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15 juillet 2018 7 15 /07 /juillet /2018 22:16

Louis Pauwels avait réalisé une émission en interviewant Louis-Ferdinand Céline en 1959. Mais l'émission, interdite, n'a jamais pu être diffusée à l'antenne. On peut désormais l'écouter grâce à Internet.

Cliquer sur le lien pour télécharger la vidéo (fichier .mp4) :
http://www.pileface.com/media/video/Celine-1959.mp4

Pour en savoir plus :
http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20180108-louis-ferdinand-celine.html

SR

http://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20180111-video-celine-pauwels.html

 

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14 juillet 2018 6 14 /07 /juillet /2018 04:07

Né le 14 juillet 1918 à Uppsala, en Suède, Ingmar Bergman est né il y a cent ans. Il est considéré l'un des plus grands cinéaste de l'histoire du cinéma. Il a reçu de nombreuses récompenses dans sa carrière de réalisateur, notamment trois Oscars (1961, 1962 et 1984), l'Ours d'or de la Berlinale de 1958, cinq prix au Festival de Cannes (1957, 1958, 1973, 1997 et 1998) dont la Palme des palmes en 1997, un César en 1984, le Lion d'or au Mostra de Venise de 1981, six Golden Globe Award (1959, 1960, 1974, 1976, 1978 et 1983), etc. Ses principaux films sont : "Jeux d'été", "Un été avec Monika", "La nuit des forains", "Sourires d'une nuit d'été", "Le septième sceau", "Les fraises sauvages", "Persona", "L'heure du loup", "Cris et chuchotements", "Scène de la vie conjugale", "Sonate d'automne", "Fanny et Alexandre", etc. Il a également réalisé "La flûte enchantée" reprenant le célèbre opéra de Mozart. Il est mort à 89 ans le 30 juillet 2007 à l'ile de Faro, en Suède.

SR

http://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20180714-ingmar-bergman.html



 

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5 juillet 2018 4 05 /07 /juillet /2018 12:17

Né le 27 novembre 1925 à Bois-Colombes, Claude Lanzmann fut un journaliste, écrivain et réalisateur de films. D'origine juive et engagé dans la Résistance en 1943 en Auvergne aux côtés des communistes, il fut connu pour avoir réalisé un long documentaire titré "Shoah", tourné entre 1976 et 1981 et sorti au cinéma le 30 avril 1985 (durée de 613 minutes), recevant un César d'honneur en 1986. Il s'agit d'une succession d'entretiens avec des témoins de l'extermination des Juifs d'Europe par les nazis. Un documentaire poignant qui fut essentiel dans la transmission de la mémoire aux jeunes générations.

SR

http://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20180705-claude-lanzmann.html

 

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5 juillet 2018 4 05 /07 /juillet /2018 00:10

« Marteaux-piqueurs, pelleteuses et bulldozers seront probablement les derniers sons de musique concrète à faire vibrer les murs de la maison de Pierre Henry. En juillet, sauf miracle politique de dernière minute, cette vieille bâtisse de deux étages, cernée d’immeubles (…), sera rasée pour laisser place à une opération immobilière. » (Sébastien Porte, "Télérama", le 20 février 2018).


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J’ai assisté à plusieurs de ses concerts mais je n’ai jamais eu la chance ni l’occasion d’assister à un concert chez lui. Chez le compositeur Pierre Henry, père de la musique concrète et à ce titre, précurseur des nombreuses musiques utilisées notamment au cinéma, mort à 89 ans le 5 juillet 2017, il y a un an. Entre 1996 et 2016, 9 000 visiteurs et auditeurs ont eu la chance de se rendre dans sa petite maison du quartier Picpus, au 32 rue de Toul, dans le douzième arrondissement de Paris. Pierre Henry avait l’habitude de faire portes ouvertes et d’inviter ses auditeurs au sein même de son repaire. Ils étaient une quarantaine par concert.

Cette maison ne paie pas de mine, à la regarder de l’extérieur. Lui et son épouse l’ont habitée depuis 1971. Pour Pierre Henry, c’était sa maison d’artiste, son laboratoire de recherches acoustiques, son atelier d’artisan, un véritable outil de travail : « Les sons que garde la maison sont un soutien pour moi. Comme les manuscrits d’un écrivain. C’est la bibliothèque qui vous enrichit un peu tous les jours. » (Interview de Pierre Henry en 2005 citée par France Musique le 7 février 2018). Tout était sonorisé, de la cuisine à la salle de bains, de la cave (son premier studio) aux petits-coins. Chaque bruit devenait une note de musique, dans son imagination.

Chaque pièce est conçue avec des haut-parleurs, des magnétophones, des appareils électroniques, et lorsque ses spectateurs venaient le visiter, ils pouvaient entendre un bruit d’orage dans les escaliers, se prélasser sur son propre lit pour écouter un morceau de musique et il a même dû débrancher les haut-parleurs des toilettes car les visiteurs y restaient trop longtemps pour écouter la musique qu’il y diffusait.

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Partout, dans le sous-sol, à l’étage, dans les recoins, il y a des appareils, des machines à faire du bruit, des appareils parfois dinosauriens, des cassettes numériques et surtout, une précieuse collection de 15 000 sons minutieusement archivés que le compositeur avait léguée à la Bibliothèque Nationale de France dès 2007. C’était dans cet univers personnel que Pierre Henry a créé, a innové, a composé. Il y trouvait ses inspirations, ses capacités techniques (pour faire tel ou tel son), son lieu de mémoire.

Il n’était d’ailleurs pas que musicien puisque les visiteurs pouvaient voir aussi des centaines de tableaux de "peinture concrète" qu’il avait lui-même réalisés. Des tableaux-sculptures qui reprenaient les outils artisanaux dont il n’avait plus besoin avec le numérique : « Ces peintures concrètes témoignent des moments forts de ma vie et entrent en résonance avec le lieu comme avec ma musique : c’est comme une vibration. (…) Elles me portent à la méditation. Quand je suis dans le studio, isolé avec mes sons, me savoir au milieu des éléments constitutifs de ma musique me rassure. » (Entretiens avec Franck Mallet, livre édité par la Philharmonie de Paris, cité par "Télérama" le 20 février 2018).

Bref, cette maison qui n’a rien d’intéressant sur le plan architectural est une pépite de l’histoire de la musique française. Elle est le lieu privilégié d’un créateur de génie, un exceptionnel lieu de culture et de mémoire, et aussi un lieu de rencontres : « C’est là que furent inventés des procédés techniques de composition depuis lors largement standardisés, et que fut élaboré un pan essentiel de la musique occidentale moderne. (…) Ce créateur titanesque y a coupé, monté, enroulé et déroulé des milliers de kilomètres de bandes magnétiques. » (Sébastien Porte, "Télérama").

Hélas, il semble qu’il n’y ait plus beaucoup de moyens d’éviter la fatalité sauf croire aux miracles ! Pierre Henry n’était pas propriétaire de sa maison et il la louait. Lorsqu’elle fut vendue, en 2012, le couple était déjà trop âgé pour contracter un emprunt bancaire. Ils n’ont pas pu la racheter. Cela montre aussi qu’il était plus un passionné peu porté vers l’argent qu’une star fortunée !

Or, le nouveau propriétaire est un promoteur immobilier qui a l’intention de carrément raser la maison pour construire un immeuble plus moderne dans ce quartier assez tranquille de Paris. À la mort de Pierre Henry, ce promoteur immobilier a donné un an à sa veuve pour quitter les lieux, sinon, il augmenterait le loyer en le multipliant par plus de quatre. Les pelleteuses arrivent donc dans deux mois !

Depuis dix mois, Isabelle Warnier, la veuve, et Bernadette Mangin, l’assistante musicale de Pierre Henry, passent leur temps à vider la maison, à ne rien perdre, à retrouver dans les recoins quelques anciennes bandes son oubliées, etc. Et à demander aux pouvoirs publics de réagir pour sauver ce patrimoine culturel unique. Une pétition lancée le 7 juillet 2017 par quelques amis musiciens inquiets n’a recueilli, pour l’instant, que 10 000 signataires (10 074 au 4 juillet 2018). À l’évidence, tout le monde se moque que ce patrimoine parte en fumée, sous les éboulis de la société de consommation.

Comme l’a expliqué Élodie Forêt sur France Inter le 2 mai 2018, en effet, « [les deux gardiennes du trésor] ont entrepris un travail titanesque : faire l’inventaire de toutes les archives, bandes magnétiques et peintures concrètes entreposées dans la maison. (…) Et ce travail, Isabelle et Bernadette le font le cœur lourd. "Ce sera un déchirement", disent-elles, de quitter ces lieux où elles ont tant de souvenirs. ». Outre l’atelier, c’était aussi là où vivait (et vit encore) Isabelle Warnier.

La maire de Paris Anne Hidalgo n’a pas beaucoup aidé. Elle s’est juste contentée de faire voter par le Conseil de Paris l’installation d’une simple plaque rappelant que Pierre Henry a vécu en ces lieux. C’est un peu faible pour sauver le patrimoine artistique de la France. La maire socialiste du douzième arrondissement a attribué un local municipal pour permettre à la veuve de Pierre Henry d’entreposer tous les équipements et la collection évoquée en attendant une utilisation plus réfléchie dans un musée, comme le Musée de la Musique à la Villette, près de la Philharmonie de Paris. Cette maire d’arrondissement a convenu cependant : « Il s’agit d’un dossier immobilier 100% privé dans lequel nous n’avons pas les moyens d’intervenir. » ("Le Parisien", le 18 février 2018).

La Ministre de la Culture semble ne pas avoir réagi à cette situation actuelle. C’est vrai, et heureusement que le droit de propriété est respecté en France, il s’agit hélas d’une affaire privée, un propriétaire privé qui vend un bien à un acheteur privé qui veut ensuite rentabiliser son investissement, dans une ville où le manque de logements est patent.

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Mais ici, il s’agit d’une perle du patrimoine musical français. La mairie a un moyen de bloquer les choses avec le permis de construire. Surtout, le ministère peut classer le lieu comme patrimoine national, et dans ce cas, la préservation de la maison serait acquise. Il est vrai qu’il serait difficile, ne serait-ce que pour des raisons de norme de sécurité, d’en faire un lieu ouvert au public très largement, mais rien n’empêcherait de faire visiter cette maison avec un flux de visiteurs très faible, comme c’est le cas avec la maison de Maurice Ravel à Montfort-l’Amaury.

À l’heure où l’on cherche à sauver la maison de Georges Bizet à Bougival et où l’État pourrait classer la maison de Ravel, et plus généralement, à l’heure où l’on cherche à préparer le futur en conservant la mémoire, l’abandon des pouvoirs publics de ce lieu de mémoire que constitue la maison de Pierre Henry est un véritable scandale culturel.

Le musicien y avait composé cent trente œuvres et sa dernière œuvre fut achevée en mai 2017, juste avant d’être hospitalisé, "Fondu au noir", qui fut interprétée selon ses vœux pour la première fois le 2 mars 2018 à 20 heures dans la salle de l’ancien Conservatoire de Paris (au 2 bis, rue du Conservatoire, Paris 9e), là où en 1952, il interpréta sa célèbre "Symphonie pour un homme seul" devant Igor Stravinsky.

Certains n’ont pas compris l’apport fondamental de Pierre Henry dans l’histoire de la musique et la gravité de la destruction, sous les yeux de ses contemporains, d‘un patrimoine culturel unique en son genre. La première vocation du patriotisme, c’est avant tout protéger l'héritage culturel laissé par les Français de talent et de génie. Cela, même au détriment de profits immobiliers, financiers et donc fiscaux, à très court terme…


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (04 juillet 2018)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Pétition : sauvons la maison de Pierre Henry !
La seconde mort de Pierre Henry.
Messes pour un Pierre Henry présent.
Hommage à Pierre Henry (6 juillet 2017).
Le dernier concert de Pierre Henry.
La musique concrète de Pierre Henry toujours à l’honneur de l’été parisien.
Vidéo de "Symphonie pour un homme seul" (Pierre Schaeffer et Pierre Henry).
Barbara Hannigan.
György Ligeti.
Claude Debussy.
Binet compositeur.
Pierre Boulez.
Karlheinz Stockhausen.

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http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20180502-pierre-henry.html

https://www.agoravox.fr/culture-loisirs/culture/article/la-seconde-mort-de-pierre-henry-204019

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2018/07/08/36372711.html


 

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2 juillet 2018 1 02 /07 /juillet /2018 01:24

Née le 2 juillet 1928 à Nieppe, Line Renaud a commencé sa carrière comme chanteuse et comme actrice en 1945. Elle a reçu le grand prix du disque en 1949. Elle a joué dans des dizaines de films du cinéma ou de la télévision, en particulier dans "Belle Maman" (1999), "La croisière" (2011) et "Les Rois maudits" dans la deuxième version, celle de Josée Dayan (2005). Elle a joué dans le prochain film de Ladislas Chollat "Let's Dance" qui sortira en 2019. Soutien de Jacques Chirac pendant les années du RPR, mais aussi de Bertrand Delanoë à Paris, Line Renaud fut souvent la victime récurrente des imitations de Thierry Le Luron dans les années 1970 et 1980. Son sens de l'humour fut confirmé lors de sa participation au fameux Tribunal des flagrants délires diffusé le 12 novembre 1980 sur France Inter. Il existe une Line Renaud Road à Las Vegas, pas loin de rues portant le nom de ses amis Frank Sinatra et Dean Martin. Elle a fait son premier concert à l'Olympia le 24 mai 2011.

SR

http://rakotoarison.over-blog.com/article-srb-20180702-line-renaud.html


 

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26 juin 2018 2 26 /06 /juin /2018 04:48

« Tout a une voix, tout a une histoire. Les histoires se cachent partout. » (Theodore Roszak, professeur à l’Université de Californie, en 2007).



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Il est assez compréhensible que le monde médiatique se soit penché sur le parcours de Pierre Bellemare, qui s’est éteint il y a un mois, le samedi 26 mai 2018 dans un hôpital de la région parisienne à l’âge de 88 ans (il est né le 21 octobre 1929) et qui a été enterré le jeudi 31 mai 2018 à l’église Saint-Roch de Paris. D’une part, les médias rendent toujours hommage à l’un des leurs, c’est d’autant plus normal que lorsque celui-ci est un vétéran, il a forcément formé ceux qui officient aujourd’hui. D’autre part, au-delà de ce monde assez nombriliste et autocongratulant des médias, ceux qui sont aujourd’hui aux manettes dans tous les domaines, politique, économique, culturel, etc. ont, si je donne une fourchette large, entre 40 et 60 ans et étaient donc enfants à l’époque où l’homme de la radio leur parlait.

C’est aussi le fait de toute personnalité célèbre, elle appartient à ceux qui la connaissent. L’exemple le plus frappant est Johnny Hallyday qui avait de véritables fanatiques. Mais c’est le cas aussi lorsque cette personnalité s’invite chez vous à la radio. Plus qu’à la télévision, la radio fait partie de la vie privée, voire intime, certains écoutent la radio jusqu’à leur salle de bains. La voix entre au plus profond de l’esprit et surtout si cet esprit est en pleine formation, aux temps où il est éponge, où il apprend, la voix est reconnaissable, est appropriée par ses auditeurs les plus jeunes.

La radio était un peu comme l’automobile à une certaine (lointaine) époque. Il y avait fidélité familiale dans les marques. Certaines familles étaient Renault, d’autres Citroën, d’autres encore Peugeot. Certaines familles étaient France Inter, d’autres RTL, la mienne était Europe 1.

Donc, oui, comme beaucoup d’autres de mes contemporains, j’ai été biberonné pendant l’enfance à ces "histoires extraordinaires" (au titre qui changeait au fil des époques) le samedi de 13 heures 30 (après le journal) jusqu’au flash de 14 heures. Là, le silence s’établissait au dessert. La page de publicité du milieu permettait de débarrasser rapidement la table. Le suspens dramatique était haletant. La voix était rassurante, grave, douce, soulageante. Pas celle d’un médecin, mais celle d’un bonimenteur. La confiance s’établissait. On savait qu’on ne l’écouterait pas pour rien. Qu’il y aurait le fin mot de l’histoire.

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Pour les souvenirs qu’il me reste, cela devait être plutôt des histoires policières. Je n’ai aucun souvenir de glauque mais quand on parle de crimes, de meurtres, de viol, c’est forcément glauque. C’était à une heure de grande écoute pour toute la famille. Je n’ai jamais ressenti une gêne dans le fond de ces histoires. Pourquoi ? L’enfant est-il à ce point protégé qu’il manque trop d’imagination sur l’horreur de certains faits-divers ? Ou y avait-il la certitude (fausse puisque ces histoires étaient dites vraies) que tout cela n’était que fiction et imaginaire, ce qui permet d’avaler beaucoup de films et de romans pas forcément réjouissants ?

Cela me fait d’ailleurs dire que cette période (Pierre Bellemare a raconté ses histoires à partir des années 1960 et quasiment jusqu’à sa mort, car il a continué sur des chaînes de la TNT) n’était pas plus protégée qu’aujourd’hui des horreurs quotidiennes. En effet, si vous mettez la télévision aujourd’hui, vous avez plus d’une chance sur deux pour tomber dans du glauque, soit un documentaire sur des crimes (ou sur les urgences, ou sur des opérations chez un vétérinaire), soit une série policière ou assimilée. Les histoires de Pierre Bellemare, en cela, n’étaient pas plus protectrices que ce qu’on voit ou entend maintenant. Pas plus que les contes pour enfants.

Mais elles étaient dites au moins de manière intelligente et attrayante. Ce qui n’est plus le cas aujourd’hui. Au fil des années, la voix est devenue donc une habitude, une intimité, ou plutôt, une familiarité. Il a été le grand-père que beaucoup auraient voulu avoir, celui qui raconte des histoires avec la bonne humeur. Car si, avec sa moustache (c’est peut-être la moustache la plus visible de tous les hommes de radio !) et ses sourcils fournis, il pouvait impressionner, l’œil malicieux s’entendait bien aussi, le sourire, la bonne humeur et finalement, la représentation d’un certain art de bien vivre.

Un excellent conteur, donc, ce Pierre Bellemare, ce qui en faisait aussi un excellent animateur d’émission. Sa voix était immédiatement autorité. On regardera avec une pointe d’étonnement cette fameuse émission de jeu télévisé "La Tête et les Jambes" où il questionnait le 25 avril 1970 le jeune Laurent Fabius qui, à 23 ans, était en train de faire son service militaire à Toulon avant d’intégrer l’ENA (quand il a été nommé à Matignon, elle a été rediffusée par extrait).







Du coup, on pouvait "utiliser" l’animateur aussi pour des opérations ponctuelles ou pour des actions humanitaires, ce qui fut le cas sur TF1 en 1981 pendant une courte saison juste avant le journal de 20 heures avec "Vous pouvez compter sur nous", une émission qui encourageait la solidarité entre téléspectateurs.

Les dernières vapeurs de la légende construite pendant l’enfance ont totalement disparu quand Pierre Bellemare s’est mis au Téléshopping (en 1988 sur TF1). Cela m’avait déçu que cette voix mythique fût le véhicule bassement matérialiste de la société de consommation. J’en voulais à une certaine vénalité qui s’exprimait comme les vendeurs de montres ou de mixeurs de fruits et légumes sur les marchés. L’animateur n’était plus l’intermédiaire entre une histoire et des auditeurs, mais entre un objet commercial et des consommateurs.

C’était lui qui avait exporté cette idée des États-Unis, le pays des innovations économiques. Il faut pourtant lui reconnaître, à Pierre Bellemare, que c’était une idée de génie pour les télévisions privées. Sur le principe, c’est plus que lassant car très répétitif au point que vous avez l’impression d’être pris pour un imbécile, mais c’était une idée visionnaire qui anticipait la survenue de l’Internet et du e-commerce, au même titre que La Redoute et Les 3 Suisses, avec la vente par correspondance, ont anticipé le principe repris et amplifié par Amazon.

Sa haute stature aurait pu lui ouvrir une carrière cinématographique qu’il n’a fait qu’effleurer. On peut retenir sa prestation comme directeur des services secrets dans le film "OSS 117 : Rio ne répond plus" (2009), réalisé par Michel Hazanavicius, même si dans ce film, il jouait surtout sa propre caricature.

Tant de panache dans l’art de parler, avec cet humour un brin britannique dans une bonhomie bien française du terroir (le terroir ne veut pas dire grand-chose mais appelle l’image adéquate), ne pouvait pas ne pas être remarqué et appelé par "Les Grosses Têtes" de Philippe Bouvard qui en fit l’un des "sociétaires" permanents entre 1992 et 2013, reprenant une activité sur RTL, la radio où il avait commencé en 1947.

Délaissant son baccalauréat pour se marier, ce fils de Pierre Bellemare, futur père de Pierre Bellemare (dans la famille, les fistons s’appellent tous Pierre !), a démarré sa carrière à un poste d’assistant technique et sa rencontre avec Jacques Antoine (1924-2012) fut déterminante puisque ce dernier, producteur de radio et télévision, lui donna sa chance, celle d’une émission de radio en 1950 puis d’un des premiers jeux télévisés français en 1954.

S’il a autant duré dans le monde de la radio et de la télévision (presque soixante-dix ans !), ce n’était pas seulement pour sa voix, c’était aussi parce qu’il était un professionnel consciencieux, très exigeant pour lui-même, qui répétait toutes ses émissions, qui faisait son boulot avec la minutie du bon horloger. Un artisan qui confine à l’artiste.

Une autre raison de sa longévité, ce fut aussi cette volonté de toujours innover ou d’importer les innovations de l’extérieur. J’ai évoqué le Téléshopping, mais on peut rajouter notamment le prompteur (en 1957), et aussi, le fait de faire participer le public dans les émissions.

C’est maintenant au Père-Lachaise qu’il continuera à conter…


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (26 juin 2018)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Pierre Bellemare.
Jacques Antoine.
Bernard Pivot.
Michel Polac.
Alain Decaux.

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http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20180526-pierre-bellemare.html

https://www.agoravox.fr/culture-loisirs/culture/article/pierre-bellemare-une-voix-une-204793

http://rakotoarison.canalblog.com/archives/2018/06/27/36447107.html



 

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16 juin 2018 6 16 /06 /juin /2018 04:39

« La passion fait la force. »


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La passion fait la force. C’est tout elle. C’est sa devise depuis qu’elle est baronne. Ce n’est pas une plaisanterie, elle a même conçu ses armoiries : un losange rouge avec un épi de blé au centre, entre deux masques de la commedia dell’arte, un riant et un pleurant, le tout entouré de deux lions et surplombé par une couronne de baronne. La célèbre chanteuse belge est réellement baronne, anoblie par le roi des Belges, Albert II, le 11 octobre 2004. Tout ce qu’il y a de plus sérieux, madame la baronne.

Comme ce n’est pas une plaisanterie que ce samedi 16 juin 2018, Annie Cordy fête ses 90 ans. Oui, 90 ans ! L’occasion, pour sa ville natale Bruxelles, dont elle est citoyenne d’honneur depuis 2004, de baptiser, au début du mois de juillet 2018, une rue (tenue secrète) et dévoiler une fresque en son honneur. Paris aussi l’avait déjà honorée de sa Médaille de la Ville de Paris, dès 1981, remise par Jacques Chirac.

Dans le cadre de l’Ommegang (procession folklorique), l’infatigable Annie Cordy fera deux spectacles les 4 et 6 juillet 2018 à 20 heures 45 à la Grand-Place de Bruxelles. Les lions du blason représentent sa mère, une femme à l’énergie  formidable dont elle a hérité. Autre consécration, sa caricature dans "Astérix chez les Belges" par René Goscinny et Albert Uderzo.

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La plaisanterie et la bonne humeur, le sourire, la fêtardise, la scène, tout cela, elle connaît, plus, elle en est un peu le synonyme, la représentante… Car Annie Cordy est connue avant tout pour ses chansons qui mettent de l’ambiance, avec légèreté et couleurs. Des paillettes, mais surtout des couleurs, surtout, des couleurs vives, de la fantaisie, de la vitalité. Un peu un Henri Salvador dans sa version belge et féminine.

On a du mal à imaginer Annie Cordy avec un âge, justement. Beaucoup la connaissent plutôt sans âge, ou alors, comme on dit poliment, entre deux âges. Dans les années 1970, elle avait entre 40 et 50 ans. C’est l’entre-âge. Pas vieille, mais pas jeune non plus. Pourtant, Annie Cordy a été jeune, une très jeune femme, pleine de beauté (voir photo). Elle a débuté ainsi, une starlette comme une autre, à danser, à chanter, dans des galas, dans des concours, etc. (elle fut lauréate du Grand Prix de la Chanson en 1944, à 16 ans).

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Dès 18 ans, elle est embauchée comme meneuse de revue à Bruxelles. À 21 ans, elle est appelée pour continuer au Lido et au Moulin-Rouge, à Paris (le 1er mai 1950). Cela explique pourquoi, plus tard, elle a toujours apprécié les déguisements, les danses, la joyeuseté. Très vite, elle a élargi son champ d’action : opérettes, chansons, films. Elle a démarré avec Maurice Chevalier, Bourvil, Georges Guétary, Luis Mariano, Jean Richard, Louis de Funès, Henri Salvador, etc. Elle est devenue rapidement une star, d’autant plus célèbre qu’elle a accompagné pendant une dizaine d’années le très populaire Tour de France. Ce fut la vedette de l’Olympia dès 1955.

Un exemple d’opérette dans le film "Le Chanteur de Mexico" de Richard Pottier (sorti le 21 décembre 1956) avec Luis Mariano et Bourvil.







La bonne humeur n’interdit pas le travail, le travail, et le travail. Car en près de soixante-dix ans de carrière (elle n’a pas encore arrêté !), elle a accumulé le travail : plus de 700 chansons (avec les émissions de télévision, elle a chanté 2 000 chansons), une quarantaine de disques, une dizaine de comédies musicales et d’opérettes, une dizaine de milliers de galas ! Un dynamisme terrible, incroyable.

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Pour n’en citer que trois, très connues, je propose ici "La Bonne du curé" sortie en 1974 qui reste le plus grand succès d’Annie Cordy, plus d’un million de disques vendus en un an pour les seules France et Belgique ! Près de deux millions en 1999.







Voici une autre chanson très célèbre, "Tata Yoyo" sortie en 1981, dont le disque a été vendu à plus d’un million d’exemplaires en vingt ans.







Et une autre chanson qui a eu beaucoup de succès, "Cho Ka Ka o" sortie en 1985, et reprise par Dieudonné dans une parodie bête et méchante en "Shoahnanas" qui lui a valu une condamnation en appel pour diffamation, injure et incitation à la haine et à la discrimination raciale (selon "Libération" du 28 novembre 2013).







Mais peut-on résumer la carrière d’Annie Cordy seulement à la chanson de variétés ? Certainement pas, et cela peut même surprendre. À côté d’une carrière de chanteuse, elle a suivi aussi une carrière d’actrice et de comédienne qu’elle poursuit toujours.

Une douzaine de pièces de théâtre et une centaine de films, au cinéma ou à la télévision, parfois la présence dans certaines séries (sans compter une centaine d’émissions de télévision de variétés ou de documentaires). Sa carrière au cinéma, elle l’a commencée dès 1954 au milieu de toutes les stars du moment.

Elle a tourné dans des films comme "Le Passager de la pluie" de René Clément (sorti le 21 janvier 1970) avec Marlène Jobert, Charles Bronson et Jean Piat (son premier rôle dramatique), "Le Chat" de Pierre Granier-Deferre (sorti le 24 avril 1971) avec Simone Signoret et Jean Gabin, "Elle court, elle court la banlieue" de Gérard Pirès et Claude Miller (sorti le 22 février 1973) avec Marthe Keller, Jacques Higelin, Claude Piéplu et Victor Lanoux, ou encore le rôle de la belle-mère dans "La vengeance d’une blonde" de Jeannot Szwarc (sorti le 26 janvier 1994) avec Marie-Anne Chazel, Clémentine Célarié, Christian Clavier et Thierry Lhermitte.

Ses rôles dans les films ne sont pas seulement du ressort comique mais parfois dramatique. L’un de ses derniers films lui a donné le rôle principal, celui de la "vieille" grand-mère qui veut s’émanciper en fuyant son EHPAD, dans "Les Souvenirs" de Jean-Michel Rouve (sorti le 14 janvier 2015) avec Audrey Lamy, Chantal Lauby, Michel Blanc et surtout Mathieu Spinosi.







Je propose ici "Rue Haute", film d’André Ernotte (sorti en août 1976) où elle est une poissonnière bruxelloise (avec Mort Shuman). Elle a été primée pour ce tournage.











Enfin, voici "Passage du bac", un téléfilm d’Olivier Langlois (diffusé le 5 juin 2002) où elle est adorable en "formant" un "couple" avec Charles Aznavour.







Cette boulimique à toute épreuve (théâtre, opérette, scène, plateau de cinéma) est vraiment étonnante par son dynamisme même dans les pires épreuves (la mort de son mari par exemple en 1989). Sortent cette année trois films où elle a tourné et apparemment, elle ne compte pas en rester là (sans être la seule dans ce cas, Gisèle Casadesus, par exemple, avait continué le cinéma jusqu’à près de 100 ans !).

Le site Internet de la radio RFI avait proposé il y a quelques années une biographie assez détaillée de l’artiste et son introduction résumait excellemment la carrière de la chanteuse-actrice : « Non, Annie Cordy n’est pas seulement la rigolote qui fit chanter toute la France (…) ! Outre une incroyable artiste de scène à l’énergie inépuisable, Annie Cordy est une comédienne hors pair qui a maintes fois prouvé la diversité de ses talents. Autant à l’aise dans la comédie la plus délurée que dans le drame, cette artiste continue de mener sa carrière tambour battant en dépit d’une image un rien désuète. » (septembre 2004). Mais en fait, il n’y a rien de désuet à vouloir toujours sourire à la vie… et à ses spectateurs. Bon anniversaire, Tata Nini !


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (15 juin 2018)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Annie Cordy.
Johnny Hallyday.
Louis Lumière.
Pierre Bellemare.
Meghan Markle.
Pierre Desproges.
Barbara Hannigan.
Serge Gainsbourg.
Claude François.
Henri Salvador.
Barbara chantée par Depardieu.

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http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20180616-annie-cordy.html

https://www.agoravox.fr/culture-loisirs/culture/article/les-90-etoiles-de-tata-cordy-205214

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14 juin 2018 4 14 /06 /juin /2018 04:42

« Et moi qui danse ma vie, qui chante et qui rit, je pense à lui. » ("Diego libre dans sa tête", chanson écrite et composée par Michel Berger).



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Le chanteur Johnny Hallyday est né il y a soixante-quinze ans le 15 juin 1943. Pour célébrer cet anniversaire et rendre hommage une nouvelle fois à la star disparue le 5 décembre 2017, une messe a été organisée à la Madeleine à Paris ce vendredi 15 juin 2018.

Depuis février 2018, Johnny Hallyday est le triste héros involontaire d’une mauvaise série télévisée que les médias n’hésitent pas à rediffuser quand ils n’ont plus grand-chose à se mettre sous les dents : son héritage. Je sais qu’il s’agit d’une personne tellement starifiée que certains "fans" se sentent faire partie de la famille, se sont approprié sa personne, et je sais aussi que les médias font en sorte d’avoir de l’audience, donc, ce doit être efficace, mais j’ai du mal à comprendre comment ce sujet peut être aussi important aux yeux des médias, dans un monde en plein basculement géopolitique.

Il y a là tout ce qu’il faut pour faire un ordinaire feuilleton de téléréalité : on parle de célébrité, on parle d’argent (beaucoup d’argent), on parle de famille, famille décomposée, famille recomposée, famille éclatée, divisée, on parle de droit de succession, pas de "droits de succession" (encore que cela viendra, évidemment), mais de droit français, de droit américain.

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On parle de savoir si une personne de nationalité française qui a fait toute sa carrière en France, connue en France, avec des "clients" principalement en France, soignée en France et même enterrée en France (je comprends néanmoins l’éloignement outremer pour être à l’abri de trop de "fans"), parfois sujette aux indélicatesses fiscales, peut se conformer au droit américain sous prétexte qu’elle a acheté une maison en Californie et qu’elle y a habité de nombreuses années pour y être tranquille (car elle n’était pas très connue aux États-Unis). Cela fait un beau cocktail et vu le "timing", il a des chances de durer pendant plusieurs "saisons" avec le concours non gracieux de quelques avocats, etc.

Cependant, il y a une certaine indécence à étaler ainsi des histoires privées, des histoires de famille. C’est d’ailleurs le but de toute émission de téléréalité, le voyeurisme ou, dans l’autre perspective, l’exhibitionnisme, puisque les protagonistes, justement, n’hésitent pas à se servir de la puissance médiatique, de cet effet grandissant, pour faire avancer leur cause. Comme si, au-delà des grèves de la SNCF, il y avait une autre bataille de "l’opinion", qui reviendrait à devoir choisir entre les premiers enfants ou la dernière épouse, entre le droit français et le droit américain, entre les anciens et les modernes.

Au-delà de l’indécence, il devrait y avoir surtout de l’indifférence ou, du moins, un peu de compassion pour une famille qui n’est pas capable de se mettre calmement d’accord sur la succession. Après tout, c’est assez banal qu’une affaire de succession tourne mal. C’est même très courant. J’ai toujours eu du mal à imaginer cela car cela signifie des querelles intestines dans la fratrie, ou entre enfants de familles recomposées. C’est assez ordinaire. Ce qui l’est moins, ce sont les sommes en jeu. Le patrimoine est n'est pas négligeable, estimé à cent millions d’euros (certes, assez faible en comparaison avec la fortune de Serge Dassault).

Mais quelle humiliation pour le saisir ! D’ailleurs, on parle plus de reconnaissance morale que d’attraction pécuniaire, comme si la reconnaissance paternelle, au même titre, pour certains, que la reconnaissance sociale, passait nécessairement par une reconnaissance par l’argent. Saleté de société consumériste où le matérialisme l’a emporté sur les valeurs familiales, sur l’amour et l’eau fraîche !

Une querelle d’héritage, cela n’a rien d’artistique. Il vaut mieux garder Johnny Hallyday pour ce qu’il reste. Pas un mauvais prétexte pour un sitcom pourri, mais avant tout pour une voix, une énergie, un professionnalisme à faire vibrer même le profane. Exemple proposé ici, "Diego libre dans sa tête", à Paris-Bercy en 1992, d’une exceptionnelle vitalité. Des frissons. Chapeau l’artiste !


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (12 juin 2018)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Johnny Hallyday et la machine infernale des médias.
Claude François, quarante ans avant Johnny Hallyday.
La France est-elle Johnny ?






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11 juin 2018 1 11 /06 /juin /2018 23:39

Née le 22 septembre 1922 à Tarbes, Yvette Horner, accordéoniste et pianiste, a reçu la coupe du monde d'accordéon en 1948, puis le grand prix du disque de l'académie Charles-Cros en 1950 avec son album "Le jardin secret d'Yvette Horner". Sa notoriété a été faite lorsqu'elle a accompagné onze fois la caravane du Tour de France. Elle a enregistré 150 disques vendus à plus de 30 millions d'exemplaires et a fait plus de 2 000 concerts durant une carrière de soixante-dix ans.

SR

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6 juin 2018 3 06 /06 /juin /2018 05:58

« Le génie de Louis Lumière est, en fusionnant ces deux perspectives [but scientifique et but récréatif], de mettre au point un appareil capable à la fois de l’analyse du mouvement et de sa restitution synthétique. » (Michel Fragonard, "La Culture du XXe siècle", 1995).


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On a coutume de dire que le XVIIIsiècle est le Siècle des Lumières. Alors, le XIXsiècle pourrait être vu comme le Siècle des Lumière, sans s, le siècle des frères Lumière.

J’avais évoqué la figure de Georges Méliès (1861-1938) qu’on peut considérer comme le premier réalisateur de fiction cinématographique. Il avait eu cette idée grâce à un ingénieur, Louis Lumière dont on célèbre le soixante-dixième anniversaire de la mort ce mercredi 6 juin 2018. Né le 5 octobre 1864 à Besançon, Louis Lumière est mort à Bandol le 6 juin 1948 à l’âge de 83 ans.

On a en effet l’habitude d’associer Louis Lumière à son grand frère à moustaches pointues, également ingénieur, Auguste Lumière (né à Besançon le 19 octobre 1862 et mort à Lyon le 10 avril 1954 à 91 ans), mais il faudrait plutôt l’associer à leur père, Antoine Lumière, artiste et photographe, qui fut en quelques sortes leur "manager".

Si Auguste Lumière a beaucoup fait en matières scientifiques et technologiques, notamment dans le domaine de la chimie et de la médecine, il ne s’était pas beaucoup investi dans le domaine du cinéma et avait laissé son frère s’en occuper. Mais leur contrat les avait rendus associés de toutes leurs activités si bien que formellement, leurs inventions les liaient l’un à l’autre.

Ce fut donc surtout Louis Lumière qui a eu quelques coups de génie dans le domaine des restitutions d’image. Et aussi leur père Antoine (né à Ormoy le 13 mars 1840 et mort à Paris le 15 avril 1911 à l’âge de 71 ans). Après avoir fait photographe itinérant, Antoine Lumière a créé en 1869 un atelier photographique à Lyon qui a bien marché commercialement (tout le monde voulait passer à la postérité par la photographie) et il a encouragé la prise de vues par des amateurs car il vendait également des plaques photographiques vierges. Antoine Lumière a eu la bonne idée d’impliquer ses deux fils aînés Auguste et Louis, brillants ingénieurs pleins d’inventivité, dans son affaire au point d’implanter en 1881 une usine pour vendre des plaques photographiques spéciales conçues par Louis Lumière la même année (Louis n’avait que 17 ans !).

Ces nouvelles plaques en verre (vendues sous la marque "Étiquette bleue") avaient deux avantages grâce à la conception d’une émulsion sèche de bromure d’argent : elles étaient facilement manipulables, directement prêtes à l’emploi et surtout, elles pouvaient être stockées (auparavant, il fallait utiliser les plaques dans la demi-heure qui suivait leur fabrication). Ce produit, fabriqué jusqu’à 15 millions d’unités par jour, a fait la fortune de la famille Lumière à Lyon.

Depuis longtemps, le père et les deux fils ont eu à l’esprit l’objectif ambitieux de projeter à un public des images animées. Il y avait déjà des projections individuelles au moyen de certains appareils. Ainsi, Antoine Lumière a fait le voyage à Paris en septembre 1894 pour voir la démonstration du Kinétoscope inventé par l’ingénieur et industriel américain Thomas Edison (1847-1931), déjà connu pour être le créateur du phonographe à cylindre, breveté le 19 décembre 1877.

Le Kinétoscope était un appareil qui permettait de regarder une série d’images sur une durée assez longue à l’époque, quelques minutes. Pour réaliser les œuvres photographiques associées, il fallait utiliser le Kinétographe, sorte de caméra brevetée le 24 août 1891 par Thomas Edison qui avait un système d’avance de pellicule pour prendre des photographies successivement.

Ce fut William K. L. Dickson (1860-1935), collaborateur de Thomas Edison, qui mit au point les deux appareils, le Kinétographe et le Kinétoscope, en ayant l’idée géniale d’utiliser le support souple et résistant en nitrate de cellulose mis au point en 1887 par John Carbutt (1832-1905) pour des applications photographiques. Ce support fut utilisé dès 1889 par Paul Nadar (1856-1939), le fils de "Nadar", représentant en France de la société de l’industriel américain George Eastman (1854-1932), appelée à partir de 1888 Kodak, qui employait John Carbutt.

William Dickson et Thomas Edison ont l’idée ainsi de fabriquer des bobines de ce film souple, d’abord de 19 millimètres de large puis de 35 millimètres de large, ce qui donnait la possibilité d’images animées sans limitation théorique de durée (il suffit d’avoir assez de kilomètres de pellicules, même si cela posait de gros problèmes de conception au-delà de 20 mètres, c’est-à-dire d’une minute). Le tout premier essai de film réalisé ainsi (en 19 millimètres) fut projeté au public le 20 mai 1891 ("Dickson Greeting" : William Dickson salue le public sur le film). On peut raisonnablement considérer que ce fut le premier film de l’histoire du cinéma.

Le film de 35 millimètres (avec des photogrammes rectangulaires de 22 millimètres de largeur et 16 millimètres de hauteur) fut choisi comme standard international du cinéma en 1903, au détriment entre autres, des films développés par Louis Lumière (35 millimètres aussi, mais avec seulement deux performations circulaires par photogramme au lieu de huit rectangulaires pour les films d’Edison) et de ceux développés par Léon Gaumont (60 millimètres sans performation grâce à un système de pince). Les performations permettent l’entraînement mécanique du film.

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Thomas Edison a commis alors deux négligences. D’habitude très conscient de ses intérêts commerciaux, il n’a pas protégé le Kinétoscope en dehors des États-Unis. Ainsi, dès que l’appareil fut connu et présenté au public, il fut reproduit en séries en Angleterre en toute légalité. Cette erreur, c’était parce qu’il ne croyait pas beaucoup à l’avenir du Kinétoscope. L’inventeur du phonographe voyait plutôt, comme objectif commercial, un appareil qui permettrait de reproduire à la fois des images animées et du son (le cinéma parlant). L’autre négligence, ce fut de ne pas avoir reconnu assez honorablement William Dickson, le véritable inventeur du Kinétoscope (qui restait cependant la propriété intellectuelle de son employeur), si bien que ce dernier l’a quitté pour développer d’autres appareils pour le compte de concurrents (les frères Latham).

Thomas Edison ne croyait pas beaucoup à l’avenir du Kinétoscope, mais il croyait encore moins à l’avenir d’un appareil qui restituerait les images animées sur grand écran pour un public. Il pensait que le Kinétoscope, réservé à la vision individuelle, était plus rentable que ce genre d’appareil, et cela malgré la demande de William Dickson de se tourner vers cet objectif. Antoine Lumière, dont le talent était d’abord de trouver des idées juteuses, a tout de suite compris l’intérêt de mettre sur le marché cette possibilité de projection collective.

Revenons aux Lumière justement. Il fallait cette petite digression historico-technique pour comprendre la démarche des Lumière. De retour à Lyon après avoir récupéré quelques échantillons des films 35 millimètres (eux brevetés partout dans le monde par Thomas Edison), Antoine Lumière demanda à ses deux enfants d’utiliser les développements récents du Kinétoscope pour construire un appareil de projection en reprenant l’idée des Pantomimes lumineuses de Charles-Émile Reynaud (1844-1918) projetées sur un grand écran au Musée Grévin (à partir du 28 octobre 1892) au moyen du Théâtre optique (forme avancée du Praxinoscope), considérée comme le premier dessin animé. Auguste laissa Louis dans ce domaine.

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Ainsi, en quelques mois de travail de conception et de développement, Louis Lumière a mis au point le Cinématographe, breveté le 13 février 1895, le premier appareil capable de projeter sur un grand écran des images animées. Le mot lui-même de Cinématographe a été imaginé par Léon Bouly (1872-1932), inventeur d’appareils de chronophotographie, qui avait déposé un brevet le 12 février 1892 pour un appareil appelé le "Cynématographe Léon Bouly", puis le 27 décembre 1893, le mot est devenu "Cinématographe", ce qui signifie en grec "écriture du mouvement". Si l’appareil a réellement existé (un exemplaire est exposé au CNAM à Paris), il n’a jamais fonctionné correctement. Ce mot fut simplement repris en 1895 par les frères Lumière car Léon Bouly n’avait pas payé les annuités de son brevet en 1894, si bien que le nom ainsi que la pseudo-invention tombèrent dans le domaine public.

Pour simplifier, disons qu’on savait faire défiler des photogrammes mais seulement dans une petite lucarne (pour des applications principalement scientifiques, la décomposition des mouvements), et l’on savait aussi projeter des images sur grand écran (pour des divertissements auprès du grand public). Louis Lumière a réussi à concevoir un appareil qui a pu faire les deux en même temps. Tout en rendant fiable la mécanique, très sollicitée car il fallait tourner à au moins 12 photogrammes par seconde.

Pour éviter d’être attaqué pour contrefaçon, Louis Lumière a utilisé des films 35 millimètres avec seulement deux perforations circulaires par photogramme, au lieu des huit rectangulaires utilisées par Edison (voir plus haut). Il a par ailleurs demandé au chimiste et industriel Victor Planchon (1863-1935) d’améliorer la bande pelliculaire en mettant l’émulsion "Étiquette bleue" sur les pellicules fabriquées par le chimiste, ce qui permettait une grande transparence (Les Lumière et Planchon conclurent un contrat d’exclusivité mutuelle en 1894).

La première démonstration du premier prototype du Cinématographe fabriqué par Charles Moisson (1864-1943) a eu lieu le 22 mars 1895 devant des professionnels. Le polytechnicien Jules Carpentier (1851-1921), présent à cette démonstration, proposa sa collaboration à Louis Lumière pour fabriquer l’appareil en série avec quelques améliorations (200 furent fabriqués ainsi). À cette occasion, fut mise au point la possibilité de faire varier la durée d’exposition des photogrammes, permettant de filmer en toute saison (ensoleillement ou ciel gris), à une époque où le diaphragme n’était pas encore inventé.

Douze autres démonstrations du Cinématographe ont eu lieu, le 16 avril 1895 à la Sorbonne à Paris au Congrès des sociétés savantes, les 10 et 12 juin 1895 à Lyon au Congrès de l’union des sociétés photographiques de France, le 11 juillet 1895 à Paris à la Revue générale des sciences, le 21 septembre 1895 et le 14 octobre 1895 à La Ciotat (projection d’abord privée, puis, pour la seconde, projection publique dans un théâtre), le 10 novembre 1895 à Bruxelles à l’Association belge de photographie, les 12 et 13 novembre 1895 à Louvain au Cercle littéraire et artistique, en présence du prince Albert de Belgique et au Musée de physique de l’Université catholique de Louvain, le 16 novembre 1895 à la Sorbonne à Paris pour l’ouverture des cours de la faculté des sciences, le 1er décembre 1895 à Lyon à la Chambre syndicale des propriétés immobilières, et le 11 décembre 1895 à Grenoble à la Société dauphinoise d’amateurs photographes.

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La date historique de la vie de Louis Lumière restera cependant le 28 décembre 1895. Au Salon indien du Grand Café de l’hôtel Scribe, au boulevard des Capucines dans le neuvième arrondissement de Paris, a eu lieu en effet la première projection publique et payante des films par le Cinématographe (qui a donné le nom commun de cinéma). Antoine Lumière a eu l’honneur de tourner la manivelle pour "dérouler" les films. Le projectionniste était Charles Moisson qui est devenu, par la suite, opérateur de réalisation de Louis Lumière.

Comme pour le Futuroscope bien plus tard, ce n’était pas tout de fabriquer une machine merveilleuse, il fallait lui donner du grain à moudre. Les frères Lumière avaient alors réalisé dix films documentaires très courts, comme une sortie d’usine (l’usine Lumière à Lyon), premier film tourné par Louis Lumière le 19 mars 1895, une scène de pêche, le repas de bébé (celui d’Auguste), une baignade en mer, et aussi le fameux film "L’Arroseur arrosé" (première scène comique).

Un petit mot aussi sur le vocabulaire : le mot "film" n’existait pas encore en France en 1895, Louis Lumière parlait de "vue photographique animée". Le mot "film", qui désigne une couche mince (cette définition reste encore d’actualité en physique et chimie) a été utilisé dès 1891 par Thomas Edison qui a réalisé les premiers films avec son Kinétographe. Le mot est arrivé en France seulement quelques années plus tard.

En raison de la petite taille de la salle (au sous-sol !), seulement 33 spectateurs étaient présents (ils avaient payé un franc pour la séance) et la presse invitée n’était pas venue. Mais l’information s’est répandue très vite par le bouche-à-oreille. Le succès de la première projection fut tel que les séances suivantes furent bondées et tout le monde voulait y assister (entre 2 et 3 000 personnes par jour faisaient la queue pour voir ces films). Notons pour l’anecdote que le propriétaire des lieux avait imposé de payer la location de la salle en forfait (30 francs la soirée) au lieu d’un pourcentage (20%) sur le chiffre d’affaires qu’il imaginait trop faible.

Lorsque les films de Louis Lumière furent projetés à New York le 18 juin 1896, sur les terres de son immense concurrent, Thomas Edison, ce fut aussi un énorme succès. Deux avantages concurrentiels sur Edison : les films produits et réalisés par Louis Lumière représentaient principalement des scènes à l’extérieur, avec beaucoup de mouvements qui rendaient les images très vivantes (l’arrivée du train en gare de La Ciotat, par exemple), tandis que ceux, antérieurs, de Thomas Edison étaient tournés dans son studio et avec une cadrage face au spectacle (au contraire de Lumière qui, fort de son expérience photographique, plaçait le mouvement en diagonale ou même bougeait lui-même, le premier travelling a été tourné le 25 octobre 1896 à Venise par un opérateur de Lumière). L’autre avantage, c’était qu’en ne pesant que 5 kilogrammes, le Cinématographe était beaucoup plus facilement maniable que les 50 kilogrammes du Kinétographe.

Ce succès immédiat a fait comprendre très tôt, aux industriels tant européens qu’américains (Charles Pathé en 1900, Léon Gaumont, Thomas Edison, etc.), l’intérêt de construire des théâtres spécialement aménagés pour le cinéma. C’est donc devenu très vite une industrie avec des investissements financiers lourds.

Parmi les spectateurs impressionnés le 28 décembre 1895, l’illusionniste Georges Méliès qui a tout de suite compris l’intérêt artistique d’un tel outil pour réaliser de la mise en scène et des films de fiction et ainsi, commencer la grande aventure du cinéma de divertissement. Georges Méliès proposa aux frères Lumière de racheter leur brevet sur le Cinématographe. Mais conseillés par leur père, ils refusèrent et leur père Antoine (à moins que ce ne fût l’un de ses deux fils) lui déclara : « Remerciez-moi ! Je vous évite la ruine, car cet appareil, simple curiosité scientifique, n’a aucun avenir commercial ! ». Les Lumières, à l’intuition d’habitude plus visionnaire, ne pensaient pas du tout à ce que le cinéma allait représenter comme industrie ou comme influence culturelle. Concrètement, les Lumière n’ont jamais fait beaucoup d’argent avec le Cinématographe. Et ils n’imaginaient qu’une application d’analyse scientifique ou de curiosité en fête foraine.

Le Cinématographe était utilisé aussi bien pour l’enregistrement des images (caméra) pour leur restitution (projection). Louis Lumière avait imaginé un système mécanique assez ordinaire dans l’industrie, inspiré par la machine à coudre de sa mère (mécanisme à came triangulaire excentrique décrit dans le schéma ci-dessous issu du site Wikipédia), pour passer d’un mouvement de rotation continue à une translation discontinue (pour enregistrer ou restituer l’image).

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Très rapidement, dès 1897, l’appareil s’est dissocié pour les deux applications, prendre les vues et les restituer. La prise de vue fut confiée à la caméra, qui garda globalement le mécanisme à came excentrique (avec quelques perfectionnements pour mieux immobiliser la pellicule), et la restitution fut confiée au projecteur dont l’usage était intensif et nécessitait une meilleure fiabilité mécanique. Jules Carpentier déposa ainsi un brevet le 18 mars 1896 pour protéger le mécanisme à croix de Malte (à cinq branches) à flancs circulaires qui est beaucoup plus solide (voir schéma ci-dessous issu du site Wikipédia).

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Grâce à leur réseau commercial pour la photographie, les Lumière pouvaient recruter rapidement des correspondants un peu partout dans le monde pour faire ce qu’on appellerait aujourd’hui des reportages photographiques (très brefs, une minute). Ont ainsi été filmés le couronnement du tsar Nicolas II de Russie, le déplacement du Président Félix Faure à La Roche-sur-Yon en avril 1897, le Président Émile Loubet, etc.

Louis Lumière arrêta de tourner des films en 1902, au moment où l’art du cinéma (on ne parlait pas encore du sémantiquement pompeux "septième art" inventé en 1920) fut en plein essor. Louis Lumière, plus photographe que réalisateur, n’avait probablement pas toute l’imagination et la créativité artistique pour suivre durablement le marché dans ce domaine du spectacle, même si ses cadrages furent initiatiques (au même titre que les compositions des peintures de Gustave Caillebotte furent inspirées des photographies de son frère photographe).

Louis Lumière continua cependant à inventer dans le domaine de la photographie et du cinéma. Il a breveté le 17 décembre 1903 l’Autochrome (présenté à l’Académie des sciences le 30 mai 1904), un procédé utilisant de la fécule de pomme de terre qui permettait la photographie en couleurs en une seule prise (on savait déjà en faire, mais en quatre prises, ce qui excluait tout instantané). Il commercialisa cette technique entre 1907 et 1932 et fut à l’origine de beaucoup de photographies de la Première Guerre mondiale. Là encore, ce fut un grand succès commercial qui rajouta à la fortune familiale (la production est allée jusqu’à 6 000 plaques autochrome par jour). Il tenta également en 1936 quelques essais de films en relief, à partir d’anaglyphes (le principe toujours actuel du cinéma en 3D).

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Comble pour l’inventeur, ou plutôt, pour l’un des inventeurs du cinéma (car Thomas Edison et William Dickson furent aussi des inventeurs du cinéma, et ainsi que leurs prédécesseurs avec tous leurs appareils plus ou moins bizarres pour restituer du mouvement), Louis Lumière, qui n’imaginait pas un tel développement de l’industrie du cinéma entre 1910 et sa mort, en 1948, n’allait jamais au cinéma : « Je ne vais jamais au cinéma. Si seulement j’avais su ce qu’il deviendrait, je ne l’aurais jamais inventé ! ».

Décorés de l’ordre de la Francisque, Louis et Auguste Lumière ont soutenu (seulement très mollement car ils n’avaient aucun sens politique) la Révolution nationale du maréchal Pétain, plus par amertume contre les institutions de la IIIe République et pour fustiger l’Académie des sciences qui n’avait pas apporté toute sa reconnaissance à leurs travaux (Auguste Lumière fut même nommé conseiller municipal de Lyon en 1941). La vieillesse est un naufrage, écrivait De Gaulle. L’âge (79 et 77 ans) pourrait être une excuse valable dans cette prise de position encouragée sans doute par la vanité vis-à-vis d’un pouvoir flatteur pour récupérer politiquement des scientifiques populaires.

Quelques jours après l’hommage de la République française à l’industrie Serge Dassault dans la cour d’honneur des Invalides, le 1er juin 2018, il est bon de rappeler que la France a toujours su progresser grâce au génie de certaines familles à la fois inventives et industrielles, alliant génie scientifique et intuitions commerciales. Les Lumière, comme les Dassault, ont ainsi beaucoup apporté tant à la réputation technologique de la France qu’au progrès de la technique dans l’histoire du monde.

Je termine par cette citation insolite mais très à-propos de l’essayiste Régis Debray tirée de son livre "Vie et mort de l’image" (1992, éd. Gallimard) : « Dieu est Lumière, seul l’homme est photographe. »


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (06 juin 2018)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Site de l’Institut Lumière à Lyon.
Louis Lumière.
Georges Méliès.
Le cinéma parlant.
Charlie Chaplin.
Gustave Caillebotte.
Photographies de l’art ou du cochon ?
Le Futuroscope.
Les brevets européens.

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http://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20180606-louis-lumiere.html

https://www.agoravox.fr/actualites/technologies/article/que-louis-lumiere-soit-204961

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