimiques, bien particulières, très claviériennes, et comme De Funès et comme Depardieu, Clavier joue du Clavier et c’est difficile d’avoir un autre personnage, même s’il peut être décliné en Napoléon, Thénardier, Astérix, etc.

Du reste, Christian Clavier aurait adoré joué avec Louis de Funès. Quelques semaines avant sa mort, Louis de Funès est venu assister à la pièce "Papy fait de la résistance" de Christian Clavier et Martin Lamotte (créée le 6 novembre 1981), en compagnie du producteur Christian Fechner. L’idée était de tourner l’adaptation de cette pièce au cinéma, avec Louis de Funès dans le rôle du Papy ou du demi-frère d’Hitler (rôles qui furent finalement donnés à Michel Galabru et Jacques Villeret, en raison de la mort du comique). Louis de Funès souhaitait tourner avec de jeunes talents, comme il l’avait fait dans "L’aile ou la cuisse" de Claude Zidi (sorti le 27 octobre 1976) avec Coluche.

Dans "Le Point" du 16 février 2018, Christian Clavier a raconté à Jérôme Béglé : « Dans le hall du Théâtre du Splendid, il nous campe en trois minutes sa version du Feldmarschall Ludwig von Apfelstrudel, complètement cauteleux et les pieds entravés. Je le revois avec son loden vert et ses yeux d’un bleu intense, j’étais fasciné. ». Christian Clavier et Martin Lamotte avaient écrit le rôle du Papy inspirés par l’épicier Jambier joué par Louis de Funès dans "La Traversée de Paris" (sorti le 26 octobre 1956) de Claude Autant-Lara.

S’il admire beaucoup Louis de Funès, Christian Clavier trouverait trop flatteur de se revendiquer son héritier : « Je serais incapable de jouer le personnage du "Corniaud". J’incarne des personnages à défauts, mais ce ne sont pas les mêmes défauts. Je ne joue pas les veules, les méchants qui rabaissent violemment leurs subordonnés ; j’aurais pu jouer à peu près tous les rôles de Fernandel, mais pas ceux de Louis. On a dit cela de moi parce que j’ai eu la chance de faire des films à succès qui m’ont apporté une grande notoriété (…). On me reproche aussi de ne pas suffisamment changer de genre, de personnage. ».

Et quand on a reproché à Louis de Funès de jouer toujours le même rôle, Christian Clavier s’emporte un peu : « La tarte à la crème du métier est de dire qu’il faut "prendre des risques". Le succès pose un tel problème qu’il faudrait soi-même le détruire pour se donner de la valeur artistique. Quelle ânerie ! On ne peut pas aller contre sa nature de jeu et de son emploi. Il savait exactement là où il était le meilleur. Il n’avait pas avec le public, un rapport de complaisance ou d’argent, mais de plaisir. ».

Christian Clavier interprète le succès populaire de Louis de Funès ainsi : « Louis de Funès laisse sortir la dimension enfantine que nous avons en chacun de nous. Les peurs, les énervements, les colères qu’il parvient à nous faire partager viennent de cette enfance. Et c’est parce qu’il fait appel à notre enfance, c’est-à-dire à ce qu’il y a de plus pur et de plus intangible en nous, qu’il touche les générations et que ses prestations sont indémodables. ».

Effectivement, quel est au juste ce personnage si amusant que Christian Clavier s’est façonné au fil du temps depuis "Les Bronzés" ? En fait, à peu près la même recette que Louis de Funès à la différence près que ce dernier est un dominateur et Christian Clavier plutôt un dominé. C’est une personnage plutôt négatif : lâche, maniaque, douillet, peureux, inapte au changement et au modernisme, ringard, obséquieux, coincé, un peu distrait, narcissique, rarement méchant mais souvent mesquin, radin… avec une situation sociale plutôt aisée mais d’un caractère faible. Le ressort comique vient justement qu’il est bien "établi" dans la vie et que les circonstances de l’histoire le bousculent. C’est donc un personnage récurrent quand Clavier fait du Clavier, mais cela ne l’empêche pas de jouer d’autres personnages, moins claviériens et plus historiques.

J’ai cité Napoléon et Astérix car c’est symptomatique, mais grand amateur de la bande dessinée des regrettés Goscinny et Uderzo, je n’ai pas trouvé pertinent le choix de Christian Clavier pour Astérix, j’aurais pris sans hésiter Jamel Debbouze (la taille et la hargne conviendraient), qui m’a confirmé dans cette idée dans "Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre" d’Alain Chabat, où le personnage de Numérobis l’architecte, joué par Jamel Debbouze, domine de loin le reste des personnages avec une pâle figure d’Astérix en retrait et très téléphoné (en revanche, Obélix en Gérard Depardieu est un excellent choix auquel je n’aurais jamais pensé si j’avais eu à y penser !). Cela dit, pour les bandes dessinées, le rôle du comte Pacôme de Champignac dévolu à Christian Clavier dans "Les aventures de Spirou et Fantasio" (sorti le 21 février 2018) d’Alexandre Coffre, paraît très judicieux (toutefois, le film a été un grand échec commercial).

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Parmi les très nombreux films, on doit évidemment citer, au-delà des premiers succès du Splendid, "Les Visiteurs" (sorti le 27 janvier 1993) de Jean-Marie Poiré, en complicité avec Jean Reno et Valérie Lemercier. Le premier opus est particulièrement intéressant (au contraire des suivants) car innovant et surprenant, même si les cris cultes de Christian Clavier (entre autres, le fameux "okaaaay !" et "qu’est-ce que c’est que ce binz ?" probablement répétés des millions de fois dans les cours de récréation) ont pu agacer. Il a participé au scénario et dialogues de plusieurs films dans lesquels il a joué et en particulier "Les Visiteurs".

Son duo avec Jean Reno n’était pas nouveau, une équipe qui gagne dans "L’opération Corned-Beef" (sorti le 6 février 1991) de Jean-Marie Poiré, puis poursuivie avec "L’enquête corse" (sorti le 6 octobre 2004) d’Alain Berberian, une adaptation de la célèbre bande dessinée de Pétillon, et "On ne choisit pas sa famille" (sorti le 9 novembre 2011), le seul film que l’acteur a réalisé lui-même (après le refus de Jean-Marie Poiré) et qui fut un échec commercial (traitant de sujets pourtant sociétaux importants, comme l’adoption d’un enfant en Asie, l’homosexualité féminine, etc. mais il faut bien admettre que le film était plutôt décevant). Cet échec a sans doute dissuadé Christian Clavier de continuer comme réalisateur.

Malgré ses très gros succès qui font de lui l’acteur français le plus apprécié de tous les temps, Christian Clavier suscite aussi des passions négatives, peut-être en raison de sa proximité avec Nicolas Sarkozy qu’il a soutenu en 2007 et 2012 (il était au Fouquet’s invité avec son ancienne compagne pendant plus de trente ans, Marie-Anne Chazel). On lui a reproché aussi d’avoir fait mobiliser exagérément les forces de l’ordre pour protéger sa villa en Corse.

Contrairement à une rumeur, Christian Clavier n’était au lycée dans la même classe que Nicolas Sarkozy. Il l’a connu bien plus tard, en 1993, alors que le futur Président était déjà maire de Neuilly-sur-Seine et ils sont devenus de grands amis au point que cela lui fut reproché, si bien qu’il a préféré aller vivre à Londres pendant quelques temps pour couper court aux critiques et éviter cet harcèlement (et d’un point de vue fiscal, il a eu tout faux car il paie dans les deux pays). À l’origine de cette amitié, un malheur, la mort du père de Christian Clavier, un médecin ORL de Neuilly-sur-Seine qui avait disparu : « Christian a demandé de l’aide à la mairie. Peu de temps après, son père a été retrouvé dans son véhicule, mort d’une crise cardiaque. C’est ce drame qui a rapproché Christian de Sarkozy, et non ses opinions politiques. » (dixit Josiane Balasko).

En fait, c’est François Hollande qui aurait été son camarade de lycée, en terminale (Christian Clavier a eu son baccalauréat avec la mention très bien), et ils se sont retrouvés dans la même promo à l’IEP de Paris (Science Po) dont ils ont partagé la première année. Mais appelé à sa vocation de comédien, Christian Clavier a rapidement quitté son destin de futur ministre au profit de comédien, ce qui lui permettrait de jouer le rôle de ministre. Devenu Président de la République, François Hollande a expliqué en mai 2014 : « Christian Clavier a le talent du sarcasme, de l’ironie, de la moquerie, toujours drôle, sans jamais être blessant. Son film est une bonne nouvelle, la preuve que la France peut rire d’elle-même, de ses travers et qu’elle est capable de rassembler autour d’un rire de tolérance. ». Il parlait du film "Qu’est qu’on a fait au bon dieu ?" (sorti le 16 avril 2014) de Philippe de Chauveron, qui fut un énorme succès (12,4 millions d’entrées en salles).

Parmi ses derniers films, on peut en citer notamment deux, des comédies. Il y a "À bras ouvert" (sorti le 5 avril 2017) de Philippe de Chauveron, qui est une comédie bien menée qui se moque des intellos bobos qui demandent qu’on accueille des SDF ou des Roms chez soi (l’acteur joue un tel intellectuel qui a dû s’appliquer à lui-même cette générosité prônée, non sans difficultés, en particulier familiales), une histoire qui fait penser à celle du film du réalisateur Alexandre Leclère dans "Le grand partage" (sorti le 23 décembre 2015), dans sa version appartement au lieu de maison avec jardin, et sans l’aspect de la contrainte gouvernementale.

Il y a aussi "Momo" (sorti le 27 décembre 2017), réalisé par Vincent Lobelle et Sébastien Thiéry, une adaptation de la pièce de ce dernier qui joue aussi dans ce film, où Christian Clavier et Catherine Frot reprennent au cinéma les rôles de François Berléand et Muriel Robin au théâtre, un couple sans enfant qui découvre un invraisemblable enfant de lui. Plusieurs comédies récentes que Christian Clavier a jouées sont des adaptations de pièces de théâtre (c’est le cas aussi de "Une heure de tranquillité" de Patrice Leconte, sorti le 31 décembre 2014).


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (05 mai 2022)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Guy Marchand.
Christian Clavier.
Virginie Efira.
Jacques Perrin.
Michel Blanc.
Michel Bouquet.
Patrick Chesnais.
Jean Roucas.
Z.
Michel Sardou.
Michel Jonasz.
Jane Birkin.
Philippe Noiret.
Jean Amadou.
Shailene Woodley.
Gérard Jugnot.
Alain Delon.
Alfred Hitchcock.
Brigitte Bardot.
Charlie Chaplin.

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https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20220506-christian-clavier.html

https://www.agoravox.fr/culture-loisirs/culture/article/christian-clavier-acteur-majeur-241402

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2022/05/01/39458958.html














 

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5 mai 2022 4 05 /05 /mai /2022 02:57

« Le vrai danger, me semble-t-il, c’est l’immobilité. Reproduire un petit endroit confortable. Ça peut être dangereux pour la santé mentale. » (Virginie Efira, octobre 2018).




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L’actrice Virginie Efira fête son 45e anniversaire ce jeudi 5 mai 2022. Née Belge et devenue Française, j’ai découvert cette actrice (c’est elle qui est née et devenue, pas moi !) en regardant le très beau film d’Éric Besnard "Le Goût des merveilles" (sorti le 16 décembre 2015).

Cela aurait pu être une comédie sentimentale comme les autres… mais non, grâce à Virginie Efira et à son "partenaire" Benjamin Lavernhe (qui joue un homme atteint d’autisme), ce film sent le vrai, le sincère, le calme, le doux, le subtil, le complexe.. Rien de téléphoné, des thèmes importants de société peu souvent abordés (la vision de la société sur les personnes atteintes d’autisme, leur richesse, mais aussi les reconversions dans l’agriculture, le risque du gel au début du printemps et les moyens d’éviter la désastre, etc.).

Bien sûr, elle a un visage de poupon, bâtie comme une star du cinéma ou du mannequinat, ce qui reste assez commun au cinéma, mais Virginie Efira a aussi deux caractéristiques qui lui sont propres : une sorte de candeur, de légèreté à peine perceptible, et surtout, cette solidité qu’on pourrait sentir en elle, un roc, un profil de manager, de femme responsable, qui contrôle les événements, qui anticipent, qui sait où aller, une personne à la charge mentale forte, un trait probablement renforcé par son passé d’animatrice de télévision.

Car c’est aussi une actrice sur le tard, qu’elle regrette d’ailleurs, elle a commencé assez tard de faire du cinéma (encore que tout est une question de relativité, car cela fait plus d’une quinzaine d’années qu’elle est dans le métier, elle n’avait pas 30 ans quand elle a commencé), mais elle a passé son début de vie professionnelle principalement à la télévision, d’abord belge puis française (M6 puis Canal+) entre 1998 et 2009, comme présentatrice d’émissions télévisées, métier qu’elle ne souhaite plus du tout faire. Elle a fait aussi un peu de théâtre, mais sa notoriété, elle la doit surtout d’avoir présenté "Nouvelle Star" sur M6 (à la suite de Benjamin Castaldi).

Cette notoriété, bien sûr, c’est plus facile pour faire du cinéma après. Même toute petite, elle a toujours rêvé de faire du cinéma mais elle avait trop la trouille d’en faire, alors, elle s’est penchée sur la télévision. L’avantage, c’est qu’elle n’a pas eu des premiers rôles "ultrasexués". Elle a d’ailleurs souvent des rôles de femmes à la situation compliquée et qui sont avec des hommes "diminués".

Autodérision, doute sur elle-même, dépréciation, timidité, complexe d’infériorité auprès des réalisateurs, elle manie souvent ce genre de choses tout en restant positive et très ambitieuse, c’est cela qui fait sa force, cette ambivalence qui peut surprendre. L’actrice l’affirme : « Je suis du genre à conclure des pactes faustiens. Je tords le trac en diminuant ou dévalorisant l’enjeu d’un film ou d’une rencontre, même en amour. ».

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Il y a aussi une autre valeur ajoutée chez Virginie Efira l’authentique, c’est qu’elle choisit ses films. Ou plutôt, elle a eu la chance d’être "bien" servie. À ma connaissance (mais je peux me tromper), elle n’a joué dans aucun navet (jouer dans un navet n’est pas un problème en lui-même, Jean Rochefort le justifiait pour des raisons alimentaires, ses passe-temps étant très coûteux, et un bon acteur dans un mauvais film permet quand même "relever la sauce", le film aurait pu être bien pire).

Alors, certes, elle a surtout commencé dans du cinéma populaire parce qu’une actrice venant des métiers de la télévision s’y acclimate mieux selon les producteurs et les réalisateurs, mais elle a aussi eu la chance de séduire dans le cinéma d’auteur. De même, au-delà de la comédie sentimentale, elle a pu faire ses preuves dans le dramatique, notamment avec l’excellent film de Justine Triet "Victoria" (sorti le 12 mai 2016), où Virginie Efira, le personnage principal, est une avocate un peu dépassée par les nombreux événements de sa vie personnelle, élevant seule ses deux enfants, et elle se retrouve à défendre un de ses amis accusé d’avoir blessé une femme.

Selon Toma Clarac, c’est « assurément son rôle le plus accompli, le plus dense, parce qu’il est à la fois le plus léger et le plus grave ». Dans ce film, lui aussi très authentique, on y trouve de nombreux thèmes contemporains, la dépression, le vide affectif, la protection de la vie privée, les blogs sur Internet, etc. Le scénario est conforté par un jeu d’acteurs plein de justesse. Elle a récidivé avec Justine Triet dans "Sibyl" (sorti le 24 mai 2019) où elle joue la psychothérapeute qui utilise une de ses patientes comme source d’écriture. Justine Triet a adoré travailler avec Virginie Efira : « Même si elle est tétanisée à l’intérieur, qu’elle est hyperbosseuse et superambitieuse, rien n’est vraiment grave. ».

Son premier grand rôle peut être considéré dans "20 ans d’écart" de David Moreau (sorti le 6 mars 2013), où elle joue une future rédactrice en chef pleine d’avenir amoureuse d’un étudiant joué par Pierre Niney, lui aussi intimidé par le rôle. "Le Grand Bain" de Gilles Lellouche, passé de l’autre côté de la caméra (sorti le 24 octobre 2018), a été aussi une grande aventure humaine pour Virginie Efira dans le rôle du coach alcoolique et ancienne championne pour mener à la victoire un groupe d’éclopés de la vie dans une épreuve de natation synchronisée, et dans ce groupe, il y a Mathieu Amalric (ici marié avec Marina Foïs), Guillaume Canet, Benoît Poelvoorde, Jean-Hugues Anglade, Philippe Katrine, Félix Moati, etc.

On peut citer aussi quelques autres films (sans être exhaustif) très représentants du cinéma franco-belge contemporain : "L’amour, c’est mieux à deux" de Dominique Farrugia et Arnaud Lemort (sorti le 5 mai 2010), aux côtés de Clovis Cornillac et Manu Payet ; "La chance de ma vie" de Nicolas Cuche (sorti le 5 janvier 2011), avec François-Xavier Demaison et Armelle Deutsch ; "Mon pire cauchemar" d’Anne Fontaine (sorti le 9 novembre 2011), avec Benoît Poelvoorde, Isabelle Huppert et André Dussolier ; "Caprice" d’Emmanuel Mouret (sorti le 22 avril 2015) avec Anaïs Demoustier et Laurent Stocker ; "Un homme à la hauteur" de Laurent Tirard (sorti le 4 mai 2016), avec Jean Dujardin, une "personne de petite taille" amoureux de la brillante avocate divorcée qu’est Virginie Efira ; "Un amour impossible" de Catherine Orsini (sorti le 7 novembre 2018), avec Niels Schneider qui est devenu le compagnon de Virginie Efira depuis le tournage de ce film.

Enfin, toujours le premier rôle dans "Benedetta" de Paul Verhoeven (sorti le 9 juillet 2021) où Virginie Efira est la sœur Benedetta Carlini, une religieuse lesbienne du XVIIe siècle, abbesse italienne très vénérée mais ensuite, opprimée pour homosexualité, avec Charlotte Rampling, Lambert Wilson, Daphné Patakia, Clotilde Courau, Louise Chevillotte, etc.

Plusieurs fois membre de jury de festival, cette étonnante joueuse de poker a été nommée cinq fois pour les Césars de la meilleure actrice ou meilleur second rôle féminin (en 2017, 2019, 2021, 2022). Nul doute qu’avec les nombreux films de grande qualité qu’elle ne manquera pas de tourner dans les prochaines années (pas moins de quatre films devraient sortir cette année 2022), elle ne se contentera pas de simples "nominations". Bonne anniversaire !


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (05 mai 2022)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :

Article de Toma Clarac dans "Vanity Fair France" n°62 (octobre 2018).

Guy Marchand.
Christian Clavier.
Virginie Efira.
Jacques Perrin.
Michel Blanc.
Michel Bouquet.
Patrick Chesnais.
Jean Roucas.
Z.
Michel Sardou.
Michel Jonasz.
Jane Birkin.
Philippe Noiret.
Jean Amadou.
Shailene Woodley.
Gérard Jugnot.
Alain Delon.
Alfred Hitchcock.
Brigitte Bardot.
Charlie Chaplin.

_yartiEfiraVirginie03




https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-202200505-virginie-efira.html

https://www.agoravox.fr/culture-loisirs/culture/article/virginie-efira-l-authentique-241383

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2022/05/01/39458977.html






 

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