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19 juin 2011 7 19 /06 /juin /2011 09:29

Il y a vingt-cinq ans, Coluche (Michel Colucci) a disparu dans un stupide accident de moto près de l'Opio (sur la Côte d'Azur). Il avait 41 ans et une bonne dose de popularité non seulement pour ses activités de comiques ou d'acteur dramatique ("Tchao Pantin") mais également pour son action en faveur des plus déshérités ("loi Coluche" de 1988 et Restos du Coeur).

 

SR

 

 

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13 juin 2011 1 13 /06 /juin /2011 22:17

Née le 25 février 1942 à Nice, Évelyne Pagès a été animatrice de radio et de télévision. Elle a notamment beaucoup animé l'émission "Stop ou Encore" sur RTL les samedis et dimanches matins où le but était de diffuser jusqu'à sept puis cinq chansons du même interprète selon le souhait des auditeurs. Évelyne Pagès a été élue conseillère du 16e arrondissement de Paris en 2002. Malade du cancer (elle se trouvait en soins palliatifs depuis quelques jours à la suite d'un cancer généralisé), elle s'est éteinte le 13 juin 2011.

Évelyne Pagès est l'une des voix historiques de RTL qui a une signification personnelle très forte.

Laurent Marsick le 13/06/2011 à 18h05 témoigne :  « Évelyne Pagès était une star de RTL entre les années 70 et 90 avec des émissions emblématiques comme " Stop ou encore", "Les disques d'Or" ou encore "Grand format". ».

RTL rendra hommage à Évelyne Pagès ce mardi 14 juin 2011 de 22h à 23h, dans une émission spéciale qui lui sera consacrée, et qui sera animée par Éric Jean-Jean. S’y mêleront témoignages de ses amis et archives de la station.

SR


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14 mai 2011 6 14 /05 /mai /2011 20:55

 Né le 3 décembre 1929, ancien élève de l'ENA, Jean Izard a démarré à la RTF en 1960 comme administrateur au service du personnel. En 1963, il fut délégué du directeur général de la RTF à Nancy, puis directeur régional de l'ORTF pour la Lorraine et la Champagne-Ardennes. Après diverses responsabilités, il exerça les fonctions de directeur général de Radio France de 1979 à 1995 sous la présidence de nombreux présidents : Jacqueline Baudrier, Michèle Cotta, Jean-Noël Jeanneney, Roland Faure et Jean Maheu.

SR

 

 

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11 mai 2011 3 11 /05 /mai /2011 20:44

Le rapport commandé par le Premier Ministre François Fillon à David Kessler en mai 2010 sur la radio numérique terrestre (RNT) a été rendu public ce 11 mai 2011.

Dans sa conclusion, il estime qu'il faut retarder la mise en place de la RNT : "Il nous paraît clairement que les conditions ne sont pas réunies économiquement pour un lancement à grande échelle de la RNT".

 

Cliquer sur le lien pour télécharger le rapport de Denis Kessler (fichier .pdf) :

http://imma.argoscdn1.com/radioactu/pdf/rapport_kessler.pdf

 

 

SR

 

 

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26 avril 2011 2 26 /04 /avril /2011 20:54

(dépêches)

 

 



Loft Story : C'était il y a dix ans jour pour jour... Souvenirs, souvenirs !

News publiée Aujourd'hui, Le Mardi 26 Avril 2011 à 18:39

Le 26 avril 2001 est une date qui a marqué la télévision française ! La chaîne M6 et Endemol lançaient la première télé réalité française : Loft Story. L'émission, bien avant son démarrage, a fait parler d'elle : voyeurisme, télévision poubelle, exhibitionnisme ou caractère malsain, autant de critiques qui ont fusé de partout ! Et pourtant les 13 inconnus qui se sont lancés dans l'aventure Loft Story deviennent, sans le savoir, des stars et des personnalités publiques dont les téléspectateurs connaissent les moindres secrets, même les plus intimes !

C'est un très jeune Benjamin Castaldi qui se lance dans l'inconnu et prend les commandes de la première télé réalité. Et dès le deuxième jour, les candidats dépassent toutes les attentes de la production : Loana, désormais célèbre, et Jean-Edouard font profiter le public de leurs ébats dans la piscine ! La limite que l'on croyait infranchissable est alors franchie ! A l'époque, cette scène n'est pas diffusée à l'antenne, trop explicite, mais la vidéo circule très vite sur Internet...

Les codes de la télé réalité se mettent alors peu à peu en place : les "lofteurs" vont se défouler au confessionnal et forment des couples, les candidats choisissent les nominés en fonction de leurs affinités, ils ont tous leurs petites valises, font des épreuves ridicules, inventent des hymnes, et s'amusent lors de soirées à thème... histoire de s'occuper.

Avec Loft Story, la télé réalité a aussi créé un nouveau métier : être célèbre ! Pourquoi s'embêter avec les études et un boulot ordinaire, lorsque deux mois dans une télé réalité permettent gloire, fortune et notoriété ? Si certains ont su perdurer montrant de vrais talents, pour beaucoup une fois le quart d'heure de célébrité fini, c'est retour à la réalité et sans passer par la case départ et toucher les 20 000 euros !

Comme quoi les mentalités changent vite ! Il y a 10 ans, la France entière était choquée par cette première télé réalité en direct mais au fur et à mesure, les téléspectateurs n'attendent que ça : du sexe, de l'exhibitionnisme, des clans et des clashs ! A tel point qu'une décennie plus tard, et après les Secret Story, Ile de la Tentation et autres Dilemme, le public aujourd'hui se lasse, blasé par autant de trash, de vulgarité, et de débilité ! Preuve en est l'arrêt prématuré de Carré Viiip.

Malgré tout, anniversaire des dix ans oblige, nous nous devons de revenir sur les moments les plus marquants de cette première télé réalité !

Autre que les ébats de Loana et Jean-Edouard, les lofteurs nous ont aussi offert un magnifique hymne intitulé Lofteurs up and down à revoir en vidéo ! D'ailleurs le single était commercialisé, et s'est classé pendant plusieurs semaines en tête des ventes de disques en France. On se souvient aussi de la très BCBG Laure Delattre et de sa fameuse Maya l'abeille, la très étrange Delphine essayant d'endormir les poules en les faisant tourner en rond, prisonnières de ses mains, ou encore le fameux Steevy et son Bourriquet ! Autre moment fort, le fameux jeté de Benjamain Castaldi dans la piscine ainsi que les nombreuses phrases cultes d'Aziz : "Je vis mon quotidien au jour le jour", "je connais des personnes âgées d'un certain âge" ou encore "elle dit je t'aime comme elle prend un fil-o-fish".

Bien loin d'imaginer ce qu'il allait se passer à leurs sorties du Loft, les premiers candidats de cette télé réalité, innocents et naifs, ne ressemblaient en rien aux candidats prétentieux et calculateurs de Carré Viiip ou autres Secret Story.

D'ailleurs si on fait le bilan, aujourd'hui, seuls Loana, qui 10 ans après se relance dans la télé réalité avec les Anges à Miami, Jean-Edouard, Marlène vue dans les Anges de la télé réalité ou encore Steevy Boulay, animateur et acteur, le seul qui a du talent, sont encore dans la lumière. Et qu'en est-il des autres ? Ils sont tout simplement retournés dans l'ombre... ou presque !

V.M

Loft Story 1 : Laure, Kimy, Delphine, Aziz... Ils ont tous eu des bébés !

News publiée Le Dimanche 3 Avril 2011 à 14:23

Le 26 avril prochain, un important anniversaire sera célébré : les 10 ans de la télé-réalité. C'est effectivement en 2001 que Loft Story apparaissait sur les écrans de M6, présenté par Benjamin Castaldi : l'émission qui bouleversera le PAF... ainsi que la carrière de Benjamin Castaldi (qui cartonne notamment dans Secret Story). Dix ans après que sont devenus les premiers lofteurs ? Le Parisien de ce jour a mené l'enquête... Et force est de constater que beaucoup sont désormais... parents ! Retour sur treize anciens candidats : David, Jean-Edouard, Aziz, Fabrice, Delphine, Loana, Kenza, Philippe, Steevy, Julie, Christophe, Kimy et Laure.

 Lofteurs, up and down : Mariages et une pluie de bébés !

Les plus connus sont évidemment Christophe et Julie (34 et 35 ans) qui sont mariés depuis huit ans et ont deux enfants : pour la responsable commerciale et l'employé d'une entreprise de lampes, la famille est sacrée !
Ancienne candidate qui est désormais discrète, Laure (35 ans) est aussi dans la catégorie des heureux parents : après avoir fait de la télé, elle s'est consacrée à sa vie personnelle. Mariée, elle a deux enfants dont le plus jeune a 9 mois. Son ex-boyfriend dans le Loft, Fabrice (39 ans), est lui aussi heureux : "Je suis un homme comblé auprès d'une femme que j'aime et de notre petit garçon d'un mois".
Kimy (33 ans) avait intégré le jeu en remplacement de Delphine : vivant désormais aux États-Unis, Kimy est maintenant mariée et a mis au monde un petit garçon qui a huit mois. Delphine, justement, a laissé ses chevaux pour se consacrer pleinement à sa vie de famille : à 32 ans, elle a rencontré "un homme parfait" et s'occupe de son fils de 23 mois. Enceinte une deuxième fois, elle va bientôt accoucher !
Aziz, qui idolâtrait Van Damme, a aussi privilégié sa vie de famille : à 39 ans, il est papa d'un enfant d'un an.

Des lofteurs comblés sur le plan personnel ! Quid des autres candidats de cette première saison ?

Ils veulent oublier le loft

Laure et Kimy ne veulent plus entendre parler de l'émission. De même pour l'intello Philippe (37 ans) qui serait maintenant ingénieur en informatique à l'étranger...

Ils ont changé de vie

Delphine se consacre à sa famille, le déjanté David (34 ans) a abandonné la musique et est devenue coach sportif à domicile et Fabrice est maintenant manager dans une entreprise de conseil en finance, à Lyon.

Ils sont des artistes incompris...

Kenza (34 ans) s'était fait huer à sa sortie de l'émission. Elle a eu du mal à décoller l'étiquette télé-réalité qu'elle renie désormais et en parle dans des termes peu élogieux. Elle est maintenant journaliste à la radio et écrivain. Quant à Aziz, il continue les arts martiaux, a pris des cours de comédie et arrive à vivre de son métier d'acteur dans des publicités ou des téléfilms.

Ils sont encore dans l'actualité

Évidemment, impossible de parler de cette saison sans évoquer Loana. Suivie pour une émission de télé-réalité d'Alexia Laroche-Joubert, la trentenaire a connu ces dernières années de nombreux problèmes de dépression. Sur le point de s'envoler à Miami pour la saison 2 des Anges de la télé-réalité, elle essaye de perdre ses derniers kilos, devrait sortir un album et va sortir un livre à l'automne pour expliquer ses tentatives de suicide.
Son boyfriend (d'une nuit) de l'époque, Jean-Edouard est maintenant DJ-comédien. Aperçu dans Section de recherches récemment et bientôt dans le troisième volet d'Aïcha, le jeune homme de 30 ans se fait désormais appeler Jean Lipa, et refuse même de parler de Loft Story !
Et bien sûr, celui qui s'en est le mieux sorti est sans conteste Steevy (31 ans) : aperçu il y a quelques semaines dans la première saison des Anges de la télé-réalité, le chroniqueur de Laurent Ruquier mène sa carrière au théâtre.

Huit enfants et demi (celui que Delphine attend) : que de changements pour ces slofteurs !

 

 

 

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22 mars 2011 2 22 /03 /mars /2011 15:22

(dépêche)

 

DERNIERE MINUTE - Mardi 22 mars 2011 - 15:20
> >Radio France - Entretien exclusif avec Jean-Luc Hees, PDG de Radio France (vidéo)

En marge de l'inauguration des nouveaux locaux de France Bleu Haute-Normandie, Jean-Luc Hees a accordé un entretien exclusif à RadioActu. Le PDG de Radio France a évoqué les grands sujets d'actualité du moment à Radio France. Il a exprimé l'attention particulière qu'il porte au Mouv'. "Il faut déjà que l'on sache que c'est une radio. J'ai besoin d'assoir une marque et j'ai besoin d'un grand professionnel pour faire ça. C'est exactement Blanc-Francard", a t-il expliqué. Jean-Luc Hees a par ailleurs une nouvelle fois fustigé l'attitude du SIRTI concernant France Bleu Toulouse, estimant que "les limites de la décence ont été un peu franchies". Enfin, il a évoqué la panne de courant qui a paralysé Radio France au début du mois de mars, et a donné sa vision de l'avenir de la diffusion en ondes moyennes. Entretien exclusif à regarder sur RadioActu.

 

 

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22 mars 2011 2 22 /03 /mars /2011 12:50

Né le 19 décembre 1922 à Paris, Jacques Capelovici, agrégé d'anglais et certifié d'allemand, était un linguiste très connu pour avoir animer "Les Jeux de 20 heures" pendant dix ans (1976-1986) sur FR3.

Il est parti après un coma dans une maison médicalisée où il recevait des soins palliatifs.

Il affectionnait les calembours et l'un de ses plus connus était : « C'était une femme qui avait épousé son temps... comme Simone Signoret ! ». Il révélait également à ses élèves les secrets du palindrome en prononçant régulièrement son exemple fétiche  : « Éric notre valet alla te laver ton ciré », ajoutant négligemment qu'on pouvait tout aussi bien remplacer Éric par Luc. (from wikipédia)

Les obsèques de Jacques Capelovici seront célébrées lundi à 14H30 au cimetière du Montparnasse où il sera inhumé dans le caveau familial.

SR









 

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10 janvier 2011 1 10 /01 /janvier /2011 07:21

Nicolas Sarkozy est critiqué pour ses interventions dans les médias. Pourtant, avec sa réforme de l’audiovisuel, il avait voulu rompre avec l’hypocrisie institutionnalisée par François Mitterrand. Retour à une époque pas si lointaine. Première partie.

 

 

yartiMitterrandFrancois02Si l’année 2010 fut l’année du Général De Gaulle avec les commémorations de l’appel du 18 juin 1940, de sa disparition le 9 novembre 1970 et de sa naissance le 22 novembre 1890, l’année 2011 sera résolument celle de François Mitterrand avec les quinze ans de sa disparition le 8 janvier 1996, les trente ans de sa première élection à la Présidence de la République le 10 mai 1981 et on pourrait même envisager les quatre-vingt-quinze ans de sa naissance le 26 octobre 1916.

Depuis qu’un de ses dauphins politiques, Lionel Jospin, a exercé son "droit d’inventaire" (de son vivant, en 1994), la gauche et plus particulière le Parti socialiste hésitent entre se revendiquer de cet homme très contrasté et le jeter dans les oubliettes de l’Histoire.


Cynisme et habileté

Si Ségolène Royal se réclame volontiers, au contraire, de son héritage, jusqu’à maintenant, peu de ses concurrents avaient accepté d’assumer les mille contradictions qui ont placé cet homme de roman au centre d’amitiés très douteuses, de nombreuses affaires politiques bien étranges, et même d’opinions du passé paradoxalement très différentes de ce qu’il a prôné par la suite (en particulier l’abolition de la peine de mort, qui restera l’une des rares mesures à son crédit avec la construction européenne).

L’image qui reste au bout de quinze années d’une longue carrière politique, au bout de quatorze années à l’Élysée, un record qui ne pourra plus être battu avec la réforme des institutions (loi constitutionnelle n°2008-724 du 23 juillet 2008) qui limite la durée à deux quinquennats successifs, c’est son extraordinaire habileté politique, qui lui a permis, d’une part, de s’emparer d’un des partis les plus vieux de France, le Parti socialiste, et d’autre part, de le conduire à l’unique victoire présidentielle sous la Ve République grâce à une stratégie d’union et d’absorption de la gauche.

Pour ce quinzième anniversaire de la mort de François Mitterrand, je m’arrêterai ponctuellement sur son comportement avec les médias au début de sa Présidence.


Entre le verbe et les faits

En vitrine, François Mitterrand tenait un discours très libéral en voulant découpler les médias, notamment la radio et la télévision, du pouvoir politique. Pour cela, il avait nommé Georges Fillioud, un vieux compère de l’époque de la Convention des institutions républicaines (très petit parti mitterrandien créé en 1964) aujourd’hui âgé de 80 ans et demi, au Ministère de la Communication de mai 1981 à mars 1986.

Le lancement des radios libres était l’une des mesures phares de son arrivée au pouvoir. Et l’autre mesure, ce fut la création de la Haute autorité de l’Audiovisuel (loi n°82-652 du 29 juillet 1982) qui, après quelques changements de majorité (loi n°86-1067 du 30 septembre 1986), a été définitivement pérennisée avec le Conseil supérieur de l’audiovisuel par la loi n°89-25 du 17 janvier 1989.


Le précieux témoignage de Michèle Cotta

Le témoignage de la journaliste Michèle Cotta, qui n’a jamais caché sa proximité avec les socialistes, peut donc être très intéressant car après avoir présidé pendant une année Radio France, elle fut nommée par François Mitterrand la première présidente de la Haute autorité.

Rien que cette note du 15 novembre 1982 sur son repas avec l’ancien ministre Jean-Marcel Jeanneney est très intéressante pour la clairvoyance de ce dernier : « Déjeuné avec Jean-Marcel Jeanneney, ancien ministre du Général De Gaulle, père de Jean-Noël que nous venons de nommer président de Radio France. Je ne sais pas si ceci explique cela : il promet à la loi audiovisuelle de 1982 les meilleures destinées. Ce en quoi il est plus optimiste que moi. Il pense que dans dix ans, l’institution sera installée. Dix ans, une paille… ».

Et Jean-Marcel Jeanneney aura eu raison : en six ans, cette instance indépendante de régulation de l’audiovisuel, sous trois appellations, sera pérennisée.


Aussi transparent que ses bulletins de santé

Les cahiers de Michèle Cotta sont très instructifs car elle fait partie de ces journalistes intègres, compétents et indépendants tout en ayant leurs propres convictions. Or, elle a été en quelque sorte l’égérie mitterrandienne de l’audiovisuel (le mot est sans doute beaucoup trop fort) alors qu’elle-même, la fleur au fusil, croyait ce que lui avait affirmé de François Mitterrand.

Car François Mitterrand a toujours été comme cela dans sa vie politique : promettant tous les six mois la publication de ses bulletins de santé, par exemple, et falsifiant dès le premier pour cacher la maladie qu’on venait de détecter (il faut dire qu’il n’avait pas eu beaucoup de chance).

Le 7 décembre 1981, alors que Michèle Cotta fut dans le bureau de Pierre Bérégovoy, alors secrétaire général de l’Élysée, avec Pierre Desgraupes pour préparer une interview de François Mitterrand, ce dernier surgit dans la pièce : « Au premier regard, je suis frappée par le teint cireux, les yeux enfoncés, l’air inquiet. Et puis il parle. Sa voix est inchangée, ironique. Il me dit : "Il faut que vous me posiez des questions sur ma santé, par exemple…" ».

En prônant indépendance et transparence, François Mitterrand était dans la posture mais n’avait en fait jamais souhaité que les relations entre l’audiovisuel public et le pouvoir politique changeassent de nature. La Haute autorité de l’Audiovisuel fut sans doute une de ces grandes hypocrisie des septennats de François Mitterrand dont la première victime fut justement Michèle Cotta.

Je vais étayer cette affirmation par quelques exemples que Michèle Cotta a apportés elle-même.


À Radio France

À la présidence de Radio France, Michèle Cotta a été nommée pour succéder à Jacqueline Baudrier qui fut la première présidente, nommée par Valéry Giscard d’Estaing.

Michèle Cotta explique l’affaire : « Pierre Mauroy [Premier Ministre] m’a appelée (…) pour me demander si j’acceptais la présidence de Radio France. Je ne sais pas au juste ce que cela veut dire. Je connais bien France Inter où j’ai été éditorialiste quotidienne, puis hebdomadaire, de 1976 à 1980, date de mon entrée à RTL. Mais je n’en connais rien d’autre. Mauroy, qui respecte la présidente sortante, Jaqueline Baudrier, et hésitait à la débarquer de la radio, ne m’en avait pas parlé avant qu’il ne lui trouve une sortie convenable. Aujourd’hui, Jacqueline Baudrier est ambassadeur à l’Unesco [le poste de Rama Yade]. Pierre Mauroy m’appelle donc (…) : j’ai hésité puis dit oui. Autant la perspective d’appartenir à un cabinet, fût-ce celui de l’Élysée, me rebutait, car je trouvais que ce n’était pas ma place, autant Radio France me paraît intéressant, même si je ne connais rien au fonctionnement administratif de la maison ronde. ».

Michèle Cotta fut nommée à Radio France en même temps que Pierre Desgraupes à Antenne 2, et sur le quota de Pierre Mauroy.

« Mauroy ajoute (…) qu’il ne sera pas interventionniste et que son cabinet ne le sera pas davantage. Je lui demande : "Et l’Élysée ?". Il me répond en s’esclaffant : "ça, j’en suis moins sûr !" ».

Sa première crise, Michèle Cotta l’a due au directeur de France Musique Pierre Vosinski qui a démissionné le 15 octobre 1981 pour raison politique  : « Professionnellement, c’est un type indiscutable ! Il n’a pas son pareil pour recruter les musiciens, les faire travailler, choisir les chefs d’orchestre. Il connaît tout en matière de musique et jouit d’une réputation en béton dans le petit monde international de la musique. ».

Et quelques semaines plus tard, Michèle Cotta reçut un coup de téléphone en colère : « Mitterrand s’indigne, il me le dit au téléphone, que j’aie pu nommer André Jouve, le second de Vozinski, à la tête de France Musique sans lui en parler. Il se trouve que j’en avais parlé à Georges Fillioud. Devais-je passer par-dessus la tête de Fillioud et parler directement à Mitterrand de la nomination d’un chef de service ? Le Président est maître des armes, des arts et des lettres, certes ! De là à solliciter son avis sur tout, sur la musique en l’occurrence, qui n’est certes pas sa spécialité… Devais-je lui en dire un mot, ne fût-ce que par courtoisie ? Je n’en sais rien. Peut-être n’ai-je pas la manière… ».


Pressions contre Philippe Alexandre et Jean Boissonnat

Michèle Cotta a parlé aussi des pressions de l’Élysée sur des radios privées en février 1982 : « Restent deux exceptions qui n’ont rien à voir avec la télé ou la radio publiques, c’est Jean Boissonnat à Europe 1 et Philippe Alexandre à RTL. Pour les deux, la critique est un fonds de commerce : ils ne changeront pas de ton. Mieux vaut les laisser continuer plutôt que d’essayer de les éloigner de leurs rédactions respectives. Je fais là allusion à une démarche de Rousselet [directeur de cabinet de Mitterrand] auprès de Rigaud [patron de RTL] pour qu’il se débarrasse d’Alexandre. Erreur ! Rigaud a résisté à Giscard ; il résistera à Mitterrand, d’autant plus que son poste ne dépend pas de lui. ».


Définir le rôle d’une autorité indépendante

Après l’échec des élections cantonales de mars 1982, François Mitterrand pressa le pas pour la réforme de l’audiovisuel qu’il voudrait mettre en place rapidement. Michèle Cotta exprima dans les allées du pouvoir, le 26 mars 1982, toute l’ambiguïté de la réforme : « Ou bien la loi donne tous les pouvoirs à la Haute autorité, et, dans ce cas, les PDG des différentes chaînes ne sont que des directeurs généraux et la Haute autorité devient l’équivalent du Board des directeurs de la BBC ; ou bien elle n’a pas le pouvoir exécutif, et alors il faut qu’elle n’ait pas non plus le pouvoir de nomination, mais qu’elle se contente d’un pouvoir de contrôle. » [ce qui est précisément le cas avec la loi organique n°2009-257 du 5 mars 2009].

C’est là toute l’hypocrisie de François Mitterrand dans sa politique de l’audiovisuel : faire semblant de rendre indépendantes les nominations des présidents de chaîne mais influer comme dans le passé. Michèle Cotta venait de le comprendre avant même de savoir qu’elle en serait la première "applicatrice".

Michèle Cotta s’interrogeait même de sa mission à Radio France confiée par François Mitterrand : « Qu’attend-il de moi ? Que j’épure, que je vide l’eau de la baignoire ? Je suis incapable de le faire. Je ne le ferai pas. ».


Haute autorité à haut risque

Ce fut durant l’été 1982 que Mitterrand a réfléchi sur la composition de la Haute autorité, nommée comme les membres du Conseil Constitutionnel. Le 14 août 1982, Mitterrand « est soucieux d’une seule chose : de ne pas nommer à la Haute autorité quelqu’un qui le "trahisse". (…) Il ne demande pas, insiste-t-il, d’homme ou de femme lige. Mais quelqu’un qui le "protège". ».

Et finalement, il nomma Michèle Cotta à la présidence de la Haute autorité. Son installation a lieu le 30 août 1982 dans les locaux de la Maison de la Radio.

Pour l’anecdote, Jacques Boutet, conseiller d’État et nommé aussi par François Mitterrand, refusa de siéger dans une instance dirigée par une simple journaliste (il sera le premier président du Conseil supérieur de l’audiovisuel en 1989) et il fut remplacé par Stéphane Hessel, et Édouard Balladur, pressenti par Alain Poher, déclina l’offre pour une question de cumul de ses rémunérations et laissa la place à Gabriel De Broglie (futur unique président de la Commission nationale de la communication et des libertés).

La création de la Haute autorité de l’Audiovisuel avait pour but affiché de séparer la gestion de l’audiovisuel public du gouvernement et du pouvoir politique. C’est ce qu’avait en tout cas cru sa première présidente, Michèle Cotta. La suite montra qu’il n’en fut rien. Ce sera l’objet du prochain article.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (10 janvier 2011)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :

Le congrès de Metz.
Le Parti socialiste.

Michèle Cotta.

La réforme de l’audiovisuel.

Jacqueline Baudrier.



yartiMitterrandFrancois03

 

 

http://www.agoravox.fr/actualites/medias/article/l-audiovisuel-sous-francois-86953

 

http://rakotoarison.lesdemocrates.fr/article-237

 

 

 

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27 octobre 2010 3 27 /10 /octobre /2010 20:57

Le matin du mercredi 27 octobre 2010, la chaîne LCP retransmettait en différé une table ronde sur les l'autonomie budgétaire des départements à l'occasion de l'Assemblée des départements de France à Avignon.

 

LCP20101027-1


Faisant intervenir des présidents de conseils généraux, LCP a donné la parole en premier Monsieur Claude Haut, sénateur PS et président du Conseil général du Vaucluse (puissance invitante) avec comme sous-titre : "président du Conseil régional du Vaucluse". Cette erreur de confusion entre région et département aurait été excusable dans le cas d'un direct (même si une telle erreur est étonnante pour un événement de cette nature : assemblée des départements) mais cette émission était une rediffusion puisque le débat avait eu lieu le 20 octobre 2010.

 

LCP20101027-2


Pour une chaîne qui se veut la spécialiste de la chose publique, une telle confusion est assez étrange. Certes, cette coquille est sans gravité pour ceux qui connaissent les institutions, mais il ne faut pas oublier que la télévision véhicule une information "juste" qui devient une référence "sacrée" pour beaucoup de monde. La rigueur dans l'exactitude devrait rester la règle.

Sylvain Rakotoarison (27 octobre 2010)

 

 

 

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17 juillet 2010 6 17 /07 /juillet /2010 12:12

Bernard Giraudeau est mort à Paris le 17 juillet 2010 à 7h00, des suites d'un cancer.

SR

 

 

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Résultats officiels
de l'élection présidentielle 2012
 


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Petites statistiques
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Du 07 février 2007
au 07 février 2012.


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